Titre : Tread Softly.
Auteur : Dius Corvus.
Traductrice : Eliane.
Disclaimer: Rien à moi, ni les personnages, ni l'histoire. A peine la traduction.
Avertissement : Cette histoire traite de relations homosexuelles, donc pour ceux que ça dérange… De plus, le rating est amplement mérité, et les situations sont parfois très dures.
Note : Hum. Je crois qu'après un an de retard il n'y a plus grand chose à dire. J'ai vraiment très peu de temps pour moi avec des concours dans moins de deux mois, mais j'essaierai de faire mon possible pour les prochains chapitres, malheureusement ils sont tous très longs et me prennent beaucoup de temps à traduire.
Merci à tous ceux qui continuent de lire et de m'encourager,
Eliane.
Chapitre 9
«… cet objet des ténèbres, je l'accepte comme mien. » La Tempête, Shakespeare.
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« Jonathan ! Non ! »
Harry reporta son attention sur Lily, le visage dépouillé de toute émotion.
« C'est trop tard maintenant, » dit Potter d'une voix égale, avant qu'Harry ne puisse dire quoi que ce soit. « C'est un accord magique. Si l'un de nous ne se montre pas, les conditions de l'autre prendront effet automatiquement. Il n'y a pas d'issue. »
« Je le dirai à Mc Gonagall, » le menaça Lily.
Potter haussa les épaules, ne la regardant toujours pas. « Même si nous étions expulsés, nous devrions toujours le faire. C'est un accord magique. »
« Vous ne pouvez pas !» cria Lily. « C'est idiot, c'est dangereux, vous – »
« Qu'est-ce que tu ne comprends pas dans accord magique, Evans ? » l'interrompit Severus, aussi soyeux que de la soie. Lily s'arrêta immédiatement. Harry jeta un coup d'œil aux deux d'entre eux, se souvenant de ce que Lily lui avait dit la nuit précédente. Ils ont été amis, songea Harry, alors qu'il observait Snape esquisser un rictus.
« Je ne peux pas y croire ! » s'étrangla Lily avant de s'enfuir. Potter se tourna pour la regarder s'en aller, tordant son cou si rapidement qu'Harry pensa qu'il avait failli se faire le coup du lapin à lui-même.
« Manque de sommeil » dit Harry à voix haute alors que Lily se glissait dans son siège, des larmes lui coulant des yeux tandis qu'une bande de Gryffondors regardait la scène avec consternation.
« Où et quand ? » coupa Potter, la mâchoire serrée, se remettant à fixer Harry.
Harry lui rendit son regard calmement. « Que choisirais-tu ? »
Potter échangea un regard avec Black. Ils semblèrent parvenir à un accord silencieux, parce que les deux Maraudeurs hochèrent la tête légèrement.
« Hey, » commença à dire Pettigrew, « pourquoi pas la Salle des Trophées – personne n'y va et c'est un terrain neutre – »
« Peter ! » aboya Black. « Ferme-la. »
Le rat referma sa bouche avec un lourd click.
« Salle des Trophées à minuit ? » demanda Potter froidement.
Harry se tourna vers Severus. Les yeux noirs brillants rencontrèrent les siens et Harry sentit son cœur manquer un battement. « La salle des Trophées à minuit » confirma Harry lorsque Severus inclina légèrement la tête.
« Et les conditions,» dit Potter. Harry arracha son regard de Severus ; son cœur battait vite. Les yeux du Gryffondor brillèrent un instant. « Etant celui qui défit, je nomme mes conditions : si tu perds, tu ne parleras plus jamais à Lily Evans pendant un an et une journée. »
Harry renifla. « D'accord. » Harry sentit une légère altération de magie, comme un nuage se formant au-dessus de sa tête. « En tant que défié, je nomme mes conditions. » Il s'arrêta, pesant les différentes options. Il regarda automatiquement en direction de Severus, mais le visage de l'autre Serpentard était indéchiffrable. Il s'attarda encore une seconde, essayant de mesurer ne serait-ce qu'une pensée, une émotion dans ces yeux insondables. « Je nommerai mes conditions juste avant le duel, » émit finalement Harry.
« Tu n'as pas le droit de faire ça ! » protesta Black.
« Ah non ? » le défia Harry en haussant un sourcil. « Les conditions doivent être nommées avant le duel et c'est la seule limite qu'il y ait. » Je crois. Il ne savait même pas que des conditions étaient requises, il avait pensé que seul l'honneur était en jeu.
Black fronça les sourcils avec colère et chercha quelque chose à répliquer. « Très bien » finit-il par sortir. « Minuit dans la salle des Trophées, et tu nommeras tes stupides conditions d'abord. »
Harry acquiesça. « D'accord. »
Le visage de Black se brisa en un sourire vorace. « Prépare-toi à ce qu'on botte ton cul de Serpentard. »
Harry sourit finement. « Nous verrons, » dit-il avant que Severus ne puisse intervenir. « Ce soir. Salle des Trophées. » Il reporta son attention sur son petit déjeuner, congédiant les Gryffondors et espérant qu'ils partiraient. Heureusement ils le firent.
« Donc, » dit Severus sèchement.
Harry posa sa fourchette. Soudainement il n'avait plus vraiment faim. « Donc, » répliqua-t-il. Son esprit chercha des choses à dire. Après un moment de silence il continua. « Tu me parles à nouveau. »
« Bien sûr que oui », aboya Snape.
« Pourquoi ne le faisais-tu plus ? » interrompit Harry, faisant un effort pour garder sa voix calme et sans émotion. Il relâcha sa fourchette infortunée de sa poigne. « Ca faisait un moment que tu m'ignorais. »
« Ce n'est pas important, » dit Severus, se mettant soudainement en colère. « Ce qui importe c'est que tu gagnes contre Potter !»
Harry renifla. « Il n'y a aucune chance que je perde, » répliqua-t-il froidement. C'est bon d'être arrogant, pensa-t-il. Cela le ravissait. Il n'avait pas eu les moyens d'être arrogant avant ; il avait du montrer le masque du sauveur confiant et attentionné, du bon Gryffondor – mais il n'était pas Harry Potter ici, il était Jonathan Frost, il –
- était Voldemort. Voldemort, l'arrogance personnifiée. Harry sentit son estomac se nouer.
« Ne sois pas idiot, » murmura Severus, tirant Harry hors de sa rêverie. « Nous sommes peut-être à armes égales dans un duel mais Potter a plusieurs cartes dans sa manche. »
« Tu t'es déjà battu contre lui en duel ? » demanda Harry poliment. Une partie de lui se crispa sous ce changement soudain – un instant il était aussi hautain qu'un sang pur, et l'instant d'après aussi servile qu'un elfe de maison.
« Oui, » dit Severus en hésitant. « L'année dernière. Je ne pense pas que ses tactiques auront beaucoup changé. J'ai fait une compilation de – d'une analyse des méthodes et des techniques de duel de Potter. »
Harry étudia Severus du coin de l'œil : après ces derniers mots, l'autre Serpentard s'était retiré sous sa carapace de silence et d'absence d'émotions. Pourquoi ? se demanda Harry, il fut pris de la soudaine peur que Severus ne reprenne son attitude froide et distante – mais ensuite, quelques instants après, il en comprit la raison. Il est mal à l'aise, se rendit-il compte. Il veut me cacher quelque chose – qu'il a perdu le duel, ça doit être ça. Alors il fait semblant d'être froid et indifférent.
Soudainement, Harry sentit une chaleur se précipiter à travers son corps et il baissa le regard sur son assiette, se sentant terriblement conscient de l'homme qui était à côté de lui et saisi par le besoin de toucher. Le sentiment le heurta comme un éclair et le laissa presque le souffle coupé de désir.
Il serra les poings. Tu succombes aux désirs de Voldemort pensa-t-il en enfonçant ses ongles dans sa paume. Tu ne dois pas le laisser gagner – tu ne peux pas ! Les vagues de désir refluèrent et il fut assez conscient pour se rendre compte que Severus attendait une réponse.
« Je suppose, » dit-il de façon neutre.
