Résumé du chapitre précédent : Le lien des Auras entre Stiles et Derek est accomplie. Alors que l'ange protégeant l'âme de Stiles se présente à nouveau à Derek, il lui apprend que Stiles n'est pas un Néphilim et qu'il deviendra sans doute un être surnaturel hors du commun. Après quoi, Derek convoque la meute ainsi que les trois chasseurs pour leur faire part de ses nouvelles découvertes. Durant cette courte entrevue, Dean et Castiel apprirent qu'ils ont également accomplit le lien des Auras sans même le savoir. Durant la nuit suivant toutes ses révélations, Derek, n'arrivant pas à trouver le sommeil se rend au commissariat. De là, Cerbère contacte les deux hommes et indique à Derek son emplacement.
Chapitre 9 : Cauchemars
Du sang, tellement de sang se dessinait à l'horizon. Un long frisson lui échappa quant il trouva enfin la volonté de se mouvoir. Il avait tellement peur. Peur de ce qu'il pourrait trouver au bout de ce petit chemin de terre imbibé de sang.
Son regard se porta à l'horizon. Celui-ci se dévoilait terne et d'une couleur rougeâtre. Il frissonna à nouveau quand soudain, un hurlement strident retentit. Cette voix, il ne la connaissait que trop bien. Lydia, ou tout du moins la Banshee en elle.
Quelqu'un venait de mourir.
Il le savait, le ressentait. C'était indéniable. Une fois de plus il avait échoué tel le faible qu'il avait toujours était et qu'il serait toujours.
Il commença alors à courir. Encore est toujours plus vite. Il le fallait s'il voulait pouvoir espérer sauver les autres. Il ne devait plus arriver trop tard. Il ne pouvait plus se le permettre. Plus jamais, il n'y survivrait pas. Pas cette fois. Il lui avait fallu tant de temps pour se reconstruire … Il ne pouvait pas les perdre, pas maintenant … Ni jamais.
Il couru encore plus vite. Si vite qu'il voyait à peine le paysage défiler sous ses yeux. A nouveau le cri de la Banshee retentit et des larmes traitresses s'échappèrent.
Un nouveau mort. Une nouvelle faute.
Il accéléra encore la cadence, manquant de peu de trébucher malgré ses réflexes lycanthropes. Il devait y arriver avant qu'un autre ne meurt. Vite, toujours plus vite. Mais cela ne suffit pas. Un nouveau cri s'étira dans la clarté rougeâtre du lieu.
Il accéléra à nouveau, il tira sur ses membres autant que faire se peut. Mais il avait beau tirer, pleurer, crier, le sol semblait toujours se dérober sous ses pas, comme ci il ne devait pas arriver, comme si son destin était de contempler la mort et de ce fait, sa propre faiblesse.
La Banshee cria à nouveau. Mais ce cri serait le dernier. Elle était morte elle aussi. Il l'avait entendu à son cri. C'est comme s'il l'avait vue s'étouffer dans son propre sang. Un long frisson le secoua.
Finalement à bout, il s'écroula à même le sol. Il serra fort les poings tentant en vain de retenir ses larmes et ses cris. Tout cela était de sa faute, encore. Se serait toujours de sa faute. Il aurait du mourir cette nuit là, comme tout les autres membres de sa famille. Il y aurait eu tellement moins de souffrance s'il était mort. Tellement …
Il releva son visage et se qu'il découvrit lui arracha un long cri d'effroi. Il n'était pas du genre à être écœuré … mais comment ne pouvait-il pas l'être à cet instant ?
Dans un réflexe incompréhensible, il tendit sa main vers celui qu'il reconnut comme étant Scott. Celui-ci comme les quatre autres, était crucifié sur une croix à l'image du Christ. Ses mains et ses pieds étaient cloués, sa cage thoracique avait été ouverte laissant entrevoir sans la moindre imagination ses poumons ainsi que son cœur. Il détourna un instant le regard et tomba sur Lydia. La belle rousse n'était reconnaissable que part sa chevelure virevoltant au grès du vent putride. A la différence de Scott, sa mâchoire avait été arrachée et sa langue clouée à même son front.
Ses pleures redoublèrent.
