Avertissement : Cette fic contient un slash (relation entre hommes), plus précisément un Threesome (SS/DM/HP). Relations sexuelles détaillées dans divers chapitres mais tout sera avertis en temps et en heure. Pas d'inquiétude. Présence de violences et de viol dans certains chapitres. Langue légèrement vulgaire aussi (^^), MPREG, personnages OOC.

Disclaimer : Personnages d'après J.K. Rowling.

Bêta-Reader : Chipuliara !

Reviews anonymes : ardhachip . wix ardhachip # (le lien est sur mon profil)

Merci à celles (ou ceux ?) qui ont ajouté mon histoire dans leurs Favoris et en Follows. Et pour toutes vos reviews.

Bonne lecture : )

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Chapitre 9 – Possessif

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- Je ne veux pas y aller !

Harry était assis dans le canapé, les bras croisés sur sa poitrine. Il ne voulait pas bouger d'ici. Les élèves lui faisaient peur, surtout maintenant qu'ils étaient au courant de sa condition. Il est vrai qu'il ne voulait plus vivre caché mais, après les regards d'hier, il ne voulait pas sortir des appartements de Severus.

- Tu n'as rien à craindre, je serai là. Je te protégerai.

Devant lui, Draco le regardait, la tête penchée sur le côté. Il avait sur les lèvres une petite moue de contrariété qui fit fondre Harry. Il était tellement… craquant comme ça.

- Allez Harry, on va être en retard !

- Mais tu ne seras pas tout le temps là ! plaida le susnommé.

Draco soupira, ferma les yeux. Alors qu'il ouvrait la bouche pour répliquer, Severus sortit du laboratoire, une fiole à la main. Il marqua un temps d'arrêt mais se reprit rapidement et s'avança pour tendre la potion à Harry.

- Contre les nausées de ce midi, annonça-t-il simplement.

Harry sourit, heureux de savoir qu'il pourrait manger correctement au déjeuner, puis attrapa le flacon avant de le glisser dans sa poche.

- Harry, tu viens maintenant ?

- Mais je veux pas, ils vont tous me regarder bizarrement.

Il ne voulait pas voir le dégoût de certaines personnes ou entendre les murmures sur son passage comme en début d'année. Il avait assez donné. Ce qu'il voulait maintenant, c'était la paix. Qu'on le laisse vivre avec ses deux amours, son bébé. C'était simple comme souhait, non ? Et pourtant… Il soupira.

- Harry, tu vas en cours maintenant.

- Sev…

- Harry, il y aura Draco avec toi, et Blaise. Tu n'as rien à craindre.

- Oui, mais ce sont des Serpentards. Ils n'ont pas tous leurs cours avec moi. Parfois je vais être seul et…

- Weasley te protégera, coupa Draco.

Il savait que c'était peine perdue. Il devait aller en cours, supporter les regards et les murmures. Il devait voir les regards pleins de dégoût se fixer sur lui.

En boudant légèrement, il se leva et se fit attraper le poignet par un Serpentard blond qui fulminait dans sa barbe inexistante.

Harry n'eut même pas le temps d'embrasser Severus qu'il se retrouva dans le couloir. Par Merlin, Draco avait une sacrée poigne.

- Draco, on ne commence pas par le même cours.

L'effet fut immédiat, le Serpentard s'arrêta net et se retourna. Harry le fixa dans les yeux, se délectant de leur couleur qu'il aimait tant. C'était un peu comme un ciel gris. Complètement différents des yeux de Lucius.

Cette pensée lui tira un frisson. Il n'y avait plus pensé depuis quelques temps déjà. Les Aurors ne les avaient pas retrouvés. Ni Lucius. Ni Bellatrix. Harry se doutait qu'ils préparaient un plan mais il ne savait pas qui serait la cible. Lui. Draco. Severus. Ils avaient l'embarras du choix. Et n'importe quelle victime ferait du mal aux deux autres. A moins qu'ils s'attaquent au…

- Tu commences par quoi ?

… bébé. Harry vacilla en y pensant. Sa main libre vint se poser sur son ventre comme une protection. Non ! Ils ne pouvaient s'en prendre à son fils ! C'était impossible ! Et comment vivrait-il si on touchait à la chair de sa chair ? Comment ferait-il pour mettre un pied devant l'autre sans s'écrouler si son bébé lui était enlevé ? Les larmes lui montèrent rapidement aux yeux et dévalèrent ses joues.

Deux mains se posèrent sur ses épaules, le faisant sursauter. Il releva la tête et croisa le regard de Draco, inquiet.

- Harry ? Qu'est-ce qu'il y a ?

- Le bébé… gémit-t-il.

Devant lui, le Serpentard pâlit dangereusement et le secoua légèrement.

- Quoi le bébé ? Tu as mal quelque part ? Mais parle, au nom de Merlin !

- Ils vont l'attaquer, sanglota Harry.

Draco fronça les sourcils. Quoi ? Il était complètement perdu. Que lui racontait Harry ? C'était quoi ces histoires d'attaques sur le bébé ? Et de qui parlait-il ? Et pourquoi maintenant ?

- Qui ? demanda-t-il.

- Mais Lucius et Bellatrix.

Harry semblait si désespéré que le cœur de Draco se serra. Le Gryffondor venait de réaliser ce qui pouvait se passer alors que lui et Severus y avait pensé dès le départ. Peut-être auraient-ils dû le prévenir et le mettre en garde. Mais ils ne voulaient pas qu'Harry panique, surtout pas maintenant. Tant qu'ils étaient à Poudlard, ou dans toute autre propriété protégée, tout irait bien.

Il attira le brun à lui, referma ses bras puissants autour du corps tremblant de son amant. Harry plongea son visage dans son cou et il posa sa joue contre les cheveux rebelles. Il caressa lentement de haut en bas le dos du plus petit.

- Ça va aller. On ne les laissera pas lui faire de mal.

Le Gryffondor hocha la tête sans bouger de place. Draco ferma les yeux et inspira profondément l'odeur de son amour. Il frotta sa joue contre la tête brune. Et sourit malicieusement.

- J'espère que notre fils n'héritera pas de tes cheveux.

- J'espère que notre fils n'héritera pas de ton sale caractère, répondit Harry du tac-o-tac en s'éloignant.

Faussement vexé, Draco releva le nez et posa une main sur sa propre poitrine.

- Sale caractère ? Moi ? Tu blesses mon amour propre. Les Malfoy n'ont pas de sale caractère. Et je suis un Malfoy.

- Un Malfoy-Snape-Potter.

- Le sale caractère doit venir de Severus alors.

Harry gloussa derrière sa main. La crise de larmes était terminée. Les hormones allaient tous les rendre fou. Maintenant, les yeux verts pétillaient de malice et un petit sourire éclaira le visage du brun. Draco le trouva beau. L'innocence même. La pureté incarnée.

