titesouris : Désolée ! (mais ta review m'a fait rire, plus concis tu meurs)

vinie65 : Le dernier ? Je confirme tu dois être maso ! Moi si je devais en choisir un... ce serait difficile ! Disons le 4.04... Parce que c'est la naissance d'Aithusa et c'est trop mignon, même si j'ai regretté que Merlin ne puisse pas prendre le bébé dans ses bras ! (les effets spéciaux ne vont pas jusque-là...)

Abeille : L'humilité commence à arriver, il y a encore du boulot ! Et on n'en a pas fini avec le bocal de sangsues...

Colinou : C'est ce genre de petites corrections qui me font adorer cette saga !

1,75/5

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Chapitre 10 : La signification des bonnes manières ~Partie 1~

C'était vraiment agréable d'être de retour dans sa routine habituelle, se lançant dans les cuisines, coupant à travers la ligne de personne pour obtenir les différents affaires dont il avait besoin, comme sa position le lui permettait de faire, et ensuite faisant son chemin à travers le gantelet de couloirs sans perdre le contenu de son plateau à présent chargé. Et ensuite, abandonnant l'encombrement des couloirs les plus utilisés, pour le calme complètement désert de son raccourci personnel.

Merlin se sourit, faisant son chemin des appartements d'Arthur avec le petit-déjeuner de l'homme. Oui, c'était bien de revenir à la normale, et de ne pas être coincé à faire le travail pour deux différentes personnes parce qu'un des deux ne savait pas que le prince n'avait pas vraiment quitté la ville.

Il grimaça un peu, se souvenant du prix qu'il avait payé pour ce secret. Nettoyer le pot de sangsues avait été aussi vil qu'il s'y attendait. La prochaine fois qu'il lui demanderait de faire ça, il se jura en privé qu'il ferait un sort pour le faire, et attendrait alors que Gaius parte pour une course quelconque pour 'nettoyer' l'horrible objet pendant qu'il était sorti. S'il découvrait qu'il avait triché, eh bien, il n'y avait pas rien de pire que le bocal de sangsues à lui faire faire parmi les choses que le médecin pourrait lui donner à la place. Arthur détenait déjà le pire des autres choses horribles, déblayer ses écuries personnelles.

Merlin soupira, en y réfléchissant. Cela faisait un moment que le prince ne lui avait donné cette corvée, puisque cela faisait un moment qu'il n'avait pas été assez agacé par lui pour l'envoyer le faire à la place des palefreniers. Avec cela à l'esprit, ce serait probablement une bonne idée de se tenir à carreaux pendant un moment.

Il arriva aux appartements d'Arthur, attrapant le sac d'objets qu'il y avait déposé devant la porte avant de s'attaquer aux cuisines. Il ouvrit alors la porte et entra calmement, conscient qu'un prince blessé et coincé au château serait peut-être un peu grincheux.

Arthur ne s'était pas tellement tortillé sous les couvertures du lit, tandis que Merlin déposa le plateau de nourriture et se dirigera vers les rideaux. Le serviteur ouvrit alors par à coups, augmentant lentement la quantité de lumière dans la pièce avant de ramper ensuite vers la cheminée. Il avait déjà laissé un nouveau fagot de bois la nuit dernière, qu'il ajouta graduellement aux braises à travers la grille et les encouragea à prendre feu avec quelques paroles calmement murmurées, laissant Arthur se demander pourquoi son serviteur actuel n'avait jamais eu de problème à faire du feu le matin, quand tous les précédents avaient pour l'habitude de gratter les braises pendant plusieurs minutes avant qu'une flambée décente ne prenne.

Cette tâche faite, Merlin se glissa vers le lit du prince, se penchant avec prudence pour juste évaluer et examiner quelle méthode il devrait utiliser pour le faire se lever sans le mettre de mauvaise humeur … Une tâche difficile compte tenu que Merlin ne pouvait pas vraiment se souvenir d'une des manières qu'il ait jamais utilisé sans le mettre dans une humeur massacrante.

Ce qui fait qu'il opta pour la seule approche à laquelle il arrivait à penser... Il allait vraiment agir comme un serviteur normal, un qui ne rétorquait pas sarcastiquement à la moitié des choses que son maître disait.

Il s'éclaircit la gorge, clairement pas habitué à agir de cette manière.

