Il y a de plus en plus de monde qui se joint à toi pour me lire, me laisser un petit mot et ça fait vraiment très plaisir.
Je ne trouve pas toujours l'inspiration ni l'envie pour écrire, mais lire toutes ces petites attentions est tellement agréable que je me remets rapidement au travail. Donc merci pour tout !
Aujourd'hui, un nouveau personnage fait son apparition et je suis bien contente de le retrouver (il n'était pas prévu au début de cette fic mais il a décidé de s'incruster ! Chacun fait vraiment ce qu'il veut, je n'ai aucun pouvoir sur eux)
Bonne Lecture
Hermione observait d'un air circonspect son reflet dans le miroir. Depuis quelques semaines maintenant, elle faisait bien plus attention à son image qu'elle ne l'avait jamais fait. Elle s'accordait un peu plus de temps pour prendre soin d'elle et il fallait avouer que ça lui faisait du bien. Ginny avait été étonnée quand elle lui avait demandé quelques conseils de beauté, mais avait accepté avec joie. Elles avaient passé l'après-midi dans la chambre de la brune, alternant sorts de maquillage et sorts de transfiguration pour les vêtements, et comme souvent avec la rousse, elles avaient enchaîné les fous rires. Depuis la fin de la guerre, c'était la première fois qu'elle passait un aussi bon moment et elle avait l'impression d'avoir enfin retrouvé leur complicité d'avant. Avant les combats, avant que Ron ne les trahisse, avant que ses parents soient perdus Merlin seul savait où.
Elle secoua la tête, chassant ses sombres pensées d'un battement de cils et plaqua un sourire aimable sur ses lèvres. Un "masque quasi impénétrable" songea-t-elle. Elle se demandait parfois si elle avait raison de cacher ainsi ses sentiments, mais elle l'avait l'impression que la façade qu'elle renvoyait aux autres l'aidait à se sentir un peu mieux.
Elle posa un livre sur le sommet de son crâne et fit quelques pas dans la chambre tout en essayant de ne pas le faire tomber, "un excellent exercice de maintien" lui avait dit Mrs. Malfoy.
Le rire d'Harry la surprit et il n'en fallut pas plus pour que le livre se retrouve au sol.
- Qu'est-ce que tu fabriques Hermione ?
- À vrai dire je ne sais pas trop moi-même. répondit-elle en riant.
- En tout cas ça fait du bien de t'entendre rire en ce moment. J'ai l'impression que tu vas mieux et ça me rend vraiment heureux.
- Oui… je crois que je vais un peu mieux, certaines choses sont encore difficiles à accepter, mais je pense que je suis plus apaisée. Surtout que ton détective a des résultats encourageants. Je ne pourrais jamais te remercier assez pour ce cadeau.
- Encore une fois Hermione, après tout ce que tu as fait pour moi, c'est vraiment la moindre des choses. J'aurais tellement aimé faire plus, te rendre ta famille.
- Ginny et toi, vous êtes ma famille… et je finirai par retrouver mes parents.
Harry n'ajouta rien de plus et la prit dans ses bras, et Hermione se dit qu'elle avait beaucoup de chances d'avoir un ami si précieux.
En arrivant dans la chambre de sa patiente ce matin-là, l'ancienne Gryffondor fut accueillie par une Narcissa bien plus enjouée que d'habitude.
- Miss Granger, je ne vous attendais plus. Vous êtes en retard… mais qu'importe, j'ai une faveur à vous demander.
Un peu surprise, la jeune femme hocha la tête, invitant son aînée à poursuivre.
- J'ai feuilleté ce que vous m'avez ramené et j'aimerais absolument rencontré Monsieur Lagerfeld. Pouvez-vous nous arranger un rendez-vous ?
Hermione resta un moment estomaquée, n'étant pas sûre d'avoir compris correctement. Mais sous le regard insistant de l'ancienne Serpentard, elle se rendit compte que tout ceci était sérieux.
- Euh… Eh bien… Euh… Je ne connais pas Karl Lagerfeld et euh…
- Vous ne le connaissez pas ? Mais c'est un Moldu.
