Note de l'auteur :
Bonjour à toutes et à tous !
Je suis heureuse que cette histoire plaise toujours autant et je suis désolée de ne pas avoir pu répondre aux reviews pour vous le dire personnellement. Dans tous les cas, merci de me suivre !
Plusieurs d'entre vous m'ont fait la remarque que le vrai prénom de Ginny est Ginevra au lieu de Guenièvre. En fait, quand j'ai écris l'histoire, j'avais un monstrueux trou de mémoire concernant son vrai prénom et je l'ai remplacé par Guenièvre. Et j'ai oublié de le changer quand je l'ai retrouvé. Maintenant que l'histoire est terminée, je n'ai pas le courage de tout changer. Mais merci de me l'avoir indiqué.
Je vous laisse à votre lecture maintenant.
Gros bizoux
Crystal of Shadow

DISCLAIMER : L'histoire reprend au lendemain du 2 mai, après la victoire sur Voldemort. Mais bien entendu, l'histoire n'est pas tout à fait la même que celle que raconte JK Rowling … Même si la saga lui appartient.

De découvertes en découvertes

-Donc, vous voulez quitter l'école en toute discrétion ? demanda Minerva

-Exactement, confirma Harry.

La diversion de Luna avait parfaitement fonctionnée et Hermione, Neville et Harry s'étaient rendus sans soucis dans le bureau de la directrice adjointe. Ils avaient expliqué la situation au professeur qui comprenait parfaitement leur démarche.

-Vous êtes conscients que ce ne sera pas facile, constata Minerva.

-On sait, soupira Neville. Mais on veut éviter tout le cirque de cet été. Hermione et Harry se sont réfugiés dans le monde Moldu, Luna et moi dans le manoir de ma famille. Les médias sont sur les dents. Ils veulent des héros à exhiber. De vrais héros. Sauf que nous ne sommes pas aussi malléables qu'ils le voudraient.

-Vous savez qu'un jour ou l'autre, il faudra bien leur faire face, déclara Minerva.

-Mais à nos conditions, pas aux leurs, assura Harry. J'ai toujours subi les avis des médias et des personnes bien intentionnées qui n'avaient pas hésité à mettre sur les épaules d'un ado les responsabilités de tout un peuple. Je ne veux pas que ça continue.

Minerva hocha de la tête. Quand on regardait la situation objectivement, il était vrai qu'il avait été tout à fait stupide et dangereux d'ériger un enfant qui ne connaissait rien au monde Sorcier en Sauveur de tout un peuple qui avait refusé de lever le petit doigt pour lui-même.

-Je peux vous permettre de ne pas prendre l'Hogwarts Express, déclara Minerva. Mais ce serait un traitement de faveur.

Elle ne disait pas cela à la légère. Dans les changements qu'elle avait instaurés, elle avait mis un point d'honneur sur le fait que si un élève avait un privilège, les autres pouvaient y prétendre s'ils remplissaient les mêmes conditions. Cela afin de pallier aux décisions d'Albus Dumbledore qui refusait systématiquement toute demande des Slytherin et les accordait uniquement à des élèves triés sur le volet et surtout, qui n'en avait absolument pas besoin.

-On ne veut pas vous mettre en porte-à-faux, fit Hermione.

Minerva se leva et prit un grimoire qu'elle consulta.

-Je note que vous n'avez pas encore utilisé votre nuit mensuelle hors des murs de l'école, constata Minerva.

-Peut-on jouer dessus ? demanda Neville

-D'après les nouvelles règles, oui, concéda Minerva. Mais vous êtes en train de soulever une faille à laquelle je n'avais pas pensée.

Elle leur remit à chacun une feuille.

-Nous allons faire les choses officiellement, déclara Minerva. Vous allez faire votre demande par écrit et je vais réunir tous les professeurs de l'école pour que nous en discutions. Je pense que votre demande va être acceptée mais ce sera la première et la dernière fois. Je vais faire en sorte que cette nuit mensuelle soit interdite la veille de vacances. Vous voilà prévenus.

-Bien, professeur, fit Harry.

