-« Tu es magnifique ce soir, Ino. »

La blonde se crispa. Que faisait-il là ? Elle qui pensait ne pas être suivie… De toute façon, il n'y avait que lui pour lui débiter des choses pareilles. La jeune femme n'était même pas certaine qu'il les pensait. La kunoichi posa son regard sur la lune. Elle était belle ce soir.

-« Qu'est-ce que tu fais là, Sai ? » Questionna-t-elle, doucement.

-« Je te retourne la question. » Fait-il, toujours aussi impassible.

Elle sera le poing. Il n'était pas censé savoir qu'elle projetait s'assurer du devenir de Sakura. Mais n'importe quelle personne qui pouvait prétendre la connaître le devinait facilement.

-« Laisse-moi passer. » Articula la Yamanaka.

Sai l'ignora. Il était toujours planté devant elle. Ino soupira et continua à avancer. Quel que soit la personne qu'il avait été par le passé, ce n'était pas ça qui l'empêcherait de passer. Sa détermination était sans faille. C'était un fait. L'ex membre de la Racine l'attrapa fermement par le bras et chuchota à son oreille :

-« Tu es sûre de vouloir faire ça ? »

Oh que oui elle en était certaine ! Elle sauverait son amie quitte à en perdre la vie !

-« Tu me crois sincèrement capable de l'attendre ici les bras croisés ? »

Ino plongea ses yeux dans les siens. Un mélange d'inquiétude et d'angoisse se lisait dans ses yeux.

-« Je ne sais pas. A vrai dire, je comprends à peine les sentiments qui te poussent à y aller. » Murmura-t-il.

-« Donc tu comprendras quand même que ce sont des sentiments qui me poussent à le faire ? »

Sai n'y répondit rien.

-« Sakura a toujours été là pour moi. A mon tour d'être là pour elle. »

-« Ne penses-tu pas l'être un peu trop ? Accepterai-t-elle que tu risques ta vie pour des futilités comme ça ? Nous n'avons même pas la confirmation qu'il s'agit d'elle, de l'Akatsuki ou même de Sasuke ! » S'exclama-t-il.

-« Je SAIS que c'est elle Sai ! » Des petites larmes ruisselèrent sur ses joues. « J'ai reconnu SON chakra ! J'ai reconnu le chakra du Sharingan ! J'ai vu Sai… J'ai-j'ai vu… »

L'homme avait relâché son emprise pour la prendre dans ses bras. Elle tentait de s'en détacher, elle se débattait même, emporter dans le tourbillon de ses propres émotions. Mais Sai la retenait toujours aussi fermement.

-« Tsunade ne peux pas prendre de décision en se basant uniquement sur mon expertise… » Murmura Ino. « Elle attend le retour de l'équipe de Kurenai et de certains Jounin partis en mission pour envoyer une patrouille… »

-« Pourquoi ne te cantonnes-tu pas à sa décision alors ? »

-« Parce que nous n'avons pas ce temps Sai ! Et tu le sais très bien ! » Cria-t-elle dans un sanglot.

Sai tenait toujours aussi fermement la Yamanaka. Son corps avait été pris de spasme à cause de ses pleurs. Bizarrement, le jeune homme senti quelque chose lui comprimer la poitrine. Même si l'on le lui demandait, il se sentait incapable de sourire. C'était sans doute ça, la tristesse.

Il attendit quelques instants, le temps qu'Ino se calme et, progressivement, il défit la pression exercée par ses bras autour d'elle.

-« Tu es donc décidé à y aller alors. »

-« O-oui. » Répondit-elle en baissant les yeux.

Sai soupira.

-« Je t'accompagne. Hors de question que tu prennes des risques inconsidérés. »

Ino hoqueta, surprise.

-« Mais je te préviens. On y va que pour avoir une confirmation. S'il s'avère que Sakura est aux mains de l'Akatsuki ou de quel que soit l'organisation, je te ramène au village. J'emploierais la force s'il le faut. »

Et pour la première fois, la kunoichi s'autorisa un sourire.

-« Merci. » Murmura-t-elle.


La petite fille regardait le jeune homme. Il était très certainement inconscient, au bord de la rive. Il portait un masque. Malgré le haut de ses six ans, elle s'était dit qu'il ne valait mieux pas le laisser là.


