Miracle ! J'ai à peine mis deux semaines à écrire ce nouveau chapitre ! C'est un bon rythme ça, il faut que je le tienne ! ^^
Encore une fois je vous remercie tous pour tous vos commentaires encourageants et pour continuer à me lire malgré l'irrégularité constante de mes post de chapitre. ^^
Note : Attention, chapitre remanié ! Pour ceux qui auraient déjà lu ce chapitre, je l'ai en partie réécrit, même si je n'ai pas changé fondamentalement le contenu. Je m'étais un peu trop pressée sur certains passages donc je les ai réécrit en espérant avoir rendu leur lecture et le déroulement de l'histoire plus fluides.
Bonne lecture !
~ Lucinda Malfoy ~
Chapitre 10:
Révélations nocturnes
.oooO°Oooo.
- Je ne le répèterai pas, siffla Voldemort d'une voix glaciale. Où est Harry Potter ?
- Je ne sais pas… je… je vous le jure…
- Endoloris !
La jeune femme retomba au sol dans un hurlement déchirant. Son corps torturé se tordit spasmodiquement dans tous les sens, incapable de contrôler ses mouvements. Lorsque le sortilège cessa enfin, elle n'était plus qu'une masse tremblante ramassée sur elle-même. Ses vêtements en haillons cachaient mal ses multiples blessures, bleus et autres entailles sanguinolentes. Ses longs cheveux, autrefois blonds, étaient maculés de crasse et de sang. Plus les minutes passaient, moins la jeune femme semblait humaine.
- Alors ? Demanda le mage noir. As-tu retrouvé la mémoire ?
- Je… je… balbutiai la jeune femme en proie à la terreur et la douleur qui ne quittait plus son corps. Je ne sais… Personne… ne sait…
- Voudrais-tu me faire croire qu'en plus de trois mois, Harry Potter n'a jamais laissé filtrer la moindre information permettant de le localiser ?
- J… jamais…
- Endoloris !
De nouveaux hurlements s'élevèrent. A part le corps supplicié, nul ne bougeait. Les quelques mangemorts présents ne tenaient pas à subir la colère de leur maître. Depuis quelques temps, cette dernière avait atteint des sommets. Cela faisait maintenant des mois qu'Harry Potter se promenait à travers le pays sans aucune protection de l'Ordre. Plus d'une fois des rumeurs de son passage à tel ou tel endroit étaient remontées jusqu'à eux mais, si celles-ci étaient vraies, le jeune homme avait déjà disparu avant l'arrivée des mangemorts. Leur maître commençait à en avoir assez de ce jeu du chat et la souris. Potter, ce gamin insignifiant, lui tenait tête depuis bien trop longtemps. De la colère et la frustration du mage noir résultait l'hécatombe récente chez leurs prisonniers. Katy Wilson, actuelle victime de la fureur du Seigneur des Ténèbres, n'en était que l'exemple. La jeune femme, tous comme ses précédents collègues de l'Ordre du Phœnix, ne se révélait d'aucune aide pour trouver Harry Potter.
- Très bien, finit par cracher Voldemort. Je te crois.
Katy n'esquissa aucun geste permettant de savoir si elle avait ou non entendu. Tremblante, allongée face contre terre, la jeune femme se contentait d'attendre la suite, espérant que son calvaire prendrait bientôt fin.
- Puisque tu t'es montrée parfaitement inutile concernant Potter, nargua le mage noir faisant s'élever quelques rires moqueurs dans l'assistance. Peut-être seras-tu plus loquace sur sa toute nouvelle conquête. Lucinda? C'est bien cela ?
- Lucinda… répéta la jeune femme d'une voix faible ayant des difficultés à suivre ce qu'il se passait autour d'elle.
- Oui, Lucinda. La mystérieuse femme que fréquente Potter. Que sais-tu d'elle ?
- Rien…
- Endoloris !
Le Seigneur des Ténèbres succombait un peu plus à la rage. A quelques mètres de lui, Bellatrix Lestrange, elle, jubilait. Voir cette sang-de-bourbe se tortiller lamentablement au sol était un spectacle qu'elle trouvait jouissif. Bien entendu, l'état de colère de son maître était un problème, mais pour l'heure, il n'y avait rien qu'elle puisse faire pour l'apaiser.
- Parles maintenant ! Hurla Voldemort en levant le sort.
- … mangemort…
- Que dis-tu ?
- Il… il y a… une ru… rumeur, balbutia Katy les joues ruisselantes de larmes.
- Une rumeur, répéta le mage noir en reprenant un peu son calme. Je t'écoute.
- Je… Il se dit… que… que Har-ry l'a… sauvée de… mangemorts…
Voldemort retourna s'assoir dans son fauteuil. Enfin il avait un indice. Ce n'était certes pas grand-chose mais c'était ce qu'il avait de mieux pour le moment. A sa connaissance, les seuls à avoir eu vent de cette fameuse Lucinda étaient cette famille de traitres à leur sang de Weasley, la sang-de-bourbe Granger, le loup-garou Lupin et Dumbledore. Et malheureusement ce cercle très fermé ne laissait trainer aucune information. Les rumeurs étaient tout ce qu'il avait, et même si certaines se révélaient fantaisistes, d'autres partaient tout de même de faits réels.
