Annonce : Cette histoire ne m'appartient pas, et je ne touche pas d'argent sur ce travail. Le monde de Harry Potter appartient à J.K.Rowling et cette histoire est une traduction de Hand-Me-Down Clothes de Quillitch.
Voilà, me voici de retour avec un nouveau chapitre, qui aurait dû être posté plus tôt, mais j'ai été un peu débordé par la quantité de travail qui nous est tombée dessus… Soit dit en passant, je remercie tous ceux qui m'ont souhaité bonne chance pour mes examens, je les ai eus et ce chapitre fait office de cadeau… Même si le délai traditionnel pour souhaiter les vœux de bonne année est passé, cela ne m'empêche pas d'espérer qu'il ne vous arrive que des bonnes choses pour cette nouvelle année !
Bien entendu, je remercie tout mes reviewers :
naruto 194, NEPHERIA, Anaïs, Eliel Imlaris, C Elise, anaïs72, Paradise of Readers, grispoils, laurie, Gwladys Evans, zaika, adenoide, Angie, taraxacum.officinalis, Eileen ana, louise et P'tite Lune, (trop contente d'avoir enfin de tes nouvelles !).
Mais aussi tous les lecteurs anonymes de cette histoire (vous êtes un peu plus de 19 600 !) et ceux qui m'ont mis dans leurs alerts ou histoire/auteurs Favoris.
Je ne sais pas quand je pourrai mettre en ligne le dernier chapitre, j'ai pas mal d'exposés à préparer, le plus rapidement possible j'espère, mais je dois avouer qu'il ne me tarde pas de terminer cette aventure, j'ai du mal à me dire que le prochain chapitre est le dernier, sniff…
Bonne lecture à tous,
Emmanuelle Dumbledore.
Les vêtements usagés.
Chapitre Dix !
"Pensez-vous qu'il va l'aimer ?"Demanda Dumbledore.
"Je n'en ai pas la moindre idée,"dit Minerva McGonagall en passant sa tête dans une grande penderie bleue. "Mais cela doit être certainement mieux que de dormir au pied de votre lit."
"Si vous aviez vu sur quoi il dormait avant…"répondit Dumbledore, une étincelle de colère passant dans ses yeux. Minerva McGonagall le dévisagea d'un regard pénétrant.
"A quel point était-ce terrible Albus ?"Questionna-t-elle.
"Sa chambre était un placard,"révéla Dumbledore, ses lèvres pincées.
"Pourquoi n'avez-vous pas vé-" McGonagall stoppa net sa phrase pleine de reproche.
"Pourquoi ne suis-je pas allé vérifier ses conditions de vie avant ?"Finit Dumbledore pour elle, de l'amertume nettement présente dans le timbre de sa voix. "Parce que je ne suis qu'un vieil imbécile aveugle, j'ai uniquement pensé à le protéger contre les Mangemorts, je n'ai pas envisagé que sa propre famille lui ferait du mal."
"Ils ne l'ont pas… ?"Minerva eut l'air horrifié.
"Non…des brutalités occasionnelles mais…. Non, non, pas ce que vous êtes en train de penser."
"Merci Merlin,"soupira de soulagement le Professeur de métamorphose. "Albus, ce n'est pas ce que je voulais sous-entendre. Vous ne pouvez être tenu responsable des actions de ses parents moldus."
"J'aurais dû garder un œil sur lui ! J'étais le seul qui le pouvais !"
"Vous n'y pouvez rien, et vous le savez ! Vous n'auriez pas pu savoir, vous n'avez rien su, et c'est du passé. C'est ce que vous donnez à Harry qui compte maintenant, ce dont il a besoin, une famille, de l'amour et de la sympathie,"parla-t-elle résolument et avec beaucoup de passion.
"Vous avez raison bien sûr,"dit Albus après un moment d'intenses réflexions. "Et je dois vous remercier de m'avoir une fois de plus éclairci les idées et d'avoir ouvert mes yeux sur la vérité à ce propos."
"Bien,"dit Minerva, "ce qui revient à admettre que sans moi votre image publique ne serait pas aussi bonne."
"Quelle modestie, ma chère,"déclara Albus en souriant.
"J'essaye toujours de dire la vérité,"répondit-elle, ses lèvres s'étirant légèrement vers le haut, seule indication de son sourire.
"Travaillez plus dur,"murmura Dumbledore, alors qu'au même moment ils entendirent au loin une porte se fermer en claquant, puis un bruit impressionnant de chute d'objets résonna sinistrement à travers le corridor. Il semblait que le vase Ming hautement précieux de Dumbledore venait juste littéralement de se convertir en une antiquité sans valeur.
"Oups,"fit la voix d'un garçon. "Désolé Mr Dippy, c'est à cause du courant d'air provenant de la fenêtre ouverte du bureau de Grand-Père."
"Dippet,"répondit une voix étouffée et légèrement irritée. "Maintenant si tu pouvais juste extirper mon cadre des rideaux…"
"Je ne peux pas,"dit Harry semblant préoccupé. "Fumseck est quelque part ici, je ne veux pas l'écraser."
"Appelle un Elf de Maison,"marmonna la voix vieillie du Directeur Dippet.
"Peggy était avec moi,"dit Harry, une note maintenant de culpabilité dans la voix. "Je pense qu'elle est la chose se mouvant sous le tapis."
