On est lundiii ! :D
Je me suis faite plaisir, ici, surtout sur la 2e partie ... J'ai pas pu résister, c'est tellement marrant :p
Et Julie, la tête à claque, n'a pas finit de tête-à-claquer ! *boulet* Je sais, j'ai besoin de repos ... xD
Je vous souhaite une bonne lecture, amusez-vous bien ;)
A la semaine prochaine, les filles ! :)
°°o°° Scène IX °°o°°
4 mois plus tard …
Le Capitaine Coureau entra dans le bureau de Sheppard avec une petite appréhension –minuscule, vraiment- pour trouver son patron nonchalamment assis sur sa chaise, l'air de regarder un film plutôt que de signer des rapports ou des listes de ravitaillement.
Julie sourit malgré elle. En France, le Colonel serait étiqueté derechef « Feignasse, premier choix » et l'Américain pourrait fonder sa propre commune « Grosse-Glande-sur-Seine, ville jumelée avec Jenbranle-pahune ». Coureau dut se mordre l'intérieure de la lèvre pour ne pas éclater de rire.
Malheureusement, elle pouffa.
« On peut savoir ce qui vous fait sourire, Capitaine ? » Demanda le pilote qui voulait partager le fun de la jeune femme.
« Jenbranle-pahune ... huhu …» Ricana Julie pour elle-même, heureusement en français.
« Pardon ? » Elle vit John se redresser dans sa chaise, les coudes posés sur le bureau.
Oups … La Française se racla la gorge et raidit le dos avant de relever la tête, position totalement soldatesque et ce que Julie pensait être le plus respectueux possible pour son supérieur. Totalement l'air de rien.
« Hu … » Son cerveau passa la quatrième vitesse. « Hum, un patelin de chez nous, m'sieur. » Grand sourire innocent.
L'Américain la scruta pendant quelques minutes, méfiant. Il connaissait la jeune femme, depuis le temps, et n'était effectivement pas certain de la sincérité de celle-ci, dans le cas actuel. Il secoua la tête en souriant et décida de laisser tomber pour cette fois. Quelle que soit la vanne, elle ne devait pas voler bien haut, de toute façon. Il ne ratait sans doute rien.
Oooh que c'était de mauvaise foi, de sa part. Mmh, peu importait. Haussant les épaules, il se réinstalla confortablement à son bureau et désigna de la main une chaise vide en face de lui.
« Repos, Capitaine. Asseyez-vous. »
Le sourire avait finalement disparu pour laisser place à une expression perplexe sur le visage de la jeune métisse. Celle-ci ne fit aucun commentaire et fit ce qui lui était demandé.
« Un souci, mon Colonel ? »
L'intéressé sourit, énigmatique, et tendit une feuille de papier au Capitaine qui en prit possession dans l'intention de lire le document et …
« Hu … C'est de l'allemand, m'sieur … » Envoya-t-elle à un Colonel qui lui offrit une grimace en excuse.
« Je sais, j'aurais dû demander à le faire traduire par Elizabeth (1) quand elle m'a expliqué ce qu'il en était. Désolé, c'est ma faute. »
Julie haussa les sourcils, demandant plus d'informations. La jeune femme était complètement larguée. Et John sourit une fois de plus.
« C'est un document officiel du Bundestag, rien que ça, qui nous informe que Thomas Heinrich a vu son dossier d'état civil modifié et son job initial dans l'armée maintenu dans la Bundeswehr. »
Coureau sentit un sourire s'élargir sur ses lèvres, elle aurait dû prévoir un Labello pour la journée.
« Il a également terminé sa formation avec nous. Et je réfléchis encore quant à son poste ici. » Sheppard haussa un sourcil. « Membre actif d'une équipe d'exploration ou chef d'équipe d'exploration ? Il est très prometteur et je trouve qu'il s'adapte facilement. »
« Chouette … » Les prunelles de Julie brillaient d'excitation.
« Cependant … »
Le sourire de la jeune métisse se fana légèrement.
« C'est marrant, j'aime pas ce mot. »
John l'ignora et recommença.
