Chapitre 10

Fantômes du passé (II)

Les tambours battent un rythme saccadé et douloureux.

Boum, boum, boum, boum…

Le sang s'agite dans les veines du jeune Ambu.

Des coups, de la douleur, des larmes avalées de force…peut-être de la fierté ? Peut-être de la peur ? Le visage convulsé de haine du chef de police de Konoha, son père, s'acharnant sur son fils, à coups de verge, il le frappe encore et encore…

« Espèce de bon à rien ! »

Les mots résonnent dans les moindres de ses cellules.

« Ce n'est pas parce que tout le monde te vois comme un géni que tu dois prendre des grands airs avec moi ! Ton père ! »

Un sourire plein de sarcasme souligne un regard rouge sang. Les coups de verge sont remplacés par la torture du sabre glissant sur la surface de la peau. Et la voix se fait douce et mielleuse :

« Ne vois tu pas que je fais tout ça pour toi Itachi ? Ne vois tu pas que tu as le potentiel pour être le numéro un ? Un leader ? Haaa, il y a vingt ans ils ne m'on pas choisi… »

Le sabre glisse sur la peau blanche frémissante de douleur.

« Mais toi Itachi, tu feras honneur au clan ! Tu seras hokagé grâce à moi, grâce aux sacrifices de nos ancêtres ! »

Le visage contre un arbre, les doigts crispés contre l'écorce, les larmes coulèrent amèrement en silence.

« Ne m'en veux pas mon fils…Tu sais que tu dois être puni…Tu n'avais pas à entrainer ton frère sur ton propre temps d'entraînement à toi ! Comment deviendras tu Hokagé si tu perds ainsi ton temps à des jeux de gamin ! »

Le jeune homme échappa un cri étouffé de douleur tandis que la lame passait et repassait au même endroit, glacée, complètement indifférente au goût du sang.

« Sasuké, Sasuké… » Reprit le bourreau l'air pensif.

« Jamais ce gamin ne t'arrivera à la cheville ! Ne perd pas ton temps à jouer au grand frère Itachi. Au mieux…il deviendra chuunin…Mais toi ! Toi, tu seras Hokagé ! Et le meilleur de tous ! Car dans ton sang il y a mon sang qui coule ! Sasuké lui…Ta mère as du me tromper ! Il n'a rien d'un Uchiwa si ce n'est que le nom… »

Et l'homme éclata de rire sur ses propres mots.

Les tambours s'arrêtent dans un hurlement d'effrois.

Du sang ! Du sang partout ! Dans les yeux, dans les cheveux, partout du sang encore du sang et des hurlements priant d'arrêter le massacre.

« Itachi ! Itachi ! Arrête, arrête ! Espèce de fou ! Tu es devenu fou ! »

Un autre jeune Ambu se rua sur Itachi et lui saisit ses poignés ensanglantés.

Le sang s'arrêta de gicler. Itachi tourna son visage aux airs aliénés vers son compagnon.

« Sui…shi… ? »

Puis il sursauta.

« Qu…qu'est ce que j'ai fait ? »

Puis la surprise fît place à une peur incontrôlable, son corps fut prit de spasmes.

Il se propulsa en arrière, effrayé. Devant lui, inerte et méconnaissable se trouvait l'homme qu'ils avaient pour mission de capturer vivant.

« Ce qui c'est passé ? » Reprit Suishi, « Tu me fais peur Itachi ! Tu es devenu fou ! »

Itachi les yeux rivés sur le cadavre qui n'était plus qu'une bouillie de chair sanglante ne pouvait plus emmètre le moindre son.

Suishi Uchiwa se pencha alors au dessus du corps et écœuré, détourna son regard plus loin.

« Ikuo Yamato ri…il ressemblait beaucoup à ton père… Mais maintenant…il est méconnaissable ! Même un chasseur ne pourrait rien en tirer à présent. »

Puis le jeune Ambu se releva et fixa Itachi gravement.

« J'ai beau être ton ami Itachi, le seul que tu es d'ailleurs, mais pour ton bien je dois référer les autorités de ce qui vient de se passer, car, non seulement tu as fait échouer la mission, mais il me semble que tu es devenu fou Itachi ! Tu es devenu fou ! »

« Espèce de bon à rien ! » Les mots revinrent hanter l'esprit torturé du jeune homme.

« Espèce de bon à rien ! »

« Bon à rien ! »

« Bon à rien ! »

« …à rien… »

Le l'en demain matin les forces de police vinrent frapper au domicile du jeune homme et de sa famille.

Suishi Uchiwa a disparu et le seul à avoir été en sa compagnie la veille était Itachi Uchiwa.

Le jeune homme nia de toutes ses forces. Mais à l'intérieur…Il savait.