Sans pouvoir s'en empêcher, Draco leva son bras et de sa main caressa la joue de son vis-à-vis. Harry ferma les yeux.

- On va être en retard.

Ce qu'il se détestait pour briser un tel moment. Mais ils ne pouvaient pas arriver en retard après la révélation d'hier. Ils attireraient trop l'attention, pas que ça dérange Draco mais il savait qu'Harry n'aimait pas ça.

- Ouais, t'as raison. Tu as sortilège, c'est ça ? questionna Harry.

- Mmh, acquiesça-t-il. On se retrouve pour la défense ?

- Bien sûr. A tout à l'heure.

Tendrement, le brun se mit sur la pointe des pieds et embrassa chastement le Serpentard. Puis il tourna les talons, pas pressé pour deux noises mais ne souhaitant pas arriver en retard en métamorphose.

Lorsqu'Harry arriva dans le couloir qui menait à sa salle de cours, il remarqua que McGonagall fermait la porte. Heureusement pour lui, elle le remarqua et attendit.

- Allez vous installer, Potter.

Il fit un petit signe de la tête, entra et, sans un regard pour qui que se fut, se dirigea vers la table du fond. Depuis qu'il avait été rejeté de sa propre maison lorsqu'il avait eu le plus besoin d'amis, Harry préférait se mettre un peu à l'écart.

Il n'oubliait pas que certains avaient vraiment été abjects avec lui, alors qu'il n'y avait aucune raison qui aurait cautionné ce comportement. Comme Severus lui avait dit un jour : « c'était inadmissible. ». Alors maintenant, il préférait être seul.

Il n'avait plus confiance qu'en peu de personne dont Severus, Draco, Blaise, Remus et parfois Dumbledore. Mais ce dernier était un personnage complexe. Harry avait du mal à se forger une véritable opinion sur son compte. Un coup il l'abandonnait sans remord, le suivant il le ramenait d'entre les morts. Il savait juste que le vieux mage était loin de l'image du papy gâteau qu'on lui donnait. C'était un personnage vicieux et légèrement manipulateur, mais au fond il n'était pas méchant.

D'ailleurs il n'avait pas eu le temps de le voir, seul à seul. Pourtant il avait quelques questions pour le directeur. Mais cela pourrait attendre. L'occasion se présenterait au moment venu.

- Aujourd'hui vous allez essayer d'amener la poupée devant vous à la vie. C'est très compliqué et peu de personnes y arriveront…

Harry baissa le regard vers la petite poupée sur sa table. Elle était l'exacte réplique de l'image qu'il se faisait d'une poupée vaudou. Cela lui tira un petit frisson.

Doucement, il se redressa et laissa ses yeux vagabonder sur le dos des élèves. Il capta certains regards qui se détournaient dès qu'ils se faisaient remarquer. Ils le fixaient soit avec dégoût, soit avec convoitise, soit avec jalousie.

Harry fronça les sourcils. Le dégoût il pouvait comprendre. Cela venait particulièrement des sorciers ou sorcières nés Moldus. C'était de notoriété publique que chez ces derniers l'homosexualité n'était pas bien perçue. Et c'était un doux euphémisme. Les Dursley auraient été les premiers à le haïr encore plus.

Penser aux Dursley le fit fermer les yeux. Merlin, comment réagirait sa « famille » s'ils venaient à être au courant ? Oh et puis pourquoi il pensait à ça. Peut-être parce que s'ils étaient au courant pour son fils, Vernon s'en prendrait à lui. Peut-être qu'il le frapperait ou pire, il le…

NON ! Personne ne devait toucher son fils, ni Vernon, ni Lucius, ni Bellatrix, ni personne d'autre. Et surtout, son bébé ne connaîtrait pas ce que lui avait connu. Jamais. Son précieux enfant, il le protégerait de sa vie.

Sa main vint se poser sur son ventre comme souvent ces derniers temps. Ça le rassurait un peu de voir que son enfant était protégé par son corps, bien en sécurité dans son propre ventre. Tant qu'il serait là, rien ne pourrait lui arriver. Normalement.

- Répétez après moi… Vitæ spirant !

- Vitæ spirant, reprit en cœur toute la salle.

- Bien, ensuite il vous faut…

Harry décrocha de ce que disait sa directrice de maison et réprima un bâillement. Sa main toujours posée sur son ventre, il réfléchit un instant à sa situation actuelle.

Il attendait un enfant alors qu'il allait sur ses dix-sept ans. C'était horriblement jeune pour tomber enceint et pour avoir un bébé. Mais ce n'était pas voulu. Comme il l'avait expliqué à Remus, il n'avait pas pris de potion, c'était simplement la magie qui en avait décidé ainsi.

Ce qui était certain c'était qu'il aimait déjà cet enfant, mais serait-il capable de l'éduquer correctement ? Après tout, il était encore jeune. Draco aussi. Il aurait dû se protéger pour éviter que cela arrive… Mais maintenant c'était trop tard.

Enfin, après avoir vécu les sévices de son oncle, la possession d'Ash, le meurtre de Voldemort et le procès de sa pseudo-famille, il pourrait facilement survivre à un enfant. A son enfant.

Les yeux dans le vague, Harry sourit. Oui, il survivrait et mieux encore, il vivrait avec une vraie famille qu'il aimerait et qui l'aimerait en retour. C'était une bonne résolution.

- …souvenez vous, vous dessinez un jolie huit allongé en prononçant distinctement la formule, finit McGonagall.

Se sortant de ses pensées, le brun attrapa sa baguette d'une main pendant qu'il maintenait debout la poupée de l'autre. Il souffla un bon coup avant de se lancer.

- Vitæ spirant, dit-il en faisant le mouvement qu'il fallait.

Un rayon bleu pastel sortit de sa baguette, frappa la poupée qui se fit entourer par une petite sphère de la même couleur. Harry maintint le sort aussi longtemps qu'il le put, soit une dizaine de minutes avant que la poupée ne bouge un bras.

Prestement, le Gryffondor effectua un petit mouvement du poignet pour couper le sort. Il se sentait horriblement fatigué. Il ferma les yeux alors que la poupée commençait à marcher, en bougeant la tête de gauche à droite pour regarder autour d'elle.

Il lâcha sa baguette sur son plan de travail et se prit le visage entre les mains. Un début de migraine vint s'immiscer sous son crâne, un petit vertige le saisit. Il était vraiment fatigué. Vraiment, vraiment fatigué. Alors que cela ne faisait pas très longtemps qu'il venait de se réveiller.

- Monsieur Potter, vous vous sentez bien ? lui demanda la voix de son professeur, juste derrière lui.

- Juste un peu fatigué mais ça va, Professeur, répondit-il d'une voix lasse.