Il resta ainsi longtemps. Tapant et hurlant à même le sol poussiéreux. Il n'avait pas le courage, pas la force de regarder les deux autres. Mais il le devait n'est ce pas ? Faire face, se confronter à la réalité aussi horrible puisse-t-elle être. Il tenta de sécher ses larmes mais il se rendit vite à l'évidence qu'il n'y parviendrait pas, pas avant des années. Sans doute même ne pourrait-il jamais à les sécher cette fois-ci.
Courageusement, il releva son regard sur Kira, facilement reconnaissable avec ces vêtements décalés et surtout, son katana enfoncé dans le ventre créant ainsi une large entaille, à l'image des japonais se faisant Hara Kiri. Il sera les dents et posa enfin son regard sur le dernier corps sans vie.
Celui qu'il devina comme étant Stiles. Son Stiles.
Dorénavant il ne pourrait plus lui dire combien il l'aimait. Il ne pourrait plus le surveiller, l'écouter babiller sur des choses sans queue ni tête. Il ne pourrait tout simplement plus jamais le voir. Il ferma alors les yeux et l'image du corps sans vie de son compagnon le frappa. Bien sur que si, il continuerait à le voir. Il verrait juste ce corps sans vie mangeant son propre cœur.
Il regarda le ciel toujours aussi rouge, et hurla à la mort. Après ce cri interminable à fendre l'âme il s'écroula à nouveau sur le sol, sa tête le frappant avec violence. Il se sentait si vide. Si … Inutile. Il avait enfin tout. Une meute jeune mais forte, et surtout il avait un compagnon. Et quel compagnon … Si beau, si fort … Et si mort à présent.
Il lui sembla rester des années allongé sur le sol à pleurer ses nouvelles pertes. Mais bientôt un bruit infime le fit réagir. Il releva son regard embué de larme vers la source du bruit et découvrit bientôt avec horreur son compagnon couvert de sang.
Et si ce sang était celui des quatre autres ?
Stiles l'avait-il trahit ? Lui aussi !? Ses pleurs redoublèrent puis les pas se transformèrent en course. Le jeune humain courrait vers lui, la main tendu, les traits de visage tendus par l'horreur. Le loup réalisa son erreur et se leva tant bien que mal pour courir rejoindre son compagnon. Alors qu'ils allaient bientôt se rejoindre un coup de feu retentit, une balle siffla et le visage de Stiles se tordit de douleur avant qu'il ne s'écroule, mort pour de vrai cette fois ci.
Le loup se figea d'horreur avant d'à nouveau hurler. Il y avait tellement cru … Tellement espérer pouvoir le tenir une nouvelle fois dans ses bras, l'embrasser à en perdre haleine, il aurait tellement voulu …
Ses genoux rencontrèrent bientôt le sol. Il ne pouvait plus, il ne voulait plus. Qu'on le tue, que n'importe quoi ou n'importe qui mette fin à ses souffrances. Un peu de pitié serait trop demander ? Rien qu'un peu …
Il n'était plus qu'une plaie béante. Jamais il ne guérirait.
Il avait perdu la guerre qu'était la vie. Il avait essayé, s'était battu, mais là, il ne pouvait tout simplement plus se relever. Il ne pourrait jamais les ranger dans une case et tenter des les effacer. Il ne pourrait jamais oublier cette nuit de passion passé en compagnie de son compagnon, jamais, et il ne le voulait pour rien au monde.
Il voulait simplement mourir, ici et maintenant, qu'on en finisse.
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Il ouvrit les yeux.
Ceux ci, habituellement si expressifs, semblaient vide, terriblement vide.
Il se leva tel un automate et descendit l'escalier sans le moindre bruit. C'est donc dans la surprise générale que Scott, Kira, Lydia, Peter, Parrish et le Shériff découvrirent bientôt Stiles au beau milieu du salon salle à manger de l'appartement à Derek.
- Stiles ? Stiles ?!, s'écriât bientôt Scott fou de joie de retrouver enfin son frère de cœur.
Mais la joie du jeune homme fut de courte durée quand Stiles le repoussa sèchement sans dire un mot. Il continuait simplement de marcher.
- Regardez ses yeux, émit faiblement Kira.
