Chapitre 10
Le baiser d'hier soulevait beaucoup d'interrogations dans l'esprit d'Astoria. Est-ce qu'il signifiait qu'elle était à présent la petite-amie d'Elvis? Elle n'avait pas vraiment songé à l'être jusqu'ici. Ce qu'elle savait, c'est qu'il la faisait se sentir bien, mais Drago avait raison il y avait une grosse part d'orgueil là-dedans. Ce n'était pas tant le garçon qu'elle aimait, mais davantage ses paroles. Bien sûr Elvis était un garçon de bonne famille, voué à un avenir doré. Il disposait d'une bonne éducation et d'une culture incroyable! Ajoutons à cela qu'il embrassait merveilleusement bien et qu'il était plutôt beau garçon. Mais ça ne suffisait pas, quand Astoria pensait à lui, ses yeux ne scintillaient pas comme ceux d'Isadora quand elle lui parlait de Blaise. Il ne fallait pour autant pas en tirer de conclusions trop hâtives, peut-être que l'amour ça venait avec le temps. C'est un sentiment complexe et chacun le ressentait à sa façon et surtout le vivait à sa façon. Et puis comment ne pouvait-elle pas finir par succomber totalement au charme d'un tel garçon? Elvis avait des tonnes de qualités et il était très raisonnable de devenir sa petite-amie.
Bizarrement elle ne le croisa pas de la journée. L'idée qu'il puisse l'éviter ne lui traversa absolument pas l'esprit. Il n'avait pas vraiment de raison de le faire après tout. C'est dans la soirée lors du buffet, qu'elle l'aperçu entrain de dîner avec quelques amis, il lui adressa un bref regard sans grande conviction. Il en alla de même le lendemain, puis encore le jour d'après. Ça commençait à faire long et là il ne faisait plus aucun doute qu'il l'évitait. Est-ce qu'il regrettait? Est-ce qu'elle n'embrassait pas suffisamment bien pour qu'il lui fasse l'honneur de sa compagnie? Mais quel comportement odieux! Il n'avait pas le droit de l'ignorer! Alors quoi? Il considérait qu'elle n'était pas assez bien pour lui? Quel culot.
- Astoria, je dois te parler, déclara Drago d'un ton intransigeant.
- Pas maintenant, je suis occupée.
- Occupée? Cela fait bien une demi-heure que tu es sur la même page, répondit-il septique.
Il avait remarqué qu'elle était sur la même page depuis si longtemps. Ca voulait dire qu'il l'avait observé durant au moins une demie-heure alors? Elle trouva cela à la fois adorable et glauque. Elle referma son livre avec une mine boudeuse puis leva les yeux vers lui attendant qu'il s'exprime. Il s'installa en face d'elle.
- L'autre jour j'étais énervé.
- Ça n'est pas mon problème, je n'ai pas à subir tes sautes d'humeurs, rétorqua-t-elle sèchement. C'est tout?
- Je ne peux pas croire que tu sois dans un tel état à cause d'une dispute vieille de plusieurs jours!
Il semblait la connaître assez bien maintenant. Effectivement, la dispute de la dernière fois bien qu'elle lui laissait un goût amer n'était pas le principal problème. Cependant, il était hors de question qu'il pense que ses petites crises de colères étaient acceptables. Il fallait qu'elle lui montre qu'elle méritait un certain respect de sa part, en tant qu'être vivant, qu'être humain, que sorcière, que sans-pur, qu'amie!
- Si c'est le cas, déclara-t-elle toujours sur le même ton en se levant. Il n'essaya pas particulièrement de la retenir, il n'était pas du genre à courir derrière les gens. Sûrement qu'Astoria était dans cette période que les filles traversent chaque mois et qui les rend particulièrement pénibles et irritables. Drago retourna à ses devoirs peu enthousiaste.
Astoria de son côté décida d'aller trouver Elvis. Elle avait besoin de comprendre ce qu'il se passait. Cette histoire devait être tirée au claire une bonne fois pour toute! Elle l'aperçu assis sur un banc entrain de discuter avec d'autres septièmes années. Timidement mais déterminée, elle s'approcha. Il leva la tête vers elle, et ne sembla pas particulièrement ravi de la voir. Il accepta néanmoins à contre-coeur visiblement, de la suivre un instant. Il l'entraîna dans une salle de classe vide à l'abri des oreilles et regards indiscrets.
