Pov Bella

Par respect pour Eleazar, je décidai de ne pas occuper la chambre, elle devait être le lieu qu'il partageait avec sa compagne, une pièce où je n'avais nullement ma place, donc après avoir passé quelques minutes, sur le balcon à admirer les lumières de la ville au loin, je me couchais sur le divan. Il me fallut un long moment pour m'endormir, aussi stupide que cela puisse paraitre, je m'inquiétais pour Eleazar, je me demandais s'il n'était pas en danger, ce qu'il allait découvrir, peut-être que je concentrais inconsciemment toutes mes pensées sur lui pour éviter de penser à la transformation ? La douleur, la vie après, ma vengeance… pour ensuite retrouver ma solitude, mais pas n'importe quelle solitude, celle-ci serait éternelle, à la vérité, même si la souffrance physique me faisait peur, je craignais plus d'être éternellement seule.

Je me demandais aussi si le fait de les tuer allait réellement me libérer, c'est ce que je recherchais, ce que je voulais, être libre, peut-être était-ce ma façon de récupérer le bien précieux qu'on m'avait volé cette nuit là mon corps, oui, je crois que c'était le but caché de tout cela, je voulais récupérer mon corps, pouvoir me dire qu'enfin il était à moi, comme cela aurait toujours dû être le cas et dans ma logique, prendre leurs corps et leurs vies était la seule manière de reprendre mon corps et ma vie…

Sur cette pensée, j'eus enfin le plaisir de sombrer pour me réveiller en pleine nuit en entendant la porte claquer.

Je me redressais pour m'assoir à moitié endormit et Eleazar apparut devant moi avec une expression étrange qui ne présageait rien de bon.

- Désolé, je t'ai réveillé, s'excusa t-il en se laissant tomber à côté de moi

- Pas grave, alors ? Demandai-je en scrutant la lampe que j'avais laissé allumer

Il semblait pour le moins… bouleversé, ce qui était plutôt étrange connaissant sa nature, je posai ma main sur son genoux pour l'encourager à parler et il me surprit en m'étreignant, il sanglotait contre mon épaule.

- Qu'est-ce qui s'est passé ? Paniquai-je en lui frottant doucement le dos

Il décolla légèrement le front de mon épaule pour secouer la tête, apparemment il n'était pas prêt à en parler, comme je l'avais présagé, ce n'était pas bon, pas bon du tout. Il resta sans bouger contre moi durant un long moment, je ne savais pas quoi faire, pas quoi dire, jamais personne n'avait compté sur moi pour le réconforter, alors je me contentais de continuer à lui frotter le dos.

- Pourquoi est-ce que tu t'es couché ici ? Murmura t-il soudainement

- Et bien… heu, je me suis dis que ce serait mieux

Il se mit à rire doucement, me laissant perplexe, je ne voyais pas ce qu'il y avait de drôle et puis il soupira et me souleva pour m'emmener dans la chambre.

- Qu'est-ce que tu fais ? Demandai-je en fronçant les sourcils, de toute façon, je ne parviendrais pas à me rendormir…

Il m'allongea sur le lit, se colla à moi et je sentis ses doigts caresser doucement mon visage

- Qui te dit que je veux que tu dormes ? Souffla t-il avant de m'embrasser

Je profitais du baiser en me demandant s'il ne tentait pas simplement d'oublier ce qu'il avait vu, s'il ne serait pas mieux de l'arrêter pour lui demander de me dire ce qu'il avait trouvé, mais je n'en fis rien lorsqu'il se déplaça pour planer sur moi, je ne fis rien lorsqu'il souleva ma chemise, ni lorsque sa bouche voyagea sur ma poitrine et lorsqu'il fit glisser mon short pour passer un doigt sur mon centre, ce fut ma perte. J'enroulais mes jambes sur sa taille et souleva légèrement mon bassin pour me frotter à lui, malgré la température de son corps, ce garçon… ce vampire parvenait à me donner chaud, sa bouche voyagea de ma poitrine à mon cou pour atterrir de nouveau sur ma bouche, il se positionna et s'enfonça en moi lentement tout en avalant mon gémissement auquel il répondit lui-même par une sorte de grognement animal très excitant. Il fut lent et je ne parvenais pas à le définir, mais quelque chose était différent de la dernière fois, il semblait… plus proche, langoureux ? Je n'avais jamais fait autre chose que baiser avec les hommes, à mon sens, aucun ne méritait d'être aimé, alors je ne savais pas reconnaitre sa façon de faire, je savais que c'était différent, mais rien de plus, la seule chose que je parvenais à reconnaitre sans peine, c'était la nécessitée, et ça, je le mettais sur son état d'esprit, il était mal et avait besoin de réconfort…