Les trois élèves rédigèrent leur demande avant de la donner à la directrice adjointe.

-Puis-je vous transmettre celle de Luna plus tard ? demanda Neville. Il est hors de question que je la laisse seule ici.

-Vous êtes fiancés, je peux comprendre, dit Minerva. Avant le dîner, monsieur Longbottom. Je n'attendrais pas plus longtemps.

-Oui, professeur, fit Neville.

-Vous pouvez y aller, fit Minerva. Je vais réfléchir à votre problème. Je vous demande seulement de ne pas ébruiter votre demande.

Les trois amis hochèrent de la tête et quittèrent le bureau après les salutations d'usage.

§§§§§

-Bonsoir Harry, fit une voix.

Ledit Harry pesta. Pour l'une des seules fois où il se décidait à travailler dans la salle commune, on lui sautait dessus. Et il n'avait vraiment pas envie de parler à Ginny.

-Que veux-tu, Ginny ? soupira Harry

-Juste te parler, fit Ginny.

Harry hésitait. Il ne voulait pas qu'elle se fasse des idées, même si elle persiste à déclarer à tout le monde qu'elle serait la prochaine lady Potter. Mais d'un autre côté, il voulait savoir ce qu'elle voulait lui dire. Il inspira un bon coup, éleva ses maigres boucliers Occlumens et soupira lourdement.

-Vas-y, souffla Harry.

Toute heureuse, la rousse s'empressa de s'installer. Pour ne pas qu'elle voit sur quoi il travaillait exactement, il se dépêcha de tout ranger et de mettre les documents hors de portée.

-Cela fait longtemps qu'on ne s'était pas assis tous les deux, déclara Ginny, enjôleuse.

-Non, je ne me remettrai pas avec toi, assura Harry. Peu importe le nombre de fois que tu me le demanderas. Maintenant, dis-moi ce que tu veux exactement. Je n'ai pas tout mon temps.

-Mais je suis celle qui te connait le mieux ! protesta Ginny

-Vraiment ? railla Harry. Qu'est-ce que j'aime faire alors ?

-Jouer au Quiddicht, répondit Ginny, sûre d'elle.

-Faux, rétorqua Harry. Et tu prétends me connaître ? Je ne crois pas, non.

-Alors qu'est-ce que tu aimes faire ? répliqua Ginny

-Je croyais que tu me connaissais ? railla Harry. Je ne vais pas te donner toutes les réponses que tu veux.

La rousse changea d'angle d'attaque.

-Est-ce que tu viendras passer les fêtes à la maison ? demanda Ginny

-Pardon ? s'étonna Harry

-Oui, tu viens toujours au Burrow, fit Ginny.

Harry réfléchit. Depuis la déconvenue de Molly qui n'avait pas été invitée à la présentation d'Harry, la matrone ne l'avait plus contacté. En fait, chaque année, elle lui écrivait pour officialiser l'invitation de ses enfants. Mais pas cette année.

-Je vais y réfléchir, temporisa Harry. J'ai beaucoup de choses à faire.

-Les vacances sont faites pour se reposer, asséna Ginny.

-Ça fait longtemps que je n'ai plus eu de vacances, répliqua Harry.

Le jeune homme sentait brusquement sa magie commencer à se rebeller. Il fronça des sourcils avant de rassembler ses affaires.

-Nous continuons la conversation dans ta chambre ? s'extasia Ginny

-Je ne crois pas, non, déclara sèchement Harry. Tu n'as rien à me dire d'important donc je m'en vais.

-Mais … protesta Ginny.

-Bonne soirée Ginny, fit Harry en tournant des talons.

La rousse voulut le poursuivre mais la chaise qu'il avait déplacé pour qu'elle se trouve sur son chemin l'en empêcha et elle s'étala de tout son long, sous les rires des élèves. Elle se releva le plus rapidement possible mais quand son regard se porta sur les étages supérieurs, elle ne put voir que la porte de la chambre d'Harry se refermer. Rageuse, elle partit dans la sienne.