- Très chère Astoria assied-toi je te prie.
Cela sonnait comme plus comme un ordre que comme une proposition. Elle obtempéra silencieusement et il se positionna face à elle la dominant encore un peu plus en taille, maintenant qu'elle fut assise. Son regard était froid, elle n'avait pas l'habitude de recevoir de sa part un tel traitement. Pour autant elle décida que même assise, elle soutiendrait cet échange.
- Je souhaitais discuter du baiser que nous avions échangé.
- C'est évident. Je vais t'expliquer ce que j'en pense, je te demanderai de rester diplomate en toute circonstance.
- Mais pour qui me prends-tu? J'ai reçu une éducation plus que respectable! S'offusqua-t-elle.
- Bien sûr, bien sûr. Alors voilà, le baiser fut agréable, mais je ne me suis engagé à rien à ton égard. Je ne peux le faire d'ailleurs, car je me suis aperçu le soir même que j'éprouvais davantage de sentiments pour une autre. Je devrais te remercier car ce baiser m'a ouvert les yeux Astoria.
Il marqua une brève pause et se racla la gorge, tandis qu'Astoria resta bouche bée. Pas une seconde elle n'avait songé à cette éventualité! Alors Drago avait raison, il n'était qu'un courreur de jupon. D'autant qu'il était certain qu'il avait flirté avec les deux en même temps, sinon ils n'auraient eu aucune raison de s'apercevoir tout à coup de ses sentiments. Ce n'était pas le genre de chose qui tombait du ciel.
- Par respect pour elle, je te demande de la discrétion sur ce qu'il s'est passé et bien entendu il te faut garder certaine distance, reprit-il. De toute façon il n'est pas dans ton intérêt d'ébruiter cela.
Il est vrai que ça n'était guère dans son intérêt. En tant que jeune fille de bonne famille il lui fallait préserver sa réputation au mieux. Yaxley d'une main lui attrapa le menton et avança son visage vers le sien.
- Nous sommes d'accord?
Astoria n'était pas tombée amoureuse de lui, elle n'avait donc pas le coeur brisé. Cela étant, elle se sentait humiliée et c'est sa fierté qu'il avait osé ébranler sans le moindre ressentiment. Elle n'était qu'un vulgaire mouchoir que l'on salit avant de le jeter à la poubelle. Le seul sentiment à présent qu'il lui inspirait était un profond dégoût! Elle se leva animée par le peu d'amour propre qui lui restait, afin de violemment rompre la proximité et se mettre à sa hauteur. Elle le fixa en fronçant les sourcils.
- Allons ma douce Astoria, ne prend pas cet air mécontent, déclara-t-il en lui caressant le visage tendrement. Si c'est trop difficile pour toi de t'éloigner... je ne suis pas contre quelques petites escapades privées et discrètes, sourit-il en lui caressant les épaules comme pour la détendre.
Cet abominable garçon lui proposait avec le plus grand sérieux du monde d'être sa maîtresse! Il osait la prendre pour une vulgaire catin que l'on trouve la nuit tombée dans les ruelles sombres de Londres ou dans les vieux bars glauques du centre. C'était absolument inconcevable et inadmissible. Elle décida néanmoins de rentrer pour quelques secondes dans son petit jeu. Il allait voir ce qu'il allait voir cet ignoble connard.
- J'aime mieux te partager que te perdre totalement, déclara-t-elle dans une maîtrise totale et avec un regard de chien battu.
Ces mots lui avaient écorché la langue, il avait été difficile de les prononcer. Pourtant elle l'avait fait en essayant d'être le plus convaincante possible. Elle se mit ensuite sur la pointe des pieds en lui tendant ses lèvres pour qu'il l'embrasse. Il s'approcha jusqu'à la frôler, mais avant qu'il ne puisse entreprendre quoi que ce soit, il se reçu un immense coup de genoux dans l'entre-jambe. Ce fut si fort et douloureux qu'il se plia en deux de douleur et lui donna les quelques noms d'oiseau qui lui passèrent par la tête. Astoria le regarda avec un sourire satisfait et suffisant. Elle venait de s'attaquer à ce que les Yaxley avait de plus précieux... la partie du corps qui assurait la descendance. S'il y avait des tares futures, il la tiendrait sûrement pour responsable. Drago avait raison, elle manquait grandement de délicatesse, mais peu importe elle s'en fichait!
