Bonjour,

Et voici le dixième chapitre ! On devrait être au tiers de l'histoire maintenant.

J'en profite pour remercier chaleureusement Ange, Gui40, salmonelodie, loupa4, Isabella-57, Tokyogaijin, MaldivesMasques, petitpain, SkyFalll, guestyn et ALIASTESIN. Je lis toujours vos reviews avec grand plaisir, et elles me donnent la motivation pour continuer.

J'espère que vous aimerez tous bien ce nouveau chapitre.

Bonne lecture,

Perhentian

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Chapitre 10 – Décembre 1998

Hermione se réveilla en sursaut et se redressa d'un coup. Puis elle cria de douleur et se recroquevilla sur elle-même. Son mouvement brusque avait réveillé une terrible douleur dans son dos. Instantanément, les souvenirs lui revinrent et une sourde angoisse l'envahit. Elle s'était battue en duel contre le seigneur des ténèbres. Et il lui avait démontré que même avec une baguette elle était absolument incapable de se mesurer à lui.

Les sorts qu'il avait utilisés, les mouvements qu'il avait faits, sa posture, rien de cela n'était indiqué dans les livres qu'elle avait lus. Il n'avait pas prononcé un seul sort, et dans certains cas il n'y avait même pas eu de rayons lumineux. Elle ne savait même pas par où commencer pour tenter de se mettre à son niveau. Et elle n'en avait pas le temps.

Précautionneusement, Hermione se redressa. Si elle ne faisait pas de mouvements brusques, son dos ne la faisait visiblement pas trop souffrir. Son cœur qui battait à toute allure était bien plus douloureux. Pourquoi n'était-elle pas morte ? Qu'est-ce qu'il lui voulait maintenant ? Hermione se leva et se posta près de la fenêtre pour essayer de calmer son angoisse.

Il faisait nuit noire dehors, et un coup d'œil à l'horloge indiqua à la jeune fille ce qu'elle voulait savoir. 4h du matin. Et elle était assez certaine de ne pas pouvoir se rendormir. Sa vie était en sursis. Complètement en sursis. Elle venait de découvrir qu'elle était une sorcière, qu'elle pouvait faire des choses incroyables, et elle allait sûrement mourir dans les jours qui venaient. Elle laissa son regard traîner un moment sur le parc, faiblement éclairé par la lune en dernier quartier.

Le paysage calme et serein, à cent lieux de ses préoccupations, permit à Hermione de se calmer suffisamment pour se reprendre. Ce n'était sûrement pas en rêvassant qu'elle allait s'en sortir. D'un pas lent pour ne pas raviver la douleur de son dos, Hermione passa dans le salon et s'approcha de la porte donnant sur le couloir. Elle avait réussi à l'ouvrir la dernière fois. Elle ne savait pas comment, mais sa magie avait réussi à ouvrir la porte. Cependant lorsqu'elle posa ses mains dessus, elle ne ressentit absolument rien. Il n'y avait plus de pulsations, ni de picotements dans ses mains.

– Alohomora ! prononça-t-elle distinctement.

Mais il n'y eut aucune réaction. Elle s'acharna pendant quelques minutes avant de s'avouer vaincue. Elle n'était pas capable de refaire ce qu'elle avait précédemment accompli. Il avait fallu six jours la dernière fois pour que sa magie se déchaîne. Allait-elle devoir attendre aussi longtemps avant de pouvoir de nouveau tenter sa chance ?

Hermione regarda la pile de livres qui étaient soigneusement posés sur une table du salon. De nombreux sortilèges étaient expliqués dedans, mais il n'y avait rien sur le sujet qui l'aurait le plus intéressé. Quelque chose sur la magie elle-même. Quelles étaient ces sensations qu'elle avait ressenti les jours précédents ? Pourquoi n'était-elle plus capable de les ressentir maintenant ? Était-il possible de faire de la magie sans baguette ? Si oui, comment ? Elle n'avait pas de réponse à ces questions, et elle n'avait pas vraiment envie de voir celui qui pourrait lui en donner.

