Hey tout le monde !

Alors là vous vous dites que j'ai craqué à poster un nouveau chapitre bla-bla-bla, bon ok c'est vrai. Mais c'est pour mieux remettre en place un certain rythme de publication: le lundi (ouais, faut que je ralentisse un peu... espérons que je m'y tienne et que je ne faiblisse pas :p). En plus de ça j'aimerais prendre le temps nécessaire pour finir correctement cette histoire (d'ailleurs j'hésite beaucoup entre 3 fins, mais on en parlera plus tard, on a encore pas mal de chapitre avant le dénouement de cette histoire), et puis j'aimerais aussi me consacrer au début de l'écriture d'une OS ou carrément d'une nouvelle fanfic' à voir, j'ai quelques idées... Enfin bref, j'arrête de vous raconter ma vie

Bonne lecture de ce chapitre un peu moins long ^^

Les personnages de The 100 ne m'appartiennent pas.

Suggestions musicales pour le chapitre.

(vous avez trouvé la playlist d'ailleurs ?)

The Corrs – Make you mine. Clarke.

Niall Horan - This Town. Lexa.

The Pogues - Fairy Tales of New-York. Clarke & Raven.

The O'Neill Brother Group – Just my imagination. Clarke et Abby.

Alisa Jones, Mark Howard, John Mock – The first Noël. Le cadeau de Lexa.


Clarke avait passé le reste de la nuit à observer le corps de Lexa, passant ses doigts de temps à autre sur le visage de sa brune endormie. Le jour allait bientôt se lever et les premières lueurs du jour éclairaient le corps de la cavalière. Clarke trouvait Lexa encore plus sublime ce matin, lorsque son corps ne s'habillait que des rayons du soleil. La blonde savait qu'il était bientôt l'heure et l'idée de quitter son amante lui serrait le cœur. Deux semaines, ce n'était rien, elle l'avait bien attendu pendant trois mois, tenta-t-elle de se convaincre. Et puis Lexa lui avait promis que lorsqu'elle reviendrait, elle serait là, prête à vivre sa vie. Elle observa d'un air attendri une dernière fois sa brune qui dormait la bouche légèrement entrouverte, et elle déposa un dernier baiser sur ses lèvres, tentant de dégager son bras sans la réveiller. L'Irlandaise grogna légèrement en sentant le corps chaud de la blonde quitter son étreinte. Clarke sourit à cette vision et son cœur fut prit d'un mélange de plaisir et de tristesse. Elle se résolut à ne pas la réveiller pensant qu'elle avait besoin de repos. L'Américaine quitta le lit en silence et s'habilla rapidement, Octavia n'allait pas tarder à venir la chercher pour l'emmener à l'aéroport .

- A dans deux semaines belle Irlandaise… murmura Clarke à l'oreille de sa brune avant de la quitter sans que celle-ci ne se réveille.

La blonde posa une dernière fois les yeux sur sa belle endormie, son magnifique corps légèrement recouvert du fin drap qui avait été le témoin de leur nuit. Clarke referma doucement la porte du cottage et quitta Lexa à regret, songeant encore à la douce nuit qu'elles avaient passée.


Octavia avait décidé de garer la voiture et d'accompagner la blonde jusqu'au terminal où elle devait attendre son vol. La jeune Blake remarqua que Clarke était songeuse, et à la vue de son fin sourire, la blonde avait l'air de s'abandonner à une rêverie plaisante. Elle pensa que l'Américaine s'était bien adaptée à sa nouvelle vie irlandaise : celle qu'elle avait accueillie avec un trench au prix exorbitant et ses hauts talons, portait aujourd'hui des bottes de cavalière et la doudoune sans manche de Lexa. Elle surprit la blonde à humer de temps à autre le col de la veste en fermant les yeux, et elle s'amusa de la voir bâiller sans relâche en attendant que le comptoir d'enregistrement ouvre.

- Longue nuit ? la taquina Octavia dont la remarque fit rougir la blonde.

- On va dire que j'ai beaucoup réfléchi…

- A la date de ton retour parmi nous, ou sur la manière la plus appropriée de cacher cet affreux suçon que tu as dans le cou ? rit légèrement la jeune brune faisant rougir Clarke de nouveau.

- Je… Tu… balbutia la blonde gênée par la tournure que prenait la conversation.

- Ne dis rien, je suis contente qu'elle ait enfin ouvert les yeux et vous nous offriez une super love story. Votre « suis-moi, je te fuis, fuis-moi, je te suis » commençait à devenir lassant…

- L'embarquement pour le vol en direction de Chicago est imminent, merci de vous rendre aux portes, annonça une voix automatique qui résonna dans l'aéroport.

Octavia s'interrompit et sourit tendrement à Clarke, il était temps de faire ses au revoir plutôt que ses adieux.

- Je présume que ce n'est donc pas la dernière que je te vois Docteur Griffin, repris Octavia avant de laisser la blonde se diriger à la porte d'embarquement.

- On se revoit dans deux semaines O'… lui souffla la blonde avant de la prendre dans ses bras.

- C'est pour elle que tu reviens, affirma la jeune Blake alors que sa phrase sonnait comme une question aux oreilles de Clarke.

- Oui, et elle sera la seule à faire en sorte que je reste à jamais, prends soin d'elle O', ne laisse pas son cœur m'échapper ! lui lança la blonde en desserrant son étreinte avant de se diriger à reculons au comptoir, imprimant une dernière fois dans ses pensées le sourire communicatif d'Octavia.

- Compte sur moi !

La blonde disparue derrière les portiques de sécurité de l'aéroport, quittant à regret l'Irlande, la jeune Blake qui était devenue son amie, toutes ces personnes et ces choses qu'elle avait appris à aimer, et surtout, Lexa, son nouvel amour. Elle se réjouissait à l'idée de retrouver sa mère et ses proches, mais son cœur était plein de tristesse. Quitter sa brune pour deux semaines alors qu'elle venait enfin de lui prouver ce qu'elle ressentait allait se révéler plus dur qu'elle ne le pensait. Clarke s'assit à la place indiquée sur son billet et s'étonna de reconnaître la petite dame avec qui elle avait voyagé lorsqu'elle avait quitté Chicago.

- Décidément, vous êtes de tous mes voyages… lui sourit Clarke.

- Oh ! Vous repartez déjà ?

- Je rentre seulement pour passer les fêtes avec mes proches, j'ai déjà mes billets pour dans deux semaines.

- Ah ! Vous voyez sweetie ! L'Irlande a eu un effet bénéfique, avez-vous trouvé ce qu'il manquait à votre cœur ?

- Je crois que oui… confia Clarke en souriant alors que l'avion décollait la faisant quitter ces quarante nuances de vert qui la faisait tant penser aux yeux émeraude de sa sublime brune.


