Coucou les amis ! Comment ça va ?

Voilà la suite de l'histoire… J'espère que ce chapitre vous plaira. Je ne suis vraiment pas très forte pour décrire l'action, néanmoins j'ai fait de mon mieux pour ce chapitre.

Merci à vous tous pour vos petites reviews ! Comme toujours, ça fait ULTRA méga plaisir ! Alors mille mercis, tout particulièrement à YuikiKitamura66, Les-Fictions-De-Niils, Clochann et Nocturnis-Lepus ! J'espère ne pas vous décevoir avec ce chapitre !

Aujourd'hui je ne vais pas faire de réponses aux review (sorry), je suis un peu super pressé et comme j'avais vraiment envie de poster ce chapitre aujourd'hui... Mais ne vous inquiétez pas ! Ce n'est que partie remise ! Au prochain chapitre, je prendrais le temps de vous répondre, promis!

Chapitre 9 : L'horreur d'une nuit

A peine Haruka avait-elle fait un pas en direction de la maison en ruine que le fantôme disparu. La rousse en fut rassurée, la présence polaire de l'ectoplasme l'inquiétait. Aussi silencieuse que possible, tout en adoptant une course rapide, la jeune femme vint se coller au mur de la maison. Elle s'y aplatit et tendit l'oreille. Les bruits de pas avaient cessé, remplacé par un lointain murmure.

Le souffle court, et le cœur battant, elle glissa contre la paroi jusqu'à la fenêtre la plus proche. Pendant un long moment, elle n'osa pas jeter un coup d'œil par la fenêtre. L'idée de ce qu'elle pouvait y voir la glaçait, et si jamais la chose rodant à l'intérieur remarquait sa présence…

De son côté, Mephisto, la regardait le sourire aux lèvres. Assis sur son fauteuil, il flottait en auteur, au-dessus de la maisonnette et sa jeune humaine. Bien entendu, elle ne le remarquait pas, bien trop occupée à se concentrer sur ce qui se passait dans la maison. Lui se délectait de la regarder à son insu.

Apportant une tasse de thé à ses lèvres, son sourire s'élargit quand il la vit jeter un bref coup d'œil à l'intérieur de la maison. Il fut si rapide que Mephisto douta qu'elle eut pu voir quoi que ce soit. Sans mal, il imaginait la peur qui nouait l'estomac de la jeune femme. A cette idée, un mince rire lui échappa.

- Tu n'as encore rien vue ma chère… Souffla-t-il au cœur de la nuit. Entre, entre et tu verras.

Haruka, toujours plaqué contre le mur humide de la maison s'acharnait à tenter de trouver le courage de se pencher à la fenêtre. Elle l'avait fait une première fois, mais trop rapidement, elle n'avait guère eut le temps de voir quoi que ce soit. L'obscurité de la nuit n'arrangeant rien. Finalement, lentement, elle pencha la tête pour regarder l'intérieur. Juste assez pour voir que personne ne s'y trouvait. Elle se pencha alors un peu plus, afin de détailler l'environnement.

La fenêtre donnait sur l'intérieur d'une cuisine. Une gazinière, un four, des rangements, un frigo… Rien d'anormal. Si ce n'est que tout avait l'air neuf. De l'extérieur, la maison paraissait être abandonnée, mais en regardant l'intérieur il était évident que ce n'était pas le cas. S'aidant uniquement de la lueur de la lune, la rousse poussa son exploration visuelle.

Les murs de la pièce étaient recouvert d'un vieux papier peint à motifs fleurit et d'un parquet sombre. Elle vit un plateau sur lequel on avait disposé de la nourriture. Son angoisse s'atténua légèrement. Il n'y avait rien à craindre d'une personne habitant dans une vieille maison. A tous les coups, il ne s'agissait que d'un vieil homme vivant en marge de la société.

Mais l'ombre qui entra soudainement dans la cuisine la dissuada instantanément. Elle se plaqua vivement contre le mur, priant pour que la chose ne l'ait pas vu. Même si elle n'avait pas eu le temps de le détailler, le monstre vivant ici mesurait au moins deux fois sa taille. Il s'agissait d'une énorme masse, aussi imposante qu'effrayante, doté de deux yeux jaune luisant.

« Hé… Mephisto… Ce n'est quand même pas ça que je vais devoir affronter… Si ? »

Elle entendit les pas se rapprocher de la fenêtre, et aussitôt son souffle se coupa. Elle plaqua ses mains contre sa bouche, tandis que la température semblait chuter encore. Un vague grognement retentit à l'intérieur de la cuisine, puis des bruits de couverts, et les pas s'éloignèrent. Les larmes aux yeux, la jeune femme se pencha de nouveau. Le monstre s'en était allé. Le plateau repas avait disparu.

