Chapitre 10 : Le Tic-tac de l'approche

Le repas commença en douceur où chacun parla de banalités. Mavis se trouva être une fille plutôt marrante qui se détendit au fur et à mesure. Mais Jack préféra parler avec Melody pour rétablir un plan plus proche de sa première boucle. Cependant, Jim Hawkins ne semblait pas aimer ce qu'il voyait. Il était très jaloux de Jack qui accaparait Melody et la faisait rire aux éclats. Il ne mangeait même pas. Harold le remarqua vu qu'il était à côté. Il voulut donner un coup de pied à Jack pour lui faire comprendre mais c'est Melody, en face de lui, qui le sentit.

Elle se tourna vers lui et rougit un peu. Harold s'empourpra ce qui accentua la colère de Jim. Qu'est ce qu'ils voulaient donc ces deux garçons à Melody ? Ils ne les connaissaient que de vue et d'un coup comme ça ils la draguaient. Il n'aimait pas du tout ça. Le pâlot ne remarqua rien du tout, bien au contraire il commença à gratter des informations.

- Et c'est tes tantes qui font le service alors ? Ca doit être bizarre !

- Ne m'en parle pas. Je les déteste et elles me le rendent bien en me donnant tout ce qui est périmé. Regarde ma pomme par rapport à la tienne.

Jack remarqua qu'elle était noire sur les côtés.

- C'est injuste ça ! Pourquoi elles te font ça ?

- Ursula et Morgana détestent ma famille. Elles ont coupé les ponts avec tout le monde. Déjà que l'on est beaucoup, huit, mais en plus ma grande sœur Attina a été choisie pour être celle qui reprendra l'affaire familiale. Toutes les autres ont aussi eu leur part. Nos tantes ont désapprouvé. Elles font la guerre contre notre père. Enfin c'est des histoires de grandes personnes. Je sais qu'elles me détestent encore plus car je suis celle qui héritera de la filiale de cette ville précisément. Même si...je ne sais pas c'est quoi une filiale.

Melody rit doucement avec un son très joli à entendre. Jack sourit tendrement.

- Je comprends mieux oui. Tu crois qu'elles pourraient te faire du mal ?

- ... Je ne sais pas. Elles ont eu des accrochages avec Ariel et elles me tournent autour. Mais je ne me laisserais jamais faire par ces deux brutes.

- Fais attention quand même, c'est inquiétant.

Melody se mit à sourire et à regarder son assiette.

- Tu sais, je te trouve très gentil Jack. On ne s'est pourtant jamais parlés mais je t'apprécie déjà. Enfin, dit-elle en rougissant un peu, je veux dire, on ne m'a jamais trop porté attention. On dit que je suis bizarre...

- Ah ? Je te trouve très bien moi. Et comme tu es la meilleure amie d'Elena, je serais plus qu'heureux d'être ton ami.

Les yeux de Melody brillèrent.

- C'est vrai ? Moi aussi...!

- Tu peux nous considérer tous les quatre (Il désigna le Big Four ) comme tes amis maintenant.

La jeune enfant sautilla de joie sur sa chaise dont Jim sembla hors de lui.

Raiponce les regarda avec ce même regard suspicieux. Il y avait quelque chose d'étrange depuis hier. La peur de Jack, sa crise de panique, son rapprochement avec Mavis et Melody... Il cachait quelque chose. Elle en aurait mis sa chevelure à couper. Elle coupa ses pensées quand un verre se brisa au sol. Jim l'avait fait tomber sous sa colère. Il s'était même coupé. Melody se leva en vitesse et se précipita vers lui.

- Jim ! Ca va ?!

- Laisse-moi tranquille, je peux me débrouiller tout seul !

- Mais... Qu'est-ce qui ne va pas ?

- Rien. Retourne manger.

Melody fit la moue et retourna s'asseoir. Un silence tendu se forma.

Ursula et Morgana arrivèrent avec une balayette :

- Nettoie ça !

- Quel empoté, râla Ursula. Oh mais tiens c'est la chère héritière Benson.