Harry soupira de soulagement. Il avait pu échapper à la rousse à laquelle sa magie avait violemment réagi. Il n'était pas sûr de la raison mais il ne voulait pas perdre le contrôle dans la salle commune. Inquiet, il rangea ses affaires puis se fit couler un bain. Il rentra rapidement dedans et se détendit. Il resta à l'écoute de sa magie qui semblait clairement menaçante. Mais à force de se détendre, sa magie se calma à son tour et plongea son porteur dans une béatitude bienvenue. Ce fut des coups sur la porte qui le sortirent de sa torpeur.

-Harry, c'est nous ! prévint Hermione

-Dans la salle de bain, répondit Harry en sortant de son bain.

Il s'essuya et s'habilla rapidement avant de rejoindre Hermione, Luna et Neville. Il prépara lui-même du thé pour le déposer sur la table basse entre eux.

-On nous a raconté que Ginny s'était ramassé dans la salle commune mais aussi qu'elle discutait avec toi juste avant, déclara Hermione.

-Elle m'a invité à passer les fêtes au Burrow, annonça Harry.

-Après la crise que t'a faite sa mère ? s'étonna Hermione

-Tu comptes y aller ? demanda Neville

-Je ne sais pas, avoua Harry.

-Pour quelles raisons ? demanda Luna

-Je ne veux pas voir Molly, Ginny ou Ron, assura Harry. Mais ça fait longtemps que je n'ai pas vu Arthur …

-On peut s'arranger avec les jumeaux, proposa Hermione. Et comme ça, tu n'auras pas à les voir.

-Je vais leur demander, sourit Harry.

-Je ne peux pas croire qu'elle ne t'ait demandé que ça, fit Luna.

-Disons que je lui ai directement dit que je ne voulais pas sortir à nouveau avec elle, soupira Harry. Elle a protesté, bien sûr. D'après elle, elle est celle qui me connait le mieux.

-Vraiment ? ricana Luna. Et tu as vérifié comment ?

-Je lui ai demandé ce que j'aimais faire, haussa des épaules Harry. Elle a répondu du Quiddicht.

-Tu aimes lire au coin du feu, déclarèrent en même temps Hermione et Neville.

-Et c'est pour cela que vous êtes mes meilleurs amis, sourit Harry. Enfin bref, je suis parti dès que j'ai pu. J'ai aussi aidé à ce qu'elle tombe par terre.

-Je savais qu'elle n'était pas aussi gauche, surtout si tu étais dans les parages, sourit Luna.

-Ne parlons plus d'eux, souffla Harry. Vous avez des nouvelles de McGonagall ?

-Les professeurs ont accepté que nous partions la veille, répondit Neville. Ils veulent juste que personne ne soit au courant.

-Et ils ont changé le règlement de l'école, ajouta Hermione. Notre cas sera le seul.

-Espérons, souffla Neville.

-Il ne nous reste qu'une dizaine de jours pour préparer notre sortie, fit Luna. Et maintenant qu'elle a réussi à te parler, il nous faudra nous méfier de Ginny.

-C'est évident, renifla Hermione. On voulait être sûr que tout allait bien.

-Oui, sourit Harry.

Ils avisèrent l'heure et chacun partit se coucher.

§§§§§§

Les vacances des fêtes de fin d'année commençaient le lendemain et Harry était heureux de partir le soir même.

Depuis que Ginny lui avait parlé, il ne se passait pas une seule journée sans qu'elle ne tente de discuter à nouveau avec lui. Cela agaçait visiblement Harry, surtout que sa magie se rebellait à chaque fois qu'elle approchait de lui. Il l'évitait donc soigneusement et écourtait la discussion dès qu'il pouvait. Mais avec son frère, elle le collait sans cesse. Heureusement, Hermione, Luna et Neville étaient toujours dans les parages pour le sauver de la situation.

-Vivement les vacances ! soupira Harry qui avait décidé d'investir les appartements de Neville pendant qu'il terminait ses bagages.

-Tu peux le dire, sourit Neville. Je trouve qu'il est difficile de s'adapter aux cours après tout ce que nous avons vécu. Heureusement, tout sera terminé d'ici quelques mois …

-Tu as raison, abonda Harry. Pendant que j'y pense, tu peux toujours m'aider ?