« Nous avons Potions, puis le déjeuner. Je peux te montrer l'analyse et le diagramme au déjeuner, dans mon dortoir. »
« Ton dortoir, » dit Harry, se sentant à nouveau étrange.
Severus hocha la tête. « Oui, » répondit-il avec précaution. « Enfin. Nous allons être en retard pour le cours de Camentum. On a pratique aujourd'hui. Dépêche-toi, ça fait cinq minutes que tu t'acharnes sur cette saucisse. »
C'est la première fois qu'il me presse comme ça pour aller en cours, songea Harry, il se demanda ce que ça voulait dire, et se demanda si ça voulait vraiment dire quelque chose.
La pratique de Potions était assez simple pour qu'Harry puisse flotter au travers tout en observant Severus. Severus, bien sûr, termina en premier, et le Professeur Camentum fit une remarque comme quoi c'était parfait – comme toujours. Severus avait levé son menton en entendant ça, ressemblant à un féroce petit faucon, et Harry ressentit une étrange poussée de fierté.
Dommage que Malfoy ne soit pas apte à rivaliser songea Harry alors que le chaudron du blond frémissait et faisait jaillir des bulles violettes et nocives. Harry mit rapidement sa concoction en bouteille et l'amena à Camentum.
Il ralentit cependant lorsqu'il s'aperçut que Lestrange se dirigeait vers le bureau de Camentum, arrivant de peu avant Harry.
« Parfait Lestrange, » dit Camentum. Le professeur de Potions avait l'air fatigué tandis qu'il tapota sa baguette et qu'un O apparut sur le parchemin devant lui, au nom de « Lestrange, Terrance, Orion, Ophiuchus. »
Lestrange se retourna pour partir mais adressa un petit sourire à Harry. Ses yeux brillaient. « Bonne chance Frost, » dit-il si bas que seul Harry put l'entendre.
« Merci, » répliqua Harry froidement et il se dirigea rapidement vers le bureau de Camentum avant que Lestrange n'ait eu le temps d'ajouter quoi que ce soit.
Camentum jeta un bref coup d'œil à l'échantillon d'Harry. « Parfait Frost, » bourdonna le professeur.
Harry se rassit sur son siège et jeta un coup d'œil à l'heure. Il avait fini relativement tôt, il y avait encore environ quinze minutes de cours et il n'avait pas apporté de livre à lire et il n'avait pas de devoirs. Je n'ai en fait rien à faire, pensa Harry sèchement. Ca ne m'est pas arrivé depuis… un certain nombre d'années.
Il se demanda si le professeur serait irrité par le fait qu'il profite de ces dix minutes pour dormir, avant de décider que Camentum ne le remarquerait probablement même pas. Mais alors qu'il posait sa tête sur la table, fronçant le nez devant l'odeur rémanente d'intestins de salamandre et les cerveaux de triton, les pensées qui lui venaient à l'esprit étaient des souvenirs – son passé en tant que Voldemort – la soumission des pouvoirs sauvages à son commandement – et Severus –
Il soupira et ferma les yeux, essayant de tout occulter. Il était fatigué. Il avait besoin de sommeil.
Tu ne peux pas te contenter de repousser les choses au fond de ton esprit, pensa-t-il avec colère, un instant après. Tu ne peux pas te contenter de les oublier. Elles ne se résoudront pas toutes seules. Il se frotta les yeux. Qu'allait-il faire alors ? Severus me parle enfin, songea-t-il. Cette pensée illumina quelque peu son humeur et il lança un regard attendri dans la direction de l'autre Serpentard. Severus semblait plongé dans un périodique de Potions, fronçant légèrement les sourcils alors qu'il examinait quelque chose, touchant ses lèvres de ses doigts fins.
Harry déglutit. Nous pouvons peut-être nous remettre à travailler sur la potion sans sommeil, pensa-t-il. Et ça n'a pas d'importance de savoir pourquoi il m'a ignoré pendant tant de temps. Il me parle à nouveau et c'est tout ce qui compte…
Il s'arrêta et regarda rapidement de l'autre côté, passant une main à travers ses cheveux. Qu'est-ce qui n'allait pas chez lui ? Dès qu'il n'y prenait pas garde, son esprit glissait à nouveau vers des pensées libidineuses à propos de Snape, des pensées teintées de Voldemort !
IGNORE-le ! s'intima Harry. Severus n'était pas important. C'était cette situation – lui, coincé vingt ans en arrière, qui l'était. Il devait retourner là-bas. Il devait rouvrir le Nid (son estomac se contracta et il se demanda brièvement s'il ne valait pas mieux tourner le miroir vers le mur) et trouver un moyen de voyager dans le temps. Il serait peut-être aussi bon de découvrir quel était le sort qu'avait utilisé Voldemort pour soumettre les pouvoirs Sauvages à sa volonté…
Oui c'est ce que je vais faire, pensa-t-il, et il posa sa tête contre ses bras croisés. Il fixa Severus, sentant ses lèvres s'étirer en un sourire alors que l'autre Serpentard tournait une page et scrutait un passage ou un diagramme, ou…
Harry enfouit son visage dans ses bras et grogna. Ca ne va pas recommencer…
Il décida finalement de mettre au propre les notes qu'il avait prises durant le dernier rituel avec Lily – il la verrait durant leur prochain cours, en Métamorphoses. Il sortit le parchemin qu'il avait commencé plus tôt et se demanda ce qu'il devait écrire.
Que les pouvoirs sauvages sont entrés en elle et qu'ils l'ont forcée à me reconnaître comme leur Maître ? Est-ce qu'elle sait seulement que les pouvoirs Sauvages sont entrés en elle ? Lorsqu'il ne resta plus qu'une minute de cours il gribouilla quelque chose sur le fait qu'elle semblerait avoir été prise « par un pouvoir exhalant de la nature. »
Le cours prit fin peu de temps après. Harry fourra ses notes dans son sac de classe et se retrouva face à Severus alors qu'ils sortaient de la salle.
« J'ai remarqué que tu avais eu la meilleure note toi aussi, » dit Severus immédiatement. « Bon travail. »
Harry réprima une envie de sourire. « Merci. Je suis sûr que ça n'a rien de nouveau pour toi – Monsieur Parfait - Comme – Toujours. »
Severus, en fait, rougit, des tâches rouges apparaissant en haut de ses joues. Harry ressentit le désir jouissif de rire.
« Alors, M. Parfait, on pourrait peut-être travailler sur la potion de Sommeil Sans Rêve un de ces jours ? » dit Harry d'un ton léger.
Le sourire de Severus s'évanouit comme le dernier rayon du soleil sur le point de se coucher. Dis oui, pensa Harry avec ferveur, gardant son regard posé sur le visage de l'autre Serpentard. S'il te plaît, dis oui.
« J'ai, euh, trouvé des informations à propos » - merde je n'ai trouvé aucune information pour le moment ! – « de, euh.. » Il fouilla son esprit. « Cyrus le Cruel. Ses expériences sur le déni des rêves. »
« Ca c'était Mengele, » dit froidement Severus. « Cyrus fit des expériences sur le déni de sommeil, Mengele s'est occupé du déni de rêves parce que Rosemary Paean n'était pas vivante au Xème siècle avant J-C. »
« Oh, » dit Harry faiblement, en se demandant qui était Rosemary Paean. « C'est ce que je voulais dire. »
Severus renifla. « On devrait peut-être travailler sur le projet demain. Aujourd'hui tu dois te préparer pour le duel. » Ses yeux brillèrent.
Harry sentit une vague de délicieux soulagement s'engouffrer en lui. « Bien, » dit-il joyeusement.
« Enfin, à propos du duel… » dit Severus en s'éclaircissant la gorge, et Harry se résigna à entendre Severus lui faire une critique détaillée des techniques du duel de James Potter.
Ils entrèrent dans la classe de Mc Gonagall et tout d'un coup, Harry hésita. Durant tous les autres cours ils avaient été assis l'un loin de l'autre – Harry dans l'un des coins du fond, Severus dans l'autre. Mais Severus poussa automatiquement Harry vers l'un de ces coins.
« Tu bloques l'entrée » siffla-t-il.
