-Chapitre 9-
-Destination finale-
Quelque part au nord est des Etats Unis :
PETER HARWELL avait arrêté son vagabondage tactile sur la poitrine d'Emily et s'était absenté. Il était revenu un peu plus tard, pour une autre activité. Emily le vit venir vers la table, et prendre un pistolet. Un Walther. Emily se demanda si le tueur allait la tuer avec. Elle le désira ardemment, car au moins, elle n'aurait plus à souffrir davantage. Malheureusement, le pistolet ne fut qu'un instrument de torture de plus. Le meurtrier visa le genou gauche d'Emily et tira. Il ne rata pas sa cible. Emily sentit l'os de son genou se pulvériser en mille morceaux. Une douleur intense la fit hurler comme elle n'avait jamais hurlé auparavant. Son cri fut comme un cri perçant déchirant le silence de la nuit, suivi de plusieurs échos, tous aussi puissants. Du sang jaillit de ce genou. Emily eut l'impression qu'elle n'avait plus de genou. La douleur était atroce. Insupportable. Le sang coulait comme les chutes du Niagara. Emily tenta d'arrêter ce jet avec sa main gauche encore valide. Elle palpa son genou qui lui apparut comme de la mousse. Cette sensation donna la nausée à Emily. Elle pleura de plus belle. Des larmes de douleur entremêlées de larmes de désespoir. Le tueur poussa la main gauche d'Emily avec son pied et pressa son genou avec ce même pied. Emily se cabra et ne put qu'émettre un son de souffrance parmi ses larmes :
-Emily : AIE !... Arrêtez !
-Harwell : Vous avez mal ?
-Emily : Oui…
-Harwell : Vous avez mal ?
-Emily : OUI !
-Harwell : Parfait !
-Emily : Arrêtez, s'il vous plait !
-Harwell : Pas avant que vous compreniez, Emily…
-Emily : Non…
Peter Harwell tira dans la cuisse droite d'Emily, et rata le genou de quelques millimètres. Nouveau cri de douleur et nouvelles larmes.
- Harwell : Maintenant, passons à nos trente minutes…
Cette phrase déclencha ce processus latent qui sommeillait en Emily. Ce processus qu'elle avait essayé coute que coute de freiner en se raccrochant à cet espoir que ses coéquipiers viendraient, après avoir remué ciel et terre. A cet espoir que ce cauchemar finirait et qu'elle se concentrerait sur une priorité trop longtemps laissée de coté, à savoir, fonder sa propre famille. Tout ce en quoi Emily avait cru s'effondra comme un château de cartes. Emily n'en pouvait plus. C'en était trop. Elle avait déjà assez souffert. Et quel avait été la contrepartie de ces souffrances ? Encore et encore plus de souffrances. Encore et encore plus d'humiliations. Et aucune lumière à l'horizon. Cet homme avait raison. Emily avait tant attendu et n'avait rien vu venir, à part toutes ces tortures. Où avaient été Hotch, David, Derek et Spencer pendant qu'elle endurait tous ces malheurs ? Quelque part au chaud, alors qu'elle, elle était prisonnière dans ce trou à rats. Avaient-ils empêché ses souffrances ? Non. Ils n'étaient pas venus. Elle était restée seule pendant tout ce temps à les attendre, mais ils n'étaient jamais venus. Et à cause de cette attente, son état physique était devenu catastrophique. Emily n'était plus qu'une enveloppe corporelle souillée, déformée, trouée. Son corps et son âme étaient devenus le terrain de jeu de cet homme. Tout ça, parce qu'elle avait cru en son équipe. Belle erreur, en fin de compte. Il était grand temps de mettre un terme à ce massacre. A son massacre.
Le tueur s'était agenouillé et venait de porter sa main droite à la ceinture d'Emily. Il était hors de question qu'elle souffre davantage pour attendre des personnes qui ne viendraient pas. Emily repoussa énergiquement la main du tueur avec sa main gauche, en lui criant :
-Emily : NON ! STOP !
Harwell regarda Emily. Il bouillonnait intérieurement. Il avait peut-être enfin atteint son but.
- Harwell : Il faut que je continue…
-Emily : J'AI COMPRIS !
Harwell commençait à être rempli de joie. Cet agent du FBI avait-elle enfin compris la leçon ?
- Harwell: Vous avez compris quoi ?
Emily pleurait. Elle avait craqué.
-Emily : J'ai compris...
- Harwell: Compris quoi ?
-Emily : VOTRE LECON, MERDE !
Peter se leva et se rua sur la table pour prendre le bécher et le pinceau. Il recueillit un peu de sang qui coulait des membres inférieurs d'Emily et la traina devant l'un des murs. Il lui fourra le pinceau dans la main gauche et lui ordonna :
- Harwell : Je veux vous l'entendre dire ! Je veux vous l'entendre dire !
Le tueur était surexcité. Il dominait enfin entièrement cet agent qui avait tant résisté, et courageusement résisté, concéda-t-il intérieurement. Le tueur entendit enfin la capitulation de l'agent Prentiss.
-Emily : Ils… Ne viendront... Pas…
- Harwell: Répétez-le, s'il vous plait.
Emily était dans le désespoir et la capitulation la plus totale.
-Emily : Ils ne viendront pas… Je suis seule…
- Harwell : Ecrivez-le. Ecrivez qu'on est toujours tout seul, Emily.