- Oui, mais je ne connais pas tous les Moldus… Puis comprenant où la lady voulait en venir. Vous savez ce n'est pas comme chez les sorciers, les Moldus sont bien plus nombreux et par conséquent je ne les connais pas tous. Surtout pas des gens aussi célèbres que Karl Lagerfeld.
- Mais vous êtes une héroïne de guerre… vous devriez être en mesure de le rencontrer.
- Les Moldus ne savent rien de cette guerre, Mrs. Malfoy. Pour eux, je ne suis personne, Harry n'est personne, et Voldemort n'est qu'un nom ridicule.
Un silence s'installa, pendant lequel les deux femmes semblaient réfléchir. Hermione se rendait compte à quel point la vision de la vie moldue qu'avait la Narcissa Malfoy était étriquée et calquée en tout point sur la société sorcière. Le monde magique avait encore des progrès à faire s'il souhaitait sortir de son obscurantisme. Finalement, après quelques minutes, la noble reprit la parole :
- J'imagine que j'ai un peu surestimé vos connexions avec le monde Moldu, mais j'aurais vraiment apprécié rencontrer cet homme.
- Je peux vous demander pourquoi ?
- Ce qu'il propose dans ses collections est absolument fantastique. Il pourrait pratiquement me persuader de porter le pantalon.
- Je dois vous avouer que je ne suis pas très au fait de la mode.
- Je m'en serais doutée, Miss, sans vous offenser. Mais vous pouvez être certaine qu'un homme qui porte le catogan a des goûts très sûrs.
Hermione s'autorisa un sourire.
- Je peux toujours vous trouver d'autres magazines de mode moldue si ça vous intéresse. Et vous devriez demander à Draco de vous emmener à un défilé quand vous serez sortie.
- Un défilé ?
- Oui ! C'est là où les maisons de couture présentent leurs collections pour la saison à venir. Des femmes et des hommes sont payés pour parader sur une scène avec les vêtements de ces créateurs afin que les invités puissent les admirer. C'est un événement très sélect, mais je suis certaine que vous y trouverez votre place. Il y en a dans toutes les grandes villes du monde.
- Cela a l'air tout à fait passionnant ! Savez-vous si M. Lagerfeld défile ?
La jeune femme ouvrit la bouche pour répondre, mais elle fut interrompue par l'arrivée de la personne qui distribuait le courrier. Cette dernière ne prit même pas la peine de saluer les deux occupantes, posa le une lettre sur la table de chevet et sortit sans dire un mot.
La lady s'en empara et pâlit en reconnaissant l'expéditeur, Hermione eut à peine le temps d'apercevoir le cachet d'Azkaban avant que la lettre ne disparaisse dans les plis de la robe de Mrs. Malfoy. Celle-ci affichait un air d'une grande froideur, mais il était évident, pour qui la connaissait un peu, que c'était pour masquer des émotions fortes.
- Souhaitez-vous que nous reprenions cette conversation plus tard ? J'ai quelques malades à aller voir.
L'ancienne Serpentard la remercia d'un signe de la tête et sa soignante quitta la chambre.
Lorsqu'elle repassa dans l'après-midi pour reprendre leur session interrompue, elle fit face à une femme catatonique, impossible d'en obtenir le moindre mot, elle ne lâchait pas la fenêtre des yeux, mais son regard était vide. Tous les efforts déployés par l'ancienne Gryffondor furent vains, rien ne semblait pouvoir faire sortir Narcissa Malfoy de sa léthargie. C'est alors que la jeune femme se rendit compte qu'elle tenait encore entre ses doigts le papier d'Azkaban.
- C'est la nouvelle d'Azkaban qui vous met dans cet état ?
Aucune réponse.
- Me laisseriez-vous lire cette lettre ?
Encore une fois, aucune réponse ne vint. Hermione ne savait pas quoi faire, elle ne voulait pas que sa patiente retrouve un état semblable à celui de son arrivée, il fallait briser sa catatonie avant que cela n'atteigne le point de non-retour. Ignorant ce que sa conscience lui dictait, elle s'empara doucement de la lettre froissée entre les doigts de la lady et la parcourut rapidement.
