Ouf, c'est fini ! Voilà le dernier chapitre - je me suis battue avec lui pendant un certain temps, heureusement que je ne travaille pas cette semaine... Quoi qu'il en soit, merci à celles qui m'ont suivie dans cette histoire et encouragée par leurs commentaires. Je vais me concentrer maintenant sur "Illusions", que j'ai un peu mise en stand-by pour terminer cette fic-ci, mais il est évident que le rythme de publication ne sera pas le même (le scénario est un peu moins simple, les chapitres un peu plus longs, et surtout, je n'ai pas de premier jet complet...). J'envisage également de plus en plus sérieusement, comme je vous l'ai déjà dit de partager une sickfic centrée sur Spock (sans blagues ?! avouez que ça vous surprend...), dont le titre provisoire est "L'autre moitié". Voilà voilà !

Chapitre 10 – Succès sur toute la ligne

Sérieusement, bien que Spock et Bones aient l'air de penser le contraire, son plan était brillant. Preuve en était, ils étaient tous trois en face du panneau de contrôle du champ de force, en sécurité derrière une porte électroniquement fermée, et le Vulcain était déjà en train d'actionner les commandes permettant de désactiver la protection magnétique de la ville. Jim se retint au dernier moment de tirer la langue à ses coéquipiers – une telle attitude eût été indigne du grand (et modeste, et mature) capitaine qu'il était. Le Ponantien qui les avait mené jusqu'à cette pièce était étendu sur le sol, mis hors d'état de nuire par une prise vulcaine bien sentie. Le jeune homme ne pouvait se défendre d'une profonde admiration pour son premier officier. Force lui était de reconnaître que sans lui, ils n'auraient même pas quitté leur cellule.

- Capitaine, le champ de force est à présent désactivé. Nous devrions être en mesure de communiquer avec l'Enterprise depuis cette pièce. Le lieutenant Uhura doit être en train de surveiller les fréquences en provenance de Ponantis II et je ne doute pas qu'elle nous repérera très rapidement.

Jim et McCoy levèrent les yeux vers le Vulcain, dont le regard signifiait très clairement « ma petite amie est plus que qualifiée dans ce domaine, n'essayez même pas de dire le contraire » - et Jim n'en avait absolument pas l'intention. Bien évidemment, la jeune femme était plus que qualifiée dans des tas de domaines, il le savait mieux que quiconque. Il avait, après tout, travaillé avec elle pendant plus d'un an et demie à l'Académie.

- Dans ce cas, ne perdons pas de temps, approuva-t-il en avisant un poste de communications et en manipulant adroitement les commandes. Kirk à l'Enterprise. Répondez. Ici le capitaine. Répondez, Enterprise. Rép…

- Capitaine ?

Wahou. Uhura était non seulement plus que qualifiée, plus qu'efficace, elle était brillante.

Et dangereuse, mais c'était un autre problème.

Pas étonnant que ces deux-là aient fini ensemble, se dit Jim en reportant son regard vers le premier officier.

- Uhura, vous êtes géniale. Passez les coordonnées à Scotty pour qu'il nous téléporte immédiatement.

- Bien, capitaine. Combien de personnes ? demanda-t-elle de sa voix la plus professionnelle, qui ne parvint cependant pas totalement à masquer son appréhension.

- Trois, lieutenant. Votre petit ami a besoin de soins, mais ne vous inquiétez pas, ce n'est rien de grave.

- Moi aussi, j'ai besoin de soins, marmonna Bones, qui avait recommencé à tousser. Mais j'avoue que je serai soulagé quand je pourrai enfin m'occuper proprement de l'épaule du gobelin.

- Docteur, je vous assure que…

- Mais oui, mais oui, Spock, vous allez très bien, je sais, l'interrompit le médecin en chef. Votre bras droit est complètement paralysé, mais vous allez très bien. Pas la peine de me le dire, je le sais.

De l'autre côté de la ligne, Uhura poussa un soupir que le capitaine interpréta comme mi-soulagé, mi-amusé.

- Ils ne se sont pas entre-tués, capitaine ? se risqua-t-elle à demander.

