THE DARK MAIDEN
Résumé : l'héritier la sauve, elle, le petit fantôme d'Ebenelle. Ils s'en vont, pourquoi ? Ils s'enfuient, dans quel but ? Ils se cachent, de qui ? De quoi ? OC. YAOI. YURI. HET.
Chapitre 10 :
4 words (to chock upon)
•¤*¤•. .•¤*¤•
Au travers des rideaux couleur olive, le soleil d'été inondait la petite pièce qui lui servait de chambre. En grommelant face à cette soudaine lumière, Sywen se retourna et se cala sous sa couette. Tous les matins, c'était la même chose. Elle refusait de se lever, son petit frère venait la réveiller, elle grognait, il criait, elle se levait.
Mais là, étrangement, personne ne venait la réveiller. Pourtant, Cornil avait comme un radar qui indiquait que sa grande sœur était réveillée. Étrange.
Et…et…un corps chaud contre elle ? Contre son dos ? Un bras qui lui enserre le cou ? Un autre qui venait de se poser sur sa taille ? Un souffle sur le sommet de son crâne ? Des odeurs étrangères ?
Où se trouvait-elle ?
Lentement, tel un serpent vicieux qui s'insinuait en elle, les souvenirs refirent surface.
Humide.
Tendre.
Doux.
Lent.
Rapide.
Chaud.
Étrange.
Et enfin…jouissif.
Sywen se sentit mal en se rappelant tout ce qui s'était passé la veille. Cela lui fit comme l'effet d'une douche froide doublé d'un passage sous un rouleau compresseur chauffé à blanc.
Non. C'était impossible. Elle, le petit fantôme jouet de Peter d'Ebenelle. Avec une fille. Toute une nuit. Dans le même lit. Excessivement proche.
Dégoûtant.
Répugnant.
Contre-nature.
Hors de propos.
Innommable.
Inqualifiable.
Impossible.
Et pourtant. Ça avait été certainement la meilleure nuit de sa vie.
Oui. La meilleure.
Mais.
Elle devait partir. Là. Tout de suite. Avant que Nina ne se réveille. Elle devait appeler son frère. Lui donner de ses nouvelles. Lui dire qu'elle était à Bourg Palette. Qu'elle allait bien. Que….
Un mouvement brusque à ses côtés la ramena brutalement à la réalité.
Nina se releva, la regarda et sourit.
-Salut, souffla Sywen en baissant la tête.
Sa compagne lui attrapa le menton et déposa un léger baiser sur ses lèvres désespérément closes.
•¤*¤•. .•¤*¤•
Chen et Blue étaient tous les deux attablé dans la salle à manger, en train de prendre leur petit déjeuner. Nina et Sywen entrèrent dans la pièce, les saluèrent et s'attablèrent à leur tour.
-Alors, qu'allez-vous faire aujourd'hui ? demanda poliment le professeur en attrapant un croissant dans la corbeille.
-Euh…je sais pas ! répondit Nina, tu veux faire quoi toi ?
Elle regardait Sywen et une légère rougeur s'empara de la fille au manteau noir.
-Bah…je dois appeler mon frère, je devais déjà le faire hier, mais euh…j'étais trop fatiguée.
-Je pourrais lui parler ? Hein ? Dit ! Dit ! Dit ! s'écria Blue.
-Je sais pas. On verra, répondit Sywen.
-Yeah !
Un silence gênant s'installa entre eux. Blue faisait plus de bruit en mangeant qu'un Ronflex en ronflant, le professeur lisait des notes dans un cahier tout en sirotant une tasse de café, Nina ne cessait de lancer des regards sceptiques en direction de son amie, et cette dernière gardait obstinément les yeux rivés vers le bas.
-Hé ! Au fait ! Tu me montres comment qu'on fait pour avoir Devil Jin dans Tekken steuplait !
-Euh…oui, si tu veux.
-Pépé ! Je peux sortir de table ? Avec Sywen ?
-Allez ! Filez donc !
Les trois enfants allèrent dans le salon.
Tandis que Blue installé sa console, Nina et Sywen s'assirent sur le canapé. Sywen au milieu, et Nina qui était en train de se coller à elle. Gênée, Sywen se recula un peu, tendu à l'extrême. La mine dépitée, Nina cessa son manège et resta sagement à ses côtés.
Blue poussa un hourra de victoire en voyant l'écran de télévision s'allumer. Il alla s'asseoir à côté de Sywen, deux manettes dans les mains.