Harry se dirigea vers l'un des bureaux et Severus se glissa immédiatement dans le siège à gauche d'Harry.
« Quelqu'un d'autre s'est assis là la dernière fois, je crois que c'était Bulstrode.. » commença Harry mais Severus l'arrêta d'un regard foudroyant.
« Le Second reste toute la journée avec celui qui va se battre en duel, » dit-il en lui faisant la leçon. « Tu ne savais pas ça ? »
« Pas vraiment », dit Harry. « Je suis… Je n'ai pas été élevé dans une famille sorcière. »
Harry regarda anxieusement le visage de Severus du coin de l'œil.
« Je vois, » dit Severus froidement.
Merde, pensa Harry. Pourquoi est-ce que j'ai eu besoin de lui rappeler ça ? Mais non ce n'était pas ça qu'il fallait penser. Il devait s'en prendre à l'attitude de Severus à propos des Sangs Mêlés. Il se demanda si le Snape du futur aurait encore ces préjugés. Harry cilla en se rendant compte qu'il ne le savait pas vraiment. Ca montre à quel point je savais peu de choses sur lui à l'époque, pensa Harry, avec un étrange sentiment de regret.
Une conversation plus approfondie leur fut épargnée lorsque Mc Gonagall entra dans la pièce.
« Où sont Black et Potter ? » demanda-t-elle, en fixant leurs sièges vides. « Encore en retard ? » Elle soupira et s'assit. « Je dois – »
Juste à ce moment, Potter et Black arrivèrent précipitamment à travers la porte.
« Désolé, » dit Black à court de souffle, remettant en place une mèche de ses cheveux. « Nous avons été – euh – »
« Retardés, » dit Potter.
« Oui, retardés, » acquiesça Black rapidement. « Par Peeves. »
Potter acquiesça.
Mc Gonagall les fixa. Puis sont attention se reporta sur Potter et dit, d'une voix plus froide que ce que Harry lui avait jamais entendu, « Dois-je vous rappeler, James Potter, que vous êtes préfet et qu'il est attendu de vous d'être un modèle de bonne conduite ? »
Potter pâlit. « Désolé, Prof – »
« Vous comprenez, n'est-ce pas, qu'un tel comportement peut entraîner la perte de certains privilèges ? »
Potter déglutit et hocha la tête. Il marcha de façon incertaine jusqu'à son siège et frémit lorsque Lily lui jeta un regard incendiaire.
Severus ricana tout haut mais Potter semblait trop secoué pour répondre. Black, lui, jeta au Serpentard un sourire mauvais.
« Ne fais pas attention à lui » dit Harry doucement.
Severus jeta à Harry un regard irrité.
« Aujourd'hui, nous allons explorer le thème des transformations en Animagus, » annonça Mc Gonagall.
Toute la classe se brisa en des chuchotements excités, à l'exception des Maraudeurs qui sourirent tous avec suffisance presque en même temps. Harry jeta un regard à côté de lui et remarqua que Severus affichait une expression relativement sombre.
Mc Gonagall s'éclaircit la gorge. La classe se calma. « La transformation en Animagus est un procédé extrêmement difficile et la plupart d'entre vous » - elle jaugea la classe d'un regard – « ne sera pas capable de réussir avec succès leur métamorphose. »
Black émit un rictus en se tournant vers Severus. Harry réprima son envie de faire du mal au Gryffondor.
« Le processus de la transformation en Animagus commence avec la compréhension de votre animal, souvent appelé le spiritus animans. Il existe un sort simple pour vous permettre d'identifier cet animal et… »
Harry fronça les sourcils. Il sentit une pointe de magie provenir de là où Black et Potter étaient assis, le visage recouvert d'un masque d'innocence. Mais la magie ne se dirigea pas vers Severus. Elle passa par-dessus l'épaule de Mc Gonagall et effleura le tableau.
« … vous entrerez dans la conscience de l'animal et serez alors capables d'identifier certaines de ses caractéristiques telles que la présence de fourrure, de plumes, d'écailles ou – »
Les yeux d'Harry se rétrécirent, regardant la craie écrire toute seule au tableau. Il avait déjà vu cette écriture, sur la carte des Maraudeurs. Il sentit Severus se raidir à côté de lui.
Mc Gonagall s'arrêta. Puis elle se retourna. Quelques Gryffondors se mirent à rire.
« N'oublie pas d'apporter des pansements » disait le tableau. « Tu vas devoir bander le cul de Frost bien fort, Snivellus ! »
Harry exhala un soupir d'ennui. « Très drôle » murmura-t-il dans sa barbe. Il jeta un coup d'œil à Severus mais à sa surprise le visage de Severus était plus pâle que d'ordinaire et ses narines s'étaient ouvertes de rage. Ce n'est même pas une bonne blague, pensa Harry en parcourant rapidement le message, à la recherche d'une signification cachée.
« Black, Potter ! » aboya Mc Gonagall.
« On n'a rien fait ! » s'exclama Black, suintant d'innocence moqueuse. « Hein James ? »
Potter avait l'air beaucoup plus hésitant que son complice. Peur de perdre son badge de préfet ? pensa Harry. « Ah – Sirius a raison, on – »
Mc Gonagall reporta son attention sur Potter. « Je me souviens vous avoir averti à propos de la suspension de certains privilèges il y a seulement cinq minutes ! » s'exclama-t-elle.
Potter devint blanc et Black se recroquevilla soudainement.
« Professeur ! » une voix s'éleva. « C'était moi. Je l'ai fait. »
Harry se retourna, saisit par la voix de Peter Pettigrew.
« Ne soyez pas ridicule » dit Mc Gonagall d'un ton sec.
« C'est la vérité, c'est moi, » insista Pettigrew.
Harry prit une profonde inspiration. La voix de Pettigrew l'énervait comme rien d'autre au monde n'aurait pu. Le sale traître, pensa-t-il avant de prendre une seconde inspiration. Je n'arriverai jamais à comprendre comment il a pu se retrouver à Gryffondor.
« Très bien » dit Mc Gonagall vivement. « Quinze point de moins pour Gryffondor pour cette interruption et une heure de colle ce soir avec Rusard. »
« Oui Professeur » dit Pettigrew docilement. Mc Gonagall se retourna et d'un geste de baguette effaça le message sur le tableau.
Le reste de la classe était plutôt inhabituellement calme. Harry remarqua que Severus semblait avoir été excessivement affecté par la blague, devenant de plus en plus sombre et énervé, surtout après que le sort du spiritus animans ait refusé de marcher.
« Tu vas le battre Frost, » dit-il soudainement. Harry lui jeta un regard en retour, surpris, emprisonné par le regard de Severus. « Je vais faire en sorte que tu batte Potter et Black » dit-il doucement.
Harry acquiesça. Je vais les battre, songea-t-il férocement. Ils ne vont pas comprendre ce qui va leur arriver.
Le moment s'étira trop longtemps et lorsqu'Harry arracha son regard à celui de Severus, son cœur tambourinait. Il savait ce que c'était : le désir de Voldemort mais – pourquoi le laissait-il gagner ? Il pouvait supprimer la haine qu'avait Voldemort des Sang mêlés. Il pouvait vaincre ça aussi – il le devait.
Il se détourna de Severus et se retrouva à fouiller dans son sac. Ah, pensa-t-il en sortant ses notes.
« Qu'est-ce que c'est ? » demanda Severus avec suspicion.
« Rien, » dit Harry catégoriquement, tournant le parchemin de sorte à ce que la face écrite soit contre le bureau.
Severus plissa les yeux mais avant qu'il ne puisse continuer, Mc Gonagall congédia la classe en donnant les devoirs. (« Essayez le sort du spiritus animans et lisez le chapitre trois. »
Harry se glissa hors de sa chaise et examina la classe. Black attendait avec impatience près de la porte avec Pettigrew et Lupin, mais Potter s'attardait quelque part entre Lily et ses amis.
Harry marcha jusqu'à l'endroit où Lily était occupée à mettre ses livres dans son sac, ignorant stoïquement tous les autres.
« Lily » dit Harry.
