Chapitre 10

"...Il aime à dominer, donc..."

La main de Ruki glissa vers le membre de l'Amacan pour le caresser tendrement. Ce dernier gémit de plaisir et de surprise.

"Donc il est entré en toi..."

L'autre hocha la tête, et Reita souleva son bassin pour le pénétrer avec délicatesse, cherchant à ne pas lui faire mal.

"Et sa main..."

Le plus petit des deux glissa la main de son amant sur son propre entrejambe. Reita commença à bouger ses hanches et sa main d'avant en arrière, ses gémissements et cris de plaisirs rejoints par ceux de l'Ocillien... Tous deux, l'un contre l'autre, sentaient le plaisir monter en eux, leurs âmes s'envoler plus haut que les cieux. Le bassin du dominant accélérait encore et toujours, les menant encore et encore plus haut, ils traversaient les cieux, les étoiles... Derrière leurs paupières explosèrent des milliers de lumières colorées, et bientôt, épuisés, leurs corps s'affalèrent l'un sur l'autre, mais Reita s'écarta, pour ne pas étouffer son amant. Il lui caressa tendrement la joue, et le regarda en souriant.

"Et il n'a pas aimé ?"
"Il n'a pas aimé."
"Il a mauvais goût alors..."
"Mais non !" rétorqua le petit blond en se réfugiant dans les bras de Reita. "Je te dis que c'est moi qui ne suis pas..."
"Tu es très doué et moi j'ai aimé plus que tout," l'interrompit l'autre. "Tu as dit toi-même qu'il te dégoûtait, c'est peut-être à cause de ça qu'il n'a pas aimé..."

Sur ces mots, ses lèvres rejoignirent celle du guerrier aux yeux bleus, qui rougit comme une vierge.

"Et moi, je te dégoûte ?"

Apparemment, Ruki ne savait pas quoi répondre. Il se contenta de rougir un peu plus et sourit.

"Non. Je vois pas trop pourquoi tu me dégoûterais, alors qu'en plus c'est moi qui t'ai demandé de le faire."

Reita sourit, heureux de la réponse de l'Ocillien, et l'embrassa.

"Bonne réponse !"

Et le jeune homme aux yeux couleur de l'océan sourit. Ils s'embrassèrent à nouveau, heureux de s'être choisis l'un/l'autre. Rien ne vint troubler leur calme, en dehors d'un bruit. Un bruit dans les fourrés. En y jetant un oeil, Reita y reconnut son chef. Il se leva et se rhabilla en invitant son amant à faire de même, et entraîna Ruki dans la forêt.

"S'il me voit avec quelqu'un de chez toi..." souffla-t-il à son amant. "...Il me tuera."

L'Ocillien aquiesca. Tous deux atteignirent une autre clairière, loin de leurs villages respectifs, et s'y allongèrent. Pas longtemps hélas : de nouveaux bruits se firent entendre. Deux hommes, l'un aux cheveux bruns et aux yeux noirs, l'autre blond et svelte, semblable à une femme, apparurent.

"Ruki ?" murmura le brun.
"Aoi et Uruha ? Qu'est-ce que vous faites ici ?" demanda le guerrier aux yeux bleus.
"J'essaye d'échapper à mon devoir, on va dire," expliqua le grand blond en s'asseyant. "Et toi ?"

Ruki désigna son amant de la tête.

"Ooooh," fit Aoi, "effectivement."

Reita se présenta aux deux autres, expliquant toute leur histoire en sautant quelques détails qui ne les concernaient pas.

"Mais," fit finalement Ruki, "Aoi, pourquoi est-ce que tu es là aussi ?"
"Je..."

Le brun jeta un coup d'oeil nerveux à son ami, lui cachant apparemment quelque chose. Etrangement, ce fut très clair pour Reita.

"Okay, okay," dit celui-ci, "on a compris..."
"Et toi ?" demanda Uruha. "Tu ne nous attaqueras pas ?"
"Pourquoi faire ?" répondit l'Amacan en haussant les épaules. "Je n'en ai aucune raison valable."

Les deux autres sourirent et s'asseyèrent à leur tour.

"On est tous dans la même situation, finalement..." soupira le petit blond. "On dev..."

Il ne put finir sa phrase, coupé par un bruit de cheval au galop, et le corps d'un homme qui se dirigeait à toute allure vers eux. Ce dernier attérit près d'eux, inconscient, pendant que les chevaux empruntaient un autre passage.

"Kai !" souffla le brun. "Comment ça se fait ?"