Chapitre 10

Je sors de la Grande Maison d'un pas vif.

J'ai besoin d'air. Je n'en peux plus de rester enfermé.

J'ai l'impression que quelque chose s'est brisé en moi.

Dehors, quelques dizaines de pensionnaires attendent.

C'est quoi leur problème ? Je pense. Ils en ont pas eu assez ?

Je repère Clarisse dans la foule, entourée d'ados costauds et aux visages brutaux. Ils me lancent des regards haineux, sauf certains qui baissent les yeux à mon passage. Sûrement ceux qui étaient présents quand j'ai tabassé leurs camarades. Des faibles sous un masque de brutalité. Voilà ce qu'ils sont.

Pas de traces de Halley parmi la foule.

J'aperçois également Eric, il est assis sur un tronc d'arbre un peu à l'écart. Il me lance un regard interrogateur.

Je l'ignore et continue ma route. Certains essaient de me parler. Je n'y prête pas attention.

Les visages que je croise affichent un mélange d'émotions différentes : colère, dégoût, peur, curiosité.

Je me dirige je ne sais pas trop ou. Je veux juste marcher.

Je repense aux regards de Chiron et Zoé. A leur absence de réaction.

Je ne voulais pas de leur mots quel qu'il soit. Je ne voulais pas de leur jugement, ou de leur réconfort.

J'ai ignoré l'appel de Zoé et je suis parti.

La soleil se couche, colorant l'horizon de nuances d'oranges et de rouges. Les différents bâtiments de la colonie ou s'activent encore quelques pensionnaires sont encore plus impressionnants sous le ciel crépusculaire.

Le paysage est magnifique, mais je n'y prête pas vraiment attention.

Mon esprit se vide de toute pensée.

Je ne ressens rien.

Je marche, encore et encore. Je traverse toute la colonie, je crois. J'arrive en face d'une bande de sable. Sur ma droite, le bois projete des ombres inquiétantes. Des formes semblent se mouver entre ces arbres.

J'enlève mes chaussures et grimpe en haut d'une petite dune. Le sable est encore chaud, agréable.

Arrivé en haut, l'air salé me fouette le visage. J'en prends une grande bouffée.

Cela me fait un bien fou. Mes sens se réveille. Mon cerveau se remet à fonctionné correctement.

Je peux enfin pleinement contempler le paysage qui se trouve devant moi.

La mer est magnifique. Colorée. D'un bleu sombre traversé de rouge et d'orange.

L'horizon n'est qu'une fine ligne jaune qui ne demande qu'à disparaître.

C'est magnifique.

Le bruit des vagues s'écrasant sur le rivage est apaisant, hypnotisant.

Je m'approche encore un peu, et m'assois dans le sable sec.

C'est pile ce dont j'ai besoin.

Je ne sais pas combien de temps passe.

Je regarde simplement les couleurs qui teintent le ciel et l'océan disparaître lentement.

Je retrouve un semblant de paix dans mes pensées.

Les étoiles sont déjà bien visible dans le ciel quand j'entends des bruits de pas derrière moi.

Je ne prends pas la peine de me retourner.

La personne s'assied à côté de moi.

Pendant un temps, elle garde le silence et contemple la mer sur laquelle la lune se reflète avec moi.

C'est beau ici, fait-elle.

Zoé.

Je garde le silence.

Une part de moi veut qu'elle parte. Mais une autre est contente qu'elle soit là.

-Il y a une fille qui te cherchait pendant le repas, je crois, continue t-elle en posant un doigt songeur sur son menton. Une certaine Halley je crois.

Je tourne la tête vers elle. Dans la lueur lunaire, elle est superbe. Elle s'est enfin reposé un peu, et elle a repris quelque couleurs. Presque toutes traces de notre petit voyage ont disparus. C'est comme si ... c'est comme si il y avait quelque chose de nouveau chez elle. Je n'arrive pas à comprendre quoi.