Melody leur fit un regard noir. Jack et Harold se regardèrent. Peut-être qu'il y avait matière à travailler ces deux là. Les deux femmes retournèrent à leur travail et Melody changea de sujet.

Ce fut Harold qui passa à l'attaque à son tour.

- Dis-moi Mavis, c'est quoi tes passions dans la vie ?

La jeune enfant réfléchit. Elle commençait à bien apprécier la petite troupe.

- Hum, je n'ai pas vraiment de passion. Mais j'adore le noir, la nuit et les étoiles. C'est si beau ! Oh et j'aime beaucoup voyager avec mon père.

- C'est génial ça. Jack aussi adore la nuit et la lune.

L'intéressé en profita pour s'incruster. " Beau travail Harold " se dit-il.

- Je trouve que c'est magnifique. Surtout en hiver.

- On est d'accord ! S'emporta la jeune pâlichonne, je pourrais passer des heures à regarder le ciel d'hiver ! Tous les soirs après l'école je vais dans le parc pour les regarder ! C'est si beau !

Elle était très contente de trouver une personne similaire à elle. Même au niveau du look, ils avaient tous les deux l'air pâle et maladif. Elle fut en phase. Harold haussa un sourcil. Se promener seule la nuit dans le parc...? Là où elle serait enlevée dans trois jours. Il n'y avait pas besoin de chercher plus loin avec ça.

- Tu n'as pas peur d'être toute seule dehors ? Demanda Raiponce surprise. Moi je ne suis jamais rassurée.

- Non pas du tout.

- Je suis impressionnée.

Jack hésita un instant. Puis il demanda.

- Est-ce que... ça te dérange si je t'accompagne un de ses jours ? A deux ça pourrait être sympa de regarder le ciel.

- Je...

Mavis sembla analyser son interlocuteur. Elle ne s'y attendait pas du tout. Elle ne connaissait pas Jack, c'était assez étrange.

- Par exemple dans trois jours, je m'étais prévu une petite promenade. Ca serait sympa. Mais je ne veux pas m'imposer...

- Pourquoi pas, je serais au parc tu n'auras qu'à me rejoindre.

- Ok super.

Jack sourit avec victoire. Harold lui répondit avec un clin d'œil que seule la blonde remarqua. C'était une grande avancée pour la sauver. Ce soir là, le tueur viendrait. Jack ferait en sorte de la protéger et Harold épierait les alentours. C'était un plan parfait. Mérida de son côté ne remarqua rien du tout et sembla s'amuser avec sa nourriture qui fit rire Elena. Par chance la jeune n'avait pas entendu ce que Jack venait de dire. Il ne valait mieux pas qu'elle le sache. Surtout qu'il comptait dire à ses parents qu'ils avaient une longue répétition.

Le repas se prolongea dans la bonne humeur. Ils semblaient que tout le monde arrivait à s'entendre. Jack et Harold étaient vraiment content d'avoir réuni tout le monde de cette manière. Ca aurait déjà dû être fait lors de leur véritable enfance. Mais il y a des choses que l'on ne remarque pas lorsqu'on est jeune. La solitude de Mavis qui est transparente. Les malheurs de Raiponce qu'elle cache ardemment. Melody qui est mise à part. Tant de choses injustes.

A la fin du service, la petite troupe se sépara pour aller en cours. Mais Raiponce ralentit le pas.

- Ca ne va pas Blondie ? Demanda Jack inquiet.

- Je me demande. Pourquoi vous vouliez apprendre à connaitre Mavis et Melody tout à coup ? Personnellement je ne les connaissais même pas jusqu'à aujourd'hui.

- Je ne sais pas, comme ça. Une envie.

- Alors que vous avez tendance à ne pas approcher les autres ? Insista-t-elle.

Les hommes se sentirent un peu pris au piège. Mais Mérida les prit par les épaules.

- Je vois pas le problème elles sont sympas ! Je suis sûre que tu es jalouse ! Jack c'est fait une nouvelle copine ! Il est amoureux de Melody !

