Et voici enfin un nouveau chapitre chers amis!Maintenant que Setsuna et Konoka sont parties de Mahora pour vivre leur idylle, je me demande bien comment vont réagir les autres? Huuum pour Negima avec magie, ça va être un petit peu le bordel...Surtout du côté de ce pauvre Kotarou...D'ailleurs, la dernière scène pourra peut-être choquer certains d'entre vous. Il y'a un peu de sang. ^^' (Le pouvoir du rating T dit que j'ai le droit, yeah!)
D'ailleurs, je l'avais jamais dit avant mais...Si je n'ai pas précisé les possibles pairings au début de la fanfic, c'est parce que j'avais pas envie que certaines personnes viennent lire uniquement pour ça (sachant que la fic ne tourne pas autour de la romance)...Enfin des fois j'ai l'impression que des gens lisent des fics uniquement à cause des ships sans pour autant se soucier de l'histoire derrière. C'est assez dommage, les couples apportent un truc en plus c'est vrai, mais c'est bête de passer à côté de certaines œuvres pour cette raison...Hum enfin bref, je m'égare un peu.
Bonne lecture en tous cas!
Alors oui ça y'est. Après avoir parlé à Monsieur Akamatsu par mail, il m'a enfin donné les droits de propriété de Negima. Maintenant, mon idée de faire de Mana une magical girl va devenir officielle vous vous rendez-compte?
...
...
Ok, c'est bon. Rien ne m'appartient, c'était un mensonge (si, l'idée de Mana en magical girl est à moi et un jour elle se réalisera! C'est clair et net).
Chapitre 9: C'est pas tout ça mais...Je ne suis pas encore apparue dans cette histoire moi... -Par Evangéline-
La patience est une vertu Maîtresse, un jour prochain vous arriverez. -Par Chachamaru-
Nodoka et Yue se trouvaient dans leur chambre et parlaient depuis maintenant plusieurs heures avec un ton grave. Si Haruna avait été là, elle aurait trouvé l'ambiance un peu trop sérieuse à son goût.
«Non Yue, on a pas le droit de dévoiler à tout le monde leur secret, c'est injuste!
_Parce que tu crois qu'il est juste que tout le monde ne connaisse pas la vérité? On nous a écarté exprès de cette histoire, ça ne te met pas en colère?»
Devant la véhémence avec laquelle Yue s'exprimait, le petit rat de bibliothèque baissa la tête.
«C'est vrai que j'ai été un peu déçue que Kagurazaka ne nous implique pas là-dedans, mais après tout, nous ne sommes proches de personne réellement dans le groupe...
_Et alors? Konoe est la meilleure amie de Kagurazaka et la colocataire de Monsieur Negi, pourtant elle n'était pas là. Ce qui veut dire qu'elle non plus n'est pas au courant.
_O-oui tu as maison mais...J-je crois qu'ils ont peur que si on ébruite la chose, le livre leur sera prit et on leur posera un tas de questions auxquelles ils ne voudront pas répondre...»
Yue observa son amie. Est-ce qu'elle avait été si dure que ça pour que Nodoka commence à bégayer? Habituellement en sa présence, le rat de bibliothèque conversait avec la même aisance que n'importe qui et oubliait sa timidité. Mais cela à part, Yue admit que sa camarade avait sans doute raison. Seulement l'accro aux jus de fruits était également intimement persuadée que Asakura voulait garder le secret pour elle afin de faire un article dessus...Et ça, ça l'énervait au plus haut point.
En continuant de fixer son amie, Yue se rendit compte que cette dernière affichait un air rêveur...Ha oui...Il était vrai que lui aussi était impliqué dans l'histoire...
«Mais dis-moi Nodoka, si on n'avait pas été à la bibliothèque, on aurait pas entendu tout ça...Peut-être est-ce le destin qui nous a fait nous y trouver à ce moment-là...Peut-être pour qu'on en apprenne plus sur Monsieur Negi (enfin son alter ego d'un autre monde plutôt...D'ailleurs elles n'ont pas décrit le genre de héros qu'il était)...»
La réaction de Nodoka à l'entente du nom de son professeur fut instantanée: elle rougit de la tête aux pieds et marmonna des mots inaudibles. Elle tenta tant bien que mal de se reprendre puis répondit à Yue.
«O-oui tu as sans doute raison m-mais...Je veux tout de même rester en dehors de tout ça...P-par respect pour Monsieur Negi...
_Par respect pour Monsieur Negi dis-tu...»
Yue était agacée de ne pas comprendre l'entêtement de son amie à vouloir rester cachée alors qu'elle était au courant d'un secret pouvant changer le monde. Même si Nodoka avait le béguin pour Monsieur Negi, cette histoire ne pouvait-elle pas les rapprocher tous les deux? Pourquoi Nodoka voulait toujours se trouver derrière alors qu'elle avait les moyens d'être dans le devant de la scène...C'était vraiment agaçant oui.
«Bon très bien, fais comme tu veux. En attendant moi, je compte bien vérifier si ce qu'on a entendu est vrai. Puis après j'agirai en fonction de.
_Tu veux dire que tu ne comptes pas garder tout ça secret?
_Cela dépendra.
_Pourquoi tu agis aussi égoïstement tout d'un coup, ça ne te ressemble pas du tout!
_Peut-être parce que toi tu n'agis pas assez égoïstement justement. Il faut bien que je compense.
_Yue!»
Et sur ces mots elle sortit de la chambre sans se retourner. Inquiète de ce que pouvait bien faire son amie, Nodoka la suivit le long du couloir.
«Arrête de me suivre!
_Non! Je vais t'empêcher de faire une bêtise Yue!»
Et c'est ainsi qu'une course poursuite ridicule commença dans les couloirs du dortoir de Mahora.
Au bout de dix minutes, Nodoka était à bout de souffle et fut soulagée de voir que son amie s'était arrêtée.
«Je t'ai enfin rattrapé!»