- Je suis si proche, susurra t-il contre mon oreille, je veux que tu viennes avec moi avant…

J'allais lui demander avant quoi, mais lorsqu'il positionna ses dents contre mon cou en restant immobile quelques secondes, je compris qu'il ne parlait pas seulement de la jouissance. Je déglutis et je suis sur qu'il dû entendre mon cœur manquer un battement, mais il avait certainement raison, quel meilleurs moment ?

Je hochais la tête, lui donnant la confirmation qu'il attendait, il ne me mordis pas de suite, ses coups devinrent plus rapides, il souleva légèrement mes jambes pour s'enfoncer plus profondément en moi sans déplacer sa bouche, puis une de ses mains glissa entre nous pour aller pincer mon clitoris, déclenchant ma jouissance et la seconde d'après je sentis ses dents s'enfoncer dans ma chair pendant qu'il se déversait en moi, ce fut la chose la plus excitante que je n'avais jamais fait.

Il se détacha de mon cou, lécha la morsure, puis prit mon visage en coupe alors que le venin commençait à bruler.

- Je resterais avec toi jusqu'à ce que ce soit finit, me promit-il en étirant un faible sourire, je serais là…

Puis il se retira de moi, prit mon poignée et mordit, passa au suivant et il fit de même avec mes chevilles, en sentant le venin se rependre en moi, je me promis de lui demander pourquoi il s'était sentit obligé de me mordre à plusieurs reprises dès que je me réveillerais. Chaque seconde était plus douloureuse, j'avais la sensation qu'on m'avait injecté de l'acide dans les veines et je devais serrer les mâchoires pour ne pas hurler.

- Cris ! M'ordonna t-il en s'emparant de ma main, ne te bât pas contre le venin, laisse le faire et ne retiens pas tes hurlements, ça ne pourra que te soulager

J'aurais voulu pouvoir le frapper, mais non seulement j'en étais parfaitement incapable, mais en plus je savais qu'il avait raison, du moins, contrairement à moi, il savait de quoi il parlait et je n'étais sans doute pas le premier humain à subir ma transformation devant lui, alors je me mis à hurler en essayant toutefois de ne pas briser les vitres

- Il n'y a pas de voisins, ne te retiens pas, répéta t-il, il faut que tu repenses à ta vie, à ce qu'ils t'ont fait, à la raison pour laquelle tu veux te venger, à moi, à notre rencontre…

C'est donc ce que je fis, je replongeai dans mes souvenirs, repensant à quel point j'avais eu froid en me réveillant dans ce jardin publique après avoir été violé et battu, à mon départ, à ma vie dans la rue, à mes rencontres, à mon arrivé au Texas, à ma première et seule amie qui m'avait accueillit chez elle, à mon quotidien morne et sans intérêt… jusqu'à ce fameux soir ou je m'étais retrouvé face à ce porc, l'un de ceux qui m'avais tué de l'intérieur, qui m'avait volé mon corps, je me souvenais de ce que ma mère me disait lorsque j'étais enfant…

« Dans ce monde, on pourra tout te prendre, tout ce que tu auras eu après un travail acharné, tout tes biens et même parfois ceux que tu aimes te seront enlevés, la seule chose qui soit vraiment à toi, c'est ton corps, ton cœur et ton âme »

Ils avaient volé mon corps, brisé mon cœur et noircie mon âme. En repensant à tout cela, je savais que je ne pourrais pas oublier, rien ne pourrait me faire oublier pourquoi je supportais cette horrible douleur, rien.