« Heinrich devient donc un citoyen à part entière de la Terre et de l'Allemagne de notre époque mais une condition a été posée par son Etat-Major … » L'Américain se racla la gorge, semblant chercher ses mots. « Ses états de services dans l'armée à son époque n'ayant aucune valeur pour la nôtre -enfin, je dirais plutôt pour la leur, personnellement … »
Elle vit le Yankee hausser un sourcil suggestif, comme s'il pensait que le raisonnement servi était subjectif. Coureau ne se rendit pas compte que sa jambe droite remuait nerveusement mais Sheppard s'en aperçût et abrégea.
« Bref, il a été décidé qu'il soit rétrogradé s'il veut reprendre sa carrière dans Pégase sous les couleurs allemandes et atlantes. »
Julie fronça les sourcils et son regard se perdit sur la surface du bureau de son supérieur.
« Rétrogradé … » Elle leva un regard de totale incompréhension vers son patron qui grimaça.
« Je dois vous avouer qu'avec le SGC, nous avons dû accepter cette seule condition. » John se mordit la lèvre et s'empressa de se justifier. « Autrement, Heinrich aurait été renvoyé à la vie civile par son gouvernement … Autant dire, au chômage. Et puis Atlantis lui serait passée sous le nez. Je suis navré, Capitaine. »
La jeune métisse hocha la tête de manière absente, elle comprenait bien les raisons qui lui paraissaient injustes, certes, mais il était vrai que Thomas n'avait pas servi du tout dans leur armée actuelle. Il était donc illogique pour eux qu'il ait un poste aussi élevé dans leurs lignes. Yep, malheureusement, cela se tenait.
Elle ferma les yeux et soupira de dépit.
« Quel rang ? »
« Lieutenant. » Répondit platement l'Américain.
« Hu ? » Coureau écarquilla les yeux. « C'est abusé ! »
« Je trouve, personnellement, qu'ils ont été plutôt gentils, Capitaine. Ils ne se sont pas vraiment foutus de nous. Ils auraient pu être plus vaches et le redescendre à Caporal ou pire, Deuxième-classe. Ça s'est déjà vu. »
« Vous parlez en connaissance de cause ? »
Sheppard ne le prit pas mal et la question sembla plutôt le faire rire.
« Non, heureusement … Ni moi, ni qui que ce soit que je connaisse. »
Julie hocha la tête, déjà ailleurs. Elle trouvait cela tout de même injuste, sans doute laissait-elle ses sentiments personnels interférer dans son jugement d'officier. Elle avait beau se faire une raison et réfléchir en professionnelle, elle ne pouvait s'empêcher de se sentir dégoûtée pour son compagnon.
Elle poussa un grognement de mépris.
« Quelle bande de sale schleus quand même ! »
« Capitaine. » La reprit sèchement John.
« Désolée, m'sieur. »
« Vous sortez avec l'un d'eux, je vous rappelle. » Se sentit obligé de signaler l'Américain.
« Oui, mon Colonel. Excusez-moi. »
Coureau grimaça, penaude. Puis, soudain, elle reporta prudemment son attention sur son patron qui l'observait maintenant d'un œil circonspect. Plusieurs minutes passèrent pendant lesquelles Julie plissait les yeux, semblant tenter de déterminer quelque chose en particulier.
Sous cette examen approfondit, John remua nerveusement sur sa chaise avant de se passer discrètement deux doigts sur le visage, vérifiant qu'il n'avait rien de collé sur une joue ou sur le front.
« Hum … Coureau ? » La jeune femme, visiblement plongée dans une intense réflexion qui le concernait, resta silencieuse.
Elle semblait toujours chercher une réponse quelconque sur les traits de l'Américain, l'air expectatif. Cela devenait franchement angoissant. Et agaçant, également. Ce fut là qu'une peur panique s'installa et John eut une affreuse suspicion. Sa subordonnée n'était pas sensée le contempler de cette façon, c'était totalement … loufoque.
Il se racla la gorge, soudainement embarrassé.
« Hu, Capitaine … Heinrich et vous, c'est toujours … ? »
Justement à cet instant, Julie sembla revenir à elle. Elle cligna des yeux plusieurs fois.
« Mmh … Hein ? Hu, ouais. Pas de soucis … Hum, justement, à propos de ça … » La jeune Française sembla hésiter, mal à l'aise.
Froncement de sourcils chez le pilote qui lui enjoignit de poursuivre d'un geste de la main, il était désormais curieux.