A ce stade, Emily voulait en finir. Elle aurait dit et fait n'importe quoi pour satisfaire le tueur et le pousser à la laisser mourir, signant ainsi la fin de cet enfer. Elle regarda le pinceau et le bécher.
A vrai dire, en ce moment, Peter Harwell manifestait plus de la compassion qu'un sentiment de victoire d'avoir obtenu la reddition de l'agent fédéral. Cet agent avait enfin compris ce que lui-même avait réalisé il y a des années. Qu'on était toujours tout seul. Que nos soi-disant compagnons d'armes ne venaient jamais nous sauver. Le tueur observa Emily tremper le pinceau dans le bécher et inscrire sur le mur, lentement et avec des lettres irrégulières car elle n'écrivait pas naturellement de la main gauche, les mots suivants : « Always alone » (toujours seul).
Emily s'arrêta. C'était fini. Le tueur avait gagné. Elle avait cédé, mais elle cela n'avait plus d'importance, à présent. Elle voulait s'en aller. Et le tueur allait respecter sa part du contrat. Ce dernier lui dit :
- Harwell : Vous êtes mon numéro huit. C'est fini.
Il retira le pinceau de la main d'Emily et la prit délicatement dans ses bras. D'un pas presque solennel, il sortit de la salle. Emily put enfin voir ce petit couloir sur lequel donnait la salle. Emily put enfin voir quelque chose d'autre que les quatre murs, la table d'instruments et les chaines de sa prison. Le tueur monta un petit escalier et s'éleva vers un plus grand espace. Emily put enfin respirer un air plus frais. Elle put enfin découvrir qu'elle se trouvait dans une sorte d'étable. Le tueur poursuivit sa procession et Emily put enfin respirer de l'air naturel, et voir le ciel bleu. Le tueur s'enfonça dans la foret qui constituait son voisinage. Emily profita de ses derniers moments pour admirer ce ciel bleu sans nuages. Tout était fini. Harwell s'arrêta plusieurs mètres plus loin. Emily se souvint de la dernière étape du modus operandi du tueur. Il allait l'enterrer vive. Qu'importe, l'important, c'est qu'elle allait sombrer dans le sommeil éternel et ne plus souffrir. Le tueur posa Emily sur le sol. Il descendit dans la fosse dans laquelle il avait déposé un cercueil en bois, qu'il avait fabriqué lui-même, héritage de tous ces moments partagés avec son père qui lui avait appris à travailler avec ses mains et qui lui avait transmis son savoir-faire. Peter reprit Emily et la plaça dans le cercueil. Emily avait l'air paisible. Peut-être attendait-elle la mort. Harwell lui mit dans la main une petite lampe torche. Emily se laissa faire. Et enfin, Harwell rabattit le couvercle. Emily ne chercha même pas à l'en empêcher. Elle avait accepté. Peter sortit de la fosse. Il prit la pelle qui lui avait permis de creuser cette fosse et commença à remettre la terre qu'il avait déblayée dans cette fosse.
Domicile de Peter Harwell, plus tard :
UN CORTEGE de 4*4 noirs, de fourgonnettes du SWAT, de voitures de police (voitures de patrouille et voitures banalisées) et d'une ambulance s'arrêtèrent devant un chalet. Les agents du FBI en gilet pare-balle sortirent des 4*4 noirs. Le lieutenant Newland et l'inspecteur Silvers sortirent de l'une des voitures banalisées, gilet pare-balles estampillés « POLICE » sur la poitrine. Les hommes du SWAT se déployèrent, en tenue de combat, casque et armes automatiques, accompagnées d'autres armes (pistolets, Taser et bombes lacrymogènes). Derek donna les instructions :
-Derek : Rossi, avec Newland. Reid, avec Silvers. Lieutenant Shelman, avec moi.
Le lieutenant Shelman n'était autre que le chef de l'unité du SWAT présente. Derek continua les instructions.
-Derek : Je veux une équipe de chaque coté de ce chalet. Un équipe ici, au cas où Harwell ne serait pas chez lui et reviendrait pendant l'intervention.
Newland affecta quatre des policiers en uniforme à cette tache.
-Newland : Gubler, vous ferez le guet.
-Gubler : Bien, lieutenant.
Le lieutenant Shelman s'adressa à ses hommes :
-Shelman : Equipe 1, à l'ouest. Equipe 2, à l'est. Equipe 3, dans le chalet.
-Derek : Nous suivrons l'équipe 1. David, vous irez avec la 3. Reid, avec la 2. Allez, au boulot !
Sur ce, chacune des équipes se dispersa.
DAVID ET NEWLAND investirent avec fracas la demeure de Peter Harwell. Les hommes du SWAT et les hommes de la police de Washington se séparèrent pour inspecter chaque salle de ce chalet. David et Newland montèrent à l'étage, avec d'autres membres de l'équipe 3. Chaque chambre, salle de bain et salle de travail ou jeu fut vérifiée. Puis, très rapidement, des « R.A.S », acronyme de « Rien A Signaler » retentirent des quatre coins de la maison. David et Newland rangeaient leur pistolet dans leur holster quand ils furent interpellés par l'un des inspecteurs de Newland.
-Inspecteur : Lieutenant Newland ! Agent Rossi ! Par ici ! De l'autre coté de l'étage !