- Dans les tous cas, félicitations pour votre poupée. Elle ne peut pas encore parler, ni faire des actions plus compliquer que marcher ou tourner la tête mais c'est déjà du beau travail. Vingt points pour Gryffondor.

Harry lui offrit un léger, très léger sourire avant qu'elle ne s'éloigne vers d'autres tables. Il regarda la poupée avancer vers lui, tendre les bras, puis tourner la tête. Harry suivit le mouvement et remarqua que Ron ne le quittait pas des yeux. Il semblait inquiet. Le brun le salua de la main, pour le rassurer.

Le temps que la moitié de la classe y arrive, les deux heures furent écoulées. Tous se ruèrent vers la sortie.

- Monsieur Potter, puis-je vous voir un instant ?

Le susnommé acquiesça en faisant signe à Ron et Hermione qui l'attendaient de rejoindre la prochaine salle de cours. Il ne voulait pas les retarder.

Une fois que tous les Gryffondors et les Serdaigles furent sortis, Harry avança vers le bureau du professeur de Métamorphose.

La vieille femme leva les yeux vers lui et entrecroisa ses doigts.

- Monsieur Potter, je voulais savoir si tout ce qui a été dit au dîner d'hier était vrai.

Le Sauveur sursauta puis se tendit. Même les professeurs se posaient des questions ? Dumbledore ne leur avait pas expliqué plus en détail ? Comment allait-elle réagir ? Surtout que là, maintenant, il était seul. Sans Draco. Sans Severus. Il souffla un bon coup. Merlin qu'il était dépendant de ses deux amants…

- Oui, Professeur. Tout n'était que stricte vérité.

- Alors vous êtes… hum…

- Enceint ? Oui.

Les yeux de McGonagall se rétrécirent, le scrutant sans arrêt. Elle s'éclaircit la gorge.

- Vous êtes bien trop jeune pour attendre un enfant. Vous auriez pu attendre quelques années pour prendre la potion…

- Je vous arrête tout de suite, Madame. Je n'ai pas pris de potion. Ce bébé, nous l'aimons tous les trois mais il n'était pas voulu dans l'immédiat. C'est un enfant magique. Vous comprenez ce que je veux dire ?

Le professeur inclina la tête sur le côté, une expression de surprise peinte sur son visage ridé. Elle se cessait de cligner des yeux, la bouche un peu ouverte.

- Vous voulez dire que…

- Qu'il est bénit par la magie elle-même, compléta Harry, un sourire sur les lèvres.

- Oh !

La femme semblait à court de mots. Harry la comprenait, ça n'arrivait pas tous les jours, ce genre de situation. A cet instant, il ne put que penser que toutes les choses bizarres n'arrivaient qu'à lui. Mais cette fois-ci, c'était une bonne chose. Il portait la vie quand même, ce n'était pas rien.

- Et le père de l'enfant est… ?

- Draco et Severus, répondit le brun, calmement.

La directrice des rouges et ors sursauta, haussant les sourcils. Sa bouche formant un 'o' presque parfait. Cela aurait pu être hilarant. Si la situation s'y était prêtée.

- Les… les deux ?

- Oui, Professeur.

McGonagall détourna le regard, clignant rapidement des paupières. Elle paraissait… perdue. Complètement perdue. Et légèrement gênée.

- Bien, vous pouvez aller en cours.

- Merci professeur.

Harry récupéra son sac, salua son professeur et sortit de la pièce. Les couloirs du château étaient déserts. Le silence, assourdissant. Il avait cinq bonnes minutes de retard à son cours de Défense Contre les Forces du Mal. Remus ne lui en voudrait pas trop. Il n'aurait qu'à expliquer que McGo l'avait retardé pour lui parler. De plus, il était encore fatigué du cours de Métamorphose, il ne savait pas s'il pourrait supporter de lancer ne serait-ce qu'un petit sortilège de défense.

Tranquillement, il remonta les couloirs, ses pas résonnants entres les murs en pierres. Il n'était plus très loin de sa salle de cours. Un instant le brun hésita à siffloter, mais il se retint au moment où d'autres bruits de pas se firent entendre dans le couloir perpendiculaire.

Il tourna dans ce couloir sans faire attention, pensant que la personne qui se trouvait là était encore loin de lui. Quelle ne fut pas sa surprise en rentrant dans ladite personne au détour du couloir. On le retint fermement par les bras, lui évitant la chute.

- Désolé, s'excusa Harry, immédiatement.

D'un geste expert, il remit en place ses lunettes qui étaient de travers après sa rencontre avec l'autre personne. Il n'eut pas à relever la tête de beaucoup pour découvrir l'identité de son vis-à-vis.

- C'est pas grave Harry, répondit Colin Crivey, un sourire éblouissant son visage, une drôle de lueur dans le regard.

Le plus jeune ne l'avait toujours pas lâché. Pendant les vacances d'été le Gryffondor avait légèrement grandi, lui permettant de dépasser Harry d'à peine cinq centimètres. Sa carrure s'était développée. Face à lui, Harry se sentait horriblement petit et frêle. Pourquoi lui ne pouvait pas grandir comme tous les adolescents de son âge ? Tout ça à cause de ses tuteurs. Ce qu'il pouvait les maudire.

- Qu'est-ce que tu fais là, Colin ?

- Oh, je n'ai pas cours alors je me promenais.

Harry fronça les sourcils en avisant les mains du plus jeune toujours verrouillées à ses bras. Pourquoi ne le lâchait-il pas ? Et puis, c'était quoi ce regard ? Il n'aimait pas ça du tout. Un mauvais pressentiment lui plombait l'estomac.

- Colin pourrais-tu me lâcher, s'il-te-plaît ? Je suis en retard pour mon cours.

Il essaya de se dégager de l'emprise de l'autre mais peine perdue, la poigne de Colin semblait être faite de fer. De plus, il ne pouvait atteindre sa baguette dans sa poche.

Subitement, et sans comprendre vraiment ce qui lui arrivait, Harry se retrouva acculé contre un mur froid, Colin le collant à lui sans le lâcher. Il ne pouvait plus bouger, entravé par le corps du Gryffondor. Il se débattit faiblement, fatigué du sort de Métamorphose. Que lui voulait Colin à la fin ?

- On peut parler, non ? Cela fait longtemps, je trouve. Et ça me manque Harry.

Pourtant, ils n'avaient jamais été proches. Pendant des années, Colin l'avait suivi pour prendre diverses photos de lui et en cinquième année – avec l'AD – ils s'étaient rapprochés. Un peu. Mais jamais le jeune rouge et or n'avait eu ce type de comportement vis-à-vis de lui. Et Harry détestait qu'on le touche, qu'on le colle et surtout, il détestait être impuissant face à un potentiel danger.

- Colin, tu me fais peur.

