Désolée pour le retaaaaaard! *se jette à plat ventre devant des hordes de lecteurs armés jusqu'aux dents*
J'ai vraiment deux tonnes de boulot en ce moment, c'est hard core (faut faire péter l'écooooole! wééééé!)! Enfin bref, voilà donc ce nouveau chapitre, je vous laisse le découvrir tout de suite ^^
« le fait qu'elle se serve du sang en guise d'appat pour attirer les Hollows dans des endroits plein d'innocents pour pouvoir sauver ces derniers et se faire remercier » Bouhahaha, mais c'est exactement ça Zeri! Comment ça, c'est pas moral...? Bah voui ^^ (welcome to the Rukongai!)
Et non, déjolée, Benikyogai et Tora ne finiront pas ensemble (putain, mais ça ferait un super couple quand même... RRRAAAH! *s'arrache les cheveux*) Leur relation est certes très fusionnelle mais pas amoureuse. (je rappelle qu'on a pas le droit de taper l'auteur! *se planque derrière Lucifer, des fois que*) Et non, la conscience de Shun... bah c'est sa conscience, pas plus. D'ailleurs, ce n'est pas le seul perso à avoir à supporter une conscience... En tout cas, quand c'est un zanpakuto qui parle c'est en italique, comme dans mes autres fics et quand c'est une conscience c'est en gras. Voili voilou.
Eyyyyyh, bienvenue Akuma no Kistune (ton avis sur ce délire sous Mescaline *-* ?) qui m'a rajoutée en fav' (eh ouais, je peux vous voir!) Et merci à vous, fidèles et géniales revieweuses! Loupiote, P'tit Laiko, Lussynlight, Akane (WÉÉÉÉÉÉÉÉ, une nouvelle revieweuse! *entame une ridicule danse de la joie* merci, merci, merci, merciiiiiiiiiii! Hein? Comment ça, est-ce que je suis saine d'esprit? moi? pas du tout XD Merci pour tes complimeeeents *fais une petite courbette* et j'espère ne pas te décevoir pour la suite!), Taraimpératrice (ahah! il est cool hein, Shun?! *a de lourds problèmes psychologiques* Sa mère aussi est bien grâtinée mais bon, elle vous la verrez dans super longtemps. On est d'accord, Shun devrait être en tôle... U.U' De même que Mayuri en fait. Oh, nos deux tarées au Seireitei... *songe à la scène devant les capitaines*... *et se marre toute seule* Mais si, mais si, elles vont devenir de gentilles petites filles modèles respectueuses de l'autorité... BOUHAHAHAHA? c'est pas crédiiiiiiiible!)et ZERIKYAAAAAAAAA! (quoi? où ça une junkie en manque XD ? eyh, trois reviews d'un coup, c'est Noël... ze t'aimmmmmmeeeeee!) Bon, j'arrête de blablater avant de saouler...
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Discalibur: touuuuuut est à Kubo-sama sauf Beni, Tora, la Meute et la moman de Beni.
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Chapitre 9. Maman, t'as pas de couilles.
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Assise dans un coin de la pièce, le petite fille ne bouge pas. Les paupières closes et ses traits enfantins immobiles sous la concentration, ses sourcils fins de gamine sont froncés et elle se concentre du mieux qu'elle peut.
Pas un mouvement.
Bouger, c'est être repérée.
Et être repérée, c'est se faire tuer.
Là au moins, ce n'est pas trop compliqué à comprendre, pas comme toutes ces leçons sur comment tenir toutes sortes de lames, des sabres asiatiques aux couteaux de cuisine en passant par les couteaux de chasse, de sorte à être la plus meurtrière et efficace possible. Dieu que ça avait été chiant ça...!
Elle est toute petite, 6 ans grand maximum mais malgré son jeune âge, elle a déjà compris ce principe : tout faire pour survivre, à n'importe quel prix. Pourtant, elle ne vit pas dans la pauvreté ou dans un environnement dangereux qui mettrait sa vie en jeu. Au contraire, cette petite fille a même de la chance de ce côté là, soyons honnêtes.