"Mon seigneur ? Votre petit déjeuner est prêt."

Les paroles prononcées doucement firent bouger Arthur qui roula dans son lit sans ouvrir les yeux.

"Je me lève dans une minute, Bern. Prépare mes vêtements."

"Bern?"

Merlin resta bouche bée, immédiatement horrifié qu'avoir été poli ait été une erreur de l'ancien lécheur de botte du prince. Sa réaction avait du être évidente dans le ton de son exclamation, puisque le prince ouvrit alors les yeux pour voir qui se tenait vraiment à coté de son lit.

Il cligna des yeux et le fixa pendant plusieurs secondes, avant de brutalement s'asseoir et de grimacer quand il tira sur sa blessure sur le coté.

"M-Merlin! Je euh..."

Il hésita pendant une seconde, apparemment embarrassé.

"Prépare juste mes vêtements."

Le serviteur se tourna lentement, encore offensé malgré sa précédente résolution de ne pas mettre Arthur de mauvaise humeur, et répondit sèchement.

"Bien sûr, Sire."

Il se dirigea vers le placard à coté du paravent, commençant à fouiller grossièrement à travers ses contenus pendant qu'Arthur se levait et marchait vers la table. Voyant la réaction de Merlin à son erreur, il alla alors tranquillement manger sa nourriture. Le serviteur avait vraiment décidé de bien le traiter aujourd'hui, ajoutant une tranche de pain au miel à l'habituel porridge et aux fruits. Il devait avoir été de bonne humeur, avant d'avoir été pris par erreur pour Bern ce qui l'avait plutôt irrité.

Arthur observa Merlin du coin de l'oeil, se souvenant de ce que Gwen lui avait dit. Était-il vraiment si inconscient parfois d'à quel point il pouvait offenser les gens ? Inconscient d'à quel point il pouvait être grossier ? Eh bien si la manière dont Merlin agissait la plupart du temps était une quelconque indication, étant donné que l'homme n'hésitait pas à exprimer son mécontentement d'être surchargé de tâches supplémentaires en fin de journée, alors il devrait juste partir et faire ça maintenant.

Tout d'un coup, il se sentit plutôt maladroit.

Arthur acheva hâtivement sa nourriture, commençant à se lever lorsqu'il fut arrêté par Merlin remettant tout sur le plateau et poussant de coté le plateau.

"Restez assis, j'ai un autre travail à faire ce matin."

Merlin attrapa le sac d'affaires qu'il avait apporté, le vidant sur la partie de la table dégagée et révélant qu'il s'agissait de tissus propres, de bandages, et de pansements, et des pots de différents sortes qu'il déposa dans le bon sens.

"Gaius m'a dit que puisque je suis en partie responsable du fait que vous ayez été blessé, puisque j'ai participé à votre plan de participer anonymement, que je devrais rendre utile en soignant votre blessure. Je dois nettoyer votre plaie et changer les compresses tous les matins et soirs jusqu'à ce qu'elle soit assez refermé pour ne plus en avoir besoin"

Arthur le fixa, chaque coté de sa chemise de nuit ayant été hissé par dessus sa tête.

"Tu vas t'occuper de ma blessure ?"

Merlin attrapa une petit ensemble de ciseaux, une version miniature de ceux utilisés par les fermiers pour tondre leur troupeau, et coupa le bandage couvert de sang séché qui encerclait le torse du prince de manière à pouvoir le retirer. Il devrait être lavé dans de l'eau bouillante et récupéré pour de futurs usages.

"Il a fait tous les médicament, je vais juste les utiliser."

Il ouvrit alors le premier pot, y trempant un chiffon d'un peu du liquide âcre qu'il contenait et vivement mais gentiment commença à nettoyer la plaie et la peau autour.

"Il a dit que puisqu'il n'avait pas joué de rôle dans l'obtention de cette blessure, comme il n'aurait jamais approuvé ce que vous avez fait, nous devions tous deux en prendre la responsabilité."

Arthur, plutôt étonné, resta silencieux tandis que le serviteur commençait maintenant à appliquer une pommade sur la plaie et plaçait un nouveau bandage par dessus.

"Il a dit ça ?"

Merlin acquiesça, commençant maintenant à fixer le pansement avec une nouvelle longueur de bandage.