-Qu'est ce que tu fais là Zoé ? Je demande.

Ma voix sonne étrangement. Elle est plus grave que d'habitude.

Zoé me sourit.

-C'est mon coin ici. Je viens ici quand j'ai besoin d'un peu de solitude. On a tous eu nos mauvaises périodes tu sais.

Je sens son regard posé sur moi.

-Et ... C'est peut-être pour ça qu'on est probablement les plus à même de ... t'aider, continue t-elle.

-M'aider à quoi ?

-T'aider à ... à ... accepter tout ça.

Lui avoir confier mon passé ne lui permet pas non plus de s'introduire de la sorte dans ma vie. Pour qui se prends t-elle ?

-Est-ce que j'ai l'air d'avoir besoin d'aide ? Je lui demande sur un ton dur. Tout ça, je l'ai accepté et oublié depuis longtemps. Je n'ai pas besoin que des gens voulant remplir leur besoin d'autosatisfaction en pensant m'aider vienne s'insinuer dans ma vie, encore moins dans mon passé.

Elle ne réponds pas. Je l'ai vexée.

Bien.

Elle devrait partir dans peu de temps, je pense. Je détourne le regard et attends qu'elle parte.

-Te renfermer ne te sert à rien, tu sais, dit-elle sur un ton se voulant doux.

-M'ouvrir à quelqu'un non plus.

-Je crois que ...

-Tu crois que quoi ? Que j'ai besoin de parler de mes problèmes pour aller mieux ? Qu'ils s'envoleront après ?

Elle veut répondre mais je l'interrompt.

-Tu crois que te parler de tout ça les fera revenir Zoé ? Le passé est enterré, comme le sont mes parents.

-Pourquoi tu réagis comme ça ? Est-ce vraiment toi Zack ? J'ai l'impression qu'en quelque jours, tu t'es transformée en une personne totalement différente, commence t-elle à s'énerver.

-Parce que tu crois me connaître ? Qui croit-tu que je suis ? Tu me fais traversé toute la côté Est des Etats-Unis, tu m'amènes ici, et c'est bon, tu penses qu'on est amis ? Je réplique en lui lançant un regard hautain.

-Pourquoi t'es tu confiée à moi si je ne suis pas ton ami ? Sa voix grimpe d'une octave. En as tu déjà même parler à quelqu'un avant ?

Je reste sans voix cette fois-ci.

C'est vrai. Je n'en ai jamais parlé à personne. Elle et Chiron sont les seuls.

J'essaie de ne pas perdre la face.

-Qu'est-ce que tu veux Zoé ?

Elle semble interloquée par ma question.

-Quoi ?

-Pourquoi est-ce que tu es la ? Qu'est-ce que tu y gagnes ? On se connait à peine. Je n'ai rien à te proposer. Tu ne peux même pas me sortir l'excuse de l'attirance ! Je rajoute sur le ton de la plaisanterie. Alors qu'est-ce que tu veux ?

Mon soudain virement de ton lui fait perdre ses moyens. A moins que ce soit ma remarque.

Je me surprends à prendre un malin plaisir à la voir décontenancée de la sorte.

-Je ... Je t'ai ramené ici Zack. De ce fait, je me sens responsable de toi, que tu le veuilles ou non. Quand vas tu comprendres que j'essaie de t'aider, tout simplement ? Je n'attends rien en retour, excepter le fait que tu ailles mieux.

Son discours est prenant. J'y crois presque.

Presque.

-Tu veux le mieux pour moi c'est ça ? Je murmure.

-Oui, affirme t-elle, l'espoir pointe dans sa voix.

-Alors casse-toi.

Son visage se fige.

-Pardon ? Réponds t-elle sur un ton menaçant.

-Tu m'as bien compris. Barre-toi, j'irai mieux tout seul.

