Thomas se sentait plus que jamais obligé de venir à bout de son projet rapidement. Il lui fallait terminer de récolter assez d'argent pour payer le voyage dont rêvait Margaret depuis leur mariage. Il y était presque, il avait même pour cela réduit sa consommation de Whisky au poste pour économiser encore un peu plus bien qu'il ne soit pas un ivrogne notoire non plus. Les jours passant, il poursuivait inlassablement sa quête tant et si bien qu'il fini par arriver au but fixé. Ce jour là, il ne tarda pas à quitter le poste numéro 4 et à aller acheter les billets de train. Il passa ensuite un coup de téléphone qui, malgré le destinataire, le réjouissait. Il fallait que John soit gardé lors du voyage et il n'avait pas de famille de ce côté de l'Atlantique Margaret si. Et puis, même s'il avait quelques amis ici, il ne se voyait pas confier son fils à l'un d'eux. Il n'avait donc d'autres choix que de confier le petit à la sœur de Margaret. Une fois les détails de l'organisation réglés, il rentra chez lui l'air satisfait. Margaret était sortie avec le petit ce qui lui laissait assez de temps pour commencer à préparer sa surprise. Il voulait que cela soit au moins aussi bien que celle de Margaret pour son anniversaire. Il s'attendait cependant à ce qu'elle émette des doutes à un tel voyage et surtout à laisser John une semaine durant. Elle était si attachée à cet enfant ! Nul doute qu'elle s'inquiéterait quoi qu'il en soit. Il était temps pour lui d'annoncer la nouvelle à sa femme. C'est donc l'estomac noué qu'il rentra chez lui ce soir là mais il ne laissa rien paraître. Thomas avait sa fièreté tout de même !

« Margaret, je suis content de te voir ! »

euh oui, bien voilà une entrée en matière guère tonitruante... Il se reprit. « Enfin, je sais je te vois chaque jour et j'en suis ravi mais j'ai quelque chose à te dire aujourd'hui... Pour mon anniversaire tu m'a offert un cadeau inestimable alors à mon tour je souhaiterai t'offrir quelque chose. Notre mariage n'a pas eu de lune de miel aussi dans deux jour nous partirons enfin. » Il laissa à la nouvelle le temps de faire son chemin. Margaret s'était figée, dans son esprit des tas de questions se bousculaient. Comment avait il pu payer un voyage ? Qu'allaient ils faire du petit ? Et le poste de Thomas ?

« Mais Thomas et John ? Nous ne pouvons l'emmener ni le laisser... »

« Tout est arrangé demain, ta sœur et son époux viendront le chercher et ils s'en occuperont jusqu'à notre retour. Quand à mon poste au sien de la police, j'avais des jours de congés à prendre. »

« Oh je vois, tout est donc déjà organisé... » Ne pas avoir été prévenue plus tôt la perturbait mais elle devait bien admettre que partir enfin en voyage de noces avec Thomas était une perspective réjouissante. « Je n'ai pas mon mot à dire mais j'avoue être agréablement surprise... » Elle avait rarement vu Thomas prendre autant d'organisation en main. « Merci » et elle déposa sur sa joue un tendre baiser.

Margaret passa les deux jours restant à préparer le voyage et à profiter de son fils comme si elle avait peur de manquer de lui, de ne pas supporter l'éloignement... C'était assez touchant de la voir comme ça. Enfin, le jour fatidique arriva, sa sœur et son mari étaient arrivé de bonne heure et se firent une joie de monopoliser John. Au moins il ne serait pas malheureux durant l'absence de ses parents. Le couple s'éclipsa discrètement, monta dans le fiacre et arriva à la gare. Margaret ne savait toujours pas leur destination et l'impatience commençait à se lire sur son visage. Le trajet en train fut un peu long mais ils admirèrent le paysage et en profitèrent pour discuter sans craindre d'être dérangé par les pleures de John réclamant à manger. D'ailleurs le silence qui régnait leur était totalement étranger ces derniers mois. C'était à la fois délectable et inquiétant pour eux. Margaret et Thomas se surprirent même à se demander si John allait bien vu qu'il n'avait pas pleurer encore et finirent par en rire. Ce petit break leur ferait du bien. Ils arrivèrent enfin à destination. Thomas portait les bagages quand Margaret compris où ils venaient de débarquer.

« Thomas, nous allons aux chutes du Niagara ?! »

Elle eu pour réponse un large sourire. Visiblement elle semblait heureuse alors Thomas l'était aussi. Il avait réservé une petite chambre dans l'un des hôtels où les visiteurs allaient et venaient près du comptoir. Une grosse femme leur donna les clefs et ils allèrent poser les valises. Margaret se laissa tomber sur le lit un fin sourire aux lèvres.

« Merci Thomas. »

Ces deux mots étaient simples, mais ils le remplissaient de joie. Il avait travaillé dur pour offrir ce voyage à son épouse, pour lui offrir le voyage de noces qu'elle méritait. Aussi il était ravi et fier de la voir heureuse. Après s'être installé durant quelques minutes, ils redescendirent et se dirigèrent vers l'attraction du site : les chutes. Il devait bien avouer que le lieu était assez impressionnant. On se sentait assez insignifiant face à ces immenses chutes d'eau. Ils étaient sur place pour quelques jours seulement aussi Thomas avait déjà organisé une bonne partie du séjour. Le lendemain, ils avaient rendez-vous devant les chutes avec un photographe afin d'immortalisé ce voyage. En un sens il avait l'impression de se marier une seconde fois. En attendant, ils étaient libres de profiter de leur temps libre. Margaret pris l'initiative de prendre la main de Thomas. Le temps sembla se suspendre, ils restèrent main dans la main pendant un certain temps puis elle vint se blottir contre lui. Quand le soir tomba, ils marchèrent de nouveau vers l'hôtel et prirent leur repas. La soirée fut douce et agréable.

Le lendemain matin, ils prirent tout leur temps, le photographe n'était pas attendu avant 14h. Aussi ils prirent la décision de découvrir un peu le lieu. La photographie fut prise assez rapidement. Tous deux furent assez assidus et se prêtèrent volontiers au jeu. Ce souvenir-ci trônerait sans doute au dessus de la cheminée ou sur une des commodes de la maison. Ainsi jamais ils n'oublieraient ce voyage de noces. Le reste du séjour fut partagé entre balade en calèche, à pieds et moments calmes à l'hôtel. Trois jours plus tard, il était temps de rentrer. Les bagages étaient fin prêtes, le train sifflait une épaisse fumée. Toronto leur sembla long car bien qu'ils aient passé un excellent séjour, John leur manquait tout de même. C'est donc sans tarder sur les quais qu'ils rentrèrent chez eux où les attendaient la sœur de Margaret et le petit John. Ils furent accueillis par de grands cris de joie et des câlins auxquels ils ne se firent pas prier pour répondre. Ils invitèrent sa sœur à rester dîner mais elle refusa et ce pour leur plus grand plaisir. Ce soir là, les valises ne furent pas défaites et le petit John fut couvert de baisers comme si ses parents s'étaient absentés des mois durant et non cinq jours.