Toute la petite troupe regarda alors les yeux de Stiles et bientôt une expression de stupeur générale habilla leur visage. Le Shérif voulu s'avancer, stopper son fils mais Parrish lui en empêcha. Il regarda l'adjoint avec incompréhension. Il devait aider son fils, il le fallait.
Bientôt Stiles se trouvait face à la lourde porte de fer. Sous la stupeur générale il l'ouvrit sans aucune difficulté. Le Shérif retint un hoché d'horreur. Son fils n'était plus humain, il le savait. Un court instant il voulu tuer Derek mais il changea bien vite d'avis. Le loup n'aurait rien fait allant à l'encontre des désirs de Stiles si i n'y avait pas été obligé. Il se contenta alors de pincer ses lèvres puis de soupirer ne pouvant faire autre chose que d'accepter cette nouvelle réalité.
- Il voudrait mieux le suivre n'est ce pas ?, demanda finalement Peter.
- Oui, allez-y moi je vais appeler Dean, Sam et Castiel, je pense qu'on aura bien besoin d'eux, répondit Scott.
Tout le monde hocha la tête et ils partirent tous à la suite de Stiles, restant tout de même à une distance raisonnable au cas où.
Pas une seule fois l'ancien humain ne s'arrêta. Il marchait simplement, semblant parfaitement savoir ou se rendre, malgré la nuit déjà bien avancée.
Une quinzaine de minute plus tard les trois chasseurs arrivèrent enfin et Castiel confirma les craintes du père du jeune homme. Il n'avait plus rien d'humain et il semblait être dans une transe. Évidemment il avait tenté de l'en sortir par tout les moyens angéliques qu'il connaissait mais rien ni fit. Stiles lui avait même lancé un regard dédaigneux soulignant tout en finesse son inutilité. Heureusement, Dean était bien vite venu sous tenir son ange gardien.
Bientôt une odeur acre arriva aux nez fins de loups garous. Du sang, beaucoup de sang. Scott fût le premier à sentir parmi l'odeur entêtante celle du second Alpha de la meute. Il se précipita dans la direction qui lui indiquait ses sens mais il fut vite bloqué par un jet lumineux qui l'envoya valsé un peu plus loin.
Stiles se retourna vers Scott puis plongea son regard marron bleuâtre dans celui rouge du loup.
- Si tu y vas-tu seras également empoisonné, dit simplement Stiles avant de se détourner et de reprendre sa route comme si de rien n'était.
- Et toi alors ? Tu ne seras pas empoisonné à ton tour ?, s'écria Scott.
- Non, je suis immunisé à présent, répondit-il sans même prendre le temps de s'arrêter.
Kira et Sam allèrent rapidement aider Scott, puis ils continuèrent de suivre Stiles. Ce qui sembla d'ailleurs l'agacer puisqu'il leur demanda de partir à plusieurs reprises. Évidemment, personne ne prit la peine de l'écouter et il finit par stopper ces demandes de lui même.
Ils continuèrent ainsi durant à peu près cinq minutes, puis la réalité les frappa quand ils arrivèrent enfin là ou Stiles les menait. Plusieurs petits cris échappèrent tandis que d'autre retenait difficilement leurs larmes.
Là, devant eux, se trouvait Derek assis sur une chaise. Sa nuque prenait un angle bizarre, plusieurs de ces doigts semblaient avoir été grignotés. Son torse dénudé laissait entrevoir de nombreuses lacérations profondes. Kira se réfugia dans les bras de Scott qui l'y sera fortement, Peter se tenait difficilement appuyé conte le mur tandis que Lydia regardait toujours la scène interdite.
Elle ne comprenait pas. Derek était mort alors qu'elle n'avait rien ressentit et qu'elle ne ressentait toujours rien.
Un long silence s'abattit sur la petite assemblée. Stiles s'avança alors lentement vers son compagnon. Il le détacha doucement de la chaise puis l'allongea avec précaution au le sol. Une fois le corps allongé, il caressa la joue rugueuse avec un fin sourire collé aux lèvres. Il porta ensuite sa seconde main sur le torse lacéré. Aussitôt une lumière bleutée apparut entre ses mains et le corps sans vie retrouva petit à petit toute sa splendeur.
Il déposa un léger baisé sur le front du loup puis, il déposa la tête de son compagnon sur ses genoux et commença à fredonner doucement.