Jim gloussa.

- Étonnant, hein ? Mais non, et ils ont même réussi à interagir presque civilement.

Ni le Vulcain ni McCoy ne protestèrent, ce qui, en soi, était plutôt surprenant, et un silence confortable s'installa. Il était clair que quelque chose s'était passé la veille entre ces deux-là, et Jim était curieux de savoir quoi.

Mais, pour l'instant, la priorité était de revenir à bord de l'Enterprise.

Une journée hors du vaisseau et il lui manquait déjà. Parfois, il avait un peu peur de voir avec quelle rapidité il s'était accoutumé à son nouveau poste, comme s'il était fait pour commander l'Enterprise et n'avait attendu que cela toute sa vie.

Dix secondes plus tard, ils étaient tous les trois en sécurité à bord du vaisseau, accueillis par l'enthousiasme habituel de Scotty. McCoy laissa échapper trois éternuements plus que bruyants avant d'aboyer d'une voix beaucoup moins autoritaire que d'habitude ses ordres à l'équipe médicale qu'Uhura avait efficacement convoquée dans la salle de transport.

- Chapel, préparez immédiatement un hypo d'antiseptique étiqueté « XS21 », qui se situe sur la deuxième étagère de la pharmacie – et ne vous trompez pas, parce que les autres ne conviennent pas aux Vulcains. J'aurai également besoin de tout le matériel nécessaire pour nettoyer une blessure, et de l'anti-venin. Je suis désolé, Spock, ajouta-t-il dans un reniflement peu gracieux en se retournant vers le premier officier, ça risque de vous filer la nausée, je n'ai pas encore eu le temps de me pencher sur la question. Il faut dire que je n'avais pas spécialement prévu que vous vous feriez griffer par une bestiole venimeuse aussi rapidement. Jim, tu viens avec nous, je veux aussi m'assurer que tu ne fais pas une réaction allergique plus sévère.

Le jeune homme savait que protester ne servirait à rien, mais pour l'instant, il avait quelque chose de plus important à faire.

- Je vous rejoins à l'infirmerie dans une demi-heure, Bones, promis. Il faut battre le fer pendant qu'il est chaud, et j'ai une petite discussion à avoir avec nos amis Ponantiens. Dès que j'aurai fini, tu pourras me gaver d'antihistaminiques tant que tu voudras.

- Vous allez bien, capitaine ? s'enquit Scotty.

- Impeccable, répondit Kirk en riant. Bones est juste aussi paranoïaque que d'habitude, c'est tout.

- Je suis juste à côté de toi, Jim, grommela le médecin.

Tous trois sortirent de la pièce, Spock regardant McCoy comme si une deuxième tête venait de lui pousser sur le cou.

- Vous avez préparé un antiseptique spécifique pour moi ? demanda-t-il lentement.

- Quoi ? (McCoy était déjà en train d'examiner l'épaule blessée en fronçant les sourcils pendant qu'ils marchaient vers l'ascenseur.) Oh, oui, parce que je savais que vous réagiriez mal à celui dont je me sers pour les humains.

- Mais…

- Spock, s'écria Leonard, sur le point de perdre patience, quand il est devenu évident que soigner le premier officier de l'Enterprise allait s'avérer beaucoup, beaucoup plus compliqué que prévu en raison de son héritage mixte, la première chose que j'ai faite, ça a été de me préparer pour ça ! Pont numéro 5, ajouta-t-il à l'intention de l'ordinateur. Je vous l'ai dit, je ne suis pas aussi stupide que vous avez l'air de le penser.

Le Vulcain ouvrit la bouche, mais aucun mot n'en sortir et il la referma immédiatement. Jim ne put s'empêcher de rire, mais une violente quinte de toux de la part du médecin l'empêcha d'ajouter quoi que ce soit.

- Docteur, il me semble que vous devriez vous retirer dans vos quartiers, vous soigner et vous reposer avant toute chose.

- Franchement, Spock, je n'avais pas spécialement l'intention d'aller courir un marathon. Je m'occupe de vous, je m'occupe de Jim, et je vais me coucher. J'ai prévu de rester au lit pendant au moins trois jours entiers.