Yue ne répondit pas et attendit que sa camarade arrive à son niveau sans se détourner du spectacle dont elle était témoin. Arrivée à hauteur de la philosophe, Nodoka écarquilla les yeux.
«Mais qu'est-ce que...»
La porte de la chambre que partageaient Kagurazaka, Konoe et le professeur Negi était défoncée. Par-ci par-là se trouvaient des débris de ce qui, autrefois, permettait d'entrer dans la chambre des trois colocataires.
Yue et Nodoka furent bientôt entourées par un groupe de plus en plus dense d'élèves. Bientôt, la déléguée de la 3-A fit à son tour son apparition.
«Que s'est-il passé ici? Quelqu'un a-t-il été témoin de ce qui s'est produit?»
Les élèves, à défaut de répondre directement à Ayaka, se contentèrent de chuchoter entre elles. Évidemment, personne n'allait se manifester. La grande blonde se sentit idiote d'avoir posé une telle question. Yue réagit pourtant et s'approcha de la porte.
«Déléguée, Nodoka et moi avons été les premières à arriver ici mais il semblerait que le coupable soit déjà partit avant notre venue.»
Ayaka remercia intérieurement Yue de son intervention puis lui adressa un regard sérieux.
«Très bien. Dans ce cas si tu le veux bien Ayase, le temps que je calme un peu les filles, est-ce que tu pourrais informer le directeur s'il-te-plaît?
_Oui avec plaisir. Tu viens Nodoka?
_J'arrive!»
Lorsque les deux membres du club de bibliothèque s'apprêtèrent à partir, elles virent le groupe des voyageurs avec Negi, qui devait avoir finit son entretien avec le directeur, arriver dans leur direction.
Les adolescentes ne se stoppèrent cependant pas et continuèrent leur route.
Negi et Asuna ne purent s'empêcher de courir vers leur chambre lorsqu'ils s'aperçurent que leur porte se trouvait au sol. Si Mana et Kaede avaient augmenté leur rythme de marche, Chisame, elle, restait nonchalante comme si cela ne la concernait pas (bon c'était plus ou moins le cas). Kazumi se contentait de prendre des photos de la scène du crime en poussant certains élèves qui bloquaient la vue des meilleures plans. Asuna hurla.
«Mais enfin il s'est passé quoi ici?! On a été victimes d'un cambriolage!»
Ayaka tenta tant bien que mal de calmer Asuna qui semblait rentrer dans une rage folle. Negi, lui, fonça dans le petit appartement afin de voir si rien ne leur avait été volé. En voyant l'agitation qui semblait devenir de plus en plus grande, Chisame soupira et décida de faire en sorte d'éloigner les personnes extérieures à cette histoire de la chambre de ses camarades. Les hurlements d'Asuna étaient suffisants pour lui donner mal au crane, pas la peine de rajouter en plus les chuchotements incessants des autres adolescentes en manque de potin. De plus, si elle ne le faisait pas, personne ne le ferait. Mana et Kaede étaient parties aider le gosse tandis que la déléguée était en pleine bataille avec Asuna. La rage de la rousse mêlée à la peur semblait accroître considérablement son excitation et la déléguée devait certainement être la seule à pouvoir la contenir assez pour éviter qu'elle ne casse tout.
Mana sortit alors de la chambre et s'accroupit près de la porte tout en l'observant minutieusement. Kaede et Negi sortirent à leur tour. Le jeune professeur s'avança vers sa sulfureuse amie et lui dit d'un air rassurant.
«On dirait qu'on ne nous a rien prit Asuna. Tu peux te calmer...
_Me calmer? Alors que notre porte a été mise en miette...»
Le garçon tendit une enveloppe à son amie et s'apprêta à répliquer mais Mana l'interrompit.
«La porte a été défoncée avec l'aide d'une arme. Un sabre plus précisément si j'en juge aux entailles se trouvant ça et là sur ce qu'il reste de la porte.»
Comme on l'attendait d'une présumée experte en arme.
«Bizarre ça, pourquoi personne n'a rien entendu de gozaru ka?
_Hum...Probablement parce que ça s'est produit alors que la plupart du dortoir était en sortie...Je connais peu de personne qui reste dans leur chambre pendant la journée...»
La foule s'étant dispersée, Chisame se retourna vers ses camarades d'un air posé.
«Personne vous dites? Enfin personnellement, je ne sors pas si souvent que ça. De plus si on est déprimé, je ne vois pas ce qui nous donnerait envie d'aller voir des gens...»
A l'entente du mot dépression, Asuna eut comme un tilt et prit Negi par les épaules.
«Mais Konoka! Où est Konoka? Elle n'est pas dans la chambre pas vrai?
_Justement Asuna à ce propos...»
Negi eut une nouvelle fois la parole coupée. Cette fois-ci par Ayaka qui n'avait pas quitté la porte des yeux depuis l'intervention de Mana.
«Un sabre...hein...
_Déléguée ça va?»
Kazumi s'avança elle aussi vers le groupe avec son appareil en main.
«Moi je crois savoir qui est l'auteur de tout ça.»
Une exclamation se fit entendre et tout le monde attendit avec impatience les prochaines paroles de la reporter. Tout le monde sauf Ayaka qui baissa encore plus les yeux. Elle aussi avait deviné.
«Vous connaissez beaucoup de personnes qui se baladent dans l'enceinte de l'académie avec un sabre vous?»
Asuna ne voyait pas du tout où la journaliste voulait en venir et lui asséna un magnifique regard interrogateur qui encouragea Kazumi à continuer.
«Moi non en tout cas, j'en connais qu'une. Et c'est miss le chevalier servant de Konoe.»
Ayaka murmura un «Setsuna...» à peine audible pendant que la surprise pouvait être lue sur la plupart des visages. Asuna fut la première à répondre.
«Mais...Mais c'est impossible pas vrai? Pourquoi Setsuna aurait fait ça? Je...C'est insensé!
_J'espère que...»
Tous les regards se retournèrent vers le professeur de quatorze ans qui avait parlé sans même s'en rendre compte. Il tendit alors la lettre qu'il tenait toujours dans les mains à Asuna.
