James avait finalement descendu du dortoir des filles et s'enquerrait des dernières nouvelles auprès de Sirius. Alice devait être partie se changer, car je ne la voyais plus nulle part. Dès notre arrivée la conversation cessa, puis reprit brutalement.

-Non, mais ça va pas la tête! Voyons Lunard, comment as-tu pu laisser passer ça! On s'habille toujours en moldu pour aller à Prés-au-lard, tu le sais bien! S'insurgea James.

-Mais je suis habillé en moldu, m'exclamais-je.

-Non, pas toi, Jenn! Continua Cornedrue.

-Je ne sais même pas où c'est Prés-au-lard alors veux-tu! Lui répondit-elle vivement.

-Quoi? Continua James abasourdi.

-Oh, la ferme Cornedrue! Lança Sirius. Tu n'as qu'à aller te changer dans ton dortoir, dit-il en se tournant vers Jenn, prends des trucs qui font moldus c'est la tradition.

-Euh… ok, je vais essayer.

Jennifer monta les marches d'escaliers et retourna avec ses copines. Sirius reprit la discussion qu'il avait laissée avec James.

-Alors, comme ça tu as pu visiter le dortoir des filles, unique lieu où la présence maraudeur ne s'était encore jamais faite ressentir. Au rapport et que ça saute!

-Oui chef! Répondit James en faisant un salut militaire moldu. En fait, c'est presque comme notre dortoir, mais il n'y a que trois lits et tout est, comment dire… plus doux.

-Plus de détails, ou tu ne te rappelles plus… demanda Sirius légèrement moqueur

-Le lit du milieu, en rentrant face à la porte, c'est celui de Lily. À sa gauche c'est celui d'Alice et à sa droite celui de Jenn. Elles ont mis leurs malles aux pieds de leurs lits comme nous, mais là-bas, c'est vraiment moins bordélique. Poursuivis James.

-Mon bordel me plait alors, la suite… ajouta Patmol.

-Elles ont une salle de bain, tout au fond, à gauche et la fenêtre est à droite. Les meubles sont en bois, elles ont deux grosses armoires et seulement deux tables de nuit, par-dessus, il y a de grandes lampes. Il y a aucune affiche, mais les murs son constellés de petites lumières, on dirait des étoiles, c'est vraiment beau. Ah et sur leurs tables de chevet, il y a au moins une bonne dizaine de photos de nous. De vrais fans, je vous jure! Termina-t-il avant d'éclater de rire devant nos trois mines réjouîtes.

Sur ce, Jennifer redescendit, la tête basse. Nos rires se turent d'un coup.

-Désolé, vraiment, je n'ai rien d'autre.

Elle portait une chemise à carreaux gris et noirs de garçon, une paire de jeans foncés beaucoup trop grande pour elle et de vieilles bottes hautes en cuir toutes défraichies et usées. Seule la boucle argentée de la ceinture semblait neuve. Elle brillait, affichant fièrement les initiales S.B entourées d'étoiles.

-Mais, ce sont de vieux trucs à moi! Où t'a trouvé ça? S'exclama Sirius étonné.

-Tu me les as donnés, ça fait longtemps… répondit-elle évasivement.

Sirius s'avança, puis avisant la mine de chien battu de sa meilleure amie, il l'a pris dans ses bras et chuchota doucement à son oreille.

-Je ne t'en veux pas. Je suis surpris, c'est tout. Tu n'as vraiment rien à toi?

Elle hocha négativement la tête et ajouta :

-Même les uniformes ne m'appartiennent pas. C'est Dumbledore qui me les a achetés, tout comme mon matériel scolaire. Je n'ai pas un sous Sirius… Je n'ai rien…

-Mais, non. Ne dit pas ça. Aller, debout, tu vas voir. Il l'a poussa gentiment devant nous. Ok, les gars, j'ai besoins de vous. Donnez-moi votre avis, il faut que Jennifer ressemble à une vrai fille dans mes vêtements, c'est clair?

-Pas de problème, répondis-je en même temps que James.