-Alors ? Comment qu'on fait pour l'avoir ? Hein ? Dit ! Dit ! Dit !
-Bah euh…
Sywen tenta d'expliquer au garçon qu'il fallait ou finir le Mode Histoire avec tout les personnages, ou qu'il fallait faire deux-cents combats en Mode Arcade ou finir le Mode Devil Within. Mais le regard empli d'incompréhension de Blue eut raison d'elle et elle s'empara de la manette de jeu.
-Tu vas quand même pas jouer ? s'indigna Nina.
-Bah si, rétorqua calmement Sywen, pour lui rendre service.
-Je peux t'aider ? proposa Blue en s'emparant de la seconde manette.
-Non.
-Ah…bon.
Sywen enchaina les combats. Elle contrôla tour à tour Paul Williams, Christie Montero, Panda, Bryan Fury, et tous les autres. Chacun avait sa proche technique, et elle les contrôlait presque tous parfaitement.
Sans qu'elle ne s'en rende compte, Nina et Blue l'avaient laissée seule avec la console.
« Quel manque de savoir-vivre. » maugréa-t-elle pour elle-même.
Pourquoi étaient-ils partis ? C'était injuste. Elle lui rendait service, et il la laissait seule.
« Tant pis. »
Enfin, lorsque la manette commençait sérieusement à chauffer dans ses mains, elle finalisa son combo final. Son adversaire au tapis, elle vit enfin apparaitre la case de déblocage du dernier personnage tant convoité : Devil Jin. Il lui plaisait. Une silhouette sombre, un passé sombre, tout pour plaire quoi. Et des combos de fous aussi, tant qu'à faire.
-Blue ! J'ai fini ! s'exclama-t-elle.
-J'arrive ! répondit le garçon depuis le jardin.
Il se jeta sur le fauteuil, lui prit sans douceur la manette des mains, et commença un combat, avec son personnage tant voulu.
-Tu vas perdre, lui dit Sywen en voyant son adversaire.
-Mais non ! Je suis trop fort moi !
-Bon, si tu le dis.
Elle se leva, entendit l'enfant jurer de toutes les manières possible et imaginable en voyant son personnage s'écrouler au sol.
Une fois dans le jardin, elle vit de loin la fine silhouette de Nina se découper au travers des branches du saule. Elle savait qu'elle l'attendait, amis elle se devait d'abord d'appeler son grand frère.
Le devait ? Ou cherchait-elle simplement un moyen de retarder sa conversation avec son amante d'une nuit ?
« Bah…peu importe. Il le faudra bien un moment ou à un autre de toute manière. »
De la poche arrière de son jean, elle extirpa son Pokématos et composa le numéro de son frère. En réalité, bien qu'elle essayait de se persuader du contraire, le fait de savoir que quelqu'un l'entendait la perturbait un peu.
Un bip…
« J'espère qu'il va bien… »
Un bip…
« Et ses Pokémon aussi… »
Un bip…
« D'ailleurs, je n'ai pas encore parlé à Tanguy… »
Un léger craque retenti puis :
-Allô ?
-Adrien ? C'est moi !
-Qui ça moi ?
-Bah Sywen tient !
-Ah oui ! Ça va ma chérie ?
-Bah tranquille et toi ?
-Moi ! Ça va ! Tanguy et moi on a fait la fête hier soir !
« Moi aussi, enfin, si on veut… »
-Et on a nos têtes comme des placards ! Comme si des Garafarig avaient fait du ping-pong avec nos cervelles !
-Vous êtes toujours à Rivamar ?
-Oui bien sûr ! Pourquoi ? T'es où toi ?
-Euh…à Bourg Palette.
De loin, elle vit Nina tressaillir en entendant le nom de son village.
-Ah ! Déjà ! Et t'as fait comment pour arriver aussi vite ?
-Bah je suis montée sur le dos de mon Leviator et on a traversé l'océan comme ça.
Un silence s'instaura entre eux, révélant le scepticisme d'Adrien.
-Tu ne me crois toujours pas c'est ça ?
-Bah oui ! Attends ! Un Leviator quoi ! Un putain de serpent destructeur de six mètres de long ! Tu te rends compte ? C'est pas un peu gros ?
-Grr ! Tu m'agace Adrien !
-Oui je sais. C'est mon boulot je te rappelle.
-Ouais, c'est vrai.
Ils rirent de bon cœur, puis Adrien reprit plus sérieusement :
-Et euh…tu préférerais pas que…qu'on vienne te chercher ?
-Hein ?
