Déclaration : Les personnages ne m'appartiennent pas, je ne fais que les emprunter. Merci à Russel T Davies et à la BBC de les avoir créés.

Bêta et encouragements : Réa S, merci

MADE BY TORCHWOOD


Chapitre 10 : Bienvenue à Torchwood 3


L'après-midi passa très lentement, je ne savais pas pour Ianto, mais moi je comptais les dossiers traités pour me motiver. J'avais commencé par les dossiers faciles d'après le classement de mon tout nouvel assistant. J'avais lu les premiers, vérifiant ses critères de classement mais comme tout me paraissait parfait, je me mis à signer les dossiers sans même les ouvrir. Ceci étant fait, je m'attaquais aux dossiers qu'il me fallait lire, en diagonale mais lire quand même, et là ce fut moins drôle, on pouvait dire que mon enfer commença. De plus Ianto continuait son tri, j'avais donc des piles de dossiers qui ne diminuaient pas. Vraiment décourageant.

Je fis de nombreuses pauses et il me fallut tout le thermos de café à moi tout seul pour éviter de tomber en léthargie. D'ailleurs où avait-il trouvé ce thermos ? Et ces fiches colorées et les pastilles ? Tout cela était un mystère pour moi, je n'avais rien vu de tel à notre disposition. Toute cette organisation me dépassait mais je reconnaissais que c'était fort pratique.

Comme prévu, je profitais de ce tête à tête pour lui poser quelques questions sur ses fonctions à Torchwood 1. Je faisais cela par curiosité mais lui devait imaginer que je tentais de tromper mon ennui. J'étais quasi certain qu'il ne se doutait pas que je l'évaluais, que je tentais de prendre une décision. Il répondit à toutes mes questions avec intérêt, il était manifestement très attaché à son travail et enthousiaste. Ses compétences ne faisaient plus aucun doute, je comprenais pourquoi Yvonne lui avait confié de telles responsabilités. En retour, il me posa quelques questions sur notre manière de travailler à Cardiff. Je restais le plus évasif possible mais je crois qu'il comprit que les dossiers et les archives n'étaient pas vraiment le socle de notre travail ... je n'en étais pas spécialement fier, Tosh s'en plaignait tout le temps, mais depuis ce terrible réveillon de l'an 2000 je n'avais tout simplement jamais repris cette partie.
S'il était inquiet sur la suite de sa carrière, il ne le montra pas. Il ne me posa d'ailleurs aucune question sur son avenir. Il ne le savait pas mais je lui en étais gré, je n'avais pas envie d'être à nouveau dur avec lui.

Au fur et à mesure de nos bavardages, je sentais qu'il se détendait, qu'il se livrait un peu plus. Il finit par me poser quelques questions sur ce qui s'était passé, sur les Daleks qu'il ne connaissait pas. Il y était allé doucement comme s'il craignait ma réaction, ou peut être était-ce la sienne dont il avait peur ? Je lui répondis même si reparler de ces événements ne me réjouissait pas, il avait le droit de tout savoir. Alors qu'il me regardait droit dans les yeux, avec ce regard franc qui le caractérisait, il les baissa pour m'interroger sur les cybermen. Pourquoi essayait-il de cacher sa tristesse ? Cela m'échappait mais je lui dis tout ce que je savais. Il passa les mains sur son visage comme pour chasser sa peine et reprit son travail. Pourquoi travaillait-il avec moi ? Cela aussi restait mystérieux à mes yeux. Après ce qu'il avait vécu il aurait été normal qu'il prenne un peu de temps pour se remettre, comme tous les autres le faisaient. Il n'avait aucune obligation, il travaillait pour Torchwood 1 pas pour moi. J'avais beaucoup de questions, je savais que je n'obtiendrais pas facilement de réponses, mais je devais reconnaître que j'appréciais de plus en plus la compagnie du garçon. Et son travail, bien entendu.