Je n'ai pas le temps de réagir, qu'elle se retrouve soudain agenouillée au-dessus de moins, ses jambes m'empechant tout mouvement. Elle m'aggripe le col, me forcant à la regarder. Ses yeux lancent des éclairs. J'aperçois pourtant des larmes se former au coin de ses yeux. Derrière ce masque de colère, je sens une supplication silencieuse.

J'y vois étrangement un reflet de moi-même, quelque part.

-Répète moi ça encore une fois. Si tu veux vraiment que je partes, tu perdras l'une de tes seuls amies ici. La seule à te tendre la main actuellement. Alors, je te le redemande encore une fois, réfléchis bien et répète moi ça.

Je me retrouve incapable de parler.

Mon coeur bas à cent à l'heure tandis que je contemple ses yeux verts.

Je ne veux pas qu'elle parte. Je sais que je ne pourrais pas rester ici, seul parmis cette foule de gens si proches et pourtant si éloigné de moi.

Je sais, au fond de moi, que j'ai besoin de quelqu'un.

Quelqu'un pour m'épauler, pour discuter, et surtout, qui ne me regarde pas comme les autres pensionnaires.

Quelqu'un qui me connaisse réellement, pour la première fois.

Une amie.

Zoé semble lire dans mes yeux toute les pensées qui se bousculent dans ma tête. Elle suit la reflexion qui me tourmente. Elle voit mon visage s'attendrir. Elle suit mes yeux se baisser devant sa dernière menace.

J'ai besoin de quelqu'un comme elle. C'est une évidence. Ce n'est pas mon cerveau qui parle, c'est mon coeur. Ou du moins, ce qu'il en reste.

Elle lâche enfin mon col pour prendre mon visage entre ces deux mains, m'obligeant à relever le regard vers elle. Une larme à coulée sous son oeil droit.

-Je ne te demande qu'une chose. Fais-moi confiance. Fais-nous confiance.. Je garderai ton secret. Tout restera entre nous, je te le promets.

Je sens son souffle chaud sur mon visage. Le bruit des vagues continue de retentir.

-Nous devons être sincère l'un avec l'autre alors ? Je questionne doucement.

Zoé n'a pas bougé. Elle est toujours à califourchon sur moi. Elle ne semble pas décidé à bouger.

-Oui, c'est une promesse.

-Alors qu'est-ce que tu fais la, Zoé ? Aider un nouvel arrivant à problèmes comme moi ?

-Je t'ai déjà donné la réponse Zack ...

Je lui lance un regard insistant. Je pose mes mains sur les siennes, toujours sur mes joues.

-Ou du moins ... Une partie de la réponse, continue t-elle.

J'explore l'intérieur de ses yeux. Elle évite mon regard. Je la surprends à jeter des brefs coups d'oeil à mon nez, ma bouche, mon cou.

Je fronce les sourcils.

Ce n'est pas ... Non, attendez ... Quoi ?

Mon coeur rate un battement. Un frisson me parcours le corps.

Qu'est-ce que je suis en train de faire ?

-Zoé ...

Non. Ce n'est pas possible.

-Je ne peux pas ... Je n'ai jamais ... Je ne comprends pas ... Tout arrive d'un coup, tout se précipite, je n'arrive pas à ...

J'ai du mal à croire que c'est Zoé. Je n'aurai jamais pensé la voir comme ça.

-Je ... commence t-elle.

Je l'embrasse.

D'un baiser passionné, à la fois doux et sauvage.

Elle n'hésite qu'un instant avant de me le rendre.
Je ressens toute notre peine partagée, enfouie. Je réalise à quel point nous sommes tous deux perdus. Régis par un ''nous'' intérieur que nous ne comprenons pas. Je réalise tout cela tandis qu'un voile vient troublé mes pensées.

Notre étreinte se prolonge, plus animale, plus vigoureuse. Ses larmes me coulent sur les joues.

Nos vêtements respectifs semblent disparaître peu à peu, tapissent le sable, nous protégeant du sable frais.

Nos coeurs battent à l'unisson dans cette étreinte d'espoir et de perdition.