David et Newland parcoururent les couloirs de l'étage qui ressemblait à un labyrinthe. Ils arrivèrent au coté opposé. Une échelle rétractable qui menait à un grenier se dressait devant eux. Rossi et Newland montèrent et rejoignirent l'inspecteur qui les avait appelés quelques secondes plus tôt. Rossi et Newland découvrirent alors la salle des trophées de Peter Harwell. Un autel qui se concrétisait par une petite table de chevet avait été dressé pour Jeff Granger, Helen O'Manning, et James Lauderdale. Un autel pour chaque victime. Un autel pour chacune de ces trois victimes, plus d'autres victimes, au nombre de cinq, dont Brad Carlson et Emily Prentiss. Le dernier autel avait été dressé pour Emily Prentiss. Sur chaque hôtel, la photo de la victime, dans un cadre argenté. Pour Emily, David reconnut la photo de groupe prise lors de cette soirée où l'équipe de la BAU avait été décorée. Le tueur avait coupé la photo, pour ne retenir qu'Emily. Il l'avait ensuite surement scannée et agrandie, puis imprimée sur du papier prévu pour l'impression de photos. Devant la photo, un objet personnel ayant appartenu à chaque victime. Pour Emily, il s'agissait de sa plaque dorée d'agent et de ses cartes d'identification du Bureau. Devant la photo, également des préservatifs. Plusieurs pour chaque victime, qu'elle ait été une femme ou un homme. Plusieurs, mais en nombre différent, selon la victime. David vit avec horreur qu'il y avait cinq préservatifs sur la table réservée à Emily. Il voulut vomir. Enfin, devant la photo, un carnet. La vue des préservatifs avait cloué David d'effroi. Seule Newland eut assez de force pour feuilleter l'un des carnets. Elle prit celui d'Emily et l'ouvrit. Elle détourna les yeux de ce carnet pendant une seconde. David comprit que ce carnet regorgeait d'autres horreurs, ce que Newland confirma :
-Newland : C'est un carnet de bord des tortures que Harwell a infligées aux victimes.
David devint livide. Il avertit les autres équipes via son micro ce qu'il avait découvert avec l'équipe 3 :
-David : Ici l'agent Rossi, équipe 3. L'agent Prentiss n'est pas dans le chalet. Par contre, nous avons découvert que Harwell a fait cinq victimes de plus, dont Prentiss et Carlson. Il a installé une salle de trophées dans son grenier.
DEREK ET L'EQUIPE 1 avaient découvert les salles de torture de Peter Harwell. Derek était en ce moment, sans le savoir, dans la salle dans laquelle Emily avait séjourné. Il regardait avec le lieutenant Shelman les écritures rouges qui parsemaient les murs quand il entendit les paroles de David. Derek fit écho en parlant des salles de tortures, via le micro :
-Derek : Ici l'agent Morgan, équipe 1. Nous venons de découvrir les salles dans lesquelles Harwell a torturé ses victimes… Il semblerait qu'il ait écrit des mots avec leur propre sang sur les murs… Il y a deux salles, mais Emily n'est dans aucune d'entre elles… Et aucune trace de Harwell non plus…
Il entendit David faire le même constat, en ce qui concernait la maison.
DE SON COTE, Spencer, Silvers et l'équipe 2 inspectaient l'arrière de la demeure. La foret s'étendait devant eux. Spencer fit un topo de sa situation, par micro :
-Spencer : Ici Reid, avec l'équipe 2. Sommes à l'arrière du domaine. Il n'y a rien… Il n'y a rien…
Spencer était désespéré. Ses partenaires et lui étaient peut-être arrivés trop tard. Apparemment, ses collègues ressentaient la même chose, car Derek se mit à dire :
-Derek : On est arrivé trop tard…
DAVID AVAIT finalement repris courage pour feuilleter le journal de bord des tortures d'Emily, avec Newland. Il lui dit :
-David : Qu'a-t-il écrit à la fin ?
Newland arriva dans les dernières pages et lut en diagonale pour trouver une information.
-Newland : Euh… Attendez… Il lui a tiré dans les jambes…
David grimaça.
-Newland : Oh mon Dieu !
-David : Quoi ?
-Newland : Il a voulu la violer, mais elle a refusé… Il a écrit qu'elle avait reconnu la vérité…
-David : Et après ça ?
En ce moment, David se fichait bien de connaitre les détails de cette phase de reconnaissance d'une quelconque vérité qui n'avait de sens que pour le tueur. La priorité était de savoir où était Emily, et si elle était encore en vie.
-Newland : Il l'a enterrée vivante ! Il y a peu ! Une heure, peut-être…
-David : Enterrée où ?
-Newland : Il n'a rien dit !