"Oui."

Il finit de faire le bandage et aida Arthur à se mettre debout.

"Maintenant, vous pouvez vous habiller."

Il se mit à commencer à nettoyer le bandage ensanglanté qu'il avait retiré, et les autres morceaux de son attirail, pendant qu'Arthur allait derrière le paravent. Mettre ses chaussettes et ses braies ne fut pas un problème, mais quand il vint le moment de mettre la chemise, sa blessure sur le coté lui prouva que ça en serait un.

Voulant juste aboyer pour demander assistance, Arthur s'arrêta tandis qu'une fois encore la réprimande de Gwen de l'autre nuit pénétra sa conscience. Le résultat fut une requête plus calme et polie.

"Merlin, pourrais-tu venir un instant... s'il te plaît... Je n'arrive pas à mettre mon bras droit dans cette chemise par moi-même."

De l'autre coté du paravent, à la table dans l'autre partie de la pièce, Merlin sursauta et se tourna pour faire face à sa direction. Est-ce qu'Arthur venait juste de dire 's'il vous plaît' ?

"Excusez-moi ?"

«Je disais que tu pourrais venir ici un instant, s'il te plaît. Je sais que tu es occupé, mais j'ai besoin d'aide pour entrer dans cette chemise.

Se sentant comme si le monde était soudainement devenu fou, Merlin s'approcha et fit ce qui lui avait été demandé, allant même jusqu'à lacer la chemise une fois que ce fut fait.

"Avez-vous besoin d'aide pour autre chose, Sire ?"

Arthur secoua la tête, attrapant à présent ses bottes.

«Non merci, je peux m'en occuper.»

Une fois encore, Merlin le fixa, avant de s'éloigner pour débarrasser les affaires du petit déjeuner et les ramener aux cuisines. Un s'il vous plaît et un merci ? Est-ce qu'Arthur s'était cogné la tête ou quelque chose comme ça ?

Encore totalement perturbé par tout ceci, Merlin retourna aux cuisines et regarda prudemment dans la salle avant d'entrer. Presque comme s'il s'attendait à ce que les précédentes bonnes manières soient une sorte de blague en préambule pour des tâches supplémentaires qu'il recevrait au moment de son retour. Mais non, Arthur était assis à son bureau en train de lire les rapports qui avaient été laissés pour lui durant sa 'patrouille' dans le nord. Puisqu'il ne pouvait pas s'entraîner ou aller monter jusqu'à ce que Gaius lui en donne le feu vert, alors il n'y avait pas vraiment d'autres choses qu'il puisse faire.

Il ne le regarda pas quand Merlin entra, bien qu'il lui parla.

"Ce sera juste les corvées habituelles aujourd'hui, Merlin. Et si tu pouvais s'il te plait voir si mon armure de joute est bien retournée à l'armurerie, tu pourras la nettoyer quand tu auras le temps. Si tu fais tout ce que tu dois faire avant ce soir, tu auras le reste de ton après-midi de libre."

Merlin s'avança lentement à travers la chambre, commençant vraiment à penser que le prince avait subi une commotion cérébrale ou quelque chose comme ça.

"Est-ce tout, Sire?"

Arthur continua de lire la lettre qu'il tenait et acquiesça.

"Oui c'est tout, Merlin. Merci."

Merlin ne bougea pas pendant quelques secondes, jusqu'à ce qu'il décide de ne pas risquer que sa soudaine bonne fortune ne tourne à l'aigre. Nettoyer l'armure ne prendrait que quelques minutes, puisque l'armurerie était vide et que personne ne s'attendait à ce qu'il aille nettoyer l'armure que le prince n'avait prétendument pas utiliser. La ranger dans la salle sécurisée à coté, où tout l'équipement appartenant au roi et au prince était stocké quand il n'était pas utilisé de manière régulière, était aussi facile. Vu qu'étant le serviteur d'Arthur, il était au courant de l'endroit où la clé des serviteurs pour se faire était cachée pour que les serviteurs d'Uther et d'Arthur y accèdent.

Cela fait, il alla chercher de la literie propre, le sol des appartements d'Arthur n'avait pas besoin d'être lavés puis qu'il l'avait frotté le premier soir où le prince était resté chez Gwen. La literie changée et les draps sales emmenés à la buanderie du château, il se rendit alors aux écuries pour sortir le fumier parce qu'à présent les choses étaient devenus si complètement étrange qu'il avait besoin de se confronter à la réalité.

