Le lendemain matin, Hermione se réveilla, étendue dans son lit. Une odeur étrangère régnait dans la pièce. Elle s'assit en se frottant les yeux, et en passant ses mains dessus, elle sentit qu'ils étaient bouffis et ce qu'elle venait de faire lui picotait maintenant le crâne. C'est à ce moment que les souvenirs de la veille lui remontèrent peu à peu, de l'attitude de Ron à Malefoy la réconfortant, en passant par ce qu'elle avait appris de Blaise. Elle commençait déjà à broyer du noir, mais se souvenant de la date, elle s'efforça de garder la tête haute: jamais elle ne se permettrait d'afficher une tête d'enterrement le jour de Noël. Elle se regarda dans le petit miroir situé sur son bureau et vit des yeux rougis et cernés, ce qui ne manqua pas de la faire soupirer. Malgré cela, elle sortit de sa chambre et jeta un œil au petit sapin de la salle commune. Comme elle l'avait imaginé, le pied de ce dernier regorgeait de cadeaux aux emballages tous plus colorés les uns que les autres, et comme elle aimait le faire chaque année, elle tenta de deviner la provenance du paquet de loin, rien qu'avec l'allure qu'il présentait. Elle le savait déjà, cette année, aucun de ces cadeaux ne pourrait lui arracher le nom de Ronald lorsqu'elle l'ouvrirait.
Elle avait tellement été absorbée par le sapin que jusque cet instant elle n'avait même pas remarqué son homologue masculin allongé – affalé aurait en fait été plus pertinent – à peine quelques mètres plus loin sur le canapé. Lui, en revanche, semblait s'être rendu compte de la présence de la jeune fille puisqu'il se redressa pour tourner sa tête vers elle.
-Joyeux Noël, Granger! dit-il d'un ton enjoué en lui adressant un sourire.
-Joyeux Noël, Malefoy, répondit-elle en lui rendant son sourire, tentant d'imiter sa joie matinale, ce qui fut bien sûr un échec.
-Oh, allez, fais pas la gueule, c'est Noël! Regarde tous les cadeaux qui t'attendent, tu devrais aller les ouvrir.
Elle se dit qu'elle devait se ressaisir et se rapprocha de l'arbre épineux, s'agenouillant face à lui en s'emparant d'une première petite boîte, rose ornée d'un ruban argenté et d'une petite carte qu'elle lut dans sa tête: « Joyeux Noël, Mione! J'ai fait tellement de magasins avant de trouver ton cadeau, heureusement que je me suis souvenue que tu m'avais déjà parlé de cette boutique! J'espère que ça te plaira. -Ginny ». Elle sourit et dénoua le ruban, qu'elle laissa tomber près d'elle. Elle s'assit en tailleur avant d'ouvrir la boîte, Drago, toujours posé sur le canapé, observant la scène avec attention. A l'intérieur se trouvait un magnifique bracelet cuivré, orné d'un pendentif en forme de rose rouge. La Gryffondor fut de suite émerveillée et demanda un coup de main au vert et argent pour l'attacher à son poignet. Il accrocha donc doucement le bracelet et lui dit de prendre un autre paquet.
-Et toi? Tu ne veux pas ouvrir tes cadeaux?
-Je verrai bien s'il en reste une fois que tu auras ouvert tous les tiens, Granger. Je n'ai pas pour habitude de recevoir énormément de cadeaux, et je ne serais pas particulièrement déçu si personne ne m'en a offert cette année. Tiens, prends le paquet bleu, là-bas. Il m'intrigue.