«C'est de Konoka, elle était dans la cuisine. Si on la lit, on en sera peut-être plus...»
Asuna prit la lettre et débuta sa lecture à haute voix.
Hey Asuna, Petit Negi! Lorsque vous lirez cette lettre je serai sans doute déjà loin.
Je voulais m'excuser pour mon comportement d'hier, réagir ainsi est impardonnable et je ne pensais pas ce que je t'ai dit Asuna. Je me suis laissée emporter par la colère...Pardon. Même si je ne pourrai pas te dire ces mots en face à face, je te les laisse ici par écrit: Asuna, merci d'avoir été mon amie pendant tout ce temps, si tu n'avais pas été là, je ne sais pas ce qu'aurait été ma vie à Mahora. Tu es ma meilleure amie et ça, ça ne changera jamais.
Quant à toi Petit Negi, fais de ton mieux pour devenir un grand professeur et un homme encore plus fantastique que tu ne l'es déjà. Je m'excuse du comportement de mon Grand-Père et du fait que tu aies été impliqué dans mes histoires familiales. Mais tu peux être tranquille maintenant, tu n'auras pas à donner de réponse à ma famille (où en tout cas, même si tu en as donné une, elle ne sera plus valable quelle quelle soit). Tu as intérêt à bien veiller sur Asuna!
Tous les deux avez été formidables avec moi et je n'oublierai jamais ces jours heureux où j'ai été en colocation avec vous. Merci beaucoup.
Ah au fait Asuna, Set-chan me dit de te dire qu'elle ne pourra pas assurer tes cours de kendo, il faut que tu ailles en club pour ça. Et elle est certaine que tu deviendras une bonne épéiste si tu t'en donnes les moyens. Hihi, tu te rends compte? Set-chan est revenue me voir! Si on avait pu se parler toutes les deux, je t'aurai tout raconté en détail...Mais malheureusement je manque un peu de temps et on doit partir.. Asuna, tu as dit qu'il fallait que je prenne mon destin en main pas vrai? C'est ce que je fais, Set-chan et moi partons le plus loin possible, à l'étranger je suppose, afin d'échapper à tout ça. Je sais très bien que ça va être dur les premiers temps, que nos papiers ne sont pas encore en règle et qu'on dormira sans doute dans les rues à certains moments. Mais je suis certaine qu'aussi longtemps que je serai avec Set-chan tout se passera bien. Et je sais aussi que je serai plus heureuse ainsi qu'avec ma liberté détruite. Voilà pourquoi, tu vas peut-être trouver ça égoïste mais puis-je te demander de garder notre départ à moi et Set-chan secret le plus longtemps possible? Au moins pour deux jours? Cela nous ferait gagner du temps avant que la police ne parte à notre recherche. Désolée de te demander ça.
Néanmoins, si tu décides de prévenir directement Grand-Père, sache que je comprendrai et ne t'en voudrai pas. Je te souhaite, à toi et au Petit Negi, un avenir radieux. Jamais je ne vous oublierai.
Avec amour,
Konoka Konoe
Ps: Désolée pour la porte hihi!
Ps bis: Euh j'ai pas trop compris ce qu'elle voulait dire par-là mais Set-chan dit «Vous avez intérêt à faire bon usage du livre les voyageurs. Je ne m'excuse pas de vous abandonner ainsi mais vous souhaite bonne chance en revanche.»
Asuna eu du mal à terminer la lecture de la dernière page. Ses larmes commençaient à tâcher la surface lisse du papier et elle balbutiait. Les autres ne pensèrent cependant pas à prendre le relais, eux aussi étaient sous le choc. Ayaka, les yeux perdus sur la porte détruite, s'exprima sans aucune émotion particulière.
«Ce truc...Ressemble à un mot d'adieu...Je...Elles vont...»
Il y'eut un silence. Negi prit doucement la lettre des mains de sa camarade qui tomba à genoux.
«Pourquoi elles font ça...Pourquoi...Imbécile de Konoka...Abrutie! En te demandant de te battre pour ta liberté...Je te parlais pas de ça...Abrutie, abrutie, abrutie!»
Elle fondit en larmes sous les regards désolés de ses camarades. Ayaka la prit dans les bras et pleura elle aussi. Kazumi s'avança vers le garçon de quatorze ans qui tentait tant bien que mal de se contenir. Elle posa la main sur son épaule.
«Petit Negi...Qu'est-ce que ça veut dire tout ça? Pourquoi font-elle ça?»
Sa voix tremblait.
«Konoka...Et moi...Devions nous marier.»
Une exclamation générale eut alors lieue.
«Enfin du moins...C'est ce que le Directeur voulait absolument...Parce que...Parce que...J'étais la personne la mieux placée pour...Avant que...Avant que...»
Il avait du mal à être cohérent...Voir le petit Springfield dans un tel état faisait vraiment peine à voir.
«Konoka... Elle a appris hier que le Directeur va mourir dans peu de temps...Parce qu'il a un cancer...Et que...
_Le Directeur est malade? Lui qui a l'air tout le temps en forme...
_C'est un Konoe après tout de gozaru yo. Un Konoe sans sourire...N'est plus vraiment un Konoe tu sais Chisame...
_Mais...
_Alors! Il a dit à Konoka...Qu'il voulait la voir mariée...Avant que lui même ne meure...Parce que pour lui, le clan est toute sa vie...
_Il a placé toutes ses inquiétudes sur Konoka alors qu'elle est à peine majeure quoi...C'est répugnant...La connaissant, elle n'aurait jamais pu vouloir décevoir son Grand-Père en lui donnant directement un refus...Voir la déception sur le visage de son bien-aimé Papy pour quelqu'un comme elle...Ce n'est même pas pensable.»
Mana croisa les bras.
«Je comprends pourquoi elle s'est enfuie...J'aurai fait pareil.»
Tous les regards se retournèrent vers la plus grande. Ayaka aida Asuna à se relever et intervint alors.