Les nouvelles n'étaient pas réjouissantes, Lucius Malfoy avait été pris dans une bagarre et était actuellement à l'infirmerie de la prison, dans un état préoccupant. Elle jeta un coup d'oeil à son aînée, dont la position n'avait pas variée. Il fallait qu'elle s'entretienne avec le Professeur afin de débloquer la situation au plus vite.
Elle arriva devant son bureau en un rien de temps et frappa. Plusieurs fois. Mais seul le silence lui répondit. Elle finit par se souvenir que son supérieur les avait prévenus qu'il serait bientôt absent, car sa femme devait accoucher dans peu de temps. Hermione maudit sa malchance, la situation était grave et elle ne savait qui pouvait l'aider. La solution la frappa alors, d'une simplicité déconcertante : Draco. Elle courut plus qu'elle ne marcha vers la volière de Sainte-Mangouste, et envoya une note, le priant de venir aussi rapidement que possible.
Plongé dans ses pensées, elle ne vit pas le jeune homme qui faisait les cent pas devant le bureau la du Professeur, avant de rentrer en collision avec.
- Zabini ? Qu'est-ce que tu fiches ici ?
- Granger… Je pourrais te retourner le compliment…
Il la toisait sans être tout à fait hostile, mais elle releva les yeux avec défi et plaqua son sourire aimable sur son visage.
- Je travaille ici, je peux peut-être t'aider ?
Une lueur d'étonnement passa dans son regard, avant qu'il ne reprenne son air arrogant. Hermione sourit plus largement, ainsi lui aussi portait un masque. Il garda le silence encore quelques secondes puis lâcha :
- Je viens voir ma marraine, Narcissa Malfoy. Elle est hospitalisée depuis quelques semaines. On m'a interdit l'accès de sa chambre, je dois apparemment d'abord demander l'autorisation, mais le chef de service n'est pas là.
Il avait dit ça d'un air ennuyé, comme s'il était bien au-dessus de tout ça. Le parfait petit Sang-Pur avait pensé Hermione.
- À vrai dire, ce n'est pas le meilleur moment. Elle est assez fragile aujourd'hui et je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée d'aller la voir.
- Et qui es-tu pour décider de ça Granger ? Serais-tu devenue médicomage en moins d'un an ?
- Il s'avère, qu'en dehors du Professeur, je suis la personne la plus à même de décider ce qui est bien ou non pour ma patiente ! J'ai été choisie pour être sa psychomage…
- Qui t'a choisi ? Sont-ils inconscients au point de vous mettre dans la même pièce ? Ou alors tu utilises ton statut d'héroïne de guerre pour tourmenter ma Marraine ? Je te préviens Granger…
- Tout doux Zabini ! le coupa-t-elle. C'est ta marraine elle-même qui m'a choisie, et nos sessions se passent pour le mieux.
- Si tout va si bien, pourquoi je ne peux pas la voir ? J'exige…
- Tu n'as rien à exiger ! Elle est encore fragile et elle a eu une très mauvaise nouvelle qui l'a déstabilisée. Elle n'est en mesure de recevoir personne aujourd'hui si ce n'est son fils et il a été prévenu.
- Bien… Je passerais demain dans ce cas, et tous les jours suivants jusqu'à ce que tu me laisses la voir.
- Le Professeur ne sera pas de retour avant un moment, tu devrais peut-être mieux revenir quand il sera là. Je ne pense pas que tu puisses la voir sans son accord.
- Puisque tu es sa psychomage, tu peux décider par toi-même si je peux lui rendre visite. rétorqua-t-il d'un ton supérieur.
Il tint sa promesse et revint le lendemain, mais la situation s'était à peine améliorée pour Narcissa Malfoy. La mention de l'arrivée prochaine de son fils avait réussi à l'empêcher de sombrer totalement, mais l'ancienne Gryffondor savait qu'il suffisait d'un grain de sable pour que sa patiente soit définitivement perdue. C'est pourquoi quand Zabini se présenta le jour suivant, elle l'invita à la cafétéria :
- Avant que je te donne une quelconque autorisation, je veux d'abord te parler de sa maladie...
- Elle souffre d'une grave dépression, je sais… Draco me l'a dit. Nous nous écrivons régulièrement depuis qu'il vient voir sa mère, reprit-il devant le regard interrogatif de la jeune femme. Je serais bien passé plus tôt, mais avec le procès de ma famille, je n'étais pas vraiment libre de mes mouvements.
