Myrka : Ah, même si comme tu dis tu n'as rien à ajouter, ça fait toujours plaisir de te lire ^^. En effet les complications arrivent…Quant à la femme de ménage... J'ai pas pu m'empêcher :D
Là je me rends compte en écrivant que je ne me suis pas du tout dirigée dans le sens où je voulais aller au départ ; je me suis demandé si je n'allais pas tout effacer et tout réécrire, mais au fond j'ai décidé de rester sur ma première impulsion et de voir où ça me mène…
CHAP 10 WICKHAM
Depuis que Charles était reparti à New York, Jane n'était plus aussi souriante. Elle avait fini par raconter à Lizzie tout ce qui s'était passé à Cazes, et sa sœur s'était réjouie pour elle ; mais ça lui faisait mal de la voir si triste.
Charles était parti le mardi ; on était déjà samedi.
Le soir avait lieu une des traditionnelles fêtes de village d'été. Quelques attractions tenues par des forains, un groupe pop-rock qui reprenait les tubes du moment et d'autres plus vieux, une ou deux buvettes, et un tas de personnes qui s'éclataient par petits groupes, se bousculant les uns les autres. Kitty et Lydia, bien sûr, avaient prévu d'y aller. Et il était hors de question pour Lizzie de les laisser y aller seules.
- Allez, viens, Jane, la suppliait celle-ci. Ça te changerait les idées !
- J'ai pas besoin de me changer les idées…
- Admettons. Mais tu ne vas quand même pas me laisser seule avec les deux furies ! Je ne pourrai jamais les surveiller !
Jane soupira. Lizzie avait raison. Il fallait être au moins deux pour calmer leurs cadettes quand elles dépassaient les bornes.
Et ce soir ne dérogerait pas à leur règle si on considérait comment elles comptaient s'habiller. Mini-jupes, encore et toujours, mais en jean cette fois. Top vert pour l'une, rose pour l'autre. Elles venaient de se chamailler pour savoir qui porterait lequel.
Il fallait vraiment que quelqu'un leur dise qu'elles étaient ridicules.
Elizabeth aurait bien aimé que leur mère soit assez responsable pour jeter au feu tous ces vêtements provoquants et leur interdire de sortir si découvertes. Elle avait bien essayé elle, mais n'avait eu droit qu'à la réponse typique des ados. Vous avez deviné laquelle non ? « T'es pas ma mère ! ». Quant à leur père, ça faisait un moment qu'il n'essayait même plus de calmer ses cadettes. Lizzie admirait vraiment son père, mais il la décevait par son indifférence à l'égard des deux dernières.
A croire que ce n'était pas ses filles…
Le soir arriva, Jane s'étant résignée à venir. Elle avait passé une robe longue, fluide, et un pull noir par-dessus. Le tout ne rendait pas forcément très beau, mais elle n'y allait pas pour draguer. Lizzie, elle, se contenterait d'un jean et d'une chemise.
Elles partirent vers 22h. Kitty et Lydia étaient complètement intenables et se précipitèrent hors de la voiture alors que le moteur tournait encore.
Des caricatures ces filles.
Lizzie et Jane sortirent et les suivirent de loin, gardant un œil sur elles alors qu'elles se trémoussaient devant la scène où jouait un groupe de jeunes du coin. Elles étaient entourées de mecs qu'elles semblaient connaître. Bon, au moins c'était pas des fraîchement rencontrés… Et il y avait d'autres filles dans le groupe.
Cela faisait bien une demi heure qu'elles surveillaient leurs sœurs, discutant de tout et de rien, adossées à un mur, quand un gars à peu près de leur âge les aborda.
Jane se détourna, complètement désintéressée. Lizzie quant à elle hésitait entre la curiosité et l'agacement. Le jeune homme était franchement mignon : des mèches blondes, un peu longues, des yeux verts. Un corps fin et musclé.
Ce fut la curiosité qui l'emporta ; et puis Jane n'était pas franchement d'agréable compagnie.
Il se présenta : il s'appelait John Wickham* et venait d'arriver dans le pays. Il se plaisait bien ici mais ne connaître personne lui pesait.
Il invita les jeunes filles à boire un verre ; il renonça bien vite à essayer de discuter avec Jane et se concentra sur Lizzie, qui se sentait plutôt… charmée par lui. Elle se surprit à le comparer à Will ; il était tout son contraire. Agréable, il avait en plus une conversation intéressante. Il raconta qu'il avait visité beaucoup de pays, et qu'il étudiait le droit à Londres.