Ce matin-là encore, Sakura c'était cru dans un rêve. Il faisait encore noir dans sa chambre et même si son regard était déjà habitué aux couleurs des choses, il lui était impossible d'ouvrir les yeux. Non pas qu'elle ne le pouvait pas, elle voulait juste s'accorder un temps où elle se voilait la face. Un temps où elle oubliait simplement qu'elle n'appartiendrait plus jamais à son village.

Mais elle cessa.

Sakura s'était alors interdite de vivre dans une permanente illusion. Après tout, c'était malheureux mais c'était la stricte vérité.

La jeune femme se leva en un angle droit parfait, comme si le drap de son lit l'avait brûlée et se mise debout en un rien de temps. Elle s'apprêta de sa tenue d'entrainement et rejoignit, après s'être brossée les dents et passer de l'eau sur le visage, la cuisine.

Sakura fut surprise d'y voir Kisame, en train de bailler, préparant son café, prêt à s'assoir aux côtés d'Itachi.

-« Bonjour. » Murmura-t-elle.

Itachi sembla comme à son habitude lever la tête en sa direction :

-« Bonjour. » Répondit-il.

Cette façon de parler sans y mettre un véritable ton était toujours aussi perturbante pour Sakura. Elle n'arrivait jamais à deviner quelles étaient les pensées de l'Uchiha. Quelque part, ça la déstabilisait de se sentir aussi démunie.

-« B'jour le saumon ! » S'exclama Kisame, l'humeur joueuse.

La kunoichi, qui ne l'entendait pas cette oreille arqua un sourcil.

-« Bonjour le plancton. » Répondit-elle tac au tac.

Honnêtement, Sakura n'aurait pas su dire si elle avait peur de ce que sa spontanéité venait de lui faire subir. Cependant, elle ria intérieurement à sa réponse. C'est clair que les planctons avaient une toute autre envergure par rapport au requin dont l'homme en était associé.

Il se retourna alors vers elle, piqué à vif, et lui lança un regard amusé.

-"Je sens que ça va être beaucoup moins chiant que je ne le pensais, la p'tite."

-"Si tu le dis." Murmura-t-elle.

Elle eut une pensée pour Info qu'elle affublait de toute sorte de surnom. Elle ne lui avait jamais vraiment dit qu'elle la considérait comme sa meilleure amie. Sans doute n'en aurait-elle plus jamais l'occasion.

Sakura prit alors un petit déjeuner rapide, et sous le regard lourd d'Itachi, se leva pour aller faire ses tours. La deuxième fois semblait un peu plus douloureuse que la première, sans doute à cause de ses courbatures. Contrairement à la veille, Itachi et elle n'avait pas combattu l'un contre l'autre. Ni les jours qui vinrent. Mais au bout d'un peu moins de deux semaines, ils avaient triplé le nombre de tours qui, en plus devaient s'effectuer dans la soirée. Le renforcement musculaire semblait faire effet.

La kunoichi était de moins en moins fatiguée à terme des exercices et elle pouvait gérer ses efforts sans trop de problèmes.

Venait ainsi le retour du corps à corps. Le tout n'était plus qu'une question de mental. Un combat qui opposait sa terrible envie de tuer, de se venger, à celle qui ne souhaitait que se faire petite afin de pouvoir un jour s'échapper. Alors elle frappa. Elle frappa sans s'arrêter, concentrant ses petits points aux endroits stratégiques, susceptible de faire flancher son adversaire. Son envie de le voir mort l'amenait à frapper là où il faut et se défendre, quand nécessaire. Mais elle se retenait. Elle retenait tous ses coups de sorte à ne jamais perdre le contrôle. Parce que jamais au grand jamais, elle ne devait de permettre de se laisser aller. C'est ainsi que quelque chose, un changement opéra en elle. Sakura venait d'accepter le fait de vivre une vie en permanence sur ses gardes, tiraillée par le fait de vouloir garder un contrôle permanant sur l'envie de tuer et celle de survivre. Mais ne dit-on pas que les deux vont de pair ?