Elle tendit donc sa main vers le dit paquet bleu et parvint à l'attraper bien qu'il fusse parmi les cadeaux les plus reculés. Elle fronça les sourcils, tentant de déchiffrer l'écriture qui était plus semblable à des hiéroglyphes qu'à des mots. Après un long moment de bégaiement et de doute à retourner le paquet dans tous les sens pour s'assurer qu'elle n'était pas en train de lire à l'envers, elle finit par identifier le nom: Hagrid. Elle rit. C'était la seconde année qu'il lui offrait quelque chose, et comme la dernière fois, il ne s'était pas très bien appliqué pour écrire. Par contre, pour ce qui était de l'emballage, elle n'avait rien à dire. Elle le soupçonnait même d'avoir demander à quelqu'un d'autre de le faire pour lui, probablement à Dumbledore, ou bien au personnel du magasin dans lequel il s'était procuré ce qu'elle s'apprêtait à ouvrir. Mais peu lui importaient les apparences, ce qui comptait réellement était de ressentir le bonheur que les gens avaient voulu lui procurer chaque fois qu'elle se munissait d'un nouveau paquet.
Elle se décida finalement à retirer le papier bleu et découvrit un ouvrage qui semblait vieux d'une bonne vingtaine d'années malgré sa reliure parfaitement dorée. Si Hagrid savait quelque chose sur elle, c'était bien son goût pour les livres anciens. Elle l'ouvrit et vit écrit le titre en lettre d'or sur la première page: « Les créatures magiques et leur mode de vie». Elle n'en revenait pas: elle était tombée dessus lorsqu'elle faisait les magasins avec Harry et avait longuement hésité à l'acheter, et s'était finalement désistée en vue du prix. Le brun avait sans doute fait part au garde-chasse de cette histoire pour que l'ouvrage soit si bien choisi. Elle sauta de joie et posa le livre près de la boîte de sa meilleure amie, sous le regard amusé de son colocataire.
-Ah, Granger, tu es définitivement la seule personne que je connaisse qui soit heureuse de recevoir un livre en cadeau, plaisanta-t-il.
-C'est que tu dois connaître trop peu de monde, alors, rétorqua-t-elle avant de saisir un paquet vert foncé qui trônait devant elle. Oh? s'étonna-t-elle. Je crois qu'il vient de Blaise.
Le Serpentard ne répondit pas, se contentant de la regarder. Elle avait l'air aussi heureuse qu'un enfant en ouvrant tous ces cadeaux et voir quelqu'un d'aussi bonne humeur dès le matin semblait influer sur son moral. La rouge et or s'empressa d'ôter le papier et y trouva une boîte. Elle l'ouvrit et vit une chaîne en argent qui brillait sous l'effet de la lumière se reflétant sur elle. Au bout se distinguait une petite fiole de verre, fermée par le bouchon caractéristique des fioles de potions du professeur Rogue. Elle n'hésita pas à porter le collier, qu'elle réussit cette fois à mettre toute seule. Elle remarqua alors qu'une lettre l'accompagnait.
Joyeux Noël, Hermione!
A vrai dire, je n'avais pas prévu de t'offrir quelque chose. Pas que l'envie m'en manquait, loin de là! C'est juste que je ne te connais pas beaucoup et donc je n'avais pas trop d'idée quant à ce qui pourrait te faire plaisir. Et finalement, quand je me suis promené à Pré-au-Lard la dernière fois, je suis tombé sur ça et j'ai directement pensé à nous! Je ne résume pas notre amitié à des potions, ne t'en fais pas, mais c'est juste que c'est un peu grâce à ça qu'on a commencé à se parler. Alors quoi de mieux que de t'offrir ce qui nous correspond le plus?
-Blaise.
PS: Désolé pour hier. Je pense que je n'ai pas choisi le bon moment pour te parler de ce que je ressentais et après réflexion, je me suis même trouvé un peu ridicule... Si tu veux, on peut oublier ça.
Elle replia le papier et le rangea dans le petit écrin, qu'elle referma. Elle n'avait pas envie d'oublier, non. Cela faisait partie de leur histoire, désormais, songea-t-elle avec un sourire plein de mélancolie.