La blonde rougit fortement avant de se cacher dans ses mains. Jack tourna la tête, gêné, alors qu'Harold ne put s'empêcher de pouffer. Ils en profitèrent pour se rediriger en cours mais Raiponce resta plantée là. Elle découvrirait ce qu'ils cachaient, foi de Corona. Elle se retourna vivement quand Jim passa à côté d'elle avec un regard noir. Il avait entendu la conversation apparemment. Pour elle, il ne semblait pas très amical... Vu comment il avait parlé à la jeune Benson.

Le soir venu, après les répétitions, Jack fila avec Harold vers le parc. Ils inspectèrent les environs. Mavis arriva peu de temps après, seule. Elle sautillait et monta sur la cage à poule. Les garçons se cachèrent derrière un arbre pour regarder. Elle se mit tout en haut avec une agilité surprenante. Puis elle s'assit et regarda le ciel en chantonnant. Elle ne mentait donc pas sur ses sorties nocturnes. Une proie facile...

C'est alors que quelqu'un arriva. Un homme emmitouflé dans son écharpe.

- Tu regardes encore les étoiles, miss ?

Jack se pencha pour mieux voir mais la personne resta dans l'ombre des arbres d'en face. La nuit on ne voyait vraiment rien.

- Oui, elles sont magnifiques ce soir. Je vois très bien Orion.

- Ah c'est vrai ça et là c'est Céphée.

- Oui ! Vous commencez à bien les connaitre.

- C'est grâce à toi, je m'intéresse, déclara-t-il mielleusement. Tu es vraiment adorable Mavis.

Il l'admira un moment alors qu'elle rougissait un peu.

- Bon, on se revoit demain à l'école.

- Oui, bonne soirée.

- A toi aussi.

L'homme repartit en s'enfonçant dans son manteau. Il tremblait de sa main. S'il restait trop longtemps il ferait une bêtise. Et pourtant... Il avait vraiment envie de l'avoir. Mais ce n'était pas le bon moment. S'il tentait, il devrait au moins se préparer. Cela lui trotta dans la tête.

Au loin Jack regarda Harold avec le même regard interloqué. Il avait bien parlé de l'école donc la personne qui était présente venait bien de là. Mais ce n'était peut-être pas le tueur. Ils n'en avaient pas la certitude. Pourtant cela leur apparut suspect. D'un regard entendu ils repartirent. Sur le chemin ils réfléchirent. Jack s'arrêta devant chez lui :

- Demain on continue de se rapprocher de Mavis et Melody ?

- Oui enfin... Fais attention car Jim semble te détester.

- ... Pourquoi ?

Jack fut vraiment surpris. Harold pouffa de son air ahuri :

- Il est amoureux de Melody, ça se voit à quinze kilomètres. Du moins il veut la protéger. Alors il te voit comme une menace. Cela dit je ne vois pas en quoi cela changerait l'histoire fondamentalement.

- Mais oui il n'y a aucun risque. On est obligés de le faire quitte à se faire détester. Allez à demain !

- A demain. On se rapproche.

D'un signe de main ils rentèrent chez eux. Pourtant ils ne se rendaient pas compte que ce détail si insignifiant allait leur causer bien des soucis.

Deux jours restants. Au petit matin, Jack décida d'aller chercher Raiponce. Une envie soudaine. Lui qui l'avait perdue pendant si longtemps, il prenait toujours plaisir à la voir. Il l'attendit dans son petit coin habituel qu'il savait en sécurité de Gothel. Quand la blonde l'aperçut elle lui sourit :

- Jack ! Qu'est-ce que tu fais là ?!

Elle regarda par derrière. Si Astoria voyait ça... Mais Jack la rassura.

- T'inquiète elle ne verra rien d'ici. Elle ne saura rien.

Raiponce fronça les sourcils :

- Comment tu sais que ma belle-mère ne veut pas que je sois accompagnée ?

Pris de court Jack recula d'un pas :

- Et bien... Tu nous as dit qu'elle n'était pas très accueillante alors... J'ai pensé que c'était mieux comme ça...