La soirée se passa plus agréablement pour Elizabeth qu'elle ne l'aurait crû. A la fin, elle échangea son numéro avec Wickham et ils parlèrent de se voir le lendemain. Jane et elles allèrent récupérer leurs sœurs, qui visiblement s'étaient trouvées chacune un copain qu'elle eurent du mal à lâcher.
La nuit passa et le lendemain, Lizzie se prépara à rejoindre John pour lui faire visiter le coin.
Ils décidèrent d'aller à Cahors ; ils partirent dans la voiture de John, une jolie 308 CC. Lizzie n'aimait pas forcément ce genre de voiture, mais bon… John conduisait bien, à la limite de la vitesse et avec fluidité. Il lui racontait des tas d'anecdotes sur lui, et la faisait rire.
Puis il finit par lui poser une question qui lui trottait dans la tête depuis un moment.
- Dis, Lizzie, euh… j'ai entendu dire par hasard ce matin… Il paraît que Charles Bingley est dans le coin ?
Lizzie soupira.
- Oui, c'est vrai. Enfin, là, il est en voyage. Mais il était là, il y a quelques jours, avec son ami William Darcy et sa sœur.
- Ah. Tu les connais ?
- Vite fait.
Puis elle ajouta, après une courte pause :
- Pourquoi, tu es un de ses fans ?
Il éclata de rire.
- Non ! Enfin ce n'est pas que je n'aime pas ce qu'il fait, mais… En fait, je n'ai rien contre Charles Bingley.
La curiosité de la jeune fille était encore plus piquée à ces mots.
- Mais… ? Demanda-t-elle
- Eh bien, c'est son ami, Darcy. Disons qu'à une époque, nous nous sommes connus. Mais bon, nous ne sommes plus en bons termes.
Ils étaient alors assis sur un banc face au Lot. Lizzie se tourna de façon à lui faire face, de plus en plus intriguée. Elle ignorait cependant si c'était l'histoire de John qui l'intéressait ou le fait d'en apprendre plus sur Will.
Il raconta alors son histoire.
- Quand j'étais petit, mon père travaillait avec les Darcy. J'étais tout le temps fourré avec sa sœur, et son père m'adorait, fit-il avec un sourire. Mon père est mort alors que j'étais jeune ; et je n'ai pas connu ma mère.
Lizzie sentit son cœur se serrer à cette histoire. Des fois sa famille l'énervait, mais elle l'aimait énormément, et ne savait pas comment elle ferait sans elle.
- Le père de Will m'a pris à sa charge ; il m'avait d'ailleurs mis sur son testament, me léguant quelques actions de sa meilleure société. Il m'avait aussi procuré un poste, et j'étais sensé évoluer dans l'entreprise. Puis il est mort. Ce fut comme si on m'arrachait un second père.
Lizzie avait maintenant les larmes aux yeux. Elle prit les doigts de Wickham entre les siens, l'encourageant à continuer.
Le jeune homme soupira.
- Will voulut faire contester le testament. Il ne m'a jamais aimé. Je n'ai même pas eu envie de passer en justice ; de toutes façons j'aurais sans doute perdu. Je pensais au moins pouvoir garder mon poste ; mais non. Will s'est débrouillé pour qu'on me pourrisse la vie jusqu'à ce que je démissionne.
Pour le coup, Lizzie était vraiment dégoûtée.
Et dire qu'elle avait pensé un instant -rien qu'un instant- que Will devait être un homme bien.
Elle n'arrivait pas à croire qu'il puisse avoir fait ça. Ça ne collait pas réellement avec l'idée qu'elle s'était faite de lui. Arrogant, parfois odieux, peut-être… Mais aussi… Méprisable ?
Cependant elle ne voyait pas pourquoi John lui aurait menti.
Elle détestait Will.
Les jours passèrent. Jane n'avait que rarement des nouvelles de Charles ; mais à chaque fois, ça lui redonnait le sourire et elle redevenait peu à peu la Jane rayonnante que Lizzie avait toujours connu. Lizzie, elle, voyait John tous les jours.
Elle remarqua bien que celui-ci la draguait. Mais malgré le fait qu'elle le trouvait attirant, elle ressentait toujours une certaine gêne quand il était proche d'elle. Il y avait des choses qui lui avaient parues bizarres lors de son récit sur son conflit avec Will. Par exemple, s'il avait été traité ainsi, où avait-il trouvé l'argent pour visiter tant de pays comme il aimait à s'en vanter ? Bon, il avait pu recevoir un peu d'argent d'autres héritages. Un peu tiré par les cheveux, mais faisable. Par contre, pourquoi diable était-il venu dans le coin pour quelques mois ? Alors qu'il était de notoriété publique (ou presque) que Charles s'y était installé -et donc Will.