Le kimono pour enfant dans lequel on l'a engoncée malgré ses -vives et bruyantes- protestations n'est certes pas un vêtement de luxe mais n'est pas non plus à la portée de toutes les bourses, surtout son obi (nœud de kimono) qui ceinture sa taille juvénile, tissé dans une soie sans conteste de grande qualité et brodée de long fils argentés formant de superbes motifs d'une certaine complexité distinguée. Sa coiffure également, en équilibre sur sa petite tête de gosse, est assez sophistiquée mais pour le coup, c'est sa mère qui l'a coiffée, patiemment et minutieusement le tout en jurant allègrement que «putain de merde, ça devrait être interdit de faire des pinces à cheveux aussi petites, bordel», en relevant ses longues mèches soyeuses et lisses sur le haut de son crâne, les piquant de quelques petits bijoux délicats et de longues baguettes fines de bois ouvragé.
Concentration.
Tu bouges, tu meurs. Tu as compris? Alors ne bouge pas. Reste immobile.
Les yeux clos, elle se concentre sur chaque bruit de cette pièce et fait de son mieux pour s'empêcher d'aller gratter le bout de son petit nez en trompette qui commence à la gratouiller sec. La petite a beau essayer de fixer son esprit sur autre chose, tiens par exemple la petite chaleur rigolote de la bougie devant elle qui danse sur le bout de ses doigts potelés d'enfant, rien à faire, plus le temps passe et plus ce fichu tarin décide de l'embêter. Trahie par son propre corps... Arg. On ne peut plus compter sur personne...!
Tu dois te concentrer. Concentre toi sur ton corps, sur ce qu'il peut percevoir et sur rien d'autre.
Bah oui, elle veut bien elle, hein, pas de problème. Seulement, y'a son nez qui est entré en sécession là et cette saleté, dans sa grande rébellion contre l'atroce tyran Cerveau qui lui ordonne de ne pas bouger d'un pouce vient d'enrôler ses mains prises d'une subite et irrépressible envie de salsa parce qu'elles s'emmerdent sec et qu'elles en ont marre de cette bougie et sa lueur dansante à la noix ainsi que ses jambes qui commencent à être envahies par des fourmis, sensation absolument atroce s'il en est. Chouette, son corps est un champ de bataille...
- YABAHAAAA! hurle soudain une voix aiguë pile devant elle.
Aussitôt, la petite fille ouvre ses grands yeux d'un brun sombre... et voit une femme au visage caché dans l'ombre, environ la vingtaine et la dominant de toute sa taille d'adulte abattre vers elle en hurlant et ce, à toute vitesse, une immense hache de guerre beaucoup trop acérée à son goût. Immédiatement, les jambes ankylosées de la petite se détendent et elle se jette brusquement sur le côté, esquivant de peu la lame meurtrière qui s'abat violemment sur le parquet, pile à l'endroit où elle se trouvait une demie seconde plus tôt. La femme, sans marquer de temps d'arrêt, envoie aussitôt son pieds percuter l'estomac de la gamine à pleine vitesse. Les doigts de pieds, recourbés ce qu'il faut pour frapper efficacement, heurtent la petite fille de plein fouet et celle-ci, sous l'impact, se fait violemment envoyer voler à l'autre bout de la pièce.
Limitée dans ses mouvements par son kimono à la con qui lui enserre les jambes, elle parvient tout de même à amortir sa chute du mieux qu'elle peut et ce, grâce à ses réflexes taillés à vif depuis sa toute petite enfance.
- Tu vois, moustique? fait la voix de la femme. Je te l'avais dit, tu n'étais pas assez concentrée et tu ne m'as pas attendue arriver. Tu n'étais pas sur tes gardes. Allez, viens là mon microbe rien qu'à moi!