Comment savoir si cette information était vraie ? En se basant sur ce qu'il savait d'Harry Potter, ce dernier était tout à fait du genre à se porter au secours d'une personne attaquée par ses mangemorts. Mais si ses fidèles avaient été en contact avec le jeune homme, il en aurait forcément entendu parler. A moins que… à moins que ces derniers n'aient craints des représailles de sa part. Après tout, nul n'ignorait le sort qu'il pourrait réserver à ceux qui laissaient échapper Harry Potter. A peine quelques semaines plus tôt, quatre de ses mangemorts en avaient fait la funeste expérience.
- Ne sais-tu rien d'autre ? Siffla-t-il à sa prisonnière. Son nom de famille ? Son âge ?
- N-non…
Voldemort se permit un soupir de frustration. Encore jamais auparavant il n'avait eu autant de mal à obtenir des informations sur Harry Potter et son entourage. Albus Dumbledore avait réussi avec succès à museler l'Ordre du Phœnix, si bien qu'aucun de ses membres n'étaient en mesure de lui fournir quoi que ce soit de concret.
- McNair, appela-t-il.
- Oui, maître, répondit le concerné en faisant un pas en avant.
- Je veux que tu mènes une enquête auprès des mangemorts. Vois si certains ont été en contact avec une femme blonde nommée Lucinda ou auraient eu à faire à Potter sans m'en référer.
- Bien maître.
Le mangemort s'inclina puis retourna à sa place dans les rangs des fidèles. Voldemort le sorti aussitôt de ses pensées. Il n'attendait honnêtement rien de cette enquête. Si certains de ses mangemorts lui avaient caché des informations, ce n'était pas maintenant, avec une mort certaine en guise de récompense, qu'ils parleraient. Son seul véritable recours pour en apprendre plus était Severus, mais même ce dernier avait du mal à obtenir des renseignements fiables. Tout ce qu'il avait pu lui dire de la compagne de Potter était son prénom et sa couleur de cheveux. Ces derniers mois, Potter avait développé un tel gout du secret que pas même ses proches ne savaient ce qu'il se passait dans sa vie. Cependant il lui fallait savoir qui était cette femme. Elle était une faille dans la protection de Potter. Tous les proches du jeune homme était plus ou moins apparentés et protégés par l'Ordre, mais s'il découvrait l'identité de cette Lucinda, il lui serait alors possible de prendre sa famille en otage et il pourrait alors faire pression sur elle pour atteindre Potter.
Son regard carmin se posa à nouveau sur Katy Wilson dont les sanglots incessants commençaient sérieusement à l'agacer. La jeune femme lui était inutile à présent. Elle lui avait révélé tout ce qu'elle savait, à savoir bien peu. De plus son existence n'avait pas assez de valeur pour un chantage ou un échange. Décidément, elle ne lui servirait vraiment plus à rien. D'un geste las, il abaissa sa baguette vers la jeune femme. Cette dernière ne réagit pas. Toujours allongée et tremblantes au sol, c'est tout juste si un éclair de terreur, mêlé de soulagement en comprenant que c'était la fin, passa dans son regard.
- Avada Kedavra.
.oooO°Oooo.
- Non !
Harry se redressa en sursaut, le cœur battant la chamade alors que son regard cherchait frénétiquement quelque chose à quoi se raccrocher dans les ténèbres ambiantes. Une lumière faible s'alluma à ses côtés lui permettant de reconnaitre sa chambre. Peu après, il sentit le matelas bouger à sa droite puis des mains douces et fraiches se poser sur sa peau brulante et en sueur.
- Harry ?
Le jeune homme ferma les yeux, la respiration toujours aussi saccadée, et se concentra sur la présence de Lucius près de lui. Lentement il s'appuya sur l'autre homme, posant sa tête contre son épaule. Se laissant bercer par les caresses et paroles rassurantes murmurées au creux de son oreille, Harry commença à se calmer, chassant peu à peu les images de tortures et de mort qui le hantaient.
- Ça va mieux ? Demanda Lucius d'une voix inquiète en sentant la tension diminuer quelque peu dans le corps d'Harry.
- Oui, un peu. Merci.
- C'était une autre vision ?
- Oui.
Le blond se contenta de serrer le jeune homme plus fortement contre lui et posa un léger baiser sur ses cheveux. Il était très inquiet pour Harry. Ce dernier lui avait déjà parlé de ses visions mais depuis quelques temps elles se faisaient plus nombreuses. Même sans elles, Harry était agité et ne semblait pas pouvoir trouver de repos. Il ne se passait presque plus une nuit sans qu'il ne soit en proie à des visions ou autres cauchemars. Quelque chose d'autre tourmentait le jeune homme, mais Lucius n'avait pas encore réussi à le faire parler à ce sujet. Pourtant, en temps normal, Harry lui confiait ses problèmes. Ce soudain silence ne voulait dire qu'une chose dans l'esprit de Lucius, c'est que tout cela était en rapport avec la mission secrète qui lui avait été confiée par Dumbledore.
- Est-ce que tu veux un verre d'eau ? Demanda-t-il.
Harry hocha lentement de la tête. Les yeux toujours fermés, il sentit Lucius défaire son étreinte autour de lui et se lever. Se décidant enfin à rouvrir les yeux, il eut juste le temps d'apercevoir son compagnon avant que ce dernier ne quitte la pièce. Il se sentait mal. Les minutes passaient mais le sang battait encore avec force à ses tempes. Il lui suffisait de repenser à sa vision pour avoir l'impression d'y être encore, dans cette pièce, entouré de mangemorts, face à cette pauvre femme.
