Chapitre 10-Ordinary Life

It'll be alright, it will be fine
it's nothing more than ordinary life

Kristen Barry

Je fus réveillée par les rayons de soleil traversant la fenêtre. Rob grogna dans son sommeil et se retourna quand je sortis du lit. Je ne pus m'empêcher de rester en admiration devant lui. J'aurais pu le regarder dormir jusqu'à ce qu'il se réveille mais mon estomac gronda et je me dis qu'un petit déjeuner ne serait pas de trop. Je me dirigeai vers la salle de bain, me disant qu'il faudrait de toute façon que je rentre chez moi me changer car je n'avais pas du tout envie de passer 48heures dans les mêmes vêtements. La salle de bain était à la hauteur du reste de la chambre. Du marbre partout et j'avais connu des piscines plus petites que la baignoire, qui pouvait « se remplir en 60 secondes », indiquait le panneau posé dessus. Derrière cette dernière, il y avait une cabine de douche et j'entrais à l'intérieur. Bon ok, apparemment, on devait être ingénieur pour pouvoir espérer se laver au Four Seasons ! Après avoir appuyé sur les boutons au petit bonheur la chance et m'être fait aspergée par de l'eau glacée, j'arrivais tant bien que mal à obtenir une température agréable.

En sortant je m'emmitouflais dans l'épais peignoir qui pendait à une patère fixée au mur et sortis de la chambre afin de récupérer mes vêtements. J'eus l'impression de jouer à un jeu de piste. Ils étaient dispersés dans toute la chambre et je dus faire attention à ne pas emporter le tee shirt de Rob au lieu du mien. J'effectuais mes recherches en silence, ne voulant pas le réveiller. Malgré tout, mon estomac se faisait entendre de plus en plus souvent et je me dis que Rob apprécierait très certainement un petit déjeuner au lit.

Je savais que si je passais la commande par téléphone, on saurait que j'étais dans sa chambre et je ne voulais pas que cette « information » soit divulguée. C'est pourquoi, je m'habillais, pris mon sac et sortis de sa chambre. Je pensais qu'il serait possible de prendre quelque chose à emporter dans un des restaurants de l'hôtel. Au pire, je sortirais et achèterais quelque chose dehors.

Je réfléchissais à ce qu'il pourrait aimer manger le matin dans l'ascenseur et fut surprise de la rapidité à laquelle je me retrouvais au rez de chaussée. Il faut croire qu'hier soir, j'étais tellement stressée que le temps m'avait semblé durer une éternité. Je souris en sortant de la cabine et me dirigeai vers la salle de restaurant. Bon, ok, pas de buffet, le service se faisait à table et je me voyais mal m'installer, commander et partir avec des croissants planqués dans mon sac. Seule solution : partir en exploration du quartier et trouver de quoi manger ! Je ne pus m'empêcher de sourire franchement à l'idée de partir en exploration du quartier chic de New York comme si je me retrouvais en pleine jungle. Mais en arrivant dans le hall, mon sourire idiot disparut de mon visage.

Ils étaient une cinquantaine à attendre devant les marches. Tous armés d'un appareil photo. Certains étaient équipés de zoom qui leur permettait certainement de voir jusque chez moi si jamais l'envie les prenait. Ils étaient presque silencieux, s'invectivant afin d'être celui qui serait le mieux placés. Je restais là, ébahie ne sachant comment réagir. Une certaine agitation se fit sentir et ils commencèrent à hurler. Je me retournais et vis Seal et Heidi Klum qui avançaient courageusement vers cette marée humaine. Ils avaient l'air ennuyés mais continuaient comme si de rien n'était. Et là, regardant toujours les deux stars se faire mitrailler malgré eux, des dizaines de question se bousculèrent à une vitesse stupéfiante dans ma tête. Étais-je prête à assumer ça ? Et est ce que je pourrais accepter de perdre presque tout mes moments d'intimité ? Et est ce que je serais capable de supporter la pression occasionnée par sa célébrité ? Et n'avait il pas été si déterminé à me revoir uniquement parce que ma vie était normale et qu'il pouvait ainsi vivre quelques instants loin de l'agitation habituelle ? Et ne devais-je seulement m'estimer heureuse d'avoir pu partager ces moments avec lui ? Et que se passerait-il quand il se rendrait compte que je n'étais pas si intéressante que ça ? Je ne le connaissais pas finalement, tout ce que je savais de lui venait des articles de journaux. Et j'étais bien placée pour savoir que quelque fois, les journalistes écrivent n'importe quoi uniquement dans le but de vendre. Serait-il vraiment possible d'être autre chose qu'une passade pour lui ? Il m'avait assuré qu'il n'était pas habitué aux coups d'un soir mais qu'est ce qui me disait qu'il ne m'avait pas menti ? Et…et….et… AAAAAAaaaaaaaah Élisa, arrête tout de suite ! Tu respires calmement et tu réfléchis. Mais je n'avais pas besoin de réfléchir. J'avais déjà souffert suffisamment comme ça pour l'instant, je ne voulais pas lui accorder le bénéfice du doute et prendre le risque de me retrouver une fois de plus abandonnée une fois que j'aurais ouvert les yeux. Il fallait que je parte immédiatement.