En début de soirée, je lui demandais d'aller chercher Tosh, de mon côté je fis appeler Owen. L'informaticienne arriva avec les plans des sous-sols, Owen avec trois armes et Ianto avec nos oreillettes. J'avais l'impression que c'était mon équipe qui se réunissait ... Owen distribua les armes mais Ianto refusa la sienne.
- Je n'ai eu que la formation de base et ce n'était pas brillant, je ne voudrais pas blesser quelqu'un.
- Dans ces conditions, dis-je en riant, je la reprends.
J'imaginais déjà sa formation au maniement des armes … j'avais une méthode toute personnelle qui fonctionnait très bien et qui avait l'avantage d'allier travail et plaisir …
- Jack ! m'apostropha Tosh me tirant brutalement de mes forts agréables pensées, tu as écouté ce que j'ai dit ?
- Et qu'est-ce tu disais ? dis-je en me penchant sur les plans.
- J'ai rempli le SUV de matériel et averti HC Clements de notre arrivée. Apparemment ils ont vu remonter la troupe qui gardait les lieux quand les cybermen ont débarqués.
- Ils ont déguerpi ? Tant mieux ce sera plus facile pour nous. Qu'ils se débrouillent, je n'irais pas les chercher.
- Chez HC Clements, ils se demandaient quand quelqu'un allait appeler, ils entendent des cris étranges.
- C'est sûrement Myfanwy, elle doit être affamée … expliqua Ianto manifestement ennuyé pour sa protégée.
- Parfait ça un ptérodactyle affamé ! Ça ira question piment Jack ? fit Owen outrancièrement. Il t'a parlé de sa nouvelle lubie, Tosh ?
- Ianto m'a expliqué, je trouve que c'est une bonne idée, ajouta-t-elle avec son doux sourire.
- Trois contre un mon pauvre Owen, fis-je en riant.
- Vous travaillez tous à Torchwood, ça ne compte pas.
- Tu ne travailles pas à Torchwood ? demanda Ianto ne comprenant plus rien.
- Si, mais moi je suis le seul à avoir une vie normale, à sortir, enfin tu vois. Je ne suis pas con-ta-miné.
Tosh se détourna du médecin et se concentra sur les plans. Je laissais tomber moi aussi, il n'avait pas tort.
Ianto nous indiqua où se trouvaient les serveurs, les laboratoires abandonnés et mon très cher ptérodactyle. Nous prîmes le SUV, en essayant de rester discrets. Je quittais avec un immense plaisir le quartier branché de Canary Wharf.

wTwTwTwTw

Le directeur de la société de sécurité nous attendait, mécontent mais conscient des événements qui s'étaient déroulés à Canary Warf. Quand je lui expliquais qu'Yvonne n'avait pas les autorisations pour occuper ses sous-sols, qu'il aurait dû la dénoncer et qu'il était responsable, il se calma et collabora. Il nous donna tous les codes d'accès qu'il avait en sa possession.
Avant de descendre, Ianto nous distribua les oreillettes pour communiquer, mais lui-même n'en avait apparemment jamais porté. Ce modèle très sophistiqué devait être placé entièrement dans l'oreille et je remarquais en même temps que Tosh qu'il hésitait sur la manière de le placer.
L'informaticienne se décida à l'aider mais Ianto faisait ma taille soit trente centimètres de plus ce qui ne lui rendait pas la tâche aisée même sur la pointe des pieds. Owen remarqua leur manège et tout en râlant prit la place de Tosh et montra à Ianto comment placer correctement son oreillette pour ne pas la perdre.
Je ne pus m'empêcher de sourire en les voyants tous les trois. Oui définitivement une équipe, mon équipe, et Ianto y avait déjà trouvé sa place. C'était décidé, je l'engageais.