Il y alla et découvrit que les écuries avaient déjà été nettoyées, et avec Arthur ayant été 'absent' pendant les quatre derniers jours, il y avait peu de choses à faire au niveau des corvées 'ordinaires'. Il est vrai que la plupart de son temps était généralement dépensé à des courses folles qu'Arthur lui donnait au fur et à mesure de la journée. Ou à défaut elle était dépensée à faire les mêmes choses pour Gaius si le médecin savait qu'il avait du temps libre. Mais après la manière dont il avait travaillé jusqu'à la corde pour les deux durant ce tournoi, il n'y avait aucun moyen pour Merlin aille rejoindre les appartements du médecin pour être chargé de courses par lui.

Merlin alla chercher son équipement, et sella Bitan sans en être vraiment conscient. Dix minutes plus tard et le cheval était en train de s'ébattre le long d'un sentier dans les bois avec le sorcier par dessus. L'un d'eux se complaisant dans l'activité, pendant que l'autre essayait de s'éclaircir les pensées.

Ils s'arrêtèrent près d'un ruisseau, Merlin laissant son cheval brouter des buissons pendant qu'il s'asseyait sur un rocher près de l'eau. Il n'avait aucun indice sur ce qui avait provoqué le soudain changement de comportement d'Arthur envers lui, mais il savait une chose… Il n'aimait pas du tout ça. C'était ennuyant et franchement énervant.

Il revint vers Bitan et retourna vers Camelot, toilettant le cheval et nettoyant son équipement à temps pour apporter le repas de midi d'Arthur sans être en retard. En fait Arthur n'avait pas tellement bougé de son bureau quand le serviteur arriva avec la nourriture et il le regarda simplement avant de se lever.

"Ah merci, Merlin. Est- ce que toutes tes corvées sont faites ?"

Merlin déposa le plateau, regardant le prince du coin de l'oeil tandis qu'il s'asseyait.

"…Oui."

"Très bien, alors comme je le disais plus tôt, tu peux avoir ton après-midi."

Le sorcier serra la mâchoire en une réponse sarcastique, avec une pensée majeure en tête. Bien que le prince ne l'admettrait jamais ouvertement, tous deux étaient amis et c'était pourquoi ils continuaient à se tester l'un l'autre avec des remarques sarcastiques et respectivement des menaces de corvées immondes. S'appeler l'un l'autre de crétin, idiot, de tête de chou ou de débile, c'était leur petit jeu, leur manières de briser les règles de courtoisie servile auxquelles tout le monde semblait penser qu'un prince et son serviteur devaient s'en tenir. Aussi longtemps qu'Arthur continuait cette politesse contre nature, ce jeu devenait une pause hésitante.

Merlin laissa échapper un soupir, avant de faire des mouvements de mains dans l'air d'irritation.

"Ok, arrêtez juste ça. Me dire s'il vous plaît et merci est gentil, mais sérieusement vous êtes en train de m'effrayer."

Arthur s'arrêta à mi-bouchée, et Merlin poursuivit.

"Je ne peux pas croire que je suis en train de dire ça, mais je préfère que vous soyez un ingrat plutôt que comme ceci. Vous allez me rendre fou avant la fin de la semaine si vous continuez comme ça."

Arthur déposa lentement sa fourchette, fixant son serviteur surpris avant qu'un petit sourire s'étire sur le coin de sa bouche et son vieux ton amusé de supériorité revint.

"Oh vraiment?"

Merlin hocha la tête et sourit.

«Oui, vraiment. Vous êtes ennuyeux quand vous êtes poli.»

Tous deux continuèrent de se regarder l'un l'autre pendant plusieurs long instants, avant que le prince devienne à la fois sérieux et distant tandis qu'il se faisait pensif. Il sourit alors, le même sourire d'une amitié tacite que son serviteur lui présentait actuellement.

«Alors peut-être que tu pourrais m'aider pour quelque chose.»

Merlin haussa un sourcil.

«Et de quoi s'agit-il ?»

«J'ai dit que je ferais quelque chose pour quelqu'un, mais je ne l'ai pas fait. Je voudrais tenir cette promesse.»

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