Elle ne savait pas ce que le seigneur des ténèbres lui réservait. La protection était tombée, il avait résolu l'énigme, et elle n'avait maintenant plus rien d'intéressant pour lui. Le fait qu'elle soit sorcière ne semblait pas l'avoir surpris, il devait même s'en douter. Ce n'était donc pas ça qui lui avait pour le moment sauvé la vie. Mais dès qu'elle n'aurait plus aucune utilité pour lui… Hermione frémit à cette pensée.

Jusqu'à ce que le soleil se lève, Hermione révisa. Elle répéta les mouvements du sortilège de désarmement, du sortilège d'immobilisation et du charme du bouclier. C'était les sortilèges de duel les plus faciles qu'elle ait trouvé, et elle se devait de les maîtriser parfaitement. Comment allait-elle pouvoir lancer un Stupefix efficace si elle n'était même pas capable de lancer un Expelliarmus ?

Elle ne sortit sa tête de ses révisions que lorsque l'elfe apparu à côté d'elle, avec son petit déjeuner.

– Dory a apporté le petit déjeuner de mademoiselle Hermione, fit le petit elfe.

– Merci Dory, répondit distraitement Hermione.

Elle jeta un coup d'œil au petit déjeuner devant elle. Peut-être était-ce son dernier ?

– Rha, mais reprends-toi ma pauvre Hermione ! s'écria-t-elle à haute voix.

Et elle se replongea dans "10 techniques défensives en duel", grignotant distraitement la nourriture sous l'insistance de l'elfe. C'était toujours aussi bon, et Hermione se fit la réflexion qu'elle mangeait bien mieux en tant que prisonnière du seigneur des ténèbres que lorsqu'elle avait encore une vie normale. En même temps, le dit seigneur des ténèbres ne semblait pas particulièrement manquer d'argent.

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La journée se passa tranquillement. Ainsi que les deux suivantes. Hermione ne lâchait pas les livres. Elle ne pouvait se laisser aller, et si elle laissait un instant ses pensées dériver elle ne pourrait s'empêcher de se rappeler qu'elle était en sursis pour une durée indéterminée. SDI, le pendant macabre du CDI. Hermione pouffa en se faisant cette réflexion, et se dit qu'elle commençait à tourner complètement folle. C'était bien le moment de faire des associations d'idées stupides.

Quasiment toutes les deux heures, Hermione avait fait une nouvelle tentative pour ouvrir la porte. Ni les pulsations ni les picotements n'avaient repris depuis deux jours, mais cela ne l'empêchait pas d'essayer. Et après avoir jeté un coup d'œil à l'horloge, indiquant 16h en ce dimanche 13 décembre, Hermione se leva de son siège.

– Il est temps de voir si tu vas enfin accepter de t'ouvrir, fit-elle en jetant un regard noir à la porte.

Elle se plaça au plus près devant, sa main droite tendue devant elle comme si elle avait une baguette. Elle avait l'impression de sentir faiblement la porte, mais elle ne parvenait pas à savoir s'il s'agissait uniquement de son imagination. Et quoi qu'elle fasse, elle ne parvenait pas à imposer sa volonté.

– Alohomo…

Hermione s'interrompit brutalement, se figeant complètement sur place de peur. Elle n'arrivait pas à sentir la magie de la porte, mais la source de magie qui venait juste de se manifester dans son dos, elle la sentait parfaitement. Cette puissance à la fois glaçante et enivrante ne pouvait signifier qu'une chose, et Hermione se retourna, son corps entier tendu d'appréhension.

Le seigneur des ténèbres était confortablement installé dans l'un des fauteuils, un sourire satisfait sur ses lèvres, son regard rouge fixé sur elle. Hermione lui rendit son regard. Son cœur avait recommencé à battre douloureusement dans sa poitrine dès qu'elle avait eu la confirmation de ses soupçons, et elle sentait déjà ses mains se mettre à trembler.

