Chapitre 10 : Son premier baiser.
Meredith ne retourna pas dans son dortoir, le dîner n'allait pas tarder à commencer, elle se tint prête à entrer dans la grande salle pour être la première arrivée et la première à repartir. Elle put de cette manière éviter Kerian, Minerva et Angeline. Meredith décida ensuite d'aller attendre dans un coin du château que Angeline aille se coucher. Elle trouva un coin au dernier étage de l'une des tours du château. Elle s'assit sur un banc en chêne massif et regarda, à travers une fenêtre, le soleil se coucher, puis elle regarda les étoiles se lever.
–Là tu voies, tu te caches !dit Tom.
Meredith se tourna vers lui sans être trop surprise de le voir, il s'assit à coté d'elle.
–Alors ?tu ne m'as pas reparlé de mon serpent, dit Tom.
–Très impressionnant, répondit Meredith. Apparemment tu es issu d'une grande lignée, mais le seul problème c'est qu'il n'y a que toi qui le sache.
–Toi aussi, c'est suffisant.
–Pourquoi ce serait suffisant ?
–Parce que c'est toi que je veux impressionner, déclara Tom.
Meredith marqua un temps d'arrêt, et tenta vainement de trouver des mots corrects.
–Je t'ai déjà dit que tu étais trop jeune, dit-elle.
–Nous n'avons que deux ans d'écart, dit Tom. C'est fréquent.
–Une fille plus jeune, c'est fréquent, expliqua Meredith. Mais pas un garçon plus jeune.
–Tu respectes toujours les règles ?demanda Tom.
–Ça m'est arrivé de les enfreindre, répondit Meredith en pensant à Kerian. Mais j'ai fini par le regretter.
–Tu t'arrêtes après un échec ?demanda Tom.
–Nous sommes des Serpentard, rappela Meredith. On n'est pas courageux tu te rappelles !
–En réalité être Serpentard ne veut pas dire qu'on n'est pas courageux, ça veux seulement dire que ce n'est pas notre qualité dominante. Notre qualité dominante, c'est l'ambition ! Je suis ambitieux et je parviendrais à mes fins, et je suis sûr que toi aussi tu es ambitieuse, reste à savoir si tu parviendra à tes fins !
Meredith ne répondit pas, elle regarda Tom qui la fixait. Au bout de quelques secondes, Tom se pencha vers Meredith et sans réaliser complètement ce qui se passait, Meredith se laissa embrasser.
Lorsqu'elle remonta dans son dortoir, Meredith pria intérieurement pour que Angeline ne puisse pas lire en elle et voir ce qui c'était passé entre elle et Tom.
C'est lorsqu'elle se coucha que Meredith mesura toute l'étendue de son erreur.
Le lendemain, Meredith fit une chose qu'elle n'avait jamais fait auparavant : la grasse matinée. Elle voulait rester dans son lit pour ne pas avoir à affronter la situation aussi bien celle avec Kerian que celle avec Tom. C'est seulement en début d'après-midi que dévorée par la faim, Meredith rejoignit les cuisines qu'en qualité de préfète en chef, elle connaissait. Elle se fit servir une assiette de poulet par les elfes puis remonta dans son dortoir. Elle réitéra la même opération après le dîner, Angeline ne semblait ne même pas avoir remarqué l'étrange comportement de sa colocataire.
Le jour suivant était le jour du grand départ de Poudlard. Meredith ne descendit pas prendre son petit-déjeuné, elle attendit patiemment que l'heure soit venue de se mettre en marche pour la gare. Elle était obligée d'y aller en même temps que les autres élèves, les préfets-en-chef devaient y accomplir leur toute dernière tache de l'année. Meredith devait ouvrir la marche des élèves, alors que Kerian allait la fermer.
Meredith accompli correctement son devoir, comme à son habitude, et attendit qu'une très bonne partie des élèves soit monter dans le train avant de s'y engouffrer à son tour. En réalité, elle y monta dès qu'elle aperçut Kerian et Minerva en bout de file.