Le photographe rit tendrement avant de lâcher un de ses bras. Il s'appuya un peu plus contre Harry pour l'empêcher d'attraper sa baguette. Il leva sa main libre et ramena une mèche de cheveux noirs derrière son oreille.

Harry déglutit fortement. Dans quoi s'était-il encore fourré ? Pourquoi les ennuis venaient-ils à lui ainsi ? Il n'avait rien demandé, rien fait pour que quoi que ce soit se fasse. Il commençait sérieusement à en avoir marre de ce Destin qui lui mettait toujours des bâtons dans les roues.

- C'est vrai que tu sors avec Snape et Malfoy ? Je suis déçu Harry, ils ne te méritent pas ces salops de Serpents. Tu mérites une personne qui t'aime depuis des années, qui prendrait soin de toi, te protégerait à tout moment. Quelqu'un comme moi, Harry.

Au fur et à mesure du petit discours de son camarade, Harry pâlit et ouvrit grand les yeux. Colin était complètement cinglé.

- Je t'aime depuis des années Harry. Tu es mon idole, mon héros. Je te chérirais toute ma vie et te protégerais. Je te ferais l'amour avec respect.

Harry tourna la tête sur le côté pour voir le couloir complètement vide. Personne ne pourrait venir l'aider. Il était seul avec Colin. Il réfléchit un instant puis décida qu'il devait gagner du temps pour qu'on vienne le sauver ou qu'il arrive à atteindre sa baguette.

- Tu m'as abandonné comme tous les autres, en début d'année.

Le visage de Colin se ferma, devenant soudainement grave. Il se pencha un peu et déposa un petit baiser sur sa joue. Harry cacha du mieux qu'il put une grimace de dégoût. Les seules lèvres qu'il supportait sur sa peau étaient celles de Severus et de Draco.

- Je suis vraiment, vraiment désolé Harry. Je n'voulais pas faire ça mais on m'a menacé ! Comprends-moi, si je restais avec toi j'aurais été un paria pour toute l'école. Ron nous avait promis qu'on ne serait pas tranquilles si on t'approchait. Si tu savais comme je m'en veux, se lamenta le Gryffondor.

Le jeune homme châtain fit glisser le bout de ses doigts le long de sa tempe. Harry, lui, réfléchissait à ce que l'autre venait de dire. C'était donc pour ça, que tout le monde l'évitait et ne lui adressait plus la parole. Il comprenait maintenant pourquoi beaucoup étaient revenus vers lui sans problème. Finalement, il n'était pas si seul que cela.

- Mais imagine Harry, maintenant on peut s'aimer tranquillement. En plus d'après ce que j'ai compris hier, tu peux attendre des enfants. Je serais heureux que tu portes le mien. Qu'on fonde une famille. Ensemble. Et même si le bébé que tu portes en ce moment est celui de Snape et de Malfoy, je veux bien l'intégrer à notre famille.

- TU ES COMPLÈTEMENT MALADE COLIN, hurla finalement Harry, qui n'en pouvait plus d'entendre les chimères de son agresseur.

- Je sais que tu m'aimes aussi, assura son vis-à-vis.

- Non, j'aime Draco et Severus. Et personne d'autre.

Pitié Merlin, venez moi en aide, pria mentalement le brun, les yeux fermés. Que quelqu'un vienne me chercher. Il ne voulait pas imaginer la suite possible des événements. C'était quelque chose qu'il ne pouvait pas concevoir sans se laisser aller à son désespoir.

Le souffle chaud du Gryffondor caressait maintenant les lèvres d'Harry. Il allait l'embrasser alors qu'il ne voulait pas. Il voulait simplement Draco et Severus. Rien d'autre. Les larmes refoulées depuis un moment glissèrent sur ses joues.

- Il ne faut pas pleurer, Harry, murmura Colin encore plus près que tout à l'heure.

- Colin, arrête, s'il-te-plaît.

Le cinquième année se rapprocha encore un peu, s'arrêtant à cinq minuscules centimètres de sa bouche. Ses oreilles se mirent à bourdonner, dangereusement. Ce fut pour cela qu'il n'entendit pas les pas précipités qui se rapprochaient d'eux.

- CRIVEY ! QU'EST-CE QUE TU CROIS FAIRE LÀ ?

Dès que la voix retentit dans le couloir, Colin se détacha de lui et recula d'un pas, le corps tourné vers les nouveaux arrivants. Harry attrapa tout de suite sa baguette. Il la pointa vers le Gryffondor, la main tremblante.

Colin avait faillit le… l'embrasser. Et peut-être même plus, si on ne l'avait pas arrêté. Harry ne pouvait pas le quitter des yeux. Il voulait un enfant de lui, créer une famille. Et il était prêt à tout pour cela. Ça lui faisait peur.

Harry ne pourrait jamais supporter une autre 'attaque' comme celle-ci. Il allait mieux psychologiquement après que son oncle se soit fait enfermer et depuis que ses amants l'aidaient mais ce n'était pas une raison. Jamais, ô grand jamais, il ne pourrait revivre ça. Trop de mauvais souvenirs.

Sa baguette pointée toujours sur Colin qui levait les deux mains, Harry ne remarqua pas ce qui se passait autour de lui. Il était trop focalisé sur le Gryffondor qui voulait le séparer des hommes de sa vie. Il ne le laisserait pas faire.

- Ron, va chercher Dumbledore s'il-te-plaît.

Cette voix calme, Harry la connaissait, mais il ne pouvait pas détacher le regard de Colin qui n'en menait pas large.

- Monsieur Zabini, pouvez-vous vous occuper de Monsieur Crivey le temps que le directeur arrive ?

- Oui professeur.

Blaise. Blaise était là, dans ce couloir. Près de lui. Il n'était plus seul. Merlin merci !

- Draco, je pense que vous savez ce que vous devez faire.

Personne ne répondit à la voix que le brun savait être celle de Remus. Il entendit simplement des pas de se rapprocher de lui.

- Harry, ça va ?

La personne qui venait de parler avait une voix douce, cristalline. Il en frissonna. Draco. S'il ne tenait pas en respect Crivey, il en aurait pleuré de joie.

- Blaise va s'occuper de ce crétin de Crivey. Tu peux baisser ta baguette, tu es en sécurité, continua son amant en se rapprochant encore un peu.

- Il… Il voulait… m-me séparer de v-vous… et-et… avoir un-un enfant…

Une main ferme se posa sur son épaule, le coupant dans son bégaiement. Une autre glissa le long de son bras tendu et l'abaissa tout doucement. Il sentit le corps du Serpentard se coller au sien, l'épousant parfaitement.

- Shhhhht… c'est fini maintenant.

Les bras de Draco se refermèrent autour de son corps encore tremblant. Sa respiration contre sa nuque lui fit avoir la chair de poule. Deux lèvres se posèrent derrière son oreille puis dérivèrent dans son cou.