Vint maintenant le tour du cadeau de Harry, ce qui lui causa un rire quelque peu étrange, arrachant un regard étonné à Drago. Elle était très excitée à l'idée de voir ce qu'il lui avait offert. Il était toujours imprévisible et c'est ce qui lui plaisait chaque année: le fait de ne pas se douter le moins du monde de ce que pouvait contenir le paquet de son ami à lunettes rendait l'ouverture de ce dernier encore plus palpitante que les autres. Elle arracha peut-être un peu plus violemment qu'elle ne l'aurait voulu l'emballage bordeaux avant de découvrir un morceau de tissu qu'elle identifia comme un vêtement. Elle le sortit des derniers lambeaux de papier qui le maintenaient encore prisonnier et le déplia face à elle. C'était une veste, une très belle veste courte de couleur beige, assez légère, et tout à fait dans son goût. Elle fit des yeux ronds, émerveillée, et s'empressa de l'essayer par dessus son pyjama. Le regard brillant, elle tournoya sur elle-même, ravie de posséder ce nouvel habit.
-Tu en penses quoi? demanda-t-elle à Drago, tout sourire.
-Ça te va bien. Je ne savais pas que Potter était capable de faire preuve de bon goût.
Elle ne releva pas la remarque, trop heureuse d'entendre quelqu'un confirmer ce qu'elle voulait entendre: elle adorait ce manteau et il lui allait bien. Elle chercha un mot accompagnant le cadeau, puisqu'il en laissait un chaque année, et ne fut donc pas étonnée lorsqu'elle le trouva finalement.
Joyeux Noël, Hermione!
J'espère que la veste te plaît, mais comme Ginny m'a aidé à la choisir, je n'en doute pas! J'espère juste que la taille est la bonne, sinon, tu pourras aller l'échanger (je t'ai laissé le numéro d'achat sur l'étiquette).
Si je n'ai pas encore ouvert ton cadeau à l'heure qu'il est, sache que j'ai très hâte!
Je t'embrasse.
Elle ouvrit encore d'autres cadeaux, pour certains accompagnés d'un mot, pour d'autres non. Elle reçut notamment une boîte de chocolats, du parfum et un peu d'argent de la part de ses parents, plusieurs vernis à ongles de la part de Lavande, Luna lui avait offert un porte-clé, aussi. Comme elle s'en était douté, Ronald ne lui avait rien adressé, mais elle n'en fut pas déçue. Elle avait enfin terminé de déballer tout ce qui lui était destiné et se tourna vers son homologue, ravie de ce début de matinée.
-Fini! s'écria-t-elle.
-Tu parles un peu vite, décréta-t-il en se dirigeant vers sa chambre.
Elle haussa un sourcil, ne comprenant pas vraiment ce qui lui faisait dire ça. Lorsqu'il ressortit, elle remarqua quelque chose entre ses mains, un petite boîte de couleur noire, très sobre. Il s'assit à côté d'elle et la lui tendit.
-Tiens, reprit-il. C'est pour toi.
Elle écarquilla les yeux et se sentit rougir. Elle commença à bégayer, et face à cette réaction plutôt inattendue, le blond se mit à rire tellement fort qu'il fut forcé de s'allonger, se tenant le ventre.
-Mais, Malefoy, je... Enfin, tu... Pourquoi? Mais, et la robe? Qu'est-ce que tu me fais, là?
-Ah, quelle hilarité, de si bon matin, c'est presque adorable, reprit-il en essuyant une larme de rire qui perlait au coin de son œil. Allez, tais-toi et ouvre.
Toujours aussi étonnée, la rouge et or ouvrit la boîte, surveillée par l'œil impatient de Drago, pour y trouver une paire de boucle d'oreille en argent. Légèrement pendantes, un petit diamant gris en forme d'ovale se dressait au bout de chacune d'elles. Les reflets de cette pierre étaient aux couleurs de l'arc-en-ciel, et elle ne sut que dire. Elle ne parvint même pas à articuler un simple « merci », réussissant à peine à tourner sa tête vers son colocataire. Elles étaient magnifiques.
-Je les ai achetées en même temps que la robe. Je les avais déjà repérées en arrivant, c'est aussi pour ça que je t'avais demandé de sortir pour que je puisse payer. Elles seraient bien allées avec ta tenue d'hier soir, d'ailleurs, mais je voulais vraiment te les offrir aujourd'hui.