«Alors Konoe a préféré fuir la pression psychologique de sa famille plutôt que de les affronter...Et en plus elle a impliqué Setsuna dans ses histoires...C'est vraiment nul de...
_Non. C'est Setsuna qui a eu cette idée. C'est certain.
_Qu'est-ce qu'il te fait dire ça Chisame?
_Simplement parce que Konoe n'est pas du genre à avoir ce genre d'idée tordue. D'après ce que vous avez dit plus tôt, les deux ont une relation assez ambiguë pas vrai? Vous voyez réellement Konoe demander à une proche de fuguer avec elle?»
Tous baissèrent les yeux. Asuna ne tenait plus en place.
«Graaaaaah! De toutes manières, que ce soit l'une ou l'autre qui ait lancé l'idée, ça n'a plus d'importance!»
Kaede acquiesça.
«Oui c'est sûr...Maintenant la question qu'on doit se poser est: qu'est-ce qu'on fait de gozaru ka? Konoe a demandé de ne rien dire mais...
_Mais ne pas se manifester équivaudrait à être d'accord avec cette fugue...Désolée mais je ne le suis pas. Peu importe leurs raisons, elles agissent toutes deux égoïstement en ne pensant même pas à ce que vont ressentir leurs proches...Non pire, elles esquivent même leurs réactions...Konoe n'a même pas dit un seul au revoir...Elle a juste laissé une lettre, quelle lâcheté! En plus elles se mettent toutes les deux en danger...En admettant qu'elles aient assez d'argent pour prendre l'avion et partir à l'étranger, comment elles vivront là-bas hein? En se prostituant? Comment ont-elles pu être aussi irresponsables...»
Negi sourit tristement.
«Je suis d'accord avec la Déléguée...Je pars de ce pas voir le Directeur. En aucun cas je ne peux laisser mes élèves prendre des risques pareils.»
Asnua le retint cependant par le bras.
«Oh non tu n'iras nul part. Pas question de dire quoique ce soit à qui que ce soit.
_Qu'est-ce que tu racontes Asuna?
_Admettons qu'on prévienne le Directeur et qu'on les retrouve, ça voudra dire que Konoka sera de nouveau enchaînée à sa famille! Même si ça a l'air d'être une fugue d'adolescente, je crois qu'il y'a un enjeu bien plus important qu'il n'y paraît non? Je suis bête c'est vrai, je n'ai pas l'esprit d'analyse que toi ou Chisame avez Negi...Mais je suis sûre d'une chose, c'est que je ne veux aller contre la volonté de ma meilleure amie! En plus, toi aussi tu serais dans la galère si on les retrouvait pas vrai? A moins que tu ne veuilles te marier avec Konoka bien sûr...
_Je comprends ce que tu essaies de dire Asuna mais...
_Sil-te-plaît Déléguée, je ne te demande pas de comprendre! Je te demande de ne pas trahir l'une de tes camarades de classe!
_Mais si on ne fait pas ça...Nous serions en quelques sortes leurs complices...Et ça nous retombera dessus...De plus, Monsieur Negi est notre Professeur, de nous tous, ce sera lui qui sera considéré comme le plus fautif.»
Tous regardaient à présent le sol devenu l'objet de toutes les attentions depuis plusieurs secondes. Negi se décida pourtant à intervenir.
«Konoka...Nous a demandé d'attendre minimum deux jours n'est-ce pas? Si on déclare leur départ au bout de ces deux jours, on ne sera plus considéré comme fautifs pas vrai?
_Retarder l'échéance hein...»
Un petit silence envahit le couloir jusqu'à ce qu'Asuna se retourne vers Kazumi d'un air accusateur.
«Retarder l'échéance à condition que tout le monde garde le secret!
_Oui bon ça va, j'écrirai un article dessus dans trois ou quatre jours ça vous va?»
XXXXXXX
Après avoir récupéré un parapluie dans la chambre d'Asuna, Ku, Ayaka et elle-même se pressèrent jusque la sortie du dortoir. Il était temps de découvrir ce qu'on leur cachait!
En courant, Ayaka vit Zazie s'apprêtant à entrer dans sa chambre, elle la prit par le bras et l'entraîna dans sa course.
« Toi, tu viens avec nous, tu nous seras sûrement utile à un moment ou à un autre!»
Zazie se laissa traîner d'un air neutre.
«?» Fut sa seule réaction.
Après l'excitation provoqué par le voyage de Setsuna, Yue et Nodoka eurent bien du mal à se débarrasser de toutes leurs camarades. Certaines demandant elles aussi à aller dans l'Océan des Mondes, d'autres posant des questions absurdes...Aaaaah les filles de la classe A resteraient toujours les mêmes décidément. Mais ce fut avec une patience pouvant faire pâlir Bouddha que les deux membres du club de lecture avaient réussi à affronter cette dure épreuve. Maintenant, elles dégustaient un bon chocolat chaud bien mérité à la cafétéria de l'académie. Nodoka soupira d'aise.
«C'est vraiment une bonne idée ce chocolat, avec le temps qu'il fait dehors, on ne peut que l'apprécier.»
Yue sourit.
«Oui c'est sûr! En plus, je crois que si nous n'en avions pas pris un, j'aurai certainement été dans la chambre de Makie pour l'étrangler.
_Hahaha, ne dis pas ça, tu sais très bien que c'est Baka Pink après tout...
_Et alors? Je suis Baka Black moi et pour autant, je ne harcèle pas les gens avec des questions aussi débiles. Au pire quand j'ai une question et que je la sens stupide, je la garde pour moi...
_Tu es dure avec cette pauvre Makie...»
Il y'eut un petit silence. Nodoka sirota un peu sa boisson avant de reprendre la parole.
«Dis Yue...
_Mmmmh?
_Ce serait bien qu'on retourne dans l'Océan des Mondes...»
Devant le regard interloqué de son amie, le rat de bibliothèque se rattrapa.