Autant de questions qui la troublaient, mais elle était sûre qu'il y avait une explication logique en faveur de John.
Cela faisait maintenant trois semaines que Charles était parti ; Lizzie avait commencé à travailler dans le maïs.
Un jeudi soir, quand elle rentra, Jane lui sauta au cou.
- Lizzie ! Tu ne devineras jamais !
Elizabeth était crevée de sa journée ; elle n'avait pas vraiment envie de jouer aux devinettes. Mais à voir la joie de sa sœur, soit un accord de paix mondiale venait d'être signé, soit la nouvelle concernait Charles.
Inutile de préciser ce qui semblait le plus probable.
- C'est Charles ! Il revient demain dans la journée !
Bingo.
Lizzie sourit, sincèrement heureuse pour sa sœur.
- Et vous avez prévu de vous voir quand ?
- Demain il risque d'être épuisé par le voyage, et il aura des choses à organiser. On se verra samedi, la journée, puis à la fête de Touzac. Tu viendras hein ?
- Tu sais que je travaille aux gîtes samedi. Mais je viendrai à la fête. John m'accompagnera sans doute.
Elle appela John le soir même.
- Et dis, tu m'accompagnerai à la fête de Touzac, samedi soir ?
La jeune fille crût bon de préciser :
- Bon, il y aura Charles à cette fête, et du coup je suppose que Will y sera aussi. Mais nous ne resterons pas avec eux.
La réponse vînt assez vite.
- Ah non, je suis désolé Lizzie. J'ai promis à un ancien camarade, qui habite sur Toulouse, de l'aider à déménager ce week-end. Je ne serai pas là…
- Oh.
- Par contre, j'aimerai te demander un service. Évites de reparler à Darcy de ce que je t'ai dit… Il m'a assez pourri la vie comme ça, je ne tiens pas à ce qu'il trouve d'autres moyens en apprenant que je me trouve en France. Il a beaucoup d'influence…
- Pas de problèmes.
Lizzie était vraiment déçue, et pensa un moment ne pas aller à la fête ; mais il y aurait d'autres amis à elle, et elle ne serait pas forcée de rester avec Jane ; elle ne comptait en effet pas passer la soirée aux côtés de Darcy après ce qui lui avait été révélé à propos de ce dernier.
La soirée arriva vite ; Lizzie arriva après Jane, celle-ci étant venue avec Charles et Will. Elle alla les saluer.
Tiens, il n'y avait pas Caro !
- Hey, salut. Alors, vous avez fait un bon voyage ?
Lizzie s'était décidée à ne pas ignorer Will ; après tout, elle était sensée ne rien savoir, et puis surtout, une part au fond d'elle avait du mal à croire que le jeune homme était si foncièrement méchant. Elle avait fini par penser que son attitude était le fruit d'une erreur de jeunesse ; il s'était sans doute emporté sous l'effet de la colère et de la jalousie.
Il y avait quelque chose de pas net dans cette histoire, mais ça ne la concernait pas, alors…
- Oui, excellent, fit Charles.
- Mais nous sommes heureux d'être de retour, rajouta Will en la regardant intensément.
Cela la fit frémir. Elle avait envie de s'échapper, mais elle ne voyait pas un seul ami à rejoindre.
Quant à Will, il ressentit un immense coup au cœur en revoyant la jeune fille. Celle-ci n'avait pas réellement quitté ses pensées, tout le temps où il se trouvait à New York ; parfois il s'était même surpris à penser à elle en pleine réunion. Sans doute était-ce parce qu'elle était la deuxième personne, après Charles, à avoir su gagner son intérêt et son respect. De toutes façons, quelle autre raison pouvait-il y avoir ? Il ne la connaissait pas suffisamment pour éprouver plus qu'une franche sympathie pour elle.
Pourtant, ce n'était que maintenant qu'il se rendait compte à quel point elle avait pu lui manquer.
Il avait l'impression qu'un poids avait quitté sa poitrine dès qu'il l'avait aperçue.
Ils discutaient de banalités quand un jeune homme s'incrusta dans leur groupe, et fit, d'une voix désagréable que Lizzie reconnut tout de suite :
- Bonjour, les filles. Ça fait longtemps. Vous me présentez à vos amis ?
Jane et Lizzie grimacèrent en se regardant. Will toisa l'arrivant d'un air dédaigneux tandis que Charles le regardait bizarrement. C'était un gars brun, un peu plus petit que Lizzie. Maigre, sans muscles. Pas vraiment laid, mais il n'avait absolument rien d'attirant, contrairement à ce qu'il semblait croire si on se fiait à son sourire orgueilleux.
