Disclaimer : Monde pas à moi sauf personnages OC

/!\ CHAPITRE NON CORRIGÉ ! /!\

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~ Chapitre 9: La bombe ~

On était en milieu de semaine, minuit. Meya se réveilla au son d'une détonation qui avait fait vibrer chaque cellule de son corps. Elle s'était levée, les siennes des voitures s'étaient toutes déclenchées, le ciel était en feu, les gens dans les rues hurlaient. L'âtre de la cheminée devint verte et Drago en sortit comme une furie.

« Qu'est-ce qu'il se passe ? » demanda-t-elle.

Drago était partit dans la chambre de Meya, prit un gros sac de voyage et fourra tout ses vêtements dedans.

« Qu'est-ce que tu fais ? » demanda-t-elle semblant prête à paniquer.

« Est-ce qu'il y a autre chose que tu veux prendre ? » la pressa-t-il.

« Quoi ?

-Est-ce qu'il y a quelque chose que tu dois prendre ? »

Meya restait bouche bée et se retourna pour aller chercher son livre préféré dans l'étagère du salon. Elle le pressa tout contre elle tandis que Drago l'attrapait par le poignet et l'entraînait dans la cheminée après avoir balancé de la poudre de cheminette et avoir énoncé le Square Grimmaud. Elle était en pyjama, devait avoir une tête de déterrée, et son corps semblait réagir bizarrement. Pas comme une adolescente en face d'un beau garçon. Non. Comme quelqu'un qui changeait subitement de race. Pour avoir déjà vécu cela, c'était clair que cela lui arrivait. Une fois arrivée au Square, son anxiété ne fit que grimper encore plus. Ils étaient tous là, les Weasley, Snape, Black, et pas mal d'autres gens de l'Ordre du Phoenix. Un papier était punaisé au mur, Sirius était officiellement reconnu innocent et récupérait sa liberté et ses biens. Snape fixait son bras gauche blanc comme neige comme s'il vivait le moment le moins moche de sa vie, il n'était plus sous le joug de Voldemort. Meya serra la main de Drago dans la sienne et se mit légèrement en retrait derrière lui.

« Vous êtes là. » dit Molly.

Elle les prit tout deux dans ses bras, les serrant à les étouffer, et Meya était raide comme un piquet. Qui, quoi, comment. Qu'est-ce qu'il se passait ? Pourquoi tous semblaient autant inquiets ?

« Vous pouvez aller dans la chambre de Sirius en attendant. » indiqua Molly.

Drago entraîna Meya qui semblait avoir le regard perdu sur les personnes du rez-de-chaussée. Sirius était en grande conversation avec Dumbledore qui lui faisait signer papiers après papiers. Semblait-il que c'était une inscription à Poudlard à son nom, il y avait des certificats et des papiers de toute sorte.

« Drago... » dit-elle effrayée.

Ils passèrent la porte de la chambre de Sirius, et là encore tout était si étrange. C'était la chambre de son père, c'était l'endroit où il vivait. Au mur, une photo de famille, Meya était bébé et sa mère resplendissante. Drago la prit dans ses bras soudainement, la serrant tout contre lui, et elle ne sut quoi faire d'autre que de s'accrocher à lui.

« Qu'est-ce qu'il se passe ? » demanda-t-elle angoissée.

Elle entendit Drago relâcher son souffle dans son cou. Ils étaient tendus tous les deux, Drago savait ce qu'il se passait, était-ce si grave que cela ? Meya le serra à son tour contre elle, et ils prirent quelques minutes à se réconforter l'un l'autre.

'Ça va aller.' pensait-elle, peut être que des ondes positives allaient détendre le blond.

'Non, ça n'ira pas.' entendait elle en retour dans sa tête.

Elle sursauta, la voix de Drago dans sa tête, ce n'était pas quelque chose qu'elle avait entendu c'était certain !

« Tu ne voulais pas me croire. » chuchota-t-il à son oreille, 'Que tu avais des pouvoirs de Nymphe.' termina-t-il par télépathie.

Le corps de Meya se réchauffait, elle se sentait fiévreuse.

« Qu'est-ce qu'il se passe Drago ? » demanda-t-elle doucement.

« Une bombe d'un nouveau genre a explosé en Angleterre, englobant de ce phénomène tout le pays. Ce sont des sorciers qui se sont associés à des moldus pour la créer. Leur but était de réduire tous les sorciers du pays à des êtres similaires aux moldus, des gens sans pouvoirs. Mais la bombe a eu l'effet inverse. Il n'y a plus de moldu en Angleterre. Tous les humains sans pouvoirs ont été changés en autre chose, quelque chose de magique. »

Meya intégra la chose, il fallait que ce soit très complexe comme magie, ce n'était pas de la belle magie mais une magie si ancienne et effrayante qu'elle frissonna.