Encore une fois il était entré dans l'esprit de Voldemort. Encore une fois il l'avait regardé agir, impuissant, assistant aux premières loges à sa barbarie. Il avait senti la colère de Voldemort monter au fur et à mesure que sa prisonnière se montrait incapable de lui fournir les réponses qu'il souhaitait. Et enfin il l'avait vu lever une dernière fois sa baguette, de son point de vue ayant l'impression d'être l'instigateur de ce geste, et lancer le sortilège de mort.
Poussant un grognement, Harry rejeta ses couvertures au pied du lit et s'assit au bord du matelas. Il ne voulait plus y penser. Voulant aller se passer un peu d'eau froide sur le visage, le jeune homme se leva avant de se rassoir aussitôt. Ses jambes ne le tenaient plus. Cela faisait bien longtemps qu'il ne s'était pas sentit aussi faible après une vision. Il n'y avait pourtant pas vu plus de mort et de carnage que les autres fois.
Un mouvement à la périphérie de sa vision ramena Harry de ses sombres pensées. Lucius s'avançait vers lui, un verre à la main, et s'assit à côté de lui. D'un geste peu assuré, le jeune homme tenta de s'emparer du verre mais ses mains tremblaient tellement que le blond dû l'aider à boire.
- Merci, murmura Harry en se passant une main sur son front moite.
- Tu n'as vraiment pas l'air d'aller bien, remarqua Lucius.
- Ça va passer…
- Les visions de Voldemort ne t'affectent pas autant d'habitude. Qu'as-tu vu ?
Harry avala difficilement sa salive, tentant de remettre de l'ordre dans ses pensées. L'image de cette malheureuse femme, morte, le corps brisé, restait encrée dans sa mémoire, occultant tout le reste.
- Ça se passait dans une pièce sombre, commença-t-il en essayant de se remémorer en vain un détail qui pourrait lui permettre de localiser où tout ceci c'était passé. Je ne sais pas où c'était…
- Ce n'est pas grave, continu.
- J'étais… j'étais dans l'esprit de Voldemort. Il y avait plusieurs mangemorts aussi. Bellatrix Lestrange, Goyle, McNair… Il y en avait d'autre mais je ne me souviens plus… et il y avait cette femme, Katy Wilson… Un membre de l'Ordre…
- Tu la connais ?
- Non… Je ne l'avais jamais vu avant.
- Que faisait-elle là ? Demanda Lucius avec douceur, se doutant à l'expression affichée par Harry que cette femme n'était pas un agent double au service de Voldemort.
- Elle se faisait torturer. A cause de moi…
- Non Harry, ne dis pas ça.
- C'est pourtant vrai, contra Harry avec morosité. Voldemort… Il voulait savoir où j'étais. C'est pour ça qu'il la torturait.
Lucius posa le verre sur la table de nuit et repassa un bras autour des épaules du jeune homme. Comment faire comprendre à Harry qu'il n'était en rien fautif ? Savoir que des gens mourrait pour le protéger était déjà difficile à encaisser, mais y assister sans pouvoir intervenir le détruisait.
- Il posait des questions sur toi aussi, continua le brun la gorge serrée. Il voulait savoir qui était Lucinda.
- Nous savions qu'il finirait par l'apprendre.
- Je suis désolé.
- Shhh. Rien de tout cela n'est de ta faute, assura Lucius en serrant son compagnon contre lui. Je sais que tu te sens coupable mais tu n'es pas la cause des souffrances causées par Voldemort et ses mangemorts.
- Elle est morte, souffla Harry en enfouissant son visage dans le cou du blond. Je l'ai regardé mourir. Je ne pouvais rien faire.
Lucius resserra son étreinte, berçant doucement Harry, le laissant déverser silencieusement ses larmes. Le jeune homme était est train de craquer mentalement, il le sentait. S'il ne trouvait pas rapidement une solution, Lucius savait qu'il le perdrait. Lorsque l'amitié était née entre eux, il avait vu en Harry une solidité et une force peu commune. Après son viol, le jeune homme lui était apparu comme un point d'encrage sur lequel il pouvait s'accrocher en toute confiance. Puis au fur et à mesure, au fil des discussions, en tombant amoureux du brun, Lucius s'était aperçu de la fragilité qu'il cachait. Il avait vu non pas le héros combatif mais le garçon entrainé de force dans la tourmente. En découvrant cela, Lucius avait décidé qu'il soutiendrait à son tour Harry comme celui-ci l'avait soutenu.
Quand il avait découvert le secret que cachait le jeune homme, Lucius en avait été qu'à moitié surpris. L'incident s'était produit à peine deux semaines plus tôt. Lucius avait eu besoin d'une potion pour soigner le début de rhume qu'il commençait à avoir, et avait découvert que le tiroir de la commode regorgeant en temps normal de fioles en tout genre était quasiment vide. C'est là qu'il avait compris. Les doutes enfouis dans un recoin de son esprit avaient refaits surface. Harry était accro aux potions. Il en avait besoin pour dormir, pour contrer la douleur causée par les visions, pour se remettre en forme lorsque son corps ne suivait plus le rythme effréné qu'il lui faisait subir. Tout d'un coup, Lucius avait réalisé ce qu'Harry était en train de faire dans l'Allée des Embrumes la fameuse nuit où il l'avait sauvé. Le jeune homme se fournissait au noir car s'il avait fallu qu'il passe par l'Ordre du Phœnix, le Pr Dumbledore aurait tout de suite compris à quel jeu dangereux il jouait et l'en aurait empêché.