"Une chose mouvante ?"Répéta Dippet, inquiet. "Ce n'est pas un Elf de Maison garçon, ne serait-ce pas plutôt un serpent ? Ma parole, c'est un serpent, à l'aide ! Que quelqu'un vienne nous aiiiider !"
"Ce n'est pas un serpent, Mr Des Prés, c'est la plante rampante de Grand-Père !"
"Plante grimpante ! Est-ce que tu sais ce que ces choses peuvent faire aux portraits, garçon ? Le sais-tu ! Elles te déchiquètent et te déchirent, te mangent, te rongent, je vais mourir !!"
"Vous êtes déjà mort,"fit remarquer inutilement Harry. "Ressaisissez-vous, je pense que je peux attraper la plante."Il y eut des bruissements puis un caquètement perçant et très mécontent.
"Oups,"dit encore Harry. "Désolé Fumseck."
"A l'aide !"Cria le Directeur Dippet, prit de panique. "Quelque chose me chatouille le genou !"
Il y eut de nombreux et bruyants grincements ainsi que des sons de craquements malsains.
"Je pense que nous ferions mieux de nous joindre à la fête,"dit Dumbledore à son adjointe qui lui jeta un coup d'œil perçant.
"Vous l'avez adopté,"lui rappela-t-elle. "Je ne crois pas avoir reçu d'invitation !"
"Vous n'en avez pas besoin,"dit Dumbledore, "vous faites parti de la famille."
"Je suis touchée,"répondit-elle d'un ton sec. "Maintenant vous feriez bien d'aller secourir votre Petit-Fils avant que les murs de Poudlard s'effondrent autour de nous."
"Où allez-vous ?"Demanda-t-il curieusement.
"A l'abri,"dit-elle succinctement, et elle partit en utilisant le réseau de cheminée.
Dumbledore grommela quelque chose dans sa barbe qui sonnait suspicieusement peu flatteur.
"Harry James Potter-Dumbledore,"dit-il sinistrement alors qu'il s'avançait dans le corridor. "Qu'est-ce que tu as fait ?" Et il eut la satisfaction de voir un Harry très mal à l'aise sursauter. "Mon vase !"S'exclama-t-il en le voyant en miette, puis il inclina sa tête à quatre-vingt dix degrés pour mieux voir ce qu'il y avait sous les rideaux. Il semblait que l'armure de Sir Urchfont tentait de rassembler ses morceaux et de se reconstituer par elle-même mais avait par erreur emprisonnée à l'intérieur de son armure un Fumseck distinctement froissé. Dumbledore dévisagea le petit garçon aux cheveux noir se tenant derrière l'amas d'objets.
"Coucou Grand-Père,"dit Harry en lui faisant son plus beau sourire qui insinuait : 'je-suis-innocent-tant-qu'on-a-pas-prouvé-ma-culpabilité.'
Son Grand-Père éleva un épais sourcil blanc. Le silence se prolongea pendant qu'il cherchait quelque chose d'approprié à dire mais comme rien ne lui venait à l'esprit, il se mit à rire- d'un grondement profond et admiratif qui inquiéta Harry.
"Grand-Père?"S'enquit-il en se tenant fébrilement sur une jambe.
"Viens ici, Harry,"dit son Grand-Père, lui disant de s'approcher en lui faisant un signe avec son index. Harry traversa le parcourt d'obstacles que constituait sa maison en sautillant pour finalement atteindre le vieil homme. "Essaye de ne pas faire de cela une habitude, Harry,"dit Dumbledore, puis avec un large mouvement circulaire de son bras, remit de l'ordre et rectifia ce qui n'allait pas dans le corridor.
"Par ici jeune Potter-Dumbledore,"proclama-t-il joyeusement alors qu'il pivotait et parcourait le corridor. Le petit garçon, la bouche ouverte et intimidé, le suivit docilement. Ils s'arrêtèrent devant une des nombreuses portes de Grand-Père, une que Harry ne reconnaissait pas. Apparemment elle avait été polie récemment car la poignée arrondie en laiton de la porte réfléchissait une image déformée du nez de Harry.
"Bienvenue !"S'exclama son Grand-Père, "dans ta propre chambre !"Et la porte, qui avait apparemment été en train de lire l'écriteau, s'ouvrit devant eux, sans même avoir besoin d'être poussé.
La première chose que Harry remarqua fut l'arrangement de couleurs. Le lit à baldaquin (d'une taille plus modérée que celui de Dumbledore) au centre de la pièce avait des couvertures d'un bleu clair et des rideaux d'un bleu plus foncé. L'énorme tapis qui recouvrait le sol de pierre polie était d'un rouge rubis et de superbes lions prétentieux donnant des coups de pattes à des ennemis invisibles y étaient tissés, alors que la tapisserie était d'un vert rafraîchissant avec une frise en hauteur représentant des attrapeurs à la poursuite de leurs Vifs d'Or.
"Regarde en haut !"Incita Dumbledore, tout embrasé d'avance. Harry leva les yeux vers le plafond qui s'élevait haut au-dessus et fut immédiatement ravi de voir un ciel d'un bleu d'été avec de gros nuages paresseux dérivant sur tout le long. Une maquette d'avion vrombit au-dessus de leurs têtes, l'hélice tournoyante, et bourdonna avec frénésie lorsqu'il traversa un nuage, dessinant derrière lui des serpentins blancs.