Je n'eu aucun mal à passer à travers la cohue. Qui étais-je pour les intéresser ? Je rentrais dans le premier taxi qui s'arrêta devant moi, piquant ce dernier à un homme d'affaire et j'avais déjà refermé la portière avant qu'il n'ait eu le temps de dire quelque chose. Tout le temps que dura le trajet, je parvins à retenir mes larmes car je détestais me donner en spectacle même si je n'avais qu'un chauffeur de taxi new-yorkais comme seul spectateur.

Jack ouvrait déjà la bouche pour m'accueillir mais le regard que je lui jetais parvint à le faire taire. J'arrivais enfin à mon étage et ma vue se brouillait déjà. C'est pourquoi je ne vis pas Jeff qui avançait vers moi et le percutais. Décidément, ça devenait une habitude pour moi de rentrer en collision avec des êtres humains ! Je murmurais des excuses mais ma voix se cassa et je me retrouvais à pleurer comme une fontaine sur le costume Armani de mon voisin…La classe absolue dans toute sa splendeur !

« Wow, Élisa ! Qu'est ce qui se passe ? Tu pars avec une star de cinéma et tu reviens en pleurant ? Elle était si petite que ça ? » Je ne pus m'empêche d'éclater de rire en secouant la tête mais mes larmes reprirent de plus belle.

« Euh,…Oui,…Bon…Je devais aller rejoindre un magnifique apollon mais…Que dirais tu de venir chez moi et de me raconter ce qui s'est passé ? » J'hochais la tête piteusement, en reniflant et me demandant s'il n'allait pas me demander de porter son costume à 2000$ au pressing.

L'appartement de Jeff était meublé avec gout. Du moins, ce que j'en vis car je m'affalais directement dans son canapé et cachais mon visage dans mes mains. Jeff parti dans la cuisine et revint avec deux tasses de café. Il s'assit dans le fauteuil qui me faisait face et posa les tasses sur la table basse qui se trouvait entre nous deux.

« Bien, je ne te connais pas, tu ne me connais pas mais je suppose que je suis la seule personne que tu connais ici et je me suis toujours senti une âme de preux chevalier. Alors, raconte-moi ! Qu'est ce qui s'est passé pour que tu te retrouves dans un état pareil ? »

« Jeff, je sais pas si je peux…Je crois que je ferais mieux de rentrer chez moi. »

« C'est ça…Pour que je t'entende pleurer tout l'après midi ? Tu rigoles ou quoi ? De toute façon, je suis certain que mon sosie d'Orlando Bloom est parti furax quand il a vu que je n'étais pas déjà là en train de l'attendre, alors s'il te plait, raconte moi, ça me permettra d'oublier son fabuleux petit cul ! »

« Bon. Mais tu dois me jurer que tout ceci restera entre nous. Tu ne dois raconter ça à personne ! »

« T'as tué quelqu'un ou quoi ? Je sais ! Tu as réussi à t'introduire dans sa chambre, tu l'as violé et tu l'as laissé attaché aux barreaux du lit ! »

« Non ! » Je venais de trouver le pendant masculin d'Ellen ! « Écoute, promet le moi et je te jure que tu auras droit à tous les détails ! »

« Ok mais je les veux tous ! »

« Bien…Par où commencer ? »

« Par le début, ça me semble une bonne idée ! »

« Ah ! Ah ! Ah ! Bon tu as reconnu avec qui j'étais hier ? »

« Tu sais, ce n'est pas parce que je suis analyste financier que je ne lis pas les potins ! Bon ok, je ne m'en vante pas auprès de mes collègues mais… »

« Ca te dérange si je fume ? » Mon corps avait besoin de nicotine si je voulais mener mon histoire jusqu'au bout.

« Non vas y, je n'osais pas te le proposer, c'est devenu super mal vu ici et je suis tellement habitué à me considérer comme un pestiféré que je ne pense plus qu'il existe encore des fumeurs qui n'en sont pas honteux ! » Tandis qu'il parlait, il sortit un paquet d'un tiroir de la table basse.

« Oui, ben je crois que d'ici quelques temps je réagirais comme toi ! Ok bon, donc, je l'ai vu la première fois à l'aéroport à Londres et dans l'avion, je suis tombée sur lui et… »

« Tu es vraiment tombée sur Robert Pattinson ? »

« Oui, enfin sur ses genoux mais… »

« Je le crois pas ! Et ce n'était pas volontaire ? » Bon, d'accord, Ellen est morte et son esprit s'est introduit dans le corps de mon voisin homosexuel !

