Dernier chapitre. L'angoisse de notre Jeannot prendra-t-elle fin ?
Merci à ceux qui suivent et bonne lecture
Et là, c'est le drame comme dirait l'autre. Jean repéra Dooley un peu pus loin, consultant la liste des opérations. Aussitôt il fila vers lui. Lorsque le conservateur se retourna, il se retrouva face à un fauve prêt à lui taillader la couenne.
« Monsieur Dooley … puis-je savoir pourquoi ma femme -qui est enceinte dois-je vous le rappeler- porte-elle quelque chose d'aussi gros ?» avait-il demandé d'une voix glaciale.
« Parce qu'elle l'a demandé ?» répondit le directeur, son bloc-note érigé en défense devant sa bouche.
Plus petit que le militaire d'une tête et demi, et nettement moins épais, Dooley avait toujours été intimidé par le grand blond. Surtout quand il ne gênait pas pour signifier quelque chose qui lui déplaisait dans le travail de Samantha. C'était rarissime évidemment, Havoc n'étant pas stupide, mais quand ça arrivait, comme par exemple maintenant, cela donnait lieu à des sueurs froides pour Dooley.
« Et vous l'avez laissée faire ?» gronda-t-il.
« Mais vous savez comment elle est ! Pas du genre à rester bien gentiment assise quand il y a du travail, enceinte ou pas.» se défendit Dooley.
« Vous pourriez tout de même vous montrer un peu plus ferme que ça. C'est la santé de votre employée qui est en jeu là !» reprit Jean, acide.
Les yeux bleus semblaient littéralement le carboniser sur place. Bientôt sans nul doute, le conservateur allait devenir partie intégrante des pièces de ce musée.
« Je suis désolé monsieur Havoc, vraiment, mais je crois que vous devriez en discuter avec votre épouse.» reprit le conservateur.
La voix de Dark découvrant son beau-frère dans les parages permit à Dooley de s'esquiver. En découvrant la mine du sous-lieutenant, elle sut qu'elle était arrivée à temps.
« Bonsoir Jean. C'est quoi le souci cette fois ?» demanda Dark.
« Bonsoir. Pourquoi avoir laissé Sam porter cet espèce de rouleau là ?» répondit le blond.
« Ça lui fait faire de l'exercice.»
Havoc arrondit les yeux, en plus de fusiller la brune du regard. Il savait que Dark n'était pas sérieuse, mais ce n'était décemment pas le genre de réponse qu'il attendait.
« Mais elle ne doit pas porter de charge dans son état ! »
« Relax, c'est pas aussi lourd que ça en a l'air. » assura Dark.
« M'enfin tout de même ! »
« Quoi ? Tu veux qu'on la mette sous verre ? Détends-toi, les trucs les plus lourds d'autres s'en chargent. » tempéra la brunette.
Le militaire soupira à son tour. Il alla rejoindre Samantha, qui l'accueillit tendrement comme à l'ordinaire. Havoc avait jugé utile de ne pas mentionner le rouleau. Il savait bien que cela n'aboutirait qu'à un conflit.
Havoc rentra tranquillement chez lui. Maintenant qu'il savait Samantha en congé, il était plus tranquille.
« Ta journée s'est bien passée ?» questionna la brunette en se rendant dans la cuisine.
« Oui très ne t'es pas ennuyée ?»
Samantha sortit des assiettes pendant que son mari attrapait les couverts.
«Non non, je me suis promenée et suis allée voir Dark au musée.»
Jean acquiesça. La savoir toute seule dehors était sujet à questions pour lui, mais il ne pouvait pas non plus lui demander de rester enfermée toute la sainte journée.
Ceci fait, il débarrassa la table pendant que la brune se rendait au salon.
« Euuuh chéri ? »
« Oui ? »
« J'ai perdu les eaux. » annonça Samantha depuis le salon.
« Les os ? » s'étonna Havoc.
« Oui.»
Le blond reposa le torchon pour la vaisselle perplexe.
« Comment ça t'as perdu tes os ? Comment peut-on perdre un os ? »
« Oh misère. Pas un os, les eaux du bébé ! » s'exclama Samantha.
« Quoi ? Ils peuvent perdre leur squelette ? »
« Mais tu le fais exprès ? Ça veut dire que je vais accoucher ! »
Il y eut un silence, puis une cavalcade. Jean déboula au salon, pour découvrir son épouse trempée et une flaque à ses pieds. Sam le vit pâlir. Attention, crise de panique en vue.