« Le vent emporte au loin nos âmes,
Les hommes volent nos cœurs.
Ô Terre... Ô Vent et Pluie, Ô Cieux... Ô Lumière...
Protégez tout dans vos étreintes
Protégez tout dans vos étreintes
Pour vivre ici.
Ô Esprit... Ô Cœur... Ô Amour... Ô Pensée
Revenez ici pour trouver un abri.
Le vent emporte au loin nos âmes,
Les hommes volent nos cœurs.
Néanmoins, je vais rester en ce lieu
Et continuer à chanter.
D'une manière ou d'une autre,
Envoie ma chanson là où elle doit parvenir.
D'une manière ou d'une autre,
Reçoit et accepte cette chanson qui est la mienne. »
Quand il eut fini de chanter, la douce mélodie sembla encore faire vibrer l'air de par sa douceur et sa puissance. Le jeune homme sourit puis embrassa à nouveau le front de Derek avant d'embrasser avec douceur les lèvres de celui-ci.
Alors que tous les spectateurs regardaient la scène avec tristesse, une lueur se fit petit à petit plus brillante dans l'obscurité ambiante. Celle-ci semblait envelopper les deux compagnons dans un cocon protecteur. Et bientôt, elle fut si vive et pure qu'ils durent tous fermer les yeux.
Après un temps relativement bref d'adaptation, Dean s'empara de son arme mais Castiel se saisit de son poignet avant que le chasseur n'esquisse un geste de plus.
- Non Dean, il ne lui fait rien de mal … Je crois qu'il tente de le ressusciter, ajouta l'ange légèrement confus.
La surprise générale s'installa au cœur de la petite assemblée, plus particulièrement pour les membres de la meute.
- Attend Cas, tu peux ressusciter n'importe qui n'importe quand ? demanda agacé Dean.
- Non Dean, c'est très rare qu'on en a l'autorisation et si on le fait sans autorisation, on en meurt, répondit calmement Castiel.
Nouvelle exclamation au sein du petit groupe d'amis.
- Il faut l'en empêcher ! s'écria alors Scott la voix encore chevrotante à cause de ses pleurs.
Un long silence s'en suivis et alors qu'il allait se lancer vers son meilleur ami, une main ferme se posa sur son épaule. Cela suffit à désamorcer son mouvement et il tomba genoux contre terre.
- Il a fait son choix Scott, dit Sam d'une voix trainante, visiblement résigné et triste.
Le jeune balzané le regarda puis se remit à pleurer en silence. Bientôt, une seconde main se posa sur son autre épaule. Il l'a reconnu comme étant celle de Kira et il laissa ainsi choir sa tête conte, fatigué.
Quelques minutes plus tard, la lumière commença à s'estomper. Dès que celle-ci fut complètement disparue Castiel et Dean s'élancèrent d'un même mouvement vers les deux amants. Ils regardèrent respectivement les signes vitaux de Stiles puis ceux de Stiles avant de se regarder. D'un simple mouvement de tête Castiel indiqua à Dean la présence d'un pou.
- Ils sont en vie, indiqua Dean avec un brin de soulagement.
Scott éclata de rire, produisant un son plutôt étrange entre l'étranglement et des gloussements. Le Shérif se laissa à son tour tomber au sol dans un long soupire de soulagement, seul quelques larmes traitresses laissaient voir l'horreur qui s'était petit à petit insinué en lui à la suite des dires de Castiel. Peter quant à lui, se surprit à recommencer à respirer ce qui le fit distraitement sourire. Il avait fini par s'attacher plus que de raison à son neveu et à l'hyperactif.
Les deux jeunes femmes quant à elles, pleuraient en silence, s'accrochant vigoureusement à Scott et Parrish. L'adjoint quant à lui, semblait impassible. Aucunes larmes ne trahissaient sa tristesse et rien dans sa posture ou dans son faciès ne semblait trahir du soulagement. Ses yeux s'illuminèrent faiblement, des flammes ardentes dansant une micro seconde. Tout son corps se tendit alors de colère. Il ferma les yeux et secoua vigoureusement la tête, ébranlé par cette colère sourde.