-Mais... Merci beaucoup, je... Enfin, Malefoy, je n'arrive vraiment pas à te cerner. Pourquoi est-ce que tu m'offres tant de choses, tout d'un coup?
-Calme-toi, on dirait que tu vas faire une syncope! se moqua-t-il gentiment.
-Je pense que j'en suis pas loin, oui! Pourquoi est-ce que tu as dépensé autant pour moi?
-Tu dois pas être sans savoir que ma famille possède beaucoup d'argent, je me trompe? demanda-t-il, et lorsqu'elle fit oui de la tête, il poursuivit. Eh bien, mon père me transférait une partie de cette argent, avant. Sauf que je me sers à peine du quart de ce qu'il me donne, alors j'ai énormément d'argent de côté et lorsque je me dis que je pourrais en dépenser un peu pour m'amuser, je finis par acheter des trucs complètement débiles et dénués de sens à mes yeux. Pour une fois, j'ai décidé d'en faire quelque chose d'utile et de faire plaisir à quelqu'un.
-Mais pourquoi me faire plaisir à moi?
-J'en sais rien.
-On était pas censés être ennemis?
-Dis donc, tu as l'air d'avoir du mal à tourner la page, toi. Ne dit-on pas que les ennemis d'hier font les amis de demain?
-Non, je ne crois pas que ça se dise, Malefoy...
-Oh... Qui aurait cru que je serais savant au point d'inventer un proverbe, plaisanta-t-il. Je suis sûr que d'ici quelques années, tout le monde l'utilisera. Bref. Peu importe, je sais qu'aux yeux de tout le monde ça aurait été plus logique que j'offre quelque chose à Pansy, ou quelqu'un de ce genre. Mais je n'en avais pas envie, les filles de cette espèce penseraient que je fais ça juste pour coucher avec elles. Au final, elles viendraient me rejoindre dans mon lit, le soir. Eh, ça pourrait être cool... pensa-t-il tout haut.
Hermione soupira et tenta de lui mettre une petite claque en souriant.
-Irrécupérable, Malefoy.
-Je sais, je sais. Bon, ça te fait plaisir?
-Evidemment, que ça me fait plaisir! Ça me surprend aussi beaucoup... Tu sais, tu n'y étais vraiment pas obligé, je me sens vraiment gênée, je n'ai rien pour toi, moi... se lamenta-t-elle.
-Je n'ai pas fait ça pour que tu m'offres quelque chose en retour. Je te l'ai dit, je ne reçois jamais de cadeaux.
Hermione sourit tristement, abattue face à ce garçon qui n'avait rien reçu pour Noël. Ce sentiment s'amplifia lorsqu'elle vit qu'aucun paquet ne l'attendait au pied du sapin.
Elle savait déjà qu'elle irait lui acheter un cadeau à Pré-au-Lard, dès que possible.
-o-o-o-
En ce jour qui se voulait spécial, Hermione s'était permis de prendre son temps dans la salle de bain: elle s'était fait couler un bain d'eau chaude et y était restée durant pas loin d'une heure entière, prenant soin de son corps en l'hydratant avec différents masques. Elle avait aussi passé un bon moment à jouer avec la mousse très abondante, mais elle avait fini par éclabousser l'entièreté de la pièce, riant de ce qu'elle faisait. Elle était ressortie quelques minutes plus tard avec une serviette enroulée autour des cheveux, s'efforçant de garder un air innocent, mais son allure peu naturelle alarma Drago, qui jusque là lisait calmement le livre de la veille, ce qui l'avait d'ailleurs surpris de lui-même. Il croisa le regard plein de malice de la jeune fille qui se dépêcha de retourner dans sa chambre, le sourire jusqu'aux oreilles, comme une enfant qui ne voulait pas être accusée de sa propre bêtise. Il se leva et se dirigea vers la salle de bain, appréhendant ce qu'il allait y trouver, et il ne fut pas déçu: les murs, le sol, le miroir, le lavabo, le fond de la baignoire, tout, absolument tout était recouvert de mousse à l'odeur savonneuse. Drago soupira et leva les yeux au ciel.