«Et bah! Euh...Je veux dire...Pour pouvoir faire des recherches correctement, ce serait bien d'aller directement sur le terrain non? Et puis...Le sort qu'a récité Konoka n'est pas le seul à être inscrit dans le livre...On devrait en essayer d'autres afin de voir la différence...»
Yue lui jeta un regard indulgent.
«C'est une bonne idée. Mais à condition que cette fois, on n'en parle à personne. Ce sera juste entre nous, j'ai pas envie de revivre le calvaire d'aujourd'hui.»
Et ce fut avec un regard entendu qu'elles continuèrent la dégustation de leur breuvage.
Depuis maintenant plusieurs années, Natsumi Murakami et Chizuru Naba partageaient la même chambre. Peut-être était-ce difficile à croire pour des adolescentes de leur âge mais aucune réelle dispute n'avait jamais eu lieu.
Ainsi, lorsque Natsumi partit en claquant la porte rageusement, Chizuru perdit son sempiternel flegme et ne pu s'empêcher de trembler.
Peut-être avait-elle eu tord?
Il était vrai que le fait de ne pas avoir vu Kotarou depuis la veille était inquiétant. Le garçon-loup ayant pour habitude de prévenir lorsqu'il ne dînait pas en compagnie de ses deux amies, Natsumi ne pu s'empêcher d'avoir un mauvais pressentiment en voyant que le jeune Inugami ne se montrait pas. Mauvais pressentiment qui devenait peu à peu une accablante angoisse au fur et à mesure que les heures passaient. Bien sûr, Chizuru comprenait parfaitement ce que sa colocataire ressentait. Oui évidemment elle se posait des questions...Mais si elle avait montré un quelconque signe d'angoisse à Natsumi, cela n'aurait-il pas empiré les choses? Il était inutile de paniquer, après tout ce n'était pas non plus la première fois que Kotarou partait s'entraîner Dieu seul savait où...A la base, n'était-il pas un petit loup solitaire?
«Ne dis pas n'importe quoi grande-sœur Chizuru! Loup solitaire ou pas, Kotarou est toujours un gamin! Il ne répond pas quand j'essaie de le contacter avec ma carte de pactio! Je te dis qu'il lui ait sûrement arrivé quelque chose et toi tu...Tu ne réagis pas comme si tu ne te souciais pas de lui! Fais ce que tu veux, mais moi je pars à sa recherche!»
Avait-elle dit. Chizuru ne pouvait pas empêcher Natsumi de s'inquiéter et surtout pas lorsqu'il s'agissait de Kotarou. Mais il fallait avouer que ces derniers temps, la jeune comédienne était devenue encore plus protectrice envers l'adolescent ce qui n'avait pas échappé à sa colocataire. Ce récent comportement ajouté au naturel angoissé de Natsumi était sûrement la raison pour laquelle la jeune fille avait eu une réaction aussi démesurée.
Chizuru soupira. Il valait mieux que le petit Kotarou trouve une bonne excuse si il voulait revenir vivant pour un autre dîner. Natsumi n'allait sans doute pas se montrer tendre une fois qu'elle lui aura mis le grappin dessus.
Pour revenir vivant pour un autre dîner avec Natsumi et Chizuru, il fallait déjà qu'il ne se fasse pas tuer avant.
Lorsque Kotarou ouvrit les yeux, il sentit directement qu'il était dans la galère.
Lorsqu'il se rendit compte que ses pieds et ses bras étaient attachés sur les rebords d'un lit et qu'il se trouvait dans une pièce totalement inconnue, il sentit qu'il était dans une énorme galère.
Et lorsqu'il vit que Tsukuyomi était assise sur une chaise près de lui et le regardait en souriant, il ne daigna même pas à penser au mot galère. Pas assez puissant comme terme.
«Tu as mit du temps à te réveiller dis-moi...Je ne savais pas que les chiens dormaient autant...ce n'est pas la caractéristique des chats à la base?
_Je suis moitié loup...C'est totalement différent des chiens.
_Oui oui, peu importe.»
Elle rigola légèrement.
«En tous cas je suis ravie de voir que tu aies le courage d'argumenter malgré ta situation. Très peu de gens auraient osé parlé...Je ne regrette pas de t'avoir amené ici.»
C'était surtout parce qu'il était à peine éveillé et qu'il avait du mal à se rendre compte de tout ça...Bien évidemment, son instinct lui disait qu'il était en grand danger mais bien évidemment également, sa grande gueule ne pouvait pas s'empêcher de se montrer. Où qu'il soit. Quelque soit sa situation. Kotarou se demandait ce qui avait pu le mettre dans une telle position. Il se souvint par brides de son combat avec la fille aux deux lames et du fait qu'elle avait vaguement expliqué lui avoir injecté une potion paralysante...
«Huhu, rassure-toi, je ne t'ai rien fait. Tu es tombé dans les pommes tout seul comme un grand sans que j'ai besoin de t'assommer.»
Il grogna. Elle élargit son sourire.
«Je pense que c'est ma potion qui t'a fait ça. J'ai du en mettre beaucoup trop sur mon arme, il y'avait marqué deux à trois gouttes sur la notice mais bon..Je me suis dit que tant qu'à faire, autant verser tout le flacon, ça aurait été ennuyeux d'imbiber la dague après chaque combat...Tu vois?»
Ô Seigneur, la fille qui le retenait captif était une imbécile. Quelle situation abominable.
«Bon après, peut-être que tu t'es évanoui parce que tu es à demi-loup...Euh les demis-loup doivent sans doute avoir un système immunitaire bien moins résistant que la moyenne...»
C'était tout le contraire en fait. Mais Kotarou ne trouva même pas la force de répliquer. En fait, si il avait été humain, ce coup l'aurait sans doute tué...Vraiment, quel était l'abrutit qui avait laissé à cette idiote le loisir de s'approprier une potion aussi dangereuse?
Néanmoins, il ne sentit de Tsukuyomi aucune envie de meurtre et se détendit légèrement.
«Erf...Mis-à-part ça, tu pourrais m'expliquer la raison pour laquelle je suis attaché?
_Oh tu as remarqué...»