Lily leva les yeux, la surprise s'étalant sur son visage. Puis elle fronça les sourcils. « Jonathan » dit-elle calmement.
Harry brandit le parchemin. « Voilà les notes que j'a prises de la nuit dernière, » dit Harry en ignorant l'approche de Potter. « J'ai bien peur que ce ne soit pas terrible mais au moins c'est quelque chose. »
Lily prit le parchemin et lui jeta un bref coup d'œil. « Merci » dit-elle avec hésitation. « Je… Je suis désolée, au petit-déjeuner je me suis rendue compte que je fourrais mon nez dans ce qui ne me regarde pas, mais – »
Je me demande si elle sait quelles sont les conditions de Potter ? se demanda Harry avant de pouvoir sentir – et laisser – Potter l'attraper par le haut du bras et l'écarter rudement.
« Qu'est-ce que tu penses être en train de faire ? » renifla le Gryffondor.
« James ! » cria Lily, juste quand Mc Gonagall, dit sèchement de l'autre côté de la pièce « Potter ! »
Potter le laissa, mais son visage était tordu par la haine et la rage. « Je t'aurais » murmura-t-il avant de se retourner et de sortir brusquement.
« Je ne le comprends pas, » soupira Lily. « Je veux dire, je pensais qu'il s'améliorait… »
« Hmm, » dit Harry en remarquant que Severus sortait de la salle de classe. « En fait, ses conditions pour le duel sont que je ne te parle plus jamais. »
« Quoi ? » sortit Lily.
Oui, enfin, je te verrai plus tard, » dit Harry en bougeant pour rattraper Severus.
Lily se pencha pour attraper son sac. « Jonathan ! Attends – »
Harry se dépêcha de sortir de la classe, regardant d'un côté et l'autre du couloir – il aperçut Severus, coupant à travers la foule de sa démarche caractéristique. Harry réprima son envie de crier, de dire à Severus de ralentir – au lieu de ça il fraya son chemin à la poursuite de l'autre Serpentard, murmurant un flot de « Excusez-moi et « Pardon ».
Ils se dirigeaient vers les donjons à travers une volée de marches d'escalier lorsqu'Harry cria enfin « Severus ! Attends ! »
Au soulagement d'Harry, l'autre Serpentard ralentit.
« Comment m'as-tu appelé ? » dit Severus d'un ton sec alors que Harry se dépêchait jusqu'à ce qu'ils soient épaule contre épaule.
« Quoi ? Oh » - merde, se reprocha Harry – « je t'ai appelé par ton prénom. Severus. Je suis désolé si tu ne veux pas que je t'appelle comme ça, » dit Harry rapidement, alors que Severus ouvrait la bouche. « Ca n'arrivera plus. Si tu ne le veux pas. »
« Je ne le veux pas » répliqua Severus.
« Oh, » dit Harry. « Eh bien. D'accord. Snape. »
« Qu'est-ce que tu faisais avec cette Sang de bourbe ? » l'interrogea sèchement Snape, reprenant sa démarche effrénée. « Qu'est-ce que tu faisais qui nécessitait de prendre des notes ? »
« Peut-être que tu l'as oublié, mais moi aussi je suis un enfant de Moldus » répondit Harry en comblant la distance. Severus accéléra le pas. « Arrête de fuir ! » cria Harry.
Severus s'arrêta et fit volte face. « Qu'est-ce que tu faisais avec elle ? » renifla-t-il.
« Pourquoi est-ce que tu m'as ignoré les jours précédents ? » contra Harry.
La colère s'évanouit soudainement du visage de Severus et Harry se demanda plus que jamais ce que pouvait être la réponse. Il n'avait pas voulu poser cette question mais les mots s'étaient accordés de leur propre gré et maintenant une curiosité pressant s'était éveillée en lui.
« Rien, » murmura Severus. « Rien avoir avec toi… »
« Oh, allons, » insista Harry « Dis-moi. Ca a forcément quelque chose à voir avec moi – c'était moi que tu ignorais, tu t'en souviens ? » Harry fouilla son esprit à la recherche de réponses. « Est-ce que c'est à cause d'un truc que j'ai dit ? Est-ce que c'est à propos de Lily ? »
« Non » aboya Snape. « Laisse juste tomber. Tu as un duel avec Potter aujourd'hui, et tu ne devrais pas chercher à savoir pourquoi – »
« Alors dis-moi ! « l'interrompit Harry avec force. « Est-ce que c'est quelque chose que j'ai fait ? » Il se rappela – férocement – de ce qui s'était passé à l'époque. Il se souvint avoir fait le premier rituel avec Lily… mais ça ne semblait pas être en rapport avec Lily – qu'est-ce que ça pouvait être ? Soudainement un souvenir revint à la surface. « Est-ce que c'est parce que j'ai été plongé dans le coma au milieu de la nuit ? »
Le visage de Severus se vida soudainement de sa couleur et Harry sentit son estomac se remplir de peur. Merde, pensa-t-il. Comment est-ce que je vais bien pourvoir expliquer ça ?
« Attends – Se-Snape, ne pars pas ! »
Sa main jaillit et attrapa l'autre Serpentard par son avant-bras. Severus donna une secousse furieuse mais Harry maintint sa prise, avec l'aide d'un peu de magie sans baguette. Il pouvait sentir les tendons durs comme du fer essayer de repousser sa main.
« Arrête de te débattre » ordonna Harry avec un ton qu'il utilisait habituellement pour calmer les Aurors. Il le tira avec force et Severus trébucha, déséquilibré, l'une de ses mains cherchant sa baguette – ils se cognèrent l'un contre l'autre, l'épaule de Severus contre la poitrine d'Harry. L'autre main d'Harry jaillit, saisissant Severus avant qu'il ne puisse attraper sa baguette puis il changea de prise, enserrant les poignets de Severus de ses mains. « Arrête ça. Regarde-moi. »
Severus leva les yeux, respirant bruyamment. Harry fixa ces yeux – noirs, si noirs dans la pénombre du couloir. « S'il te plait, » dit finalement Harry. « Je ne te jugerai pas à cause de ça. Parle-moi, s'il te plait. »
Severus baissa les yeux, la respiration toujours bruyante, le Rideau de ses cheveux tombant devant son visage. Harry baissa les yeux également, et vit ses mains autour des poignets de Severus – ses doigts usés, couturés de cicatrices dues aux batailles, autour de ceux de Severus, fins et dorés dans le noir. Il est si proche, pensa Harry, et il voulut se rapprocher un peu, se pencher, mêler leurs souffles, il –
Des bruits de pas.
Harry le relâcha et recula. Il leva les yeux et vit que quelqu'un descendait la volée de marches.
« Lestrange » dit Harry en le reconnaissant, avec un petit mouvement sec de la tête.
« Frost » répliqua Lestrange, descendant calmement les dernières marches et s'arrêtant pour les regarder d'un œil critique.
Severus se détourna et partit, ses robes claquant contre ses talons alors qu'il se frayait un chemin vers la Salle Commune des Serpentards. Harry leva à moitié un bras, ce qui était à peine perceptible sous ses robes – mais il se figea et laissa son bras retomber.
« Une prise difficile » soupira Lestrange. « C'est un dur celui-là. »
Harry fronça les sourcils. « Je ne vois pas de quoi tu parles, » dit-il durement, et monta les escaliers.
« Bien sûr que si » murmura Lestrange. Harry l'ignora, montant vers la lumière et marchant avec vivacité vers la bibliothèque.
Harry ne vit presque pas Severus durant le reste de la journée. Après un déjeuner solitaire et son cours d'Arithmancie, il était allé à la bibliothèque et avait lu quelques passages sur l'étiquette des duels. Apparemment, Poudlard avait en héritage son propre nombre impressionnant de duels, bien que leur fréquence ait récemment diminué. De façon peu surprenante, la plupart d'entre eux avait eu lieu entre des Gryffondors et des Serpentards et la victoire allait habituellement aux Serpentards. La ruse plus que les muscles, pensa Harry.
