Merci à tous pour vos précédentes reviews. Je suis ravie que vous continuiez à lire cette fic malgré l'interruption passagère.

Réponse à Guest : merci de ta fidélité. C'est vrai que pour une première expérience amicale, Remus a méchamment morflé avec Tristan. De manière générale, je pense qu'il a beaucoup souffert avant d'arriver à Poudlard. Et concernant « Venom of the Vanity », le prochain chapitre est en préparation et devrait arriver bientôt. Mais effectivement, c'est une fic que j'ai beaucoup plus de mal à écrire régulièrement.

Pour ce nouveau chapitre, petit retour de Sirius qu'on ne voyait plus depuis longtemps. C'est un chapitre assez court mais j'espère qu'il vous plaira.

Bonne lecture !


Chapitre 10 : Juste une mise au point

Plusieurs jours s'écoulèrent et l'ostracisme de Remus se prolongeait, mettant en péril l'équilibre au sein du très prisé quatuor que les Maraudeurs formaient. Quoique Remus ne parût plus aussi furieux, il demeurait à bonne distance de Sirius, qui ne tentait aucune manœuvre de rapprochement. Entre les deux garçons, la guerre froide semblait bien établie, ce qui força James et Peter à prendre parti pour l'un ou l'autre. Ces derniers étaient affreusement tiraillés.

Leur désapprobation vis-à-vis de ce qu'avait fait Sirius les poussait naturellement à se ranger du côté de Remus mais James ne pouvait se résoudre à opter pour ce camp. En dépit de ses erreurs et de son imperfection, Sirius Black restait son meilleur ami, son frère, son jumeau, son inséparable moitié. Sans compter que James ne pouvait s'empêcher de repenser à l'élan de rejet qu'avait eu Remus à l'égard des humains lorsqu'ils se trouvaient tous les deux au sommet de la tour de Gryffondor.

- J'aime beaucoup Remus, confessa James à Peter alors que tous deux tenaient conseil pour la énième fois depuis que le groupe avait fait sécession, mais ce n'est un ami comme Sirius.

Sirius et James étaient sur la même longueur d'ondes, complices pour toutes choses, du moins de manière générale. Ils avaient les mêmes goûts, les mêmes sujets de conversation, les mêmes idées aventureuses.

Remus, lui, était beaucoup plus calme et studieux. Il aimait lire, jouer aux échecs, passer de longues heures à discuter. Certes, il ne repoussait pas le danger mais il fallait toujours qu'il se montrât sage et raisonneur. C'était toujours lui qui prenait la défense de Rogue quand James et Sirius le critiquaient, lui qui essayait de les dissuader de faire des bêtises, en tant que préfet de Poudlard.

En somme, il fallait reconnaître que même s'il était le garçon le plus gentil du monde, Remus avait un petit côté bon enfant qui frôlait l'ennui. James ne se réjouissait guère à la perspective de se retrouver seul au milieu de Peter et Remus. Il avait besoin de Sirius.

C'est pourquoi, il resta égoïstement à ses côtés.

- Je me sens coupable, avoua-t-il un jour à Remus qu'il n'avait pas abandonné complètement pour autant.

Souvent les deux garçons se retrouvaient pour parler, parfois ils s'asseyaient ensemble en cours.

- Je t'ai dit que je te soutenais, que je n'étais pas d'accord avec Sirius mais j'ai l'impression de faire complètement l'inverse, gémit-il.

Mais Remus ne lui reprochait rien.

- Je suis désolé de ce qu'on vous fait subir à Peter et à toi, dit-il. Ce n'est sûrement pas facile pour vous en ce moment. C'est difficile pour moi aussi mais je ne suis pas encore prêt à passer l'éponge sur ce qu'a fait Sirius.

- Bien entendu, répondit vivement James, je te prendrais pour un fou si tu lui pardonnais si vite. Moi aussi je lui en veux mais… je ne veux pas le perdre.

Remus comprit cela, il perçut sa détresse et sentit qu'il était de son devoir de rassurer son ami.