Elle l'analysa. D'habitude Jack ne venait jamais la chercher. Et elle ne parlait que très peu de Gothel pour ne pas qu'ils s'inquiètent. Tout avait toujours été pareil. D'ordinaire ils se retrouvaient à leur carrefour alors pourquoi sans raison il venait là tout en faisant attention à sa mère ?

Elle avança doucement :

- Jack... J'ai l'impression que tu as changé. Je ne saurais pas m'expliquer pourquoi. Avec Harold vous êtes bizarres.

- Ah bon ? Je ne m'en rends pas compte...

Il fallait vite changer la conversation. Et Jack ne se pria pas pour la tournée en son sens.

- En parlant de Gothel. Ca va chez toi ? Tu parles peu de ta famille. J'aimerais en savoir plus.

Toujours en pleine marche Raiponce fixa le ciel avec tristesse. La douleur de penser à tout ça lui cillait le ventre. Elle nota cependant qu'il tentait de la connaitre plus profondément. Comme Mavis. Comme Melody...

- Ca peut aller. Je vais voir mon père tous les samedis. Mais Gothel est vraiment très méchante. Je fais toujours attention à ce que je fais ou dis. Ce n'est pas facile.

- Je comprends, tu peux compter sur moi pour te soutenir.

- Merci, c'est très gentil de ta part. Mais ne t'approche pas de ma belle-mère. Elle est trop... elle me fait peur.

- Tu crois qu'elle serait capable de te frapper ?

Raiponce se renfonça dans ses épaules.

- Elle l'a déjà fait ? Demanda Jack tristement. C'est ça ?

- Des fois elle...

Des larmes roulèrent sur ses joues mais Jack n'abandonnerait pas sa quête de savoir. C'était pour son bien.

- Dis-moi tout, je peux tout entendre.

Il lui prit la main et lui sourit en biais. Elle respira un grand coup.

- Parfois si je n'obéis pas comme elle veut, elle me gifle. Quand je rentre tard aussi elle me tape avec des objets. Et une fois elle m'a enfermé dans un placard pendant trois jours parce que j'étais partie me balader sans sa permission... Puis quand elle est énervée, elle passe ses nerfs sur moi...

Raiponce pleura franchement. C'était la première fois qu'elle osait en parler à quelqu'un. Jack la calma un peu en la prenant par les épaules.

- Tu n'en as pas parlé à ton père ?

- N...Non, sanglota-t-elle. Il est déjà très malade je ne veux pas l'ennuyer avec ça... Je peux m'en sortir seule...

- Non, on ne peut jamais s'en sortir seul. Crois-moi ça m'est déjà arrivé, et je regrette.

- Tu as peut-être raison mais je ne suis pas prête à lui dire ça... Il l'aime après tout...

- Hum... Moi en tout cas je suis là. On te soutient tous.

- Merci...

S'essuyant les yeux, le duo retrouva les deux autres. Ils expliquèrent que ce n'était rien et se rendirent à l'école. Mérida était curieuse mais Jack ne révéla rien. Raiponce ne le voulait pas. Harold attendit la récréation pour connaitre toute l'histoire. Ils parlent dans les toilettes, seuls.

- Donc elle va le voir tous les samedis c'est ça ? Répliqua le brun.

- Oui.

- Etonnant car c'était la veille de la pièce, tu te souviens dans la deuxième route. Le jour où son père est mort était un samedi. Elle avait dû aller le voir.

- Maintenant que du le dis. La peine a dû être horrible.

- Pour ça qu'elle s'est enfuie.

- Non, elle avait bien trop peur de Gothel pour partir de chez elle. Même triste elle n'aurait pas osé.

- Peut-être que sa belle-mère a menti.

- Et qu'elle l'a tuée ?

- Ou même tué son père ?

Jack secoua la tête :

- Attend ce n'est que spéculation, on part un peu loin là. Surtout que le tueur est un homme.

Harold approuva.