- Je ne savais pas que ta famille était accusée…
- Je te l'ai dit, Narcissa est ma marraine et ce n'est pas une relation enviable par les temps qui courent. Quoi qu'il en soit, je suis au courant de tout et je sais que je peux gérer les choses. D'ailleurs ma présence lui ferait peut-être du bien.
- C'est ce que j'ai pensé aussi, sinon je ne te permettrais pas de la rencontrer. En revanche, je veux qu'au moindre problème tu m'appelles, je ne serais pas loin.
- Je le ferai. promit le métis.
Malgré son inquiétude tout se déroula parfaitement bien, le jeune homme lui avait dit qu'il avait réussi à lui arracher quelques mots. Il revint la voir toute la semaine, même lorsque Draco arrivé à son tour. Les deux anciens Serpentards semblaient ravis de se retrouver et passaient beaucoup de temps dans la chambre de la lady. Hermione elle-même pouvait constater les progrès, il était clair que la présence de personnes amicales était bénéfique. Pour cette raison, elle avait suspendu les séances et laissé sa patiente profiter de cet intermède en famille. Elle ne se doutait pas que ces décisions lui attireraient les foudres de sa hiérarchie.
Quand elle fut convoquée dans le bureau du Professeur, elle fut surprise de le trouver furieux.
- Comment avez-vous osé prendre de telles dispositions sans mon consentement ? Vous n'êtes que bénévole ici et vous agissez comme si vous dirigiez le service.
- Vous parlez de la visite de Blaise Zabini ?
- Entre autres… Cet hôpital va devenir le repère des Mangemorts si on vous laisse faire !
- Je vous demande pardon ?
- Vous faites venir le jeune Malfoy, vous devenez la psychomage de sa mère et maintenant vous autorisez un Zabini à… Sans compter cette demande de visite que vous avez faite à Azkaban…
- Jusqu'à preuve du contraire vous étiez ravi de voir Draco Malfoy, puisqu'il a réussi à déverrouiller la situation dans laquelle était VOTRE patiente. Je m'inquiète de son état et des soins qu'il reçoit. Me reprochez-vous de faire au mieux pour VOTRE patiente ? Vous préféreriez qu'elle finisse par se perdre dans sa dépression ?
- Ne pas la laisser mourir d'accord mais voyons, c'est une Mangemort !
Le Professeur était livide, mais Hermione n'était pas impressionnée. La guerre l'avait endurcie, peut-être plus qu'elle ne l'aurait voulu, mais elle ne laisserait personne l'aveugler avec des jugements faciles. Elle plaqua sur son visage un air glacial, dont Mrs. Malfoy aurait sans aucun doute été fière.
- Une Mangemort ? Vous parlez assurément de la femme qui a fait pencher la balance en notre faveur à la fin de la guerre ? De celle qui a eu l'aplomb de mentir à Voldemort en le regardant droit dans les yeux pour nous amener à la victoire ?
Où étiez-vous à ce moment-là, Professeur ? En Irlande ? Attendant patiemment une victoire, quelle qu'elle soit ? Que reprochez-vous à Zabini ? De n'avoir su prendre parti ? Mais dites-moi, quel camp avez-vous choisi si ce n'est celui de la lâcheté ? Je ne vous permettrais pas de les juger alors qu'un tribunal s'en est chargé, si cela vous déplaît vous pouvez toujours me forcer à partir, mais n'oubliez pas qui je suis…
Elle quitta la pièce la tête haute, un rictus de mépris sur les lèvres et manque de percuter le jeune métisse qui patientait devant le bureau :
- Alors là, je dois dire que tu m'épates Granger. Non seulement tu prends notre défense, mais en plus, ton maintien rendrait ma propre mère jalouse. Je sens que ton supérieur est mûr pour que j'en remette une couche.
Et là, il fit la chose la plus étrange qu'Hermione n'avait jamais vue chez un Serpentard… un clin d'oeil… Blaise Zabini venait de lui faire un putain de clin d'oeil. Et soudainement, seule au milieu du couloir, elle éclata de rire.