David eut envie de hurler un mot grossier, mais réussit à se contenir. Il prévint ses collègues :
-David : Morgan, Reid ! Harwell vient d'enterrer Emily vivante quelque part ! Il n'a pas dit où…
UN LEGER SURSAUT d'espoir envahit Spencer. Emily était peut-être encore vivante. Mais où ? Peter Harwell avait pu la déposer n'importe où. N'importe où dans cette immense foret sans frontière. Voire n'importe où ailleurs en Virginie ou dans un état voisin. Comment pouvoir localiser sa tombe ? Et il fallait faire vite, car elle allait bientôt manquer d'oxygène. Le léger sursaut d'espoir qui avait envahi Spencer fut très rapidement suivi d'un deuxième sentiment de désespoir, plus accentué que le premier. Spencer était là, avec Derek et David. Mais ils allaient peut-être arriver trop tard. Comment vivraient-ils avec cette idée qu'ils étaient là, mais qu'ils avaient perdu du temps à fouiller tous les recoins de cette foret et que pendant ce temps, Emily avait rendu l'âme ? Les yeux de Spencer s'égarèrent sur ce terrain immense, plein de désespoir… Et s'arrêtèrent sur un espace rectangulaire marron situé en plein milieu d'un espace d'herbes vertes. Spencer percuta soudain. Il cria aux hommes de l'équipe 3 :
-Spencer : Hé ! Est-ce que vous voyez des espaces rectangulaires vierges d'herbes en plein milieu d'herbes et d'arbres ?
Spencer dut attendre quelques secondes avant que l'inspecteur Silvers lui réponde, de quelque part vers sa droite :
-Silvers : J'en vois un !
Spencer ne perdit pas de temps pour alerter toutes les équipes :
-Spencer : A toutes les équipes ! Ici Reid ! Harwell a enterré toutes ses victimes après O'Manning ici ! Il a du faire la même chose avec Emily ! Cherchez un espace rectangulaire non recouvert par de l'herbe, situé au milieu d'herbes, de fleurs et d'arbres ! Cherchez un tel espace dont la terre vient d'être retournée !
DAVID ET NEWLAND se précipitèrent hors du chalet pour se mettre à la recherche de la tombe.
Derek sortit en trombe de la salle de torture pour faire de même. Alors qu'il s'aventurait dans la foret avec les hommes de son équipe, il aperçut, au loin, un homme aux cheveux châtains qui écoutait de la musique provenant de son IPod. Derek le reconnut aussitôt. C'était Peter Harwell, qui était allé couper du bois. Ce dernier tenait dans ses bras des morceaux de bois, et une hache. Le tueur s'immobilisa en voyant cet Afro-Américain vêtu d'un gilet pare-balle du FBI et au regard de braise. Derek lui hurla, l'arme au poing et le visant :
-Derek : FBI ! ARRETE-TOI, SALE FUMIER !
Peter Harwell lâcha subitement tous ses bouts de bois, mais conserva sa hache, et s'enfuit. Derek se mit à sa poursuite, tout en avertissant ses coéquipiers par micro :
-Derek : Ici Morgan, Harwell vient de s'enfuir ! Je m'en occupe ! Concentrez-vous sur Prentiss !
SPENCER CONTINUA sa recherche. Il avait confiance en Derek. Celui-ci rattraperait Harwell et ce dernier passerait un sale quart d'heure avec Morgan. Spencer s'enfonça dans la foret pour retrouver Emily. Il balaya chaque pousse d'herbe, fleur et arbre de son regard de lynx. Plusieurs secondes passèrent, et puis soudain, ses yeux atterrirent sur un espace rectangulaire non recouvert par de l'herbe. Un espace rectangulaire au dessus duquel reposait une pelle qui venait d'être utilisée très récemment, comme en témoignait la terre qui la recouvrait. Spencer hurla :
-Spencer : J'AI TROUVE LA TOMBE ! J'AI TROUVE LA TOMBE !
Des hommes l'entendirent et vinrent vers lui. Spencer se précipita vers la tombe. Il prit la pelle et commença à creuser comme un fou. Il n'était pas le monsieur muscle de l'équipe, et s'étonna de creuser avec une telle rapidité sans sentir aucune courbature s'emparer de ses muscles qui déployaient un effort inhabituel pour lui. Spencer était enragé. C'est peut-être cela qui lui donnait des ailes. Des renforts arrivèrent. Des hommes du SWAT retirèrent leur casque et enlevèrent la terre avec. Tous s'activaient avec une volonté de fer, Spencer en premier. Le trou s'agrandissait. Spencer ne faiblissait pas. Au contraire, il intensifiait ses mouvements. Et puis, après de trop nombreuses pelletées, la pelle de Spencer cogna quelque chose de dur. Spencer sauta dans la fosse. Il déblaya de ses mains la mince couche de terre qui le séparait de ce cercueil et vit enfin le bois. Il entendit un des hommes du SWAT dire aux autres de s'écarter pour que Spencer soulève le couvercle, ce qu'il fit. Et enfin, il la vit. Enfin, après tant de jours, il la vit. Emily était allongée, les yeux fermés. Elle était dans un sale état. Il y avait du sang partout. Spencer fut paniqué. Etait-elle morte ? Il tata sa gorge pour y sentir un pouls… Et il en sentit un. Faible, mais bien là. Un incommensurable bonheur et soulagement s'emparèrent de Spencer. Celui-ci demanda de l'aide aux hommes du SWAT :
-Spencer : Aidez-moi à la sortir de là.
Les hommes du SWAT et Spencer soulevèrent Emily et la firent sortir de ce cercueil. Ils la posèrent sur le sol. David arriva à ce moment là et fut horrifié en voyant l'état d'Emily. Spencer le rassura un peu :
-Spencer : Elle est vivante !
L'enclume qui séjournait dans l'estomac de David se désintégra et l'homme se mit à genoux, auprès d'Emily. Spencer, quant à lui, tapota le visage d'Emily.