- C'est vrai je m'emporte. Pourtant j'ai l'impression qu'il se trame quelque chose chez les Corona. J'aimerais en savoir plus. Mais pour l'instant, allons rejoindre les filles. On va tenter de remanger avec Mavis.

- Bonne idée. J'ai tellement la haine contre Gothel. Ce qu'elle fait subir à Raiponce !

- Moi aussi mais fais attention, n'oublie pas la deuxième route. Si on en parle à des adultes, ça accélérera les choses.

- On s'en occupera nous-mêmes.

Jack montra le poing et Harold rit doucement. Il approuva et ils repartirent avec les autres. Décidément, toutes les familles avaient des histoires bien compliquées. Jack remarqua qu'il était plus chanceux qu'il ne le croyait. Avec ses parents et Elena. Harold s'en fit la même constatation.

Le jour J, le sept décembre, Jack et Harold étaient tendus. Le soir, Mavis serait enlevée dans le parc. Ils ne la connaissaient pas assez bien pour la coller tout le temps mais profitèrent pour la saluer dans la cours. Elle semblait assez contente d'avoir de nouvelles connaissances.

- Comment ça va Mavis ?

- Bien merci les gars. Mais je suis énervée. Mon père veut venir me chercher ce soir car il en a marre que je ne rentre pas à l'heure. Je ne le comprendrais jamais avec sa paranoïa.

Jack haussa les sourcils. Il regarda Harold qui approuva.

- Tu vas rentrer avec ton père du coup ?

- Même pas en rêve, je vais m'enfuir avant. Un peu plus tôt pour lui échapper.

Elle rit malicieusement. Elle les salua ensuite pour aller retrouver Johnny. Elle voulait encore parler de son père, elle en avait vraiment marre.

- Elle ne se rend pas compte du danger, marmonna Jack.

- C'est vrai que la nuit n'est pas sûre. Ma mère me le rabâche assez, répliqua Mérida.

- Pour une fois elle a raison, répliqua Harold.

La rouquine bougonna. Elle n'aimait pas l'admettre. Son conflit avec Elinor n'était plus un mystère.

Tous le monde sursauta quand quelqu'un haussa le ton :

- Alors quoi ? Je suis naïve et stupide c'est ça ? Hurla Melody rouge de colère.

- Tu fais confiance à n'importe qui ouais. Dès que quelqu'un ne te dit pas que tu es un garçon manqué tu fais les yeux doux. A croire que tu es une fille facile.

Jim regretta tout de suite ses paroles quand la jeune enfant partit en pleurant suivie d'Elena qui lui tira la langue. Il tendit le bras mais il était trop tard. Triste il se renferma et partit dans son coin. Il voulait la protéger et aussi lui faire comprendre qu'elle était précieuse pour lui. Mais décidément il n'arrivait à rien. Il faisait tout de travers... Cela le mina.

Raiponce eut un regard triste à son tour.

- On n'aurait peut-être pas dû s'immiscer dans leur duo... On a créé beaucoup de problème.

Elle regarda Jack avec insistance. Mais Mérida haussa les épaules :

- S'il n'est pas capable d'accepter que Melody ait d'autres amis en dehors de leur cercle c'est son problème.

- Je pense surtout qu'il a peur que Melody se fasse encore victimiser, chuchota Harold.

Tout le monde se tourna vers lui. Ils se rapprochèrent.

- C'est une amie à moi qui me l'a dit mais il semble que Melody soit souvent victime de lynchage dans la rue par d'autres jeunes.

- Ils la traitent de garçon manqué ? Demanda Mérida surprise.

- Ils lui disent qu'elle est bizarre à cause de ses passions pour la mer. Ils lui disent aussi qu'elle devrait devenir un homme vu qu'elle ne porte jamais de robe... Des choses du genre.

- C'est terrible, s'exprima Raiponce choquée.

- C'est assez courant mine de rien. Vu qu'elle est sensible et qu'elle a un caractère différent. On s'amuse à s'en prendre à elle à plusieurs.

- Bande de lâches, grogna Mérida.

- Il faudrait faire quelque chose, insista Jack.