Lexa toujours endormie grogna lorsque son bras ne trouva que des draps frais et froissés à ses côtés. La brune ouvrit doucement les yeux et sa nudité lui rappela que la nuit qu'elle venait de vivre n'était pas un rêve. Elle en voulait à Clarke de ne pas l'avoir réveillé pour qu'elle puisse l'amener à l'aéroport et l'embrasser une dernière fois avant son départ. Pourtant son cœur n'était pas peiné, elle savait que la médecin reviendrait dans deux semaines, pour elle. Lexa sourit et se mordit la lèvre lorsque son corps frissonna alors qu'elle se remémorait chaque baiser que Clarke avait déposé sur sa peau. La cavalière rêvait de posséder le corps de l'Américaine une nouvelle fois. Deux petites semaines… Pensa-t-elle pour ne pas sombrer dans la mélancolie. Et puis elle avait remarqué que Clarke passait sa vie sur les réseaux sociaux, partageant chaque moment de son voyage irlandais avec ses amis, Lexa se rassura en pensant qu'elles pourraient communiquer facilement. Elle se résolut enfin à se lever et se dirigea vers la table qui trônait au milieu de la pièce, un bout de papier y avait attiré son attention. Elle sourit en repensant au premier mot qu'elle avait laissé à Clarke, cette première fois où elle l'avait embrassé et passé la nuit à ses côtés. Curieuse, elle déplia rapidement le petit bout de papier et rit légèrement en observant l'écriture de l'Américaine. Lexa pensa que ce que l'on racontait sur les talents de dactylographe des médecins n'était pas une légende, et la lecture se transforma vite en décryptage.

« Troubler le repos d'une si belle irlandaise aurait été un affront que jamais je n'aurais pu me permettre... J'aurais bien déposé quelques baisers sur ses lèvres, mais je savais pertinemment que je ne pourrais m'en aller si le faisais. Et puis... Que sont deux semaines lorsque l'on a attendu plusieurs mois. Attends-moi, je reviens vite.

Clarke.

Ps : Par pitié, prends une photo de toi au réveil, tu es tellement sublime. ».

Lexa sourit et retourna se coucher avec le bout de papier qu'elle relut plusieurs fois. Clarke écrivait bien, et elle se demanda comment avait-elle pu douter de cela. La blonde avait le style d'une vrai auteur romantique.

Comme le lui avait demandé son amante, elle saisit son téléphone et couvrit son corps sensuellement du drap blanc froissé. Lexa hésita, elle n'avait jamais fait ça avec quiconque. Puis, elle pensa qu'elle aussi aimerait recevoir ce genre de message de la part de l'Américaine et décida de s'exécuter pour faire plaisir à la blonde, ne cadrant que quelques bouts de peau dénudée et ses lèvres. Satisfaite, elle espérait que Clarke lui répondrait après son atterrissage peu importe le décalage horaire.

Un poing tambourinant sur la porte se fit soudainement entendre. Elle se leva rapidement pour s'habiller à toute vitesse, car tous avaient pour habitude de seulement s'annoncer et entrer sans y avoir été invité. Le seul problème était qu'aujourd'hui, elle se trouvait nue et ses vêtements jonchaient chaque recoin de la pièce. Et comme elle s'y attendait, elle avait à peine eu le temps d'enfiler un haut et une culotte qu'une tornade brune pénétra dans le cottage sans y avoir été invitée.

- C'est une maladie d'entrer ici sans que je vous ouvre ?! râla Lexa désemparée par l'attitude de son amie.

- Je t'apprendrais à te servir d'un verrou pour que ça ne se reproduise plus, soupira Octavia en déposant un thermos de thé sur la table avant d'aller chercher deux tasses dans les petits placards du buffet.

- O' ! Je suis même pas habillée ! s'exclama la cavalière en tentant de remettre ses cheveux en place et en cherchant ses vêtements à travers la pièce sous le regard amusé de la jeune Blake.

- Te tracasse pas Lexa, je t'ai déjà vu à poil, répondit Octavia la bouche pleine de scones, et puis je te rappelle que c'est moi qui ai amené ton Docteur à l'aéroport, alors je sais ce qui s'est passé vu les traces qu'elle avait dans le cou ! T'es un vampire O'Woods ! reprit la brune aux yeux bleus après avoir avalé sa bouchée… Hé mais toi aussi ! Oh mon dieu, sacrée nuit !

Lexa stoppa soudainement ses gestes et couru jusqu'au miroir de la salle de bain pour observer les empreintes que Clarke avait laissées sur sa peau.

- Hé merde… soupira-t-elle en réfléchissant à la manière dont elle cacherait tout ça à sa mère.

- Ne t'inquiète pas ! J'ai commandé un fond teint ultra couvrant, une tuerie ! jura Octavia depuis la cuisine alors qu'elle avait parfaitement deviné à quoi pouvait bien penser son amie.

Lexa posa ses mains sur le lavabo de terre de cuite et se jeta un regard. Elle plongea ses yeux dans ce reflet d'une jeune femme, aux lèvres encore gonflée par les baisers qu'elle avait donné, à la chevelure décoiffée par la tournure qu'avait prise cette nuit et au regard apaisé d'un vert flamboyant. Elle allait bien, mieux que jamais.

Lexa sourit en passant délicatement ses doigts sur la marque qui jonchait son cou comme pour apprendre à l'aimer. La cavalière soupira en repensant à cette nuit et une douce chaleur gagna son bas-ventre. Lexa secoua la tête pour sortir de ses pensées peu innocentes et retourna dans la pièce principale. Elle s'assit désabusée en face d'Octavia ne prenant même pas le temps d'enfiler un pantalon. Elle attrapa la tasse de thé que la Blake lui avait servi alors que celle-ci la regardait avec insistance un grand sourire aux lèvres.

- Alooooooooors ! trépigna Octavia qui n'en pouvait plus d'attendre tandis que Lexa lui offrait un petit sourire satisfait la faisant bouillir d'impatience.

- Tu es insupportable… rit la cavalière avant de boire une gorgée de son thé alors que le rouge lui montait aux joues en repensant à la fabuleuse nuit que Clarke Griffin lui avait fait passer.


Clarke n'avait pas dormi du voyage songeant à celle qu'elle avait quittée. Elle sentait déjà un vide immense dans son cœur. Cette sensation lui faisait comprendre que vivre loin de sa brune serait impossible. Le froid des longs couloirs de l'aéroport de Chicago la saisit immédiatement à sa descente de l'avion. Ici, tout était plus grand, plus stressant, plus bruyant, plus peuplé. Clarke regrettait la quiétude de l'île émeraude qu'elle pouvait même retrouver dans ses plus grandes villes, et la vie qu'elle avait laissée aux États-Unis lui sembla soudainement moins attirante.

- Clarke ! héla une hispanique vêtu d'un blouson de cuir rouge.

- Hey Rae ! la salua joyeusement la blond en prenant son amie dans ses bras.

- Wow ! Griffin cache-moi ce que tu as dans le cou ! Épargnes à cet aéroport le déballage de ta vie sexuelle mouvementée, remets ton écharpe ! s'exclama la petite brune à la vue des marques que Lexa lui avait laissées dans le cou.