Sirius sorti sa baguette et lança un «reducto» sur ses anciens pantalon et chemise, qui rétrécirent, jusqu'à épouser joliment les courbes de Jenn, puis il pâlit la chemise.

-C'est mieux, mais… dit James, avant de lancer un «reparo» aux bottes de Jenn et de presque leurs rendre leur couleur originel.

Là elle est vachement jolie… fait quelque chose sinon tu vas lui sauter dessus!

-Oh attendez, lançais-je. «Accio coffre à bijoux».

Le petit coffret qui était dans ma valise s'envola pour venir me rejoindre et tomba sur mes genoux. Je l'ouvris et au plus profond de mon être, dans l'antre du loup, je sentis mes entrailles remuer : de l'argent pur.

En effet, le coffret était rempli de bijoux d'argent qui miroitait devant mes yeux. Métal qui m'était, de par ma condition de lycanthrope, interdit. Je plissais le nez sous l'odeur métallique acidulé et failli me lever pour lancer le coffret le plus loin possible, mais je me retins.

Ça sera parfait! Plus de tentation, terminé les dilemmes interminables.

Du bout de ma baguette, je choisi la plus jolie paire de boucle d'oreille et un bracelet que Jennifer enfila. Elle fit un tour sur elle-même et demanda :

-Satisfaits du résultat?

-Il manque quelque chose… dit Patmol songeur.

-D'accord avec toi, mais quoi? Poursuivi James.

Oh, non! J'ai pensé à tout, mais là… Comment faire?

Une idée germa dans mon esprit. En plus d'être pratique, se serait joli… quelle merveille!

Je pointais un collier dans le coffret et demandais gentiment à Sirius de le jeter dans le feu. Mon ami, légèrement étonné, obéit tout de même comprenant mon impossibilité à accomplir la tâche par moi-même. Je me levais, pointant ma baguette vers le feu, et dis d'une voix forte «Confringo» Le collier explosa en un tas de petites billes métalliques. Je me retournais vers mes amis.

-Jennifer, tu pourrais enlever tes Jeans? Demandais-je d'une voix neutre.

-Quoi? Non! Répliqua-t-elle vivement en rougissant.

-Allez, change toi derrière le rideau s'il le faut, mais enlève ces Jeans, sinon ça va faire très mal… Je fis léviter une des petites billes brulantes et la projetais vers mon amie, qui courut sans plus d'objection vers les tentures des fenêtres.

-Tu vas me le payer un jour! Criât-elle, en envoyant les pantalons valser dans les airs.

Je l'attrapai au vol, l'entendit à l'envers sur la table basse de la salle commune, puis piquais sur les poches arrières toutes les petites billes argentés. Le résultat était impeccable, les poches étaient maintenant ornées de deux fleurs d'argent entrecroisé qui scintillaient sur le tissu foncé tel les étoiles dans le ciel nocturne.

-Joli! James siffla admiratif.

Sirius attrapa la paire de Jeans et alla la porter à notre amie qui, toujours derrière les rideaux cramoisi de la fenêtre, attendait patiemment. Elle les enfila et sortie.

-C'est mieux? Demandât-elle en tournant sur elle-même. En tout cas, c'est vraiment beau ce que tu as fait Remus, merci.

Je souris, fier de mon double coup.

Pdv : Jennifer

Après déjeuner, nous nous dirigeâmes vers la porte de dehors en parlant gaîment de tout et de rien. J'étais joyeuse et insouciante. J'avais oublié tous mes problèmes pour simplement profiter du moment.

Le concierge nous attendait au bord de la porte vérifiant le nom des élèves sur une liste. Notre tour arriva:

-Black, Lupin, Potter ok. Evans, Gray, ok. Foxter… Miss, vous n'avez pas l'autorisation parentale pour cette sortie. Avouez! Vous avez tentez de vous enfuir! Je vous donne trois heures de retenue ce vendredi. Suivant!

-Quoi! Mais je n'ai plus de parent, ils sont MORTS, vous comprenez, morts! Criais-je brusquement tirée de mon îlot de bonheur.

-Insubordination en prime! S'offusque M. Rusard, Vos retenus auront lieu tous les vendredis de ce mois!