Il était heureux de savoir les deux jeunes en vie et pourtant une petite voix lui intimé dans un murmure qu'il ne devait pas en être heureux, qu'il devra terminer ce travail inachevé. Il frissonna d'horreur face à cette sensation ce qui eu le mérite de faire réagir Lydia qui se colla un peu plus à lui. Une vague de chaleur et d'apaisement prit bientôt place. Il soupira de soulagement tout en cajolant un peu plus la belle rousse qui se laissa faire, un fin sourire naissant aux lèvres.
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Scott s'écroula sur le lit de son meilleur ami. Il s'était désigné pour surveiller le Shérif. Celui-ci avait bien évidement protesté, clamant haut et fort qu'il pouvait se défendre tout seul. Après quoi Peter s'était fait un plaisir de le plaquer au sol en quelques secondes ce qui avait donc conclut l'échange. Un petit sourire naquit sur les lèvres du jeune loup en revoyant la scène se dérouler, et surtout, il revoyait avec aisance la tête déconfite du Shérif.
Il s'installa plus confortablement dans le lit puis huma doucement son environnement. Cela eut le mérite de le soulager un instant. Il était toujours inquiet pour son frère de cœur et pour Derek.
Il était également inquiet à propos de Cerbère. Celui-ci semblait se jouer d'eux, et surtout, il avait abattu Derek. Cela n'avait rien de rassurant, Derek était sans nul doute le meilleur en combat rapproché … Il soupira d'agacement.
Il porta le regard sur le plafond de la chambre doucement éclairée par le quart de lune. Il avait comme un mauvais pressentiment. Pas qu'il soit voyant ou divin, mais il le sentait dans ses tripes. Tout cela les dépassait et pour preuve, Castiel semblait tout autant désappointé alors qu'il était un ange. Un ange immortel présent depuis des temps immémoriaux. Il soupira à nouveau. Inéluctablement ses pensées se reportèrent sur Stiles et Derek.
Il ne supportait pas l'idée même que ces deux la puisse être dans une sorte de coma surnaturel. Il se sentait désespérément seul, perdu. Il avait beau être un bon leader, il n'en était pas moins que sans Stiles et Derek, plus rien ne semblait aller.
Il se releva soudainement tel un ressort, les yeux grands ouverts.
Et si … Et si tel était le but de Cerbère, démunir la meute de ses piliers ? Il se toucha légèrement le menton réfléchissant à cette pensée. Elle avait du sens, beaucoup même. Cerbère semblait toujours avoir un coup d'avance sur eux, sans doute les avaient-ils étudiés au préalable, listant leurs faiblesses et attendant dans l'ombre le moment opportun pour frapper.
Il frissonna.
S'il avait vu juste, cela ne présager rien de bon.
Ils n'avaient jamais face à tel ennemi, et maintenant qu'il manquait Stiles et Derek … Scott ne savait absolument pas quoi faire.
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Il était le seul à l'avoir vu. Ce regard flamboyant dirigé vers Stiles et Derek. Tout le petit monde était trop préoccupé par le petit miracle devant eux et le soulagement pour le remarquer. Il aurait d'ailleurs été très facile de tous les mettre à terre. Il en avait parfaitement conscience. Pourtant il n'avait rien fait.
Il s'était retrouvé fasciné par la scène se déroulant en avale. C'était indéniablement beau et il avait compris l'énorme erreur qu'il avait commise en sous estimant l'aura de Stiles. Il ne s'était pas douté un seul instant que la conscience de l'ange à qui elle avait appartenu était aussi puissante et toujours ancré dans la grâce.
Cette erreur pouvait lui couter la victoire il le savait. Mais d'un autre côté il ne pouvait s'empêcher de porter en haute estime le jeune Stiles. Il avait beau être Cerbère, gardien de l'enfer, mangeur d'homme, il savait voir et porter en estime une belle âme. Et Stiles est indéniablement une belle âme.
Elles se font de plus en plus rares dans ce monde, il fallait les préserver. C'est pourquoi il n'avait rien tenté. Il s'était contenté d'observer de loin grâce à ses sens canin. Et c'est ainsi qu'il avait capté le regard courroucé de Parrish sur Stiles. Il se doutait bien que l'adjoint n'était pas agacé par le Hale, il n'était pas un danger alors que Stiles …
Il frissonna de délice. Une si belle âme possédant une telle puissance … Cela pouvait être un danger tout comme une bénédiction. Il sauverait ou détruirait le monde. Il ferma doucement les yeux. L'adjoint semblait plus humain que surnaturel. Il était surement plus que temps d'aller le chercher avant que toute sa puissance et sa monstruosité ne se réveil.