« Ouais, donc, hu … »
Coureau s'interrompit, cherchant ses mots, et se grata la nuque. Puis le front. Puis la joue. Ensuite, le nez et le bras. Puis …
« Coureau, crachez votre morceau, bon sang. Vous savez bien que je ne mords pas. »
Un rire nerveux et la Française lâcha finalement deux seuls mots en grimaçant.
« Non-Fraternisation ? »
C'était donc cela. La jeune métisse craignait qu'ils soient sanctionnés maintenant qu'Heinrich avait été remis dans « la course ». John se passa une main dans les cheveux et se renfonça dans sa chaise, croisant les bras. Il était vrai qu'il n'avait pas vraiment réfléchi à cette question, pour être honnête.
Il soupira … Que c'était compliqué. Effectivement, en tant qu'officier à la tête du département militaire, il était logiquement sensé reporter ses deux subordonnés. Mais depuis quand respectait-il toutes les règles ? Surtout celle-ci. C'était Atlantis et de son point de vue, les choses étaient différentes dans une autre galaxie … dans le cas présent, le règlement.
Il se redressa, ce n'était pas la première fois qu'il fermait les yeux et même sur Terre, cela lui était déjà arrivé. Hormis lorsque la fraternisation était forcée par l'une des deux parties, là, John ne se gênait pas pour l'ouvrir en grand.
Mais ce n'était heureusement pas ce problème qui était impliqué, aujourd'hui.
« Okay … Personnellement, ça ne me dit rien de m'occuper de ça. On n'est pas sur Terre, Coureau, on vit trop de choses ici pour que je m'occupe de ce genre de problèmes. Je n'ai pas que ça à faire. Vos états-majors respectifs ne sont pas obligés de savoir que vous êtes ensembles si je ne leur dit rien. En ce qui concerne Caldwell … » Il sembla réfléchir quelques secondes. « Si je peux vous donner un conseil, ne montrez rien de flagrant quand le Dédale est ici, c'est tout. »
« Hu … ouais. » Julie opina du chef puis haussa un sourcil. « Vous vous en foutez, vous ? »
John ouvrit la bouche pour répondre mais la referma en soupirant, il était à deux doigts de l'exaspération. Tapotant des doigts sur son bureau, il se mordit la lèvre et reprit d'une voix qu'il espérait calme.
« Capitaine, je viens de vous expliquer que … Je-n'ai-pas-que-ça-à-faire. » Débita-t-il, lentement, comme s'adressant à une attardée. « Donc, oui, je m'en contrefous, si vous préférez le voir comme ça. »
Il vit un faible sourire se former sur les lèvres de sa subordonnée mais il décelait toujours une certaine hésitation.
« Écoutez, Coureau, ce n'est absolument pas la première fois que je ferme les yeux sur ce genre … d'affaires. Ce qu'ils se passent entre mes hommes, ça me passe par-dessus la jambe du moment qu'ils font leurs jobs, compris ? »
John vit que ses mots pénétraient le cerveau du Capitaine et il poursuivit. Histoire d'être certain qu'elle comprenne pour de bon et qu'il n'entende plus jamais parler de ce sujet, en tout cas venant d'elle.
« L'an dernier, j'ai eu une Marines et un SEAL qui ont décidé de faire discrètement quartiers communs … Pas plus tard que la semaine dernière, deux autres s'amusaient dans la salle d'entrainement, malheureusement je suis arrivé en pleine séance mais là n'est pas la question et je préfère ne pas en parler, merci. » Il frissonna et vit Julie pouffer, goguenarde.
Il l'ignora complètement et conclut.
« Ce qu'ils font de leurs vies privées, c'est leurs affaires. Tout ce que je demande, c'est que ça ne crée pas de problème sur le terrain, auquel cas je ne fais pas de cadeau. Donc, rien à craindre de mon côté, pigé ? »
Sheppard haussa un sourcil dans l'attente d'une réaction de la jeune métisse qui enregistrait petit à petit l'implication de ses paroles. Elle finit par hocher la tête avec un vrai sourire, elle semblait soulagée. Et l'Américain aussi l'était, il avait eu peur que la discussion ne lui prenne toute son après-midi, connaissait l'énergumène en face de lui.
« Cool … » Fit-elle finalement. Puis une minute passa et … « C'était qui ? »
Cette fois, le Colonel fronça les sourcils.