Face à cette douce torture, Harry se calma progressivement jusqu'à se retourner complètement et se jeter sur les lèvres du Serpentard. Une longue main pâle se posa sur sa joue alors qu'ils approfondissaient leur baiser.

- Tu n'as pas le droit, Malfoy, hurla une voix derrière eux. Éloigne-toi de lui !

Draco brisa leur échange, serrant les lèvres. La main sur sa joue se crispa alors qu'il posait son front contre celui de son vis-à-vis. Les yeux d'Harry étaient toujours fermés.

- La ferme Crivey. Harry est à moi. Il est à nous. C'est toi qui n'avais pas le droit de le toucher.

Le Serpentard n'avait pas un instant élevé la voix, parlant avec une froideur qui n'admettait aucune réplique. Harry détestait l'entendre mais tant qu'elle ne lui était pas adressée, il pouvait aisément la supporter.

- Monsieur Crivey, vous feriez mieux de vous taire jusqu'à ce que le professeur Dumbledore arrive, déclara Remus d'une voix sourde.

Et comme s'il n'attendait que ça pour apparaître, le directeur arriva à cet instant accompagné de Ron visiblement essoufflé. Le vieux mage regarda tour à tour chaque personne présente, analysant la scène. Les yeux bleus, qui ne pétillaient plus, s'attardèrent sur son protégé et Crivey. Il eut un soupir presque imperceptible tout en fermant les yeux une demi-seconde.

- Bien, monsieur Crivey vous allez me suivre dans mon bureau, nous devons discuter. Harry ça va aller ? demanda-t-il doucement. Veux-tu que j'appelle Severus ? ajouta-t-il quand le brun hocha la tête.

- Non, monsieur le directeur, je ne veux pas le déranger il a une classe en ce moment.

Dumbledore sourit de bienveillance.

- Dans ce cas, Remus vous pouvez retourner en cours avec tous ces messieurs. Je vous verrais plus tard. Bonne matinée.

Il tourna les talons, inclina la tête sur le côté et demanda silencieusement à Colin de le suivre. Se pelotant contre le corps chaud de Draco, Harry le regarda partir pensivement. Il se demandait ce qu'il allait advenir de Colin. C'était vrai qu'il avait eu peur sur le moment, surtout avec la lueur de folie dans le regard du châtain mais il ne voulait pas le faire renvoyer ou autre.

Colin n'avait jamais été méchant avec lui. Collant, envahissant, mais pas méchant. Et puis Harry n'aimait pas que les autres soient « punis » durement à causes de lui, à part pour les Dursley, Voldemort, Lucius et Bellatrix. Eux étaient des cas particuliers. Très, très particuliers.

Draco passa son bras autour de ses épaules alors qu'un frisson le prenait en pensant à eux. Son amant le ramena plus près de lui, et déposa un petit baiser à l'arrière de son crâne.

- Viens, allons en Défense.

Harry acquiesça, fixant toujours le bout du couloir où le directeur avait disparu. Il se laissa emporter par son amant.

- Harry, comment tu te sens ? demanda Remus en se tournant vers eux.

- Bien, Rem, juste un peu chamboulé.

- Tu vas t'asseoir et ça ira mieux, lui assura le professeur.

- Sûrement, acquiesça-t-il.

Distraitement, il attrapa la main de Draco qui gardait son bras autour de son cou. Ron et Blaise restaient un peu en retrait, silencieux.

Et alors qu'ils remontaient les couloirs, Harry réfléchit. Il réfléchit à ce qui venait de se passer. A son incapacité à se défendre. A sa vulnérabilité. Au danger qu'encourait le bébé à cause de lui. Il avait beau avoir appris la magie sans baguette l'année dernière, cela fonctionnait pour de simple sort comme le « Tempus », le « Lumos » pas pour des sorts d'attaque ou de défense.

Enfin, lui n'arrivait pas à les utiliser. Cela devait être possible, mais pas pour lui. Ou alors il faudrait qu'il travaille plus. Sauf qu'avec son bébé il n'aurait jamais assez de forces pour le faire. Donc il ne pourrait pas protéger cet enfant.

- Sans baguette, on est rien, chuchota-t-il.

- Qu'as-tu dit, amour ?

Harry tourna la tête vers lui, marchant toujours. Les yeux gris l'observaient avec inquiétude et, même si Draco avait les traits froids, sa peau légèrement plus pâles que d'habitude démontrait son angoisse.

Harry lui sourit, essayant de le rassurer, même si lui-même était anxieux. Sous ses airs froids et arrogants, le Serpentard était quelqu'un de tendre, affectueux et protecteur. Et Harry adorait ça, se sentir aimé et protégé. C'était quelque chose qu'il n'avait jamais connu avant.

Négligé par sa famille quand il était petit, torturé par la suite. Il avait connu un semblant d'affection au fur et à mesure de ses années à Poudlard entre ses amis, le directeur et Sirius. Mais Sirius était mort, ses amis lui avaient tournés le dos peu de temps après, et le directeur avait disparu.

D'ailleurs où était-il parti ? Il devrait le lui demander un de ces jours.

Créer le lien au diamant rose avait été la bouffé d'air frais dont il avait eu besoin alors qu'il suffoquait. Sa lumière dans les ténèbres. L'aide, l'amour et le soutient de Severus et Draco l'avaient sauvé. Littéralement. Il avait besoin d'eux, comme, il l'espérait, ils avaient besoin de lui.

- Je ne peux pas protéger notre garçon. Sans baguette, je ne peux pas.

Le blond répondit par un sourire triste. Lui aussi ressentait une frayeur sourde bourdonner en lui. Il ne serait pas toujours là, il le savait. Tout comme Severus. Déjà à la vision de Crivey coinçant Harry contre un mur, son sang n'avait fait qu'un tour. Et ce n'était que Crivey, un petit Gryffondor presque inoffensif.

Qu'est-ce que ce serait face à son père ou à sa tante ? Il savait parfaitement qu'Harry pouvait se défendre, il en avait la puissance magique. Seulement… Si on lui prenait sa baguette, Harry redevenait ce qu'il était : un jeune homme fragile et sans défense. Surtout maintenant, avec le bébé.

- Ne t'inquiète pas. Sev et moi on veille sur vous deux, rassura Draco en posant une main tendre sur le ventre bien rebondi. Rien ne vous arrivera. Je te le promets.

- Ne fais pas de promesses que tu ne pourras peut-être pas tenir Dray. Ne le fais pas. Ne fais pas comme Remus, je t'en supplie.

La gorge du Serpentard se noua en entendant la dernière partie. Les promesses étaient un concept presque sacré pour Harry. En ne venant pas le chercher chez son oncle, Remus avait brisé ce serment et même si le brun reparlait au lycan, ils n'avaient plus la même complicité qu'en troisième année.