– Il est tout à fait inutile de t'acharner Hermione, tu ne pourras pas ouvrir cette porte, fit le seigneur des ténèbres d'un ton égal.

– J'ai pu l'ouvrir la dernière fois, répondit Hermione, une pointe de défi dans la voix.

Avant de regretter à la fois sa phrase et la pointe de défi. N'avait-elle donc aucun instinct de survie ? Malgré ses appréhensions, le seigneur des ténèbres garda son air calme.

– Ce que tu as la fait la dernière fois, c'est de la magie instinctive. La magie sans baguette est dans tous les autres cas largement hors de portée de la majorité des sorciers.

– Mais vous aviez dit que cela se reproduirait lorsque mon niveau de magie serait remonté ?

Tant pis pour son instinct de survie. Sa curiosité était bien plus puissante.

– Si ta magie n'est pas utilisée, elle débordera sûrement de nouveau. Mais ce qui se passera à ce moment-là n'est ni prévisible, ni contrôlable.

Hermione acquiesça. Le seigneur des ténèbres avait l'air bien trop calme, et Hermione s'agita inconfortablement. Plus il était calme, plus l'homme était difficilement prévisible, et elle se demanda ce qu'il faisait là. Était-il venu l'achever ? Allait-il la regarder dans les yeux, lever sa baguette et la tuer ? Il y avait-il un sortilège pour tuer d'ailleurs ?

– Avada Kedavra, prononça distinctement le seigneur des ténèbres en la regardant.

– Pardon ? fit Hermione, étonnée et étrangement mal à l'aise par ces deux mots.

– Il existe bien un sortilège de mort. L'Avada Kedavra. Six petites syllabes, un rayon vert, et tout est fini. C'est un sortilège d'une extrême élégance.

Une extrême élégance ? Comment pouvait-on dire qu'un moyen de tuer était d'une extrême élégance ? Puis une autre information parvint à l'esprit terrifié d'Hermione.

– Vous lisez dans mes pensées ? fit-elle avec effroi.

Le seigneur des ténèbres hocha la tête, un sourire narquois sur ses lèvres.

– Co… comment est-ce possible ?

– Ne dit-on pas que les yeux sont le miroir de l'âme ? répondit le seigneur des ténèbres avec amusement.

Hermione détourna précipitamment son regard. Ses pensées tournaient à toute vitesse dans sa tête. Si le seigneur des ténèbres pouvait lire dans ses pensées cela ne signifiait rien de bon pour elle.

– Mais… mais ce n'est mentionné nulle part, balbutia Hermione.

– La magie recèle de nombreuses possibilités dont tu n'as même pas conscience ma petite moldue, fit le seigneur des ténèbres d'une voix un brin moqueuse. Cette branche porte le nom de Legilimancie et si elle est peu connue, elle n'en est que plus utile.

Cela n'était définitivement pas une bonne nouvelle pour Hermione. Depuis quand pouvait-il lire dans ses pensées ? Depuis le début ? Non, cela ne collait pas. Il aurait immédiatement su pour Fenrir Greyback. Hermione lui jeta un coup d'œil rapide. Il était toujours confortablement installé dans le fauteuil, sa baguette roulant paresseusement entre ses doigts. Elle comprit alors que sa barrière avait aussi dû la protéger contre la legilimancie.

– Il n'y a pas un moyen de protéger ses pensées, en dehors de ma barrière ? demanda-t-elle.

– Bien sûr qu'il y en a un. L'occlumencie. Peu de personnes pratiquent cette discipline néanmoins.

– Et comment cela s'apprends ?