-Avec les pertes de contrôle de magie ? demanda Neville. Grand-mère a regardé et il se trouve que les différents maîtres Occlumens ont quasiment tous déserté l'Angleterre pendant la guerre. Elle a une piste mais elle veut m'en parler à la maison.

-D'accord, soupira Harry.

-Ne t'inquiète pas, rassura Neville. Elle a également trouvé des grimoires qui en parlent. Tu pourras toujours les emprunter. Et tu devrais jeter un coup d'œil dans ton coffre à Gringotts.

-Ce n'est pas une mauvaise idée, songea Harry.

-Je suis prêt, fit Neville en rétrécissant ses bagages et en les mettant dans sa poche.

-Hermione est déjà partie, fit Harry. Vas-y, je te suis.

-Si ça ne te dérange pas, je préfère que tu partes avant moi, fronça des sourcils Neville. Je ne suis pas aveugle, Ginny et Ron te poursuivent. J'ai confiance en toi pour leur échapper mais pas en eux pour te laisser tranquille. Et tel que je connais Ron, il va te mettre hors de toi.

-Comme tu veux, haussa des épaules Harry. Mais tu t'inquiètes pour rien.

-Jamais avec toi, assura Neville.

Harry soupira avant de se rendre dans sa chambre récupérer ses affaires. Neville l'attendait appuyé sur la rambarde.

-Tu remarques que la porte de la chambre de Ginny est entrouverte, fit remarquer à voix basse Neville alors qu'Harry se plaçait à ses côtés et observait la salle commune.

-Je sais que ce n'est pas une coïncidence, souffla Harry.

-Et Ron est assis de telle sorte qu'il voit toutes les personnes qui descendent, continua Neville. Ça ressemble beaucoup à une embuscade, tu ne trouves pas ? Et tu ne voulais pas que je m'inquiète pour toi ?

-C'est bon, tu avais raison, grommela Harry. Il ne faut pas qu'ils me voient.

-Pourquoi ne pas utiliser ta cape ? proposa Neville

-Je ne préfère pas, trancha Harry.

Ce qu'il ne voulait pas dire, c'était que suite aux manipulations de leur mère, le brun était certain que les enfants avaient un échantillon de sa signature magique ce qui leur permettrait de le suivre à la trace. Non, il fallait absolument détourner leur attention.

-J'ai une idée, sourit machiavéliquement Harry en retournant dans sa chambre.

Curieux, Neville le suivit et referma la porte derrière lui.

-Rani ! appela Harry

-Maître Harry a appelé Rani ? fit l'Elfe de maison en arrivant quelques instants plus tard

-Je croyais que les Elfes de maison personnels étaient interdits, fronça des sourcils Neville.

-Pas tout à fait, répondit Harry. Nous avons le droit de faire appel à eux quand ça ne concerne pas la vie à l'école. Sinon, nous devons faire appel à eux le moins possible. C'est la première fois que je fais appel à Rani.

Le jeune homme se tourna vers l'Elfe de maison.

-Je veux que tu fasses porter un bouquet de roses de couleur rose à Ginny Weasley avec une carte imitant magiquement mon écriture et comme signature un simple H. Et que tu demandes aux Elfes de maison d'Hogwarts de faire porter une grande collation pour tous les élèves.

-Dans les cinq maisons ? demanda confirmation Rani

-Oui, répondit Harry. Ne faisons pas de jaloux.

-Bien, maître Harry, s'inclina Rani avant de disparaître.

-Je ne suis pas sûr de tout comprendre, fit Neville.

-Les roses sont pour Ginny, sourit Harry. Sauf que si on regarde les indices de plus près, ce que vont faire les autres élèves quand Ginny va débouler dans la salle commune en hurlant que je lui ai envoyé des fleurs, on va comprendre que quelqu'un a essayé de se faire passer pour moi.

-Mais c'est toi qui l'as fait ! s'exclama Neville

-Mais à part toi et moi, qui le sait ? demanda Harry

-Personne, comprit Neville. Et donc, personne ne va croire Ginny.