Un peu groggy par le choc et les chœurs de l'Armée Rouge un soir de cuite à la vodka frelatée chantant à tue-tête sous son crâne modèle format réduit, la petite fille la laissa l'attraper par le nœud de son obi pour la soulever dans les airs.
- Ahlàlà, se lamente faussement l'adulte qui porte la gamine à bout de bras, suspendue par le nœud de son kimono, mais regarde moi ta coiffure! Ça ne ressemble plus à rien tout ça!
Amusée par le ton dramatique, la petite se met à rigoler, serrée dans les bras de la femme qui vient de la prendre tout contre son cœur.
- Tu vois Maman que ça ne servait à rien de passer autant de temps à la faire! lâche sa fille avec un air de dire «ma-logique-est-implacable»
- Ah, ma p'tite morveuse! rigole t-elle amusée par la bouille de sa gamine en frottant le bout de son nez contre le sien. Mais les femmes se doivent d'être belles ma petite Benikyogai.
- Mouais, mais c'est long et c'est chiant. répond t-elle avec un visage candide au possible, limite Bambi-esque.
- J'avoue... lâche sa mère. Ça peut être assez casse-couilles!
- Maman, t'as pas de couilles.
- J'en ai pas besoin, hé!
- Tu m'as fait mal... grommelle la petite fille en jouant du bout des doigts avec une des mèches écarlates qui s'est échappé de sa coiffure un peu... bancale, maintenant.
- Je t'avais prévenue. fait sa mère en haussant les épaules. Tu dois faire attention à ce que tu perçois. J'ai juste attendu que tu relâches un peu ta concentration et... paf.
- Pas ma faute, nez qui pique.
-Mmm, oui. admet-elle. Nez qui pique, c'est vicieux. Et comme je t'ai eut par surprise, tu as été prise de vitesse. Tu t'es uniquement concentrée sur ma hache et pas sur le reste de mon corps, du coup...
- Paf. résume Benikyogai.
- Exact. En tout cas, jolie réception microbe!
Toute contente, la gamine étire un large sourire, fière comme un coq sur son tas de fumier. Haha, elle, elle gérait. Hulk? Pff, du menu fretin!
-Tu gueules fort, Maman.
-Hé! Qu'est-ce que tu veux? Je suis une femme. Si je veux que quelqu'un m'écoute dans ce monde de mecs, faut que je me fasse entendre.
Assez.
La jeune femme fait redescendre sa fille au sol pour arranger quelque peu sa tignasse à la couleur si peu discrète. À croire qu'elle avait trempé la tête de sa fille dans des baquets de sang à sa naissance.
Ah, son accouchement... Yerk. Elle en avait vécu des moments durs et bien douloureux. En tant que buveuse invétérée, bagarreuse de haute compétition et forte en gueule à vous convaincre Terminator de fermer sa gueule et de dire bonjour à la dame et avec le sourire s'il-te-plaît, il lui était arrivé pas mal de trucs bieeeeeeen douloureux-nique-sa-maman-la-pute. Notamment la fois où elle a réussit à se briser on ne sait par quelle bagarre encore bien épique, l'os du fémur à savoir l'os le plus épais du corps humain.
Assez.
Et sur le coup, l'os était ressortit par devant en mode touriste. Coucou.
Du coup, elle dû 1°) ne pas s'évanouir malgré sa cuisse qui faisait portes ouvertes, 2°) remettre cette saleté d'os en place à mains nues, toujours sans tomber dans les vapes comme une femmelette et ce qu'elle avait réussit à faire en vidant grosso-modo trois bouteilles de whisky à moitié frelaté et enfin 3°) recoudre le tout avec un sacré coup dans le nez. Résultat, maintenant elle a une cicatrice de forme... artistique sur la cuisse.
Enfin bref. Ça, ça avait été douloureux, quelque chose de gore. Eh bien, elle se serait elle-même brisé les deux fémurs en format puzzle de 8 000 pièces avec joie plutôt que de passer par un accouchement. Dieu que ça faisait mal!
Saleté de mère Nature.
