Merci infiniment pour les agréables commentaires que j'ai reçu, cela me fait extrêmement plaisir.
Jane ne supportait pas qu'on la suive continuellement dans ses déplacements, elle préféra même porter un bracelet électronique à la cheville qu'avaient les prisonniers en probation, ils avaient moins d'entraves dans leur déplacement. Certes, c'était de sa propre initiative qu'elle s'était rendue dans cette institution. Si elle devait sortir à l'extérieur, elle devait avoir une permission et un accompagnant, toutefois, elle n'allait pas en solitaire faire un safari en Afrique.
Elle avait fait part de sa décision à ses proches de se rendre dans ces lieux, ils furent visiblement déstabilisés par sa décision. Ils ne se doutaient pas que la détective était prête à tout pour avoir un semblant de lucidité dans ses moments de cauchemars. Et leur avoua qu'elle n'allait pas bien du tout, qu'elle avait besoin d'aide de professionnels, que ce n'était pas leur faute. Mais cet éloignement brutal brisa leur cœur. De nouveau, ils se sentirent volontairement rejetés de la vie de Jane. Car celle-ci n'avait accepté aucune de leur visite pour l'instant. L'Italienne voulait se consacrer uniquement à sa thérapie et rien d'autre. Et aurait pu être plus cruelle et ne plus vouloir aucune interaction avec ces visages familiers de son passé, toutefois, elle avait agréé de les voir dans deux semaines, pendant le week-end.
Cela faisait déjà presque quinze longues semaines que l'ancienne détective était dans ce centre. Oui, des infirmiers et médecins surveillaient continuellement sa progression sur la voie du rétablissement. Elle prenait sans trouble ses médicaments, elle ne pouvait réchapper à leur besoin, elle n'aurait pas été capable de dormir ou même de rester éveillée sans péter un plomb. Sans cerveau ne pouvait plus divaguer tant qu'il était drogué, l'effet était visiblement de l'assommer, même un bœuf ne se mutinerait pas à la puissance. Oui elle était devenue comme une larve, sans force ou volonté, elle était continuellement épuisée. Les effets secondaires de son traitement. Elle participa à sa manière aux groupes de paroles. Elle ne dévoilait que le superflu de sa condition, elle ne se dévoila pas sur certains sujets de sa captivité, viol, ses humiliations. Même si certains du groupe de parole l'avaient sondé sur son doigt en moins. Comment s'était-elle faite cette blessure irréparable ? Est-ce qu'elle allait mettre une prothèse pour remplacer ce membre manquant. Honnêtement, la brunette n'y avait pas spécialement réfléchi, mais oui, elle ne voulait pas avoir une autre empreinte indélébile de sa captivité sur elle, elle en possédait tellement de plus ou moins voyante.
Avec son psychologue, ils avaient évoqué le fait de revenir auprès de ses proches, de leur parler à cœur ouvert, de s'excuser de sa brutalité. Elle avait donc eu pour sujet d'écrire une lettre à chacun d'eux, Rizzoli n'était pas quelqu'un qui s'épancher aisément sur ses émotions, son métier ne lui avait jamais permis cette faiblesse. Les dévoiler à haute voix fut tout simplement impossible, il y avait de la pudeur et un certain malaise. Mais elle se donna entièrement la tâche, le plus difficile ce fut d'écrire à sa mère et surtout Maura. Pour sa mère, elle s'excusa de l'avoir à de nombreuses reprises déçues, de ne pas être la fille idéale qu'elle avait toujours rêvée, douce, féminine, elle lui écrit qu'elle était reconnaissante d'avoir une mère comme elle. Compréhensive et si aimante bien qu'envahissante et maladroite mais personne n'était parfait. Elle se rendit qu'une mère aimait de manière inconditionnelle sa progéniture.