Le seigneur des ténèbres ne prit pas la peine de lui répondre et se leva élégamment. Il s'approcha d'elle et Hermione s'agita sur place, mal à l'aise. Elle allait avoir beaucoup plus de mal à essayer d'éviter ses sortilèges si elle ne pouvait plus le regarder dans les yeux. Il ne s'arrêta que lorsqu'il ne fut plus qu'à quelques centimètres d'elle. Ses robes noires emplissaient son champ de vision et sa magie était presque étouffante à cette distance. Hermione déglutit d'appréhension et elle garda ses yeux résolument fixés sur le sol.

– Regarde-moi, ordonna-t-il d'un ton qui n'admettait aucune contestation.

Hermione hésita un instant avant de relever la tête. Son regard rencontra les yeux rouges de son vis-à-vis. Au même instant elle sentit la magie autour d'elle s'épaissir, tellement présente qu'Hermione fut surprise de ne pas la voir. Elle frissonna. La magie du seigneur des ténèbres la rendait incroyablement inconfortable. Parce que d'une certaine façon, cette puissance la fascinait.

Un sourire satisfait étira les lèvres de Lord Voldemort. La sensibilité magique de la sang-de-bourbe ne faisait plus aucun doute. Elle était particulièrement bien développée, suffisamment pour sentir les modifications qu'il imprimait sur sa magie. Et cette fascination qu'il pouvait lire dans ses yeux pour la puissance brute. Voldemort s'éloigna d'un pas.

– As-tu lu tous les livres que je t'ai fait parvenir ? demanda-t-il, changeant sciemment de sujet.

Hermione regarda suspicieusement le seigneur des ténèbres. Qu'avait-il bien pu lire dans ses yeux ? Quelles étaient ses motivations ? Que diable attendait-il d'elle ?

– Oui, répondit-elle prudemment. Mais… il y a des choses que je ne comprends pas bien.

– Que tu ne comprends pas bien ? Ce sont pourtant des livres pour enfants… fit dédaigneusement le seigneur des ténèbres.

– Je comprends très bien les livres, répondit Hermione un brin vexée. Ce que je ne comprends pas c'est comment fonctionne la magie. Quel est le lien entre les mouvements et l'incantation d'un sortilège et ses effets ? Pourquoi une baguette magique permet de catalyser la magie ? Comment parvenez-vous à manipuler votre magie ?

Hermione avait encore des dizaines de questions mais elle préféra s'arrêter là, retenant sa respiration. Le seigneur des ténèbres avait l'air d'être dans l'un de ses bons jours mais cela n'était pas toujours la garantie de ne pas se retrouver l'objet d'un sortilège déplaisant.

Voldemort regarda pensivement la jeune fille. Toutes ces questions qui se bousculaient dans sa tête, à la fois naïves et pertinentes. Maintenant qu'il pouvait lire en elle comme dans un livre ouvert elle l'amusait encore plus. Une telle soif d'apprendre, et tellement de détermination. Son expérience allait être des plus intéressantes.

– La magie fondamentale et l'architecture des sortilèges sont deux branches très pointues. Elles ne sont aujourd'hui enseignées qu'à l'université magique, répondit-il.

– Il y a des universités magiques ?

Des universités permettant d'apprendre la magie. Hermione ne pouvait qu'imaginer à quel point cela devait être fascinant d'y étudier.

– Il n'y en a qu'une, à Saint-Pétersbourg. Les sorciers qui s'y inscrivent espèrent pour la plupart obtenir le titre de mage. Peu y parviennent.

– Êtes-vous un mage ? demanda Hermione.

Puis elle se mordit la langue en voyant son regard la scruter. Pourquoi fallait-il toujours qu'elle parle avant de réfléchir ? Qu'est ce qui n'allait pas avec elle ?

– Bien sûr que je suis un mage ma petite moldue.

Sa voix était devenue froide et menaçante. Et si Hermione ne savait pas exactement ce qui se cachait derrière ce titre de mage, elle avait depuis longtemps l'intuition que le seigneur des ténèbres n'était pas un sorcier comme les autres. Elle sentait qu'il était beaucoup plus dangereux. Elle se força à ne pas bouger lorsqu'il s'approcha d'elle. Il lui tendit élégamment son bras, comme s'il l'invitait à le prendre et Hermione lui jeta un regard surpris avant de rapidement détourner les yeux.