-Spencer : Emily… Emily… S'il te plait, réveille-toi… ! Allez ! On n'est pas venu jusqu'ici pour te ramener dans une boite !
Spencer avait les larmes aux yeux. Soudain, ce que Spencer et David attendaient depuis tant de temps se produisit. Emily releva ses paupières. Elle eut un peu de mal au début, à cause des rayons du soleil qui éclairaient le paysage. Mais elle ouvrit ses yeux. Emily vit alors un visage. Le visage d'un jeune homme aux cheveux courts. Le visage d'un jeune homme aux traits fins. Le visage d'un homme qui portait un gilet pare-balle du FBI, au-dessus d'une chemise et d'une cravate. Le visage d'un homme mince. Le visage de Spencer Reid. Spencer Reid. Et à coté de lui, David Rossi. Emily crut qu'elle était déjà arrivée au paradis et que ces images n'étaient que le souvenir de personnes qu'elle avait connues pendant sa vie su Terre. Elle balbutia :
-Emily : Je suis… Au… Paradis ?
-Spencer : Non. Tu es encore avec nous.
-Emily : Spence… Spencer… C'est bien toi ?
-Spencer, avec des larmes et un immense sourire : Oui. Je suis là. Nous sommes là.
Emily tourna la tête vers David.
-Emily : David ?
-David : Je suis là.
Spencer posa tendrement sa main sur la joue d'Emily. Il était en larmes. Emily commença à pleurer, elle aussi. Elle toucha la main de Spencer qui caressait son visage, puis son bras. Spencer comprit qu'elle voulait le serrer dans ses bras. Il aida la jeune femme à se redresser et la prit dans ses bras. Chaque geste qu'Emily faisait ravivait ses douleurs, mais elle les oublia pour se blottir contre Spencer et pleurer toutes les larmes de son corps. Spencer lui chuchota :
-Spencer : C'est fini, Emily… C'est fini…
Emily pleurait de plus belle. Des larmes de joie que ce cauchemar soit réellement terminé. Mais aussi des larmes de honte d'avoir douté de ses partenaires, et de les avoir accusés de l'avoir abandonnée. Car ce n'était pas le cas. Ils étaient venus. Ils l'avaient sortie de ce tombeau. Ils étaient là, et elle, elle n'avait pas eu confiance en eux. Emily continuait de pleurer, malgré tout son corps qui hurlait de douleur. Entre plusieurs larmes, Emily articula faiblement :
-Emily : Je ne suis pas seule… Je ne suis pas seule…
-Spencer : Non, tu n'es pas seule… Nous sommes avec toi…
-Emily : Il avait tort… On n'est jamais seul…
Spencer ne comprit pas vraiment le sens de cette phrase et ne fit que répéter :
-Spencer : Nous sommes avec toi, Emily…
Pendant ce temps, Rossi pleurait lui aussi et avec sa main gauche, il caressait les cheveux d'Emily.
Deux ambulanciers arrivèrent à ce moment. David s'écarta et fit signe à Spencer de faire de même pour laisser les ambulanciers s'occuper d'Emily. Spencer reposa Emily sur le sol. Celle-ci grimaça de douleur et fut terrifiée en voyant Spencer s'écarter d'elle. Spencer lui prit la main gauche et la rassura :
-Spencer : On ne te quitte plus. Les ambulanciers vont te soigner, d'accord ? On reste juste à coté.
Emily hocha la tête. L'un des ambulanciers lui posa un masque à oxygène. Son coéquipier lui enroula une minerve autour du cou. Emily hurla quand l'autre ambulancier effleura sa blessure au genou.
-Ambulancier 1 : Excusez-moi. (A son collègue) La rotule a été touchée. Je pense que la balle s'est logée dans l'articulation et que les ligaments et tendons sont touchés…
-Ambulancier 2 : Elle perd trop de sang à ce niveau. Il faut lui faire un garrot. Je me charge de la cuisse droite…
-Ambulancier 1 : Je lui donne de la morphine.
L'ambulancier administra de la morphine à Emily. Puis les deux secouristes posèrent des garrots aux blessures par balle et immobilisèrent le genou brisé dans une attelle. Ils se concentrèrent ensuite sur l'épaule droite d'Emily et placèrent délicatement son bras dans un repose-bras. Puis ils la placèrent sous perfusion. Alors qu'ils allaient l'installer sur le brancard avec l'aide de Spencer et David, les deux ambulanciers durent faire face à une nouvelle complication.