Pour sa meilleure amie, c'était plus compliqué de lui décrire ce qu'elle ressentait. Oui elle était terriblement coupable de l'avoir blessée, de s'être emportée contre elle à cause de cette fête surprise pour son retour dont elle n'était pas responsable. La façon horrible dont elle lui avait déclaré qu'elle ne l'aimait pas. Elle souhaitait mesquinement la blesser, qu'on partage d'une certaine façon à sa souffrance. Mais elle avoua malgré tout qu'elle tiendrait toujours à elle, que ça continuerait d'exister malgré elle, elle ne pouvait pas rester les bras croisés si elle était de nouveau dans une situation périlleuse. Si elle ne le montra pas clairement, elle ne devait pas douter de son amour particulier envers elle.
Avec son médecin, ils avaient aussi fait part du projet de refaire complètement une nouvelle vie. Jane ne voulait plus vivre à Boston, ni être de nouveau détective. Se marier et avoir des enfants, elle n'en était pas capable d'en tenir les rênes de ces lourdes responsabilités. Aimer quelqu'un…c'était aussi difficile.
La nourriture, c'était comme les hôpitaux, sans saveurs, désagréable, et nutritif à ce qu'il paraissait. Ce qui était bon pour la santé était totalement mauvais aux papilles. Une pizza ou une bière seraient le paradis…
Les activités et les animations n'étaient pas fantastiques, mais surtout rien de palpitant, dessiner et regarder la télévision, parfois il y avait des jeux de rôle, mais Rizzoli s'en porta mieux qu'elle n'imaginait. Reconnaitre à haute voix qu'elle était mal fut un pas de géant pour elle. Aussi, elle n'avait plus ce frein émotionnel que lui imposait instinctivement sa famille. Elle respirait finalement sans contrainte. Si elle agissait mal, ses proches ne seraient pas témoins. Si elle merdait, elle pouvait se relever sans se faire réprimander ou autoculpabiliser. La brunette était étonnée, mais elle s'était même faite un 'ami'.
« Jay ! Jay ! Jay ! » Hurla joyeusement une voix familière, elle sursauta aux cris fracassants, elle vit à sa rencontre Mikael qui trottinait parmi les locataires du sanatorium et secoua sa main en signe de salut, comme un heureux animal qui voyait à son plus grand bonheur son maitre adoré.
« Hé Miki ! » Elle sourit radieusement en voyant un jeune homme de vingt ans, il était plus grand qu'elle, un mètre quatre-vingt-cinq, un beau brun aux yeux bleus de cet institut, son problème ? Il était gravement autiste. Sa famille n'avait pas la capacité de s'occuper de lui, il n'avait pas de parents, morts tous les deux lors d'un accident de voiture, sa grand-mère unique famille, était trop âgée et sans ressource nécessaire pour s'occuper décemment de lui. Sa taille et puissance était problématique lors de tâche quotidienne, donner le bain, le nourrir, et autres activités qui parurent banales. Malgré qu'il eût physiquement l'âge d'un homme, intellectuellement, c'était un enfant de dix ans. Super actif, avec une imagination débordante, il était aussi très peureux, mais très intelligent, il avait un talent pour les mathématique et calculs les plus complexes. Une fois, il dut être attaché avec une camisole de force parce qu'il avait tenté de fuir pour jouer à cache-cache, les infirmiers ont été bien sonnés et battus par ses assauts. Jane ne se s'attendit pas à ce qu'un autiste face parti des patients, mais comme l'avait signifié son thérapeute, les malades avaient tous des problèmes d'ordre psychologique et n'étaient pas forcément fous comme pensé la société. Les hôpitaux psychiatriques avaient changé de cette image barbare du passé avec les camisoles de force, pièces cloisonnées. On traitait aussi les troubles alimentaires, les suicidaires, les schizophrènes et droguées. Bien entendu, les différentes échelles dangerosités de cas ne se rassemblaient pas en un même lieu.