Nos respiration s'emballent, se transforment, expriment notre passion mutuelle.

Nous libérons tous deux quelque chose en nous, que nous essayions de contenir depuis trop longtemps.

Pendant un instant, nous oublions tout.


Je sens le souffle de Zoé dans mon coup. Sa chaleur tout près de la mienne.

Zoé ne dit rien, mais je la sens libérée. Elle soupire doucement.

Encore un secret scellé entre nous, je suppose, je commence.

Elle ne réponds pas, et dépose un baiser sur ma joue.

-Dit Zoé ? Je demande.

-Mmh ?

-Je croyais que tu étais ... tu vois.

-Qu'est ce qui te fait dire que je ne le suis pas ?

-Alors ...

-Je pense qu'on le sais tout les deux. Je l'ai sentie, comme toi tu l'as sentie.

Je hôche la tête. On sait tout les deux ce qu'il vient de se passer. Pas besoin d'en discuter plus.

-Alors comme ça, je suis ton premier garçon ? Je la taquine.

-Tiens, tu commences à beaucoup parler maintenant, dit-elle en me mordant gentiment l'épaule.

-Eh mais ...

Soudain, j'entends des cris étranges retentir. Des gens viennent vers nous.

Zoé blémit. Elle se relève d'un coup, et attrape ses vêtements.

-Les harpies ! Murmure t-elle, paniquée. Je les avais complètement oubliée ! Si elle nous attrape, on est foutus ! Zack, prends tes vêtements.

-Les harpies ?

Je reste allongé sans comprendre. Elle m'attrape le bras.

-Vite Zack !

Les bruits se rapprochent.

Je réagis enfin et attrape mes vêtements. J'enfile rapidement mes baskets et mon caleçon, mais Zoé me prends la bras et se met à courir.

-Reste baissée, on va les contourner. Si elles nous trouvent ...

-J'ai compris, on est dans la merde ... je complète à sa place.

Elle hoche la tête, sans s'arrêter. Nous sommes près des champs de fraises. La colonie est calme. Tout le monde est couché à cette heure. La lune éclaire la surface du lac au loin. Les champs de fraises sont magnifiques sous la lueur du ciel étoilé.

Mais pas le temps d'admirer le paysage. Zoé tire encore sur ma main et m'emmène vers les bungalows. Nous ne croisons pas un chat, ni une nymphe ou quoi que ce soit, heureusement.

Elle n'a eu que le temps d'enfiler le minimum, comme moi. Et je vous avoue que je ne suis pas mécontent du spectacle, malgré mon coeur qui bat à toute vitesse sous le stress.

Elle ralentit le pas, et regarde autour d'elle.

Je la sens extrêmement nerveuse, elle ne desserre pas la pression de sa main dans la mienne.

Etape par étape, nous nous glissons doucement vers les bungalows. En faisant la moins de bruit possible.

Nous nous retrouvons derrière l'un d'entre eux, un grand bâtiment constitué de pierres gravées de runes. J'aperçois le brasero au centre du ovale que dessinent ces bâtisses. Une jeune fille semble occupée à attisé les flammes. Elle a la visage paisible. J'espère qu'elle n'aura pas de soucis avec les harpies.

On continue notre avancée, quand une pensée m'interpelle.

-Zoé ?

-Plus tard Zack.

Je sens toujours le stress percé sa voix.

-Zoé, ou est-ce que je vais dormir ?

Elle s'arrête net.

Elle n'a pas vraiment pensé à ce problème également.

-On verra plus tard. Il nous reste encore trois bungalows à franchir ... Cache-toi, vite !

Elle me pousse derrière un taillis d'arbres et de buissons.

Elle me rejoint et se colle à moi pour rester bien cachée derrière le feuillage.

De nouveau, son odeur me saisit.

Un autre frisson me parcours le corps.

Calme-toi Zack, calme-toi, je m'intime.

Deux personnes passent tout près des buissons. Je n'arrive pas à les distinguer clairement, mais j'entends leur discussion.