Non non, pas du tout.
«Et bien, je me disais que vu que tu étais dans le groupe de ma chère Setsuna et du petit Magicien, tu n'aurais sans doute pas voulu écouter ce que j'avais à t'expliquer...Et tu te serais précipité vers la sortie afin d'alerter tes amis...Et ainsi dévoiler l'endroit où se trouve ma cachette (car oui, nous sommes dans ma cachette)...
_(Ta cachette ressemble à une chambre d'Hôtel...)
_(Peut-être parce que c'en est une?) Et j'aurai du te tuer alors que je n'en ai pas la moindre envie...»
Oula, oula attendez deux minutes...Tsukuyomi qui esquivait un combat? Kotarou ne savait plus trop quoi penser. Surtout qu'il savait très bien que l'épéiste était au courant de toute la puissance qu'il avait accumulé au fil du temps. Elle aurait eu un challenge assez intéressant...Alors pourquoi rater pareille occasion? La voix de l'épéiste combla le silence de la salle.
«En fait, j'aimerai que tu t'allies avec moi.»
Si il avait été elle, Kotarou n'aurait pas hésité une seconde à déclarer un combat et... Attendez...Quoi? Les yeux complètement perdus du demi-démon firent glousser l'ancienne élève de l'école Shinmei.
«Et bien, c'est quoi ce regard? Ma proposition est si étonnante que ça?
_Compte tenu de la position dans laquelle je suis en ce moment même: oui.
_Bouuuuh, je t'ai déjà dit que j'avais pas le choix...J'ai beau vouloir faire de toi mon allié, ça ne veut pas dire que je te fais confiance Petit Toutou.»
Il tiqua à l'entente de ce surnom mais n'en démontra rien. Son corps était encore faible à cause de cette foutue potion, défaire les liens qui l'attachaient au lit était impensable pour l'instant...mieux valait écouter ce que cette dingue avait à raconter.
«Bon. Et donc pourquoi je devrai m'allier à toi au juste? Je ne crois pas avoir partager de point commun particulier avec...»
Elle se leva de sa chaise et frappa dans ses mains d'une manière théâtrale.
«Maaaais c'est là que tu te trompes!»
Elle s'accroupit alors et lui pinça les joues à la manière d'une grand-mère. Enfin, d'une grand-mère ayant voulu arracher la joue de son petit-fils. Tsukuyomi ne devait sûrement pas savoir contrôler sa force lorsqu'il s'agissait de faire des gestes affectueux. Ou qui devaient avoir un semblant d'affection tout du moins.
«Petit Toutou, tout ce qui t'importe dans la vie c'est de t'entraîner afin de devenir plus fort pas vrai? Mais maintenant que tu l'es, tu recherches des adversaires à ta hauteur...Tu dois t'ennuyer à toujours te battre avec les mêmes gens alors que tu sais très bien que ta vie n'est pas en jeu et qu'ils ne se donneront jamais à fond non?
_Si tu crois que je vais m'allier à toi pour me battre contre mes amis en tant qu'ennemi, tu te trompes. Je ne les trahirai jamais. Peut-être avons-nous été camarades à Kyoto mais c'est uniquement parce que je ne savais pas qui vous étiez, toi et toute la bande de Fate. J'ai changé maintenant. Alors abandonne cette idée.»
Comme déçue, Tsukuyomi relâcha l'étreinte qu'elle avait sur la joue du garçon puis hocha la tête en soupirant bruyamment.
«Tu me crois vraiment stupide au point de vouloir te demander une chose pareille?»
Sincèrement oui. Tu as vidé une potion entière sur une dague de quelques centimètres, comment veux-tu être prise au sérieux après ça?
Elle s'approcha de son oreille et lui susurra d'une voix angoissante:
«Si je te disais que j'ai trouvé le moyen de me battre contre une infinité de personnes dont les capacités seraient possiblement aussi grandes que ton ami magicien, tu me suivrais?»
Il frissonna alors. Kotarou fut honteux d'avouer que Tsukuyomi avait raison lorsqu'elle disait qu'il cherchait de véritables opposants. Cela faisait quatre ans depuis son retour du monde magique. Quatre ans qu'il s'entraînait sans relâche. Et pour quelle raison au juste? Maintenant devenu plus fort que la majorité des individus de ce monde et du Monde Magique, il n'éprouvait aucun plaisir à participer à des tournois. Pire, se battre contre Setsuna ou même Kaede devenait ennuyeux. Les deux étaient très fortes c'était une évidence. Mais en entraînement, il savait très bien qu'il ne risquait pas sa vie et au fond de lui, son côté démon commençait à s'impatienter. Il se souvint avoir pratiquement perdu le contrôle face à Setsuna un jour. Cela n'avait duré qu'une demie-seconde, mais le besoin de la frapper aussi fort que possible et de lui soutirer des cries d'agonie qui la pousseraient dans ses derniers retranchements lui avait fait perdre tous ses sens. Il n'avait pourtant eu le temps de rien faire, la jeune samouraï avait du sentir ce brusque changement chez le loup et avait de suite demandé à terminer l'entraînement d'un air gêné. Kotarou avait depuis lors cessé de s'entraîner avec elle. L'idée que Setsuna ait pu exciter ses instincts à cause de ses racines démoniaques avait effleuré Kotarou et il était même sûr que cela aurait pu dégénérer si il avait continué à se battre avec elle. Même scellée, Setsuna avait tout de même du sang de démon dans ses veines, son monstre intérieur aurait très bien pu s'exciter lui aussi. Toujours était-il que Kotarou avait bien du mal à supporter cette ennuyeuse vie. Il savait qu'il pourrait s'y habituer...Mais il avait du mal à l'accepter. Après tout, il n'avait encore que quatorze ans et le seul jeu qui le défoulait réellement était ni plus ni moins la baston.
En voyant l'effet qu'elle avait eu sur son prisonnier, Tsukuyomi réfléchit quelques secondes à ses prochaines paroles. Il était facile d'anticiper les réactions de ce gosse...En fait, il était exactement comme elle.