Le jeune homme allait se jeter dans les bras de son amie. Il était si imposant, sa taille la recouvrit entièrement alors la détective se recula aussitôt de crainte. Malheureusement, elle n'avait pas encore surmonté sa phobie du contact physique, elle avait un long chemin à traverser. Même si le blond était inoffensif et qu'il ne lui ferait pas volontairement mal. Ce geste de rejet était simplement automatique de la part de son corps, une sorte d'autodéfense comme lui avait expressément expliqué son psychologue. Mickael s'arrêta net dans sa course, il commença à regarder avec des yeux ronds et larmoyants sa comparse, qui fut peinée de ses propres réactions, elle tenta de reprendre sa respiration alors que son cœur martelait à tout rompre contre sa cage thoracique.
« Je suis désolée bonhomme, tu sais que ce n'est pas contre toi ? Je t'aime beaucoup, c'est juste que je n'aime pas qu'on me touche… tu n'aimes pas les bains et les monstres ? Tu me comprends… n'est-ce pas ? » L'autiste se mit à renifler et à secoua positivement la tête. Elle se remémora du jour lorsqu'il s'était jeté dans ses bras, elle était tombée à la renverse. Les images de son agression étaient constantes à son esprit, ce n'était pas son ami qu'elle voyait, mais les traits de son agresseur, ricanant et la frappant encore et encore, elle avait fait une terrible crise de convulsion, le regard partit dans le blanc, la respiration entrecoupée. Cette image avait dû gravement traumatiser le blond, pourtant, il faisait toujours particulièrement attention à ses actions (qui se trouvaient souvent brutaux), et cela uniquement avec Jane. Même les médecins n'arrivaient pas à cet exploit de le calmer et de le faire obéir comme arrivait la prodigieuse Rizzoli. C'était pour cette raison qu'elle était continuellement avec lui, ou plutôt qu'il était continuellement avec elle. S'il y avait un problème avec Mikael, on faisait appel à sa grande amie et sa seule personne de confiance.
Le jeune homme s'assit sur le sol, en signe de soumission ou pour montrer qu'il n'était pas un danger ? Jane n'avait pas la moindre idée, d'une certaine façon, elle était touchée de son initiative. Elle ne l'avait pas ouvertement déclaré, mais elle aimait beaucoup les enfants. Et ce jeune homme, ce fut le véritable contact humain qu'elle avait eu avec le monde extérieur. C'était très précieux pour elle, et ça avait une réaction bénéfique, son thérapeute l'avait remarqué. C'était donc donnant-donnant.
Mettant ses doutes de côtés qui étaient en train de la ronger comme un os. Elle essuya ses mains continuellement glaciales et rigides contre le tissu fin de sa blouse, elle avança avec précaution sa main vers son visage, l'homme s'approcha et frotta affectueusement sa joue contre cette main qu'il affectionnait particulièrement.
« Tu es un très gentil garçon. Merci Miki. » C'était un surnom qu'appréciât énormément le blond, il souriait de toutes ses dents.
« J'aime Jay ! C'est mon amie ! Ma meilleure amie ! »
« Je sais, tu es aussi mon ami. »
« C'est vrai ? C'est vrai ? » Il y avait beaucoup d'espoir dans la voix.
« Oui. » Rassura la brune qui effleura avec moins d'hésitation qu'a l'accoutumé l'épaule de son ami.
« Promis ? » L'autiste montra son petit doigt, la protagoniste riait, elle utilisa son petit doigt et serra volontiers contre celui du blond. Leur interaction devenait si naturelle, leurs pathologies respectives étaient un obstacle, mais moins omniprésentes.
« Promis. » Rizzoli savait parfaitement qu'il la considérait comme une sorte de substitution à sa mère. Il s'était attaché si vite à elle alors qu'elle n'avait pas grand-chose pour attirer la moindre sympathie du jeune homme. Ce fut même le contraire, elle l'évitait comme la peste lorsqu'elle l'avait vu pour la première en session de groupe, il avait été installé à ses côtés, il était très entreprenant, il parlait continuellement, ce eut le don d'irriter la détective dont la patience était assez limitée, elle lui avait simplement rugi dessus 'd'arrêter de l'emmerder', le jeune homme était tombé de sa chaise face à l'emportement et s'était caché contre le coin d'un mur tremblant de peur.