Il savait qu'il avait sur les mains le sang de son meilleur ami.

Les voix haussèrent le ton. Les voix parlèrent d'une lettre, d'un testament déclarant un suicide.

Un suicide ? Itachi ne comprenais pas. S'agissait' il d'une technique de police pour obtenir ses aveux ? En aucun cas il n'y avait eu de lettre ! Mais il ne dit rien. Il continua de nier sa culpabilité, qui elle, était en lui, gigantesque comme un monstre voulant le happer. Mais il ne voulait pas que son père apprenne la vérité, il savait très bien, au fond de lui, qu'il n'attendait qu'un faux pas de sa part pour l'éliminer définitivement.

Et Sasuké, il jettera son dévolu sur lui ! Il le savait ! Sasuké ne sera pas son bouc émissaire tant que lui le sera.

Alors il nia de plus en plus fort, jusqu'à temps que le capitaine de police, son père, honteux des agissements de son fils, intervienne.

Les policiers prirent alors la porte. Et alors que le calme revenait peu à peu, les hommes en uniformes, eux même membres du clan Uchiwa se retournèrent et lui jetèrent un regard plein d'accusations.

S'en fut trop, Itachi se déchaina.

Sur la masse aux yeux rouge il se jeta à corps perdu et c'est avec une violence inouïe qu'il les mit tous à terre. C'est alors que le verbe, à son tour, se fit violent :

« Vous n'êtes tous que des imbéciles ! Une bande de cons qui ne pensent qu'à leurs petits intérêts personnels ! C'est quoi votre problème, hein ? C'est quoi ?! »

Itachi brûlait de colère et c'est à haute voix que ses sentiments explosèrent, sa colère et sa haine vis-à-vis de son propre clan.

« Des générations et des générations à n'avoir que comme unique soucis si le voisin n'est pas plus fort que le clan ?! C'est quoi toutes ces conneries ?! Vous ne pouvez pas ouvrir les yeux bons sang ? »

Sa voix devint rauque sous la portée de ses hurlements.

« Tous autant que vous êtes ! Tous ! Vous reniez ce que vous êtes ! Vous reniez votre vie en vous sacrifiant pour des idéaux qui vont ont étés imposés ! Vous ne savez même pas pourquoi ! Vous vous ébahissez devant des morts pourrissants dans leurs caveaux dont on vous a compté les péripéties sans preuve que tout cela soit vrai ! »

Sentant que les mots allaient se retourner contre lui, le capitaine de police intervint alors entre son fils ainé et ses hommes, à terre et subjugués par tant de haine contenue.

« Hé la ! jeune homme ! » Il saisit son fils par une épaule. Celui-ci s'en dégagea vrombissant de colère.

« Toi… » Le visage du jeune Ambu était congestionné de rage, il grogna presque en s'adressant à son père.

« Toi…Ne lève plus jamais la main sur moi tu entends ? »

« De quoi parles tu enfin, Itachi, je suis ton père, je ne veux que ton bien… »

Itachi recula de quelques pas.

« Toi, tu n'es rien pour moi si ce n'est… »

« Itachi ! Sa suffit !!! »

Le capitaine, effrayé que ses véritables intentions soient alors révélées au grand jour coupa court à la révolte de son fils en jouant une fois de plus le père de famille respectable aux yeux de tous.

Itachi baissa alors la tête. « A quoi bon ! » se dit-il. A présent que Suishi n'est plus, à présent tout se retourne contre lui et son monde se noircit un peu plus de secondes en secondes. « Il aurait fallut que je réagisse avant, quand il était encore temps, mais à présent mon père porte l'auréole et moi…moi…je ne suis qu'un meurtrier, ma vie est fichue… définitivement fichue ! »

Il écouta son père tenter de le défendre, de l'innocenter.

« A quoi bon ! » se répéta t'il à lui-même.

Il écouta son bourreau se battre avec ses propres hommes pour ne pas perdre son jouet.

A mesure qu'il observait cette bouche prendre des formes mielleuses écœurantes, à mesure qu'il repensait à cette même bouche se réjouissant de sa souffrance ainsi que de celle de sa mère, il sentait grandir en lui une haine d'une toute autre nature. Une haine calme et sereine, cette même haine qui rend si intelligent…machiavélique.

« Je te tuerais ! »

Ces trois mots scellèrent en lui une lueur d'espoir, une future et proche sensation de liberté.

Alors que tous pensait qu'Itachi avait calmé sa colère, celui-ci se saisit d'un Kunaï et esquissant un sourire malsain, prononça syllabes par syllabes ces quelques mots :

« Je-vous-haie ! »

« Je-vous-renie ! »

Le Kunaï en question alla alors se figer dans le symbole du clan dans un bruit de ressort entêtant.