Il était sérieux ? Elle, qui resterait là, à Bourg Palette ? À attendre sagement qu'on vienne la chercher ? Non. Hors de question. Elle était loin de ressembler à la princesse en détresse qui se faisait secourir par un guignol en collant. Non. Elle irait par elle-même, avec ses propres moyens, jusqu'à Carmin-sur-mer.
-Je…je sais pas…
D'un autre côté, ce serait plus rapide. Lui, il avait un Pokémon oiseau. Pas elle.
-Décide-toi vite !
« Je veux pas rester près de Nina. C'est trop dangereux. »
-On se rejoint à Jadielle alors ?
-D'accord ! Si tu veux. Mais pourquoi ?
-Parce que je…
Elle lança un bref regard vers l'arbre. Nina avait écarté des branches, et se tenait dans l'embrasure végétale. Elle la regardait, l'air triste et légèrement en colère.
Sywen rougit et trouva un soudain intérêt pour les cailloux qui parsemaient la terrasse.
-C'est comme ça. Je t'expliquerais plus tard.
-Bon, on se rejoint quand ?
-Je t'appellerais quand j'y serais, d'accord ?
-Si tu veux ma chérie.
-Dis moi…tu viendras seul ?
-Je sais pas. Tu préférerais peut être ?
-Euh…bah je ne connais pas vraiment Tanguy tu sais.
-Mais il est gentil comme gars !
Sywen entendit un grognement derrière son frère.
« Gentil mais de mauvais poil le matin apparemment. » s'amusa-t-elle.
-Bon, vous arrivez à deux alors ?
-Ouais, si on n'a pas de contretemps, genre un match de Champion pour lui ou quoi ! Enfin, tu vois le genre.
-Ok ! À plus alors !
-Dis-moi ma chérie, tu as des nouvelles de Cornil ?
-Euh… non. Je n'ai franchement pas le courage d'appeler la baraque.
-Ouais, je comprends.
-Et toi ? Pourquoi t'appelle pas ?
-Bah euh…
-On est vraiment pareil toi et moi alors ! Deux gros lâches !
-Ouais ! Pour une fois qu'on à un point en commun !
Il y eu un silence, durant lequel Sywen entendit les ronflements bruyants de Tanguy.
-Dis, reprit Adrien, quand on se verra, tu voudras bien me montrer ton Pokémon ? Que je puisse avoir de quoi être jaloux de toi !
Apparemment, il avait enfin pris le parti de la croire.
-Bah oui !
-Un match ?
-Euh…non. Je…
-C'est bon. T'inquiète pas. J'ai compris.
La lâcheté ?
Non. Le manque d'expérience.
-Ouais.
-Bon, allez, faut que j'aide cette serpillère à se remettre sur ses papattes ! Dire que de nous deux, c'est moi qui ai bu le plus !
-Comme quoi, je suis un cachet d'aspirine ! Avec moi, t'as plus mal à la tête !
-Oui ! Tu en as la couleur, mais t'es loin d'en avoir les effets ma chérie !
-Grr ! Tu m'agaces rouquin de mes deux !
-Tes deux quoi la gothique ?
-Mes deux mains sur ta tronche !
Ils eurent tous les deux un fou rire incontrôlable. Sywen entendit Tanguy râler tout ce qu'il pouvait sur le boucan que faisait son ami avec sa sœur et qu'il ne voulait pas de ça tous les jours dans SA ville.
-Bon, à plus ma chérie !
-Au revoir, monsieur tout feu tout flamme !
-Ouh là ! T'as pas idée ma cocotte !
-Grr !
-Et t'oublis pas de m'appeler hein !
-Y a pas de soucis !
Adrien raccrocha. Sywen souriait toujours jusqu'aux oreilles lorsqu'elle remit son Pokématos dans sa poche.
« Autant se mettre en route tout de suite. »
Elle s'apprêtait à retourner dans la maison afin d'aller chercher ses affaires, mais Nina courue vers elle et lui agrippa le bras.
-Et… euh…nous ?
« Oh non… »
Elle ne voulait pas être cruelle. Elle ne le pouvait. Elle savait combien cela faisait mal de se faire rejeter. Mais elle le devait. Elle ne voulait pas souffrir à cause de cette fille. Elle devait rejoindre son frère.
-Quoi nous ?
Elle avait pris une vois dure et froide, comme celle qu'elle avait eue face à Peter, lorsqu'il avait brutalisé son Magicarpe.