-Quant aux buffets, tous les élèves et plus particulièrement Ron, vont se jeter dessus, sourit Harry.

-Tu détournes leur attention, déclara Neville.

-Exactement, sourit Harry. Les buffets doivent être arrivés et …

Un hurlement strident retentit.

-Et elle a dut recevoir les fleurs, termina Harry en se lançant quelques Glamour. Allons chercher Luna et partons d'ici.

Alors que tout le monde entourait Ginny ou le buffet devant lequel Ron s'était aménagé une bonne place, Luna, Neville et Harry quittèrent tranquillement la salle commune et rejoignirent Hermione non loin du bureau de Minerva McGonagall. Ils frappèrent à la porte et entrèrent saluer son locataire.

Un quart d'heure plus tard, ils avaient quitté Hogwarts.

§§§§§

Hermione et Harry avaient décidé de retourner dans un premier temps à Southampton. Mais ils étaient conscients que comme Molly était déjà venu chez eux, et bien que Bill soit venu les aider, ils étaient certains que ça allait être le premier endroit où on allait les chercher.

-Je déteste cette idée mais Grimmaud Place ? soupira Harry

-Je m'en suis occupée, rassura Hermione. Je me disais bien que tu aurais du mal avec la maison de Sirius. Les Gobelins ont accepté que je me serve dans ton compte étudiant pour la restaurer, à cause du serment que nous avons passé sans le savoir.

-Un Fidelitas ? demanda Harry

-Non, à part ce qu'ont lancé les Gobelins quand Dumbledore a eu son accident, répondit Hermione.

-Comment ça ? s'étonna Harry

-Tu dois savoir que c'est Dumbledore qui a lancé un Fidelitas sur Grimmaud Place, expliqua Hermione. Chose que je ne comprends pas aujourd'hui puisque Neville m'a dit que les demeures ancestrales des familles Sang Pur possédaient une variante du Fidelitas pour protéger les membres …

-Vraiment ? s'étonna Harry. Donc son sort était inutile ?

-Pour protéger le secret de l'Ordre, pas tellement, concéda Hermione. Mais j'ai pu voir le dossier concernant cette maison et vu la taille, il y avait des trucs louches …

-On verra ça plus tard, balaya Harry. Les Gobelins s'en sont occupés ?

-Des sous-sols aux combles, confirma Hermione. « Dans le respect de la grande et noble famille Black ».

-Pourquoi tu dis ça ? demanda Harry

-Ce sont les propres mots des Gobelins, déclara Hermione. Ils n'ont pas voulu s'étendre là-dessus.

-Je demanderai alors, fit Harry. On peut y aller ?

-C'est habitable depuis un mois, répondit Hermione.

-Je vais appeler Bill, dit Harry. Il faut qu'il me trouve une protection pour cette maison. Mine de rien, je commence à y tenir.

-Je comprends, sourit Hermione. Nous n'avons pas beaucoup de temps. L'Hogwarts Express va arriver d'ici quelques heures. Le temps que Ginny et Ron annoncent à leur mère que tu as disparu depuis la veille, ils vont débarquer ici très vite.

-Alors on fait ça, déclara Harry.

Une heure plus tard, Bill lui avait transmis un rituel qui tiendrait le temps de la venue de sa mère et Hermione avait pu récupérer les clés magiques de Grimmaud Place. Ils refirent leurs bagages et déménagèrent.

Comme promis, Hermione avait refait toute la décoration. Les têtes des générations d'Elfes de maison au service de la famille Black avaient disparu et l'obscurité qui régnait n'était qu'un lointain souvenir. La lumière coulait à flots et les lourdes teintures avaient fait place à des voilages clairs et aériens.

-Tout le mobilier des Black se trouve dans l'un des sous-sols, expliqua Hermione alors qu'ils faisaient le tour des propriétaires. Je n'ai jamais compris pourquoi Molly s'acharnait à jeter tout ce qui faisait partie de l'histoire de cette famille.