Alors elle enchaina droite, uppercut, coude, genou. Elle maintenait sa garde, la rendant aussi solide que possible et se força à frapper, le plus précisément possible tout en maintenant, régulant la force qu'elle donnait à ses coups. Pas trop fort de sorte à ne pas élancer tout son corps, pas trop faible pour ne pas avoir un impact peu puissant. Mais elle manquait encore de vitesse, la force bute ayant toujours été son avantage. Elle ressemblait, elle imitait plus le mode de combat d'un homme, reprenant des gestes plus radicaux que celui d'une femme ou l'agilité et la vitesse était de prime. Elle avait la corpulence, elle avait tout d'une femme. Mais quand elle combattait, elle était autre chose.

Lorsqu'Itachi jugea que son endurance avait bien augmenté et que son self-control était plus important que précédemment, il stoppa l'entrainement et lui donna la soirée pour se reposer. De toute façon, c'était son tour de cuisiner. Autant aller se doucher et commencer les préparations en cuisines. Lorsqu'elle eut terminé de rincer son corps, elle s'habilla rapidement de sorte à rejoindre la cuisine dans les temps. Elle ne souhaitait pas s'attirer les foudres des autres en prenant du retard sur la cuisine. Mais qu'elle ne fut pas sa surprise lorsqu'elle tomba nez à nez sur Deidara, déjà assis sur la table, remuant la jambe.

-« Tient tient tient, mais n'est-ce pas notre nouvelle recrue ? »

La jeune femme ne sut quoi répondre. Alors elle se contenta d'hocher la tête.

-« Pas très bavarde. Les gens de Konoha sont vraiment muets comme une tombe, quand ils s'y mettent. Heureusement qu'une tombe, ça a un certain charme, n'est-ce pas ? »

-« Certainement. » Murmura Sakura, peu sûre d'elle, fronçant le sourcil.

-« Moi je pense que la mort est une forme d'art. Tout comme les explosions. Le simple fait que la vie soit éphémère, est beau. Mais le meilleur, c'est le moment où l'on retire cette vie. Le moment où l'on tue, c'est la limite entre le monde des vivants et celui des morts. L'explosion donne un côté tellement poétique à chose, tu ne trouves pas ? »

Deidara semblait réellement absorbé par son discours. Il était, d'après Sakura, comme animé d'une passion malsaine. S'en était presque dérangeant. La jeune femme passa outre le fait qu'il y ai un autre occupant dans la pièce pour se mettre à cuiniser, ce qui restait tout de même son but initial.

-« Oooh, Sakura-chan va cuisiner ce soir ?! » S'exclama le blond. « On dit que la main d'une femme est toujours plus délicate que celle d'un homme ! Je suppose que tu traiteras mieux les légumes que moi ! »

-« Laisse-moi deviner, » commença-t-elle, « Tu les fais exploser ? »

Il prit une mine faussement boudeuse.

-« Je ne suis pas tant une brute voyons ! » Rétorqua-t-il en prenant un air théâtral.

Et bizarrement, Sakura ria pour la première fois depuis son arrivé. Et le rire qui ornait ses lèvres était franc. Elle continua d'éplucher et couper finement ses échalotes en disant :

-« Mais les autres cuisinent si mal que cela ? Je n'ai pas trouvé la nourriture si mauvaise depuis mon arrivé. »

Deida se redressa immédiatement sur sa chaise avant de pouffer, et reprendre plus sérieusement :

-« Disons qu'on peut dire que ton arrivé s'est fait dans une bonne période. Konan et Itachi sont vraiment des bons cuistots. »

C'est vrai qu'Itachi, lors de son enlèvement, avait réussi à lui mettre l'eau à la bouche avec des différents plats. En plus, il semblait les faire en partant de rien.

-« Sinon, ne leur dit pas que c'est moi qui ai balancé, mais Kisame et Tobi sont vraiment mauvais. Surtout Tobi. Dès qu'il prend quelque chose dans les mains, tout fini par terre. »

-« Je vois. » Murmura la jeune femme en attrapant la poêle du bout des doigts.

Ils continuèrent ainsi, jusqu'à que la soupe ai fini de mijoter. C'est Konan qui arriva en premier, juste avant que la viande, préparée séparément, finisse de cuir.

-« Oh ! » S'exclama-t-elle, « Ca sent bon ici ! »

Sakura fut immédiatement surprise par l'enthousiasme de Konan. La compagne de Pain semblait tellement inaccessible, implacable les rares fois où elle a croisé sa route. Elle semblait oublier que sous leur masque de tueurs en série et aussi inhumain pouvaient-ils paraitre, ils étaient aussi comme elle. Des êtres pourvus de sentiment.