Heureusement, Dumbledore ne s'était pas mis en tête de décorer le mobilier ; une penderie et une commode renfermaient les vêtements de Harry, une grosse boîte de jouets peinte se trouvait au pied de son lit. A côté de la tête du lit avait été placé une table de chevet qui reposait sur de longs pieds cannelés et fluets, semblables aux pattes d'un oiseau, et avait une lampe flottant juste au-dessus d'elle, lisse et sphérique, comme l'œuf d'un dragon.
Harry fit lentement le tour de la pièce, comme s'il ne pouvait vraiment pas en croire ses yeux, et ses pieds le portèrent au bout de la chambre devant la fenêtre, typique de Poudlard : haute et large avec beaucoup de carreaux de verres, laissant entrer en abondance la lumière du soleil d'août dans la pièce. Il y avait un gros coussin rembourré sur la saillie de la large fenêtre pour pouvoir s'asseoir dessus et admirer le panorama qui donnait sur la lisière de la forêt et sur le terrain de Quidditch. Cela pourrait lui fournir des tonnes d'excuses pour venir regarder des parties de Quidditch. Le petit garçon tira distraitement sur le cordon des rideaux qui en se libérant s'avérèrent être regrettablement violet avec des bordures de couleur jaune, mais cela ne sembla pas troubler Harry.
"Harry,"dit Dumbledore, "viens par-là."
Harry pivota et revint docilement aux côtés de Dumbledore. Son Grand-Père s'était dirigé vers un côté de son lit et avait décroché du mur un cadre contenant une photographie.
"C'est ta mère et ton père, Harry,"dit doucement Dumbledore en tendant la photographie au petit garçon aux cheveux noirs et désordonnés. Harry l'a pris et regarda très solennellement ses parents pour la première fois, puisqu'il ne gardait pas de souvenirs de sa toute petite enfance. Sa mère le tenait dans ses bras, et son père avait passé les siens autour d'eux deux. Ils étaient en train de faire une sorte de demi-danse loufoque, et ils riaient comme s'ils savaient à quel point ils devaient paraître ridicules. Ils semblaient heureux et amoureux, échangeant librement des baisers, bébé Harry rigolant et tirant les cheveux de sa mère. Harry ne se souvenait pas d'avoir jamais été embrassé ou tenu de cette manière, et pour une quelconque raison il se sentit triste, même s'il savait qu'il devait être heureux de les voir, alors il supposa que c'était parce qu'ils étaient morts et qu'il ne les connaîtrait jamais, ne les rencontrerait jamais.
"J'aimerais qu'ils soient ici,"dit-il soudainement. Son Grand-Père serra gentiment son épaule, lui indiquant qu'il comprenait. Harry passa en revue sa chambre, qui était vraiment plutôt dépouillée, le mobilier ne prenait pas beaucoup de place et il n'avait pas suffisamment d'effets personnels pour l'encombrer, mais elle était lumineuse et spacieuse, extrêmement colorée et, le plus important, c'était la sienne ! Brusquement, et au plus grand étonnement de Dumbledore, il éclata en sanglots.
"Harry !"S'exclama Dumbledore, désagréablement choqué. Il mena Harry vers le lit et après seulement un instant d'hésitation, il prit le garçon maigrichon sur ses genoux. "Qu'est-ce qui ne va pas, gamin ?"Demanda-t-il, passant fermement ses bras autour de Harry et en le berçant de manière apaisante. Harry ne répondit pas, mais après un moment, la tempête de larmes s'atténua et il resta immobile, ses mains agrippées aux robes de Dumbledore, le visage enfouit dans la somptueuse étoffe.
"Tu n'as pas à dormir ici si tu ne le veux pas,"dit finalement Dumbledore, non sans hésitation, essayant de trouver ce qui n'allait pas. Harry secoua sa tête dans les robes de Dumbledore. "C'est à cause de tes parents ?"Demanda-t-il.
"Non,"se fit entendre la voix légèrement étouffée de Harry. "Un peu, peut-être. J'aime bien ma chambre."
"Bien."
"Tu ne vas pas me quitter, n'est-ce pas ?"Demanda tout d'un coup Harry.
"Non cher garçon, je ne t'abandonnerai jamais, je t'ai fait une promesse, tu te souviens ?"
"Mais je ne suis pas ton vrai Petit-Fils,"chuchota misérablement Harry, sa peur secrète refaisant surface.
"Si tu l'es,"contredit Dumbledore. "Tu es mon Petit-Fils, Harry, et je t'aime très, très fort. Et cela ne changera jamais !"
Harry frotta ses yeux, des larmes coulèrent le long de ses joues mais il n'y prêta pas attention lorsqu'il admira les yeux bleus et brillants de son Grand-Père d'adoption. "Je t'aime aussi,"dit-il, et il leva timidement son visage pour embrasser subitement le vieil homme et il jeta ses bras autour de son cou, dans une accolade étouffante. Albus Dumbledore retourna férocement l'étreinte.
Harry s'écarta, "à tout jamais,"dit-il gravement, et devant l'air confus de son Grand-Père, Harry élabora. "Je ne vais pas te quitter non plus, jamais, et je ne vais jamais, jamais, jamais cesser de t'aimer." Il lui fit un large sourire épanoui. "N'est-ce pas super ? Nous avons une famille !"