- James, ne t'en fais pas ! lança-t-il avec douceur. Tout va bien. Je ne t'ai jamais demandé de tourner le dos à Sirius, au contraire. Je suis soulagé que vous restiez soudés. Je ne supporterais pas l'idée de briser votre amitié. C'est une histoire entre Sirius et moi.

James fut soulagé d'entendre cela mais il demeurait maussade. Cette tension qui planait dans le dortoir lui était insupportable. Combien de temps allait-elle durer ? Sirius, allait-il un jour se décider à présenter des excuses ? Rien n'était moins sûr avec celui-là. Son orgueil confinait parfois à la bêtise.

De son côté, Peter avait continué à suivre James et Sirius partout comme un petit chien mais il veillait à bien rester dans le sillage de Remus avec lequel il continuait à faire ses devoirs. La situation tendue ne lui convenait pas plus qu'à James. Il avait la nostalgie du bon temps où les quatre garçons étaient les meilleurs amis du monde. Pourquoi avait-il fallu que Sirius fiche tout par terre ? Et dire que c'était lui qu'on traitait de boulet !

Malheureusement ce louvoiement de Remus à Sirius avait de gros désavantages. Au moment des repas par exemple. Lorsque Peter et James arrivaient dans la Grande Salle et voyaient Sirius assis à table à l'opposé de Remus, ils se concertaient du regard pour savoir avec lequel ils devaient s'installer. Généralement James allait avec Sirius et Peter avec Remus. Parfois ils échangeaient, parfois ils les laissaient seuls dans l'espoir illusoire de les encourager à venir les rejoindre. Mais ces piètres tentatives ne donnaient aucun résultat. Plus le temps passait, plus il semblait évident que seul un miracle réunifierait le groupe.

- Bien sûr que je me sens mal vis-à-vis de Remus ! cracha Sirius un soir que James et Peter abordèrent l'épineux sujet. Vous pensez que je n'ai pas de cœur ?

- Alors pourquoi ne vas-tu pas lui demander pardon ?

- Qu'est-ce que ça changerait ? fit Sirius renfrogné. Il me déteste de toute façon. Il ne me pardonnera jamais.

- Tu n'en sais rien, rétorqua Peter. Remus n'est pas du genre rancunier. Je suis sûr que si tu fais un pas vers lui, il sera très heureux de revenir. Peut-être même qu'il n'attend que ça.

- Ce qui serait logique puisque tous les torts sont de ton côté, renchérit James.

Sirius, qui faisait les cent pas dans le dortoir, haussa les épaules et jeta un bref regard en direction du lit vide de Remus.

- Je ne vois même pas comment je pourrais lui parler vu qu'il se sauve à chaque fois qu'il m'aperçoit.

- S'il n'y a que ça, on peut lui dire que tu es prêt à lui présenter des excuses, fit remarquer Peter.

- Organiser la conférence de paix, résuma James avec un léger sourire.

Sirius ne parut pourtant pas convaincu par le succès de cette entreprise, dans laquelle il hésitait encore fortement à s'engager. James décela bien cette incertitude.

- Encore faut-il que tu sois vraiment prêt à lui présenter des excuses, l'épingla-t-il avec un œil plein de sagacité.

On sentait l'effort que cela représentait pour Sirius. Il n'avait jamais admis ses torts pour quoi que ce soit. Ce n'était pas maintenant qu'il allait commencer. Même si le principal obstacle résidait dans sa fierté, il détourna le problème par commodité.

- Vous avez vu l'état dans lequel s'est mis Remus la dernière fois qu'on s'est parlé ? marmonna-t-il en désignant son lit de l'index comme si c'était son utilisateur en personne. Vous pouvez comprendre que je n'ai pas envie de réitérer l'expérience tout de suite. Je ne suis pas un pleutre mais j'ai bien compris que Remus me fuyait comme la peste parce que ma seule vue lui fait perdre le contrôle de ses nerfs. Je ne suis pas assez idiot pour tenter le diable.

- La dernière fois, Remus avait encore les nerfs à vif parce que la pleine lune venait tout juste de passer, rappela Peter d'un ton dégagé. Depuis le temps, sa colère a dû retomber.

- Euh…, intervint James soudain embarrassé.