- Avec Jim c'est compliqué, on risquerait de le braquer, dit Harold. Enfin pour l'instant on ferait surtout bien d'aller en cours.

Pitch s'approcha avec un sourire mauvais. Il comptait leur donner une punition s'ils rataient les cours mais les enfants partirent en courant. Il gloussa.

- Tu fais toujours aussi peur Pitch, commenta Hans qui était toujours dans les parages.

- Tant mieux, j'adore voir leurs visages terrifiés face à moi. La peur est quelque chose de fabuleux. On ne peut pas y échapper et elle fait commettre des gestes souvent stupides. Comme mister Hawkins qui par peur de perdre son amie, fait des erreurs de jugement. J'adore voir ça.

Hans soupira. Pitch était un cas particulier. Il n'arrivait jamais à le cerner.

- Tiens d'ailleurs il semble que Mavis se soit fait de nouveaux amis, répliqua le sadique.

Hans sourit.

- Oui je sais, c'est vraiment bien pour elle. Même si ce ne sont que des connaissances.

- Elle sera bientôt bien entourée.

Pitch et Hans se regardèrent profondément. Il semblait y avoir de la tension et de la provocation dans l'air. Hans craqua le premier et partit s'occuper de la grille. Pitch pouffa sans retenue.

Le temps sembla s'écouler si rapidement que Jack angoissait. Il se rongeait les ongles lors des dernières heures de français. Harold était plus dans la réflexion. Il notait sa façon de surprendre le tueur pour enfin découvrir son identité. Il était jeune et faible, voilà pourquoi il ne savait pas trop comment agir. Si le tueur en avait envie il pouvait très bien le tuer lui à la place de Mavis. Ce qui serait un sacré paradoxe temporel... Il ne valait mieux pas y songer.

Raiponce nota l'ambiance générale. Elle tapa de son crayon sur la table. Une tonne de questions passait à travers son esprit. Mérida sembla déconnectée de tout ça et jouait avec sa gomme. Cela sembla passer comme un éclair avant que la sonnerie ne retentisse. Jack et Harold n'avaient pas de temps à perdre. Il était déjà tard et la nuit tombait très vite en hiver. S'ils y arrivaient, ils sauveraient une vie ! Et ce n'était pas quelque chose à prendre à la légère.

- Jack ! Hurla Raiponce dont le blanc se retourna après avoir couru plusieurs mètres jusqu'à la cour.

Harold se retourna également. Il remarqua Mavis partir rapidement par dessus la grille de derrière.

- Où est-ce que tu vas aussi rapidement ?

- Je...Je dois rentrer j'ai un truc urgent à faire.

- Avec Harold ?

- C'est ça, commenta le brun.

Raiponce ne les crut pas un seul instant. Elle les regarda filer à toute vitesse. Mérida arriva sur ce fait.

- Où vont-ils comme ça ?

- Aucune idée ! Mais je ne peux pas les suivre, ma belle-mère me tuerait si je ne rentre pas...

- Quoi tu as peur d'elle ? Allez, viens, moi je suis trop curieuse.

- Non je... je...

La blonde hésita. Elle regarda la rouquine faire le cent mètre. Se faire battre et découvrir la vérité qu'elle cherchait depuis quelques jours. Ou rentrer et ne pas savoir... Sa curiosité était grande. Bien trop grande ! Elle fila derrière Mérida en se maudissant. Elle allait prendre très cher. Elle le savait...

La nuit tomba de plus en plus vite. Les étoiles pointèrent le bout de leur pointe dorée et Mavis atteignit enfin le parc. Elle reprit son souffle après avoir couru. Son père, elle l'avait raté de peu. Mais elle comptait lui faire comprendre que son précieux moment au parc était important et qu'elle ne voulait pas le perdre. C'était non négociable. Il était bien trop paranoïaque avec le monde extérieur.

Reprenant ses esprits, la jeune enfant monta sur la cage à poule. Elle s'assit et s'apaisa enfin devant le ciel illuminé. Jack arriva peu après. Il regarda de tous les côtés. Pas de tueur pour l'instant. Il invita Harold à prendre place près de la cage. Puis il sortit des buissons.