La terreur se lisait nettement dans les yeux de la rousse. Elle souhaitait de tout son cœur s'en aller loin, loin d'ici et de cette chose. Pour se donner du courage, elle songea qu'il s'agissait là de l'ultime effort à faire. Après, Mephisto ne l'obligerait plus à rien.

« Tu n'as rien à craindre Haruka, même si Mephisto est taré, il ne te fera jamais courir un danger mortel… » Pensa-t-elle.

Mais même cela, elle n'en était pas sure.

La jeune femme prit une grande inspiration, ferma les yeux. Quand elle les rouvrit, elle était plus calme. Qu'est-ce que Mephisto attendait d'elle dans cette situation ? Etait-ce uniquement le fantôme qu'elle devait sauver ? Ou devait-elle exterminer le monstre également ? Les deux ?

La réponse, elle n'eut guère le temps d'y penser. L'ectoplasme était de retour, juste à côté d'elle, toujours la bouche cousu et le regard vide. Haruka fit un bond en le voyant. Et de nouveau, comme un rituel, le fantôme déposa son index sur les lèvres tremblantes de la rousse.

Glissant sur l'herbe, l'ectoplasme contourna la maison, suivit d'Haruka. Cette dernière tremblait comme jamais. Rien ne lui avait jamais fait peur à ce point. Même Mephisto qui était devenu un champion en la matière ne lui avait jamais fait ressentir une telle terreur.

Le fantôme termina sa course devant la porte de la maison. D'un geste de la main, il invita Haruka à entrer, déposant une dernière fois son doigt sur ses lèvres avant de disparaître. Devait-elle faire confiance au fantôme ? La jeune femme ectoplasmique ne l'entrainait-elle pas dans un piège ? Après ce qu'elle avait vu à l'intérieur, Haruka n'avait aucune envie de franchir le pas de la porte.

« Il ne va rien m'arriver… Il ne va rien m'arriver… » Se répétait-elle en boucle, comme une chanson. « Mephisto est excentrique et sadique, mais tu peux lui faire confiance… Il ne mettrait pas ta vie en danger. »

Mais plus elle y réfléchissait, moins elle en était certaine. L'idée que Mephisto l'ait envoyé là pour la faire disparaître une bonne fois pour toute de la surface de la terre était plausible à ses yeux. Haruka posa son oreille sur la porte, et écouta. Pas un bruit. Tremblante, la main de la rousse se referma sur la poignée ronde et rouillé de la porte d'entrée. Mais soudain, de lourds pas résonnèrent derrière la porte et la firent sursauter. Le monstre se dirigeait vers elle.

Aussitôt, elle courut se mettre à l'abri, à l'ombre d'un angle de la maison. La porte s'ouvrit, et sous la clarté argentée, l'ombre qu'elle avait vu dans la cuisine sortit. Une longue cape le recouvrait de la tête aux pieds. Les yeux exorbités, Haruka le regarda partir, plongeant au cœur de la forêt. Dès qu'il eut disparu, l'ectoplasme apparut de nouveau, à côté de la porte. Il continuait de faire signe à Haruka d'entrer.

Cette fois-ci, sans y réfléchir à deux fois, Haruka fonça. Elle ouvrit la porte, et entra refermant soigneusement derrière elle, sans faire de bruit. Le cœur battant, elle suivit le fantôme qui continuait d'avancer dans la maison. L'endroit était humide, et une odeur de moisissure ne tarda pas à emplir les narines de la jeune femme. A chacun de ses pas, le parquet grinçait affreusement, et Haruka priait pour que le monstre n'ait pas une ouïe aussi fine que certains démons.

En quelques enjambées, Haruka et la femme fantôme arrivèrent devant une porte. A peine la rousse l'eut-elle ouverte qu'une odeur nauséabonde s'en dégagea. Une odeur putride, mélangé à une odeur de métal rouillé. Une infection. Pourtant, le fantôme l'invita à entrer.

Il s'agissait d'un escalier qui semblait emmener dans les profondeurs de la terre. Haruka n'en voyait que les trois premières marches, le reste de l'escalier était plongée dans une épaisse obscurité. A tel point que la jeune femme n'avait aucun moyen de savoir si la descente serait longue ou non. Mais elle n'avait aucune envie d'y aller. Elle n'avait aucune envie de franchir cette porte pour plonger dans cette obscurité poisseuse et cette odeur infecte.