-Granger, tu abuses! hurla-t-il sur un ton amusé. T'en as foutu partout!
-Je ne vois pas du tout de quoi tu parles! cria-t-elle à son tour sur un ton innocent. Ce n'est pas moi!
Sa réponse arracha un petit rire au blond qui sortit sa baguette puis l'agita pour nettoyer les dégâts. Tout de même, elle aurait pu le faire elle-même.
-o-o-o-
Elle se décida enfin à sortir de la salle commune après y avoir passé toute la matinée et même une partie de l'après-midi. Elle n'était pas descendue manger, la faim n'étant pas au rendez-vous, sans doute avait-elle abusé sur les petits fours la veille. Elle s'habilla en vitesse avant d'enfiler une paire de baskets qui traînait sous son lit et elle se dirigea vers la porte. Lorsqu'elle la dépassa, une voix l'interpella et elle sursauta.
-Hermione, Merlin merci j'avais peur que Malefoy sorte avant toi!
Elle serra les poings. Les larmes lui montèrent de nouveau aux yeux. Il avait déjà gâché le bal, pourquoi fallait-il qu'il fasse de même pour Noël? Elle se retourna vers lui, rouge de haine.
-Eh bien vois-tu, j'aurais préféré que ce soit lui qui sorte en premier et qu'il te renvoie là d'où tu viens!
-Calme-toi, par pitié, calme-toi... Je suis tellement désolé pour hier, j'aurais préféré ne pas tenter de faire la paix plutôt que de le faire de cette manière...
-Faire la paix?! hurla la rouge et or, hors d'elle, les yeux exorbités. Tu voulais faire la paix?! Tu te fous de moi, Ronald?! Tu étais ivre mort! Comment veux-tu faire la paix dans cet état, hein?! Comment?! Tu me dégoûtes! Comment as-tu eu de quoi te bourrer à ce point?!
-Je suis désolé, Hermione, je suis sincèrement désolé, je n'ai aucun souvenir de ce qu'il s'est passé, c'est Harry qui m'a tout raconté ce matin, je t'en prie ne m'en veux pas...
-Non mais je rêve! C'est une blague?! Tu ne te souviens pas du mal que tu fais aux gens, et tu viens t'excuser comme une fleur de choses dont tu ne peux avoir de remords puisque tu ne t'en rappelles pas! Abruti!
Il s'approcha doucement d'elle.
-Bien sûr, que je m'en veux, Hermione, pas besoin de m'en rappeler pour ça...
-Ne m'approche pas! gémit-elle accompagnée de quelques larmes.
Il avait refait un pas. La gifle partit d'elle-même.
-Hors de ma vue, Ronald.
-Hermione... tenta-t-il une dernière fois.
-Dégage!
Il ne se fit pas prier une seconde de plus et fit demi-tour, tête baissée, probablement frustré que les choses ne se soient pas déroulées comme il les avait imaginées. Hermione était indignée, totalement choquée qu'il ose venir lui parler seulement quelques heures plus tard, alors qu'elle était de bonne humeur avant cela. Elle s'appuya contre le mur et se laissa glisser contre ce dernier, pour finalement se retrouver assise, la tête entre les mains. Ronald venait de disparaître à l'angle du couloir, mais malheureusement, la déception qu'il venait d'apporter à Hermione était restée là.
Ce ne fut que quand Blaise l'aperçut et décida donc de venir vers elle qu'elle se rendit compte qu'elle était peut-être recroquevillée contre le mur depuis un peu trop longtemps.
-Hermione, tu vas bien? s'inquiéta-t-il.
L'intéressée leva la tête vers lui, l'expression vide.
-Oui, ça va, commença-t-elle. Ron... Ron a voulu venir me parler. Je lui ai dit de repartir.