-Merci, sourit Harry. Même si j'ai du mal avec cette maison, c'est là où a vécu Sirius. Je ne veux rien perdre, et cette famille ne peut pas disparaître comme ça. Sa succession est peut-être partagée entre les Potter et les Malfoy, son histoire n'a pas à être réduite en cendres.

-Nous devrions nous installer, proposa Hermione.

Ils grimpèrent aux derniers étages.

-Le dernier étage est réservé aux lord et lady Black, déclara Hermione. Je n'ai jamais pu y entrer. D'après les Gobelins, seuls eux peuvent me faire entrer.

-Donc moi ? devina Harry

-Pas encore, fit Hermione. Tu n'as pas encore réclamé le titre.

-Bon, alors voyons voir les autres étages … sourit Harry.

L'avant-dernier étage était composé de plusieurs suites parmi lesquelles ils en choisirent deux côte à côte. Ils rangèrent leurs affaires et Harry appela Rani pour leur préparer le repas. Ils choisirent d'attendre dans la bibliothèque.

-Où se trouve Kreattur ? demanda Hermione. Les Gobelins n'en ont trouvé aucune trace de lui pendant la restauration.

-Tu penses que je devrais l'appeler ? demanda Harry

-Pourquoi pas ? haussa des épaules Hermione. Au moins nous serons fixés.

-Très bien, soupira Harry. Kreattur !

Contrairement à ce qu'ils crurent, ils attendirent plusieurs minutes avant que l'Elfe de maison n'apparaisse. Et la vision qu'ils découvrirent les laissa sans voix.

L'Elfe de maison était complètement décharné. Il avait la peau sur les os, d'immenses cernes, la peau grisâtre. Ses vêtements étaient déchirés de partout et couverts de crasse et de boue.

-Kreattur ! s'exclama Harry en se précipitant vers lui. Mais qu'est-ce qui s'est passé ?

-Harry … Potter … Monsieur … ? haleta Kreattur

-Oui, c'est moi, rassura Harry. Qu'est-ce qui s'est passé ?

-Kreattur … n'a … pas … aidé … Sirius … Black, siffla Kreattur.

La stupéfaction s'afficha sur le visage d'Hermione et d'Harry.

-Mais la mort de Sirius date de presque deux ans ! s'étonna Hermione

-Kreattur … est … coupable … déclara Kreattur.

Harry regarda Hermione, perdu.

-Et tu as disparu pour expier tes fautes ? comprit Harry. Nous qui pensions que tu avais trouvé refuge chez les Malfoy !

-Kreattur … n'est … pas … digne … d'une … si … grande … famille … haleta Kreattur. Kreattur … a … trahi … la … famille … qu'il … servait … Elle … n'existe … plus … maintenant …

-Je suis toujours là, Kreattur, sourit pauvrement Harry en posant une main sur lui.

Mais il y eut une réaction inattendue.

La magie d'Harry s'extériorisa brusquement et entoura tendrement l'Elfe de maison. Ce dernier s'éleva dans les airs et reprenait à vue d'œil une apparence plus normale. Pendant près de dix minutes, les deux Sorciers n'osèrent pas bouger puis la magie du brun reposa délicatement l'Elfe de maison avant de disparaître tranquillement.

-Euh … Qu'est-ce qui vient de se passer ? balbutia Hermione

-Maître Harry Potter Monsieur m'a lié à lui et sa famille, répondit Kreattur. Maître Harry Potter Monsieur a pardonné à Kreattur pour sa faute envers la famille Black.

-Pardonné ? nota Hermione

-Tu pensais faire la meilleure chose pour la famille Black en piégeant Sirius qui n'en était pas digne, comprit Harry. Mais tu as compris que c'était une erreur. Comment ?

-Quand Maître Harry Potter Monsieur a détruit le médaillon de Maître Regulus Black Monsieur, répondit Kreattur. Les Elfes de maison sont très sensibles à la magie et Kreattur a senti toute la malfaisance qu'il contenait. Kreattur a compris que le Sorcier que sa chère maîtresse aimait n'était vraiment pas celui qu'il se prétendait être. Kreattur l'avait déjà compris quand ce Sorcier avait emmené Kreattur pour boire la mauvaise potion. Mais la magie que Kreattur a senti partir du médaillon était nocive pour tout le monde. Kreattur s'est vraiment trompé. Mais Maître Harry Potter Monsieur lui a quand même pardonné.

