Chapitre 10 : enfin seul
POV Marco :
J'étais de garde dans la vigie. La nuit était calme, paisible, seul le bruit des respirations et des ronflements de l'équipage venait troubler cette quiétude. J'aimais ces moments là où je pouvais me détendre et observer les étoiles. Nous sommes nombreux dans l'équipage de père et bien que j'adore tout mes frères, parfois ils sont parfois un peu trop bruyants et envahissants, et, dans ces cas là, j'ai besoin de me retrouver un peu tout seul. Et ce soir, je voulais l'être pour me concentrer uniquement sur ce que je ressentais pour lui.
Ces derniers temps, j'avais enfin admis que je ne considérais plus Ace comme un simple frère. Il avait pris une place beaucoup plus importante dans mon cœur. J'ai essayé de le nier, de résister, de me convaincre qu'il n'était rien de plus qu'un frère comme les autres mais quand je l'ai vu ce jour là en train de parler avec cette rousse, sur l'île où nous venions d'accoster, j'ai eu une envie folle d'étriper cette fille. Mais au lieu de ça, je me suis retournée et je suis partit en essayant de refouler les images qu'ils me venaient d'eux en train de s'embrasser.
Et maintenant, 2 mois plus tard, je me retrouvais là, dans cette vigie, à me demander ce que je devais faire. Si je lui disait ce que je ressentais, je me ferai rejeter sans aucun doute et je perdrai définitivement son amitié et cette idée m'était insupportable.
J'entendis du bruit provenant d'en bas. Quelqu'un était en train de monter. Je soupirais, je n'avais pas envie d'être dérangé. Je voulais juste ne pensait qu'à Ace. Il n'y avait qu'ici que je pouvais laisser tomber ce masque que je gardais constamment pour ne pas que l'on voit cette douleur qui me déchirai le cœur.
Je ferma les yeux et me prépara à afficher un visage neutre pour ne pas qu'on voit cette détresse qu'il y avait dans mes yeux lorsque je pensais à l'amour non partagé que j'avais pour mon frère.
- Salut.
Je rouvris brusquement les yeux surpris par la voix que je reconnus. « Ace... » Il était là devant moi. Mon petit frère était là, accroupis sur le bord de la visière. J'étais entrain de rêver, Ace ne pouvait pas être là, il devrait être avec les autres en train de boire et rire.
- Tu devrais fermer la bouche Marco, on dirait un poisson hors de l'eau. Me dit-il en riant avec son regard malicieux, ce regard que j'aimais tant.
Je la referma aussitôt et lui souris, il avait utilisé la même formulation que j'avais utilisé pour lui quand il m'avait vu pour la première fois en phénix. Il se leva et s'assit près de moi. Son épaule contre la mienne fit naître un délicieux frisson dans le bas de mon dos et qui vint mourir en haut de ma nuque.
On resta ainsi pendant près d'une heure à regarder les étoiles profitant juste de la présence de l'autre. Je me sentais bien, à ma place.
- Dis Ace...
- Mmmm...
- Tu ne devrais pas être en train de te reposer ? Après tout tu reviens d'une mission pour père, il faut que tu te ménages.
- Je voulais juste te voir, répondit-il de manière naturelle.
- Je te ferai remarquer, dis je d'un ton moqueur, que l'on s'est vu il y a peine deux heures.
Il me regarda avec un regard que je n'aurai su déchiffrer puis se retourna vers le ciel. Il semblait réfléchir au mot qu'il allait employé.
- Oui c'est vrai, mais je voulais te voir tout seul. Tout à l'heure on était entouré de tout l'équipage alors ce n'est pas tout à fait pareil.
Mon cœur rata un battement, si seulement il savait ce que c'est parole provoquer en moi, me rendait heureux, me faisait espérer que pour lui je n'étais pas qu'un simple frère. Je tournis ma tête pour le regarder dans les yeux. J'aimai ces yeux, il étaient d'un noir profond comme la nuit et en les regardant attentivement on pouvait voir cette lueur de défi transparaître. Oui, c'était indéniable, j'aimais Ace. Il était Ace au poing ardents commandant de la seconde flotte de Barbe Blanche, né d'un père qu'il détestait et d'une mère à qu'il devait tellement. À ce moment là, je voulais tout lui avouer. Lui dire à quel point je tenais à lui, qu'il était plus qu'un frère pour moi, qu'il était mon oxygène, qu'il était ma raison de me lever le matin. Je désirai le voir tous les matin à mes côtés, le voir sourire, rire. Pouvoir le prendre dans mes bras, l'embrasser, lui faire l'amour. Mais je ne pouvais pas, je ne pouvais pas prendre le risque de le perdre, je ne pouvais pas concevoir ma vie sans lui alors il fallait que je reste fort. Alors je lui souris et répondit :« tu m'as manqué Ace. »
Il me rendit mon sourire : « toi aussi Marco, tu m'as manqué » me dit il en posant sa tête sur mon épaule.
Nous retournâmes à notre contemplation des étoiles et quelques minutes plus tard je sentis sa tête devenir plus lourde signe qu'il venait de s'endormir. Je savais bien que son voyage l'avait épuisé.