- Oh… Désolée… Je… balbutia-t-elle alors que ses joues s'étaient immédiatement teintées de rouge à la remarque de la brune, ma mère n'est pas là ? demanda-t-elle pour échapper à l'œil inquisiteur de l'hispanique.

- Elle a eu une urgence à l'hôpital et elle m'a chargé de venir te chercher, mais ne changes pas de sujet, Clarke ! Je ne savais pas que les Irlandaises étaient cannibales, rit Raven en tentant d'apercevoir les traces dans le cou de la blonde.

- Rae !

- Je vois que les choses ont finalement bien tourné pour toi ! taquina la brune en riant.

- Tu es impossible, allez ramène-moi à la maison !

La blonde savait pertinemment qu'elle allait subir un interrogatoire poussé de la part de son amie qui avait prévu de passer les fêtes de fin d'année avec elle. Ce qu'elle n'avait pas prévu, c'était que ce moment allait arriver plus vite qu'elle ne le pensait. Les deux américaines regagnèrent la voiture dans le froid glacial de Chicago. La douceur de l'Irlande avait bien disparu, l'hiver était ici rude et un fin manteau de neige recouvraient les places de parking. La blonde pris place dans la petite Ford de l'hispanique et alluma son téléphone. Un immense sourire s'afficha sur son visage lorsque le nom de sa belle Irlandaise apparu sur l'écran. Elle ouvrit le message et rougit instantanément sous les yeux curieux de son amie qui s'était penchée sur son épaule espérant glaner quelques informations. Raven siffla à la vue de la photo qui ne dévoilait quasiment rien du visage de la O'Woods.

- Et bien ! C'est sexy tout ça ! s'exclama-t-elle en riant.

- Raven ! Est-ce que ma vie privée peut le rester un temps soit peu ! se plaignit Clarke.

- Allez ! Montre-moi ! Qu'est-ce que tu peux être prude !

- Non !

- Et puis tu sais que ta vie ne sera jamais vraiment privée avec moi Griffin… On a trente minutes à tuer ! Raconte-moi tout ! lança joyeusement la brunette en démarrant la voiture.

Clarke et Raven avaient quitté l'aéroport de Chicago pour se diriger vers sa banlieue. Les quarante nuances de vert avaient laissé place à un paysage bétonné de toute part, morne et froid. La côte était loin, l'air n'était plus marin, mais pollué et les landes émeraude ne se jetaient plus dans l'océan. Clarke sentit son cœur se serrer à ce constat, plus rien ne lui rappelait le regard profond de son Irlandaise hormis les souvenirs de son visage qu'elle avait pris le soin de détailler avant de partir. Les Américaines arrivèrent devant la maison d'enfance de la blonde. La voiture d'Abby y était garée, elle était arrivée entre-temps. Clarke poussa la porte d'entrée, les effluves des feux de tourbe étaient elles aussi loin, mais l'odeur du chez soi la réconforta. A l'entente de la porte qui venait de claquer, du bruit des roulettes d'une valise que l'on traîne et une discussion animée, Abby comprit que sa fille était enfin rentrée. Elle quitta la cuisine et se posta en se tenant dans l'encadrement de la porte observant Clarke en grande discussion avec Raven.

- Ton écharpe, garde là… avertit l'hispanique alors qu'elle venait d'apercevoir Abby qui les observait.

Clarke releva la tête avec incompréhension et un coup d'œil de Raven dans son dos lui fit comprendre que sa mère avait peut-être suivi leur conversation. La blonde se tourna et s'élança d'un pas rapide en direction d'Abby pour la prendre dans ses bras qui l'enlaça avec force.

- Tu m'as tellement manqué mon bébé ! souffla Abby les larmes aux yeux et la gorge serrée.

- Maman… soupira Clarke amusée par le nom que venait de lui donner sa mère.

- Tu as maigri, je le sens ! Clarke… Tu ne te nourris pas là-bas ?

- Tu exagères Maman, je mange juste plus sainement… expliqua Clarke alors que sa mère resserrait son étreinte.

- Ah ça c'est l'amour Abby ! lança Raven ce qui lui valu un regard noir de Clarke.

- L'amour ? interrogea la quinquagénaire.

- L'amour de l'Irlande Maman… rattrapa Clarke.

La blonde ne voulait pas brusquer sa mère avec la nouvelle. Elles avaient perdu Jake il y avait tout juste quatre mois et la médecin pensait que trouver l'amour quelques semaines après le décès de son père pouvait apparaître comme irrespectueux. Elle avait souvent réfléchi au fait que c'était peut-être la tristesse et le fait de se retrouver seule qui l'avait poussé dans les bras de Lexa. Mais elle avait compris que son amour pour la brune avait un tout autre goût que celui du désespoir. Elle se rappelait souvent de la première fois où elle avait vu Lexa et qu'elle était instantanément tombée sous le charme de la belle Irlandaise. Ce n'était définitivement pas le chagrin qui l'avait fait succomber, et au fond, elle savait que son père, de là où il se trouvait avait fait en sorte de mettre Lexa sur sa route. Mais Clarke savait aussi que ce nouvel amour poussait son cœur vers l'Irlande et que son séjour aux États-Unis ne serait que bref. La blonde se sentait désormais tiraillée et coupable d'abandonner sa mère dans deux semaines.

Le repas se déroula calmement et Clarke retrouva les saveurs grasses et chimiques de la nourriture américaine, oubliés les petits plats de Madame Molly et le chowder d'Indra. Fatiguée de son voyage, elle décida d'aller se coucher tôt et se rendit dans sa chambre qu'elle avait laissée alors qu'elle n'était qu'une jeune adulte. La blonde se déshabilla et s'allongea dans son lit. Il était à peu près dix-huit heures en Irlande, Lexa devait avoir fini sa journée de cours et s'occuper de ses chevaux, Doug devait traîner dans ses pattes, Octavia devait être en train de fermer la boutique et Lincoln rentrer de l'océan, Madame O'Woods et Molly devaient se trouver au pub demandant à Indra de leur servir un thé, Anya devait bercer Erlina... Toutes ces images firent surface dans les songes de l'Américaine et une boule se forma dans sa gorge, l'Irlande où elle avait pris ses marques lui manquait et elle avait l'impression d'avoir quitté sa seconde maison. Anya n'avait d'ailleurs fait que le lui répéter. « Tu es chez toi ici aussi Clarke », lui avait dit la jeune maman. Poussée par la nostalgie et l'envie de revoir ces visages Clarke attrapa son téléphone et se connecta sur les réseaux sociaux pour enregistrer le visage de ses nouveaux amis. Elle rit lorsqu'elle vit des photos de soirée où ils avaient l'air très éméchés, des parties de pêche et des tontes de moutons qui tournent mal… La blonde caressa l'écran de son téléphone lorsque s'afficha un cliché de celle qui occupait toutes ses pensées. La brune aux yeux verts se tenait fièrement à côté de son cheval affichant un sourire radieux alors que la bête était montée par Octavia qui riait aux éclats.

De Dr Clarke.