« Pourquoi ça m'atteindrait. » dit-elle, « J'ai les pouvoirs des nymphes, je ne suis pas humaine sans magie. » argumenta-t-elle.

« Mais tu as dans ton sang des pouvoirs de sorcier et de fée. Et cette bombe, ses effets, vont réveiller tes pouvoirs d'un moment à l'autre. »

Meya se souvint de la douleur que cela avait été d'avoir eu tant de magie dans son corps. Cela avait été une telle torture ! Comment des abrutis de ce genre avaient pu élaborer une telle bombe sans que personne ne s'en aperçoive.

« Le ministère de la magie vient de condamner tous les transports magiques pour isoler la population magique habituelle de la néo-population. On ne sait pas encore comment cette néo-population va être prise en charge. »

Drago posa sa main sur la joue de Meya.

« Je ne pouvais pas te laisser là-bas, je ne pouvais pas être séparé de toi. » dit-elle doucement.

Lentement comme dans un rêve, il lui vola un deuxième baiser. Cela les réconforta tous les deux, leur âme, leur corps, tout en eux explosait de joie. C'était comme si deux aimants se collaient enfin l'un à l'autre après avoir résisté pendant un siècle à leur attraction. Et Meya ne se laissait pas seulement faire, elle répondait à ce baiser avec au moins tout autant d'envie. Était-ce de l'amour ? Il serait difficile de dire qu'elle ne ressentait rien pour le jeune homme, c'était cette attraction. Elle avait appris à le considérer comme être humain, comme une personne douée d'émotions et d'humour. Quelqu'un de sensé. Et ils n'avaient que seize ans. Cela était trop grand pour eux.

« C'était si douloureux la dernière fois. » dit-elle à Drago, « Tous ces pouvoirs, ils étaient si puissants qu'ils m'auraient tués si je n'avais pas renoncé à l'un d'eux. »

Drago était à présent pris dans un dilemme. Comment lui dire ? Comment lui dire qu'elle était la seule à pouvoir prendre cette décision. Que Drago souhaitait qu'elle conserve cette part sorcière qui sommeillait en elle, parce que, elle était faite pour cette magie au moins autant que pour la magie féérique.

« Es-tu toujours autant dégoûtée à l'idée d'être une sorcière ? » demanda-t-il.

Meya ferma les yeux, prise par un conflit interne puissant.

« Non, mais j'ai peur. » avoua-t-elle.

C'était normal d'avoir peur, comment réintégrer un monde qu'on avait passé plus de 10 ans à haïr ? Mais inconsciemment elle en dépendait de ce monde, sa famille, son amour, tout son avenir concernait le monde sorcier. Haïr, c'était dépendre. Parce que si on détruisait la chose qu'on haïssait, où diriger notre colère, notre peine, à qui attribuer tous les malheurs qui nous tombaient dessus ?

« Drago, ça commence. » dit-elle en sentant des flux magiques parcourir son corps.

« Je suis là, je suis avec toi. » dit-il en la gardant contre lui.

« Drago, ça brûle ! » gémit-elle en se cambrant.

Drago l'entendit hurler dans sa tête à cause de la télépathie, oh qu'il se sentait si impuissant ce jeune homme. Que n'aurait-il pas donné pour que Meya aille bien ? Le phénomène magique ne fut pas si puissant que cela, mais impressionnant. Meya brilla d'une aura de magie alternant les couleurs, jusqu'à ce qu'elle se stabilise et tombe dans les pommes. Drago alla l'étendre dans le lit de son père et resta à ses côtés, lui-même allongé au dessus des couvertures, la tenant dans ses bras. Quelques minutes plus tard il la laissa et descendit au rez-de-chaussée.

« Elle a réintégré sa magie. » dit-il aux adultes qui s'étaient tournés vers lui en quête de réponses.

« Comment va-t-elle ? » demanda Severus, « La dernière fois, ça a faillis la tuer ce trop plein de magie.

-Il semblerait qu'elle n'ait récupéré que la moitié de chaque race, ça semble être homogène et adapté à ses capacités actuelles. En tout cas elle ne souffre pas. » répondit Drago.