- Nous sommes d'accord, je resterai silencieuse pour ton intérêt et le mien Yaxley. Bonne journée! S'exclama-t-elle enjouée avant de quitter la pièce le laissant avec les yeux brillant de larmes à cause de la douleur. L'affaire Yaxley était certes réglée, mais elle lui laissait un sacré goût amer. Il s'agissait là du premier échec sentimental d'Astoria. Quelques flirts, un baiser, beaucoup d'ignorance et une sorte de rupture. Tout cela en moins de quelques jours. Elle espéra intérieurement que sa prochaine relation durait au moins un tant sois plus. Cela ne serait franchement pas compliqué de faire mieux a priori au vu cet échec pathétique. Enfin.. la tante Isis aurait été fière de la réaction d'Astoria, elle qui préconisait toujours de ne pas se laisser marcher sur les pieds.
La relation entre Yaxley et la fameuse fille s'officialisa peu de temps après. Astoria réalisant qu'il s'agissait de Pansy fut très en colère. Il était incompréhensible de voir qu'elle avait été rejetée pour Parkinson! C'était tellement humiliant, Astoria avait l'impression que tout le monde le savait et la regardait avec pitié. Enfin, au moins elle avait évité la pire erreur de sa vie. Elvis entamait à peine sa relation avec Pansy et il l'avait déjà trompé... Enfin il valait peut-être mieux un doux mensonge à une terrible vérité. Pansy respirait le bonheur, elle était tellement épanouie et belle. L'amour semblait être quelque chose de vraiment fabuleux. Se sentant observée la brune détourna les yeux et accrocha le regard d'Astoria avant de se diriger vers cette dernière. Astoria écarquilla les yeux en se demandant pour qu'elle raison Pansy venait à elle. L'une des raisons pouvait-être qu'Elvis lui avait révélé la vérité dans un élan d'honnêteté. Ça ne pouvait rien être d'autre de toute façon, Parkinson n'était pas du genre à venir sans motif pour échanger des banalités. Alors voilà, elle voulait régler cette histoire devant tout le monde! Ce serait sûrement très humiliant... Astoria s'apprêtait à prendre la raclée de sa vie devant une partie de la société mondaine. Après ça, sa réputation ne serait plus à faire. Pansy passerait sans doute pour la victime, Elvis c'est un garçon ça s'oublierait très vite alors que pour elle se serait le drame de sa vie. Tout le monde la considérerait comme frivole et briseuse de couple, alors qu'elle était autant que Pansy une victime. A mesure que cette dernière avancée, Astoria se sentait faillir. Quoi que dise ou fasse Pansy, il fallait avoir un minimum de dignité et répondre avec véhémence, après quoi elle n'aurait que ses yeux pour pleurer. En arrivant face à elle Pansy remarqua son teint pâle et ses légers tremblements.
- Bonjour Astoria! Tu as vraiment une sale mine, fit-elle en la scrutant les sourcils froncés.
- Ô... Bonjour...
- Je viens en paix.
A peine eut-elle prononcé ces mots que le rythme cardiaque de la cinquième année revint à la normale. Il n'y aurait pas d'esclandre aujourd'hui, c'était déjà positif.
- Je viens te voir parce que il est important que tu saches que je ne veux plus être méchante avec toi.. Avant je te détestais à cause de Drago, mais maintenant que j'ai Elvis je n'ai plus aucun ressentiment envers toi. Je pense même que nous pourrions éventuellement être bonnes amies si c'est d'accord? Dit Pansy rayonnante de bonheur.