- Salut, Colin**, maugréa Lizzie.
Colin était le fils du propriétaire de la maison dans laquelle logeaient les Bennet. Un petit prétentieux qui avait tendance à croire que tout lui était dû.
- Salut, fit Jane, plus diplomate. Voici Charles, mon copain…
Ça lui faisait encore des papillons dans le ventre de l'appeler ainsi. Souriant, il se pencha vers elle et lui déposa un baiser sur la tête, entourant ses épaules d'un bras.
- … Et Will, un ami.
Colin acquiesça.
- Bien, bien. Je suis ravi de vous rencontrer.
Il n'eût pas de réponse.
- Bon. Lizzie, cela te dirait-il qu'on aille rattraper le temps perdu ? Allons boire un verre, je te le paye.
Will observa Lizzie ; elle ne réprima pas un air dégoûté.
Elle n'avait pas envie d'y aller. Et puis cette façon qu'il avait d'affirmer haut et fort qu'il allait lui payer son verre. Qu'espérait-il ? Qu'elle se jette à ses genoux de reconnaissance ? Lizzie savait qu'elle réagissait peut-être un peu violemment à son égard ; mais c'était tout ce qu'il lui inspirait. Intuition féminine ?
Elle avait envie de refuser, mais vit dans son invitation une manière d'échapper à Will et à son regard troublant. Aussi, après une légère hésitation remarquée de tous, elle se décida.
- Je n'ai pas soif. Cela réglait le problème du paiement. Elle ne voulait rien accepter de ce minable. Mais allons faire un tour, j'ai besoin de me dégourdir les jambes.
Colin sourit d'un air triomphant et prit le bras de la jeune fille. Will les regarda s'éloigner, ne comprenant plus rien.
Elle n'avait pas l'air de l'apprécier pourtant.
En fait, ils n'allèrent pas bien loin. Lizzie n'y tenait pas, pas en compagnie de Colin.
Il lui parla beaucoup de lui -il n'avait vraiment pas changé- et de la fac de sciences économiques, où il étudiait. Lizzie sourit ironiquement. Cela faisait deux fois qu'il redoublait la première année.
Puis soudain il se fit plus collant, passant son bras autour de la taille de la jeune fille. Elle voulut s'éloigner, gênée. Mais il ne la lâcha pas.
- Colin ? Questionna-t-elle froidement.
- Tu es très jolie ce soir Lizzie, tu sais.
Cette fois, elle avait la nausée pour de bon.
- Écoutes Colin, je ne sais pas ce que tu veux, mais…
- Moi je crois que tu le sais très bien au contraire, la coupa-t-il.
Cette fois, elle parvint à se dégager, mais il la rattrapa par le poignet.
- Lâche-moi.
- Allez, Lizzie. On formerait un beau couple, toi et moi. Et puis, si tout se passe bien entre nous, on pourrait parvenir à un accord entre nos parents, pour alléger les charges de ton père par exemple…
Quoi ? Elle n'avait pas rêvé ? Avait-elle bien entendu ? Il essayait de l'acheter ?
Cette fois, elle était vraiment en pétard, et s'apprêtait à lui dire ses quatre vérités, quand elle sentit un bras autour de sa taille.
A quelques mètres, Will observait Lizzie et Colin qui discutaient. La jeune fille ne semblait vraiment pas à l'aise ; et cela empira quand le garçon devînt collant.
Il semblait ne pas vouloir lâcher Lizzie malgré ses protestations, et Will sentit son sang ne faire qu'un tour ; il se dirigea vers le « couple ».
Lizzie se retourna, et, surprise, vit que le bras appartenait à Will. Malgré son aversion pour ce dernier, elle se sentit immédiatement soulagée.
- Tout va bien ? Lui demanda-t-il, fixant durement Colin.
- Nous avions fini de discuter je crois, fit Lizzie d'une voix dure.
- Bien.
Will se retourna, entraînant la jeune fille, qui se laissa faire, appréciant le contact réconfortant de son sauveur.
Son sauveur ?
Pour le coup, elle ne savait vraiment plus ce qu'elle éprouvait envers Will. Elle se décida pour toujours de l'aversion, mais aussi de la gratitude. Dans ce cas précis.
Elle s'écarta vivement de lui ; il en fut déçu mais n'en laissa rien paraître.
- Merci, lui dit-elle, gênée. Je crois que je ne m'en serai pas sortie toute seule, avoua-t-elle.
Il remonta délicatement le menton de la jeune femme jusqu'à pouvoir plonger ses yeux dans les siens.