– Ne me fais pas attendre Hermione, fit le seigneur des ténèbres d'une voix dangereuse.

Les questions se bousculaient dans sa tête. Qu'allait-il se passer ? Qu'allait-il lui faire ? Mais Hermione savait que le temps des questions était révolu. Elle attrapa avec réticence son bras, et elle sentit immédiatement la sensation maintenant familière du transplanage.

Elle rouvrit les yeux dés qu'elle toucha de nouveau le sol et fut surprise de reconnaitre la salle où elle s'était battue en duel contre le seigneur des ténèbres. Celui-ci retira son bras et se tourna face à elle. Elle le regarda avec appréhension et ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'elle le vit lui tendre sa deuxième baguette.

– Prête à retenter ta chance ? demanda-t-il.

Hermione resta figée un instant, avant de tendre craintivement sa main vers la baguette. Elle arrêta ses doigts juste avant de la toucher, lançant un regard interrogatif au seigneur des ténèbres. Mais il ne retira pas sa main comme elle l'avait craint, et ses doigts se refermèrent sur le bout de bois.

Elle sentait la magie de la baguette sous ses doigts, et elle la tendit devant elle dans une attitude méfiante. Voulait-il qu'elle se batte de nouveau contre lui ? Pourquoi faire ? La douleur encore présente dans son dos ne lui rappelait que trop bien qu'elle n'avait aucune chance contre lui. Mais elle n'allait pas rejeter l'opportunité qui se présentait à elle. Elle avait désespérément besoin de pratique.

Voldemort regarda la jeune fille, souriant sarcastiquement devant son air méfiant. Elle n'était pas stupide, elle avait compris qu'elle ne pourrait rien contre lui. Elle savait même que ce nouveau duel ne lui apporterait que de la douleur. Mais elle voulait apprendre. Quel qu'en soit le prix. D'un geste dédaigneux, il l'invita à commencer.

– Expelliarmus ! fit immédiatement la jeune fille.

Cette fois-ci, le sortilège de la jeune fille était correctement lancé, elle avait réussi à corriger le mouvement de poignet qu'elle faisait la dernière fois un peu trop brusquement. Mais il s'écrasa bien sur sans dommage sur son bouclier, accentuant son sourire. Elle était encore tellement loin de maitriser sa propre puissance magique.

– C'est tout ce que tu as réussi à apprendre ? fit-il d'un ton moqueur.

L'indignation d'Hermione Granger se lisait clairement sur son visage. Comment aurait-elle évolué si Dumbledore ne l'avait pas cachée ? Il la voyait difficilement en tant qu'esclave obéissante. Elle aurait sûrement fini par essayer de s'enfuir, échouant misérablement, mais recommençant quand même, jusqu'à se faire finalement tuer. Comme il finirait par la tuer lorsqu'elle ne l'amuserait plus. Distraitement, il envoya un sortilège vers elle, qu'elle esquiva en se jetant sur le côté, grimaçant au passage de douleur.

– Stupefix ! répliqua-t-elle.

Mais évidemment, seules quelques étincelles sortirent de sa baguette. Un sortilège de 6ème année, c'était sûrement un peu trop pour elle. Certes, sa magie était bien plus développée que celle d'un adolescent, mais les sortilèges nécessitaient tout de même une certaine pratique. D'un mouvement de baguette, il envoya un sortilège qui lui faucha les jambes. La jeune fille s'effondra par terre avec peu de grâce.

Hermione jura dans sa tête. Elle détestait lorsqu'on se moquait d'elle. Tout le monde s'était toujours moqué d'elle toute sa scolarité. Miss-je-sais-tout. Le rat de bibliothéque. Elle avait entendu des dizaines d'insultes. Mais la façon dont le seigneur des ténèbres répondait à ses attaques était bien plus humiliante. Elle se sentait complètement impuissante face à lui et elle détestait cela.