Finalement je crois que je me suis sous-estimée… Je suis en train de regarder des photos de vous tous, et je me dis que deux semaines sans te voir vont être une vraie torture…

A la vue du nom de sa correspondante, Clarke sourit, il fallait absolument qu'elle renomme la brune sur son téléphone.

De the sexiest Irish in da world.

J'ai cru que tu m'avais déjà oublié ! Tu me manques Clarke… Tu n'aurais jamais dû me permettre de goûter à ta peau…

De Dr Clarke.

Comment pourrais-je oublier une femme si magnifique ? Mon arrivée a été un peu mouvementée… Je t'expliquerai en rentrant, merci pour la photo en tout cas, même si mon corps s'en souvient encore elle me permettra de me rappeler dans quel état je t'ai laissé… écrivit Clarke en se mordant la lèvre des fourmillements gagnant son bas-ventre.

- Je te dérange ? murmura sa mère qui l'observait d'un regard attendrit depuis quelques minutes, je peux ? demanda-t-elle avant d'obtenir l'autorisation de se glisser sous la couette près de sa fille.

Clarke acquiesça et déposa son téléphone sur la petite table de chevet qui se tenait près de son lit. Elle se tourna et s'allongea de nouveau pour faire face à sa mère. Elle avait l'air d'une petite fille et prenait goût à retrouver les gestes tendres de sa maman qui lui caressait le visage, lui remettant de temps à autres quelques mèches de cheveux derrière les oreilles.

- Ce voyage t'a fait du bien…

- Le plus grand bien… confirma Clarke en souriant.

- Je le vois, tu as l'air bien plus apaisée qu'à ton départ… Mais tu devrais prendre encore un peu de temps avant de retourner à l'hôpital… conseilla Abby.

- A vrai dire, je vais être obligé d'en reprendre, puisque… Je repars dans deux semaines, hésita Clarke tout en scrutant la réaction de sa mère.

- ça sonne comme un problème, pourquoi repartir à New-York te semble si problématique ?

- Je ne veux pas reprendre mon poste maintenant… Je leur ai dit et il n'y voit pas d'inconvénient pour l'instant. Je repars en Irlande maman…

- En Irlande ?

- Il y a… Il y a quelqu'un…

- Quelqu'un ?

- Elle s'appelle Lexa, avoua Clarke toujours aussi hésitante sous les yeux confus de sa mère.

- Lexa ? Tu ne m'en as jamais parlé au téléphone…

- Je n'osais pas…

-Pourquoi ? l'interrogea Abby ne comprenant pas pourquoi sa fille avait gardé cette relation secrète.

- On venait de perdre papa, je ne voulais pas que tu penses que j'étais immédiatement passée à autre chose…

- Je sais que ce n'est pas dans ton caractère de reporter ta tristesse sur « autre chose »… Et je sais que tu penses à lui chaque jour… Il nous manque à tous Clarke, mais je suis contente qu'il t'ait demandé de partir là-bas pour apaiser ta peine. Tu vois, même parti, il prend encore soin de toi, sourit Abby alors que Clarke se réfugia dans ses bras… En tout cas, c'est que ça doit être sérieux avec cette Lexa pour que tu abandonnes ta pauvre mère une nouvelle fois ? sourit Abby en tentant de ne pas faire culpabiliser sa fille.

- C'est surtout compliqué… soupira Clarke en quittant l'étreinte de sa mère pour regarder le plafond.

- Tu es partie pour soulager ton cœur et pourtant quand je parle d'elle… Je connais ce regard, tu m'as l'air tourmentée ma chérie…

- C'est parce que je suis loin d'elle, un océan nous sépare et que, c'est plus que compliqué en fait quand on y pense… sourit tristement la blonde.

- Dis tout à ta maman, je suis là pour ça, tu sais, répondit Abby en attrapant délicatement le menton de sa fille.

- Elle doit se marier, avoua amèrement Clarke.

- Se marier ? interrogea Abby encore plus confuse.

- Ouaip… Avec un habitant du village pour sauver la ferme de ses parents, parce qu'il a promis d'y investir s'il lui donne ladite ferme qui restera quand même dans le giron familial blablabla, une sorte de viager si tu préfères… C'est complètement tordu.

- En effet… Et elle l'aime aussi ?

- Je crois que c'est ça le pire… Elle le déteste.

- Et toi que viens-tu faire là-dedans ?

- Moi… Je suis tombée follement amoureuse d'elle à la seconde où je l'ai vu, à mon grand désespoir…

- Clarke… Je ne veux pas te blesser ou anéantir tes espoirs, mais… Ton histoire me semble compromise… lui dit doucement Abby.

- Elle a promis qu'elle serait libre à mon retour, qu'on pourrait être ensemble.

- Ensemble, pour combien de temps ?

- Pour toujours ! J'espère… confia la blonde du bout des lèvres.

- Je vois… Tu t'installerais définitivement en Irlande pour elle ?

- Maman… Oui, je pense… souffla Clarke qui pensait déjà à ce que pourrait être sa vie loin de l'Amérique.

- Tout ça va peut-être un peu vite, mais je vois que ce n'est pas qu'un simple béguin… constata Abby en souriant.

- Non… Je crois que je n'ai jamais été aussi… Amoureuse… Enfin c'est plus que ça même… La première fois que je l'ai vu, j'ai eu cette sensation de bien-être qui m'a envahi, je me suis sentie soudainement entière… Je… J'ai… balbutia Clarke qui cherchait les mots les plus justes pour décrire ce qu'elle éprouvait pour Lexa.

- Eu le coup de foudre ?

- Je crois oui que c'est ça, comme si mon âme était liée à la sienne et que l'on était faite pour se rencontrer, tout est si facile avec elle hormis cette histoire avec Bellamy et sa mère…

- Tu as une photo pour que je mette un visage sur ce doux prénom ?

- Euuuuuh non, répondit trop rapidement Clarke en songeant à la dernière photo que la brune lui avait envoyé, enfin si, tiens voilà, montra-t-elle en utilisant l'avant-dernière photo sur laquelle elle s'était arrêtée avant que sa mère entre dans sa chambre.

- Ah oui… Je comprends, sourit Abby en observant le cliché qui mettait en scène la magnifique brune aux yeux verts et son amie, ce regard… C'est…

- Ce qui m'a perdu, oui… rit légèrement Clarke en se rendant compte qu'elle agissait comme une adolescente.

- Clarke… Je ne peux t'empêcher d'y retourner, mais fais attention à ton cœur… De toute manière, je suis capable de monter dans le premier avion pour lui botter les fesses à ton Irlandaise… grommela la mère de la blonde.

- Il faudrait que tu viennes un jour…

- A t'entendre parler, tu es déjà installée…

- Ce que je veux dire c'est que ça te ferait du bien à toi aussi, quitter tout ça, cette pollution, ces immeubles gris, ton travail ultra stressant, retourner sur les traces de Papa, de votre rencontre ça peut être une bonne thérapie… conseilla Clarke.