Mielleusement elle reprit son discours.
«Et si je te disais que je savais pourquoi le Maître Thousand connaissait plus de mille sorts et la manière dont il a obtenu tout ce pouvoir...Tu me suivrais?»
Cette fois, au lieu de frissonner, il tourna des yeux dédaigneux vers l'épéiste.
«Tout le monde sait pourquoi il était puissant...C'est parce que c'était un prodige dont les réserves de magie étaient incroyables...
_Oooooh?
_Et j'ai entendu dire qu'il notait tous ses sorts sur un carnet...Il ne les connaissait même pas par cœur...Il avait du les choper dans des livres par-ci par-là...»
La jeune fille lui répondit par un regard vague. Elle se rassit alors sur son piège sans s'arrêter de sourire.
«Dis...Tu crois vraiment qu'avoir une réserve de magie immense suffit à savoir la maîtriser? C'est un peu réducteur ça, tu ne serais pas un peu idiot par hasard?»
Venant d'elle, ça faisait mal.
«Désolée de te dire ça mais si le Maître Thousand est devenu une légende, c'est tout simplement parce qu'il a affronté des adversaires au péril de sa vie l'ayant poussé à surmonter ses faiblesses. Même avec ses réserves de magie, Nagi Springfield a risqué sa vie de nombreuses fois et c'est ça qui l'a fait devenir fort.
_Et alors?
_Alors? Tu ne trouves pas ça bizarre toi que personne ne rivalise réellement avec lui? Dark Evangel elle-même s'est faite battre aisément, elle qui est pourtant considérée comme l'une des créatures les plus puissantes du monde.»
Elle se leva de sa chaise pour la seconde fois et couru vers le lit de Kotarou d'un air innocent puis s'approcha de son oreille. Le garçon était d'ailleurs fatigué de voir son interlocutrice bouger dans tous les sens et parcourir la pièce à tout va pour finalement revenir près de lui à chaque fois. Elle pouvait pas rester en place non?
«Confidence pour confidence Petit Toutou, le Maître Thousand est allé chercher dans d'autres mondes pour s'entraîner et avoir des opposants dignes de ce nom...En plus il en a profité pour se faire un petit répertoire de sortilèges. Malin hein?»
Mais qu'est-ce qu'elle racontait?
«Oh tu te demandes comment je sais ça? Bah tu connais l'histoire de l'Océan des Mondes?
_Ce conte pour enfant qu'il y'a dans les livres pour gosses dans le Monde Magique? Ne me dis pas que tu crois à ces bêtises?»
Au mot bêtise, l'expression de Tsukuyomi changea du tout au tout. D'enfantin et presque innocent il passa à rage non dissimulée. Sans prévenir elle frappa Kotarou au visage. Ne pouvant l'éviter, il encaissa le coup avec beaucoup de mal. Le choc avait été si violent que le loup pensait avoir sa mâchoire brisée. Cette dernière était d'ailleurs en train de saigner abondamment.
«Bêtise? Petit Toutou, jamais je ne poursuivrai un but chimérique et tu le sais.
_Un but?»
Il avait du mal à parler, avec sa bouche totalement défoncée, il ne pouvait que marmonner un ou deux mots d'affilés pas plus. L'expression de Tsukuyomi se fit soudainement plus douce et elle lui caressa sa joue meurtrie.
«Oui un but. Un jour, en entendant cette histoire qu'une mère racontait à son fils dans un parc près d'Ostia, je me suis demandée si l'Océan des Mondes pouvait exister comme elle le disait...Alors j'ai fait des recherches, beaucoup de recherches...Sans rien trouver. Tu trouves pas ça étrange toi...Que l'on parle d'un magicien ayant traversé de nombreux plans sans pour autant le nommer? Je me suis alors concentré sur ce magicien en me demandant qui il aurait pu être...Déjà il devait être surpuissant et pas si vieux puisque ce conte a été raconté pour la première fois il y'a moins de vingt ans...Alors Petit Toutou, qui est le magicien le plus puissant que l'on connaisse?»
En voyant l'expression figée de Kotarou, elle eu encore envie de le frapper. Ce qu'elle fit, au ventre cette fois. Il hurla. Lorsqu'elle frappait, Tsukuyomi avait l'habitude d'y mettre toute sa force et ce, quelque soit la situation. On lui avait d'ailleurs reproché de ne pas savoir se doser à l'école Shinmei, plusieurs de ses camarades avaient été envoyé à l'hôpital à cause de ça.
«Et oui tu as deviné! Il s'agit de Maître Thousand bien sûr!»
Le poing de Tsukuyomi avait momentanément coupé le souffle au garçon et ce fut lorsqu'il le reprit qu'il enregistra ses paroles. Mais où voulait-elle en venir au juste?
«En fait, afin de m'assurer que mes suppositions étaient correctes, je suis allée voir l'un de ses célèbres anciens camardes...Tu sais le grand à forte allure...Comment s'appelle-t-il déjà?
_Ran...Kan...»
Elle frappa dans ses mains.
«Oui exactement Monsieur Rankan!»
Elle sourit machiavéliquement et Kotarou lui répondit avec des yeux défiants.
«Qu'est-ce que tu...
_Huhu, rassure-toi, je ne lui ai rien fait! Tu sais, il y'a différentes manières de soutirer des informations à quelqu'un, pour des hommes comme Rankan, un petit coup de pouce comme de l'alcool et autres petites choses et le tour est joué!»
Kotarou ne voulu pas savoir ce qu'elle voulait dire par «autres petites choses» et se dit juste que cette fille était encore plus effrayante quand on lui parlait un peu. Elle était prête à tout pour arriver à ses fins...Une véritable monomaniaque.
«Et doooonc, il m'a révélé qu'en effet, c'était Maître Thousand qui avait trouvé la manière dont on pouvait voyager d'un univers à l'autre et qu'il avait relaté tout ça dans un livre. Tu n'imagines même pas à quel point ça m'a rendu heureuse de constater que ma déduction était la bonne!»