DEREK ENTENDIT via son oreillette Spencer indiquant qu'il avait localisé la tombe. Derek fut pris de panique et pria pour qu'Emily soit encore vivante, pendant qu'il courait dans la foret, l'arme au poing, à la poursuite de Harwell. Il ne devait pas laisser Peter Harwell s'échapper. Il en était hors de question. Cette ordure devait payer pour tout le mal qu'il avait fait, et tant pis pour les principes et la procédure. Toute rationalité s'était dissipée de l'esprit de Derek. La vengeance l'avait remplacée et Derek tiendrait la promesse qu'il avait faite à Hotch. Il ne ferait aucun cadeau à Harwell. Ce dernier disparut soudain du champ de vision de Derek. Celui-ci s'arrêta et entama une avancée lente, mais prudente. Il vérifia chaque arbre. Derek avançait. Après quelques mètres, au niveau d'un énorme tronc d'arbre, Derek fut violemment poussé à terre. L'agent perdit son arme quand il tomba à terre. Il voulut la ramasser car elle était encore près de lui. Peter Harwell ne lui en donna pas l'occasion. Il frappa de toutes ses forces le visage de Derek avec son pied droit. Derek tomba vers l'arrière et fut ainsi plus éloigné de son arme. Derek se retrouva sur le dos, tandis que Peter Harwell se saisissait de l'arme et la lançait au loin. Derek vit alors le tueur se ruer vers lui, tenant sa hache, prêt à l'enfoncer dans son corps. Derek roula rapidement sur la gauche, évitant de justesse la lame de l'arme qui vint heurter le sol. Harwell réagit rapidement et repartit à l'assaut. Derek réussit à se relever et à se remettre sur ses pieds. Il entendit le tueur lui dire :
-Harwell : Vous êtes arrivés trop tard…
Derek recula pour contourner la hache qui s'abattait sur lui. Malheureusement, il ne recula pas assez loin et la lame de la hache lui raya le gilet pare-balle. Derek sentit cette lame faire une éraflure sur sa poitrine. Il en trébucha. Harwell continua :
-Harwell : Elle a cédé…
Le tueur repartit à l'attaque et cette fois-ci, Derek fut plus rapide. La hache de Harwell s'encastra dans le tronc d'un arbre. Harwell tenta de retirer la hache pour un nouvel assaut. Derek en profita pour se jeter sur Harwell et l'éloigner de la hache, ce qu'il fit, en poussant un cri de rage. Derek fit tomber Harwell sur le coté, puis les deux hommes dévalèrent une pente. Ils atterrirent plusieurs mètres en bas, avec quelques égratignures sur le visage et des feuilles collées au corps, conséquences de la chute. Les deux hommes se relevèrent et Derek fut le plus rapide pour asséner un coup de poing au visage de Peter Harwell qui partit vers l'arrière, mais sans trébucher. Derek ne lui laissa pas de répit et le frappa de nouveau au visage. Ce coup de poing atteignit le nez de Harwell qui saigna. Ce dernier tomba finalement. Derek utilisa son pied droit pour blesser Harwell à la poitrine et lui couper le souffle. Derek voulait que cet homme souffre le plus atrocement possible. Plus rien n'existait autour de l'agent, qu'à part cette pourriture et lui, et son désir de vengeance, au nom d'Emily. Cette volonté meurtrière pouvait se lire sur son visage. Le tueur tomba sur le dos. Derek se mit sur lui. Il lui enserra le col avec sa main gauche et utilisa son poing droit pour cogner. Ce qu'il fit. Après le premier coup de poing, Harwell lui avoua, avec un sourire maléfique :
-Harwell : Elle a cédé…
Coup de poing de Derek.
-Harwell : Elle ne croit plus en vous. Elle me l'a dit.
Coup de poing de Derek, qui lui répondit :
-Derek : On l'a retrouvée, espèce de salopard !
-Harwell : Mais dans quel état ?
Coup de poing de Derek.
-Harwell : Et vous savez quoi ? Nous avons fait l'amour.
Cette dernière phrase intensifia de façon exponentielle la colère et l'envie de vengeance de Derek qui frappa plus fort, sans se soucier du sang qui commençait à couler de son propre poing. Harwell continua sur sa lancée :
-Harwell : Nous l'avons fait plusieurs fois. J'ai adoré arracher sa culotte…
-Derek : SALE FILS DE PUTE !
-Harwell : C'était intense.
-Derek : SALE BATARD !
Derek arrêta les coups de poing pour passer à une autre tactique. Il prit Harwell par le col, avec ses deux mains, et le souleva pour cogner sa tête contre le sol.
-Derek : C'est voir ta tête exploser contre le sol qui va être intense, connard !
Derek lui fit subir une série de choc tête contre sol, puis opta pour l'alterner avec d'autres coups de poings, tout en l'insultant :
-Derek : SALE ORDURE ! ENFOIRE ! FILS DE CHIEN ! SALE FILS DE PUTE !
Le tueur continuait à arborer ce sourire sadique.
-Harwell : J'en ai profité au maximum…
-Derek : LA FERME ! LA FERME !
-Harwell : J'en ai eu des orgasmes…
-Derek : TA GUEULE, SALE PORC !
Et après cet ordre, Derek se déchaina de plus belle sur Peter Harwell qui ne put répliquer quoique ce soit. Il avait perdu tout contrôle. Derek repensa au mois qui venait de s'écouler. A la dent d'Emily. A l'auriculaire d'Aaron. Au résumé de David concernant le témoignage d'Aaron. A cette phrase que David avait prononcée à la fin, annonçant que Harwell avait violé Emily. A cette salle de torture que Derek avait vue. A ces phrases salaces que le tueur venait de dire. Derek continua à frapper. Rien ne pourrait l'arrêter. Il continuerait à frapper encore et encore, jusqu'à que cette tête démoniaque se réduise en bouillie. Derek frappa encore et encore, en regardant Harwell droit dans les yeux. Ce dernier avait toujours les yeux ouverts. Derek continua ainsi pendant plusieurs minutes, jusqu'à ce que l'inspecteur Silvers arrive et vienne l'éloigner de Harwell avec beaucoup de difficulté car Derek ne voulait pas lâcher Harwell, en lui disant :
-Silvers : Agent Morgan ! Arêtez !