– Il faudrait peut-être que tu te protèges entre tes piètres tentatives, fit le seigneur des ténèbres d'une voix méprisante.

Hermione se releva d'un bon, reléguant la douleur de son dos dans un coin de sa tête, et conjura en même temps le charme du bouclier. Elle sentit la magie l'entourer, juste à temps car un sortilège du seigneur des ténèbres fonçait déjà sur elle. Elle n'eut même pas le temps de se réjouir que son bouclier volât en éclat, et le sortilège du seigneur des ténèbres l'envoya voltiger sur quelques mètres, avant qu'elle ne s'écrase au sol et ne laisse échapper un cri étouffé.

– Pas assez puissant. Recommence, ordonna la voix froide du seigneur des ténèbres.

Hermione se releva en grimaçant. Elle jeta un regard apeuré au seigneur des ténèbres, à quelques pas d'elle. Il tenait nonchalamment sa baguette, et un sourire narquois étirait ses lèvres.

– Protego ! fit rapidement Hermione.

Elle vit avec satisfaction que son sortilège semblait plus puissant qu'avant. Mais le sourire sur le visage du seigneur des ténèbres s'était accru et elle comprit avant même que son sortilège ne la touche que c'était loin d'être suffisant. Et le vol plané qu'elle effectua quelques secondes après confirma ses déductions.

– La puissance d'un sortilège ne tient ni dans la brusquerie des mouvements de baguette, ni dans la force de ton incantation comme tu sembles le croire. C'est la détermination que tu insuffles à ton sortilège lorsque tu le lances qui fait la différence. Regarde. Expulso.

Il avait murmuré le sortilège, et Hermione avait immédiatement sauté sur le côté. Aucune chance que son Protego puisse tenir face à la puissance qui s'était dégagée du sortilège. Elle suivit du regard le sort, et le regarda avec fascination impacter le mur derrière elle. La salle trembla sous l'impact, mais resta intacte. Et intrinsèquement Hermione se douta que ce n'était même pas le maximum qu'il puisse faire. Il pouvait faire bien plus.

– Beaucoup, beaucoup plus ma petite moldue.

Hermione jura et détourna ses yeux. Elle n'avait aucune envie de partager ses pensées avec lui.

– Ton bouclier maintenant, ajouta-t-il avec impatience.

Elle avait à peine levé la baguette qu'elle se prit un autre sortilège d'expulsion de plein fouet, heureusement bien moins puissant que celui qu'il avait auparavant lancé. Elle avait mal, mais au moins elle était entière.

– Pas assez rapide. Tu pourrais au moins faire semblant d'essayer Hermione… n'importe quel sorcier est capable de faire cela…

Maintenant, elle était entière et en colère. Elle se releva rapidement malgré son corps douloureux et jeta un regard haineux au seigneur des ténèbres. Elle pouvait y arriver, elle allait y arriver ! Elle allait lui prouvait qu'elle était capable d'utiliser la magie.

– Protego ! lança-t-elle.

Mais elle se retrouva de nouveau propulsée de l'autre côté de la pièce. Son cri était plus un cri de rage qu'un cri de douleur. Elle fut sur ses pieds avant même que le seigneur des ténèbres ne sorte une autre de ses remarques mesquines. Elle avait une folle envie de lui faire ravaler son sourire. De prouver qu'elle pouvait y arriver. Soudainement elle se rendit compte qu'elle sentait la baguette magique pulser sous ses doigts. Sa colère avait réveillé sa magie, ou en tout cas, augmenté sa sensibilité à la magie. Elle vit le seigneur des ténèbres effectuer paresseusement les mouvements de baguette du charme d'expulsion et avec détermination elle effectua en même temps ceux du charme du bouclier, sa magie se coulant dans celle de la baguette.