Il appréciait les velléités pacificatrices de Peter mais il valait mieux se montrer prudent malgré tout. Remus n'était effectivement pas rancunier dans l'âme, ni même susceptible. De manière générale, il laissait tout passer, se contentant de distribuer des sermons plus ou moins efficaces – moins que plus à dire vrai.

Cela étant, Sirius n'y était pas allé de main morte avec son dernier fait d'arme et cette fois, Remus semblait salement remonté contre lui. Il n'était pas exclu que la distance que mettait le loup-garou entre ses amis et lui fût liée à une quelconque crainte de perdre le contrôle et de devenir dangereux. Si tel était le cas, il était préférable d'attendre, comme le suggérait Sirius, qu'encore un peu d'eau eût coulé sous les ponts avant de chercher à les réconcilier.

Néanmoins, il était impensable de confier cela à Peter. Si ce dernier venait à penser que Remus pouvait représenter un danger, même uniquement pour Sirius, il l'éviterait aussitôt, ce qui risquerait d'accentuer les tensions au sein du groupe.

Vu qu'il venait de réclamer la parole par son interruption inopinée, les regards se braquèrent aussitôt dans sa direction. James se mordit la lèvre, ne sachant que dire. C'était une sensation extrêmement désagréable. D'ordinaire, il avait toujours quelque chose à dire. La situation actuelle le déstabilisait plus encore qu'il ne voulait bien l'admettre.

- Vous avez raison tous les deux, marmonna-t-il à l'impromptue sans trop savoir ce qu'il disait. Ce qui est sûr, ce qu'il ne faut pas brusquer Remus. L'épreuve qu'il vient de vivre l'a fragilisé. Il est sur la défensive et ce n'est pas prêt de s'arranger. Il a probablement autant envie que nous de laisser cette histoire derrière lui et de faire comme s'il ne s'était rien passé. Mais il ne fera pas abstraction cette fois, parce que c'est trop grave…

- Oh pitié ! soupira Sirius en roulant des yeux avec exaspération.

James et Peter le fixèrent avec stupeur. Sirius regretta alors aussitôt cet emportement et prétexta un violent accès de fatigue pour pouvoir aller se coucher et mettre ainsi un terme à cette désagréable conversation. Ni James, ni Peter ne la poursuivirent oralement mais le regard qu'ils échangèrent suite à cela prouva qu'ils avaient la même pensée : les choses n'étaient pas encore tout à fait nettes du point de vue de Sirius.

James revint donc à la charge à la première occasion, désireux de tirer une bonne fois pour toutes cette histoire au clair. Il attendit de se retrouver seul avec Sirius, en revenant d'un entraînement de quidditch auquel son ami avait assisté comme cela lui arrivait parfois.

- Dis Sirius, réponds-moi franchement : est-ce que tu te sens coupable au moins ?

- À quel sujet ?

James lui jeta un regard si perçant que son ami ploya, ce qui ne lui arrivait pas souvent. Ses joues prirent même une étrange teinte rosée.

- Je regrette que les choses aient aussi mal tourné, admit-il dans un long soupir. Je n'ai jamais eu l'intention de blesser Remus. Mais aussi, il faut toujours qu'il fasse un mélodrame pour un rien !

- Parce que tu trouves que ce n'était rien ? s'étrangla James, qui avait redouté d'entendre ce genre de réponse. Rogue s'est quand même retrouvé dans la cabane hurlante une nuit de pleine lune.

- Il n'a rien du tout, fit remarquer Sirius en haussant les épaules.

- Parce que j'étais là, rappela James en désignant son bras accidenté toujours couvert de bandages.

- Justement tu n'aurais jamais dû intervenir, lança tout à coup Sirius. Tu as tout gâché. C'est parce qu'il t'a blessé que Remus est tellement en colère. Si tu m'avais laissé faire et que ma blague avait fonctionné, on en rirait certainement tous les quatre aujourd'hui.

James eut l'impression d'être encore sur le terrain de quidditch et d'avoir pris les deux cognards en pleine tête. Sirius, perdait-il la raison ? Se rendait-il seulement compte de la portée de ses paroles ?