- Un jour peut-être…

Abby déposa un baiser sur le front de sa fille et la prit de nouveau dans ses bras. Elle pensa que sa petite tête blonde avait quitté l'Amérique pour s'apaiser, mais qu'un nouveau tourment était en train de pointer le bout de son nez. Et ce tourment prenait l'allure d'une magnifique Irlandaise au regard magnétique. Elle ne pouvait lui en vouloir, sa fille avait toujours aimé les belles femmes, mais cette fois-ci, Lexa la plongeait dans un état différent, le même qu'elle avait connu lorsqu'elle avait rencontré Jake. Elle savait que le chemin avait été difficile pour sa fille, s'accepter avait été une dure épreuve dans laquelle elle lui avait apporté un soutien sans faille ne se préoccupant que de son bonheur. En revanche, le regard des autres l'avait profondément marqué dans sa jeunesse, et malgré cela elle était devenu une femme forte qui s'assumait. Mais l'Irlande était un autre pays, où certaines mœurs n'étaient encore que peu acceptées, et elle savait que sa fille risquait de revenir un jour avec le cœur en mille morceaux.

La banlieue de Chicago s'était recouverte d'un épais manteau blanc et Noël était rapidement arrivé. Abby avait pu voir à quel point sa fille avait changé. L'Irlande l'avait apaisé, mais elle la trouvait pensive, lointaine, ne s'intéressant que peu aux conversations et laissant divaguer son esprit vers l'île émeraude, là où la plus belle des cavalières aux yeux couleur forêt l'attendait. Abby pensa que sa fille avait laissé une part d'elle là-bas et qu'elle ne pourrait l'empêcher d'y retourner même si l'idée de voir repartir Clarke lui fendait le cœur. Raven, celle qu'elle avait toujours considéré comme sa fille et Clarke comme une sœur était bien là avec elle presque tous les jours, mais en partant, sa petite blonde avait elle aussi emportée une partie de son cœur. Elle sourit en pensant aux deux filles qui avaient grandi si vite, elle les revoyait enfants, puis adolescentes, jamais loin l'une de l'autre. L'odeur des pancakes qu'elle était en train de préparer avait d'ailleurs dû réveiller les deux ventres sur pattes. Des bruits de pas se firent entendre dans les escaliers de bois et Abby aperçut les deux jeunes femmes.

- Allez Clarke ! C'est Noël ! Décolle tes yeux ! Tu pourras dormir après ! lui lança Raven en la tirant dans les escaliers alors que Clarke se frottait les yeux.

- Naaaaaan… Je suis fatiguée… grogna la blonde.

- Hé tu sens cette odeur ? lui demanda l'hispanique en emplissant ses narines d'une odeur qu'elles connaissaient bien toutes les deux.

- Humm, grogna une nouvelle fois Clarke encore trop endormie pour reconnaître les effluves qui s'échappaient de la cuisine.

- Cette odeur de cannelle et de… Pancakes de Noël de Mama Griffin... chuchota Raven avec envie en sachant pertinemment que les yeux de Clarke allaient s'ouvrir instantanément à cette annonce.

- Toi, tu sais comment me tirer du lit… rit Clarke en se dépêchant de descendre les escaliers tout à fait réveiller.

- Stooooop ! les arrêta Abby alors que la blonde et la brune se jetaient sur l'assiette de pancakes, les cadeaux avant toute chose !

- Ta mère a raison, les cadeaux arrivent en tête des priorités le jour de Noël, tu te goinfreras après, ajouta Raven qui se dirigea vers le sapin avant de se jeter sur ses paquets, un bout de pancake dans les mains.

- Clarke, j'ai reçu un colis il y a quelques jours en provenance d'Irlande, je me suis doutée que c'était une surprise, je pense qu'il est pour toi, dit Abby en tendant un gros paquet à sa fille.

- Mon dieu… J'espère que ta belle irlandaise ne t'a pas offert des trucs co…

- Raven ! C'est Noël ! Et puis ça pourrait venir de n'importe qui…

- Ouvre-le ma chérie ! s'impatienta sa mère.

Clarke déballa le paquet avec soin, le cœur battant, Lexa ne lui avait pas mentionné le fait qu'elle lui avait envoyé un colis lors de leur coup de téléphone quotidien. Elle espérait tant que le cadeau vienne de sa brune, et elle pensa que quelques vêtements marqués de son odeur seraient son plus beau cadeau de Noël.

- Wooow ! Il sent le bouc ce pull ! fit Raven en se pinçant le nez après que Clarke ait sorti le vêtement du colis.

- Tu n'as jamais vu de bouc Raven, tu ne peux pas savoir ce que ça sent… soupira la blonde.

- Ouais, mais j'imagine que ça peut sentir ça !

- Alors c'est Lexa qui te l'a offert ? demanda Abby en passant derrière Clarke pour lire avec elle la note que la brune lui avait laissé.

« Toute Irlandaise se doit d'avoir son pull tricoté par une Ancienne avec la laine des moutons du berger du village. Ce n'est pas grand-chose, mais joyeux Noël mon Américaine, reviens-moi vite... Lexa.».

- Oui c'est bien elle, sourit Clarke, enfin… Il a été tricoté par Carman avec la laine des moutons des Fitzpatrick, présuma la blonde songeuse.

- On dirait que Ballydangan semble t'avoir adopté ma chérie, remarqua Abby en touchant le précieux pull de ses longs doigts.

- Ahah ! Trop mignon ! lança Raven qui venait de lire la note de la cavalière, je suis sûre qu'elle est en train de t'imaginer seulement vêtue de ce pull !

- Rae ! s'exclama une nouvelle fois Clarke qui ne savait plus comment gérer les réflexions de la brune.

- En tout cas, il est magnifique, regarde ce travail, il y a même un arbre…

- Un arbre ? interrogea Clarke avant de retourner le pull que sa mère lui tendait, c'est le symbole du clan de sa famille… expliqua la blonde quelque peu émue.

- Fais gaffe Griff' ça sonne comme une demande en mariage tout ça… lança Raven sans mesurer ses propos ce qui lui valu le regard noir d'Abby, hum désolée… Au fait ! Tu vas pouvoir me la présenter en vrai, vu que tu gardes tous les détails sur elle complètement secrets, je n'ai même pas pu la trouver sur les réseaux sociaux parce que tu n'es pas amie avec elle, c'est fou ça ! se reprit l'hispanique sentant qu'elle venait de jeter un énorme froid, j'ai pris des vacances et un billet pour dans un mois et demi pour partir à la découverte de l'Irlande et de la fameuse Lexa !

- Toi en Irlande ? s'amusa Abby en relevant un sourcil.

- Tu doutes de mes capacités de survie ?

- « Survie », tout de suite les grands mots… soupira Clarke en levant les yeux au ciel, pensant que son amie exagérait.

- De ce que m'a dit ta mère, Ballydindanjesaispasquoi est juste perdu au milieu de nulle part, peu de réseau, pas de grands magasins, des routes d'un autre âge ! Ça va être une réelle aventure pour moi !