– Protego, souffla-t-elle.

Elle sentit la puissance du bouclier qui l'entoura. Lorsque le sortilège du seigneur des ténèbres l'atteignit, le bouclier trembla, absorba le sortilège, et éclata juste après avoir rempli son office. Étonnée, elle regarda le seigneur des ténèbres.

Voldemort conserva un visage impassible, mais il était intérieurement satisfait. Il se s'était pas trompé sur les capacités magiques de la sang-de-bourbe. S'il continuait à la former, elle rattraperait en quelques mois le niveau de la plupart des sorciers de son âge. Et en juin, lorsqu'il aurait la confirmation que c'était le pouvoir du bouclier qui avait donné tant de puissance à son sang impur, il la tuerait.

– Voilà qui est mieux, commenta-t-il. Maintenant que tu sais te servir d'une baguette, nous pouvons reprendre notre duel.

Le sentiment de satisfaction qui avait commencé à grimper en Hermione s'arrêta brusquement au son de la voix du seigneur des ténèbres. Elle n'avait plus le droit à l'erreur maintenant. Le seigneur des ténèbres ne jouait plus. Hermione leva sa baguette, et tout se passa désespérément vite. Elle avait à peine lancé son Expelliarmus qu'elle se prenait de plein fouet un sortilège d'expulsion plus puissant que les précédents.

Au lieu de simplement décoller légèrement du sol, elle percuta carrément le mur derrière elle. La douleur du choc fut suffisamment importante pour qu'elle en lâche la baguette avant de s'affaler sur le sol. Elle essaya de se redresser pour récupérer sa baguette, mais celle-ci était déjà dans les mains du seigneur des ténèbres, qui se tenait juste devant elle, la regardant de haut.

– Perdu Hermione ! fit celui-ci en secouant la tête avec désapprobation. Dory te ramènera jusqu'à ta chambre. Et tu ferais mieux de te battre un peu plus convenablement la prochaine fois si tu ne veux pas que je te vide de ton sang.

Il sembla apprécier pendant un instant la peur que ses paroles avaient induite, avant de disparaître sans un bruit. Hermione eut l'impression que les pupilles rouges qui la fixaient étaient restées imprimées dans l'air pendant un instant après son départ, et elle dut se secouer pour se bouger de nouveau.

Lorsque Dory arriva, Hermione s'était relevée, et elle prit la petite main de l'elfe sans attendre. Dory la ramena dans le salon de sa suite. Au moment où elle y arrivait, elle vit apparaitre sur l'une des tables basse trois épais volumes. Elle s'en approcha avec curiosité. Les deux premiers étaient des livres en excellent état, qui semblaient assez récents. Elle en lut les titres avec ravissement : « Introduction à la magie fondamentale » et « Magie fondamentale : possibilités théoriques ». Elle les ouvrit et les feuilleta rapidement. Une chose était sûre, cette fois-ci il ne s'agissait pas de livres pour enfants.

Elle les reposa, et son regard se concentra sur le troisième livre. Il ressemblait à un ancien grimoire, et Hermione avait peur de le voir s'effriter entre ses mains si elle l'ouvrait. Rien n'était marqué dessus et elle souleva précautionneusement la couverture. Alors qu'elle l'ouvrait, un titre vint s'inscrire en lettres dorées sur la première page. « Méthodologie de Ptolémée ». Juste en dessous un papier était plié en deux, et Hermione l'ouvrit rapidement. Il s'agissait d'une petite note, rédigée d'une écriture manuscrite élégante :

« Les exercices du chapitre 7 doivent être effectués entièrement tous les jours pour parvenir à un résultat satisfaisant. LV »

LV ? S'agissait-il du seigneur des ténèbres ? Hermione haussa les épaules et reposa la note à côté du livre. Elle hésita un instant à aller prendre une douche, son duel contre le seigneur des ténèbres l'aillant éprouvée, mais sa curiosité fut plus forte et elle s'assit pour commencer à lire ces nouveaux livres.