Meya n'aurait pas été capable de gérer un si grand héritage, alors la Magie qui était omnisciente n'avait donné à Meya que ce qu'elle était capable de gérer. Ainsi, tout le reste de sa puissance ne lui serait accordée que si elle se montrait capable de la gérer. Tout comme Dumbledore était devenu sorcier légendaire qu'après un certain âge, Meya ne gagnerait son plein héritage qu'à la force de sa volonté et d'entraînement.

« Les papiers son signés. » informa Sirius qui en tenait une liasse entre les mains, « Elle a toujours fait partie du monde magique, officiellement. Je ne pense pas que le Ministère vienne fouiller avec tout ce qu'ils ont à gérer, mais ça devrait passer au cas où. »

Après tout, Meya était une Black, personne ne s'en prenait aux Black.

« Severus, as-tu pensé à ce dont je t'ai parlé ? » demanda Molly.

« J'ai fait mes recherches. » apprit celui-ci.

« Et ? » demanda Molly.

« J'en parlerai directement avec elle. »

Sur ces mots il partit s'isoler.

« De quoi vous parlez ? » demanda Drago, il se sentait immédiatement concerné à chaque fois que cela concernait Meya.

Mais, aucun adulte ne lui répondit. Tous reprirent leurs activités jusqu'à ce que Shacklebolt, un membre de l'Ordre qui travaillait au Ministère arrive au Square.

« C'est une folie dehors. » apprit-il, « Beaucoup de moldus sont devenus sorciers, mais pas tous. Certains avaient des aïeuls qui étaient des créatures magiques, on se retrouve avec pas mal de loup-garous, de fées, d'elfes ou même de vampires dans les rues. C'est un capharnaüm sans nom. Sirius, as-tu récupéré ta fille ? » demanda Kinsley.

« Oui, elle est à la maison. » répondit Black.

« C'est bien. Il n'y a plus personne qui était en hors de la communauté magique qui peut faire de va et vient. Tout est confiné pour que la neo-population soit passée au crible. Il faut savoir qu'il y a des adultes plus ou moins fous qui se retrouvent avec des pouvoirs. Les personnels hospitaliers sont débordés, il y a énormément de blessés. Sans parler de l'état de panique des gens, ils sont descendus dans les rues, ont commencés à saccager les magasins. Ils pensent au Jugement Dernier expliqué dans leur Bible. Il y a déjà beaucoup de meurtres et de suicides. Le Premier Ministre a passé un appel de détresse aux Nations Unies pour un renfort de personnel. »

Drago ne se remercierait jamais assez d'être allé récupéré Meya avant que tout ne devienne encore pire. C'était l'apocalypse chez les Moldus. Drago réalisa que les moyens dont disposaient la population sorcière actuellement étaient insuffisants, non seulement niveau école, car c'était maintenant presque 4 millions qu'élève en âge d'aller dans le secondaire, et presque 5 millions d'élève en primaire ne sachant pas maîtriser la magie instinctive. Dehors, c'était presque la guerre civile.

Drago remonta les étages pour retrouver Meya qui émergeait de sa sieste post « invasion magique cellulaire ». Il lui donna du chocolat pour l'aider à reprendre connaissance jusqu'à ce qu'ils entendent quelqu'un toquer à la porte, que Severus n'entre, et que Meya ne le regarde avec des yeux de chat. Comme s'il était un danger pour sa vie.

« La bombe a remis a zéro tous les liens de soumission que les sorciers avaient établis avec d'autre. » dit Severus, « Le lord noir n'a plus aucun serviteur. »

Severus remonta sa manche sur son bras qui n'avait plus la Marque des Ténèbres. Voldemort était devenu affaiblis, et dans quel état était-il maintenant ? Les moldus n'existaient plus en Angleterre, ce qui en soit avait été son souhait le plus cher, mais maintenant il y avait d'autant plus de néo-sorciers qui valaient à ses yeux au moins autant que les sangs-de-bourbe.

« Molly m'a dit que tu te posais une question sur ta mère. » dit Severus dont le sérieux ramenait un peu de sécurité dans la pièce. « J'aimerais que tu t'engages à me raconter pourquoi cette idée t'es venue si je te donne la réponse à ta question. »

Meya n'avait rien à perdre. Elle était étonnée que sa haine envers Severus ne soit pas plus intense. Le fait d'en avoir discuté avec Drago sûrement avait désamorcé sa rage, mais pas sa rancune. Un autre paramètre, à présent son oncle n'était plus un mangemort, de ça elle ne savait que penser.

« D'accord. » répondit-elle.