La dispute qui avait suivi sa découverte avait été terrible. Harry avait nié de toutes ses forces avoir un problème d'addiction. Lucius avait fini par proposer un marché au jeune homme : passer quelques jours sans potions et voir ce qu'il se passerait, promettant de ne plus en reparler si Harry allait parfaitement bien. Mais Harry n'était pas allé bien du tout. Une vingtaine d'heures plus tard, les premiers symptômes de manques étaient apparus, tremblements, anxiété, sautes d'humeur brutales, si bien que le jeune homme avait été contraint de se rendre à l'évidence. Lucius s'était lui-même chargé de mettre toutes les potions sou clés et était resté jours et nuits aux côtés de son compagnon pour l'aider à passer le cap des premiers jours de sevrage.
Maintenant les choses allaient un peu mieux. Harry supportait plus facilement de ne plus prendre de potions mais les visions et cauchemars à répétition influaient fortement sur son moral. Sans compter que le jeune homme était revenu extrêmement inquiet de ses dernières réunions de l'Ordre.
Après plusieurs minutes, Harry finit par calmer un peu ses pleurs. Se redressant, il s'essuya les yeux d'une main et reprit un peu contenance.
- Il te cherche, murmura-t-il d'une voix rauque au blond. Il veut utiliser « Lucinda » pour m'atteindre.
- Je sais. Mais il y a peu de chance qu'il me trouve.
- Tu crois ? Déjà avec la mort de Peterson, il a commencé à douter de ta mort. Que se passera-t-il s'il arrive à faire le rapprochement entre Lucius et Lucinda.
- Alors on avisera le moment venu. Ecoutes Harry, je sais que tu t'inquiètes pour moi mais pour le moment tu n'as pas à t'en faire. Je suis ici, avec toi. Voldemort ne trouvera pas Lucinda parce qu'elle n'existe pas. Et si par un quelconque procédé il comprenait que je suis toujours en vie et, plus difficile à imaginer encore, que je suis cette femme, cela ne changerai rien au fait que je resterai à tes côtés.
- Mais…
- Il n'y a pas de mais qui tienne, coupa Lucius avec fermeté. La seule raison pour laquelle je tiens à garder ma transformation secrète est que j'ai encore honte de ce qui est arrivé. Mais je te l'ai déjà dit, si la nécessité s'en faisait ressentir, alors je ferai face. Que Voldemort croie Lucius Malfoy mort, cela me confère une certaine sécurité. Mais s'il apprenait ma survie, il n'y a rien de plus qu'il puisse me faire. Mon fils est en sécurité au QG de l'Ordre. Je suis moi-même caché avec toi. La seule chose que ça changerait, c'est que je pourrai bloquer tous mes comptes à Gringotts pour couper les vivres à ma femme.
- Je trouve que tu prends tout ça un peu à la légère, marmonna Harry.
- Non, je ne prends rien de tout cela à la légère, bien au contraire. Seulement si Voldemort venait à apprendre qui je suis, je n'aurai d'autre choix que de faire face en gardant la tête haute.
Un nouveau silence s'installa. Une fois de plus, Harry ne pouvait que remarquer et admirer la force de son compagnon alors que lui-même se sentait plus faible que jamais. Oui il avait combattu des mangemorts, survécu à plusieurs reprises à Voldemort, mais est-ce que cela l'avait rendu plus fort pour autant ? Tous ses proches, même s'ils le considéraient comme une personne à part entière avec ses faiblesses, ne pouvaient s'empêcher de voir en lui un pouvoir, une sorte de force extraordinaire qui le poussait en avant. Mais ce pouvoir n'existait pas. Il n'y avait que la nécessité impérieuse de continuer sa tâche, tout échec lui étant interdit. Ce poids qu'il avait sur les épaules avant même sa naissance le rongeait jusqu'à faire de lui ce déchet qu'il était à présent. Harry Potter, sauveur du pays, n'était plus qu'un toxico comme un autre. C'était à se demander ce qu'un homme tel que Lucius pouvait bien faire avec lui.
- Harry, souffla Lucius d'un ton apaisant. Je sais que tu t'inquiètes pour moi mais ce n'est pas ce qui te perturbe réellement.
- De quoi tu parles ?
- Ne joue pas à ça avec moi. Je sais que le Pr Dumbledore t'a confié une mission en rapport avec Voldemort. Et je sais que c'est ce qui te met dans des états pareils.
- C'est juste le contrecoup des visions qui…
- Non, Harry, coupa le blond avec fermeté. J'admets que les visions influes beaucoup sur ton moral mais tu m'as admis toi-même qu'elles n'étaient pas aussi nombreuses quelques mois plus tôt. Tu es très inquiet pour quelque chose et ta dépendance aux potions n'a rien arrangé. Tes défenses mentales se sont affaiblies et c'est pour ça que tes visions sont plus nombreuses et plus violentes.
Harry détourna aussitôt le regard, une boule se formant au creux de son ventre. Oui il était inquiet à cause de cette mission. La quête des Horcruxes n'avançait pas du tout. Cela faisait des semaines qu'il avait détruit la bague de Serpentard avec le Pr Dumbledore, et depuis plus rien. Pas un indice. Rien qui puisse lui permettre d'avancer. Et depuis que Lucius avait découvert son problème avec les potions, il n'arrivait plus à faire face. Plus le temps passait, plus il voyait venir la défaite. Ils allaient perdre la guerre parce qu'Harry était incapable de trouver le moyen de vaincre Voldemort.