« Jean. Va chercher ma valise dans ma chambre, moi je t'attendrais dans la voiture.» reprit-elle.
« Tout de suite ! »
La brune fila se changer dans la salle de bain, pendant que le militaire renversait tout pour mettre la main contenant les affaires pour la maternité.
« A côté de l'armoire ! » intervint à nouveau la chasseuse de reliques, en se rendant près de l'entrée.
Nouveau remue-ménage. Elle eut le temps d'atteindre leur véhicule avant qu'il ne trouve cette valise. Jean claqua la porte -il fallut lui dire de fermer à clé- puis fonça dans la voiture. Samantha dut se cramponner lorsqu'il fit hurler les pneus.
« Hé hé hé ! Doucement, je tiens à arriver entière !» lança-t-elle.
« Mais on a pas le temps !» s'affola Jean.
« T'en fais pas, il va pas sortir tout de suite. Ouille !»
« C'était quoi ça ? »
« Une contraction. C'est normal.»
Jean se crispa sur son volant, mais ralentit tout de même. Durant le trajet, il jetait des regards à son épouse. Sam grimaçait lorsqu'une contraction survenait. Tant bien que mal, ils atteignirent l'hôpital. Une infirmière demanda au soldat de rester dans le couloir. Il regarda son épouse partir avec les médecins. Un instant après, il courut trouver un téléphone.
« Allô ? »
« Kain c'est Jean. Je viens d'emmener Samantha à l'hôpital, elle va accoucher.» informa Havoc.
« Mince ça y est ? On arrive tout de suite. Toujours le même hosto ?»
« Oui. J'appelle le colonel et Riza aussi.»
Jean raccrocha, puis composa un nouveau numéro. Ce fut madame Mustang qui répondit. Son collègue l'informa de la situation. Riza indiqua qu'ils arrivaient. Une demi-heure plus tard, les deux couples retrouvèrent le futur père dans le couloir. Jean était assis sur un banc.
« Comment tu te sens ? » demanda Roy.
« Nerveux. J'aurais bien fumé, mais j'ai arrêté y'a longtemps. Puis c'est pas bon pour ma Samy ni le bébé.» fit le blond.
Son supérieur s'assit à côté tout en le gratifiant d'une tape dans le dos. Kain se mit de l'autre côté. Dark et Riza prirent place chacune à côté de leur époux. Riza indiqua que cela prendrait certainement des heures. Jean soupira. Pendant une heure, personne ne pipa mot. Finalement, ils commencèrent à papoter de tout et de rien. Malgré la nervosité de l'attente, Riza s'endormit sur l'épaule de Roy, qui ne tarda pas lui-même à fermer les yeux. Kain aussi sombra dans le sommeil. Dark lutta un instant, tout comme Jean. Lorsque le sommeil fut sur le point de l'emporter, une porte s'ouvrit.
« Monsieur Havoc ? » appela une infirmière.
« Oui ? » sursauta le blond.
« Vous pouvez y aller.»
« Ça y est ?» fit-il tout à fait réveillé.
L'infirmière hocha la tête avec un sourire. Jean secoua Kain et Roy, puis fila dans la chambre. Samantha l'accueillit avec un visage éreinté, mais heureuse. Elle tenait un tout petit être dans les bras. Jean sentit une émotion intense le traverser en comprenant qu'il s'agissait de son enfant.
« Viens voir ta fille, mon chéri. Je te présente Jenny. »
Le soldat approcha, et assit à côté de la brune. Derrière, les amis de la petite famille firent leur entrée. Chacun adressa des félicitations aux parents. Samantha mit ensuite l'enfant dans les bras de son père. Le blond en eut les larmes aux yeux. Puis ce fut au tour de Kain de saluer sa nièce.
« Elle a de si petites mains ! » dit-il tout sourire.
Il se tourna vers Dark, et l'invita à le rejoindre d'un signe de tête.
« Moi ? »
« Bien sûr Dark, c'est ta nièce. » dit Samantha.
Hésitante, elle approcha et accueillit le bébé. La brune la contempla un instant. Sa nièce … sa famille. Elle adressa un regard reconnaissant au couple Havoc, avant de la donner à Riza.
« Bonsoir Jenny !» fit la blonde.
