Titre : Tu ne peux pas t'échapper

Disclaimer : Jeff Davis

Rating : M

Genre : Mystère/Angoisse/Romance

Note : JE N'AI JAMAIS VU UN SEUL EPISODE DE TEEN WOLF EN ENTIER, j'ai arrêté après la moitié du premier épisode, donc tout ce que je sais, je l'ai appris via les autres fanfictions ou les sites comme wikipédia ou assimilés. Je tiens également à préciser que je ne suis pas médecin et que même si j'ai fait des recherches sur les troubles/médicaments/maladies des personnages -et que j'ai modifié certains éléments en adéquation avec ce que j'ai tiré de mes recherches (cf : taille de Stiles, par exemple)- il se peut, et c'est même très probable que des erreurs se soient glissées dans le texte ou que des incohérences surgissent, je compte donc sur votre clémence.

PS : Pour ceux qui se seraient posé la question, chez les loups, lécher le museau d'un congénère signifie lui montrer sa soumission et accepter sa domination.

Chapitre 9

Stiles retourna au lycée presqu'en courant. Il restait moins d'une heure de cours, qu'il passa dans les toilettes, enfermé. Il avait besoin de réfléchir. S'il avait peur des Argent, Peter l'effrayait également, d'autant plus maintenant qu'il lui avait parlé de sa vision de leur… couple ? Rien que ce mot lui donnait une impression étrange. Il était réellement partagé. Que suivre ? Son instinct humain ou animal ? A qui faire confiance ? Stiles n'était pas stupide, et pas non plus le dernier des naïfs, il se doutait bien que Peter n'avait pas du tout d'intentions chastes et non-condamnables à son égard, tout comme il avait pu observer qu'il semblait relativement instable psychologiquement, parfois lunatique, et capable du pire comme du meilleur pour arriver à ses fins. D'ailleurs, il lui semblait que l'Alpha était plus porté sur le pire. Il suffisait de voir la façon dont il avait voulu le transformer. D'un autre côté, les Argent lui faisaient vraiment peur. Ils semblaient entretenir à son égard un mélange de répugnance et de curiosité. Il n'y avait aucun doute : les Argent n'hésiteraient sûrement pas s'ils le considéraient comme une menace. Surtout que d'après Peter, ils ne respectaient pas leur Code. Il était complètement perdu, incapable de déterminer ce qu'il voulait et ce qui serait le mieux pour lui. Et il se sentait seul. Personne pour le guider, l'accompagner dans ce nœud de problèmes, compliqué et dangereux. A qui se confier ? Son père ? Hors de question, il n'allait quand même pas le mettre en danger. Scott ? Outre le fait que la communication entre eux était actuellement rompue, il n'était, comme pour son père, pas du tout à son goût de le mettre en danger. Quand à demander de l'aide à Peter ou aux Argent, il se doutait des réponses qu'ils allaient lui apporter. Il lui aurait fallu quelqu'un d'objectif, qui ait déjà vécu une situation semblable, si possible, capable de le guider sur la bonne voie. Ou du moins la meilleure d'entre les deux. Il entendit vaguement la sonnerie, mais attendit un peu afin d'être sûr que l'établissement était vide. Il sortit ensuite, mais n'eut le temps de faire un pas avant de se retrouver étranglé par une main sur sa gorge. La surprise lui coupa d'autant plus le souffle quand il se rendit compte qu'il s'agissait d'Allison. Le regard de la chasseresse était froid et sans pitié, sa poigne sure.

« T'étais où, putain ? Avec le monstre ? Oui, évidemment, c'est la seule solution. Il siffle, et tu cours. T'as aucun honneur ? Contrôle-toi ! »

Son ton glacial et coupant était acerbe, et ses mots durs mortifiaient Stiles.

« C'est ça, parle, il est où ? Dis-le ! »

Devant l'absence de réponse, et l'effroi manifeste de sa victime, elle lâcha son cou et recula d'un pas, un sourire méprisant sur les lèvres.

« Tu sais, je me suis renseignée sur les revendications. Comment le revendiqué devient une pute pour son 'maître', juste capable d'obéir et d'écarter les cuisses. Avoue ! Il t'a sauté, c'est pour ça que tu t'es fait la malle !

-C'est faux ! »

Stiles était révolté, blessé. Comment pouvait-elle dire ça ? Il n'était pas une putain ! Elle n'avait pas le droit de le traiter comme ça, de le dénigrer. Il ne s'était pas offert !

« Ah ouais ? C'est faux ? Alors explique les marques ! Allez ! J'attends ! »

Elle avait baissé son col et contemplé les morsures d'un air dégouté.

« T'es qu'une chienne !

-La ferme !

-Pourquoi ? Tu t'assumes pas ?

-Mais ta gueule !

-Langage Stilinski. »

Cette voix figea Stiles encore plus. Harris. Son pire cauchemar au lycée.