-Je croyais que toi et moi…
-C'était une erreur. Une gigantesque erreur.
« Non, c'était bon. C'était bien. »
Nina se crispa. Elle lui serrait le bras jusqu'à lui faire mal.
-Tu penses vraiment ce que tu dis ?
Sywen se détourna d'elle. Elle ne pouvait lui dire la vérité. Elle devait partir.
-Oui.
-Regarde-moi dans les yeux et dis-le moi !
Nina la força à la regarder. Sywen se plongea dans ces orbes bleus. De si beaux yeux. Elle pourrait les regarder sans s'en lasser.
Non. Elle devait partir. Elle devait se contrôler.
Pour leur bien. À toutes les deux. Leur relation était contre-nature. Immorale. Dégoûtante.
-Je ne t'aime pas.
Quatre mots. Quatre mots qui pouvaient provoquer autant de dégâts.
Elle souhaitait mourir. Disparaitre. Ne plus vivre.
Non. Elle avait été sauvée une fois. Une seconde serait de trop.
-D'accord, souffla Nina.
Elle se retint de pleurer. Elles se retenaient toutes les deux de pleurer.
Nina la regarda encore quelques secondes. Quelques secondes de tortures supplémentaires.
-Va-t'en, dit Nina.
Jamais Sywen n'aurait imaginé qu'elle puisse avoir autant de dureté dans sa voix.
-Je…
-Tu quoi ?
-Suis désolée.
Le coup parti. Là. Comme ça. La main qui lui avait procuré du plaisir lui donnait à présent de la souffrance. Sa joue la brûlait et plus encore, elle se consumait de honte. Comme avait-elle pu même croire qu'elle s'en sortirait indemne ?
Par réflexe, Sywen porta ses bras devant son visage. Même si elle méritait de se faire battre à mort, son instinct lui disait de fuir. Loin. Très loin.
En courant, elle retourna dans la maison, attrapa son sac, grimpa dans les escaliers, chercha un instant la porte de Nina, rougit de honte en voyant le lit défait, attrapa son manteau qui gisait seul au sol, redescendit les escaliers, souffla un léger au revoir à Blue, qui en était à sa énième défaite, et ouvrit en grand la porte d'entrée.
Sans un regard en arrière, une main sur la joue, l'autre soutenant ses affaires, elle marcha droit devant elle, cherchant la rue principale du patelin.
Elle marchait vite. Même si elle espérait au plus profond d'elle-même que Nina court après elle, la supplier de revenir, de rester avec elle.
Mais non. Elle avait de nouveau eu une relation légèrement semblable à celle qu'elle avait eue avec Peter.
Elle ne s'en voulait pas. Elle n'était pas responsable. Oui. C'était bien cela. Elle n'était pas responsable de la situation. Elle, elle devait rejoindre son frère.
Oui.
Et après ?
Que ferait-elle ?
« On verra ça plus tard. »
Mais…et Nina ?
« Elle n'avait qu'à pas me gifler. Tant pis pour elle. »
Non. Elle ne pensait pas ce qu'elle disait. Si. Non.
Si. Non.
Nina était la seule personne avec ses frères et son Leviator, tant soit peu qu'on pouvait le considérer comme une personne, à laquelle elle tenait. Oui. Elle ne pouvait pas le nier. Elle tenait à elle.
Elle l'aimait.
En si peu de temps, elle avait trouvé le moyen de s'amouracher de quelqu'un. Une fille en plus.
« Dégoutant. Dégoutant. Dégoutant. Dégoutant. Dégoutant. » Se répétait Sywen, dans l'espoir de s'en persuader.
Une grande bâtisse grise l'inonda de son ombre. Sywen sentit un frisson désagréable lui parcourir l'échine. Par réflexe, elle porta sa main jusqu'à sa ceinture. Lorsque ses doigts entrèrent en contact avec la pokéball, elle se sentit immédiatement plus en sécurité.
Elle vit alors une pancarte.
« Laboratoire de Bourg Palette. Saison de distribution de Pokémons finie. » lut-elle.
Elle avait devant elle le plus grand laboratoire Pokémon du monde.
Sywen secoua légèrement la tête. Non. Elle n'avait pas de temps à perdre.
Quoique…peut être…
La jeune fille au long manteau de cuir s'approcha des portes automatiques du complexe. Elles s'ouvrirent et elle entra dans cet endroit dans lequel son frère se plairait sûrement.