Après ses recherches, il avait dévoré son diner de bonne heure dans les cuisines puis s'était glissé dans sa chambre, s'attardant seulement quelques minutes dans la Salle Commune pour voir si Severus arrivait. Mais quand Severus n'était pas apparu, Harry avait soupiré et avait programmé son réveil avant d'essayer de récupérer autant de sommeil que possible, jetant machinalement les sorts de fermeture, silence et de périmètre dans le même temps.
Il se réveilla à minuit moins le quart. Eh bien, ça me laisse suffisamment de temps, songea Harry en sautant hors du lit et en s'habillant rapidement. Il se passa un peu d'eau sur le visage avant de jeter un coup d'œil dans la chambre de Severus. Comme il s'y était attendu, il n'y avait personne à part le ronflement tonitruant de Crabbe. Parfait, pensa Harry, transférant silencieusement le charme de pistage de Dumbledore sur l'autre Serpentard avant de se diriger vers les cuisine pour prendre un café requinquant.
Quant il atteint la salle des Trophées, il était minuit passé d'une minute.
« Où étais-tu ? » siffla Severus lorsqu'Harry entra. « Je t'ai cherché toute la journée et tu n'étais ni à la bibliothèque, ni dans la salle commune et je ne pouvais pas entrer dans ton dortoir. »
« J'avais jeté un charme de fermeture et de silence » dit Harry de façon distraite. « Calme-toi. On va gagner. » Les charmes de silence et de perimètre ont été mis – bien, énuméra-t-il. Au moins les Mauraudeurs savent ce qu'ils font. Pas d'ennuis avec Rusard ce soir.
Black renifla, de l'autre côté de la salle. « Tu peux toujours rêver Frost. »
Harry jeta un coup d'œil à la salle des Trophées. Il était déjà venu ici un certain nombre de fois auparavant mais il ne s'y était jamais vraiment attardé : ruminer des gloires anciennes et une grandeur passée servait à peu de choses en temps de guerre. La lumière qui provenait des torches tout le long des quatre murs était faible. Des ombres s'étiraient là où la lumière orange ne brillait pas, mais Harry pouvait apercevoir distinctement les visages des Gryffondors, pales mais déterminés, ainsi que deux autres se tenant derrière Potter et son second.
« Alors comme ça tu as amené toute la bande, Potter » dit Harry, sa voix brisant le silence.
Peter Pettigrew et Remus Lupin remuèrent. Lupin réprima un bâillement alors que Pettigrew levait le menton, en un signe de défi. Harry retroussa ses lèvres.
"Il n'y a rien de mal à avoir un public" le contra Black.
Harry haussa les épaules. « Bien sûr que non. »
Black portait ce que Harry supposait être des robes de duel traditionnelles : près du corps avec des manches qui s'élargissaient abruptement et une insigne menaçante dans le dos et sur la poitrine. Harry regarda Potter et s'aperçut qu'il portait les mêmes. Elles vont quand même beaucoup mieux à Black.
« As-tu choisi tes conditions ? » demanda Potter brusquement.
Hum non, pensa Harry. Il jeta un coup d'œil à Severus, mais Severus était occupé à jeter des regards noirs aux Gryffondors. Au moins, il ne porte pas un de ces habits ridicules, songea Harry. Mais il ne porte pas ses robes d'école non plus. Il fronça les sourcils. C'était une robe de soirée – rapiécée, usées, mais clairement faites pour des bals ou des soirées dansantes.
Severus se retourna alors et rencontra le regard d'Harry avant de détourner rapidement les yeux. Est-ce qu'il a honte de ce qu'il porte ? se demanda Harry, sentant son cœur se serrer
« Alors, enfin décidé ? » l'appela Black.
« Dépêche-toi Frost » dit Severus platement. « Nomme tes conditions. »
« Très bien » dit finalement Harry. « En tant que défié, je nommerai mes conditions : qu'à partir de cette nuit, tu sois fidèle à Lily Evans pendant un an et un jour. »
Il y eut un silence certain. « Quoi ! – c'est – » Black cracha, les yeux écarquillés. « James ! Il est en train de te forcer à rester célibataire, et c'est notre septième année – et Amanda Wilkinson alors ? ou cette préfète de Serdaigle – c'était quoi son nom ? – »
« Laisse tomber Sirius, » dit sèchement Potter avec un air de calme détermination sur son visage. « J'accepte tes termes. » Harry sentit la magie bouger à nouveau, comme les fils d'une tapisserie. « Mais James – » gémit Black de façon ineffective avant que Potter ne lui lance un regard menaçant.
Harry acquiesça. « Je crois que les seconds doivent tenter une réconciliation à ce moment là. »
Severus renifla et Black soupira de dégoût.
« Hey, j'ai fait des recherches sur l'étiquette des duels à la bibliothèque, » dit Harry doucement à Severus, souriant légèrement alors qu'il se tournait vers lui.
« C'est ça. Des recherches à propos de coutumes parfaitement inutiles au lieu de venir me trouver pour apprendre des techniques pour le battre ! » siffla Severus en guise de réponse. « Ses attaques sont pour la plupart basée sur des métamorphoses et j'aurais pu te donner son schéma d'attaque si tu – »
« Prêt ? » appela Black. « Je présume qu'aucune réconciliation n'est nécessaire, non ? »
Severus se tut et recula, continuant à jeter des regards furieux à rien en particulier. « Bien » aboya-t-il avant que Sirius ne puisse à nouveau crier d'une voix de sentor.
« Ne t'inquiète pas » dit Harry doucement, ignorant le braillement de Black. « Je vais gagner. »
Severus renifla à nouveau, mais Harry se détourna et sortit sa baguette.
« Prêts ? » cria Black. « Au bout de trois. Un – deux –"
« Attends, » l'interrompit Harry. « Je veux ajouter une autre condition. »
Harry sentit cinq paires d'yeux se fixer sur lui.
« Tu ne peux pas faire ça, » dit Black d'un air déconcerté. « Tu as déjà nommé et accepté les conditions. Maintenant tu dois te battre. »
« Tu as peut-être oublié le duel entre Etéocle et Polynice ? Ils ont tous les deux nommés quarante-sept conditions avant le duel à proprement parler. Ou peut-être que tu n'as pas entendu parler du duel entre Cynthia le Cygne et la Duchesse d'Avion ? La Duchesse a nommé douze conditions différentes tandis que Cynthia a nommé douze conditions en rapport avec le duel, avant que les deux d'entre elles n'entament la joute. »
Black et Potter arboraient la même expression confuse. Harry entendit Severus renifler avec mépris derrière lui.
« Quel est ta nouvelle condition alors ? » demanda Potter.
« En tant que défié, je nommerai ma seconde condition, » dit Harry, « que chaque fois que, durant un an et un jour, vous parlerez mal de Severus Alexandre Snape ou attenterez une action hostile envers lui, vous souffriez d'un châtiment immédiat. »
Harry finit de parler et jeta un regard prudent en direction de Severus. Leurs regards se rencontrèrent un instant avant que le regard d'Harry ne se pose sur les Gryffondors abasourdis. L'expression dans ces yeux était indiscernable, mais Harry sentit ses battements de cœur se précipiter. Au moins il ne m'a pas arraché la tête, pensa-t-il faiblement. Pas encore.
« Une autre condition ! » gémit Pettigrew. « C'est de la triche ! »
« Tais-toi Peter » dit Black de façon machinale. « Refuse ses conditions James. Il essaye de protéger Snivellus, si ce n'est pas touchant. »
Du coin de l'œil, Harry vit Severus se raidir. Ne les laisse pas t'avoir, Severus, pensa-t-il. S'il te plait. Accepte ça.
« C'est de la triche ! » insista Pettigrew. « Il devrait perdre – automatiquement. »
« Ce n'est pas de la triche du tout. Celui qui défit a le droit d'ajouter ses propres conditions, » dit Harry légèrement, bien qu'il désirât étrangler le sale traitre. Il dirigea son attention vers Black. « Peut-être voudriez-vous savoir comment je suis au courant de certaines choses ? »
Black s'arrêta net. Il échangea un regard avec Potter.