« On a terminé, Capitaine. Vous pouvez disposer. »
« La semaine dernière, c'était qui ? » Insista lourdement la Française.
« Capitaine. » Avertit John.
L'Américain soupira bruyamment, il aurait dû se douter que le Capitaine Ragot aurait radicalement changé la tournure de cette conversation. Il se morigéna. Quelle idée avait-il eu de raconter cette anecdote à Julie Coureau, entre tous ? Non mais quel idiot …
« Allez, mon Colonel … » Poussa Julie d'une voix suave en souriant, l'air comploteur. « Vous avez vu quoi, exactement ? »
Un nouveau soupir d'exaspération et il pointa la sortie du doigt.
« Dehors. »
La jeune femme se leva finalement en boudant.
« Z'êtes pas drôle, m'sieur. »
« Bonne journée, Capitaine. »
Atterré, le Colonel secoua la tête, ouvrit mentalement la porte et Atlantis laissa la Française sortir du bureau de son protégé. John souffla de soulagement en voyant la jeune femme disparaitre dans le hall, avant de reprendre un rapport qu'il avait interrompu pour s'entretenir avec sa subordonnée …
… qu'il entendit lui lancer depuis le couloir :
« M'en fous, je l'saurai, t'façon ! »
O
Une semaines plus tard …
« Alors ? »
Le Colonel Sheppard soupira lourdement en levant les yeux au ciel, exaspéré. Il se tenait sur le balcon de la salle d'embarquement, surplombant la porte des étoiles, aux côtés d'une Capitaine Coureau qui sautillait légèrement sur la pointe des pieds, trépignant comme une enfant de six ans ... le tout en tenant une vraie petite fille dans ses bras.
D'ailleurs, en y regardant de plus près, Nola semblait s'être endormie, pas le moins du monde consciente de l'absence de son père. Il ne manquerait plus que cela, déjà qu'il fallait qu'il se farcisse la mère … John poussa un nouveau soupir.
Ils attendaient le retour de l'équipe avec laquelle Thomas Heinrich procédait à sa première mission off-world. C'était une planète déjà visitée par Sga-1, équipe de premier contact, donc Sga-5 y avait été renvoyé pour une simple mission diplomatique … Franchement rien de compliqué.
Seulement voilà, Julie Coureau ne pouvait s'empêcher d'angoisser comme si son compagnon avait été envoyé sur une mission commando dans un vaisseau Ruche et ne cessait de demander des nouvelles de l'expédition …
Et ce, depuis le dernier contact de l'équipe sortie. Autant dire, il y avait exactement trente minutes. John n'en pouvait plus.
« Ils arrivent quand, là ? »
« Pour la énième fois, Coureau, laissez-leur le temps d'arriver … Le Docteur Ingram et le Lieutenant Heinrich étaient encore en entretien avec le gouverneur Eli quand le Capitaine Swanson nous a contacté à la porte. Et aussi pour la énième fois : il y a 1 heure de marche entre le village et cette foutue porte ! »
Après sa conclusion, l'Américain reprit son souffle avec une grande inspiration, tentant de se calmer. La jeune femme lui portait étrangement sur les nerfs, ces derniers temps … Quoi qu'à bien y réfléchir, cela ne datait pas vraiment d'hier. Mais aujourd'hui était particulier.
« Je trouve juste ça bizarre … C'est long, quand même. »
« Une demi-heure, Capitaine. Swanson nous a contacté pour nous signaler leur retour il y a une demi-heure ! Vous avez fini, maintenant ? »
Il haussa un sourcil et de gros yeux en direction de la jeune métisse, pensant faire peur, mais celle-ci ne fit qu'hausser les épaules.
« Je dis juste, c'est chelou … J'ai pas l'impression que ça fait une demi-heure, perso. »
Nouveau soupir d'exaspération. Seulement deux minutes de silence passèrent et John prit le temps de les savourer.
« Y a eu un problème et vous voulez pas me dire, je l'sens ... En plus, sur le chemin du retour, ils sont pas à l'abri d'une visite des Wraiths … Sérieux. »
« Coureau, par pitié, la ferme. »
« Vous voulez pas me dire si cette planète a souvent des récoltes ? Oui ou non ? » Elle ne laissa pas une seconde à John pour répliquer. « Vous répondez pas … Ça veut dire oui. Putain, je m'en doutais ! Et vous, vous l'envoyez là-bas ! Dans un supermarché pour Wraiths, en vrai ! »
Julie pointa un doigt accusateur sur le torse du Colonel qui la jaugea, stoïque. La Française pouvait croire tout ce qu'elle voulait, si elle voulait passer le temps de cette façon. Sheppard lui avait tout expliqué, l'avait rassurée … Mais rien à y faire. Il décida donc d'abandonner.