Astoria remarqua qu'Elvis les scrutait plus loin du coin de l'œil, surveillant la discussion avec attention. Il appréhendait certainement qu'Astoria crache le morceau amadouée par l'étrange gentillesse de Pansy à son égard. Astoria se sentait honteuse et mal à l'aise. La culpabilité la rongeait de l'intérieur. C'était une sensation fort désagréable, d'autant qu'elle n'y était pour rien dans cette affaire. Elle aurait voulu tout effacer et n'être impliquée en rien dans ce triangle farfelu. En principe, Astoria ne portait pas particulièrement Pansy dans son cœur, mais était-ce une raison pour la laisser vivre avec un tel salaud en herbe? En même temps, en restant dans l'ignorance elle était heureuse, et Astoria n'avait pas le droit de gâcher ce bonheur. Peut-être que Pansy préférait ne pas savoir, essaya-t-elle de se rassurer. Quoi qu'il en soit elle fut bien incapable de prononcer le moindre mot, à la place elle adressa un sourire crispé à sa camarade. C'était l'unique chose qu'elle pouvait faire à cet instant très précis.
- Astoria je tiens vraiment à te présenter mes excuses pour toutes ces horribles choses que je t'ai dite. Quand je déteste quelqu'un je me comporte vraiment comme une sale peste et encore j'étais pas à mon maximum, ria-t-elle. Si tu essaies de me piquer mon petit-ami là tu verras à quel point je pourrais te faire du mal, ria-t-elle encore de plus belle.
Un frisson lui traversa le corps, c'était comme si Pansy se doutait de quelque chose et jouait avec ses nerfs. Il fallait qu'elle réponde quelque chose, elle ne pouvait pas rester tétanisée plus longtemps c'était ridicule. Elle prit une profonde respiration pour se calmer. A force d'être silencieuse, elle éveillerait les soupçons de sa camarade, il fallait être NA-TU-RELLE.
- Voyons Pansy ne dis pas de sottises. Aller soyons amies! S'exclama Astoria avec un sourire crispé et en ouvrant ses bras pour inviter Pansy à venir l'enlacer. Pansy ne se fit pas prier et prit Astoria dans ses bras. Cette dernière lui tapota maladroitement le dos ne sachant trop quoi faire d'autre dans une telle situation. Elle aperçu Elvis lui adressait un sourire froid au loin, satisfait de la tournure que prenait les choses. Génial. Astoria se dégagea de l'étreinte toujours avec ce sourire stupide.
- Bien bien bien! Je... suis contente pour toi Pansy et je te souhaite d'être heureuse!
- Mais c'est déjà le cas, Elvis est vraiment un garçon fabuleux. Il me dit des choses magnifiques et de toi à moi, il embrasse merveilleusement bien. Tu ne peux t'imaginer à quel point il me fait me sentir bien. J'ai beaucoup de chance, chuchota-t-elle comme une confidence.
- Je ne peux effectivement abso-lu-ment pas m'imaginer ce genre de chose. Je suis ravie pour toi... tu as... vraiment... BEAUCOUP de chance.
- Ouiiii je suis sûr que tu meurs de jalousie pas vrai? S'enjoua-t-elle taquine en lui mettant une tape sur le bras.
- C'est sûr! Répondit Astoria en se forçant à utiliser le même ton. Aller tu devrais aller retrouver cet... "apollon" qui est le tien.
Pansy acquiesça gaiement et alla rejoindre fièrement son petit-ami. Astoria soupira de soulagement en voyant Pansy s'éloigner. Tout de même c'était injuste même pour Pansy d'être avec ce type et elle, elle devait rester la sans rien dire en se réjouissant. Le pire c'est que s'ils finissaient par se marier sûrement que Pansy la convierait aux noces. Elle observait la jeune femme promettre de se donner corps et âmes à son époux, elle lui jurerait fidélité et il devrait en faire de même. Pansy y croirait, alors qu'Astoria au loin saurait à quel point tout cela sonne faux. Elle saurait que leur relation est basée sur un mensonge et que dès les premiers instants elle fut trompée. Et pourtant assise dans les rangs elle resterait silencieuse à regarder ce triste tableau et peut-être même qu'elle serait sur certaines photos près de la mariée, ce qui serait absolument inconvenant et irrespectueux. Elle se sentait monstrueuse de se taire ainsi, car si s'eut été elle, elle aurait voulu que Pansy la prévienne. Elle fut sortie de ses pensées quand elle senti un bras la prendre par les épaules. Il s'agissait de Drago avec un sourire narquois sur le visage. Tout comme Astoria il avait le regard en direction du tout nouveau couple.