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Les trois semaines qui suivirent, Hermione vit souvent le seigneur des ténèbres. Trois à quatre fois par semaine il apparaissait dans sa chambre, l'invitant à le suivre, et il l'emmenait toujours dans la salle de duel. Ses leçons étaient brutales, et elles se terminaient lorsque Hermione n'était plus en état de tenir debout, généralement à cause de la douleur.

En quelques semaines elle avait énormément appris. Le seigneur des ténèbres lui avait fourni bien plus de livres qu'elle ne pouvait en lire, et elle plongeait résolument dedans dès qu'elle n'était pas avec lui. Elle connaissait maintenant les formules et les mouvements de baguette d'un grand nombre de sortilèges. Mais il n'y en avait que peu qu'elle arrivait à exécuter correctement. C'était pour elle très frustrant de ne pouvoir s'entraîner en dehors des duels, car elle ne réussissait quasiment jamais du premier coup les nouveaux sorts qu'elle voulait lancer, ce qui lui attirait généralement les moqueries du seigneur des ténèbres.

Cependant, malgré la douleur et les moqueries, Hermione attendait avec impatience chacune des leçons. Car le seigneur des ténèbres lui donnait des indications qui n'étaient guère décrites dans les livres qu'elle lisait. Et elles s'avéraient généralement particulièrement pertinentes.

Le mercredi 31 décembre Hermione se leva avec le vague à l'âme. Cela faisait quatre mois qu'elle avait été enlevée chez elle. Quatre mois qu'elle n'avait revu ni ses parents ni ses amis. Tous devaient la croire morte. Elle espérait que ses parents arrivaient à vivre avec cela. Rien que de les imaginer errer dans la maison en cette période de fêtes lui fit monter les larmes aux yeux.

Accoudée à la fenêtre, elle refit le point sur les quatre mois qu'elle avait passés. Les premières semaines avaient été les plus affreuses, lorsqu'elle ne comprenait même pas ce qui lui arrivait, lorsque le seigneur des ténèbres l'avait longuement torturée. Elle avait vécu dans une cellule. Elle avait fêté ses 19 ans seule. Quoique vu la compagnie du château elle préférait encore cela. Ensuite il y avait eu l'incident avec Fenrir Greyback. Elle n'avait pas revu l'homme, et elle en était bien heureuse.

Depuis, sa situation très instable était légèrement meilleure. Elle vivait dans le confort. Elle apprenait la magie. Elle commençait à cerner le seigneur des ténèbres. Les moments où il ne fallait absolument pas le contrarier, et les moments ou au contraire elle pouvait se permettre de poser des questions. Il semblait réellement être un puit de savoir en ce qui concernait la magie, et ses explications étaient d'une clarté exemplaire.

Dehors, le sol était recouvert d'un épais manteau de neige qui convenait tout à fait à un réveillon du nouvel an, et Hermione se sentit de nouveau affreusement seule. Elle avait passé Noel seule. Elle avait rapidement vu le seigneur des ténèbres le 26. Il avait été d'une humeur tellement massacrante qu'elle avait eu peur qu'il lui lance un Avada de pure rage lorsqu'il avait lu dans son esprit qu'elle se demandait à quel point ses cadeaux avaient dû être mauvais pour qu'il soit aussi enragé.

Son humeur était restée mauvaise les jours suivants, et c'est avec mépris qu'il lui avait indiqué la veille qu'il y aurait une somptueuse fête pour la nouvelle année dans le château, mais que les piètres sorcières comme elle n'y étaient pas invitées.

Ce solitaire réveillon reflétait à merveille la solitude de ces derniers mois, et lorsque minuit sonna, Hermione fit le vœu que l'année 1999 lui permette de s'enfuir.

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A/N : Merci à tous d'avoir lu ce chapitre ! A la semaine prochaine.