Et vivement l'accouchement par téléportation.
Assez.
- Bon, et toi, montre moi comment tu te fais entendre, moustique. lâche sa mère avec un de ses grands sourires carnassiers.
- Concours d'insultes? demande la petite avec la galaxie toute entière brillant au fond de ses grandes prunelles brunes.
- Yep. Fais moi entendre tes talents lyriques ma grande!
- Nique ta maman.
- Classique. Mais toujours efficace!
- Va mourir les tripes à l'air et les yeux bouffés par des corbeaux.
- Mmouais, lyrique mais un peu banal.
- Pute borgne.
- Intéressant mais pas assez percutant.
- Va mourir tout nu avec un prêtre au fond du cul!
Sa mère rigola, faisant voler ses lourdes boucles brunes.
Assez.
- Wow! Où t'as appris ça toi? C'est excellent!
- Couille gangrenée!
- Pas mal.
- Masochiste consanguin!
- Tu fais des progrès, je suis fière de toi microbe. Ok, à mon tour.
- Tête de cul à fantasmes nécrophiles!
- Gueule de chauve souris pédophile finie au vomi de hollow consanguin!
- Grosse naze!
- ... Benikyogai, un effort. Prends exemple sur ta mère. Mmm... Petit puceau qui doit se payer une pute du troisième âge buvant ses règles pour perdre sa virginité!
- ... Pustule gangrenée de zombie lépreux!
- Enculé de pédophile de nique ta race!
- J'vais te faire perdre ta virginité anale avec une batte cloutée! s'exclame la gamine, 6 ans et des poussières.
- Benikyogai! Lâche aussitôt sa mère, un immense sourire sur les lèvres. Je suis fière de toi, ma fille!
ASSEZ!
Sous la force de ce cri qui me vrille soudain le crâne, mon rêve -mon souvenir- s'effiloche aussitôt, les images se floutent, se brouillent, disparaissent dans les brumes des limbes... et je me réveille brusquement, limite en sursaut.
Et me claque un muscle. Aïe. Comme ça, direct, au réveil? Kami-sama, je t'encule. Je t'encule profond mec.
Avec une grimace de douleur, je tente de passer outre mon muscle qui hurle limite au viol. Putain, ça fait mal, vraiment mal. Je vais carrer un vaisseau romulien dans le cul de Kami-sama et ce connard va pleurer sa maman pendant que je me foutrais de sa gueule dans les grandes largeurs. Saleté de corps, encore un de ces contrecoups de la chasse au Steak géant... M'enfin, les crampes, les courbatures, les muscles douloureux, ça va, ça vaux le coup.
Encore sous l'effet de ce rêve, j'essaye de me redresser lentement histoire d'éviter le coup de la grève sauvage par le syndicat outré de mon corps. Je chasse distraitement mes longues mèches de soie sanglante qui tombent devant mes yeux du bout des doigts.
Et me rends compte héberluée que mes mains tremblent.
Choquée, je fixe mon regard brun sur mes mains abîmées par cette vie de merde, aux ongles sales et brisés, à la peau tannée par la chasse et la vie extérieure, et effectivement, je vois bel et bien mes doigts trembloter tout doucement sous le peu de lumière lunaire qui filtre mollement par l'ouverture de notre grotte. Autour de moi, la Meute dort paisiblement dans un concert symphonique de ronflements assez sympathique. À quelques mètres à ma droite, je peux voir Tora étalée comme une sorte de Barbapapa albinos défoncé pour avoir fumé un ou deux joints de trop à sa dernière réunion des hippies shootés, son corps humain en travers du dos épais et musclé d'Akamusha qui ronfle comme un bienheureux, un léger filet de bave au coin du museau.