- Tu as le cœur brisé, sourit-il.
- Je n'ai pas le cœur brisé et je ne peux pas croire que l'idée même que ça puisse être le cas te fasse sourire! S'offusqua-t-elle.
- Je t'avais prévenu n'est-ce pas? Il faut que tu saches que je jubile toujours sans rougir lorsque j'ai raison, expliqua-t-il en renforçant son étreinte. Ils vont si bien ensemble tu n'es pas d'accord?
- Même Pansy mérite mieux que ça, chuchota-t-elle tristement.
- Ça, ça n'est pas ton problème Greengrass. Je t'interdit d'aller fourrer ton nez là-dedans!
- Puis-je savoir vertu de quoi tu interdis?
- Nous sommes amis alors je ne prendrais aucune pincette. Depuis que je te connais tu n'arrives qu'à te mettre dans des situations ridicules, alors à moins de vouloir essuyer une humiliation de plus je t'invite vivement à m'écouter, déclara-t-il fermement.
Même si son ton était dur, il n'avait pas tort. Elle avait le don pour s'attirer des ennuis et là elle en aurait de très gros si elle tentait d'expliquer à Pansy que son petit-ami n'était pas aussi aimant qu'elle ne pouvait le penser. Quand vous annoncez à quelqu'un que son bonheur est artificiel, il ne faut pas s'attendre à une embrassade. Astoria décida d'oublier tout cela et d'arrêter de se préoccuper autant. Ce premier baiser était annulé, elle n'en voulait pas et il ne comptait pas. Et puis après tout, le premier vrai baiser c'est celui avec la personne qu'on aime se rassura-t-elle. Elvis ne dirait rien et elle non plus, alors elle pouvait très bien considérer qu'elle n'avait jamais été embrassée par personne. C'était tout comme.
- Drago tu voudrais qu'on aille dans la salle sur demande ce soir? Il y a longtemps qu'on ne s'est pas retrouvés, proposa-t-elle souriante pour tourner la page et se changer les idées.
- Je n'ai pas l'habitude d'être une roue de secours Astoria. Je ne crois pas que j'aurais envie de t'accorder du temps ce soir parce que vois-tu ce n'est pas à ta guise.
La rancune était tenace chez les Malefoy, Astoria n'avait pas fini d'essuyer des remarques. Si elle acceptait de reconnaître sa part de responsabilité, ce n'était pas son cas à lui. Il était beaucoup trop orgueilleux pour cela, bien plus qu'elle. Elle tenta de se libérer de son emprise, mais la pression de ses bras sur ses épaules était trop forte. Voulait-il la blesser parce qu'elle l'avait blessé? Il l'emmena s'asseoir sur le divan face à celui de Pansy et Elvis. Il souhaitait définitivement la torturer... et encore il n'était même pas au courant du baiser. Que c'était malsain d'être assise ici avec lui, face à eux. Ils entamèrent une conversation qu'elle n'écouta pas vraiment trop occupée à réfléchir. Drago lui mit un discret, mais très fort coup de coude. Elle parvint de justesse à retenir une grimace de douleur.
- N'est-ce pas Astoria? Fit Pansy.
- Pardon j'étais distraite, que disais-tu? Demanda-t-elle aimablement.
- Que Poudlard était une bien meilleure école désormais, répéta-t-elle agacée.
- Naturellement, quel serpentard digne de ce nom pourrait prétendre le contraire!
- Dommage qu'il ait fallut attendre notre dernière année pour enfin que nous soyons traités avec la plus haute considération, regretta Elvis.
- Certainement, mais mieux vaut tard que jamais, conclut finalement Drago. Mis à part cette évidence sur laquelle nous ne pouvons qu'être d'accord, Pansy j'ai cru comprendre qu'Astoria et toi aviez décidé d'être amie? C'est une bonne nouvelle de voir que tu as mis ta rancœur envers elle de côté, surtout que vous connaissant je sais que vous avez quelques goûts communs. Je suis persuadé que vous vous entendrez à merveille, décara-t-il avec un rictus lourd de sens.
- Ah oui? Fit Pansy curieuse.