- Mais le calme qui y règne et la vue sur l'océan valent bien tout l'or du monde… défendit Clarke.

- Oh et puis il y aura bien quelques personnes sympas et quelques bières à partager ! Hein Clarke ? demanda l'hispanique tentant de se rassurer après avoir pris en compte ce que venait de lui annoncer la mère de la blonde.

- Ne t'inquiète pas, on ne s'ennuie jamais à Ballydangan… répondit Clarke songeuse en repensant aux mots d'Octavia.

Lexa se tenait avachie dans le fauteuil de cuir près de la cheminée de la maison familiale. La brune guettait sans cesse le moindre signe de Clarke, un message, un appel, une photo lui réchaufferait le cœur, et cela même si l'Américaine l'appelait tous les jours. Elle avait l'impression que les vacances de la blonde la plongeaient dans une attente sans fin. Chaque matin, Lexa se réveillait le cœur serré de ne pas trouver la médecin à ses côtés. Ses réveils autrefois dynamiques étaient plus lents, plus mornes depuis que celle qui illuminait sa vie avait regagné sa mère patrie. Octavia avait bien tout fait pour lui changer les idées, mais tout lui rappelait Clarke, le pub, ses cours d'équitation, son cottage, ses draps qui avaient gardé son odeur, la couleur de l'océan qui longeait la côte de Ballydangan… Lexa se sentait comme Esus, la dieu qui avait vu partir son amour pour guider ses ancêtres Irlandais jusqu'à la terre promise, la tristesse érodait son cœur de jour en jour, et même si elle savait que la blonde serait bientôt de retour, elle n'arrivait à trouver aucune réjouissance, elle la voulait maintenant.

- Tu pourrais sourire et faire bonne figure, c'est Noël… grommela tout bas Bellamy.

- J'ai eu une longue semaine Bellamy, entre les cours d'équitation, et ma préparation pour la prochaine course… Je suis juste fatiguée...

- Tu crois que je ne le suis pas ? Que mes déplacements ne me fatiguent pas ?

- Je n'ai jamais dit ça… soupira Lexa qui voyait déjà le brun sortir de ses gonds.

- Dis-toi bien que c'est pour toi que je fais tout ça, que je fais prospérer mes affaires…

- Non Bellamy, tu le fais pour toi, pas pour moi, rétorqua sèchement la brune.

- Je pars demain pour les États-Unis, tu pourrais au moins faire semblant d'être plus aimable avec moi.

Lorsqu'il avait apprit qu'il était invité à un salon gastronomique de renommée mondiale à New-York, Bellamy ne sut si elle devait sauter de joie où se préoccuper du comportement de Lexa. Mais toujours aussi avide de réussite et d'argent, il avait décidé de prolonger son séjour aux États-Unis pour quelques mois afin de présenter ses produits à l'ensemble du pays, en pensant qu'il n'avait pas à s'inquiéter puisque Siobhan était bien trop fidèle à sa ferme et à lui-même pour laisser Lexa faire la moindre bêtise jusqu'au mariage, et puis son père avait aussi été souvent très absent et pourtant sa mère l'avait supporté et elle n'était jamais partie… Qu'est-ce que Siobhan pouvait être bête pensa-t-il lorsqu'il la revu signer ce contrat sans jeter un seul œil aux clauses les plus importantes… Bellamy riait intérieurement en songeant à la tête qu'allait tirer tous les O'Woods et Siobhan la première quand elle se rendrait compte de sa terrible erreur…

- Parce que tu l'es ? se rebella Lexa ce qui le tira de ses songes diaboliques.

- Ne me cherches pas Lexa… grinça Bellamy qui sentait la tension monter en lui.

- Pas de querelle d'amoureux à Noël ! lança Siobhan

- Les querelles d'amoureux ajoutent un peu de piment dans un couple Madame O'Woods ! sourit Bellamy pour faire bonne figure.

- Uniquement quand on est amoureux… marmonna Carman qui était assise prêt de sa petite fille en lui adressant un clin d'œil réconfortant.

- Lexa… Tu n'as pas chaud avec cette écharpe ? Devant la cheminée en plus… Tu vas être malade… gronda sa mère alors qu'elle s'approcha d'elle pour la lui retirer.

- NON ! répondit Lexa en échappant rapidement aux mains de sa mère, j'ai un peu mal à la gorge… feinta la brune sous le regard interrogateur de sa sœur.

- Lex', viens m'aider à changer Erlina dans la salle de bain ! lança Anya pour la dépêtrer de cette situation.

- Je peux le faire ma chérie si tu veux ! proposa Gustus trop gaga de sa fille.

- NON ! lancèrent en cœur les sœurs O'Woods en se dirigeant à l'étage pour profiter d'un peu de tranquillité.

Anya posa Erlina dans les bras de Lexa, et se retourna pour faire fermer la porte de la salle de bain à clef. Elle déposa une serviette sur le seuil sous l'œil curieux de sa petite sœur.

- Pour que notre conversation secrète reste secrète, expliqua la jeune maman avant de s'approcher de sa sœur pour lui retirer son écharpe, montre-moi ça…

- Anya ! Non !

- Oh merde ! fit la jeune maman en mettant une main devant sa bouche ! On dirait une adolescente ! rit-elle en passant ses doigts sur l'énorme trace qui avait pris une couleur bleutée.

- Anya…

- Finalement, elle m'a écouté ! Ça fait combien de temps que tu te traînes ça ? demanda la plus vieille des sœurs O'Woods en reprenant sa fille pour la changer.

- Un peu plus d'une semaine… Et comment ça elle t'a écouté ?!

Anya resta silencieuse et se pinça les lèvres, s'occuper de sa fille semblait être la meilleure diversion face à l'interrogation de Lexa. La jeune maman ne voulait pas que sa sœur pense qu'elle s'était immiscée dans sa vie privée, chose que Lexa détestait depuis que sa mère en réglait les moindres détails. Voyant que sa petite sœur n'allait pas la laisser s'en tirer ainsi, elle reprit :

- Je suis passée chez elle avant qu'elle ne parte, et j'ai bien vu comment vous vous regardiez, et puis cette histoire avec Bellamy… Il faut juste que ça s'arrête Lexa, c'est ridicule. Donc, maintenant ,c'est quoi le plan ? la questionna fermement Anya.

- Quel plan ?

- Ne me dis pas que tu n'as pas pensé aux conséquences de ta petite nuit torride avec le Docteur Griffin.

- …

- Lexa ?! Tu comptes larguer Bellamy la veille de votre mariage ou quoi ? s'exclama Anya, en arrêtant tous ses gestes et pensant sur le moment que sa sœur était totalement stupide.

- Oui voilà ! Pour l'instant c'est le plan !

- Tu sais très bien que malgré tout l'amour que tu lui portes, ça sera Clarke que tu jetteras le jour-J parce que tu flippes ! Tu te rends compte de l'énorme mensonge que c'est ! Tu mens à maman, à Bellamy, mais surtout à toi-même et à Clarke !