Et puis, sans plus de cérémonie, il glissa des genoux de son Grand-Père pour se lancer à la poursuite de la maquette d'avion qui tourbillonnait dans les airs.
La situation n'était pas si réjouissante dans le corridor. Fumseck s'était assis patiemment durant près de vingt minutes avant de commencer à ne plus pouvoir tenir en place, au bout de cinquante minutes il était plutôt irrité mais ce délai dépassé, il était furieux ! Il piailla avec indignation dans sa cage très inconfortable et cogna son bec, sans résultats, contre le plastron de Sir Urchfont. Après qu'un certain temps se soit écoulé, il renonça à se plaindre vocalement et à la place, tout ce qui pouvait être entendu était un bruit métallique répétitif, qui résonnait dans le couloir, et une armure qui avait le sentiment de souffrir d'une très mauvaise indigestion.
La première nuit que Harry passa dans son propre lit, il prit vraiment conscience de la grandeur et de la largeur de sa chambre, mais aussi de la distance qui le séparait de son Grand-Père. Il était cependant déterminé à rester brave et se mordilla les lèvres, remonta les couvertures et les serra autour de lui, puis regarda les étoiles scintiller, lointaines au-dessus de lui, sur son plafond enchanté.
Plus tard, quand le petit Harry fut profondément endormis depuis déjà un certain temps, Dumbledore se glissa dans la pièce et lissa les couvertures puis il se pencha et embrassa doucement le front à la cicatrice, pour souhaiter au garçon une bonne nuit.
"Qu'est-ce qu'on va faire aujourd'hui ?"Demanda curieusement Harry lorsque son Grand-Père rajusta ses nouvelles robes de sorciers qui étaient arrivées par hiboux ce matin.
"Aujourd'hui, jeune homme, nous allons visiter un village entièrement sorcier qui s'appelle Pré-au-Lard."
"Peut-on aller là-bas en volant ?"Questionna avidement Harry. Son grand-Père gloussa.
"Nous allons y aller en carrosse."
"Carrosse ?"Répéta Harry, l'air maussade. "C'est une sorte de carotte ? Est-ce qu'on doit la manger ?"
"C'est un moyen de transport Harry !"Expliqua Dumbledore en riant.
"Oh,"fit Harry, décontenancé. Son Grand-Père le regarda et lui fit un grand sourire.
"Sais-tu faire tes lacets, Harry ?"
"Pas très bien,"répondit-il. "Ils se défont tout le temps."
"Essaye encore,"encouragea Dumbledore, et docilement, Harry se pencha pour les nouer, tirant le bout de sa langue et un air d'intense concentration sur son visage pointu. C'était une chose forte amusante à regarder. "Terminé ?"Demanda son Grand-Père lorsqu'il se redressa, Harry agita chacun de ses pieds expérimentalement et observa, d'un air morose, ses lacets se délier.
"Nooon,"se plaignit-il.
"Peut-être que nous devrions te trouver des chaussures à boucles,"dit Dumbledore en s'accroupissant pour les nouer à la place de Harry, révélant ses propres boucles luisantes en argent.
"Non-merci,"dit poliment Harry, ne parvenant pas vraiment à cacher son aversion.
Le trajet se déroula sans surprise en ce jour splendide, typique du mois d'août. Des nuages, filant à toute vitesse dans le lointain horizon, s'étendaient sur le ciel bleu, la Forêt Interdite était verdoyante et le soleil répandait une douce chaleur sur leurs nuques.
Ils s'arrêtèrent en premier lieu au Bureau de Poste car les hiboux de l'école étaient en vacances à Ibiza, et Harry fut enchanté de voir pour la première fois de prés un hibou, un qui était si petit que le gérant lui permit de le tenir dans ses mains. Il était très doux et lui chatouillait les mains.
Leur second arrêt, une confiserie qui s'appelait Honeydukes, fut encore plus intéressant. Et non seulement Dumbledore était parfaitement heureux d'amener en ce lieu Harry, mais en plus il lui donna même la permission de prendre quelques sucreries à acheter pour pouvoir les rapporter à la maison ! Ils entrèrent, et dès que la propriétaire du magasin, une dame joufflu, les aperçu elle rosit (ou plutôt elle devint plus rose qu'elle ne l'était déjà), et déclara que Harry pouvait avoir tout ce qu'il voulait, le cher petit.
Alors Harry goûta les Gnomes au poivre, les meilleures gommes explosives, qui étaient plus amusantes que ce qu'il aurait pu imaginer, puis aux grappes de queues de Gardons, dont il n'était pas si friand, et des fizwizbiz, des sortes de boulettes d'airs, qui après en avoir dégusté une, le souleva dans les airs pendant plusieurs secondes, ce qui lui permit ainsi d'agiter ses pieds au-dessus du sol.
Ils en achetèrent un peu de chaque, et un peu de ceux que Harry n'avait pas essayé mais dont il aimait l'apparence et qu'il voulait partager avec les autres Professeurs avec qui il était devenu ami à l'école. Il pensa en particulier que Mr Rogue aimerait les ailes de chauve-souris qu'ils avaient choisies chez Zonko, et que Mrs McGonagall adorerait les lunettes qui laissent croire que les yeux sont sortis de leurs orbites (bien meilleur que les yeux à élastiques moldus, elles avaient un charme qui prenait effet quand une personne fixait quelque chose pendant plus de six secondes sans cligner des paupières.)