- Drago fait sans doute allusion à la littérature française, répondit Elvis en adressant un regard noir à Drago. Je sais que tu adores cela et j'ai vu Astoria avec un livre de ce type une fois.
- Oui entre autre, répondit le prince des serpentards de manière évasive en laissant planer un doute.
Elvis se leva du divan profondément agacé par l'attitude de Drago. Pansy l'observa surprise, il lui adressa un sourire rassurant.
- Astoria, Drago veuillez m'excuser j'avais des projets pour Pansy et moi et il faut que nous y allions.
Pansy se leva et il lui tendit son bras de manière très galante. Puis ils s'en allèrent, tandis que Drago s'avachit au fond du divan manifestement très content de lui. Astoria le regarda effarée par son comportement.
- Ça suffit Drago.
- Ça suffira quand j'en aurai décidé, répondit-il sèchement. Tout comme toi, j'ai prévenu Pansy que Yaxley n'était qu'un beau parleur et elle n'a rien voulu entendre non plus. Alors s'il me plaît de faire des allusions je l'ai fait, peu importe si tu te sens mal à l'aise.
- Tu veux savoir ce que je crois? Je crois que tu es jaloux car pour la première fois de ta vie tu as de la vraie concurrence.
- Pansy est avec lui, car je n'ai pas voulu d'elle. Je n'appelle pas ça de la concurrence. Quant à toi tu t'es approchée de lui, parce que je ne daignais pas t'accorder suffisamment d'attention. La vérité c'est que TU voudrais que je sois jaloux, n'est-ce pas?
Drago était l'arrogance en personne et ça lui donnait un air terriblement sexy. Peu importe qu'il ne soit pas toujours agréable ou tendre, il valait mieux ça à l'hypocrisie constante d'Elvis Yaxley. Le fait qu'il est prévenu Pansy que son petit-ami n'était pas forcément quelqu'un de confiance, permit à Astoria de se sentir mieux. Pansy même si elle avait refusé d'écouter avait été informée et elle s'était malgré tout engagée. Cela enleva un poids sur les épaules frêles de la jeune fille. Astoria le regarda sans rien dire ne sachant trop quoi répondre. Il n'avait pas tout à fait tort après tout. Son assurance le rendait tellement beau, elle succombait totalement. Il était impossible de résister à ce regard ténébreux capable de faire frémir n'importe qu'elle fille. Elvis même avec toute la volonté du monde, ne pouvait rivaliser.
- Tu me tues Drago Malefoy, chuchota-t-elle en se mordillant la lèvre.
- Et à Elvis qu'est-ce que tu lui disais pour le rendre fou? chuchota-t-il à son tour en passant son bras sur le dossier du divan.
- Rien du tout.
- Hmm... et quand il te disait à quel point il te trouvait belle, que répondais-tu?
Il n'avait l'air nullement énervé. Sa voix était douce et grave. Il y avait une tension presque érotique dans l'air. Quelle indécence en plein milieu de la salle commune! Astoria se sentait toute chose. Si elle écoutait son cœur elle lui sauterait dessus pour l'embrasser, mais sa raison lui disait non. Sa raison, son éducation et la peur de se faire rejetée en vérité. Et puis aussi, après l'échec Yaxley, il valait mieux prendre le temps. Son ex-premier baiser avait été incroyable, mais il ne serait rien à côté de celui à venir. Certes Elvis avait mis la barre haute, mais qu'importait. Astoria en était persuadée le prochain serait meilleur et il lui ferait certainement oublier définitivement l'autre.
- Qu'il était le premier à me dire de si charmantes choses...
- Comme ce devait être agréable.
- Très. Cela étant, sans blâme il n'y a pas d'éloge flatteur, sourit-elle.
- Voilà qui est subtile.
- Tout à fait moi, n'est-ce pas? Ria-t-elle.
Lui en revanche continua à la regarder avec grand sérieux, les yeux légèrement plissés. Astoria remarqua qu'il y avait toujours quelque chose de mélancolique dans les yeux de Drago ou peut-être était-ce la couleur qui lui rappelait simplement le temps brumeux anglais. Ils restèrent quelques minutes supplémentaires dans la salle commune ensemble. Puis il s'en alla, fidèle à son refus de passer la soirée avec elle.