- Ça y est Ianto ? fis-je un peu sévèrement.
Il n'était pas interdit de s'amuser un peu, n'est-ce pas ?
- Euh, oui je crois … merci. C'est que je n'ai pas trop l'habitude …
- Oui ça se voit. Allez on y va.
Et là, je vis le regard noir d'Owen et celui offusqué de Tosh. Ils ne disaient rien mais n'en pensaient pas moins tandis que Ianto rougissait légèrement en baissant les yeux.
Je jubilais intérieurement. Eux qui ne se soutenaient jamais prenaient spontanément la défense du plus jeune. Incroyable et génial, cela me confortait dans ma décision. Finalement, c'était facile et j'étais soulagé, moi qui me décidais vite d'habitude ces hésitations m'avaient grandement agacé.

Nous descendîmes sous terre et effectivement, on pouvait croire les lieux vides mais après un long couloir et une lourde porte, nous avions devant nous un sas transparent des plus récents. Même morte, Yvonne continuait à m'exaspérer. Est-ce que cela aurait une fin ? Elle s'était payé ma tête de nombreuses années et chaque nouvelle découverte me le rappelait douloureusement. La colère montait en moi de manière fulgurante, je crois qu'elle n'était jamais bien loin ... j'alternais entre colère et tristesse à une vitesse incroyable. Devant ce sas sophistiqué, la colère l'emportait haut la main. Tosh travailla à son ouverture avec fébrilité pendant plusieurs minutes. Quand enfin il s'ouvrit, nous pénétrâmes armes en mains, Ianto fermait la marche. Le sas donnait sur une salle circulaire et immédiatement Tosh vit la salle vitrée des serveurs. Elle ne cacha pas sa joie devant ces serveurs dernière génération. Nous n'existions plus, nous la laissâmes découvrir les machines, ce n'était pas tous les jours Noël.

Mais je n'étais pas en reste car j'avais pour ma part repéré une autre vitre d'où l'on pouvait voir le ptérodactyle en liberté volant autour d'une sorte d'immense puits dans une très grande salle.
- Ne compte pas sur moi Jack, pour t'aider à attraper ce truc, fit Owen alors que nous approchions.
- Il y a des laboratoires de ce côté, tu n'as qu'à aller voir Mr Courage.
- Je rêve ! Ce n'est pas une question de courage, vous êtes complètement inconscients, oui. Bonne chance, ce n'est pas la peine de m'appeler si le bestiau vous bouffe un bras.
Sur ce, il partit.
- On y va ? dis-je plein d'entrain en sortant une énorme seringue contenant un somnifère puissant pour cette beauté d'un autre âge. Ianto hocha la tête.
Nous fîmes un premier essai d'approche mais le bestiau, comme Owen l'appelait, piqua du nez manquant effectivement de nous arracher un bras ou pire.
- Elle est drôlement excitée … beaucoup plus que d'habitude, c'est votre après-rasage, proposa Ianto en reprenant son souffle.
- Je n'en porte pas !
- Vous sentez naturellement comme ça ?
- Phéromones du 51ème siècle, vous n'avez pas idée ! Et pour cause me dis-je. Prêt pour un autre essai ?
- Je le suis si vous l'êtes.
Nous pénétrâmes à nouveau dans l'antre du dinosaure, en nous séparant cette fois. Le bestiau se calma et se posa en face de nous. Il était magnifique, d'où venait-il ? De si loin dans le temps … bon maintenant, il fallait lui injecter le contenu de la seringue.
- Je vais faire l'appât Ianto, occupe-le.
- Non.
- Quoi ?
- Elle me connaît, je ferais un bien meilleur appât.
- Non, bien trop dangereux …Il va te réduire en miettes, pas maintenant que j'ai décidé de t'engager ! pensais-je.
- Non, J'ai une arme secrète. Du chocolat. Noir de préférence.
Archiviste, organisé et courageux, pas mal.