-Quelle ordure... Tu ne devrais pas rester par terre, j'ai vu plein de saletés au sol sur le chemin, dit-il en lui tendant la main pour l'aider à se relever.
-Merci.
Elle s'appuya sur lui pour se relever et une fois debout, il sourit en posant les yeux sur la petite fiole de verre.
-Je vois que tu l'as bien reçu.
-Quoi? Ah, oui, se reprit-elle. Merci beaucoup, ça m'a fait très plaisir.
-J'espère que tu ne le portes pas juste pour me faire plaisir et que ça te plaît vraiment!
-Oui, bien sûr! Je l'ai trouvé original, et ça me donne une raison de penser à toi de temps en temps!
Ils se sourirent l'un à l'autre. Ils discutèrent rapidement, aucun des deux n'aborda le sujet concernant ce que le Serpentard lui avait dit la veille et ils ne parlèrent même pas de la lettre. Vers la fin de la conversation, il lui demanda de venir lui parler si quoi que ce soit de nouveau se produisait avec Ron, certifiant qu'il serait là pour elle. Ensuite, il demanda à Hermione s'il pouvait entrer voir Drago, cette dernière prononça alors le mot de passe et appela son homologue pour qu'il vienne accueillir son ami dans la salle commune et elle repartit de son côté pour aller rendre visite à ses amis et les remercier de leurs cadeaux.
-o-o-o-
Le soir venu, et un bel après-midi dans les dortoirs féminins de sa maison passé, Hermione remonta dans sa salle commune. Harry était venu la voir à propos de Ron, qui lui avait déjà tout raconté à peine de retour. Le survivant ne lui en voulait absolument pas d'avoir réagi de la sorte. La brunette lui avait alors confié que même si elle avait vraiment voulu accepter ses excuses, sa conscience ne lui aurait pas permis.
Elle était ensuite montée dans son ancienne chambre où elle y avait retrouvé ses amis, les remerciant. Elles l'avaient remerciée à leur tour. Puis après deux heures de commérages sur la soirée de la veille, en évitant soigneusement le passage où Ron entre en scène, la jeune fille avait décidé de retourner dans ses appartements. Sur le chemin, elle avait croisé un groupe de Serdaigle, dont Luna, et elle en avait profité pour la remercier également. Elle s'occuperait d'Hagrid lorsqu'elle le verrait. Elle arriva enfin à destination et décida de se mettre au lit directement, ayant pour projet de se lever tôt le lendemain matin: les magasins seraient ouverts et elle pourrait acheter son cadeau à Drago. Elle comptait utiliser l'argent offert par ses parents à des fins personnelles, mais tant pis, après tout ce qui avait eu lieu ces derniers temps, elle n'avait envie de rien de particulier et voulait vraiment remercier le vert et argent de toutes ses actions. En parlant de lui, il n'était pas présent dans la salle commune, contrairement à son habitude. Elle s'approcha lentement de la porte de sa chambre et y colla son oreille. Elle s'apprêtait à toquer pour vérifier s'il était là, mais ses ronflements le trahirent. Elle laissa s'échapper un petit rire et se rendit dans sa chambre à elle, décidant d'imiter son homologue. Ainsi, après s'être changée, elle se glissa sous ses draps et mit du temps à trouver le sommeil, hantée par l'image d'un Gryffondor aux cheveux roux. Mais lorsque la fatigue s'empara finalement d'elle, elle dormit d'un sommeil paisible et sans rêve.
-o-o-o-
Bellatrix soupira. Toujours les mêmes discours, toujours les mêmes paroles excitantes, mais jamais de réel passage à l'action. Elle n'attendait qu'une chose: voir le concret de ses propres yeux, être témoin, même acteur du début de cette extermination.
Bellatrix, je lis tant d'impatience sur ton visage...
-Quand pourrons-nous passer à l'action, Maître?
Sois patiente, très chère, sois patiente... Ce n'est plus qu'une affaire de quelques jours...
L'assemblée fut dissoute. Plus que quelques jours.