Elle ne lui parlait pas, et changea de chemin s'ils avaient par malheur de se croiser. C'était immature et égoïste, mais Jane l'était devenue d'une certaine façon. Cependant, quand le blond avait fait une terrible crise, un autre patient l'avait poussé en le traitant de taré. Lors de sa chute, il s'était par la même occasion involontairement blessé l'œil et l'arcade sourcilière qui était devenue sanguinolente. Rizzoli s'était précipité pour venir à son secours, car les infirmiers avaient dû le maintenir au sol, le voyant ainsi lui avait brisé le cœur, elle se voyait en lui, terrorisé et impuissant face au danger. Elle avait su le calmer de ses cris, simplement en le rassurant et en le parlant doucement, elle avait pris cette initiative incroyable de le cajoler dans ses bras, de le bercer. Bien que ce fut un supplice pour ses nerfs, elle ne pensa plus à son calvaire, sa souffrance. Elle n'avait pas la moindre du pourquoi, mais elle resta toujours auprès de lui. Elle savait parfaitement que c'était une mauvaise idée, elle allait prochainement partir de ce centre, son ami aurait le cœur brisé de cette inévitable séparation. Elle s'attachait à lui, plus que nécessaire et ce n'était pas bon, ça la rendait faible dans ses résolutions.
Jane laissa volontiers son ami attraper le tissu de son vêtement. Il était debout, derrière elle, il semblait être très heureux. Ils allaient faire une activité extérieure, un petit match de ballon avec d'autres membres de leur groupe. Le duo allait se rendre à l'extérieur lorsqu'ils virent leur praticien du jour les saluer.
Un patient se mit soudainement à pousser violemment une infirmière qui s'écroula bruyamment sur le sol en apportant avec le chariot qu'elle poussait avec elle, tout éclata sur le sol. Une partie des malades furent terrorisée, ils crièrent et se replièrent sur eux-mêmes d'autres, d'autres s'éloignaient de peur et beuglèrent. Le patient fou furieux allait piétiner à coup de pied sa victime qui était sans défense et rouler en boule. Rizzoli se remémora parfaitement de cette scène, son bourreau qui la martelait de coup à lui en briser les cotes. Elle s'agrippait avec ses doigts tremblants les barreaux de la cage, mais ne parvient pas à se soutenir, elle hurla de douleur encore et encore, aucune pitié, aucun repos. Jane n'avait pas réalisé, mais ses jambes avaient agi par eux-mêmes, en se contorsionnant sur elle pour implorer une quelconque indulgence qui stupidement inutile face au monstre qu'elle faisait face.
L'héroïne s'était précipitée contre l'attaquant. L'adrénaline et la colère l'aveuglèrent entièrement comme une vague subversive. Elle plongea la tête la première, elle le plaqua violemment par la taille, le faisant chuter à terre comme le serait un joueur de football américain. Un grand 'BAM' retentit. L'homme se débâtit en donnant un percutant coup de coude dans le visage de son opposante qui se contorsionna de douleur, désarçonnée une fraction de seconde, ce fut à son entier désavantage. L'homme se retourna rapidement sur son dos et mit ses mains autour de sa gorge. Jane ne se laissa pas faire à cet étranglement bien que sa tête basculât en arrière par la force employée contre sa trachée. À cheval sur l'homme, elle lui asséna une pluie de coups de poing. Elle en perdit le compte, elle ne s'arrêta pas, elle le tourmenta tellement qu'il perdit finalement connaissance, le visage complètement ensanglanté. Cependant, elle continua ses assauts, elle le tuerait ! Elle fut éloignée de sa victime par la puissance virile de deux infirmiers qui maintenaient avec complications ses mouvements intempestifs.