Il s'est ainsi retrouver à suivre Lydia et Parrish dans une rue plutôt modeste où les maisons étaient plus ou moins bien entretenues par leurs propriétaires. Les deux amis arrivèrent bientôt à la maison de l'adjoint. Ils ouvrirent un vieux portail à la peinture défraichit qui grinça longuement, puis ils empruntèrent le petit chemin de gravier qui menait vers la porte de la modeste demeure. La porte en question était large et de couleur bordeaux. Les deux s'y engouffrèrent en silence tandis que Cerbère s'installait sur le perron, se contentant d'écouter les bruits dans la demeure.
Lydia passa un coup de fil à Peter, espérant sans doute que les deux amants s'étaient réveillés, mais elle fut vite déçue et raccrocha donc en soupirant. Par la suite Parrish mena Lydia dans la chambre d'ami. La jeune femme sembla s'endormir rapidement tandis que l'adjoint s'obstinait à creuser une tranchée à force de faire des aller et retour dans le salon.
Il était dans les environs de minuit quant enfin le silence s'installa durablement dans la petite maison. Il se transforma alors, laissant place à trois hommes. L'un, celui représentant la tête centrale n'était autre qu'Adam. Celui représentant la tête de gauche était une version plus enfantine de la tête centrale tandis que la tête de droite était plus âgée. Ils ouvrirent la porte silencieusement puis se dirigèrent vers le souffle léger de l'adjoint. Ils ouvrirent bientôt la porte de la chambre. Celle-ci protesta légèrement, agaçant les trois hommes. Dès que la porte fût refermée, ils se re-transformèrent laissant bientôt place à leur forme originelle : celle d'un chien noir à trois têtes.
Dans la mythologie grecque, Cerbère était le gardien de l'enfer, empêchant les âmes damnés de s'enfuir ou aux hommes d'entrer. Sa dangerosité provenait de divers éléments.
En premier lieu ces trois têtes avec chacune des crocs affutés, sa taille plus que respectable, ses yeux rougeoyant légèrement et surtout, ce qui faisait de lui un adversaire redoutable et redouté, le poison. En effet le Cerbère en plus d'être le gardien de l'enfer, représentait également le passé, le présent et le futur ou bien l'enfance, l'adulte et le vieux.
De ce fait la tête gauche qui symbolisait le passé, possédait un poison capable de plonger dans les tourments du passé du mordu. La tête centrale qui représentait le présent et qui étai la tête pesante, quant à elle, avait un poison hallucinatoire et enfin, la tête de droite, représentation du futur, avait la capacité de déterrer les craintes les plus vivaces et de les matérialiser dans une hallucination.
Le chien s'approcha doucement du lit, tous crocs sortis. Un léger mouvement dans le lit le stoppa puis après une courte minute sans bouger, il reprit sa route vers l'adjoint. Il n'avait qu'une chose à faire pour neutraliser suffisamment longtemps son ennemi : le mordre avec sa tête centrale. Il ne voulait pas prendre le risque de rendre fou l'hôte. Il fût bientôt près de la tête de lit et il pouvait discerner la tête de l'adjoint dans la masse de couverture. Il s'approcha d'avantage prenant doucement appui sur le lit.
Alors qu'il allait mordre la nuque de Parrish celui-ci ouvrit les yeux, les dévoilant rouges. Cerbère hésita une seconde, permettant ainsi à son ennemi de le repousser vivement plus loin afin d'échapper à la morsure qu'il savait dangereuse.
- Tu es trop prévisible Cerbère, tu me déçois presque, enfin ce n'est pas comme si j'avais attendu grand-chose de toi de toute manière, l'adjoint ricana ce qui agaça visiblement Cerbère. Tu t'en rends compte n'est ce pas ? Il se leva, dévoilant toute sa prestance. Oui tu sais que ton heure est arrivée, ajouta-il avant d'afficher un sourire narquois.