Derek se débattait pour rester sur Harwell et poursuivre son massacre.
-Derek : Laissez-moi ! Il doit souffrir !
-Silvers : Et il a souffert !
-Derek : Il doit souffrir encore plus !
Derek ressemblait à une furie.
-Silvers : Il est mort ! Vous l'avez eu ! Il est mort !
Derek sembla se calmer un peu et relâcha finalement le col de Harwell. Silvers tata le pouls de l'assassin pour vérifier qu'il était bien mort. Il l'était. Silvers regarda Derek et lui dit :
-Silvers : Il est mort. C'est terminé. Vous l'avez eu.
-Derek : Il n'a pas assez souffert…
-Silvers : Je sais. Mais ce n'est pas ce qui est le plus important…
-Derek : Il aurait du subir tout ce qu'il a infligé à ses victimes…
-Silvers : Oui… Mais ça n'aurait rien changé. Il a payé. Maintenant, vous devez vous concentrer sur votre collègue, Emily.
Derek regarda Silvers. Celui-ci avait raison. Derek s'était concentré sur Harwell et en avait laissé de coté Emily. Il s'en voulut pour cette perte de temps, ce tête à tête avec cet assassin alors qu'il aurait du être auprès d'Emily. Derek réagit soudain :
-Derek : Où est-elle ?
-Silvers : Dans l'ambulance. Allez la rejoindre.
Derek ne se fit pas prier une seconde fois. Il se releva et courut pour retourner vers le chalet.
Derek arriva par hasard au niveau de la tombe d'Emily en sueur et le souffle court d'une longue course dans la foret. Il aperçut le dos de Reid et la tête de David, et deux ambulanciers à genoux, ainsi qu'un cercle d'hommes du SWAT et de la police de Washington. Derek se précipita vers tout ce monde et demanda avec fureur :
-Derek : Mais qu'est-ce que vous attendez pour l'emmener à..
La vue qui venait de s'offrir à lui le plongea dans un nouveau cauchemar. Sous ses yeux, un des ambulanciers faisait un massage cardiaque à Emily. Il ne ménageait pas ses efforts. Son collègue avait intubé la jeune femme et lui insufflait de l'oxygène avec un ballon relié au tube qu'il avait placé dans sa gorge. A coté de l'ambulancier maitrisant le ballon, un défibrillateur portatif. Les ambulanciers avaient collé les pales sur la poitrine découverte de la jeune femme. Poitrine rayée de toute part, avec du sang séché et du sang coulant de plaies récentes. L'ambulancier exerçant les compressions dit à son collègue :
-Ambulancier 1 : 120 joules !
L'ambulancier 2 entra le nombre sur l'appareil.
-Ambulancier 2 : On s'écarte !
Il appuya sur un bouton. La décharge souleva Emily du sol. Mais la ligne restait toujours plate. Les ambulanciers s'affairèrent à nouveau sur Emily.
Spencer et David étaient pétrifiés. Derek entra dans le même état. David soupira :
-David : Elle est…
-Derek : Non, Emily, reste avec nous !
David le regarda, impuissant.
-Ambulancier 1 : 140 joules !
Après quelques secondes :
-Ambulancier 2 : On s'écarte !
Nouvelle impulsion. Quelques secondes d'attente. Ligne plate. Les deux ambulanciers se regardèrent, consternés. Ils regardèrent Spencer, David et puis Derek, qui réagit violemment :
-Derek : NON ! CONITNUEZ !
-Ambulancier 1 : Je suis navré…
-Derek : NON !
Et puis soudain, une série de bips séparés par un intervalle régulier retentit. Les ambulanciers se retournèrent et regardèrent, presque ahuris, l'écran de l'appareil. Des figures sinusoïdales se dessinaient. L'ambulancier qui avait travaillé à faire les compressions utilisa son stéthoscope pour écouter le cœur d'Emily. Il s'exclama :
-Ambulancier 1 : C'est incroyable ! Allez, on l'emmène !
Derek, Spencer et David ne purent mettre des mots à cette sensation de joie qui venait de les envahir. Maintenant, c'était terminé. Emily était vivante. Elle irait à l'hôpital et y serait soignée. Tout était fini. Derek et Spencer aidèrent les brancardiers à allonger Emily sur le brancard. A partir de ce moment, Derek, Spencer et David ne lâchèrent plus Emily d'une semelle.
St Henry Hospital, dans la soirée :
DAVID ROSSI longeait un couloir du service des urgences avec un gobelet de thé à la main. Il fut interpellé par le lieutenant Newland qui marchait derrière lui. Il se retourna.
-Newland : Comment va l'agent Prentiss ?
-David : Elle a beaucoup souffert… Les médecins disent que c'est un miracle qu'elle ait survécu à toutes ces tortures…
-Newland : Elle est tirée d'affaire.
-David : Oui…
-Newland : Je passais juste vous faire un petit débriefing de ce qu'on avait trouvé chez Harwell… Enfin, si vous le voulez…
-David : Je vous écoute.