Draco ne voulait surtout pas se retrouver dans cette situation, perdre la confiance qu'Harry plaçait en lui, et tout le reste.

- Ok, mais on ferra tout pour que rien ne vous arrive.

Harry lui sourit amoureusement. Il avait confiance en eux. Ils lui avaient sauvé la vie. Et maintenant ils détenaient son cœur dans le creux de leurs mains. Sans eux, il n'était rien. Strictement rien.

- Je te crois, confirma-t-il.

Il se pencha ensuite vers lui pour lui murmurer tout bas un « je t'aime » afin que seul lui puisse l'entendre.

- Moi aussi.

Ils arrivèrent finalement à la salle de classe où les autres élèves attendaient bien sagement, même si Hermione paraissait légèrement stressée et inquiète, tout comme Neville, Pansy et Théo.

- Bien, messieurs, installez-vous. Et reprenons le travail. Que pouvez-vous me dire sur les sortilèges de guérison ?

Harry sortit un parchemin et une plume. Il écouta les explications en prenant des notes tout en pensant avec une hâte toute particulière au moment où il pourrait voir Severus.

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XOXOXOXOXOXOXOXO

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- SEV ! hurla Harry dès qu'il vit son amant.

Le couloir était désert et le Gryffondor en profita pour serrer le professeur de potion contre lui. Ce dernier se tendit un instant, avant de lui rendre son étreinte. Draco arriva par derrière et prit ses deux amours entre ses bras. Leur câlin dura une grosse minute avant qu'ils ne s'éloignent les uns des les autres.

Severus passa une main tendre entre les mèches couleur corbeau, les lissant légèrement en arrière pour dégager son visage.

- J'ai appris pour Crivey, Albus me l'a dit. Tu vas bien ?

S'il avait été un chat, pas de doute qu'Harry aurait ronronné face aux caresses de son amant. Il attrapa la main de Draco dans la sienne et enroula l'autre autour du poignet de Severus. Il hocha la tête.

- Je vais bien, j'ai juste pris conscience que notre bébé n'est pas en sécurité avec moi.

Severus échangea un regard avec le Préfet de Serpentard avant de reporter son attention sur le petit brun devant lui.

- Tant qu'il est dans ton ventre, bien au chaud, tout ira bien. Notre enfant est en sécurité avec toi, et avec nous.

Harry savait que c'était faux, et Severus savait qu'il savait. Mais ils se sourirent doucement sans dire un mot. Ils firent semblant de croire ce que le maître des potions venait d'énoncer. Rêvant tout éveillé.

Severus se pencha, happa les lèvres tentatrices du Sauveur du Monde Magique. Lorsqu'ils se séparèrent, Harry était pantelant avec la respiration hachée. L'homme en noir se redressa ensuite et embrassa à son tour Draco resté silencieux pendant l'échange.

- Bien, allons déjeuner, décida Severus en se détachant du blond. On se retrouve plus tard. Veillez l'un sur l'autre.

Après une nouvelle marque de tendresse, l'ancien espion tourna les talons en direction de la Grande Salle. Juste avant de disparaître au détour d'un couloir il se tourna vers eux et lança :

- Draco, surveille Harry, rappelle-toi ce que l'infirmière a dit : il faut qu'il mange. Je compte sur toi.

- Hey ! dit à son tour le brun. Je suis là, tu sais ? Arrête de faire comme si je ne t'entendais pas. Et je peux prendre soin de moi, sans avoir de nounou.

- Et bien prouve-le nous, répliqua Draco en pressant son épaule.

Harry se renfrogna, croisant ses bras sur sa poitrine. C'était vrai qu'il s'était laissé mourir en début d'année mais c'était parce qu'il n'avait plus de raison de vivre. Maintenant il en avait trois. Severus. Draco. Le bébé.

D'ailleurs il faudrait qu'ils trouvent le prénom de leur fils. Ils avaient encore quatre ou cinq mois avant la naissance mais quand même, il faudrait qu'ils y pensent.

- Dray ? On devrait bientôt chercher des prénoms pour le bébé, tu ne penses pas ?

Ledit Dray secoua la tête, amusé qu'il passe d'un sujet à un autre en un claquement de doigts.

- Ouais, t'as raison, on en parlera à Severus. Mais on a le temps.

Sans s'en rendre compte, ils se retrouvèrent devant la porte ouverte de la Grande Salle. Harry commença à trembler à la vue des élèves tranquillement assis à leur table. Il n'avait rencontré que quelques personnes depuis l'annonce de la veille. Là, il serait confronté à tout le monde.

Sa main se crispa en un poing, ses ongles s'enfonçant dans sa paume. Même s'il ne se mutilait plus, la douleur l'aidait toujours. C'était… comme une amie, fidèle et loyale.

Une main douce vint détendre son poing avant d'entrecroiser leurs doigts. Une légère pression.

- Ne te préoccupe pas des autres. Viens manger.

- D'accord.

Ils entrèrent dans la Grande Salle et, sans faire attention aux murmures qui s'étaient élevés à leur entrée, se dirigèrent vers la table des Serpentards. Harry se concentra sur la main chaude du blond dans la sienne et sur Blaise qui lui offrait un sourire resplendissant.

Il essayait de se faire croire qu'il se fichait des opinions des autres, mais c'était faux. Le regard des autres lui avait toujours fait peur. Le jugement d'autrui le stressait. A onze ans on lui avait appris qu'il était « Celui-Qui-Avait-Survécu » et qu'en tant que tel, il devait être un exemple. Tous ses faits et gestes étaient retranscrits dans la Gazette, tout le monde avait un avis sur le Survivant. Harry détestait ça.

Surtout après le viol de son oncle. Ça avait été, juste, trop. Et maintenant c'était pareil. Il ne souhaitait qu'une vie libre et normale. Rien de bien compliqué…

Il secoua la tête pour revenir au présent. En s'installant sur le banc entre Draco et Blaise, Harry regarda les plats autour d'eux. Rien ne l'attirait. Cela lui donnait plus la nausée qu'autre chose. Le gigot d'agneaux le dégoûtait tellement il flottait dans la sauce. Les pommes de terre brillaient de graisse. Le gratin de brocolis sentait trop fort. Merlin ! Son ventre se rebellait déjà rien qu'en regardant. Il ne pourrait jamais manger quoi que ce soit.

- Harry, tu as entendu Sev, tu dois manger comme l'infirmière l'a dit.

- Je sais mais…

En face de lui Théo et Pansy se prenaient le bec, une nouvelle fois. Depuis qu'ils étaient ensembles ils n'arrêtaient pas de se prendre la tête pour des détails, mais ils s'aimaient comme des fous, ça se voyait comme le nez au milieu de la figure.

Ils se comportaient juste comme un vieux couple, un peu comme Ron et Hermione. A cette pensée, les coins des lèvres d'Harry se relevèrent. Mais quand il vit Théo prendre un morceau de bœuf dans sa bouche, un haut-le-cœur lui fit ravaler son sourire.