Je serai les poings, prête à lui sauter dessus, lorsque Mc. Gonagall arriva.

-Miss. Foxter, réfléchissez donc un peu… Dehors, vous n'êtes plus au château, il y a un certain danger…

J'étais bien remonté et comme il fallait le prévoir, j'explosais :

-Si vous croyiez que je vais passer ma vie dans ce château, vous vous trompez! Jamais, on ne m'enfermera, JAMAIS est-ce clair! Je ne vivrais plus jamais enfermée!

-Bon et bien, si vous êtes consciente des risques… Continua calmement la vieille dame. M. Rusard, vos retenues sont levées pour circonstances particulière. Mais, miss, vous ne disposez toujours pas d'autorisation…

C'est à ce moment que le directeur fit son apparition, déclenchant une série de chuchotement à peine retenus.

-Et bien, je crois que nous avons là une situation plutôt délicate. Mais, je crois détenir la solution. Il ne vous reste aucun parents ou membre de la parenté en vie c'est bien cela miss…

-Oui, monsieur. Répondis-je

-Pouvez-vous me dire qui avait votre garde, enfant.

- L'orphelinat Barrows, au 13 Lost Street, Monsieur.

-Et si j'ai bien compris, vous avez passé une bonne partie de votre enfance chez les Black en compagnie de votre ami ici présent.

-Oui monsieur, près de 9 ans.

-M. Black, je crois que vous venez d'atteindre votre majorité, non?

-Oui, hier, répondit Sirius.

-Alors, en tenant compte du fait que vous avez passé actuellement plus de la moitié de votre vie chez les Blacks, vous avez le droit de choisir votre tuteur légal dans cette famille que vous devrez désormais considérer comme votre deuxième famille. Le tuteur doit cependant être majeur, c'est-à-dire détenir au minimum dix-sept ans à partir d'aujourd'hui.

Dumbledore poursuivi : S'il veut bien vous accordez l'autorisation, Prés-au-lard vous sera accessible dès la signature du document ici présent. Il sorti une plume, une bouteille d'encre et le parchemin d'autorisation de l'une de ses poches.

Je me tournais vers Sirius un grand sourire aux lèvres

-Ça te dirais de devenir mon père de remplacement jusqu'à ma majorité?

-Pourquoi pas! J'imagine que ce sera une expérience enrichissante, répondit-il moqueur. Mais, je ne suis pas sûr que tu mérites vraiment l'autorisation parentale pour la sortie, dommage…

-SIRIUS!

-À partir de maintenant, je te prierais de m'appeler père et de ne pas me manquer de respect, continua mon ami hilare.

-Je levais les yeux et lançais un : Oui père. Très peu convaincant.

-C'est bon, je t'ai assez fait marcher comme ça. Faut que je signe où?

Sirius apposa sa signature aux endroits indiqués par Dumbledore qui nous observait, amusé, puis m'entraina à l'extérieur en courant.

J'étais comme ivre de liberté, batifolant dans les hautes herbes du parc avec mon meilleur ami exactement comme lorsque nous étions gamins. Les cheveux aux vents, le sourire aux lèvres.

Nos cris de joies retentissaient en écho le long des murs de l'enceinte de Poudlard et faisaient fuir les hiboux et les corneilles perchés sur les remparts. Des éclats de poussière dorés voletaient autour de nous, créant une atmosphère magique.

Pdv : Remus

J'observais mes deux amis courir joyeusement dans l'herbe tels des gamins. Jamais je ne les avaient vue rire autant et cela me fit chaud au cœur. La journée s'annonçait magnifique pour un mois de novembre. On aurait dit que le soleil s'était levé uniquement pour les entendre rirent et les voir ainsi : heureux et insouciant.

Délaissant Jennifer, Sirius pris Alice en chasse. Courant plus vite qu'elle, il ne tarda pas à l'attraper et l'embrassa. Sa joie transparaissait dans chacun de ses mouvements, dans sa manière de parler et même dans sa manière d'embrasser. Une fois le baiser rompu, Alice éclata de rire face à la joie contagieuse de son amoureux.