- Parles-moi Harry, plaida Lucius en avisant l'expression défaite de son compagnon. Cette mission, quelle qu'elle soit est en train de te détruire. Je peux t'aider.
- Non, je dois le faire seul.
- C'est faux.
- Le Pr Dumbledore…
- Oublie le Pr Dumbledore ! Explosa Lucius. C'est un homme brillant et un fin stratège mais il est loin de réaliser dans quel état tu es.
- Comprends-moi, Lucius, plaida Harry. Il m'a confié une mission, je l'admets. Mais il m'a fait promettre de n'en parler à personne.
- Albus Dumbledore a une image biaisée de toi, Harry. Il a gardé en mémoire le garçon qu'il a connu à Poudlard et n'a pas idée de ce que cette guerre est en train de te faire. Il ne sait pas à quel point tu es au bord du gouffre.
- …
- Harry, tu sais que tu peux me faire confiance.
- Je sais mais…
- Je ne laisserai pas tomber. Si tu crois que je vais te laisser te débattre seul sans rien faire plus longtemps, tu te trompes lourdement.
- Je ne suis pas seul. Ron et Hermione…
- Sont, comme toi, deux jeunes sorciers à peine diplômés, surement courageux et engagés à leur manière dans cette guerre mais qui, contrairement à toi, n'ont pas réellement conscience de toute l'horreur dont est capable Voldemort.
- Je ne veux pas te mêler à ça.
- Tu ne comprends pas, Harry. Je t'aime. Il n'y a aucun moyen que je te laisse affronter cette guerre seul.
Le jeune homme ne savait plus quoi faire. Le Pr Dumbledore l'avait intimé au secret, ne lui permettant de parler des Horcruxes qu'à Ron et Hermione. Mais même avec l'aide de ses deux amis, Harry n'arrivait à rien. Il avait envie de parler à Lucius, de tout lui raconter, mais d'un autre côté, il ne voulait pas l'entrainer dans cette quête périlleuse.
- Tu n'as pas à affronter tout cela seul, continua Lucius d'une voix douce. Parles-moi.
Harry hésitait encore. Lui et ses amis n'arrivaient à rien avec la quête et une aide supplémentaire ne serait pas de trop. Et puis Lucius avait toute sa confiance. Mais pouvait-il entrainer l'autre homme dans cette mission périlleuse après tout ce qu'il avait déjà vécu. Jamais Harry ne pourrait se le pardonner s'il arrivait quelque chose à Lucius. Mais d'un autre côté ce serait insulter le blond que de le rabaissait de la sorte. Lucius était un homme d'honneur et de conviction qui ne se contenterait pas de rester éternellement en arrière-plan. A un moment ou un autre il finirait par rejoindre l'ordre et reprendre le combat. Ce n'était qu'une question de temps avant que cela n'arrive. En le joignant à sa mission, Harry s'assurerait de rester à ses côtés.
- Je… Hésita encore le jeune homme avant de fermer les yeux et se rendre à l'évidence. L'an dernier, le Pr Dumbledore a commencé à me donner des cours particuliers. Sur Voldemort. Il me montrait des souvenirs de personnes ayant été en contact avec lui dans sa jeunesse. Le Pr Dumbledore a fini par me révéler le secret de l'immortalité de Voldemort. Il m'a parlé des Horcruxes.
- Les Horcruxes ? Répéta Lucius en fronçant les sourcils de confusion.
- Ce sont des objets maléfiques dans lequel on peut cacher une partie de son âme après avoir commis un meurtre.
Lucius fronça des sourcils en se demandant le rapport qu'il pouvait y avoir à scinder son âme et la quête d'immortalité de Voldemort. Etait-ce en séparant son âme en deux que le mage avait pu échapper à la mort seize ans plus tôt ?
- Et Voldemort a créé un de ces Horcruxes.
- Pas un. On soupçonne qu'il a fragmenté son âme en sept morceaux.
- Sept ? Mais pourquoi avoir fait cela ?
- Pour se rendre immortel. Comme une partie de son âme reste protégée dans un Horcruxe, on ne peut pas mourir…
- C'est comme cela que Voldemort a survécu à l'Avada Kedavra.
- Oui.
- Alors, pour pouvoir vaincre Voldemort, il faut d'abord détruire ses Horcruxes, résuma le blond en réalisant la difficulté de la tâche à accomplir. Et je suppose que ses Horcruxes sont bien cachés.
- Oui… On en a déjà détruit deux. Le journal de Jedusor que tu avais si aimablement mis entre les mains de Ginny, répliqua-t-il avec sarcasme se remémorant cet épisode où on l'avait pris pour l'héritier de Serpentard et qu'il avait dû se rendre dans la chambre des secrets pour sauver la rouquine et avait failli mourir du venin de Basilic.
- Ce journal ? S'étonna Lucius. C'était un Horcruxe ?
- Oui, c'en était un.
Le plus âgé avisa l'expression renfrognée de son compagnon et lui offrit un faible sourire contrit. Il était vrai que lorsqu'il avait glissé ce journal dans les affaires de la jeune Weasley, il n'avait certainement pas prévu la catastrophe qui avait suivi.
- Pour ma défense, lança-t-il, je ne voulais pas tout ce qu'il s'est passé. Arthur Weasley commençait à me taper sérieusement sur les nerfs avec ses perquisitions et je me suis dit que ce ne serai qu'un bon retour des choses si on découvrait un de ses enfants en possession d'un objet magique illicite. Je n'avais aucune idée qu'un morceau d'âme de Voldemort se trouvait là-dedans.