- Harry… l'avertit Draco, les sourcils froncés.

Tu dois manger, finit le Gryffondor mentalement. Il le savait parfaitement. Ce n'était bon ni pour lui, ni pour le bonhomme en lui. Mais il ne contrôlait pas ses nausées, ni ses haut-le-cœur. Il sentait sur lui les regards de Severus et de Pomfresh.

Avec un soupir, il laissa sa tête tomber sur le côté jusqu'à ce qu'elle s'appuie sur l'épaule de Blaise.

- Qu'est-ce qui se passe p'tit frère ? demanda le basané, d'une voix douce.

Harry sourit à l'entente du surnom. Il adorait ça. Blaise pouvait le répéter encore et toujours, jamais il ne s'en lasserait.

- Il faut que je mange mais mon estomac n'est pas d'accord… Et c'est pas bon pour notre petit gars que je ne mange pas.

- C'est un garçon ? questionna Blaise.

Autour d'eux les conversations s'étaient tues. Même Théo et Pansy avaient arrêté de se chamailler. Tous étaient attentifs à ce qu'il allait dire.

- Effectivement, coupa Draco de sa voix traînante. Ça n'empêche qu'Harry doit manger.

- Je sais Dray, soupira le Gryffondor.

- Je suis vraiment contente pour vous, enchaîna Pansy presque instantanément.

Les Serpentards avaient très bien accueilli Harry. Quand on les connaissait bien, le petit groupe était très sympathique et ils avaient un cœur d'or, en privé. Maintenant qu'Harry passait beaucoup de temps avec Draco dans la salle commune des verts et argents, Pansy, Théo et Blaise étaient devenus de bons amis qui arrivaient à faire rire le Gryffondor.

Pansy, sous ses airs de garce, était d'une bonté effarante avec ses amis. Elle lançait des sarcasmes de temps en temps mais elle se tempérait toujours avec Harry. Théo, lui, parlait que très rarement. Il observait plutôt les comportements des autres, mais le peu de conversations qu'ils avaient eues, lui et Harry, avaient été très intéressantes.

La seule « tâche » – si Harry pouvait le dire ainsi – était Goyle. Le jeune homme n'était plus que l'ombre de lui-même depuis que Crabbe avait été enfermé à Azkaban. Il restait toujours en retrait, les yeux dans le vague. Harry ne l'avait vu que très rarement se mêler à leur groupe.

Mais depuis peu, Grégory le regardait avec des yeux noirs et inexpressifs. Il ne comprenait pas pourquoi.

Dans tous les cas, trouver des amis à Serpentard lui avait fait beaucoup de bien.

- Merci Pansy, sourit-il en direction de la jeune fille qui lui répondit d'un simple signe de tête.

Draco arracha presque son assiette et la remplie d'un ragoût qui avait l'air particulièrement horrible. Ses yeux verts s'écarquillèrent en voyant la nourriture alors que son estomac se tordait. Précipitamment, il mit sa main devant sa bouche.

- Draco, je ne peux pas manger ça, se plaignit-il.

- Il faut que tu manges, répliqua le blond d'une voix ferme.

D'accord. Donc, il devait manger mais rien ne l'intéressait sur la table. Pourtant il avait faim. Mais d'autre chose. Donc il ne restait plus qu'à demander à…

- Winky !

L'elfe se matérialisa derrière lui. Elle s'inclina et lui demanda ce qu'elle pouvait faire pour lui.

- Serait-il possible que tu m'emmènes un sandwich avec des sardines, du beurre de cacahouètes et du chocolat liquide ?

- Bien sûr Monsieur Malfoy-Snape-Potter.

- Merci.

Lorsqu'il se retourna vers la table, il rencontra quatre paires d'yeux écarquillés. Quoi ? Qu'avait-il fait, encore ? L'infirmière lui avait dit de manger ce qui lui faisait envie. Et il avait envie d'un casse-croûte aux sardines, beurre de cacahouètes et chocolat. Et alors ? Au moins il mangerait.

Il n'eut cependant pas le temps de leur demander quel était le problème qu'un elfe de maison qu'il connaissait bien apparut.

- Monsieur Potter, c'est un plaisir de vous revoir. Dobby a apporté le repas du Grand Sorcier qu'est Monsieur Potter.

- Oh Dobby merci beaucoup.

- Dobby est honoré de servir le Grand Sorcier Harry Potter. Monsieur Dumbledore a autorisé Dobby à rentrer aux services de Monsieur Harry Potter, si Monsieur Harry Potter le veut bien ?

- J'en serais très fier Dobby. Si tu le veux bien sûr.

- Dobby veut, Monsieur Harry Potter, Monsieur. Monsieur Harry Potter n'a qu'à appeler Dobby si besoin, Monsieur.

Harry lui sourit et prit l'assiette des mains du petit être. Après l'avoir remercié une nouvelle fois, Dobby disparut. Tout heureux, le brun posa son assiette devant lui et releva les yeux. Draco le fixait, une grimace de dégoût sur les lèvres.

- Tu ne vas pas manger ça quand même, cracha-t-il.

- Et bien, si. Je ne vois pas où est le problème. Tu veux goûter ?

- Sans. Façon.

- Tu as tort, répondit Harry tout sourire en croquant dans son casse-croûte.

Divin. Il gémit tellement cela lui faisait du bien et tellement c'était bon. Il en ferma les yeux, il ne vit donc pas les élèves qui se tournèrent vers lui.

Mais Draco les remarquèrent, lui. Il distingua parfaitement les lueurs de désir qui éclairaient les regards de certaines filles et de garçons. Cela le fit bouillir. Comment ces larves pouvaient-ils ne serait-ce que poser leurs yeux sur lui avec cette lueur de luxure ? Il avait envie de tous les massacrer.

Subitement, il se leva, attirant tous les regards avec son mouvement brusque. Un masque froid sur le visage, il dévisagea tous les élèves et commença à parler d'une voix forte, ferme et froide.

- Pour ceux qui n'ont pas compris ce que le directeur a dit hier soir, Harry est à nous. Alors le premier qui le touche, je le tue.

Puis il se rassit. Purement et simplement. Et recommença à manger. Comme si de rien n'était. Harry, qui avait lâché son repas, le regarda avec des yeux ronds. Se demandant ce qui venait de se passer exactement pour en venir à de telles extrémités.

- L'instinct de protection et possessivité des Malfoy, le retour, le taquina Blaise, en rigolant tout bas.

Pour toute réponse, Draco grogna avant de passer un bras protecteur autour de la taille d'Harry qui le regardait, un petit sourire aux lèvres. Il était tellement mignon comme ça, protecteur, possessif. Draco ne devait jamais, jamais savoir qu'il avait pensé qu'il était mignon, sinon il le tuerait c'était certain.