Roy passa une main autour des épaules de Riza.
« Elle a déjà des petits cheveux on dirait. » remarqua Mustang.
Jenny présentait un duvet de cheveux noirs. Ce fut ensuite à son tour de prendre l'enfant pendant un instant, avant de le rendre à sa mère.
« Bien, on va te laisser te reposer Sam. » décréta Kain.
« Entendu, merci d'avoir été là. » répondit sa soeur.
« C'est normal.»
Roy demanda s'il pourrait faire venir Heymans Breda et Vato Falman le lendemain midi. Jean donna son accord, après un regard interrogateur à sa femme. La porte se referma ensuite. Samantha étouffa un bâillement. Jean prit son enfant et l'installa dans le petit lit prévu à cet effet, avant de déplier le lit de camp qu'il avait réservé.
« Bonne nuit, ma chérie. »
« Onuit. Ah par contre, elle risque de se réveiller cette nuit, pour téter. L'infirmière m'a fait un petit exposé.» prévint Samantha.
« Je m'en occuperais, t'en fais pas. » assura Jean.
Samantha lui montra alors le biberon posé sur un meuble, avant de lui expliquer comment s'y prendre. Ceci fait, il s'allongea sur son lit.
Le jour suivant, Breda et Falman vinrent à leur tour découvrir la petite. Samantha terminait juste de la nourrir.
« Alors papounet ? Quoi de neuf ? » s'exclama Breda en lui donnant une tape dans le dos.
« Ben écoute, je lui ai donné le biberon cette nuit. » informa Jean, non sans fierté.
Falman déposa un bouquet sur la petite table de chevet, avant de saluer Samantha. La brune le remercia, puis lui proposa de prendre Jenny.
« Hé ? Mais je sais pas comment faire ! » releva Falman.
« Parce que tu crois que nous on savait ? Faut juste faire attention à sa tête c'est tout.» répondit Havoc.
Avec moult précautions, Vato prit l'enfant dans ses bras. Il en fut assez ému.
« A ton tour Breda. » lança Havoc cinq minutes plus tard.
Le rouquin approcha, et ce fut Jean qui lui mit le bébé dans les bras.
« Elle est bien belle. » annonça-t-il.
« Forcément, c'est ma fille.» fanfaronna Havoc, déclenchant des petits rires.
Breda se demanda s'il n'allait pas finir comme Maes Hughes. Parlant de lui, les militaires trouvèrent qu'il manquait affreusement. Roy notamment, y avait songé pendant la grossesse, en voyant son subordonné si nerveux. S'il avait été là, il aurait pu lui donner des conseils et le rassurer. Ils auraient ensuite pu gagatiser ensemble, ou encore jouer au pire papa-gâteau. Mais il n'était plus là. Jean y pensait aussi, et comme les autres regretta son absence. Cette rêverie un peu amère fut interrompue par l'arrivée des grands-parents maternels et paternels. Les militaires en profitèrent pour s'esquiver, leur pause-déjeuner étant sur le point de s'achever.
Les deux grand-mères s'extasièrent bruyamment sur le bébé, pendant que leurs époux faisaient preuve d'un peu plus de retenue. Jenny fit une nouvelle fois la tournée des bras. Puis la mère de Jean demanda à sa belle-fille si tout s'était bien passé, lançant un regard entendu vers son fils. Le couple leur avait rendu visite tant que la jeune femme le pouvait.
« Bien … il a pu garder un semblant de sang-froid. Et au moins maintenant il va arrêter de me prendre pour une poupée de porcelaine.» répondit Samantha avec un sourire.
Jean soupira, non sans lui retourner son sourire. Bon, avec le recul il reconnaissait y être allé un peu fort. Mais à présent, il était plus serein. Restait sa fille à protéger, seulement il faudrait déjà que la mère lui laisse quelque chose à ce niveau-là. Les parents de chacun restèrent une bonne partie de l'après-midi. Le militaire et son épouse restèrent à l'hôpital une semaine. De retour chez eux, Samantha déposa Jenny dans son berceau. Son mari passa ses bras autour de sa taille.
« Et voilà. On est parents, tu te rends compte ?» dit-elle à mi-voix.
« Oui c'est dingue. » ajouta Jean.
Tous deux restèrent un moment à contempler le fruit de leur amour, puis quittèrent la chambre.