« Elle a été adoptée avant que j'aie été en âge de comprendre. Ma propre mère me l'a avoué sur son lit de mort. »

Adoptée...

« D'où elle venait alors ? » demanda Meya spontannément.

« Ma mère l'aurait trouvé sur le pas de la porte. »

Meya partit dans une longue réflexion. Seule la famille royale maîtrisait les quatre éléments, avait dit la reine. La famille royale...

« Elle maîtrisait les quatre éléments ? »

Severus fut surpris quelques secondes avant de hocher la tête.

« Oui » répondit-il.

Serait-il possible que son destin lui ait été caché à ce point ? Qui était-elle ? Pourquoi serait-elle d'une quelconque famille royale ? De toute manière... Se dit-elle en regardant ses mains avec lesquelles elle avait tué des lycans, elle ne méritait pas de titre et elle n'en voulait pas.

« Lorsque je suis partie d'ici, après avoir renoncé à ma magie sorcière, je suis partie dans les bois où des fées m'ont capturée. »

Meya raconta et Severus écouta avec attention.

« Elles m'ont amenée à une reine, Zinnia, qui m'a jugé pour certains crimes. »

Dans le regard de Severus elle y lisait la question : quels crimes ? Lui avouerait-elle ? Lui dirait-elle que la chère enfant de sa sœur était une criminelle ?

« Elles m'ont destituées de mes pouvoirs, disant que je mentais en affirmant posséder le pouvoir des quatre éléments. Elles ne m'ont même pas laissé leur prouver que c'était le cas. Zinnia, la reine, a dit que c'était une capacité que seule la famille royale possédait, et que limite je l'insultais en affirmant pouvoir en faire partie. »

Severus hocha la tête, il avait compris, bien que cela sembla irréaliste pour tous ceux qui étaient dans la pièce.

« Et elle m'a enfermée en prison. » termina Meya dont le souvenir lui faisait encore mal.

« Et Drago t'en a sortis. » fit Severus, « Merci de m'avoir répondu. » dit-il en tourna les talons pour repartir.

« As-tu trouvé les coupables du meurtre de ma mère ? » demanda-t-elle avant qu'il ne franchisse le seuil.

Drago sentait dans l'air quelque chose comme de la tension, voir presque de la méchanceté. Meya avait-elle besoin de se venger ? D'être cruelle ?

« Non. » répondit Severus toujours de dos.

« Tu ne les trouveras pas. » avança-t-elle.

« Qui ne tente rien n'a rien. » trouva-t-il à dire.

« Ils sont morts. » dit-elle en se moquant presque, n'ayant aucun regret.

Severus se retourna et posa sur elle un regard perçant.

« Qu'est-ce que tu as fait ? » demanda-t-il.

« Qu'est-ce que j'ai fait ? Ou... Comment je l'ai fait ? » demanda-t-elle en lui renvoyant son regard.

Après une courte pause où ils ne firent que se défier du regard elle avoua.

« Ils ont encore plus souffert que Maman. Ils suppliaient au moins autant que Maman suppliait, et moi, ça ne m'évoquait qu'encore plus de dégoût, et l'envie de leur faire mal. »

Severus n'avait pas envie d'entendre cela. Drago non plus. Meya elle-même savait qu'en racontant cela, elle faisait du mal à tout le monde y compris elle-même. Ah, ils voulaient la retrouver ! Étaient-ils satisfait de ce qu'elle était devenue ? Severus l'avait attrapée par le col et lui colla une gifle très douloureuse. Drago lui-même ne se sentit pas l'envie d'intervenir. Elle sentit un esprit briser ses défense pour accéder à sa mémoire. Elle-même à peine retransformée ne trouva pas le moyen de se barricader à temps, elle sentit Severus accéder à ses souvenir et fouiller comme on mettait à sac une maison.

Il trouva la réponse à ses questions, les coupables du meurtre d'Amanda étaient morts empoisonnés. La jeune fille n'était pas suffisamment puissante à cette époque là pour les détruire magiquement. Mais d'autres souvenirs virent à la connaissance de Severus, ceux où Meya utilisait ses pouvoirs de fée pour tuer d'autres mangemorts lupins, les noyant, brûlant vif, enterrant vivant... Utilisant ses pouvoirs naturels pour ôter la vie de criminels. Était-elle devenue la meurtrière des meurtriers, une héroïne, ou alors était-elle devenue une mauvaise personne, encore plus sale que les autres ? Il tomba sur cette soirée là, où elle s'était attaquée à un groupe de loup-garous, où l'un deux lui avait entaillé le ventre, où elle lui avait mentis ouvertement : cautérisant sa blessure par égoïsme pour prouver qu'elle n'avait besoin de rien ni personne pour survivre. Severus attrapa le pan du pyjama de la jeune fille, le souleva pour révéler la cicatrice qui barrait son ventre.