- Hey Mavis ! Ca va ? Je t'avais dit que je viendrais voir les étoiles. Je peux ?

La pâlichonne sourit.

- Oui viens. Il fait très beau ce soir, le ciel est dégagé.

Jack monta et s'installa à côté d'elle. Il était toujours à vif. Il tremblait.

- Tu as froid ?

- Non... Enfin si un peu mais ce n'est pas grave.

- Ah d'accord...

Mavis se sentit un peu nerveuse. Puis elle montra le ciel :

- Tu connais les constellations ?

- Un peu mais je ne suis pas très doué.

- Je peux t'apprendre si tu veux. Là par exemple tu devrais la connaitre ?

- Oui c'est la grande ours. Je connais avec la petite ours.

Mavis rit doucement et continua son cours.

Au loin Harold se frottait les mains. Par où allait-il venir ? Il allait forcément inspecter et voir que Jack était là. Il repartirait donc bredouille, c'était obligé. Il tremblota sous le froid piquant de la nuit qui s'installait de plus en plus. Son père allait s'inquiéter aussi. Tout comme les parents de Jack. Mais le brun resta aux aguets. Il tenait un petit couteau dans la main au cas où. Mais personne à l'horizon.

Vers vingt heures cependant, des craquements résonnèrent près de lui. Il se retourna mais ne vit personne. La pénombre était grande. Il pointa son couteau en l'air.

- Il y a quelqu'un, susurra-t-il.

Le silence devint pesant. Harold décida d'aller prévenir Jack. Peut-être avait-il fait fuir le tueur. Mais au moment de se relever Harold reçut un grand coup sur la tête et tomba dans un buisson. Une silhouette s'approcha en respirant de sa fumée blanche. La personne se pencha vers l'enfant avant de voir le visage d'Harold avec un téléphone portable.

- Qu'est-ce qu'il fait la celui-là ? Marmonna-t-il dans son masque noir.

De ses gants il le retourna. Il l'avait frappé un peu fort, il saignait. Mais ce n'était pas grave. Son plan pouvait continuer. Car il ne tenait plus, il devait agir. Ce soir !

Le tueur prit donc soin de ne pas laisser de traces de pas derrière lui avant de s'avancer. Il avait eu de la chance de tomber sur le gamin car sinon il aurait fait un témoin gênant qui aurait tout vu. Pas de témoin, pas de trace, pas de piste. C'était ce qu'il avait en tête. Pourtant il trouvait ça étrange que le jeune garçon soit présent. A se cacher en pleine forêt. C'est à ce moment qu'il repéra Jack avec Mavis. Il grommela. Ce n'était pas prévu ça... Il était de ceux qui collaient la jeune femme récemment, il l'avait remarqué. D'un soupir il modifia son plan. Décidément, ces gamins étaient bien énervants.

Du côté de Jack il fixa le ciel avec intérêt.

- Tu connais vraiment beaucoup de choses Mavis. C'est incroyable.

- Merci, dit-elle avec un sourire.

Le blanc regarda en direction d'Harold. Il ne semblait rien se passer. Le tueur avait dû abdiquer.

- Bon on devrait peut-être rentrer non ? Je commence à avoir vraiment froid.

- Tu as raison. Il se fait déjà tard, répliqua Mavis.

Les deux descendirent ensemble. Jack insista pour la raccompagner chez elle. La jeune enfant fut surprise mais elle lui sourit. Pourquoi pas ?

Jack passa devant la cachette d'Harold et lui montra le pouce. Tout marchait comme sur des roulettes. Il ne comprit donc pas pourquoi un trou noir émergea devant ses yeux. Il se sentit mal et tomba au sol. Il entendit alors Mavis crier et se débattre. Puis d'un tissu odorant collé sur son nez, Jack partit pour le royaume des songes. Il ne fallait jamais sous-estimer quelqu'un. Surtout quant celui-ci était en pleine crise de folie.