-D'après beaucoup de monde, il n'est même pas recensé. C'est un monstre rejeté sûrement. Même son parent divin n'a pas voulu de lui, dit le premier.

Il a une voix grave, comme le frottement d'une pierre sur le sol.

Je m'étonne à ne pas m'énerver. Pourtant, Zoé pose un doigt sur ma bouche, au cas ou. Je lui fais signe que tout va bien.

-Le monstre a massacré toute la bande de Alex à lui tout seul, je te rappelle, rétorque le second d'une voix fluette. Je le veux dans mon équipe.

-Il a envoyé Alex à l'hôpital et toi, tu penses juste à Capture-Etendard, grogne le premier.

-Qu'est-ce que tu veux, il l'a cherché. C'est pas mon soucis.

Il s'éloigne en continuant d'argumenter.

-C'était qui ? Je demande à Zoé.

-Dylan et Pedro. Des Athenas. Ils sont cools. Tu leur a fait un peu peur, c'est tout.

J'acquiesce d'un signe de tête. Peu importe.

Zoé est toujours collée à moi. Elle jete des coups d'oeil pour voir si la voie est libre. Décidement ...

-Et ... pour mon problème de logement, je redemande.

-C'est interdit, et je crois que personne ici n'a jamais transgressé la règle mais ... Tu n'es pas recensé, à notre connaissance. Donc je pense que ... tu peux venir dormir dans mon bungalow.

Je ne peux retenir un sourire malicieux.

-Arrête de faire cette tête ! Me fâche t-elle, même si elle sourit aussi. Tu devras partir tôt demain matin, personne ne doit te voir.

-Pas de problème, je confirme.

A vrai dire, je ne comprends absolument rien à tout ce qu'il se passe. Mais je ne vais pas me plaindre.

Nous arrivons enfin à un bungalow plus bas que les autres, construit avec ce qui ressemble à de la roche marine, avec quelques anémones et algues fossilisées dans ses murs.

Zoé rentre précipitement. Je la suit à l'intérieur.

L'endroit ressemble à une grotte croisée à une cabane de pêcheur.

Des cannes et tridents sont accrochées aux murs. Des hippoccampes en métal pendent du plafon.

Une fontaine brisée git dans un coin. Des photos sont disposées sur des meubles.

Je ne me sens pas à ma place ici. Comme si quelque chose me disait de partir.

Zoé ferme la porte derrière moi, clos les quelques rideaux, puis se précipité devant moi pour ranger les vêtements en bordel étalés un peu partout.

-Zoé, t'embête pas à ranger, je rigole en la voyant courir un peu partout.

Elle s'arrête net, se pince l'arête du nez et dit à voix basse : ''Mais qu'est-ce que je fais moi...''

Je rigole encore. Elle me lance un sourire d'excuse.

Si je ne fais pas quelque chose, la situation va devenir gênante.

Je m'avance près d'un meuble et prends une photo dessus.

Zoé et Adaline sourient dessus.

Adaline.

Putain.

Dans quelle merde je me suis mis, moi ?

Zoé s'avance vers moi doucement, et me prends la cadre des mains. Elle contemple un instant la photo en souriant, avant de la poser. Elle me lance un regard étrange, me confortant dans l'idée que je ne devrais pas être là.

Je devrais peut-être partir, je dis en me penchant pour ramasser mes vêtements.

A vrai dire, un léger malaise m'a envahit en voyant ces photos.

Je me plaignais que Zoé veulent s'immiscer dans ma vie, mais les rôles s'inversent maintenant.

Elle attrape doucement ma main, et me pousse doucement contre un mur.

Elle se colle à moi, nos corps sont l'un contre l'autre.

J'oublis instantanément mon envie de partir.

Elle me lance un regard irrésistible. Je sens mes sens s'enflammé.

-Cette nuit, tu es à moi, dit-elle à voix basse en commençant à m'embrasser le torse. Ma première nuit avec un garçon doit rester mémorable ...