Cependant Harry ne passa pas un aussi bon moment au Trois Balais. Il était en train de boire avec délectation sa demi pinte de Bière-au-Beurre glacée, une large moustache de mousse dorée au-dessus de sa lèvre supérieure, se riant de son Grand-Père qui expérimentait avec l'enthousiasme d'un enfant le 'Véritable Cornet de Bélier', quand un homme avec des escarpins (ou du moins c'est ainsi que le percevait Harry), une robe blanche avec des sarcelles représentées sur les bordures, et une énorme plume de paon coincée dans ses cheveux parfaitement indéfrisable, se jeta sur eux et dit d'une voix très forte :
"Mais, ne serait-ce pas Harry Potter ?!"
Dumbledore fut désagréablement surpris et il leva les yeux, la bouche déjà ouverte pour remédier à une situation possiblement catastrophique, mais Harry réagit en premier.
"Comment est-ce que vous connaissez mon nom ?"S'exclama-t-il, surpris.
"Ben, mon cher garçon, tu es célèbre, ne le sais-tu pas ?"
"Non,"dit catégoriquement Harry. L'inconnu ignora sa réponse et se tourna pour faire face au reste du petit bar.
"Eh, tout le monde ! Regardez qui notre bon vieux Directeur était en train de cacher ici ! C'est le Survivant !"
Il y eut des chuchotements frénétiques, et comme un seul homme, une petite foule se rassembla autour de la petite table de coin, les gens lorgnant sur le petit Harry curieusement, essayant de voir sa cicatrice. Harry en fut perplexe et regarda derrière lui pour voir ce qu'ils observaient. Bien sûr il ne vit rien, mais plusieurs des femmes présentes poussèrent de petits soupirs en faisant des "Ooh !"
Irrité, Dumbledore, bien qu'aussi plaisant que d'ordinaire, fut quelque peu brusque avec ceux qui voulaient voir la cicatrice de Harry, et définitivement menaçant avec ceux qui posaient des questions sur cette nuit fatidique.
Lorsqu'il réussit enfin à s'éclipser, Harry contre lui et les paquets coincés sous son bras, il était préoccupé par ce qui venait de se passer, il allait devoir y réfléchir très sérieusement, quelque chose devait être fait. Cela ne pouvait simplement pas se reproduire.
Durant le trajet en calèche qui les ramenait à la maison, le directeur dû tenir Harry par la cheville, le petit garçon aux cheveux noirs, pas si perturbé par les évènements qui venaient de se dérouler dans le pub, avait mangé trop de Boulettes d'Airs, ce qui le faisait léviter.
Le vendredi précédent le lundi premier septembre, date à laquelle le retour des étudiants de l'école de sorcellerie Poudlard étaient attendu, alors que les choses se déroulaient agréablement et intensément dans le château, le si sage Directeur décida d'annoncer au monde qu'il avait adopté le Survivant. Son projet était, comme s'accordèrent à le dire les professeurs, typique de son tempérament : complètement dingue, dément, certainement fou et sûrement brillant, ce que leurs petits cerveaux pour une quelconque raison ne pouvaient pas espérer comprendre (cette dernière réflexion étant dite de manière légèrement sarcastique).
"Pourquoi est-ce qu'on doit le faire ?" Questionna encore Harry pendant que son Grand-Père nouait distraitement ses lacets de chaussures ensemble, tout en jetant un coup d'œil à la grande pendule qui indiquait présentement : temps de penser à une très bonne explication.
"Parce que tu es plutôt bien connu,"répondit Dumbledore, minimisant les choses un tantinet.
"Pourquoi ?"Demanda Harry qui était en train de choisir un moment plutôt inapproprié pour être curieux.
"Te souviens-tu de ce que je t'ai dit au sujet de la nuit où tes parents sont morts ?"
"Oh,"dit Harry. "Mais-"
"Harry!"S'exclama son Grand-Père, un de ses sourcils se fronçant alors qu'il renouait séparément les lacets de souliers de Harry. "La cicatrice sur ton front est le souvenir d'un sortilège qui a tué tous ceux qui l'ont reçu sauf toi ! Non seulement tu as survécu, mais tu as aussi anéantit Voldemort. C'est pour cette raison que nous faisons cela."
"Mais pourquoi-"Harry s'arrêta net, son Grand-Père venait juste de lui faire un de ses regard ! "D'accord,"répondit-il avec intelligence."Ça va être amusant." Et il sourit au vieil homme avec espoir.
Dumbledore gloussa. Ce n'était pas dans son tempérament de rester fâché envers le petit garçon aux cheveux noirs et désordonnés et aux grands yeux verts pour longtemps. "Nous allons être en retard,"indiqua-t-il inutilement alors que la grande aiguille de la pendule se positionna sur : Autant prendre la fuite.
"Pourquoi est-ce qu'on le fait dans la Grande Salle ?"Demanda Harry, de nouveau curieux.
"C'est grand,"expliqua doucement Dumbledore. Il se redressa, resplendissant dans ses robes bleues nuit, sa barbe blanche étincelante, ses bottes d'un vert-citron surprenant, et tendit sa main à Harry qui bondit lestement sur ses pieds et virevolta pour que sa nouvelle robe de sorcier tourbillonne en un arc autour de lui.
"Je suis Superman !"Chanta-t-il en un cocorico tout en sautant dans les airs.
"Um,"fit Dumbledore qui n'avait jamais vraiment saisit cette référence.