-Parce que tout le monde peut être berné par les belles paroles de Voldemort, fit Harry. Que s'est-il passé ?

-Kreattur est maintenant l'un de vos Elfes de maison, répondit Kreattur.

-Est-ce que tu peux le trahir comme tu l'as fait avec Sirius ? demanda subitement Hermione

-Sirius Black Monsieur ne s'était pas désigné comme le nouveau lord Black, répondit Kreattur. On a empêché Sirius Black Monsieur d'effectuer les rituels pour reprendre la famille Black.

-Empêché ? releva Harry

-Albus Dumbledore Monsieur a enfermé Sirius Black Monsieur dans le manoir, répondit Kreattur. Albus Dumbledore Monsieur a fait en sorte que Sirius Black Monsieur ne puisse pas sortir du manoir.

-On va s'en occuper plus tard, coupa Hermione en sentant la magie d'Harry bouillir. Je voudrais savoir, Kreattur, tu garderas les secrets d'Harry au péril de ta vie n'est-ce pas ?

-Oui, Maîtresse Hermione Granger Mademoiselle, répondit Kreattur.

-Maîtresse ? s'étonna Hermione

-Maîtresse Hermione Granger Mademoiselle est considérée comme appartenant à la famille de Maître Harry Potter Monsieur, répondit Kreattur.

-Donc tu m'obéiras comme à Harry et tu protégeras mes secrets ? demanda confirma Hermione

-Oui, Maîtresse Hermione Granger Mademoiselle, répondit Kreattur.

-D'accord, fit Hermione. Tu peux vaquer à tes occupations. Nous t'appellerons en cas de besoin.

-Oui, Maîtresse Hermione Granger Mademoiselle, répondit Kreattur.

-Et oublie ce titre à rallonge s'il te plait, soupira Hermione. Simplement Hermione, s'il te plait.

-Oui, Maîtresse Hermione, s'inclina Kreattur avant de disparaître.

-Encore des problèmes en perspective, souffla Hermione en se renfonçant dans son siège. Est-ce que tu vas bien ?

-Je crois que j'ai besoin d'avaler ce qu'il vient de nous dire, déclara Harry. Je crois que je vais faire une séance de méditation.

-Oh, non, tu vas manger d'abord, fit Hermione en se redressant.

Elle le traîna dans la salle à manger et l'assit d'autorité. Le repas fut servi et à son corps défendant, son estomac grogna de plaisir. Il servit son amie avant de se servir et de manger.

-Je croyais que tu prendrais plus mal le fait que j'ai asservi un Elfe de maison, déclara Harry, calmé.

-J'ai encore du mal, avoua Hermione. Mais dans mes lectures de cet été, j'ai appris qu'ils étaient dépendants de la magie des Sorciers, qu'ils étaient des sortes de gentils parasites. Ils prennent la magie des Sorciers et en retour, ils les servent. Je trouve ça barbare mais on ne peut pas arrêter ça comme ça sans tous les tuer.

-Tu m'en vois ravi, sourit Harry. Et plus rassuré concernant les Elfes de maison de ma famille.

Ils plaisantèrent le temps du repas avant de se retirer dans le salon. Ils ne tardèrent pas car les prochains jours allaient être chargés.

§§§§§

Le Sorcier se redressait avec difficultés.

Depuis qu'il s'était réveillé, son corps semblait se venger de sa vie tumultueuse et il ne se passait pas un seul moment sans qu'il ne soit perclus de courbatures. Même si les guérisseurs lui certifiaient que c'était normal, il n'en pensait pas moins.

Il avait fait le tour de ses appartements depuis qu'il était en convalescence. Ses gardiens ne lui interdisaient pas de sortir mais comme la magie lui était pour l'instant interdite, il ne pouvait pas cacher les traits caractéristiques qu'il avait car il ne fallait surtout pas qu'il soit reconnu. Donc adieu les balades au soleil. Mais il avait une très belle terrasse parfaitement orientée et sans vis-à-vis dont il profitait allègrement.