« Jay ! »
« Jane ! Ça suffit ! Calme-toi ! Je sais que tu en capable maintenant ! Respire ! Concentre-toi ! » Ordonna son médecin, la nommée entendit les pleures de son ami, elle ne résista plus. Elle reprit promptement sa respiration comme elle avait appris à le faire, les yeux clos, elle entendit seulement les palpitations de son cœur clapoter dans ses pavillons auditifs, ses nerfs étaient moins troublés. Après ce moment de furie, elle ne se sentit pas en forme, un mal de tête sifflait, sa joue lui faisait un mal de chien. Ses mains étaient couvertes d'hémoglobine et de traumatismes bénins.
« Arg… putain… ça fait mal… » Elle grommela pour elle-même, elle espérait ne pas s'être déboitée ou pire, de nouveau cassée la mâchoire avec ce sale type. Toute cette adrénaline et cette souffrance fit papillonner ses paupières, pas encore…elle bredouilla avant de s'écrouler dans les abymes de l'inconscience.
Les médecins avaient dû avertir la famille de Jane de l'agression, c'était la politique de l'établissement de prévenir les membres de la famille s'il y avait eu le moindre souci, c'était pour prévenir d'un procès pour dissimulation. Et ce fut aussi pour garder une réputation respectable du lieu.
La nommée était à l'infirmerie, en un seul morceau, légèrement désorienté, il y avait eu plus peur que de mal. La brunette sur la table d'auscultation se mit à bouder, elle allait avoir une carte fidélité pour l'hôpital, combien de fois en une année… qui ne s'était pas encore totalement écoulée ? Le terme de casse-cou lui allait à la perfection, éventuellement, pour nouvelle vocation, elle devrait devenir cascadeuse professionnelle ? Cela donnerait une crise cardiaque à sa pauvre mère…qui en avait déjà assez bavé…
« Je vous donne ces antalgiques pour votre joue ainsi que vos migraines. En regardant de près votre dossier médical, j'ai préféré ne pas vous donner une dose trop forte. Prenez ces médicaments toutes les cinq heures, seulement deux comprimés pendant deux jours. Vous avez de la chance, votre mâchoire n'est pas endommagée. Mais vous aurez un immense hématome qui commence déjà à se dessiner. Ce sera douloureux, mais supportable si vous faites attention en mastiquant votre nourriture tout comme en dormant. Pour votre cou, il y a seulement une légère inflammation qui se résorberait dans les vingt-quatre heures. Vos doigts ont quelques écorchures superficielles, il faudra juste un peu de baume. On m'a parlé de votre action courageuse, vous avez secouru une aide-soignante alors que la situation aurait pu être plus dramatique. » Déclara le médecin, Rizzoli prit le nécessaire, encore plus de médicaments…
« Je n'ai pas fait grand-chose. » Pensa la brune qui inspecta les bandages à ses mains.
« Aussi, j'ai eu l'appel de la secrétaire du centre, votre mère et amie souhaiteraient vous voir. Actuellement, elles sont dans l'établissement dans la salle d'attente, mortes d'inquiétude. Nous avons dû les avertir de votre altercation avec un autre patient. Nous leur avons dit que rien de mal ne vous étiez arrivée, mais elles voulaient en être certaine, vous voir en chair et en os pour ainsi dire. Je sais que vous ne voulez pas avoir leur visite pendant les dates règlementaires, mais elles ont fait tout ce chemin pour vous voir. » La brunette se mit à serrer des dents et maugréa de douleur, elle avait malencontreusement oublié sa blessure, tant de drames se cumulaient dans sa vie…
« D'accord, j'irai les voir. » La brunette sut qu'elle n'avait guère le choix, elle se leva, elle savait où se diriger. Elle vit un infirmier l'attendre à sa sortie.