- Je suis là, entendis-je murmurer à mon oreille, n'oublie pas, je suis là pour toi

Je serrais sa main en guise de réponse, totalement incapable d'utiliser ma voix pour autre chose que crier ma douleur, je savais qu'il était là, il était là pour moi, je voulais qu'il me parle encore et encore, je me sentais tellement plus rassuré en entendant sa voix, alors je serrais de nouveau sa main pour essayer de lui faire comprendre ce que je voulais de lui, mais il se contenta de me caresser le dos de celle-ci, je dus alors faire un effort considérable pour parvenir à articuler un seul mot…

- Parle ! Hurlais-je

Il déposa un baiser sur ma main et commença à me compter sa vie, l'époque à laquelle il avait été transformé, son temps chez les Volturi, sa rencontre avec Carmen alors qu'elle était en visite là bas, son départ de l'Italie avec l'idée de devenir ce qu'il appelait un végétarien, sa rencontre avec les autres membres de son clan, si je n'avais pas eu aussi mal, j'aurais certainement été amusé de découvrir qu'il ne vivait qu'avec des femmes, Kate, Irina, Tanya et sa compagne. Il me parla de leurs personnalités, du pouvoir de Kate d'électrocuté par le touché, intérieurement, j'espérais pouvoir jouir de ce genre de pouvoir, électrocuté ces monstres qui m'avaient fait du mal avant de les tués me paraissait être une bonne idée. Il me parla également du clan de son ami Carlisle, ce vampire qui était un médecin jouissait d'une compassion faisant défaut à la plupart des humains, sa femme, douce et aimante, son premier compagnon qu'il appelait son fils, Edward lisant dans les pensées, de Rosalie d'une beauté sans pareil, de son mari Emmet qui était très drôle, aimant et fort, il me raconta que deux autres vampires les avaient rejoint dans les années cinquante, Alice qui lisait dans l'avenir et Jasper qui contrôlait les émotions, Eleazar insista sur le fait que Carlisle considérait les membres de son clan comme sa famille, il les aimaient tous comme un père aimerait ses enfants. Il détailla également ce qu'il avait commencé à me raconter dans la rue sur la tragédie qui l'avait brisé, il avait détruit la maison que lui et son clan avaient habitée durant plus d'un siècle pour ensuite partir pour errer sans but ces dernières années…

- C'était avant de te trouver, maintenant, j'ai une raison de vivre

Au milieu de toute la douleur physique que je ressentais, j'étais bouleversé par ses paroles, pensait-il vraiment ce qu'il disait ? N'allait-il pas m'abandonner dès que nous aurions mit la main sur mes agresseurs ? J'avais toujours été solitaire depuis cette époque, cela me paraissait étrange car ça ne m'était jamais arrivé, mais j'aimais la compagnie d'Eleazar, j'espérais qu'après cela, il me permettrait de l'aider à venger sa famille à lui et peut-être ses amis également, ce qui lui était arrivé été injuste, d'autant que de ce que me disait Eleazar, son clan et celui de Carlisle étaient pacifiques, ils ne faisaient de mal à personne, pas même aux humains, allant jusqu'à se faire souffrance en se nourrissant d'animaux, ce qui, si j'avais bien tout compris n'était pas chose aisé.

Je sentis mon corps secouait de spasmes violents, je me demandais depuis combien de temps j'étais allongé là à bruler, Eleazar ne m'avait pas lâché la main une seconde, il me semblait que le bout de mes doigts devenaient insensibles, je me demandais si c'était par ce que je commençais à m'habituer à la douleur ou si c'était simplement bientôt terminé. Jamais de ma vie, je n'avais à ce point ressenti un désir de mort, si ce n'était pas pour ces horribles souvenirs qui gravitaient dans mon esprit, j'aurais certainement supplié mon nouvel ami de mettre fin à ma souffrance, et puis, j'avais pris conscience de quelque chose, j'avais besoin d'Eleazar, tout comme lui avait besoin de moi, je n'étais plus très sur de la raison pour laquelle il ne s'était pas contenté de me tuer, était-ce réellement une question de vengeance par procuration ou était-ce simplement le besoin de trouver une raison de continuer à faire parti de ce monde ?