Meredith rejoint un compartiment occupé par des serpentard. Elle s'assit aux cotés de Angeline qui l'ignora royalement. Par chance, Tom n'était pas présent. Meredith n'écoutait que d'une oreille distraite les conversations, elle ne disait qu'une ou deux phrases de temps en temps pour ne pas paraître impolie.
Le voyage touchait presque à sa fin lorsque Tom Jedusor apparu accompagné par Avery et Rodolphus Lestranges. Angeline se redressa aussitôt alors que Meredith s'enfonça dans son siège ce qui venant d'elle, était assez rare.
–Où vas-tu passer tes vacances Tom ?demanda Angeline.
–A l'orphelinat de moldu, malheureusement, dit-il. Mais je crois avoir retrouvé la trace de l'un de l'un de mes aïeux, je compte aller lui rendre visite.
Meredith avait une drôle d'impression en entendant cela.
–Moi je vais aller Grèce, confia Angeline. Mon père y a des affaires, et il nous y emmène moi, ma mère et mes frères et soeurs.
–Et bien, bonne vacance, dit froidement Tom. Et toi Meredith ?
Meredith se redressa lorsque les visages se tournèrent vers elle.
–Rien n'est encore pré-défini, déclara Meredith. Je n'aurais pas de longues vacances en dehors du pays comme Angeline je pense.
–Tu auras d'autres occupations, dit Walburga complice.
–Si toutes les nobles familles te veulent à dîner comme la mienne, déclara Rodolphus. Tu risques de ne pas avoir beaucoup de temps pour voyager.
–J'ai hâte de savoir qu'elle nom tu porteras !s'exclama Walburga.
Elle lança un clin d'oeil à Meredith qui fit sonner le nom des Black à ses oreilles.
–Oui, moi aussi, déclara Tom. En espérant qu'il soit à la hauteur de la noble Meredith Moon !
–Il le sera, assura Meredith avec plus d'assurance qu'elle n'en avait réellement. Il le sera !
Tom ressortit du compartiment après avoir adressé un dernier sourire à Meredith. Il semblait ne rien attendre de particulier d'elle. Elle s'en fut aussitôt rassurée. Avery et Lestranges suivirent Tom. Meredith ne put s'empêcher de penser que leur comportement était un brin étrange. Elle l'avait toujours su, mais cela la frappait encore plus maintenant. Ces deux garçons, ainsi que les autres de la petite bande avaient un sorte de dévotion envers Tom qui pour la première fois lui apparu comme étant... dangereuse.
Le Poudlard Express arriva en gare de Londres, les élèves en descendirent tout aussi rapidement que chaque année. Meredith attendit dans le compartiment.
–Tu ne viens pas ?demanda Angeline en lui adressant la parole pour la première fois de la journée.
–J'aimerais contrôler le train une fois que tout le monde sera partit, lui répondit Meredith.
–Si tu veux, répondit négligemment Angeline. Bonne vacances !
–Bonne vacance Angeline.
Elle sortit du compartiment laissant Meredith seule. C'était la première année qu'elles ne se promettaient pas de s'écrire mutuellement. Bien qu'elle ne l'appréciait pas, Meredith aurait aimé un peu de sympathie durant les dures vacances qui l'attendait, même si cette sympathie devait être forcée.
La prochaine lettre qu'elle recevrait d'Angeline serait probablement la confirmation qu'elle serait bien présente aux fiançailles entre Meredith et... et cela restait encore à déterminer.
Meredith se leva enfin de son siège, prit ses valises et sortit dans le couloir. Elle ouvrit tous les compartiments qu'elle croisa sur son chemin. Lorsque Kerian passa par l'une des portes qui donnait sur le quai.
–Je n'ai pas beaucoup de temps, dit-il. Je viens te souhaitez bonne vacance.
–Bonne vacance à toi aussi.
–Envoi Marquise de Polichinelle pour me porter de tes nouvelles, suggéra Kerian.