Je ne sais pas si ça vient de toute sa période qu'elle a passé en vagabond dans ces bois avant que je la rencontre mais voir dormir cette gonzesse dans une position un minimum normale sans enculer allègrement une demi-douzaine de lois de la physique et de la gravité, c'est à peu près aussi probable que de voir Khrouchtchev embrasser fougueusement JFK à un sommet de crise nucléaire avant de se foutre des mains au cul au beau milieu de la guerre froide. Pas physiquement impossible mais what the fuck puissance vingt-milliards. M'enfin, c'est sûr que si au lieu d'essayer de faire un concours de ma-bite-elle-est-plus-grosse-que-la-tienne-d'abord (remplacez juste bite par «missile nucléaire», c'est pareil) ils s'étaient roulé des pelles, ça aurait moins foutu la merde. Ah les mecs... Bref.
Quand elle a sa forme humaine, ça pique les yeux mais bon, ça va. Par contre, quand c'est en mode tigrou-godzilla de 300 kg et la dentition des Dents de la Mer format génocide des poissons rouge la gueule grande ouverte, les pattounes en l'air et le dos tordu comme si on avait enlevé chacun de ses os en façon je-suis-un-poisson-j'ai-pas-de-côtes-c'est-rigolooo-glou-glou-glou... bah ça fout les jetons quelque. Et tu flippes ta maman sévère.
À la lumière blafarde de la lune, sa longue chevelure échevelée semble presque argentée, c'est beau.
Fatiguée et éprouvée par ce rêve, ce souvenir de mon enfance, ce souvenir de ma mère que j'aimais tant, violemment interrompu par ce cri dont j'ignore totalement la provenance, je referme mes paupières. Et comprends que oui, je pleure. Je pleure. Je pleure ma mère, perdue il y a 50 ans de cela.
Un long soupir sort de ma poitrine, vidant mes poumons par à-coups. Parce qu'en plus, je sanglote. Super... Oh, vraiment super. Très bien, je n'arriverais pas à me rendormir et de toutes façons, la nuit n'est pas trop fraîche à cette période plutôt clémente de l'année.
Légèrement tremblante, je quitte le halo chaud que me prodiguent les tigres et la dernière portée d'Onibi, tous ces minis-tigrou accrochés un peu partout sur moi (aïe! mes cheveux!) (désolée Eiketsu (héros) mais mes tifs sont pas des lianes, lâche ça tout de suite saleté de félin somnambule!) et me lève lentement avant d'enjamber les corps des gros mâles, les plus proches de la sortie de notre grotte et sort enfin à l'air libre.
Aussitôt, la douce brise nocturne qui court en montagne de pic en pic et glisse de vallée en vallée vient caresser ma peau nue et faire voleter ma chevelure rouge écarlate, me rafraîchissant d'un seul coup. Ce froid soudain, apaisant et pas du tout glaçant coule sur mon épiderme découvert et je lâche un petit soupir de contentement. Je fais quelques pas un peu maladroits, la pierre froide rencontrant doucement la plante chaude de mes pieds. Mes yeux sombres glissent sur le paysage montagnard, froid, sauvage et magnifique que je devine en jeu d'ombres chinoises sous la faible lumière lunaire. C'est beau. Immense. Et d'un seul coup, je me prend ma solitude de plein fouet.
Hébétée, mes larmes reprennent de plus belle et je me laisse à moitié tomber au sol, m'asseyant maladroitement au bord de la corniche devant ce qui nous sert de maison. Il y a longtemps, bien longtemps avant que Sûuko ne finisse par mourir, Maman et moi, on vivait dans le district 23 de Soul Society, loin de toute cette misère. On était ensemble, on avait un vrai logement, de vrais vêtements, de la nourriture chaude sans avoir besoin de traquer une biche des heures sous la pluie ou crapahuter dans des montagnes sauvages et y risquer à chaque fois nos vies.
J'avais encore ma Maman. Et c'était il y a 60 ans.