-Vous savez quoi, je crois que c'est le plus beau jour de ma vie! Lança-t-il gaiment.

Il y avait des moments comme ça chez Sirius, où tout devenait mille fois plus beau ou plus sombre selon son humeur. Dans ces moments-là, il se laissait complètement aller, tandis que d'autres fois, il était impossible de discerner ses émotions derrière son masque dure et impénétrable, probablement acquit en présence de la famille Black.

Quant à Jennifer, il m'était toujours possible de savoir ce qu'elle ressentait. On aurait dit que ces yeux étaient le reflet de son âme. Ils s'obscurcissaient comme les ciels d'orages lorsqu'elle était en colère et pétillais d'un bleu vibrant lorsqu'elle était heureuse. Apeurée, ils devenaient gris argenté, et triste, d'un bleu clair presque translucide.

Nous arrivâmes chez honeyducks, la confiserie du village. Je me réapprovisionnais en chocolat et autres friandises avec James et Sirius tandis qu'Alice faisait goûter à Jenn, toutes les plus délicieuses gourmandises du monde magique. Suçon spiralés, boules sucrées, réglisse, caramel…

-Mais on dirait que t'a trouvé une concurrente Alice! S'exclama Lily. Elle est presque plus bibitte à sucre que toi!

En effet, Jennifer, les yeux agrandis de bonheur, contemplait religieusement les bonbons renfermant tous une quantité de sucre inimaginable.

Note à moi-même : toujours avoir du sucre sur soi, s'il s'avérait de devoir corrompe certaines personnes… Voir que je viens de dire ça, je suis vraiment tordu…

-Tu veux quelque chose, lui proposais-je puisque, n'ayant pas d'argent, elle n'avait rien acheter piquant seulement quelques friandises à Alice pour goûter.

-Non, répondit-elle-même si ces yeux criaient le contraire. Viens, tout le monde est parti.

Elle sorti rejoindre nos amis qui nous attendaient à l'extérieur et nous repartîmes vers le magasin de farces et attrapes où, cette fois encore, nous fîmes le pleins de toutes sortes d'objets pour nos plaisanteries quotidiennes.

-«Le manuel du petit plaisantin» Peut-être qu'avec ça j'arriverais à vous comprendre les garçons, nous lança Lily moqueuse.

De grands sourires étirèrent les lèvres de nos trois camarades féminines qui mimèrent certains de nos habituels comportements. Ainsi, Jennifer rendit une réplique quasi parfaite de la mine de chien battue de Sirius et de son rire aboyant, tandis qu'Alice se passa la main dans les cheveux, le torse bombé et fit mine de descendre d'un balais avant de prendre Lily dans ses bras d'une étreinte passionnée.

-Ok, ok, on a comprit. On va au trois balais prendre une bonne bière au beurre chaude, ça vous tente? Leur demanda Sirius d'un air blasé.

-Désoler, mais on avait prévu d'aller magasiner du linge entre filles, alors… dit Lily.

-Ouais, c'est vrai. Ah et faudrait pas oublier de passer chez dentelle et froufrous, ajouta Alice.

- Je ne crois pas que ça nous dérangerais de venir avec vous… Hein Patmol sa devrait pas poser de problèmes, dit James un grand sourire aux lèvres.

L'air vivement intéresser de Sirius et, je l'avoue, l'étincelle d'envie dans mon regard s'expliquait par le fait que dentelles et froufrous était le magasin de sous-vêtements féminins du quartier.

- Lily a mentionné entre FILLES, ce n'est pas assez clair comme ça ?

-Vraiment? Demanda Sirius avec ses grands yeux si biens imiter par Jenn quelques instants auparavant.

-Vous ne venez pas. Répliqua Alice.

-Même pas si on se transforme en filles? Questionna James en ramassant les grandes mèches noires de son frère de cœur en deux grandes couettes de chaque côté de sa tête.

-Non, même pas. Continua Alice.

-D'accord chef, abdiquèrent-ils en faisant un salut militaire moldu.

-Vous viendrez nous rejoindre là-bas, dis-je en me dirigeant vers la porte suivi des garçons.