Elle se leva et eut un fou-rire.
«Voilà pourquoi je suis ici à Mahora! Pour trouver ce livre et l'utiliser! Alors tu vas m'aider hein? Hein?»
Il ne répondit pas et se contenta de la regarder faiblement.
«Pour...Quoi?»
Elle avait du tendre l'oreille pour pouvoir entendre les murmures du Petit Toutou.
«Pourquoi...Pourquoi je fais tout ça?»
Elle se tut un instant et lui asséna un sourire candide. A ce moment-là elle avait vraiment l'air d'une enfant attendant de pouvoir ouvrir ses cadeaux de Noël.
«Pour le combat bien évidemment! Tu imagines un peu...Une infinité de mondes, ça veut dire une infinité d'opposants qui pourraient m'être supérieurs...Supérieurs aaaaaaaaah quel magnifique mot! Si le Maître Thousand a obtenu un pouvoir tel, c'est parce qu'il a voyagé là-bas...Du pouvoir...Moi aussi j'en veux. J'en veux plus, beaucoup plus. Et pour ça, j'irai là-bas et trouverai des adversaires à ma taille.»
L'obsession de Tsukuyomi pour le pouvoir n'était pas chose inconnue. Ainsi, il se sentit stupide d'avoir demandé la raison pour laquelle elle recherchait ce livre...Pourtant comment allait-elle y arriver? Elle était en territoire ennemi à Mahora, si une des filles de la classe A la reconnaissait, elle pouvait dire adieu à ses espoirs de quête tranquille et sans embûche.
Il sentit soudainement une pression sur son ventre. Lorsqu'il tourna la tête, il vit que ses vêtements s'imbibaient de sang à vitesse fulgurante. Tsukuyomi, qui avait son sabre planté dans l'estomac du petit loup et qui s'amusait à rouvrir ses plais ainsi qu'à les élargir, semblait se délecter de l'expression tirée de son captif. Kotarou essayait de ne pas crier sous la douleur lancinante mais ne pouvait pas s'empêcher de grogner. Il bougeait pour se défaire de ses liens mais rien à faire: ceux-ci étaient bien trop serrés et sa condition physique n'était pas au beau fixe. Alors il essaya d'accuser le coup en sachant pertinemment que si Tsukuyomi continuait d'explorer ainsi l'intérieur de son corps avec son arme, il ne lui faudrait pas longtemps pour s'évanouir. Malgré tout, il restait trop fier pour hurler, jamais il ne lui donnerait cette satisfaction. Jamais.
«Toi aussi...Si tu avais plus de pouvoir tu pourrais sortir de cette situation tu sais? Je n'ai pas aimé ton regard...Celui qui est prêt à parier que je ne pourrai pas mettre la main sur ce livre avant que l'on ne me trouve...Vraiment, ce n'était pas un regard très gentil tu sais? Si j'ai voulu passer inaperçue, c'est juste parce qu'un combat avec toi ou les gens de ton groupe m'aurait fait perdre mon temps. Et il me tarde trop d'aller dans cet Océan pour me permettre de perdre du temps...»
Elle retira son sabre du ventre du garçon. La douleur ne disparut pas pour autant.
«J'aurai aimé que tu me guides à la bibliothèque de l'Académie pour qu'on trouve ce livre ensemble. Cela t'aurait été profitable à toi aussi vu que tu es à la recherche de pouvoir...Mais vu la manière dont notre discussion a tourné...J'imagine que ça ne va pas être possible pas vrai?»
Il n'eut pas besoin de répondre, son regard plein de haine suffisait. Elle soupira alors et se dirigea vers la porte.
«Je vais chercher des désinfectants et de quoi à panser tes blessures. Si tu meurs, j'aurai tout Mahora sur le dos.»
Puis sur ces mots elle partit.
Le garçon se sentit honteux de se retrouver dans une telle position alors que dans des conditions normales, il aurait pu s'échapper facilement. Oui...Il était faible...
Une seule expression lui vint à l'esprit à ce moment-là, une expression qu'il adorait en ce moment: quelle galère.
Et voilà un chapitre qui se termine sur une scène particulièrement douce pas vrai?
C'est sûr que c'est un petit peu plus cru que précédemment (enfin du moins il semble que ça l'est?) mais en même temps, les personnages qui s'y trouvent bah...n'ont pas des manières douces...Oui je parle de Tsukuyomi et de Kotarou.
Premièrement, Tsukuyomi EST folle, c'est assez clair dans le manga, elle est décrite comme monomaniaque. Je ne compte pas la faire en mode stalkeur de Setsuna tout simplement parce que dans cette fic, ce n'est pas vraiment par le biais de Setsuna qu'elle compte dévoiler sa puissance. En fait à la base, vous aurez remarqué que si elle poursuit notre petite samouraï, c'est surtout parce qu'elle la considère comme une personne à battre, elle est pas vraiment fangirl de "Setsuna" mais plutôt de "l'épéiste de génie". En ça, il est assez clair qu'elle cherche plutôt des adversaires forts...Et qui sait, peut-être qu'en revenant de son voyage dans d'autres mondes, Tsukuyomi retournera défier Sakurazaki?
Pour ce qui est de Kotarou, je me dis souvent qu'il est dur d'imaginer une vie paisible pour ce garçon alors qu'il est adolescent. Pour être honnête, je suis sûre que si Negima nous avait montré un Kotarou adolescent après quelques années de paix, celui-ci serait devenu totalement frustré par le manque de challenge. On parle de Kotarou après tout et c'est vraiment cette frustration qui le rend proche de la mentalité de Tsukuyomi dans la fic. Enfin bon, ce n'est que du blablatage, vous aviez remarqué tout ça mais j'avais juste envie de le souligner. ^^'
Bref, merci d'avoir lu comme d'habitude. Les prochains chapitres auront peut-être un peu de retard par rapport à leur parution normale mais j'espère tout de même que ça ne vous lassera de cette histoire qui se rapproche vraiment du dénouement!
A plus chers amis!