De rage, mes poings se referment jusqu'à ce que mes jointures en blanchissent. Je suis une conne irrécupérable. Je devrais me coller des baffes de toutes mes forces jusqu'à ce que ma tête de nœud se décolle de mes épaules mais là, je suis plutôt occupée à chouiner comme une merde une nuit de pleine lune sur les Montagnes noires. Putain, si je voulais draguer du loup-garou ce soir, pas sûr que mon look actuel leur plaise. C'est moyennement classe la morve au nez. Je suis lamentablement en train de sangloter et je parviens encore à sortir des conneries plus grosses que moi...
Mais réellement, quelle CONNE! Qu'est-ce que j'ai à pleurer sur une putain de solitude?! J'ai Tora, on a la Meute. J'ai une vie, je suis en vie.
Qu'est-ce que disait Maman? «Règle n°1. Survis. À n'importe quel prix.» Je suis vivante putain. Ok, j'ai tout perdu, j'ai perdu tout ce que j'avais avant. À partir du moment où Maman a trouvé le cadavre de Suûko, tout a volé en éclat. «Règle n° 38. Ne regrette jamais le passé. Tu ne pourras pas l'oublier mais tu dois aller de l'avant. Toujours.» Et c'est ce que j'ai fait. J'ai survécu. Ma vie d'aujourd'hui, avec Tora... Je n'échangerais ça contre rien au monde, absolument rien. J'ai Tora, je ne suis plus seule. Je suis heureuse. Évidemment que ce n'est pas simple tous les jours, ce n'est pas un rêve. Ce n'est pas un rêve mais putain, c'est ça ma vie. Et c'est vingt-cinq mille fois mieux.
Et pourtant, et pourtant... PUTAIN, je suis là à chialer sur ce qui a été et sur ce qui ne seras jamais plus. JAMAIS.
- Ça va?
Surprise par la voix archi-pâteuse et pas du tout réveillée de Tora, je me retourne brusquement. Effectivement, dire qu'elle n'est pas vraiment réveillée et plus proche du zombie que de l'être humain / tigrou à peu près normal est un des plus beaux euphémismes au monde. Ses cheveux pâlots ressemblent à un champ de bataille, sa tronche me fait vaguement penser à un Frankenstein déguisé en épouvantail et l'espèce de drap troué de partout qui lui sert vaguement de pyjama est à deux doigts du suicide.
- Désolée de t'avoir réveillée... je marmonne.
Bon en fait, vu que je chiale comme une merde, qu'il doit être genre 2h du mat' et que j'ai la morve au nez, ça ressemble plutôt à un pitoyable «Rschgnirfff, déjolééée d't'affoir réveillééééschrgnifff...!» à moitié couiné d'une voix pétée et sanglotante. De toute façon, elle doit être équipée du décodeur viking-qui-chouine vu qu'elle me répond:
- Pff, t'inquiètes... lâche t-elle pâteusement en baillant à s'en décrocher la mâchoire avant de se laisser à son tour tomber à côté de moi. P'tain la vache, ça caille cette pierre à la con!
2H du mat' et la machine à insultes est toujours ok.
- En même temps (je renifle un bon coup), si ta notion de «pyjama» était un peu plus correcte aussi...
- Eh!qu'elle me fait en me lâchant un petit sourire contrit. On est à court de fringues, à la guerre comme à la guerre!
- Pis t'as l'habitude de pioncer à poil en format tigre aussi.
- Parce que t'as déjà vu un tigre avec un pyjama toi?
- Mouais, je fais entre deux sanglots pitoyables, j'avoue ça fait pas psycho-barbare, c'est naze.
Nous savourons le calme de cette nuit quelques instants, juste le temps que mes larmes se calment un tant soit peu.
- Pourquoi tu pleures...? me demande t-elle doucement.
Je lâche une sorte de ricanement nerveux tout en chouinant, ce qui donne un son assez chelou au final, comme pour signifier que ce n'est pas important. Comme je ne dis rien, elle continue sur sa lancée.
- Tu le sais hein, que mon odorat est beaucoup plus développé que le tien?
J'acquiesce de la tête, de peur que si j'ouvre la bouche, je recommence à me lamenter comme une madeleine dépressive au bord du suicide.