« Très bien, » dit Potter lentement. « En tant que celui qui défit, je nommerai ma seconde condition : que tu ingères du Veritaserum et que tu répondes à toutes les questions que je te poserai pendant une heure et une minute. »
"Inacceptable," dit immédiatement Harry. "Un interrogatoire sous Veritaserum pendant une heure et une minute ? Est-ce que tu sais seulement combine de Veritaserum il faudrait pour ça ?" Seulement trois gouttes mais ils n'ont pas besoin de savoir ça.
Potter rougit. « Bien, pendant… pendant onze minutes. »
Harry émit un rictus. Alors il faut que ce soit un nombre impair, songea-t-il. Comme c'est démodé. « Est-ce que tu acceptes ma seconde condition ? »
Potter acquiesça. « J'accepte ta seconde condition. »
« Dans ce cas j'accepte la tienne », dit Harry et il sentit la magie s'activer à nouveau, nouant des mots et des sorts au-dessus d'eux.
« Bien, » dit Black. « Au bout de trois. Un – deux – »
« Attends, » interrompit Harry pour la seconde fois. « Je – »
« Pas encore une autre condition ! » explosa Black.
Harry sentit quelque chose bouger derrière lui. Il se tendit lorsque Severus lui agrippa le bras fermement. « Au nom de Dieu qu'est-ce que tu penses être en train de faire Frost ? » siffla Severus. Harry sentit la respiration de l'autre Serpentard chatouiller ses cheveux, comme un séraphin évasif. « Tu as lu sur ce qui arrive lorsque l'on nomme trop de conditions, cela cause trop de conséquences – »
« Severus, calme-toi, » dit Harry bruyamment, sans regarder dans la direction de Severus, bien que sont corps tout entier se soit raidi. C'était difficile de penser alors que Severus était si près de lui qu'il pouvait sentir sa chaleur dans le froid de la nuit. « En tant que défié, je nommerai ma troisième condition. »
« Je refuse toute autre condition, » déclara Potter, l'air énervé.
Harry ne lui prêta pas attention. « Que les mêmes termes de ma seconde conditions s'appliquent à Sirius Terebellum Black, Peter Pettigrew et Remus John Lupin. »
« Oh bordel ! » jura Black. « C'est – c'est »
« Comment connais-tu mon deuxième prénom ? »
Il y eut un silence après que Lupin eut posé silencieusement sa question. Le visage du loup-garou était pale, mais il semblait avoir gardé son sang froid.
Harry haussa les épaules. « Je pourrais te le dire si Potter gagne ce duel. »
« Mais tu ne peux pas appliquer des conditions à des personnes qui ne sont pas le duelliste ou son second ! » cria Black. « C'est du bon sens ! »
« Bien sûr que si, » dit Harry calmement. « C'est ce que je suis en train de faire. »
Black le regarda sans comprendre. « Hein ? »
Mais avant qu'Harry ne puisse répondre quoi que ce soir, Severus renifla, « Est-ce que tu es fou ? Ou bien tu es l'idiot le plus dérangé et déséquilibré que j'ai jamais connu, ou bien tu as de véritables problèmes mentaux. Comment est-ce que tu peux songer à les combattre tous à la fois ? »
« Nous tous ? » glapit Black.
« C'est de la folie ! » siffla Severus.
« Non, » répondit Harry avec force, calme, mais non sans gentillesse. Il leva la main et attrapa le poignet de Severus, enlevant la main de l'autre Serpentard de son bras. Il est trop proche, songea Harry, buvant la colère sur le visage aux traits durs, les yeux féroces, la sensation d'un souffle court se précipitant contre son cou et son visage. « Il n'y a aucune chance que je perde, » dit Harry gentiment.
« Tu -- ! »
« Fais-moi confiance, » dit Harry d'une voix basse. Il accrocha son regard à celui de Severus. Crois-moi, pensa-t-il. Quelque part au fond de son esprit, il savait qu'il pouvait simplement se projeter dans l'esprit de Severus et plier sa volonté comme une poupée de chiffon – mais ce n'était pas ce qu'il voulait. Non. Il voulait…
« Tu es fou, » dit Severus avec force, d'une voix un peu rugueuse. Il recula et Harry le laisse partir, soudainement conscient des Gryffondors à l'autre bout de la pièce emplie d'ombres, soudainement conscient de la tempête d'émotions à l'intérieur de lui.
Il se détourna. Tu le laisses partir sans avoir gagné, pensa-t-il avec colère. Sois plus fort !
"Je le suis probablement," dit Harry sèchement. "Mais je vais quand meme gagner." Il tourna son visage vers les Maradeurs. "Ma troisième condition contre vous quatre en meme temps. L'acceptez vous ? »
Potter et Black échangèrent des regards. Lupin et Pettigrew se penchèrent l'un vers l'autre en chuchotant.
Harry émit un petit rire. « C'est un peu difficile de croire que quatre Gryffondors on peur d'être battus par un seul Serpentard. »
Black leva la tête et le foudroya du regard. « Eh bien, quand on pense au fait évident que les Serpentards trichent… »
« Peur que j'aie quelque chose cachée dans ma manche ? » demanda Harry en haussant un sourcil. De façon délibérément lente, il déboutonna sa robe et l'enleva, la jetant en boule dans un coin de la pièce. « Vous remarquerez que je n'ai pas de manches » dit-il sèchement.
Il portait une chemise noire sans manches, bien rentrée dans son pantalon – un vieux jean qu'il avait acheté Dieu-sait-quand auparavant. C'était ce qu'il portait lors de son entrainement dans le Nid et ce qu'il portait lors de ses entrainements avec les Aurors. La chemise et le jean étaient un peu petits désormais, mais ils le moulaient de façon confortable, sans les mouvements de robes encombrantes. Lors des combats réels il avait porté une sorte de cape qui l'emmaillotait par-dessus des vêtements enchantés et moulants. La cape était surtout là pour distraire, fournissant une mauvaise cible aux feux de l'ennemi, mais la plupart des sorts de protection étaient tissés à même sa peau ou dans la couche de vêtement la plus proche de lui.
« Pas encore décidés ? » demanda Harry.
« On accepte, » dit finalement Potter, tout en jetant un regard écœuré à Harry. Harry allait demander à Potter de l'énoncer formellement mais il sentit la magie se mouvoir dans l'air en assentiment. « Mais quelles sont les conditions de défaite ? Et les seconds ? »
« Il y aura défaite lorsque plus aucun d'entre vous ne sera debout, » dit Harry. « Et vous n'avez pas besoin de seconds. Dans le duel entre Lilith des Bois et – »
« Tais-toi, » l'interrompit Black. « D'autres conditions ? »
« En fait oui, » dit Harry. Il leva une main lorsque les Gryffondors commencèrent à s'agiter avec indignation. Ils se turent. Harry ricana intérieurement. Ca marche à chaque fois, pensa-t-il. C'est presque impossible de battre des Aurors énervés. « En tant que défié, je nommerai ma quatrième conditions : que vous ne parliez de ce duel à personne, pas même à vous-même, pendant un an et un jour. »
Il y eut un silence. « Pourquoi ? » demanda Black d'un ton soupçonneux.
Harry haussa les épaules. « Parce que je suis miséricordieux et que j'ai envie de vous donner une raison de vous taire après vous avoir définitivement battus. »
Black renifla. « C'est ça. Est-ce que tu veux ajouter une autre condition James ? Pourquoi pas que ce serpent accepte de se prendre dix sorts avant de contre-attaquer ? »
« Ce n'est pas une mauvaise idée en fait, » dit Harry. « Je suis prêt à vous laisser cinq sorts et un autre avant de contre-attaquer si vous acceptez ma quatrième condition. »
Severus jura. « Je refuse. En tant que second de cet idiot je refuse – »
« Le second n'a pas la parole en ce qui concerne les conditions, » l'interrompit Harry, en se tournant vers l'autre Serpentard. Ne succombe pas au désir de Voldemort, s'admonesta-t-il, fais attention – bas-toi – Il retint sa respiration.
« Prêts ? » cria Black.