"Est-ce que Superman est un sorcier ?"Demanda soudainement Harry, ce qui de surprise, immobilisa son Grand-Père qui se caressa sa barbe.
"J'ai bien peur, Harry, que Superman ne soit qu'une simple création de Moldu."
"Qui est Mr Moldu ?"
Dumbledore toussa. "Moldu Harry, est un terme que les sorciers utilisent pour décrire les gens non-magique. Ta tante et ton oncle par exemple, sont des moldus."
"Oh,"dit Harry l'air très désappointé.
"Mais toi Harry, tu es un vrai sorcier, et tu peux véritablement voler !"Fit remarquer Albus, essayant d'égayer le garçon.
"Mais je ne suis pas un héros,"dit tristement Harry, ignorant de son propre statut.
"Eh bien,"dit Dumbledore, "il y a aussi beaucoup de héros dans le monde de la Sorcellerie, Harry, et qui ont vraiment existés. Si tu le désires je peux te raconter tous les soirs l'histoire d'un héros avant que tu ailles au lit."
"Promis ?"Questionna Harry.
"Promis,"confirma son Grand-Père, se demandant quand, et si jamais, son jeune Petit-Fils allait pouvoir un jour grandir sans avoir besoin de promesses.
Ils descendaient maintenant les escaliers menant dans la Grande Salle en trottinant, et alors qu'ils se rapprochaient, ils prirent conscience du bruit qui résonnait dans les couloirs. Il semblait que beaucoup, beaucoup de personnes parlaient, criaient et s'interpellaient, produisant un grand vacarme dans le hall d'entrée de l'école.
"Nous allons passer par l'entrée des professeurs Harry,"dit Dumbledore, guidant le garçon dans un recoin qui le coupa temporairement de la cacophonie et qui donnait accès à une porte latérale menant à une tapisserie accrochée derrière la table des Professeurs dans la Grande Salle.
"Monsieur le Directeur,"se fit entendre une voix offensante derrière eux et qui appartenait au Professeur Rogue. Le visage de Harry s'illumina et il lui fit un petit signe de la main, un geste que le grand homme ignora de son mieux.
"Severus, combien sont-ils ?"
"Beaucoup trop pour pouvoir les compter, ils sont impatients et l'état d'esprit n'est pas des meilleurs. Certains pensent que votre intervention avec le Survivant est de trop."
"Oh bien,"dit Dumbledore, ne semblant pas excessivement perturbé.
"Etes-vous sûr que ce soit sage d'amener le garçon avec vous ?" Severus Rogue ne réussit pas vraiment à dissimuler le retroussement mauvais de ses lèvres.
"Garçon ?"Questionna Dumbledore doucement mais avec un soupçon de menace dans sa voix.
"Harry Potter."
"Oui je le crois, je pense que sa présence va permettre d'améliorer leur état d'esprit et leur montrer que je ne dissimule pas le garçon dans un placard,"Dumbledore se renfrogna soudainement, sa référence avait été absolument spontanée.
"Bien,"dit Rogue, le timbre de sa voix sonnant plutôt indisposé. "C'est vous qui décidez."
"Oui c'est moi, Severus."Une pause sinistre s'installa durant laquelle Rogue sembla gêné. "Alors Harry, ne vas-tu pas dire bonjour au Professeur Rogue ?"
"Bonjour, Professeur Rogue,"répéta docilement Harry. "Comment allez-vous aujourd'hui ?"
Les mâchoires de Rogue se soudèrent. Il inclina de manière brusque sa tête en signe de salutation au garçon, puis à Dumbledore, et se sauva dans un claquement de sa cape. Harry le regarda d'un air extrêmement envieux.
"Bien,"dit Dumbledore, "nous y voilà, Harry."Il saisit la main de Harry, puis prit une très grande inspiration qui le fit vaciller sur ses pieds ce qui permit à Harry de se moquer gentiment de son Grand-Père, et ensemble ils traversèrent la tapisserie pour pénétrer dans la Grande Salle.
L'espace d'un instant, il sembla que personne n'avait remarqué leur entrée car le vacarme épouvantable continua jusqu'à ce que quelqu'un jette un coup d'œil dans leur direction, les dévisageant la bouche ouverte et la phrase suspendue. Puis comme le déferlement d'une vague, le silence se répandit d'un bout à l'autre de la Grande Salle et une immobilité étrange s'abattit sur la centaine de personnes présentes. Dans le silence mortel qui remplissait maintenant la Salle, Dumbledore mena Harry vers le centre de la table et l'assit sur le grand siège qui avait été placé à côté de celui du Directeur, et Harry put aisément voir tout le monde se rassembler en contrebas autour d'eux, tout en semblant avoir été rendu muet par une des formules magiques de Grand-Père.
Le silence se prolongea, et Harry leva les yeux vers son Grand-Père, inquiet, mais le puissant sorcier sourit de manière rassurante, semblant totalement calme et à l'aise, et Harry se détendit. Si Grand-Père était satisfait c'est que ce comportement devait être normal.
"Bonjour, mesdames et messieurs,"salua Dumbledore à la foule rassemblée. "Laissez-moi vous présenter Harry Potter."
Une centaine de têtes se tournèrent pour dévisager Harry qui se sentit immédiatement terrorisé. Il n'avait encore jamais été mis sous les feux des projecteurs de cette façon et sa présence semblait avoir intimidé la foule. Il regarda de nouveau son Grand-Père et vit le vieil homme sourire d'une manière encourageante.