Un dernier frisson me parcours.

Je cède à mon désir.

A quoi bon me retenir ?

Je sens sa cuisse glissée doucement la long de la mienne.

Je comprends le message. Je saisis d'abord délicatement puis fermement ses hanches, puis la hisse contre mon torse autour duquel elle entoure ses jambes. Je l'embrasse passionnément, puis je me dirige vers l'un des nombreux lits de la pièce. Je me laisse aller tout entier dans ce moment, oubliant de nouveaux tout ce qui m'entoure.

J'ouvre les yeux.

Quelle rêve incroyable.

Ca me changeait de ces cauchemars étranges, plein d'atrocité et de formes étranges.

Quoique, fantasmé sur l'amie lesbienne de Diana n'était pas forcément ma plus grande fierté.

Je me frotte les yeux, profitant de ce souvenir avant qu'il ne s'efface définitivement.

Aller Zack, lève-toi.

Retour à la réalité.

Je sens une masse à côté de moi. Gaspard, le chat de Diana. Il s'est encore introduit dans ma chambre ...

Je tends la main pour le caresser. Son poil est étrange. Plus long que d'habitude. Je sors la tête de l'oreiller et je tombe sur une masse de cheveux noir et rouges.

J'arrête de respirer.

Zoé est endormie à côté de moi. Sa respiration est lente.

Je n'ai pas rêvé ? Tout ce qu'il s'est passé était réel ?

Je regarde autour de moi. Je suis dans une pièce faites de bois et de pierre marine.

Le bungalow de Poséidon.

Les souvenirs de la soirée d'hier me revienne.

Je souris tout en fronçant les sourcils. Heureux et perdu à la fois.

Pourtant, tout un flot de pensées s'entremêle et me perturbe.

Halley. Adaline. Diana. L'accident avec Alex. Celui avec les frères Jamez. Ma confession auprès de Chiron et Zoé. Mon départ de Palm Beach.

Tout ça me semble tellement loin.

Je passe mes mains sur mon visage.

Toujours rien.

Aucun trace de culpabilité dans mon coeur.

Que ce soit pour les gens que j'ai blessé, ou ceux que je vais blessé après ce qu'il s'est passé cette nuit.

Je regarde Zoé ses courbes dessinée par la couverture. Sa poitrine se soulevant au rythme de sa respiration.

Elle a réussie à me faire oublier tout ça l'espace d'un soir.

Je ne sais pas ce qu'il me prends, mais dans un élan de gratitude, d'affection, je dépose un baiser sur sa joue.

Ce n'était que pour un soir. L'espace d'un oubli.

Un instant d'égarement.

Je le sais.

Elle reste mon amie, et elle le restera. Je m'en fais la promesse.

Je ramasse mes vêtements, m'habille rapidement sans faire de bruit.

Le soleil pointe à l'horizon.

La colonie ne va pas tarder à s'animer.

Je sors discrètement, me préparant à affronter cette journée qui s'annonce probablement mouvementée.


Salut tout le monde !

Vous avez peut-être du vous rendre compte du ''léger'' changement de ton de ce chapitre par rapport aux précédents. A vrai dire, ceci étant ma première fan-fiction, je vous avoue que j'essaie différentes choses, voir si ça marche, si ça me plaît de les écrire, donc j'espère que ... que ça vous plaira également du coup ! Et que les prochaines péripéties et rebondissements en feront de même.

yoOyOo, tu trouves des pistes intéressantes ! Pour le reste, comme d'habitude, tes interrogations s'élucideront petit à petit, avec les chapitres à venir ! Mais j'aime bien tes théories, elles sont bien réfléchies et parfois il y a même des éléments auxquels je n'avais pas pensé ! C'est toujours agréable à lire, et c'est toujours plaisant de voir que tu suis si bien l'histoire !

Merci à vous tous de votre lecture et à la semaine prochaine !