Il est proche, si proche, pensa Harry. Il pouvait sentir la respiration de Severus sur son visage, il pouvait voir la pointe d'incertitude, la colère, l'exaspération, la peur, une différente sorte de peur, une peur qui faisait naître des frissons le long de sa colonne vertébrale, un frisson qui n'avait rien à voir avec la caresse de l'air froid de la nuit, Harry pouvait sentir la chaleur du corps de Severus – si proche –
« Un – »
C'est du désir ! cria l'esprit d'Harry. Le désir de Voldemort !
« Deux – »
Il se précipita, agrippa Severus et le poussa, assez fort pour que l'autre Serpentard trébuche contre le mur et hors de la ligne de mire.
« Trois ! »
Harry se baissa et roula en avant d'un mouvement léger, sentant le chemin écorchant d'un sort se précipiter au-dessus de sa tête et se briser contre le mur derrière lui.
Il sauta avec agilité sur ses pieds. « Un ! » cria-t-il.
Deux sorts vinrent d'un coup. Les idiots, ils devraient au moins tenter une plus grande échelle, pensa-t-il alors qu'il sautait hors du chemin, sentant un troisième sort – ah c'est mieux, enfin un sort visant plus large – glissant vers lui comme une vague inexorable de l'océan.
Il se releva et se figea, laissant le dernier sort s'écraser autour de lui comme l'eau d'une rivière contre un bloc de pierre.
« Deux, trois et quatre ! » cria-t-il. Il saisit un aperçu satisfaisant du visage des Maraudeurs, la bouche grande ouverte et les yeux écarquillés. Et puis il ne put résister – il se tourna et jeta un regard rapide en direction de Severus. Qu'est-ce qu'il pense ? se demanda Harry car les yeux noirs étaient cachés dans les ténèbres – qu'est-ce qu'il pense –
Severus bougea, levant légèrement la tête, et Harry vit une lueur d'anxiété dans ces yeux –
Harry sortit du chemin, sentit le sort changer de course vers sa direction, sentit tournoiement dans l'air –
Il se baissa au dernier moment et murmura un charme de bouclier au-dessus de sa tête. Les deux sorts se rencontrèrent et il sentit la magie frissonner par vagues à travers l'air et au-dessus de lui – comme de la pluie.
Il se leva. « Cinq et un sixième, » dit-il d'une voix basse.
Les Maraudeurs bougèrent. Black poussa Pettigrew et le traitre vacilla vers le côté. Au moins ils savent se déployer, songea Harry. Lupin avait l'air concentré ; Potter l'air fatigué et – oui. Effrayé.
Harry sourit. Il leva sa baguette. Black se tendit.
« Stupefix ! » couina Pettigrew.
Harry abaissa sa baguette violemment, pris de colère – le foutu traitre avait brisé l'instant, et Harry pouvait sentir trois autres sorts se ruer vers lui –
« Obturo ! » siffla Harry, se rappelant à temps de cacher son talent en magie sans parole. Un jet de magie serpenta dans l'air et frappa le traitre. Harry eut un rictus et effectua un grand arc en un mouvement de sa baguette, et les trois autres sorts se dissipèrent. J'aurais du balbutier quelque chose, pensa Harry, avec un peu de chance ils ne le remarqueront pas –
« PETER ! » hurla Black. « Bon Dieu qu'est-ce que tu fais ? » Pettigrew errait de façon confuse, et Harry regard avec horreur et amusement le rat traitre se jeter aux pieds de Black et s'accrocher aux jambes de l'autre Gryffondor, enfouissant son visage entre les jambes de Black –
Harry renifla et se tourna vers Potter. Il vit le sort approcher, une course violente de rouge. Dois-je me baisser ou le bloquer ? se demanda-t-il. C'était grisant – grisant de combattre, de conquérir, de vaincre ces imbéciles – c'était grisant d'être puissant –
Le plus puissant au monde –
Il avança sa baguette. Le sort siffla et émit des étincelles et s'emmêla en une bobine récalcitrante autour de sa baguette, se débattant comme une bête emprisonnée. Il agita son poignet et la magie vola en sens inverse, plus rapidement qu'elle n'était arrivée. Le visage de Lupin se tordit sous un choc momentané, puis il s'effondra comme une carcasse désossée.
« Lunard ! » s'écria Black, la voix étranglée. « Va-t-en sale – »
« Laisse le se reposer un peu, veux-tu ? » murmura Harry, mais sa voix se répercuta d'écho en écho à travers la pièce comme un roulement de tonnerre, un roulement de tonnerre qui portait en lui une note sifflante – comme si le son venait des anneaux mouvants d'un grand serpent.
Harry pointa sa baguette et Black se figea. Du calme, pensa Harry. Laissons le traitre pathétique satisfaire ses rêves pour une fois. Black se détendit, allongé par terre, les yeux vides, alors que Pettigrew enfourchait sa poitrine avec avidité.
Harry fit un peu de côté, agacé alors qu'une volée de sorts pleuvait sur lui de la direction de Potter. Le petit imbécile. Est-ce qu'il pensait vraiment pouvoir me défier ?
« Sirius, arrête ça ! » hurla Potter.
« J'ai peur qu'il ne pourra vraiment pas « arrêter ça » comme tu le dis, » murmura Harry. Sa voix résonna dans l'air comme un millier de sifflements. Les yeux de Potter s'agrandirent et il fit un pas en arrière.
Harry s'avança.
« Tes amis sont tombés Potter, » dit-il calmement. Qu'est-ce que ça fait d'être le dernier en vie ? Qu'est-ce que ça fait d'être seul – quand tous tes amis t'ont abandonné, quand tout ce qu'il te reste est le souvenir de leur haine ! » Il sentit le pouvoir se ruer à travers lui. Les trophées vacillèrent sur leurs socles, les médailles furent ébranlées, se cognant contre leurs dômes de verre.
Potter recula en trébuchant.
Harry leva sa baguette –
« Frost ! Ne – ne le tue pas. »
Harry se figea et se retourna. Severus se tenait devant lui et la lumière tombait en travers de son visage comme une cascade de bijoux. Il est tellement beau, pensa Harry, une chaleur terrible s'éveillant en un flamboiement à l'intérieur de lui. Et il est à moi –
Il sentit un sort se précipiter vers lui -
Il agita sa baguette dans l'air et le sort se brisa. Mais c'était un sort puissant et il sentit les vagues de la magie brisée passer à côté de son visage.
« Potter… » grogna-t-il, faisant un pas en avant.
Potter tomba soudainement sur le sol, ses yeux se révulsant de terreur et ses lèvres tremblant – sa gorgé émit un son étranglé…
Harry entendit un petit cri. Il agita sa baguette, le trophée lugubre d'une grosse sirène s'écarta.
« Lestrange ? » siffla Harry alors que le préfet aux cheveux noirs s'avançait en trébuchant. « Qu' – »
Mais il s'arrêta, parce qu'il vit une expression de peur et d'incrédulité sur le visage pale et aristocratique. Lestrange tomba soudainement à genoux, ses yeux brillant à la lueur de la torche.
« Maître ? » chuchota-t-il et Harry sentit la voix résonner encore et encore dans son cœur, dans son âme…
Il se sentit piégé – piégé entre le regard d'adulation dans les yeux de Lestrange et l'air de terreur sauvage dans ceux de Potter. Il recula. Il y avait quelque chose qui n'allait pas.
Il se tourna soudainement. Son cœur se serra quand il vit Severus se reculer, comme s'il avait été frappé.
Il se dirigea rapidement vers un bouclier lisse et regarda son reflet.
Un visage lui rendit son regard – le visage qu'il avait vu dans le Nid. Un visage avec la Marque des Ténèbres d'un côté – un visage au sourire horrible - un visage avec un seul œil terrible –
Il ne put retenir le cri étranglé qui s'arracha à ses lèvres. Non, pensa-t-il, son esprit était une ruine de pensées éparpillées. Non ! Il était piégé, piégé par ces expressions de peur, et d'admiration et –
Il se tourna avec désespoir vers Severus, mais Severus frémit. Son cœur se brisa.