–Je n'y manquerais pas, assura Meredith.
–Ignatus t'as parlé pour Minerva et moi ?demanda Kerian. Il m'a dit qu'il allait le faire, mais il ne m'a rien confirmé.
–Il l'a fait, assura Meredith. Il m'a parlé, je suis contente pour toi.
–Merci. Aller Bonne vacance !
–Bonne vacance à toi aussi.
Il redescendit sur le quai. Meredith fut très étonnée de ne sentir aucune larmes couler sur ses joues. Elle descendit à son tour sur le quai qui avait déjà été déserté par la moitié des élèves. Meredith trouva sa mère en train de discuter avec Mme Lestranges et son fils.
–Et bien, tu en as mis du temps, dit Marine.
–Je vérifiais qu'il ne restait aucun élève dans le train, justifia Meredith. Bonjour Mère.
–Bonjour, bonjour, dit-elle distraitement. Tu te rappelles de Amandine Lestranges.
–Bien sûr, répondit aussitôt Meredith en se tournant vers la mère de Rodolphus. Je suis enchantée de vous revoir madame.
–Moi aussi, répondit-elle avec un large sourire. Tu deviens plus resplendissante d'année en année.
–Je vous remercie.
–Il faudrai que nous organisions un petit dîner à la maison, cela fera sûrement très plaisir à Rodolphus de voir l'une de ses anciennes camarades de classe.
–Certainement Maman, répondit Rodolphus.
–Sur ce, nous vous laissons, déclara Amandine Lestranges. Je vous tiendrais au courant dans notre correspondance Marine.
–J'étais ravie de vous revoir, déclara la mère de Meredith.
Les Lestranges s'éloignèrent, la mère et la fille restèrent seules, et Meredith se sentit légèrement plus détendue.
–C'est la deuxième à m'accaparer depuis que je suis arrivée, signala Marine à Meredith. Les Black sont eux aussi venus me parler de toi.
–Ils ne perdent pas de temps.
–Non, évidement, regardes-toi, tu es une belle jeune femme très élégante et avec beaucoup de classe. Et surtout tu as du sang presque royal.
–Merci mère, se força Meredith.
–Tu n'es peut-être pas ma plus belle réussite, mais c'est déjà excellent, pour une femme du moins, dit Marine.
Meredith ne doutait pas que sa mère aurait préféré avoir un autre fils.
–Nous rentrons ?je suis exténuée.
–Oui, nous rentrons, il ne te reste plus personne à saluer ?
–Les personnes les plus importantes sont passées dans mon compartiment, révéla Meredith.
Par acquis de conscience, Meredith regarda le quai de la voie 9 3/4, elle vit Ignatus qui avançait dans sa direction.
–Bonne vacance Meredith, dit-il poliment.
–Bonne vacance Ignatus, répondit Meredith.
Il s'éloigna et aussitôt la mère de Meredith la questionna.
–Qui est-ce ? Un fils de moldu ?
–Non un sang-pur, répondit Meredith.
–Tu me rassures, de quelle famille ?comment cela se fait que je ne le connais pas.
–Tu le connais, il s'agit de Ignatus Prewett.
–Je comprends mieux, cette famille fréquente de moins en moins nos réunions, déclara Marine. Quel dommage, un sang si pur et il faut que la famille fil un mauvais coton. Qui sait peut-être que cet Ignatus rattrapera son rang de lui-même.
–Nous pouvons rentrer à présent, signala Meredith.
–Fort bien, nous avons beaucoup de travail à faire, apprit Marine. J'ai remarqué un très belle toilette verte sur le chemin de traverse.
Marine Moon l'ignorait, mais ce n'était un nouvel habitant qu'elle ramenait à la maison avec Meredith, mais deux. Et cela, Meredith aussi l'ignorait.
Le départ de Meredith vers le manoir familiale marqua la fin de cette première époque des Temps Incertains de Meredith Moon, la fin de son enfance.