-Newland : Le docteur Reid avait bien vu. Harwell a enterré toutes ses victimes chez lui, sauf pour Granger et O'Manning… Grace au grenier, nous connaissons leur identité. Par ordre chronologique, Jeff Granger ; Helen O'Manning ; Brad Carlson ; Meredith Woyznik, pilote d'hélicoptère dans l'US Navy ; Roger Bankston, agent de patrouille à la frontière Americano-Mexicaine et Charles Cramble, officier du SWAT. James Lauderdale et l'agent Prentiss étaient les deux derniers. Nous allons pouvoir appeler les familles. Elles sauront ce qui est arrivé aux leurs.
-David : Ce ne sera pas une bonne nouvelle à annoncer. Mais elles ne vivront plus dans le doute.
-Newland : Harwell avait volé le véhicule de certains d'entre eux. On a retrouvé la moto de James Lauderdale… D'ailleurs, ce dernier vient de se rappeler. Il s'est enfui alors que Harwell voulait le violer… Harwell a eu une minute d'inattention, et Lauderdale en a profité.
-David : Oui… Il s'était déjà fait violer deux fois…
-Newland : Maintenant, il va pouvoir rattraper les années qu'il a perdues… Je vais continuer à travailler chez Harwell.
-David : Merci beaucoup, lieutenant Newland.
-Newland : Vous n'avez pas à me remercier. Je n'ai rien fait.
-David : Oh si. Vos paroles et votre thé m'ont permis de tenir et de ne pas craquer. Vous savez comment garder les gens au bout du rouleau motivés… Merci.
-Newland : Merci à vous d'avoir travaillé sur cette affaire. Sans vous, ce Harwell aurait pu continuer en toute impunité.
David tendit sa main droite. Newland la serra.
-David : Encore merci, lieutenant…
-Newland : Je repars au chalet… Profitez de votre thé.
Newland sourit. David sourit, puis demanda à Newland, avant qu'elle ne prenne le chemin inverse :
-David : Je n'ai pas votre carte…
Newland regarda David. Elle sortit son portefeuille et donna à l'agent du FBI sa carte professionnelle, en lui disant :
-Newland : N'hésitez pas à appeler.
Puis Newland partit. David regarda la carte. Il ne savait pas quelles seraient les conséquences de cette affaire sur l'équipe du FBI, mais il sut qu'il n'hésiterait pas à appeler le lieutenant Newland, et ce, très bientôt. David sourit à cette pensée, puis rangea la carte dans la poche intérieure de sa veste, avant de reprendre son chemin.
David poussa silencieusement la porte de la chambre 126, dans laquelle reposait Emily. Il y retrouva tous ses collègues, dont Hotch qui s'était déplacé en fauteuil roulant. Seul Derek manquait à l'appel. Emily était allongée dans le lit, et dormait paisiblement. Si elle n'avait pas eu tous ces bandages et si elle n'avait pas été reliée à toutes ces machines, on aurait pu croire qu'elle s'était endormie pour se remettre d'un léger problème médical sans séquelles. Emily était encore dans un état critique. Emily respirait, aidée par une canule nasale. Une minerve entourait son cou. Son épaule et son bras droit avaient été solidement immobilisés dans un repose-bras bleu et un bandeau faisant partie du repose-bras qui empêchait tout mouvement. Des bandages couvraient sa poitrine, ses avant-bras, ses mains et ses membres inférieurs (on ne pouvait pas voir ces derniers mais le médecin avait fait l'état de ses blessures). Une attelle emprisonnait son genou gauche. Le corps médical avait posé un brassard autour du bras gauche d'Emily pour vérifier continuellement sa tension. Il avait aussi posé des petites pales pour surveiller son rythme cardiaque, d'où les bips sonores qui rompaient le silence. En ce moment, Emily dormait. Le plus dur était passé… Ou restait à venir. En effet, comment Emily se remettrait de cette terrible épreuve ? David préféra mettre de coté cette question pour se concentrer à veiller au chevet d'Emily. Il tapota l'épaule d'Aaron qui restait les yeux fixés sur Emily. Lui aussi se posait plein de questions. Quant à Penelope et Spencer, ils s'étaient affalés sur des fauteuils, tout autour du lit d'Emily. Ils dormaient enfin, après tant de nuits blanches. David s'assit dans un fauteuil et sirota son thé, tout en regardant Emily. Derek entra à ce moment là. Il se dirigea vers Aaron et le regarda. Aaron comprit par son regard foudroyant que Derek n'avait fait aucun cadeau à Harwell. Il inclina légèrement la tête, puis Derek alla s'assoir dans un fauteuil.
A présent, l'équipe de la BAU était à nouveau réunie, pas dans les conditions qu'elle aurait espérée, c'est-à-dire sans blessés. Mais elle était réunie. Apres tant d'attente, tant de stress, tant de doutes, tant de souffrances. Elle était à nouveau entière. Et maintenant, cette famille qu'était la BAU allait se serrer les coudes pour épauler ceux qui avaient traversé l'enfer, pour les aider à reprendre gout à la vie, reprendre confiance en la vie et le genre humain. Aaron Hotchner jura intérieurement de ne plus jamais laisser Emily seule. Il ferait tout ce qui serait en son pouvoir pour l'aider à s'en sortir. Aaron se fit cette promesse, sans imaginer une seule seconde ce qu'il serait obligé de faire pour aider Emily, et ce, quelques mois plus tard...
La fin arrive... Merci pour votre intérêt pour cette fic !