« J'aimerai d'abord passer dans ma chambre pour chercher quelque chose. Est-ce possible ? » L'homme approuva la demande. Après avoir pris ce qui lui était nécessaire, la patiente à la chevelure corbeau suivit de près son accompagnant. Il l'emmena dans une sorte de serre qui avait pour extérieur un magnifique jardin boisé. La détective vit les deux femmes de sa vie qui étaient assises autour d'une table ronde blanche en métal, elle tenta de ne pas paraitre nerveuse, cependant ce fut impossible, surtout à leur réaction à son encontre. Comme si elles voyaient un revenant…d'une certaine façon elle l'était…
« Salut. » Jane s'assit comme si de rien n'était en face du duo qui était paralysé. Probablement interloquer par l'apparence piteuse de la brune bien qu'elle força un sourire, ou la voir si dénuée d'émotions.
« Oh non…Jane... » La dite avait déjà bien en évidence un immense bleu tout le long de sa mâchoire, des marques rouges et visibles d'étranglement sur son cou, les articulations de ses doigts enflées. Elle qui voulait se montrer à son meilleur jour après tant de temps de séparation, elle était gâtée. Elle s'assit sur une chaise en face de ses deux interlocutrices qui la scrutaient dans les moindres détails. Comme si elles voulaient mémoriser à jamais l'allure de leur comparse de peur de l'oublier.
« Ce n'est rien. C'est uniquement superficiel m'a confirmé le médecin. Ça partira dans quelques jours. J'ai connu bien pire que cela. » Souffla d'un neutre la détective qui observa l'extérieur du centre.
« Angela, ne faites pas ça, si elle le dit, ça doit être vrai. » Elle se douta de la réaction disproportionnée de sa mère à cette réplique, elle n'avait pas à attendre plus longuement son jaillissement de colère.
« Ce n'est rien ? Maura tu es aveugle ou quoi ! Regarde-la ! À chaque fois qu'elle daigne qu'on la rende visite, elle est toujours blessée ! La prochaine, elle sera entre quatre planches en bois ! J'ai cru que mon bébé serait en sécurité ici ! Vous me l'aviez pourtant tous dit ! » Beugla Angela les larmes aux yeux en observant sa progéniture, pourquoi elle était toujours aussi blessée ? Qu'avait-elle fait d'impardonnable dans sa vie antérieure pour mériter un tel sort ?
« Angela. Nous en avons déjà parlé en route. Nous ne sommes pas ici pour nous disputer, mais être auprès de Jane ! Il y a eu un fâcheux accident. Nous n'allons pas en revenir là-dessus ! » Supplia Isles en essayant de retenir les ardeurs de cette mère poule, elle n'allait pas de nouveau la laisser gâcher leur rencontre avec Jane, certes, les circonstances étaient particulières. Néanmoins, elle devait se de la calmer. La légiste était aussi choquée par l'apparence de sa meilleure amie, elle n'avait que désiré qu'une chose, l'examiner dans les moindres détails pour convaincue de son bien-être. Et entendre par téléphone qu'elle avait était meurtri lors d'une bagarre avait glacé son sang.
« Un fâcheux accident ? Ma fille se faire battre par un malade, elle a des ecchymoses partout comme si elle était un sac de frappes ! Et je n'ai pas dit que j'acceptais la situation ! On m'a forcé ! »
« Je peux partir s'il le faut… ça réglera le problème. Vous pourrez vous disputer calmement sans ma présence, vu qu'elle vous importune. Vous avez constaté que j'étais en un seul morceau, donc au revoir. » Coupa glacialement Jane qui se leva de sa chaise dont elle fit grincer ses pieds sur le sol, elle ne supportait plus d'assister à cette inutile conversation dont elle était le sujet principal, mais totalement mise à l'écart.
« NON ! » En synchronisation, Maura et Angela s'étaient levées d'un bond, mettant brièvement de côté leur antérieure altercation. Cela faisait des mois, presque quatre mois qu'elles n'avaient pas vu Jane, et elles devaient attendre encore deux interminables semaines pour avoir le privilège de la revoir.