« Non, je te jure que je ne l'ai pas fait exprès et puis, je suis repartie à ma place et… »

Je continuais mon histoire, interrompue régulièrement par Jeff qui voulait être sûr que je n'oubliais rien. Quand j'eu fini, il souffla et me dit :

« J'ai faim ! Tu veux manger avec moi ? »

« Euh oui mais qu'est ce que je dois faire ? Je me rends compte qu'il existe une possibilité pour que… »

« Je réfléchis mieux l'estomac rempli et là, il est déjà 13h30 donc, je fais à manger, tu m'aides et puis on pense à ce que tu dois faire ! »

« Euh, oui, d'accord. Je…Merci Jeff, rien ne t'oblige à faire tout ça et ça me fait vraiment plaisir de pouvoir parler avec toi. »

« Bah, c'est rien et puis, je sais ce que c'est de débarquer dans une ville inconnue ! Quand je suis arrivé ici il y a 10 ans d'Arizona, je ne connaissais personne et j'ai passé mes trois premiers mois à déprimer tout seul dans mon coin ! »

Je l'aidais à faire la vaisselle tout en continuant à ressasser les différentes possibilités qui s'offraient à moi. Nous en étions arrivé à la conclusion qu'il n'y avait que deux options possibles : soit je ne cherchais pas à le revoir, soit je me rendais à son hôtel et m'excusais d'avoir pris une fois de plus la fuite. Si je choisissais la première solution, tout était fini et je devrais passer à autre chose. Par contre, de la deuxième option découlaient deux possibilités : soit il n'acceptait pas de me revoir, soit il acceptait. Soit il n'acceptait pas mes excuses, soit il les acceptait. Et ainsi de suite. Je commençais à me croire dans un de ces livres où on pouvait choisir soi même l'histoire en faisant un choix à chaque paragraphe.

« Il n'y a que toi pour savoir comment réagir Élisa. Je ne peux pas décider à ta place ! »

« Je sais mais, j'ai tellement peur de me faire rembarrer comme une malpropre que.. »

« Oui, mais d'un côté, tu l'aurais mérité non ? » Oui clairement, merci de me le rappeler !« Je ne veux pas te paraître sans cœur mais met toi deux secondes à sa place. Vous passez l'après midi et la nuit surtout, ensemble et puis au matin quand il se réveille, tu as disparu sans laisser d'explications ! »

« Je le sais ça mais, j'ai paniqué et… »

« Oui, ça j'ai compris ! Mais c'est un risque à prendre ma belle si tu veux le revoir ! »

Je savais qu'il avait raison mais je n'étais pas encore prête pour affronter Rob.

« Bon, je crois que je vais rentrer chez moi, je me suis déjà suffisamment incrustée comme ça chez toi. »

« Ok, moi je vais aller faire des courses, faut absolument que je remplisse mon frigo ! »

« Merde ! Moi aussi ! Sinon, des araignées vont venir s'installer dans le mien…Je ne sais même pas s'il fonctionne ! »

« Que dirais tu de venir avec moi ? Comme ça, je te montrerais le quartier, il y a vraiment un peu de tout. C'est ça l'avantage de vivre ici, tu pourrais pratiquement ne jamais sortir du quartier sans manquer de quoi que ce soit ! »

Je remis ma veste et retins un sourire quand je vis Jeff, dans son costume Armani, ressemblant à un mannequin de la marque, sortir un caddie à carreaux, que n'aurait pas renié ma grand-mère, d'un placard qui se trouvait dans l'entrée.

« Ben quoi ? » s'exclama t-il

« Rien…Disons que ça ne correspond pas à l'image que tu donnes, c'est tout ! »

« Que ça te serve de leçon jeune fille » dit-il d'un air sévère en tendant un doigt sous mon nez « Il ne faut jamais s'arrêter aux apparences ! »

Il avança d'un air digne vers la porte et lâcha :

« Et c'est mon kiné qui m'a obligé à acheter cette horreur pour soulager mes lombaires ! »

J'éclatais de rire et passais la porte à mon tour.


Merci, merci merci à Twilight007 (moi aussi ça m'énerve les filles qui ne font pas la distinction Rob/Edward ^^) debodebi (j'adore les compliments ;-)) aude77 (l'alcool, ça a parfois du bon XD) aleex16 (moi aussi je veux !!! Et moi aussi, je ferais probablement une crise cardiaque !Faudra songer à faire des voyages oprganisés sur NY à ce rythme là ^^) annecullen69 (oui, je vois très bien...) et à tout(e)s celles/ceux qui m'ont ajoutée à leur "story alert" ça me fait toujours autant plaisir.

Un énorme gigantissime merci à mes robinettes qui me lisent en exclusivité (non, je ne me la pète pas ! ^^) et qui sont toujours là pour me donner leur avis ! Merci les filles !