« Bien que je sois déçu de devoir porter assistance à Stilinski, je me dois, mademoiselle Argent, de vous arrêter maintenant. La violence verbale n'est pas encouragée dans ce lycée, même si on apprend parfois bien des choses… »

Son regard torve se posait sur Stiles, et il ne faisait aucun doute qu'il allait se servir de tout ce qu'il avait appris contre lui. Stiles se dégagea et courut sans se retourner. Il monta dans sa jeep et roula jusqu'à chez lui sans décélérer une seule fois. Il courut se réfugier à l'intérieur de la maison, et se jeta sur son lit, la tête enfoncée dans l'oreiller. Il hurla sauvagement, le bruit étouffé par le tissu mou, et frappa de son poing dans son matelas, rageur. Il roula sur le dos, haletant, la mâchoire serrée, et les yeux fermés, les poings crispés. La fureur dans ses veines se changeait peu à peu en désespoir. Il était désemparé, incapable de savoir quoi faire, pris entre deux feux. Il voulait du soutien, en avait besoin. Il se redressa, et descendit. Au lieu de passer par la porte d'entrée, il passa par la porte arrière. Nul doute qu'il était surveillé. Il calcula rapidement ses chances de s'échapper, et se rendit vite à l'évidence. Il n'était qu'un humain normal, et des chasseurs surentraînés, les probabilités qu'il réussisse étaient minces, très minces. Mais les probabilités qu'il rencontre un loup-garou et des chasseurs étaient également très minces. Il commença à courir, au rythme le plus rapide qu'il pourrait tenir le plus longtemps. Il entendit un cri derrière lui, mais n'y prêta pas attention, et continua sa course. Il choisissait le chemin le moins praticable possible, coupant court à toute tentative de poursuite en voiture. Il glissait dans la terre humide, s'accrochait dans les branches et les buissons, se prenait les pieds dans les racines et les rochers. Une douleur fulgurante lui transperça soudainement la cuisse, et il perçut le bruit de la détonation presqu'après. Il chuta lourdement au sol et hurla.

« Peter ! »

Il fut brutalement retourné sur le dos, et une aiguille promptement enfoncée dans sa chair. Il perdit connaissance plus rapidement qu'il ne l'avait jamais fait.

Il reprit connaissance dans une cage, enchaînée. Si le métal de la cage et des entraves ne le blessait pas, il l'irritait. De plus, une horrible odeur flottait dans l'air. Il reconnut l'aconit. Toute la pièce en était imprégnée, et lui causait persistants maux de crâne et violentes nausées. Il était seul. Mais observé. Il le sentait. Chaque poil de son épiderme se dressait sous le regard invisible et acéré qui le monitorait. Il se replia du plus qu'il put sur lui-même, malgré les chaînes. Et il attendit. Longtemps. Trop. Ils essayaient de faire monter le stress. Ça marchait. Quand, enfin, quelqu'un entra, ses nerfs étaient à fleur de peau, et il se sentait près de grogner sur tout ce qui bougeait. Gérard Argent avança calmement vers la cage, seul mais détendu. On sentait néanmoins qu'il n'hésiterait pas à réprimer sévèrement toute tentative d'insubordination. Il tira à lui une chaise qu'il positionna face aux barreaux, et s'y assit calmement, prenant soin de défaire les plis de son pantalon et de sa chemise. Il le fixa quelques instants, le mettant mal à l'aise.

« Alors, Stiles, que nous fais-tu donc ? D'abord tu disparais la journée avec un loup-garou, celui-là même dont nous t'avions mis en garde. Ensuite, tu tentes de t'enfuir. Aurais-tu quelque chose à nous cacher ? Tu ne souhaites pas te mettre notre famille à dos, je t'assure… Alors, pourquoi as-tu agis ainsi ?

-Je-Je… Vous êtes dangereux.

-Les loups aussi. Ce sont des monstres.

-C'est faux.

-C'est vrai. Et tu deviens comme eux. Sauf qu'en plus, tu es le compagnon de l'un d'entre eux. Nous avons vu les marques, tu sais ? Ne trouves-tu pas cela répugnant ? Devenir l'un des leurs, une bête assoiffée de sang, contrôlée entièrement par des instincts primaires et meurtriers. Se nourrir de chair humaine.

-Peter n'est pas comme ça !

-Vraiment ? Il ne t'a pas mis au courant ? Comme c'est mignon, préserver son chéri pour l'attirer dans ses filets… Mais tu as dû entendre parler de l'attaque des pumas, pourtant… Tu n'as pas fait le rapprochement ? »

Stiles se souvint soudainement de la conversation qu'il avait eue avec son père sur les attaques de puma. Il n'y avait aucun survivant. Et il savait que Peter n'était pas quelqu'un qui reculait devant beaucoup de choses.

« Il-Il ne les a p-pas… »

Il reprit une grande inspiration, la gorge serrée. Non, Peter ne pouvait pas être un… anthropophage. Ça n'était pas possible, tout simplement pas concevable.

« Et si. Ton si cher loup est un monstre tueur et mangeur d'hommes. Et ils sont tous ainsi.