L'adjoint claqua des doigts et bientôt le faible frisson conduisant à la mutation se fit ressentir dans tout le corps de Cerbère. Sans qu'il ne puisse y faire quelque chose il se re-transforma en trois hommes. Adam était en colère ainsi que méfiant ce qui redoubla le rire de l'adjoint.
- Bien, je reconnais que ta nouvelle capacité de te transformer en homme est … surprenante, mais il faut bien le dire, cela te rend également faible, ajouta l'adjoint.
Un silence s'installa alors que Parrish se rasseyait sur le lit croisant élégamment les jambes.
- Et bien, tu n'es pas très bavard, c'est plutôt une bonne chose dans le fond, c'est tellement agaçant d'écouter les gens parler de choses sans intérêt tel que cette … Abomination. Les anges sont tombés aussi bas que les hommes, quel misère d'être le chainon manquant de ces deux races. Et c'est moi qui doit nettoyer tout ça … Je vous jure, soupira l'adjoint en mouvant ses mains dans un signe désespérément résigné.
- Le chainon manquant ? se risqua à demander Adam.
- Oh ton maître ne t'a donc pas raconté la véritable histoire du monde ? Et bien, comment expliquer ceci simplement. Je suis la première création de Dieu et j'ai ainsi été désigné comme étant le gardien de ce monde. Ce job commença dès lors que les anges et les hommes furent crées. Mais il faut savoir que les deux proviennent de moi. Les anges ont hérité de mon immortalité, de mon devoir de gardien et de quelques uns de mes pouvoirs avec certaines restrictions évidement. Les hommes quant à eux ont hérités de mon libre arbitre et certains ont hérité de ma spiritualité, expliqua le policier.
- Stiles est-il comme toi ?
Les yeux de l'adjoint s'enflammèrent soudainement alors qu'il le fixé intensément. Il se leva et s'avança un peu plus vers les trois hommes les regardant tour à tour avec colère.
- Il n'est en rien comme moi ! Je suis le premier enfant de Dieu, lui il n'est rien d'autre qu'un insecte, une abomination, une insulte ! Vociféra l'adjoint.
La réaction vivace de Parrish fit éclater de rire Cerbère. L'adjoint avait peur de Stiles, il était prêt à le parier. Cela le fit d'autant plus rire. Peut être qu'il allait mourir se soir, peut être qu'il avait échoué dans sa mission initial mais au moins il avait contribué à la création d'un être qui serait sans doute capable de vaincre le Phœnix.
Les yeux du Phœnix semblèrent s'enflammer d'autant plus et bientôt, tout le corps de l'adjoint s'enflamma ainsi que les majestueuses ailes qui venaient de faire leur apparition sous la colère de l'entité. Instinctivement les trois hommes se reculèrent le plus possible rencontrant bientôt l'un des murs de la chambre.
- Et bien je suppose que notre petite discussion touche à sa fin, Cerbère !
Adam plissa les yeux puis secoua légèrement la tête. Il s'avait qu'il ne pouvait rien faire pour survivre. Même la fuite n'était pas envisageable, il serait trop lent. Il l'avait prévenue le moindre faux pas le tuerait. Il inspira un grand coup, gonflant excessivement ses poumons. Il jeta un bref coup d'œil et son ancien et futur lui puis s'avança d'un pas vers le Phœnix qui affichait un énorme sourire. Il fermât les yeux attendant simplement la suite.
Bientôt il sentit l'une des mains de l'adjoint se tendre vers lui puis se poser sur sa joue. Le touché, bien que léger, presque tendre, le brûla aussitôt. Il retint un mouvement de recul ainsi que le moindre gémissement de souffrance. Le phœnix rigola légèrement, semblant follement apprécié. Après quoi, la brûlure jusqu'à présent localisé sur la joue s'étendit à son visage puis s'insinua vicieusement à chaque parcelle du corps. Corps qui commençait à s'enflammer à l'image du Phœnix qui admirait le spectacle avec ferveur. Bientôt Adam et ses deux représentation ne purent plus retenir leurs cris, la douleur devenue trop grande même en la partageant entre eux trois.
Après que le corps fut entièrement en flamme, un dernier cri d'agonie retentit.
Dans le chapitre suivant : « Seul les plus méritant y survivront, Dean»
La petite chanson provient du manga NO6 en espérant que ce chapitre à plu.