Ca ne peut pas être vrai, pensa Harry. L'extase du duel, de défaire, de conquérir, de gagner, et le pouvoir – tout cela s'était fané définitivement. Contrôler le désastre, pensa-t-il. Des charmes d'oubli – des charmes d'oubli –
« Maître – » murmura Lestrange.
« Stupefix ! » hurla Harry. Lestrange vola au-dessus du sol et se cogna contre le mur. « Oubliette ! » siffla-t-il. « Stupefix ! »
« Non » s'étrangla Potter –
« OUBLIETTE! » tempêta Harry avant de perdre le contrôle de ses nerfs. Les yeux de Potter devinrent instantanément blanc. Il se souviendra seulement qu'il a été vaincu, mais il ne se souviendra pas de ça. « Stupefix, » dit Harry avec fatigue, et laissa le sort s'étendre jusqu'à ce que tous les Maraudeurs soient allongés, inconscients, sur le sol.
Severus le fixait, son visage d'une nuance verdâtre à la lumière des torches. Harry souhaita pouvoir disparaître immédiatement, souhaita pouvoir s'évanouir dans les airs, souhaite pouvoir se jeter aux pieds de Severus et pleurer. Non ! Je ne suis pas Voldemort. Je suis seulement Harry, ou Jonathan – ne t'en va pas, ne pars pas –
« Severus – » croassa-t-il
Severus fit un pas en arrière.
Harry prit une profonde inspiration tremblante. « S'il te plait. Laisse-moi t'expliquer. Je… » Je ne suis pas un monstre. Il y a un monstre à l'intérieur de moi – mais je ne suis pas un monstre ! Crois-moi, s'il te plait. Je suis seulement… Jonathan Frost.
Il se rendit compte qu'il l'avait dit à voix haute seulement lorsqu'il vit l'expression du visage de Severus.
Il déglutit et fit un pas en avant. « C'est la vérité » chuchota-t-il.
Severus ne bougea pas. Ils étaient à moins d'un mètre de distance maintenant, et Harry ressentait un terrible besoin – une douleur qu'il ne connaissait pas –
« Dis quelque chose, » réussit à dire Harry, souhaitant que Severus le regarde dans les yeux. Mais le regard de Severus resta obstinément sur sa poitrine, incapable de le lever…
Harry arrêta d'avancer, attendant. Lentement, il leva son bras. Dénué de leurs glamours, les cicatrices étaient encore plus claires que d'habitude. Il tint son bras ainsi, attendant une éternité après l'autre.
Severus le prit.
C'était comme une dance, songea Harry. Il bougea et Severus bougea et puis Harry sentit le corps osseux contre lui, les robes élimées contre sa peau, les cheveux gras contre sa joue. Sa gorge se serra et les mots moururent avant même d'avoir pu se former.
C'est du désir, lui rappela son esprit. Celui de Voldemort. Vraiment . Il pouvait sentir les os du dos de Severus alors qu'il serrait l'autre homme. Est-ce que c'était le désir de Voldemort ? Ou est-ce que c'était quelque chose qui n'appartenait qu'à lui. Quelque chose qui était à lui et à lui seulement.
A moi. Il serrait Severus contre lui si fort qu'il songea qu'il aurait des bleus, mais Severus ne le rejeta pas. Severus était là, restant dans son étreinte. C'est de la folie, songea-t-il de manière vertigineuse. C'est une merveilleuse folie. C'est ça et bien plus encore, bien plus. C'était des choses dont il ne connaissait que le nom, des choses qui l'effrayaient. Des choses si belles et si terribles qu'il n'osait pas les nommer.
Severus.
Il relâcha finalement son étreinte, récalcitrant, mais il se souvint qu'ils étaient dehors au milieu de la nuit avec cinq élèves inconscients éparpillés par mis les trophées et les médailles renversés.
« Est-ce qu'on devrait les réveiller alors ? » murmura Harry au bout d'un moment. Il savait qu'il souriait, il pouvait le sentir, tant c'était peu familier pour son visage. Il avait l'impression d'être un enfant de cinq ans lâché dans un magasin de jouets.
Severus secoua la tête. « Non » dit-il lourdement. « Laissons-les là. » Tu souris aussi, pensa Harry, et il voulut prendre à nouveau l'autre Serpentard dans ses bras au lieu de quoi il ramassa ses robes.
Ils avancèrent lentement, à cause de Rusard et parce qu'un mot imprudent pourrait briser ce qu'il y avait entre eux, quoi que cela fusse. Mais Harry se rendit compte, frissonnant encore et encore, qu'ils marchaient plus près l'un de l'autre que deux amis l'auraient fait, que par moments leurs mains se frôlaient et qu'ils fixaient alors l'obscurité, comme si rien ne c'était passé.
Ils atteignirent finalement la Salle Commune de Serpentard. Harry ouvrit la porte du drtoir des Septième Années et s'arrêta un instant.
« Dors dans ma chambre » murmura Harry. Tout devait être silencieux, aussi silencieux qu'un battement de cœur. « S'il te plait. »
« Mais mon lit… »
« Je peux en conjurer un, » l'interrompit Harry férocement. J'ai besoin de toi. « Est-ce que tu te souviens de ce que tu as dit ? A propose de me réveiller quand j'avais des cauchemars ? »
Les yeux de Severus s'assombrirent. Ne pense même pas à partir, songea Harry en attrapant un poignet maigre. « Dis-moi. Qu'est-ce qu'il y a ? » il maintint sa voix basse, aussi douce que le son de Poudlard endormi.
« Je – » déglutit Severus. Il baissa les yeux et sa voix était étranglée et malheureuse lorsqu'il parla. « C'est moi qui t'ai fait tomber dans le coma. » Il leva les yeux en tremblant. « J'étais fâché contre toi, à cause d'une bêtise, et quand tu as eu un cauchemar je ne t'ai pas réveillé. » Il s'arrêta. « J'étais – J'aurais pu te tuer. »
Harry cilla, digérant l'information. « Mais je suis toujours vivant, non ? »
« Oui, mais – »
« Est-ce que tu pensais que j'allais te le reprocher ? »
Les yeux de Severus brillèrent soudainement. « C'est de ma faute, ne le nie pas. Tu es bien plus en sécurité avec un elfe de maison. »
Harry renifla. « L'elfe de maison de Dumbledore ? Celui qu'il a envoyé pour m'espionner ? C'est peu probable. Et je te pardonne, tant que tu me réveilles à l'avenir. »
Severus déglutit. « Ne sois pas idiot. Je ne peux rien te promettre. »
« Même pas ça ? »
« Tu me confierais ta vie – à moi, un parfait étranger ? »
« J'ai confiance en toi, » dit Harry. Je te confie ma vie, plus de fois que tu ne le sais. « Même si tu me hais, même si tu es furieux contre moi – tu me réveillera quand même si tu me le promets. » Je te connais, Severus Snape, même si tu ne te connais pas toi-même. Mieux que je ne me connais moi-même. « Dors avec moi ? »
Severus déglutit. Durant un moment, Harry se demanda s'il allait se mettre à pleurer.
« Oui si tu veux, » dit Severus, et sa voix était égale.
Un long moment après ça, Harry était allongé dans son lit, les yeux fixés sur le plafond et écoutant la respiration de Severus dans son lit (métamorphosé à partir d'une chaise. Harry se sentait fatigué, mais de loin.
Il était content. Presque heureux.
Tu devras partir, murmura une voix dans son esprit. Tu devras le quitter, un jour ou l'autre.
Harry changea de côté, essayant de faire taire cette voix. C'est trop tard maintenant, se dit-il. Trop tard pour revenir à ce que l'on était avant.
Son esprit ruminait encore et encore et il repensa au duel, aux vagues de colère vicieuse qu'il avait ressentit lorsqu'il avait combattu. C'est Voldemort, pas moi, pensa-t-il en fronçant les sourcils en direction du plafond. Il doit y avoir quelque chose à propos de ça dans le Nid. Je le trouverai et je détruirai ce monstre, son esprit, son corps et son âme. Sa résolution sembla résonner dans son esprit, comme une déclaration faite au creux d'une montagne. Ses ténèbres, je ne les reconnais pas comme miennes.
Il ferma les yeux et se força à s'endormir.