"Bonjour,"dit-il craintivement mais avec le silence qui régnait dans la salle, sa voix porta aisément. Il fit un petit signe de la main, redoutant de devoir dire quelque chose de plus, et immédiatement une centaine d'ampoules de flash furent déclenchée, l'éblouissant.
"Si vous voulez bien prendre un siège,"dit Dumbledore, et tous les adultes regardèrent autour d'eux pour voir que des sièges dorés, surchargés d'ornements, avaient fait leur apparition et étaient disposés en un nombre considérable de rangées jusqu'au fond de la Salle. Il y eut aussitôt une ruée des plus brutal pour avoir les meilleurs sièges, dans les premiers rangs.
Ce n'est que quand tout le monde fut installé, plumes en main, suspendues au-dessus d'un parchemin vierge, impatient et un regard avide sur leur visage, (une sorcière avec des robes jaunes qui étaient assorties à ses cheveux brandissait même sa baguette comme un bâton et faisait flotter au-dessus de sa tête un sigle indiquant WWN) que Dumbledore, toujours d'humeur joyeuse, commença à parler.
"Comme beaucoup d'entre vous le savent déjà, j'ai, il y a peu de temps, retiré le jeune Harry de la responsabilité de ses parents moldus,-"
"Pourquoi avez-vous fait ça, Dumbledore ?"Interrompit un sorcier dont le grand chapeau pointu (et une forte voix), compensaient sa petite stature.
"Je répondrai aux questions après ma petite déclaration,"dit Dumbledore en ne tenant pas compte des murmures de l'audience. "Comme j'étais en train de le dire, j'ai retiré Harry de la charge de ses précédents tuteurs et ai repris ce rôle moi-même." Il s'arrêta lorsque des chuchotements se répandirent le long de la pièce ensoleillée.
"J'ai aussi,"ici il marqua encore une pause, conscient de la bombe qu'il allait lâcher, "légalement adopté Harry."
Il y eut cette fois et sans réservation, des cris franc d'étonnement, et Harry commença à devenir plutôt inquiet : qu'est-ce qui n'allait pas ?
"Je ne vois pas d'autres informations dont vous devriez être mis au courant,"dit Dumbledore gaiement et sûr de lui, en adoptant un timbre de voix innocent. "Alors…des questions ?"
Aussitôt, plusieurs mains se jetèrent dans les airs, s'agitant pour attirer son attention. Dumbledore désigna du doigt une sorcière au teint pâle qui portait des robes d'un rouge foncé et dont le calicot indiquait "Intérêts Européens."
"Oui,"dit-elle en s'éclaircissant la gorge de façon importante, sa voix étonnamment profonde. "Comment se fait-il, Monsieur Dumbledore, que vous ailliez retiré le Survivant de la maison de ses parents moldus ?"
"Ah,"fit Dumbledore, qui, sachant très bien que cette question serait posée, avait réfléchit à comment y répondre. "J'ai bien peur que les capacités magiques de Harry aient mis mal à l'aise ses parents moldus."
Il y eut un bref frisson d'intérêt puis la sorcière poursuivit. "Etes-vous en train de dire que Harry montre des signes de puissante magie ?"
"Je dis que ses capacités magiques rendent ses parents, qui n'en ont pas, nerveux, rien de plus."
Les journalistes digérèrent cette information, les plumes écrivant et réécrivant les manchettes des quotidiens du lendemain. Pendant ce temps, Dumbledore désigna du doigt un sorcier dont la longue barbe soignée avait été généreusement traité avec une solution d'Aspectfacile.
"Hem,Daily Prophet. Pourquoi avez-vous été, vous, désigné pour protéger le Survivant?"
"Je pense que je suis le meilleur choix envisageable, compte tenu des circonstances,"répondit placidement Dumbledore.
"Ne croyez-vous pas que votre manipulation de Harry Potter, est à la fois abusive et dangereuse ?"
"Je ne le manipule pas. Je suis ici pour veiller sur les intérêts de Harry et pour le protéger contre tous ceux qui voudraient lui faire du mal,"bien qu'étant dit doucement, sa déclaration porta loin.
Une sorcière en robes de couleur magenta, qui était en train de sucer le bout de sa plume, leva sa main et déclara d'une voix forte :
"En tenant compte de qui vous êtes, de votre profession, de votre situation familiale et de votre statut dans le monde magique, ne pensez-vous pas que vous êtes entièrement incapable de vous occuper d'un petit garçon ? Après tout, il a besoin d'amour, d'une famille, de protection – pas d'être exposé – et plus que tout, il aura besoin de vous avoir près de lui, et nous savons tout le temps que vous passez à parcourir le globe, Dumbledore. Comment pouvez-vous veiller sur les intérêts du Survivant quand vous êtes en Nouvelle-Zélande pour une convention de Dissidents, ou assistant à une audience juridique ou encore à un rassemblement du Club d'Appréciation de Chaussettes !"
"Bravo, bravo !"Crièrent plusieurs personnes dans la salle.
"Je suis parfaitement capable de m'occuper de lui, Ms Skeeter,"dit d'un ton assuré Dumbledore. "Mes collègues et amis seront heureux de veiller sur Harry pour moi lorsque je serai absent pour assister à ces évènements."