Harry poussa un grognement agacé mais ne commenta pas plus. Il était bien placé, étant assez proche de la famille Weasley, pour savoir qu'eux et les Malfoy avaient un passif assez houleux.
- Comment l'as-tu eu ce journal d'ailleurs ? Demanda-t-il curieux.
- Voldemort l'avait remis à mon père, si je me souviens bien. J'en ai hérité à sa mort.
- Tu n'en as jamais parlé au Pr Dumbledore ?
- Je ne connaissais pas son importance. Et puis tu dois comprendre que cette époque était très trouble. Plus encore que maintenant. Je venais juste de devenir espion, Voldemort m'avait pris comme bras-droit et ma femme était enceinte. Ce pauvre carnet ne faisait pas parti de mes priorités.
- Je comprends, excuses-moi.
- Ne t'excuse pas, assura Lucius. Je savais qu'il y avait de la magie noire dans ce journal avant de le mettre entre les mains de la fille Weasley. Je ne suis pas blanc comme neige non plus.
- Oublions ça, d'accord ? Sourit Harry ne voulant pas s'appesantir sur le passé.
- D'accord. Mais tu disais en avoir détruit deux, lança Lucius en reprenant leur conversation.
- Oui. J'ai détruit le journal avec du venin de Basilic dans la chambre des secret. Et puis il y a eu la bague de Salazar Serpentard. On l'a détruite avec le Pr Dumbledore il y environ deux mois et demi avec l'épée de Griffondor.
- Est-ce que… est-ce que c'était ce fameux soir où tu es rentré complètement épuisé avec cette épée.
- Oui. Dumbledore nous a fait détruire la bague en plein dans le QG. On a complètement ravagé la cuisine.
Harry se permit une grimace en se souvenant de ce jour. Entre la destruction de cette bague qui avait tenté de le déstabiliser mentalement, la rencontre assez musclée de son dos contre le mobilier de la cuisine, les cris colérique du Pr MacGonnagall et sa discussion avec Ron et Hermione, ça avait été une foutue journée.
- Et les autres Horcuxes ? Reprit Lucius. Quels sont-ils ?
- C'est là que ça se corse, répondit Harry, morose. On est quasiment certains que Nagini en est un.
- Son serpent ? Vraiment ?
- Oui. Il y aurait la coupe de Poufsouffle aussi. On sait qu'il l'a volée à sa propriétaire. Comme il a un penchant nettement prononcé pour les objets ayant appartenus aux fondateurs de Poudlard, on pense que le diadème perdu de Serdaigle pourrait en être un mais…
- Comment être sûr qu'il a pu retrouver un diadème perdu depuis des siècles…
- C'est ça.
- Pour le moment ça nous fait cinq fragments d'âme. Voldemort en est un autre. Quel est le dernier ?
- C'est le médaillon de Serpentard. Pour le moment c'est celui que nous recherchons avec Ron et Hermione.
- Vous avez des indices ? Demanda Lucius en passant sous silence ses critiques sur le fait que Dumbledore ai pu confier une tâche si risquée à trois sorciers à peine majeurs.
- Le médaillon était caché dans une caverne que Voldemort avait découverte dans son enfance. Le problème c'est que quand nous y sommes allés avec le Pr Dumbledore, le médaillon avait été volé et remplacé par un faux par un certain R.A.B. Regulus Arcturus Black.
- Le frère de Sirius, reprit Lucius qui se souvenait de ce jeune homme qui avait disparu du jour au lendemain.
- Nous avons trouvé un mot destiné à Voldemort signé de ses initiales. Il parlait de vouloir détruire le médaillon mais il nous est impossible de savoir s'il a réussi. La magie des Horcruxes est très puissante et très dure à détruire. Sans l'épée de Griffondor je ne saurais pas quoi faire.
- Le QG est au manoir Black. Vous l'avez fouillé ?
- De fond en comble et on a rien trouvé. On essaie de faire parler Kreattur, l'elfe de maison de la famille Black, pour qu'il nous raconte ce qu'il s'est passé à cette époque mais il refuse de trahir son maître.
- Mais c'est toi son maître.
- Vas donc le lui dire, il sera ravis de l'entendre, ronchonna le jeune homme.
Lucius resta silencieux, réfléchissant à ce qu'il venait d'entendre. La mission secrète d'Harry était bien plus difficile qu'il ne se l'était imaginé. Ces Horcruxes étaient les objets les plus précieux que Voldemort puisse posséder, ils étaient la clé de sa survie. C'était presque un miracle que deux d'entre eux aient pu être découverts et détruits.
- Voldemort ne sait pas que tu es sur la trace de ses Horcruxes ?
-Non. S'il l'apprenait on n'aurait plus aucune chance de les trouver.
- Donc si je comprends bien, il faudrait vaincre Voldemort en dernier. Et juste avant Nagini…
- Oui. Mais il faut trouver les autres avant cela.
Lucius se replongea dans ses pensées. Les Horcruxes étaient ce que Voldemort avait de plus précieux au monde. Pourtant… pourtant il en avait eu un entre les mains pendant des années. Voldemort avait confié son journal intime à Abraxas Malfoy. Aurait-il pu en confier un autre à d'autres de ses mangemorts ?
- La bague de Serpentard… où a-t-elle été retrouvée ?