- N'oublie pas que c'est pour VOUS que je fais tout ça, que je me marie avec lui pour sauver cette putain de ferme et vos emplois ! s'énerva Lexa.

- Non, MAMAN veut que tu te maries avec lui pour sauver SA ferme. Mais revenons en à nos moutons ! Donc tu n'avais pas pensé à un VRAI plan pour larguer Bellamy ?!

- J'oublie tout quand je suis avec elle, même cette histoire complètement tordue dans laquelle je me suis fourrée… Je ne sais pas comment faire… Je… Je dois penser à vous… Mais il y a elle… commença à paniquer Lexa en faisant les cent pas dans la salle de bain et en se tenant l'arête du nez.

- Lexa. Écoutes-moi bien. Je vois bien que tu n'arrives plus à réfléchir, ni même à faire la différence entre ce que tu veux et ce que tu dois faire, alors que...

- Je pense que me marier avec Bellamy prouve à quel point je suis apte à faire la différence et privilégier ma famille à ce que me dicte réellement mon cœur… la coupa froidement Lexa.

- Laisses-moi finir, les deux sont possibles, si justement tu écoutes ton cœur, ton devoir aujourd'hui c'est d'annuler ton mariage avec Bellamy, et dire la vérité à maman.

- Ouais, peut-être ! Mais on en revient quand même au problème « Comment sauver la ferme de Maman et vos emplois » ! s'emporta une nouvelle fois Lexa.

- Et on en revient à Clarke surtout ! Et moi, Anya O'Woods, je t'interdis de faire du mal à cette formidable blonde, lui lança Anya, les yeux dans les yeux.

- Elle vous intéresse juste parce qu'elle est médecin, sinon vous en auriez rien à faire… marmonna la cavalière.

- Les filles ! Vous en mettez du temps pour changer la petite ! On va passer à table ! héla Carman de sa voix chevrotante.

- Non ! Je l'aime bien ! N'oublie pas qu'elle a mis ma fille au monde et que je l'estime énormément, et je t'aime toi aussi Lex et je veux te voir heureuse… avoua Anya. Et pour la ferme, à vrai dire, Gustus et moi, on ne pense pas passer notre vie ici, Erlina va grandir et Gustus est jeune et travailleur…

- Mais Papa, il n'est plus tout jeune, peu de gens voudront l'embaucher.

- Peu de gens certes, mais il a des amis fidèles, et je vais lui dire que tu as dit qu'il n'était pas tout jeune, tu vas voir comme il va te botter les fesses.

- Et M…

- Maman t'a juste précipitée dans cette histoire en te mettant des œillères parce qu'elle sait que tu ferais tout pour nous et que tu es bornée, et qu'elle est dans son délire « Lexa aime les virils Irlandais ». Mais… Tu dois savoir que Bellamy s'en remettra… Et puis en réalité, je n'ai pas très envie de laisser la ferme à ce petit con, je n'ai jamais pu le blairer, lança Anya plus à elle-même qu'à sa sœur qui sourit à la remarque, et maman s'en remettra aussi, par contre Clarke…

Lexa perdu immédiatement le fin sourire qui s'était affiché sur son visage. Clarke. Elle occupait toutes ses pensées, et pourtant, elle était incapable pour l'instant de tenir la promesse qu'elle lui avait faite. Ce sentiment la rongeait… Lexa avait l'impression de tomber dans un puits sans fin et sans aucun espoir de trouver un moyen de stopper sa chute.

- Dans quelle merde je me suis encore fourrée… finit-elle par souffler.

- Je crois que ça s'appelle l'amour, je vois bien comme tu es mal quand elle est loin de toi, c'est encore pire que lorsque Costia a dû partir… Tu l'aimes ?

- Tellement que j'agis n'importe comment… Je ne voulais pas la blesser, je n'aurais jamais dû… répondit Lexa la gorge serrée par l'émotion.

- Hey Lex… Tu n'y peux rien… Je vois bien que tu agis de manière totalement irraisonnée depuis quelque temps, et c'est assez drôle d'ailleurs, surtout quand tu lui chantes Galway girl dans un pub bondé et que maman enrage comme jamais… plaisanta Anya essayant de consoler sa petite sœur.

- Pfff… fit Lexa en séchant les larmes silencieuses qui coulaient le long de ses joues.

- Les filles ! appela Siobhan pour les prévenir que le repas était servi.

- DEUX SECONDES ! lancèrent agacée les deux filles O'Woods.

- Mais Lex, laisse parler ton cœur, la manière dont tu penses sauver cette ferme, c'est un choix, mais l'amour… L'amour, ce n'est pas un choix, il n'y a pas d'alternative, c'est un sentiment qui fait partie de toi, qui fait que tu es toi et sur lequel tu n'as aucun contrôle. On pourra trouver une solution pour la ferme et pour ce foutu contrat, mais jamais tu ne pourras refouler tes sentiments à moins de finir vieille, aigrie, et avec Bellamy comme mari.

- Mais… J'ai tellement peur de maman…

- Je ne laisserais rien t'arriver cette fois Lex, je te le promets, souffla Anya en serrant sa sœur et sa fille contre elle.

- Et je ne sais pas comment le dire à Bellamy, j'ai peur qu'il devienne fou…

- Qu'il essaye, et c'est moi qui le tiendrais pendant que Gus' lui bottera le cul… On va trouver une solution pour ça aussi, mais pour l'instant essayes de profiter de ta journée.

Anya quitta la pièce laissant sa petite sœur totalement chamboulée par leur conversation. La brune se tenait contre le lavabo, essayant tant bien que mal de reprendre ses esprits. Elle se pinça les lèvres et sa gorge se serra lorsqu'elle pensa aux conséquences que pourraient avoir son mensonge. Octavia lui avait dit d'être forte et courageuse, mais cela lui semblait si dur, elle avait l'impression de devoir déplacer une montagne, elle ne savait pas si elle était capable de trouver la force. Mais la cavalière rêvait d'une vie avec la médecin, elle savait que son cœur lui appartenait, et la blesser serait le pire des crimes qu'elle pourrait commettre. Briser le cœur de Clarke reviendrait à anéantir le sien. Lexa inspira profondément en pensant à ce qui risquait d'arriver, elle devait rester calme, elle s'occuperait des éventuelles solutions plus tard, à présent, elle devait faire bonne figure devant sa famille pour ne pas déclencher un incident en ce jour de fête.


Si tu sens que ça va partir en vrille tapes dans tes mains ! *clap* *clap*

Sinon, contents de l'apparition de Raven ? J'ai hâte qu'elle arrive en Irlande, ça promet de bons moments ^^

Dans le chapitre prochain: "Returns", oui oui un retour au pluriel, et quasiment que du Clexa !