-N-Non… Il n'est pas un… enfin… comme ça…

-Si, il l'est. C'est un monstre !

-Vous aussi ! Vous n'avez pas respecté votre pacte !

-Nous avons sauvé des vies. Ce ne sont que des monstres, après tout. Nous préservons la population de leur danger.

-M-Mais ! Il y avait des innocents, forcément !

-Des futurs tueurs en puissance. Rien d'autre que des abominations de la nature.

-Non ! Vous ne pouvez pas dire ça ! Vous n'avez pas le droit !

-Vraiment ? Je n'ai pas le droit ? Et en quel honneur ? Qu'es-tu pour me donner pareils ordres ? »

Le ton s'était fait dangereux, et Stiles se tint coit.

« Tu sais, Stiles, je mettais des espoirs en toi, je t'ai accordé un certain crédit, mais il semblerait que tu sois incapable de faire les choses bien. Décidemment, tu gâches tout ce que tu as… ta mère en premier.

-…

-Donc, je disais, puisque tu sembles incapable de réussir la moindre tâche qui t'es confiée, nous allons devoir employer la méthode dure. Obéis-nous. Ou ton père meurt. Parle-z-en à quelqu'un, et ton père meurt. Rejoint le loup, et ton père meurt. Ce serait regrettable, n'est-ce pas. Déjà déçu par un fils incapable, ce même encombrement serait en plus responsable de sa mort. »

Stiles ne pouvait dire un mot, coupé dans son élan, aussi sûrement que s'il venait de recevoir un coup. Les paroles faisaient écho à celles, toutes aussi cruelles, qu'il avait entendues des années auparavant, et qui l'avaient hanté. Et la menace lui faisait l'effet d'une chape de plomb enveloppant sa tête.

« Bien. Maintenant que cette discussion est terminée, j'ose espérer que tu nous obéiras. Je vais te laisser réfléchir un instant. Ton père est au courant que tu es ici, et ne te chercheras pas. Bonne nuit. »

Il sortit, laissant Stiles seul avec ses mots, dans un silence étouffant. L'adolescent resta la nuit enfermé dans la cage, sans manger et sans boire. Au matin, on le balança sous une douche, et il connut l'humiliation d'être forcé de se laver devant quelqu'un. Il n'eut pas de petit déjeuner.

La journée passa comme dans du coton. Il était tendu, inattentif, se savait être surveillé, sentant l'épée de Damoclès au dessus de sa tête. Comble de bonheur, la retenue avec Harris prendrait effet le soir même. Il entra dans la salle en traînant des pieds, et s'assit le plus loin qu'il put du bureau professoral. Harris le contemplait d'un air à la fois narquois et sadique. Il lui demanda -ordonna- de faire une série d'exercices. Quelques minutes passèrent dans le plus grand silence, avant que le professeur honni ne commence sa diatribe à son encontre.

« Alors comme ça, Stilinski, vous êtes une trainée ? »

Stiles se glaça instantanément. Pardon ?

« Vous ne répondez pas ? Et bien, qui ne dit mot consent. Je dois vous avouer que j'avais du mal à croire miss Argent. L'idée même que quelqu'un puisse être attiré par… vous. Mais c'était avant qu'elle ne baisse votre col. Et, effectivement, force m'a été de constater que vous aviez un amant des plus… sauvages. Il vous paye combien ?

-Pardon ? Mais ! Vous ne - Vous n'avez pas le droit ! C'est !

-Et bien ? Vous n'arrivez plus à parler correctement ?

-Taisez-vous !

-Suffit. Ne me manquez pas de respect. Je suis encore votre professeur.

-Vous n'avez aucun respect pour moi !

-Pourquoi en aurais-je ? Vous n'êtes qu'un raté. Incapable d'accomplir quoi que ce soit de bien, incapable de rentrer dans la norme ! Et maintenant, vous vous roulez dans le stupre avec un autre homme ! N'avez-vous donc aucun honneur ? Ou est-ce un jeu pour vous d'accumuler toutes les tares ? Matricide, marginal, et tapette à présent ?

-J-Je ne suis pas-

-Vous l'êtes. Vous savez, les gens parlent. Tout le monde sait parfaitement que c'est vous qui avez tué votre mère.

-C'est faux ! La maladie était incurable ! C'est…

-C'est horrible pour elle d'avoir dû en arriver à de telles extrémités pour ne pas assumer le regard des autres devant… vous. Vous êtes…

-Le compagnon de celui qui va te démolir. »

La voix basse et rocailleuse était si grave qu'elle fit trembler tant Harris que Stiles. Le professeur se tourna vers la source du bruit. Il n'eut pas le temps d'hurler. Stiles n'en eut pas la force, recouvert en quelques secondes à peine des entrailles de ce qui avait été un être humain. Peter le fixait de ses yeux rouges incandescent, et lui s'évanouit, le manque de sommeil, de nourriture, et l'horreur de la situation le rattrapant.