- Le Pr Dumbledore l'a trouvée dans les ruines de la maison des Gaunt. C'est la famille sorcière de Voldemort.
- …
Voldemort avait caché ses Horcruxes dans des lieux familiers ou les avait confiés à des personnes de confiance. Peut-être que quelqu'un d'autre avait la garde d'un de ses fragments d'âme sans même en avoir vraiment conscience… Lui-même et son père avant lui n'avaient pas su ce que le journal qui leur avait été confié signifiait réellement.
- Harry ? La coupe de Poufsouffle… Sais-tu à quoi elle ressemble ?
- C'est une coupe ouvragée en or. Pourquoi ?
Lucius ferma les yeux. Il voyait des flashs indistincts, un éclat doré. Imaginait-il des choses ? Est-ce que son désir d'aider Harry à vaincre Voldemort était tel qu'il se réinventait inconsciemment des souvenirs ? L'affaire était sérieuse. S'il avait tort, les conséquences pourraient être dramatiques. Mais s'il avait raison…
- Lucius, que t'arrive-t-il ? S'inquiéta Harry.
- Je ne suis pas sûr de moi mais il se pourrait que j'aie déjà vu cette coupe.
- Quoi ? Où ?
- Il y a une vingtaine d'années, je crois me souvenir voir cette coupe. Je crois que Voldemort l'a confié à la garde des Lestrange.
- Tu es sûr ? Demanda Harry sous le choc.
- Non, pas à cent pourcent. C'était il y a si longtemps…
- Mais c'est possible, reprit Harry qui sentait une lueur d'espoir se rallumer en lui.
- C'est possible.
- Comment est-ce qu'on pourrait en être sûr ?
- Il existe des potions de souvenir très efficaces. Si j'en prends une, nous serons fixés.
Aussi rapidement que son espoir était né, Harry senti le doute l'envahir. Bellatrix et Rodolphus Lestrange était un couple de grands malades. Leur dérober la coupe de Poufsouffle semblait tout à coup aussi réalisable que danser la macarena devant Voldemort et s'en sortir indemne.
- Si c'est bien eux qui ont la coupe, commença le jeune homme. On la récupère comment ? On enlève Bellatrix pour l'interroger ? On cambriole le manoir Lestrange ?
Lucius secoua la tête, partageant la dérision d'Harry. Sa belle-sœur était tellement dévouée à Voldemort qu'elle préférerait probablement se faire dévorer vivante par des fourmis rouges plutôt que de le trahir.
- Le manoir Lestrange a été détruit lors de la précédente guerre. S'ils ont bien eu la garde de la coupe de Poufsouffle, l'endroit le plus sûr où ils l'auront caché, c'est dans leur coffre à Gringotts.
- Gringotts ?
- Oui. Les Lestrange sont une très vieille et puissante famille de sorciers. Leur coffre est situé dans les entrailles les plus profondes de la banque. C'est le seul endroit où ils auraient pu cacher la coupe sans crainte.
- Tu veux dire que… on doit cambrioler Gringotts…
- Si mes souvenirs sont vraiment exacts, oui. Mais je te répète, je ne suis pas du tout sûr de moi.
- Cambrioler. Gringotts. Répéta Harry qui restait fixé sur ces deux mots qui avaient beaucoup de mal à rentrer dans la même phrase.
Si la coupe de Poufsouffle était bel et bien en possession des Lestrange et de surcroits cachée à Gringotts, ils avaient un énorme problème. Il avait beau essayer d'imaginer comment faire, il se voyait mal entrer à Gringotts, forcer son passage jusqu'au coffre des Lestrange, entrer dans le dit coffre sans se retrouver enfermé dedans pour les dix prochaines années, récupérer la coupe et ressortir en vie de là. Et ce sans donner l'alerte à Voldemort et au ministère cela va s'en dire.
- Essaie de ne pas te tourmenter pour ça, l'apaisa Lucius en devinant ce qu'il se passait dans la tête du jeune homme. Nous ne savons même pas si ce sont bien les Lestrange qui ont la coupe. J'ai comme toi tellement envie d'en finir avec Voldemort que je ne serai pas étonné que mes souvenirs me jouent des tours.
- Alors qu'est-ce qu'on fait ?
Lucius resta silencieux un instant afin d'établir un plan d'action. En l'état actuel des choses, il était tout à fait possible que son idée les conduise dans une impasse. Et quand bien même il aurait raison, il fallait rester réaliste. Quelles étaient les chances de forcer un coffre de Gringotts sans donner l'alerte. Dans ce cas, il faudrait détruire la coupe juste avant Nagini sinon Voldemort découvrirait leur plan.
- Ce que je te propose, commença Lucius, c'est que dès demain nous cherchions une potion de souvenir et d'aller acheter les ingrédients nécessaires pour la réaliser.
- Tu ne veux pas l'acheter directement ? S'étonna Harry.
- Non. Ces souvenirs remontent à plus de vingt ans. Il va nous falloir une potion adaptée et ces dernières ne sont pas en vente libre chez les potionnistes. Il vaut mieux que je la prépare moi-même.
Harry poussa un grognement de fatigue et se laissa retomber en arrière. Pourquoi tout était toujours aussi compliqué. Quand enfin un indice se présentait, des dizaines de problèmes se mettaient sur sa route. C'était comme si des forces obscures se liguaient contre lui pour l'empêcher de mener à bien sa mission. La seule chose qui changeait était que maintenant qu'il avait parlé à Lucius, il se sentait beaucoup moins seul dans cette épreuve et pour cela il était reconnaissant.