- On en rirait ? répéta-t-il en détachant bien chaque mot pour s'assurer qu'il avait parfaitement entendu. De quoi ? D'avoir tué Rogue ?

James espéra que ces mots suffiraient à faire enfin réagir Sirius mais ce dernier resta de marbre. Il absorba une seconde les paroles de son ami puis haussa les sourcils.

- Eh bien… oui.

Nouvelle salve de cognards. Sur le terrain de quidditch imaginaire, James était carrément en train de chuter du balai à présent. Sirius devait être en train de se payer sa tête. C'était la seule explication.

- Tu plaisantes là ? Rassure-moi ! Parce que si c'est encore une de tes blagues, ce n'est vraiment pas drôle.

- Mais qu'est-ce que tu racontes ? fit Sirius en fronçant les sourcils sans comprendre.

- Et toi ? trancha James. On parle d'une tentative de meurtre là !

- Oh ça va, ne fais pas ton Remus ! soupira Sirius agacé. Toi aussi, tu te mets à tout exagérer. Je n'ai pas sorti ma baguette magique pour lancer à Rogue un sortilège Impardonnable. Il s'est jeté tout seul dans la gueule du loup. Personne ne l'y a forcé. Remus et moi sommes complètement innocents.

C'était formidable cette capacité de Sirius à justifier avec une telle aisance un acte absolument inqualifiable. S'il n'avait pas été si ahuri, James l'aurait sans doute considéré avec une pointe d'admiration. Un tel niveau de déni, cela relevait d'un art véritable.

- Innocents ? répéta-t-il pétrifié. Je ne peux bien sûr rien affirmer mais je suis pratiquement certain que Remus ne se serait pas senti tout à fait innocent s'il avait trouvé le cadavre de Rogue gisant dans une mare de sang à son réveil.

Sirius laissa échapper un petit rire. James se figea aussitôt et exécuta un pas de recul. Merlin, qu'avait-on fait de Sirius ? Il riait quand on évoquait le cadavre de Rogue. La pensée d'avoir failli être le responsable de sa mort ne lui inspirait aucune trace de culpabilité. James se serait-il trompé sur le compte de son ami ? Est-ce que le mage noir qui sommeillait en chaque membre de la famille Black commençait à s'éveiller ? Non, c'est impossible !

- Ce débat stérile pourrait durer jusqu'à la fin des temps, conclut Sirius sans se départir de son étrange sourire. Rogue est bien en vie et Remus n'a pas eu d'ennuis alors où est le problème à la fin ?

- Au-delà de la question éthique que soulève ta bêtise, il y a le problème de Rogue, dit James avec le plus grand sérieux. Il connaît le secret de Remus maintenant.

- Oui et aux dernières nouvelles, il n'en a parlé à personne. En fait, je ne sais pas si tu as remarqué mais on n'a pas revu Rogue depuis la pleine lune. Il nous évite. Tu ne vas pas dire que c'est une mauvaise chose quand même. Si on avait su qu'il suffisait de révéler le secret de Remus pour l'éloigner, on le lui aurait sans doute dit plus tôt, tu ne crois pas ?

James préféra ne pas répondre. Il n'avait plus la force d'argumenter davantage. C'était au-dessus de lui. Il n'aurait pas le dessus sur Sirius, ce dernier était trop profondément ancré dans sa folie. Le preux Gryffondor à lunettes connaissait à présent les véritables pensées de son camarade et elles ne lui paraissaient pas bien reluisantes. Certes, il s'était douté que Sirius ne se sentait pas rongé par le remords mais de là à n'éprouver aucune culpabilité !

Eh bien ! pensa-t-il alors qu'ils atteignaient presque le château. Remus et lui ne sont pas prêts de se rabibocher.


La conclusion n'est pas très joyeuse mais bon avec des caractères comme Remus et Sirius, on ne pouvait pas s'attendre à ce qu'ils se réconcilient trop vite.

Le prochain chapitre est l'un de ceux que j'ai le plus attendu d'écrire : la grande confrontation entre Remus et Rogue ! Les retrouvailles s'annoncent musclées.

Merci beaucoup d'avoir lu. Laissez-moi votre avis ^^

À la semaine prochaine pour la suite !