Des rayonnages de livres qui couraient jusqu'au plafond, des tables de métal jonchaient de paperasse, des hommes en blouses blanches qui couraient à droite et à gauche. Et au fond, devant un immense écran se tenait le professeur Chen. Il gesticulait dans tous les sens, comme s'il tentait de chasser une mouche.
-Qu'est-ce que vous voulez ? l'aborda froidement l'un des scientifiques.
Ce dernier avait une grosse boîte en carton dans les bras, et semblait apparemment peu disposé à la renseigner.
-Euh…je…cherche un coupon pour mon pokématos et…
-On n'a pas de ça ici nous.
-Ah. Bon…d'accord.
-Au revoir mademoiselle.
-C'est ça. A plus.
Elle se retourna et franchit de nouveau les portes coulissantes.
« Non mais quelle impolitesse ! »
Elle donna un coup de pied rageur dans un caillou qui trainait là, et visa sans le faire exprès un attroupement de Roucool qui picoraient tranquillement. Ils s'envolèrent brusquement, sous le regard émerveillé de…
-Hé ! Nina ! Regarde ! Elle est là !
« Oh non… »
Sywen songea un instant à s'échapper, à se cacher, mais ne trouva aucune issue. Trop tard. Blue lui agrippait déjà le bras et la forçait à le suivre auprès de sa sœur.
-Bah qu'est-ce que t'as à la joue ? demanda-t-il innocemment en s'arrêtant sur un banc.
-Rien, je suis tombée.
Elle n'allait tout de même pas lui dire la vérité ?
Nina attrapa brutalement la main de son petit frère, et tenta de l'entrainer ailleurs, mais ce dernier restait obstinément sur place, un regard méchant vrillé sur sa sœur.
-Maieuh ! Elle part ! Et tu lui dis même pas au revoir !
-Je…commença Nina.
-C'est bon, t'inquiètes pas moustique, on s'est déjà dit au revoir ce matin.
Sywen regardait Nina. Qu'espérait-elle ? Qu'elle lui tombe dans les bras ? Qu'elle s'excuse pour la gifle ? Elle ne le méritait même pas.
-Nina, commença Sywen.
Elle ne savait pas ce qu'elle voulait dire. Juste qu'elle souhaitait rester un peu seule avec cette qu'ele avait aimé durant une nuit.
-Quoi ?
-Je peux te parler seule à seule ?
La jeune fille sembla hésiter, puis demanda :
-Blue, tu veux bien aller chez Red tout seul ?
-Ouais !
Le petit garçon partit en trombe, laissant les deux filles seules.
-Alors ? Qu'est-ce que tu veux ?
-M'excuser.
-De quoi ?
-D'avoir été aussi méchante.
-Hier soir ?
Contre toute attente, Nina se mit à ricaner, puis à rire de bon cœur. Sywen comprit. C'était vrai qu'elle l'avait « un peu brutalisé » la veille.
-Je dois partir. Pour revoir mon frère.
-Emmène-moi avec toi ! supplia Nina en lui attrapant le bras.
« Oh non ! Pas elle aussi ! »
-Non. Essaie de me comprendre. Je…suis faite pour vivre seule ! Sans personne ! J'ai toujours vécu comme ça ! Et j'ai pas envie que ça change !
Nina avait de nouveau le visage ravagé. Elle était prête à pleurer.
-Alors nous…c'est foutu ?
-Je ne sais pas.
-Alors…, reviens quand tu auras trouvé ce que tu voulais ! S'il te plait !
-Je…
« Je ne sais même pas ce que je veux… »
-Promets-le-moi !
« Ça n'engage à rien, non ? »
-Bon, je te promets de revenir.
-Merci !
Nina lui sauta au cou et, dans une dernière étreinte, elles scellèrent leur promesse d'un baiser discret, que personne ne vit, puisque personne n'était dans la ville avec un temps pareil.
Elles se lâchèrent. Les larmes aux yeux, Sywen se dirigea vers la sortie du village, vers le nord. Les pans de son manteau claquant derrière elle tel un fouet, elle ne se retourna qu'une seule fois, et sourit.
•¤*¤•. .•¤*¤•
Voilà voilà ! Encore de la guimauve ! Bon, rien n'est perdu ! Elle va pas FORCEMENT finir avec la douce et gentille cloche ma gourdasse ! Et puis, même si c'était le cas, ce ne serait pas avant pfiou ! Certainement la fin !
Enfin, bon, bref, un tit commentaire pour donner du miam-miam au pauvre auteur affamé que je suis ? Hein ? Dites ! Dites ! Dites !
À pichuplus !