Lucius s'allongea à son tour, se calant contre le jeune homme. La tête appuyée sur son bras, il lui offrit un sourire désolé. Il comprenait la déception d'Harry. Alors même qu'ils faisaient un pas en avant, la victoire restait un objectif tout aussi lointain et inatteignable. S'il en croyait Harry, il restait deux autres Horcruxes à trouver, le médaillon de Serpentard et le diadème de Serdaigle. Mais autant pour le médaillon, il avait une petite idée sur la manière de procéder pour le retrouver. Autant il voyait mal comment retrouver le diadème perdu de Serdaigle. Pendant des siècles des sorciers l'avaient cherché sans succès. Imaginer simplement que Voldemort l'ai trouvé était difficile à croire. Mais si c'était le cas, trouver où le mage noir l'avait ensuite caché semblait tout aussi ardu. La seule chose dont il était sûr, c'est qu'ils n'arriveraient à rien de leur tente.
- Harry, je veux que nous allions vivre au QG, lança-t-il d'une voix douce.
- Quoi ? Mais je croyais que tu voulais attendre.
- Oui, mais c'était avant de savoir tout ça. Nous devons retourner au QG. Ne serait-ce que pour pouvoir retrouver le médaillon.
- Mais... il n'est pas forcément nécessaire de retourner y vivre pour cela.
- Harry, commença Lucius d'un ton conciliant. Lorsque je m'imaginais la mission que le Pr Dumbledore t'avait confiée, je ne m'imaginais pas du tout quelque chose comme ça. Je suis vraiment surpris qu'il t'ait laissé quitter le QG. Ce n'est pas le genre de tache que l'on peut accomplir en restant reculé au fin fond de la campagne. Pour trouver et détruire les Horcruxes, tu vas avoir besoin de soutien et d'informations. Et ce ne sont pas tes réunions hebdomadaires qui pourront faire l'affaire.
- …
Lucius posa une main sur le visage de son compagnon, forçant ce dernier à le regarder dans les yeux.
- Je sais que tu as quitté le QG pour protéger tes amis mais le danger sera le même où que tu sois et tu le sais très bien. Je sais aussi que tu es aussi parti pour ne pas qu'ils se rendent compte à quel point cette quête te fais du mal. Ils ne sont pas obligés de le savoir. Je serais près de toi. Je t'ai promis que je serais là pour t'aider à te passer de potions. Personne ne saura rien.
Harry observa un instant l'expression déterminée de Lucius et su que quel que soit l'argument qu'ils pourraient avoir, il cèderait. Pour être franchement honnête avec lui-même, il n'avait pas vraiment envie de retourner au QG mais au fond de lui il savait que Lucius avait raison. Il ne pouvait pas rester là, dans sa tente, et espérer que du jour au lendemain Kreattur se décide à parler à Ron et Hermione. Et ce n'était certainement pas depuis son coin de campagne qu'il allait trouver le diadème de Serdaigle.
- Tu veux vraiment y aller ? Demanda-t-il en caressant du bout des doigts le bras de Lucius.
- Certain. Et puis il est temps de présenter Lucinda à tes amis, ajouta-t-il d'un ton plus léger.
Harry acquiesça silencieusement. Il n'aimait pas vraiment ce plan. Lucius était bien trop optimiste. Avec autant de monde autour d'eux, combien de temps faudrait-il avant que quelqu'un ne comprenne qui était réellement Lucinda ? Il suffisait qu'il se trompe une seule fois de prénom et leur secret n'en serait plus un. Puis, il y avait ses amis, ils allaient lui en vouloir d'avoir parlé de la quête à quelqu'un d'autre.
- Qu'est-ce que tu vas dire à Draco ? Murmura Harry en passant un bras autour de la taille du blond.
- Je ne sais pas. La vérité, je suppose.
- Il ne va pas très bien prendre les choses.
- Je sais, souffla Lucius. Mais je ne pense pas pouvoir vivre si près de lui sans qu'il ne sache qui je suis. Ce serait au-dessus de mes forces. Mais quand il saura comment je me suis fait transformer, il gardera le secret, j'en suis sûr.
- Et pour nous ? Comment crois-tu qu'il va réagir ?
Lucius prit le temps de réfléchir. D'aussi loin qu'il s'en souvienne, son fils n'avait fait que critiquer Harry. Les deux jeunes étaient loin d'être amis même si, maintenant que Draco avait rejoint l'Ordre, leurs relations s'étaient améliorées. Cependant, il lui était bien difficile de deviner la réaction de Draco en apprenant qu'il vivait en couple avec Harry Potter, surtout en étant lui-même transformé en femme.
- Il comprendra, finit-il par répondre sans être vraiment sûr de lui.
- Si ça te rassures de penser ça…
A suivre…
Et voilà un dixième chapitre de terminé ! J'espère ne pas être allée un peu trop vite en besogne au sujet de la quête des Horcruxes… D'un autre côté, ça faisait un moment que j'avais laissé cette partie de l'histoire un peu en suspens. Quant à Harry, je l'ai transformé en accro aux potions (… ai-je bien fait ?) J'avais laissé quelques petits indices dans ce sens dans quelques chapitres précédents mais au moment de l'écrire, je n'étais plus vraiment sûre que ce soit une bonne idée… Tant pis j'ai tenté le coup quand même.
En tout cas j'espère que ce chapitre vous a plu ^^ J'attends tous vos commentaires avec impatience !
A bientôt !