La sonnette de la porte d'entrée retendit et le Sorcier traîna sa carcasse pour ouvrir. Il reconnut son visiteur et le laisser entrer. Tous les deux s'installèrent dans le salon.

-Vous allez l'air mieux, constata le visiteur.

-Et moi je suis Merlin en personne, leva les yeux au ciel le Sorcier. Que me vaut cette visite ?

-Nous aurions une proposition à vous faire, déclara le visiteur.

-Est-ce que vous vous souvenez que je suis en convalescence ? railla le Sorcier. Et que je ne peux pas faire de magie ?

-Votre magie ne sera pas sollicitée, assura le visiteur. Du moins, pas trop.

-Ce n'est pas pour me rassurer, fit le Sorcier. Je vous écoute.

-L'une de vos capacités serait très utile pour l'un de nos clients, déclara le visiteur.

-Alors que je ne peux pas sortir ? railla le Sorcier

-Vous n'aurez pas à vous promener partout, fit le visiteur.

-Je n'aime pas tourner autour du pot, gronda le Sorcier. Parlez ou bien partez d'ici.

-Je savais que votre intérêt serait émoustillé, sourit le visiteur.

Le Sorcier se renfrogna. Depuis qu'il s'était réveillé, il était beaucoup moins patient. Pas qu'il ne l'était déjà avant mais il ne le montrait pas, préférant attaquer ceux qui l'agaçait. Ce qu'il ne faisait plus maintenant.

-L'un de nos clients s'est découvert de nouvelles capacités, révéla le visiteur. Seulement, celles-ci réagissent violemment à ses émotions.

-Comment ? demanda le Sorcier

-On n'était pas loin de destructions de biens, fit le visiteur.

-Qu'attendez-vous de moi ? demanda finalement le Sorcier

-Il faut que vous lui donniez des cours d'Occlumencie, annonça le visiteur.

-C'est ce que je craignais, soupira le Sorcier. Je ne suis pas un maître Occlumens.

-Un maître reconnu, non, concéda le visiteur. Mais les faits sont là. Vous maîtrisez l'Occlumencie à un très haut niveau. Et c'est ce dont nous avons besoin.

-Qui ? demanda le Sorcier

-Nous ne dévoilerons pas son identité sans son accord, refusa le visiteur. Il a des ennemis.

-Qui n'en a pas ? fit le Sorcier

-A son point ? Peu de personne peuvent s'en vanter, assura le visiteur. Est-ce que vous acceptez ?

-Vous ne me laissez pas vraiment le choix, nota le Sorcier.

-Si, nous vous le laissons, répliqua le visiteur. Que vous acceptiez ou non, nos accords seront les mêmes.

-Vous jouez avec le fait que je n'ai vu personne depuis des mois, accusa le Sorcier.

-Nous comptions dessus, avoua le visiteur. Mais nous avons appris à vous connaître et nous savons que les artifices ne vous empêcheront pas de prendre la meilleure décision pour vous et vous seul. Pensez-y.

Le Sorcier se figea. Effectivement, de toute sa vie, il n'avait jamais pu penser à lui. Et maintenant …

-Si j'accepte, j'imagine que je dois respecter certaines règles, soupira le Sorcier.

-Une seule, répondit le visiteur. Aucune mauvaise foi ne sera tolérée. Il faut impérativement que notre client maîtrise l'Occlumencie le plus rapidement possible mais surtout de manière durable. L'échec ne sera absolument pas une option ou les conséquences seront terribles pour vous.

Le Sorcier déglutit. Il ne fallait pas prendre les menaces à la légère.

-Je tiens à le rencontrer avant de me décider, déclara le Sorcier.

-Alors si vous refusez, nous vous soumettrons à un sort d'oubli de notre crû pour que vous ne puissiez jamais révéler son identité, promit le visiteur.

Le Sorcier ne tarda pas à rendre sa réponse.

-J'accepte, répondit-il.

-Alors nous allons organiser une rencontre, sourit le visiteur.