« Si je te retrouve à essayer de tuer qui que ce soit pour une quelconque raison que, tu te sens seule, que tu as mal d'être orpheline de mère, et que tu as envie de passer tes nerfs sur un être vivant... Si tu oses recommencer à utiliser les pouvoirs que ta mère t'a offert à ta naissance de cette manière, je te corrigerai à ma façon. » menaça Severus.

Il la relâcha, elle tomba sur le lit comme un chiffon les larmes aux yeux, et Severus s'en alla. Drago resta figé, ne venait-il pas d'assister à une querelle familiale ? Quant à Meya, pour la première fois, quelqu'un venait de lui mettre des limites. Des limites, c'était tout ce dont elle avait besoin, lui dire que c'était bien, ou que c'était mal. Elle posa sa main sur sa joue douloureuse, enfin quelqu'un la punissait pour son mauvais comportement. Enfin... Elle avait la sensation d'exister dans le regard de quelqu'un. Tous ces meurtres, cette justice qu'elle s'était rendue à elle-même, était-ce sa manière d'attirer l'attention ? Elle n'était qu'une jeune fille dont la solitude lui broyait le cœur. Et au lieu d'avoir le courage de se trouver une famille, elle n'avait connu qu'une seule méthode : détruire pour attirer l'attention.

« J'ai mentis... » dit-elle à Drago, « La seule chose que j'aie été capable de leur faire, c'est d'empoisonner leur nourriture et leur eau avec une herbe qu'ils ne pouvaient pas sentir. Et pour les autres, j'utilisais mes pouvoirs pour les tuer, je les attrapais avant qu'ils n'attaquent les moldus... Tu sais ils aiment mordre les enfants pour les transformer en lycan et grossir les rangs. Généralement je les supprimais et puis... et puis je les laissais se faire dévorer par les animaux de la forêt. C'était plus fort que moi, il ne FALLAIT pas qu'ils continuent à tuer, à mordre des gens innocents, à tuer comme ils avaient tué ma mère. Et je ne savais pas comment faire pour qu'ils arrêtent alors... C'était comme si ce n'était pas moi, c'était de la rage pure, je le faisais les yeux fermés, sinon à chaque fois je me souvenais de leur visage et j'en faisais des cauchemars. Rien ne peut effacer le fait que j'aie tué des êtres vivants. Rien ne peut effacer le fait que... Parfois... Je n'aie aucun regret, que j'aie l'impression d'avoir fait ce qu'il fallait faire. »

Elle pleurait, elle sentait que les crimes dont elle était coupable étaient sanctionnés par les autres. Elle n'était pas à la hauteur. Son estime d'elle-même semblait dégringoler à présent.

« Juste, ne recommence plus jamais. » dit Drago qui avait l'air pincé et dont le regard la fuyait.

Avait-il peur qu'elle lui fasse du mal ? Pourtant Meya savait qu'elle ne lui ferait aucun mal ! Elle ne le ferait pas ! Elle... Regrettait de paraître un monstre...

'Je suis un monstre...' se molesta-t-elle mentalement.

'Non, tu n'en es pas un.' fit Drago mentalement avant de s'en aller, incapable de la réconforter à ce propos.

Meya aurait ces démons qui la suivraient toute sa vie. Elle avait du sang sur les mains. Elle était coupable de meurtre. Et Drago avait su repérer cette parcelle d'humanité en elle qui disait que, puisque les autres ne pouvaient pas sauver la situation, elle devait le faire parce que...

'NOBLESSE OBLIGE !' gémit-elle par télépathie sans s'en rendre compte.

Cette idée que, si on avait les pouvoirs de faire quelque chose qui devait être fait, et qu'on ne le faisait pas, c'était un sacrilège. Aurait-elle dû attendre que ces mangemorts soient trouvés par les autorités incompétentes de l'état ? Et comment faire maintenant, savoir qu'à seize ans elle avait du sang sur les mains, qu'elle ne savait même pas qui était réellement sa mère, et que fidèle à la réputation des adolescentes en général : elle se sentait tellement mal dans sa peau. Elle ne supporterait pas les regards des autres, ces regards de pitié ou de mépris. Elle releva la tête. Elle allait fuguer.