- Les sentiments ont une odeur, parfois. Je sens ta tristesse Beni. Ce mélange de respiration saccadée, de transpiration sèche, de fragrance salée qui vient de tes larmes... Je sais que tu es triste. Benikyogai, qu'est-ce qu'il y a?
- C'est rien, j'te jure schgnirf, t'inquiètes...
- Même si t'étais en train de pleurer notre défunt bien aimé et regretté Steak, ce ne serait pas «rien». Parce que ça te fait pleurer.
- T'es con... je rigole entre deux larmes qui roulent sur mes joues. Nan, c'est juste que... j'ai fait un rêve.
- Et...? m'encourage t-elle à continuer.
- J'ai rêvé de Maman, quand elle m'entraînait, t'sais quand j'étais petite.
- Une période heureuse... Ça te manque, c'est ça?
- Elle me manque tellement... je lâche à mi-voix avant de renifler bruyamment.
Son bras fin et musclé glisse sur mes épaules et elle me serre contre elle, doucement mais fermement.
- Je sais.
- Mais c'est tellement... stupide! je couine, à moitié en train de me moucher dans sa chevelure. Je t'ai toi, je ne devrais pas pleurer!
- Eyh... me fait-elle de sa voix douce. C'est ta mère. C'est normal... Moi, je n'ai rien à regretter de mon passé, pas de moments heureux à me remémorer avant de te rencontrer toi. Ça ne m'empêche pas d'être triste par moments. Qu'importe les raisons, on peut bien chialer un peu de temps en temps... On est humaines après tout. Du moment qu'on reste fortes, toi et moi...
- ... on survivrait à la fin du monde. je termine avec un petit sourire malgré mes yeux rouges à force de sangloter cette phrase que l'on s'est répété tant de fois.
Elle a raison. Moi aussi j'ai dû être là pour elle, pour la soutenir, pour la réconforter lorsqu'elle était au plus mal.
- Du moment qu'on est là l'une pour l'autre... je fais en un murmure.
- Alors tout ira bien. Tout ira bien.
On reste ainsi un moment, serrées l'une contre l'autre. C'est nous contre le reste du monde.
Et le monde perdra la bataille.
- Et pis t'inquiètes, demain, t'auras tout plein de hollows à niquer dans les règles de l'art rien que pour toi. lâche t-elle en rigolant doucement.
Amusée, je lâche un petit rire avant de murmurer dans l'air nocturne :
- C'est Noël... Et Papa Beni Noël a ramené plein de cadeaux.
- Des cadeaux... explosifs.
Et nous passons le reste de la nuit dehors collées l'une contre l'autre, avec la voûte céleste comme couverture et les ululements sporadiques du grand duc comme berceuse. Demain, je pulvérise allègrement du hollow et je sauve les miches des bouseux de Plouc-city en plein Trouduc-land. Tora et moi sommes ensemble contre ce monde de merde. Tout ira bien.
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Si vous voulez voir ce qu'est un vaisseau romulien (ce que Benikyogai veut carrer dans le cul de Kami-sama), tapez Narada Star Trek 2009 sur Google Images. Tadaaa! C'est gros hein ^^?
Bon, on commence à voir un peu (tout pitit peu) la mère de Benikyogai... Mais je ne vous en dit pas plus pour le moment, ni sur elle, ni sur Suûko (mouéhéhéhé, je vous dirais pas qui c'eeeeeest!) (pas tout de suite!) (eyh, qui qui c'est qu'essaye de deviner qui est Suûko?) (*massacre allègrement la langue française*), ni sur pourquoi elle s'est retrouvée seule à errer dans les derniers districts du Rukongai, ni sur ce qu'est cette voix qui a interrompu son rêve... Nyéhéhé.
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Prochain chapitre: 10. Bien le bonjour chez Lucifer, très cher. (et c'est le retour des poneys magiiiiiiiques...!) (nan, j'déconne, BASTOOOOON!)