"Oh, excellent,"fit la même dame, la voix ruisselante de sarcasme. "Alors Mr Potter sera confié à des inconnus lorsqu'il sera indésirable ou quand sa présence deviendra inopportune !"
D'autres chuchotements se répandirent dans la Salle, cette fois plus fortement, et les visages devenus pour la plus part revêches étaient marqués par des regards antipathiques. Dumbledore laissa son mécontentement se faire entendre dans le timbre de sa voix.
"Harry fera parti d'une famille affectueuse ici, il n'y aura pas d'inconnus, pas de danger et pas de négligence."
"C'est ce que vous dites, mais vous vivez dans une école Dumbledore ! Un millier d'élèves suivent leur scolarité à Poudlard, qu'est-ce qu'un seul petit garçon représente pour vous ? Je doute même que vous sachiez qu'il est ici !"Ms Skeeter avait toute l'attention de l'audience maintenant.
"Certainement pas,"contesta Dumbledore. "Ce petit garçon est mon Petit-Fils, cela fait une très grande différence."
"Ne serait-ce pas demander un peu trop de vous ?"Questionna un autre sorcier, celui-ci avec un accent américain prononcé, de larges épaules et une épaisse moustache. "Vous êtes âgé et il a déjà été démontré que vous avez plus que suffisamment d'enfants sous votre responsabilité pendant les deux tiers de l'année et qu'en plus vos autres fonctions prennent beaucoup de votre temps. Pouvez-vous réellement dire que vous avez de la place pour une autre complication dans votre vie ? Pouvez-vous donner à Harry Potter ce dont il a besoin ?"
"Je le peux et je le désir."
La foule exprima son désaccord véhément. De nouveau, Ms Skeeter s'engagea allègrement dans la brèche, tenant sa grande plume criarde en hauteur.
"Nous ne vous tolèrerons pas comme te tuteur du Survivant ! Le monde magique veut ce qu'il y a de meilleur pour Harry Potter ! Nous voulons le voir heureux et qu'il ne manque de rien, et vous ne pouvez tout simplement pas lui fournir ces choses !"Elle proclama la dernière partie de sa phrase presque légèrement, et les personnes commencèrent à applaudir en signe d'accord, frappant des mains en cadence.
"Vous faites erreurs, Ms Skeeter, je suis tout à fait compétent pour cela,"dit Dumbledore, paisible malgré l'attitude tournoyante dans la Salle.
"Que vous le soyez ou non,"dit Ms Skeeter sur un ton rancunier. "Nous ne voulons pas de vous !"
Les applaudissements s'étaient fait plus forts et la cadence était maintenant d'une allure égale, devenant un rythme moqueur, un bruit comme une pulsation annonçant au monde leur décision, leur conviction que Dumbledore ne conviendrait pas, qu'il était allé trop loin cette fois.
Harry, qui avait écouté tout au long de la réunion les commentaires avec effroi, était devenu progressivement alarmé, mais vers la fin cela s'était transformé en colère, et maintenant il était furieux. Il se mit debout sur sa chaise et la frappa de son petit pied. Bien sûr, personne ne l'entendit, les applaudissements s'étaient fait si forts que même les remarques de Ms Skeeter étaient devenues inintelligibles.
"Taisez-vous !"Cria-t-il, cependant dans ce vacarme il ne fut pas entendu. "Faites silence !"Mais toujours personne ne lui prêta attention. Harry n'avait jamais été si furieux de toute sa vie ! Comment ces personnes osaient-elles être irrespectueuses envers son Grand-Père, comment osaient-elles douter de lui ? Elles n'avaient aucun droit ! Avec le hurlement muet qu'il poussa, sa magie se libéra de toute sa puissance, et soudainement les plumes de tout le monde s'embrasèrent, les cheveux de Ms Skeeter prirent aussi malheureusement feu, ce qui fit perdre pendant un instant la cadence des applaudissements qui devinrent alors frénétiques.
Dans le silence oppressant et surpris qui s'installa, la foule se tourna pour dévisager Harry dont les poings étaient serrés de chaque côté de son corps.
"Laissez mon Grand-Père tranquille !"Cria-t-il, des larmes de rage se formant dans ses yeux. "Il est le meilleur Grand-Père que j'ai jamais eu ! Je ne vais nul part, c'est mon Grand-Père et vous ne pouvez pas me l'enlever !"
L'étonnement sur le visage de chacun était pleinement visible. Le petit garçon avait été si calme qu'ils en avaient oublié sa présence. Ils recherchèrent distraitement de nouvelles plumes, balayant d'un geste de la main les cendres des anciennes de leurs parchemins.
"Vous ne pouvez pas !"Accentua encore Harry mais moins fortement cette fois, de grosses larmes faisant leurs apparitions alors que sa colère s'évaporait.
"C'est bon Harry,"dit Dumbledore sur un ton apaisant. "Viens ici, personne ne va m'éloigner." Il se pencha et souleva le garçon tétanisé et bouleversé pour le mettre sur ses genoux. "Personne."
Une centaine d'appareils photo se mirent en marche lorsque Albus Dumbledore serra contre lui le Survivant, des centaines de photographies proclameraient le lendemain au monde ce que ces deux-là savaient déjà : Ils étaient une famille, et une farouchement protectrice ! Malheur à celui qui serait suffisamment fou pour oser s'interposer !
Fin du chapitre.