« Reste Jane, nous t'importunerons plus, je le certifie. N'est-ce pas Angela ? » Insista Isles en direction de la mère de famille qui soupira, mais acquiesçait malgré tout. La dénommée reprit sa place comme ses visiteuses.
Il y eut un mutisme environnant extraordinairement encombrant. La brunette se balança de l'avant à l'arrière avec sa chaise pour se distraire, cependant, elle fut toujours aussi anxieuse, qu'est-ce que ses interlocutrices allaient lui dire après si longue période d'absence. Elle ressentit leur regard et appréhension, c'était si logique.
« Est-ce que ça va ? » Initia Maura qui s'avança sur un terrain neutre. Jane s'arrêta de jouer à la bascule, elle se montra plus sérieuse.
« Sincèrement ? Je ne pense pas aller bien, mais mieux qu'auparavant, un peu. »
« C'est bien, comment trouves-tu le centre ? Les pensionnaires et médecins ? »
« Étonnamment, pas si mal, je m'attendais à pire, mais l'équipe médicale est très à l'écoute et bienveillante. »
« Contrairement à nous ? » Suggéra avec dédain Angela.
« Bon ça suffit Angela ! Si vous ne pouvez tenir parole alors il serait préférable que vous me laissiez seule avec Jane. Restez dans la voiture ! » La fan des red socks avait franchement envie de partir. Et ses migraines commençaient à s'amplifier. Elle dut se masser les tempes, ses paupières semblaient s'alourdirent sous leur poids.
« Arrêtez-le ! » Hurlèrent plusieurs voix qui se dirigeaient inéluctablement vers les protagonistes. Jane se retourna, la porte s'ouvrit en grand et vit apparaitre son ami qui courrait comme s'il se faisait poursuivre par le diable. Il était paniqué et observa les alentours.
« Miki ? » Le nommé haletant se mit à sourire de toutes ses dents. Il s'avérait que son fidèle compagnon l'avait cherché partout.
« JAY ! Tu es là ! » La policière se releva de sa chaise quand elle vit des infirmiers attraper fermement l'autiste, en l'agrippant ses bras pour les maintenir derrière son dos, ils le soutinrent sur le sol alors qu'il couinait et implorait l'aide de son amie. Elle se précipita aussitôt à sa rescousse.
« Laissez-le tranquille ! » Aboya folle furieuse l'ancienne enquêtrice.
« Nous ne pouvons pas ! Il est dangereux, il a mordu un infirmier et presque donné un coup de boule à un autre. Et j'ai le nez cassé ! » Comme si cela allait apitoyer la détective qui l'avait eu plusieurs fois cassé et elle avait eu pire.
« Je me porte garant pour lui, il ne ferait aucun mal. »
« Et qui êtes-vous ? »
« Je suis Jane Rizzoli. Demandez aux médecins, ils savent que je suis la seule à pouvoir surveiller Mickael Mayers. » Le blond avait les larmes aux yeux et renifla, Jane repoussa brutalement ses détracteurs, il était libre et rampa vers sa sauveuse et se cacha derrière elle, lui tenant son haut. Comme une louve qui protège son louveteau, Rizzoli le visage fermé, utilisa son corps comme barrière, elle mit son bras sur le côté. Les hommes en blancs s'observèrent et rendirent les armes quand leur collègue confirma les paroles de la patiente.
« Jay…je suis désolé…je suis méchant…vraiment méchant…je ne voulais pas faire du mal… tu me détestes… » La dite se retourna.
« Ce n'est rien, tout va bien. Tu n'es pas méchant, juste soucieux pour moi ? Je ne te détesterais jamais. Merci beaucoup. » La beauté sombre sourit tendrement à son ami. Maura et Angela furent surprise de voir la brune se comporter de la sorte, si détendue, mais surtout de la voir sourire de la sorte… comme avant… elles en avaient même les larmes aux yeux…