« Merde. Là. » Répondit platement le pilote qui baissait les bras.
Il vit la jeune femme serrer les lèvres et sa mâchoire se contracter, même ses tresses semblaient prendre vie. Il ne manquerait plus qu'un grognement et il avait la petite sœur de Ronon en face de lui … John fronça les sourcils, songeur.
« Vous avez demandé à ces gens, au moins, si les Wraiths leur font des visites régulières, hein ? »
Le Colonel qui, admettons-le, en avait vraiment ras la casquette, lâcha son dix-huitième soupir et préféra ne pas répondre.
« Sauf votre respect, monsieur … Dites-moi ou je confirme la rumeur. » A cet instant, Julie eut toute l'attention de John. « Y a des débiles profonds qui racontent que le Doc' et Keller, c'est finit à cause de vous … »
L'Américain plissa les yeux … Rodney lui en aurait parlé si son histoire avec Jennifer s'était terminée. Ce qui était totalement improbable pour John puisque son meilleur ami et le médecin étaient comme cul et chemise. D'ailleurs, la doctoresse avait quitté le Dédale pour s'installer définitivement sur la cité et travailler avec Carson. Depuis, c'était une petite fête pour le scientifique.
Yep, inséparables. Cela n'avait aucun sens ... Ce qui voulait dire que la Française se fichait de lui.
« Qui a dit que c'était finit ? » Demanda-t-il, tout de même … Peut-être ce fâcheux évènement était-il tout récent.
« Mais c'est pas finit. C'est qu'une rumeur bidon … » John fronça les sourcils. « C'est pas le plus important … Je disais donc que 3 ou 4 pignoufs racontent que vous en seriez la cause. Que vous auriez été jaloux. » Rajouta Julie, goguenarde.
« Que … »
Aussi mignonne et intelligente soit-elle, Jennifer ne l'avait jamais intéressé de cette façon. Définitivement aucun sens.
« Du Docteur Keller. » Précisa vicieusement Julie.
Kikekoi ?
« Donc, hu … Je fais quoi ? Je confirme ou pas ? » Interrogea nonchalamment le Capitaine.
Sheppard s'approcha lentement de la jeune mère, le regard dangereux.
« Coureau, je vous jure que … »
« Mmh ? J'ai un bébé sans défense dans les bras, mon Colonel, sans oublier aucun scrupule à raconter une magnifique et tragique histoire d'amûûûûre entre un militaire et son scientifique adoré … Rajoutez sur mon CV une très bonne connaissance de Photoshop. »
Le Colonel écarquilla les yeux … Elle en serait bien capable, cette espèce de folle. Il ferma les yeux, prit une profonde inspiration et fit un effort pour se reprendre. Puis, il envoya le sourire le plus aimable qu'il ait pu trouver dans son stock à la sociopathe qui lui faisait face.
« Vous n'allez pas nous faire ça ? Allons, vous adorez McKay, vous êtes une de ses pire groupies. Et moi, je suis le meilleur officier pour lequel vous avez travaillé, c'est vous-même qui l'avez dit … Et puis, la Doc', pensez-y, vous lui feriez beaucoup de mal. Sérieusement, Capitaine. » Raisonna le pilote.
« Thomas. » Émit la Française en resserrant sa prise autour de sa fille, voulant croiser les bras, bornée.
John se mordit la lèvre et craqua. La jeune métisse avait de très bonnes techniques de torture, il pouvait lui accorder cette compétence.
« Très bien. Je n'en sais rien ! Je n'ai pas demandé aux Endalériens s'ils avaient des récoltes fréquentes ! Je n'ai pas pensé à me renseigner … Satisfaite ? »
Sa subordonnée l'observait maintenant comme si elle était sur le poing de l'étrangler … Elle ne manquait pas de culot ! L'Américain soutint son regard alors qu'elle reprenait la parole.