Les reviews :D :

TheFanfic100 : Hey ! Ravie que le chapitre 9 t'ait plu ! Surtout que je n'étais pas totalement satisfaite de la fin (la scène lemon Clexa)… En tout cas merci pour tes compliments et pour ta fidélité !:D

PsychoPast : Ahah je rigole à chaque fois que tu laisses une review:p Je les attends toujours avec impatience ! J'espère que tu trouveras les prochains chapitres tout aussi délicieux ! Et oui… Freestyle is coming… See ya !

Fanny : Tu veux devenir la nouvelle MagRd ?:p C'est vrai que je pourrais publier 2 chapitres par semaine mais j'ai peur de ne pas aller assez vite sur la fin et du coup que vous deviez attendre plus d'une semaine pour les autres chapitres… Mais je vais essayer de faire de mon mieux ! En tout cas merci à toi de prendre un peu de temps pour la lire !

Angelye : Il va falloir patienter un peu pour une telle confrontation ^^ j'espère que les autres chapitres te plairont tout autant.

Fille-de-lune : Merci pour ta belle review:) ! Ça me fait plaisir que tu dises que tu as l'impression d'y être, j'aime te donner l'impression de voir ces petites maisons multicolores, de sentir l'odeur de la tourbe qui brûle, d'entendre le parquet de Clarke qui craque à chaque fois qu'elle fait un pas dans la maison, de te faire dorloter par Molly, de sentir la bruine sur ton visage quand tu te rends au phare, d'emplir tes poumons l'air iodé de l'océan, c'est très important pour moi de te faire entrer dans cet univers, et que tu ressentes Ballydangan plutôt que tu ne le lises simplement :) Merci beaucoup pour tous ces compliments, et j'espère que tu continueras de rêver avec les prochains chapitres :) Pour Bellamy… (je ne dirais rien ahah), et Molly et Carman n'ont pas fini de te faire rire je pense ! A la prochaine !

Lauriehe666 : Ahah non je ne suis pas aussi cruelle pour que Bellamy arrive avec un flingue à ce moment de l'histoire (ne vois aucun spoiler dans cette phrase :p). Molly et Carman sont tellement tops, drôles et bienveillantes à la fois, petite mention +++ pour Carman qui va beaucoup embêter une certaine personne:) Merci pour ton retour !:D

Clexa9223 : Siobhan O'Woods, quelle vieille mégère… Mais je t'avoue que j'adore écrire sur elle… Alors contente de cette apparition de Raven ? On est à sa période Guest avant qu'elle ne débarque concrètement dans l'histoire !

EliamHL : Salut:) si je fais plus d'à côté les chapitres vont faire 20 000 mots ahah et franchement je trouve que ce serait chiant à lire… C'est pour ça que je préfère faire avancer l'histoire tout doucement avec des éléments nouveaux dans chaque chapitre et me limiter à 10 000 mots max (comme beaucoup de fiction longues d'ailleurs). Si on décantait tous les problèmes trop vite je pense que l'histoire ne compterait que 10 chapitres (et y en a qui seraient déçus), et j'ai préféré faire dans l'accumulation de problème plutôt que dans la succession pour éviter que notre Clexa soit en mode « rohlalala toujours des problèmes... ». Et l'histoire se passe dans un village, les gens travaillent, ont une vie, ils ne se voient pas forcément tous les jours, et Bellamy n'est finalement pas souvent là à cause de ses petites ambitions (comme son père d'ailleurs, tu verras c'est un petit truc important pour la suite)… Après peut-être que tu préfères que je mette des « cadre-temps » ? (bien qu'ils soient un peu insérés dans l'histoire déjà pour donner une idée du temps qui s'est passé entre chaque action).

Pour les scènes mère-fille Lexa-Siobhan, patience, leur relation est développée plus tard en fonction de ce qu'on apprend sur Lexa… Là c'était un petit avant goût de la mère O'Woods :p

Enfin bref, je prends en compte tes retours pour mieux maîtriser les codes de la FF si un jour j'en écris une deuxième ;)

A la prochaine ! :)

Lex-Jan : Hey ! Merci de nous rejoindre à Ballydangan !:D Merci pour tes compliments ! En tout cas les moments poignants tu en auras pas mal je pense et de toutes sortes:) Je suis contente que les retrouvailles Clexa t'aient plu car comme je l'ai dit je n'étais pas totalement satisfaite de cette fin de chapitre… Mais j'ai essayé de m'améliorer sur ce genre de moment dans les prochains héhé ;) Lexa et Clarke entre New-York et Chicago ? Ça ressemble à une fuite ça… Pourquoi fuir ? Et fuir quoi… ;) On verra ^^. Mais c'est vrai que ça serait bien que Lexa se rende chez Clarke un de ses jours surtout que la miss n'a jamais vu autre chose que l'Irlande. A la prochaine !

Ewilan lo : Ahah un chapitre posté le lundi c'est pas cool ça ?:p Et Siobhan cette peste arriérée… Pour le projet de Bellamy, tu sembles avoir senti un truc (je te ne t'en dis pas plus à part que la solution est dans la formulation de ce contrat) ^^. A la semaine prochaine !

Edas44 : Je vois que la mère de Lexa te rend dingue alors qu'elle est juste au level 1 de sa méchanceté :p C'est vrai que Bellamy est mieux avec Echo plutôt qu'à souler Lexa :p Merci à toi pour ta review ! Et c'est un plaisir de poster un chapitre dès que je le peux ! :D

Roxdrama: AAAAAAAH beaucoup l'attendait ce chapitre 9 :p Alors je ne sais pas du tout ce que c'est Hart of dixie ! J'irais jeter un coup d'oeil une fois que j'aurais terminé toutes mes séries (Netflix binge watching me voilà...). Le décor est très important pour moi, l'Irlande ça ne se visite pas, ça se ressent... La première fois que j'y ai posé les pieds, je me suis sentie bien, vraiment bien, un peu comme lorsque Clarke arrive à Ballydangan :). Je vois que l'espace-temps te pose aussi un problème, à vrai dire je déteste mettre des "1 mois plus tard... / 1 semaine plus tard..." et je préfère insérer ces cadrages dans l'histoire parce que comme je le disais plus haut, c'est un village, les gens vivent et ne se voient pas forcément tous les jours, ils vivent une vie comme tout le monde vit finalement (bon après si ça pose vraiment problème je peux peut-être faire quelques efforts pour les prochains chapitres :p). Pour te donner une idée directe de cet espace temps, Clarke débarque en Irlande 1 mois après la mort de son père, et repart aux Etats-Unis pour 2 semaines (chapitre 9) au bout de 3 mois et une grosse semaine (à cause de la grippe), ça fait donc 3 mois qu'elle côtoie Lexa (et ok mea culpa je n'ai pas dit quand Lexa s'était fiancée, c'est tout frais dans l'histoire, juste avant que Clarke ne débarque en réalité, en sachant qu'il faut presque 1 an pour organiser un mariage...), enfin bref :p. Ahah pour la suite tu verras bien surtout que ce chapitre 10 n'aide pas vraiment à savoir... A la prochaine !

MagRd: même sans review, bon courage à toi pour les exams et merci beaucoup de nous poster les chapitres de In too deep malgré cette période :p