Le médecin et son patient quittèrent l'ascenseur et le capitaine poursuivit son chemin vers la passerelle.

Les négociations avec les Ponantiens durèrent exactement huit minutes et dix-sept secondes – le temps pour Jim de les menacer d'envoyer à Starfleet un rapport complet de l'emprisonnement illégal de trois représentants officiels de la Fédération par une planète ayant demandé leur arbitrage. Probius se confondit en excuses, promit de signer le traité de paix avec les Glosiens et finit par supplier Jim de se montrer magnanime avec eux.

Lorsque le jeune homme arriva à l'infirmerie, les effets de l'adrénaline s'étaient effacés, et, malgré son récent succès « diplomatique », il ne se sentait pas en grande forme. Bones le cueillit à l'entrée de l'infirmerie avec une seringue.

- Aïe ! Franchement, tu ne peux pas prévenir ?

- Calme-toi, c'est pour ton bien, répondit McCoy avec un sourire sournois. Pendant que tu discutais avec les Ponantiens, j'ai réparé ton premier officier. Il est comme neuf.

Le jeune homme jeta un regard à Spock, dont l'épaule était à présent entourée d'un bandage et qui semblait en bien meilleure forme qu'une demi-heure auparavant. Il se tenait debout près de la porte, les mains dans le dos, attendant les ordres.

Bones avait déjà dégainé son tricordeur et le passait au-dessus du corps du capitaine.

- Bon, ça a l'air d'aller, déclara-t-il. Tu n'as pas fait une réaction trop sévère, et te connaissant, ça aurait pu être bien pire. Tu as de la chance de t'en tirer avec un mal de crâne. En revanche…

Le médecin s'interrompit, visiblement partagé entre une envie de rire et quelque chose qui ressemblait à de la gêne, voire de la culpabilité. Jim le regarde avec suspicion et comprit brusquement.

- Ne me dis pas que tu m'as refilé ton rhume ?

- Eh bien… commença Bones.

- Tu sais que je te déteste ?

- Qu'est-il arrivé à « Bones, ne sois pas jaloux, tu sais que je t'aime » ? demanda sarcastiquement le médecin. Je t'avais prévenu que le « partage de chaleur corporelle » n'était pas spécialement une bonne idée. Il te reste une ou deux journées d'incubation, profites-en.

Le jeune homme soupira.

- Bon, Spock, je vous suggère de vous tenir éloigné de nous si vous ne voulez pas être contaminé vous aussi.

- Je suis totalement immunisé contre les virus qui affectent les humains, capitaine, fut la réponse polie.

McCoy ricana et Jim ne put s'empêcher de sourire également.

- Evidemment, avec ce liquide vert dans vos veines que vous appelez du sang… commença le médecin, mais il s'interrompit et, au lieu de la diatribe habituelle sur l'incohérence de l'anatomie vulcaine, se contenta de donner au premier officier un petit coup sur le bras – un geste qu'il n'aurait certainement pas fait deux jours auparavant.

- Docteur, sachez que je suis très content que la couleur de mon sang diffère de la vôtre. Je pense que le rouge est un peu trop… passionné pour mon espèce.

Les deux hommes dévisagèrent le Vulcain avec effarement. Deux jours auparavant, Spock n'aurait certainement pas répondu ça.

- Mon Dieu, s'exclama Bones, portant une main à son cœur comme s'il était profondément choqué, de l'humour et de l'autodérision dans la même phrase ? Je ne sais pas si je vais m'en remettre.

Jim sentit son cœur se dilater. Leur première mission diplomatique, qui semblait presque désespérée, avait finalement abouti de la manière la moins réglementaire possible. Ils s'en étaient sortis tous trois sains et saufs. Et, en parlant de diplomatie, il ne savait pas ce qui se passait entre son médecin en chef et son premier officier, mais cela ressemblait étrangement à de la confiance, peut-être même à un début d'amitié – et il n'allait certainement pas s'en plaindre.

Après tout, un rhume était un prix très léger à payer pour tout cela.