« Okay. Thomas a été dehors tout l'après-midi, tranquille, pour une mission diplomatique, pépère … » Elle inspira profondément. « ... dans un bled peut-être habitué aux récoltes Wraiths ! »
« Ça va, Capitaine. Pas la peine de paniquer. Vous vous faites sans doute du souci pour rien … Nous n'avons eu aucun problème quand nous avons exploré cette planète. »
Le cinéma de Coureau avait réveillé sa fille qui s'était mise à pleurer et Sheppard eut une soudaine envie de se pendre … Peut-être à la rambarde du balcon, pourquoi pas, elles étaient solides ces barres.
Il allait tout de même devoir repenser la disposition des équipes d'explorations et leur plan de sorties. Il devrait probablement s'arranger pour qu'Sga-9 soit dehors en même temps qu'Sga-5 … Si chaque mission d'Heinrich se passait dans ces conditions, l'Américain allait finir par faire une dépression nerveuse … Ou tordre le cou de sa subordonnée. Au choix.
Il eut un moment de répit pendant que le monstre tentait de calmer son bébé. Les joues, à l'origine couleur café au lait, de Nola étaient devenues toutes rouges et arboraient de longs ruissellements de larmes, sans parler de ses cris. La petite fille semblait furieuse d'avoir été arrachée à son paisible sommeil. Merci maman, pensa vilement John.
Le destin parut avoir pitié du soldat et l'alarme s'enclencha alors qu'un vortex s'activait. Ouf, le papa rentrait … La petite fille sembla s'être calmée, surprise par l'activité de la porte, et devint brusquement silencieuse. Effectivement, Nola fixait la flaque lumineuse avec de grands yeux verts émerveillés. Et pour la première fois depuis plus d'une heure, John sourit, attendri.
Il ne remarqua pas l'équipe sortir du vortex. Il fut sorti de sa rêverie lorsqu'il se rendit compte que le visage du bébé s'était étrangement rapproché. Il haussa un sourcil.
« Tenez-là moi, je reviens. »
Il n'eut pas le temps de répondre que Julie lui colla la petite Nola dans les bras pour dévaler les escaliers à toute vitesse et rejoindre le père. Il envoya un sourire navré à la petite fille qui le fixait, curieuse.
« Je lui avais dit qu'il n'y avait rien à craindre … Ta mère est une angoissée pathologique. » Il leva la tête et haussa un sourcil dans le vide, songeur, puis reporta son attention sur le bébé. « Franchement, tu me vois avec McKay ? Grotesque … flippant, même. Je suis certain que c'était des salades, ces histoires de rumeur ... Je me suis fait avoir, en fait, hu ? » Un gazouillis de Nola lui répondit. « Toi aussi, tu trouves ? » Nouveau gazouillis. « Bah, oui, je n'arrête pas de le répéter. »
Un autre son indéfinissable de la petite et John rit, continuant de faire comme s'il entretenait une conversation avec le nourrisson.
« Non, mais c'est ta mère, ça … Qu'est-ce que tu veux, tu ne la changeras pas. » Un borborygme intraduisible, cette fois, lui répondit. « Hey, oui. Exactement ce que je disais, t'as tout compris. »
Il sourit au bébé qui gigotait dans ses bras et jeta un œil à l'équipe qui remontait les escaliers pour le débriefing avec Elizabeth, apercevant Coureau gesticuler aux côtés de Thomas qui, visiblement, ne parvenait pas à en placer une. John reposa les yeux sur Nola qu'il recala plus confortablement contre lui.
« En tout cas, je suis ravi qu'on ait pu parler. »
Se retournant, Sheppard ne put s'empêcher de pouffer puérilement en voyant Julie devant la porte de la salle de briefing. Elle ne faisait pas partie d'Sga-5, ne pouvait pas assister au débriefing et devait donc poireauter dehors. La jeune métisse capta son regard moqueur et elle tira la langue avant de le rejoindre pour récupérer sa fille.
« Franchement, je vois pas ce qu'il y a de drôle … » Grommela-t-elle.
Il entendit un son émit par Nola … qui riait. Avec un clin d'œil complice, le pilote lui envoya un regard entendu.
OoO
(1) La madame est Diplomate donc polyglotte. J'imagine qu'elle ne doit pas être trop pourrie dans la langue de Goethe, n'est-ce pas ?