- Tu peux parler Blaise, grogna-t-il avant de prendre une bouchée de rôti.

- Je pense que tous les Serpentards sont possessifs et protecteurs, c'est dans nos gènes, expliqua Pansy très pensivement.

- Vrai, approuva Théo sans lever les yeux de son assiette.

Ça ne me dérange pas du tout, bien au contraire, se dit Harry dans sa tête. Il n'avait aucun problème à être choyé, protégé et chouchouté. Il ne l'avait pas été assez pendant son enfance pour cracher dessus maintenant.

- Au fait Blaise, enchaîna Harry en se tournant vers le Serpentard. Comment va Luna ?

A cette simple question, le visage du basané s'éclaira. Ses yeux chocolats se tournèrent vers la table des Serdaigles où la jolie blonde, le nez en l'air, regardait le plafond qui représentait un beau ciel bleu.

- Elle va bien. Elle est merveilleuse, s'extasia-t-il.

Le groupe de verts et argents rigola, se moquant ouvertement de leur ami qui gardait les yeux sur Luna. Il semblait totalement submergé par la jeune Serdaigle.

- Mon ami, tu vires Poufsouffle, sourit narquoisement Draco.

- Tu…

Mais Blaise fut coupé par le directeur qui demandait le silence. Debout à la table des professeurs, Dumbledore portait toujours sa robe orange. En le regardant, Harry se dit qu'il aimerait beaucoup voir la garde-robe complète de son mentor. Cela devait être… coloré.

- Mes chères élèves. Vous devez tous vous demander pourquoi Monsieur Crivey n'est pas présent à la table de sa maison. Vous devez savoir qu'un événement particulier s'est passé ce matin. Harry Potter a été harcelé par Colin Crivey. Par conséquence, Monsieur Crivey a été expulsé de l'école pour une durée de deux semaines.

Des chuchotis s'élevèrent dans la Grande Salle, venant surtout des Gryffondors. Tous se demandaient ce que Colin avait fait pour se faire expulser. Seuls ceux qui se trouvaient dans le couloir à ce moment là ne disaient rien. Même si Théo, Pansy et Goyle n'étaient pas au courant de ce qui s'était passé précisément, ils ne posèrent pas de questions. Et Harry leur en était reconnaissant, voulant oublier qu'il n'avait pas réussi à se débarrasser de son 'agresseur'.

- Et même si monsieur Malfoy m'a légèrement devancé, lança-t-il en se tournant vers eux, les yeux pétillants. Je voulais vous rappeler que vous devez laisser tranquille monsieur Potter. Je n'hésiterais pas à sévir. Sur ce, bon après-midi.

Les élèves restèrent là en silence pendant quelques secondes, toujours tournés vers le directeur qui quittait la table des professeurs. Puis tout sembla reprendre vie et tous se levèrent presque d'un seul homme.

Harry resta assis comme les Serpentards de sixième année. Il regarda vers Severus et rencontra les onyx de son amant. Il lui sourit, fit un mouvement de la main. Assurant par ce simple geste qu'il avait mangé et qu'il allait bien. Severus comprit et lui répondit en inclinant la tête sur le côté.

Bien sûr le professeur de potions aurait pu lui sourire comme il le faisait souvent entre les murs de leur appartement mais, en public, il ne devait pas casser le mythe du 'terrible professeur de potions'.

Ça ne le dérangeait. Ce presque double jeu. Harry aimait le Severus de la maison comme il aimait le Severus froid. C'était une seule et même personne qu'il appréciait plus que de raison. Il avait quand même une petite préférence pour le Severus gentil et tendre. Se faire chouchouter par le directeur de Serpentard c'était juste le paradis. Ou ce qui s'en rapprochait le plus. Parce que le vrai paradis c'était quand Draco et Severus s'occupaient de lui. Là il pouvait mourir heureux.

- Une mornille pour tes pensées, susurra une voix à son oreille.

- Je t'aime, répondit Harry sur le même ton.

Il ne cessait de les répéter, ces trois petits mots. Ces trois mots qu'on ne lui avait plus dits après ses un an. Ces trois mots qui avaient disparu après un rayon vert. Et qui avaient creusé un trou de solitude en lui. Trois mots qui étaient durs à prononcer mais qui étaient nécessaires. Parce que sans ces trois mots nous n'étions rien. Il n'était rien. Rien qu'une coquille vide.

- Je t'aime aussi.

- Et Severus aussi, ajouta le brun en souriant.

Draco lui rendit son sourire et lui remit une mèche de cheveux derrière l'oreille.

- Et Severus aussi, répéta le Serpentard.

Le ton du blond fit frissonner le Survivant. Ça promettait tellement de choses…

- Ce soir… ?

- Oh oui, ce soir, confirma Draco.

Les yeux gris brillaient de désir et d'amour. Harry observa le visage si parfait. Il ressemblait à un ange avec ses cheveux blonds, sa peau sans défaut et ses yeux acier.

Harry se mordilla la lèvre inférieure en pensant à tout ce qui allait se passer ce soir à l'abri dans leur chambre à coucher avec Severus. Hmm… Oui, son imagination tournait à plein régime.

- Bon, les tourtereaux, levez vos fesses on va dans la Salle Commune, le coupa Blaise dans ses pensées pas très catholiques.

Harry leva les yeux vers Blaise qui le fixait également avec un sourire en coin. Lui aussi il était beau. Son grand frère. Son ami. C'était un confident. Son confident. Même… même s'il ne savait pas tout, il l'aidait et l'avait aidé pendant ses moments de troubles.

Blaise. Harry se demandait encore comment il avait fait pour ne pas se rendre compte de la perle qu'il représentait.

Parfois, il remercierait presque Voldemort d'avoir ensorcelé la montre de Ron. Parce que sans lui, il n'aurait jamais connu Draco, Severus, Blaise et les autres Serpentards. Et il aurait vraiment raté quelque chose.

- Tu viens Harry ? l'appela Draco. On a toute l'après-midi de libre. Ensuite on rejoindra Sev…

Harry se leva prestement et suivit le groupe de verts et argents. En chemin, il attrapa la main de son amant. Pour le moment tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Il avait déjà oublié le petit incident de ce matin. Et il espérait que cela continuerait, encore longtemps. Les mauvaises expériences étaient passées. Tout allait pour le mieux maintenant.

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Voilà ! Je suis désolée si vous avez reçu plusieurs mails pour montrer que le chapitre était posté mais il y a eu des problèmes avec le site alors j'ai du le supprimer et le reposter, désolée pour la gène occasionnée.

Sinon j'espère que ça vous a plu et je vous dis à mercredi prochain pour le prochain chapitre qui s'intitule « Doloris ? ». (Je vous laisse à vos suppositions ! xD)

Bonne journée les gens. : )