- Tout va bien ? redemanda-t-il d'une voix douce, attendant cette fois-ci une réponse.
- Euh, je… Oui. Ça va. Vraiment, ajouta-t-elle devant son scepticisme.
Charles et Jane les rejoignirent.
- Un problème ? Demanda Charles.
- Non, non, aucun répondit Lizzie.
Un silence un peu gêné s'installa dans le petit groupe, jusqu'à ce que quelqu'un arrive dans le dos de Lizzie et la prenne dans ses bras.
Mais c'était sa soirée ou quoi ?
- Lizzie ! S'écria cette personne.
Lizzie se retourna, ravie.
- Jordan !
Elle serra brièvement l'arrivant dans ses bras.
C'était un jeune homme aux cheveux châtains,ébouriffés.
Will ressentit un pincement au cœur en voyant l'immense sourire de Lizzie. Avait-elle conscience de sa beauté, quand elle souriait ainsi ? Il se doutait bien que non.
- Hey, ça va ? Demanda-t-elle.
Il rit.
- Ça ne fait que deux jours qu'on ne s'est pas vus, Lizzie.
- Il peut s'en passer des choses, en deux jours ! Répliqua-t-elle, faussement vexée.
- Ça va très bien, répondit-il en rigolant. Et toi ?
- Oui !
Il se rembrunit un peu.
- Dis, j'ai vu que l'autre morveux te collait tout à l'heure. Mais j'ai pas eu le temps d'intervenir, parce que euh…
Il fixa Will d'un air interrogateur.
- William, se présenta celui-ci.
- William est intervenu, finit Jordan.
Lizzie jeta un bref coup d'œil à Will, puis se tourna à nouveau vers son ami.
- Oui, Colin est devenu un peu chiant. Mais ça va maintenant.
- Je t'ai déjà proposé d'aller le voir si il t'emmerdait.
Lizzie leva les yeux au ciel, comprenant ce que ça signifiait.
- La violence n'est pas la meilleure solution, fit-elle tout simplement.
- Oui, mais pas loin, bougonna Jordan en haussant les épaules. Comme tu veux.
Elle lui jeta un regard noir. La discussion était close.
- Oh, je ne t'ai pas présenté. Jordan, un ami ; Charles, le copain de Jane, et enfin, ben… William.
- Ah, d'accord. Ils m'ont l'air d'être plus sympas que l'autre avec qui tu étais il y a deux jours.
La gêne s'empara de Lizzie. Il parlait de Wickham ; il l'avait rencontré deux jours plus tôt, et l'avait tout de suite pris en grippe.
- Qui ? Demanda Jane. Ah, John ? Continua-t-elle, ne remarquant pas le regard désespéré de sa sœur.
- Ouais, c'est ça, maugréa Jordan. Wickham.
Lizzie eut envie de se prendre la tête dans les mains. Elle jeta néanmoins un regard à Will, et vit le choc se peindre sur son visage, qui blêmit.
- John Wickham ? Demanda Charles, pour confirmation.
Lizzie hocha la tête et décida de jouer les personnes pas au courant.
- Oui. Il m'a dit que vous vous connaissiez, mais ne m'a pas donné de détails.
Tu parles.
Charles et Will échangèrent un long regard.
En vérité Charles lui-même ne savait pas exactement ce qui s'était passé entre son ami et Wickham ; mais il savait que ç'avait été très tendu.
Lizzie était de plus en plus gênée. Le silence dans le groupe commençait à devenir pesant.
Jordan le remarqua, et proposa à la jeune fille d'aller faire un tour. Elle accepta, soulagée, et ils s'éloignèrent sous le regard sombre de Will.
Elle connaissait Wickham.
Et elle devait sans doute l'apprécier un minimum ; puisqu'elle passait du temps avec lui. De plus il connaissait Wickham ; il n'y avait pas meilleur que lui pour embobiner les gens, et se faire aimer par toute personne de 7 à 77 ans.
Pour le coup, il se sentait vraiment inquiet.
Ah ce Wickham il me file la nausée. Pouah !
Au début, je voulais que ce soit Jordan qui arrache Lizzie des griffes de Colin sous les yeux de Will ; mais au dernier moment je me suis dit que ce serait quand même mieux que le sauveur soit le héros… Je ne sais pas trop si j'ai fait le bon choix. En fait je n'aime pas beaucoup ce chapitre (ça doit être dû à la présence de Wickham…)
* Oui Georges a prit un coup de jeune et s'appellera désormais John…
**Bah Mr Collins devient Colin… Vous l'auriez sans doute vite reconnu…