Tandis que Ianto tentait une approche frontale, je la contournais pour essayer de lui faire l'injection. Tout se passait bien, jusqu'à ce qu'elle décolle et moi avec. Quelle force et quel vol ! L'atterrissage allait être douloureux … mais Ianto fut là pour amortir ma chute. Et après avoir évité de justesse le ptérodactyle qui succombait à l'injection, je me retrouvais dans une position à laquelle je ne m'attendais pas, pas si vite en tout cas …
Ianto était allongé sur moi, si proche que je pouvais sentir son souffle rapide sur ma bouche, si proche que je pouvais apprécier son odeur, si proche que je ne pouvais qu'admirer ses yeux dont je vis les iris s'ouvrir, si proche que la tentation de d'embrasser ses lèvres charnues était très forte. Il ne bougea pas tout de suite, ses yeux aimantés aux miens, je sus alors qu'il partageait ce pur moment de plaisir et de désir avec moi. Son corps comme le mien réagissaient agréablement à ce contact, révélant sans erreur possible son attirance … jusqu'à ce qu'il se lève brusquement et s'éloigne en murmurant je ne sais quelle excuse.
- Eh ! Ianto resta là.
C'était un ordre et il le comprit, il s'arrêta net sans pour autant se retourner. Je m'approchais les mains dans les poches.
- Je te propose une place dans mon équipe.
- Je ne veux pas d'une promotion canapé ! dit-t-il avec force en se tournant vers moi.
Il avait du mal à respirer.
- Ça ne va pas ?
- Ce sont mes côtes, je crois qu'elles n'ont pas apprécié votre poids, murmura-t-il en essayant d'ouvrir doucement sa cage thoracique pour faire entrer l'air.
- Ianto, tu n'y es pas du tout. Je choisis avec soin les personnes que j'engage et cela fait un moment que je t'observe. Je t'offre une place, c'est à prendre ou à laisser.
Il plongea son regard dans le mien toujours troublé, je crois par ce qu'il avait ressenti. Le corps n'obéit pas toujours à l'esprit, j'avais le sentiment qu'il était le premier étonné de sa réaction. Et moi cela m'amusait grandement, j'allais de surprise en surprise avec cet archiviste. Il me regardait avec toujours autant de respect mais il y avait de la curiosité maintenant. Mon charme, mes phéromones … tout le monde y était plus ou moins sensible. Il n'y avait guère qu'Owen que je laissais de marbre.
- Je veux travailler pour vous … oui, c'est d'accord, dit-il très doucement en baissant les yeux.
- Parfait ! fis-je en lui donnant un coup dans l'épaule sans réfléchir, je l'attrapais juste à temps alors qu'il s'effondrait inconscient.
- Owen ! Tu peux venir ? Ianto s'est évanoui.
Je l'allongeais à côté de Myfanwy en attentant le médecin.
- Mais qu'est-ce que lui a fait ce monstre ? hurla Owen en s'approchant de nous.
- Ce n'est pas le ptérodactyle. Je lui suis tombé dessus.
- Ce n'est pas vrai … c'est mon patient Jack ! Je t'interdis de lui tomber dessus, ok ?
- Comme si je l'avais fait exprès ! Elle m'a baladé en hauteur, c'était marrant et Ianto a amorti ma chute …
- Eh mec, fit Owen en lui donnant de petites claques et en prenant son pouls.
- Au fait, je l'ai engagé.
Owen leva ses yeux vers moi et me sourit, satisfait.
- Dieu merci, on va avoir du bon café toute l'année … ça c'est une grande nouvelle. Eh ! fit Owen alors que Ianto revenait à lui, bienvenue à Torchwood 3.


Merci pour tous les encouragements !
Je suis en vacances et donc beaucoup moins derrière un ordinateur ... désolé si je vous réponds avec du retard.

Un extrait du prochain chapitre :

"Nous réussîmes à soulever la bête et à la placer dans le coffre du SUV.
- Monsieur, est-ce que je pourrais vous accompagner ?
Je ne m'y attendais pas vraiment.
- Eh bien … oui, pourquoi pas, qu'en dis-tu Owen ?
- Il peut, je ne pense pas que tu aies encore de malaise … si bien sûr tu te ménages. Pas sûr que tu y arrives … dit-il en réfléchissant, plus pour lui lui-même que pour nous. Tu prends tes calmants pour la douleur.
- Bien docteur, répondit Ianto en souriant.
Il s'installa à côté de moi et nous partîmes pour Cardiff. "