- Je ne veux pas y aller… Souffla-t-elle dans un murmura à l'attention du fantôme.

Les yeux de l'ectoplasme fixèrent le néant un instant, puis de sa main glacial elle prit la main de la rousse. Laquelle tenait fermement la lampe. Le fantôme hocha simplement la tête, lâcha la main d'Haruka et descendit les escaliers jusqu'à disparaître dans l'obscurité. La jeune femme, brandit sa lampe et l'alluma.

Elle envoya le faisceau lumineux en direction de l'escalier. Malgré la lumière qui l'inonda, Haruka fut incapable de discerner la fin de l'escalier. Elle posa un pied sur la première marche, puis le deuxième. Elle referma la porte et se mit à enjamber l'escalier aussi vite que le permettait ses jambes. A plusieurs reprises, les toiles d'araignées vinrent se loger dans ses cheveux. Mais elle continua encore et encore sa descente.

Quand elle arriva finalement à la dernière marche, ses yeux s'agrandirent face à l'horreur de ce qu'elle voyait. La pièce n'était pas grande, mais vide de tout meuble. L'humidité suintait du plafond et goutait au sol, créant ainsi de nombreuses flaques. Le plafond, ainsi que les murs étaient fait de bois, et une odeur moisie s'en échappait. Seul le sol était bétonné.

Haruka fit glisser le faisceau lumineux de sa lampe sur les murs, et elle fut horrifier d'y apercevoir de lourdes chaînes, ainsi que d'étranges silhouettes. Tremblante, Haruka s'en approcha. L'horreur et une puissante envie de vomir l'envahit. Il s'agissait d'un corps humain, un corps humain en putréfaction. Elle en laissa tomber sa lampe, et celle-ci roula au sol. Horrifiée, Haruka découvrit une rangée de corps enchainée en train de pourrir.

Ce désastreux spectacle lui fit tourner la tête. Manquant de s'évanouir, elle s'agenouilla et tenta de respirer profondément, par la bouche.

Un mouvement à sa droite la fit paniquer. Reprenant à la hâte sa lampe, elle la braqua en direction du mouvement perçu. Là, enchainée et recroquevillé sur elle-même, il y avait une jeune femme. Elle avait de longs cheveux noirs, lisses et ressemblait fortement au fantôme qui avait conduit Haruka jusqu'ici.

Lentement, Haruka s'approcha de la jeune femme. Elle ne semblait pas avoir plus de vingt ans. Aussitôt, la rousse se pencha et lui demanda :

- V-Vous allez bien ?! S'inquiéta-t-elle le cœur battant.

Mais à peine terminé sa phrase, la jeune femme plaquait sa main sur la bouche d'Haruka. C'est à cet instant que la rousse remarqua avec horreur que la jeune femme avait la bouche cousu. Le regard suppliant, elle secouait la tête avec affolement.

Paniquée, Haruka regarda autour d'elle. Elle vit le plateau repas posé devant la jeune femme. Comment diable pourrait-elle manger avec la bouche ainsi cousu ? Au loin, entre deux cadavre poisseux, Haruka perçu une barre de métal. Sans y réfléchir à deux fois, elle s'en empara et se mit à donner de grands coups sur la chaîne rouillé qui entourait les poignets la jeune femme. Cette dernière, visiblement horrifier par le boucan que cela produisait se recroquevilla encore et encore.

« C'est un véritable cauchemar ! » Songea Haruka en redoublant d'effort. Finalement, la chaine se brisa dans un bruit aigu, tout comme la barre métallique.

La rousse entreprit de retirer les chaînes de la captive, mais ses mains tremblaient affreusement. Haruka souhaitait plus que tout au monde sortir de cette pièce immonde, avec la jeune femme. Son cœur battait à une vitesse folle. Elle l'entendait tambouriner dans sa tête.

- Vite ! S'affola-t-elle en tentant de lever la femme.

Soudain, un bruit les fit se stopper instantanément. Nettement, elles pouvaient entendre des bruits de pas lourds venant de l'étage. Haruka vit la captive se recroqueviller sur elle-même. En la voyant ainsi, la rousse eut pitié d'elle.

« Si faible… » Songea-t-elle tristement.

Brûlant d'une nouvelle détermination, Haruka se redressa vivement, les poings serrés. Des deux, la rousse était la plus à même de protéger l'autre. Elle avait appris de longs versets, et il était temps de s'en servir. Elle n'avait plus le choix de toute manière. Avoir peur ne changerait rien à sa situation.

Elle tira le bras de la captive, et la redressa sans ménagement. Haruka poussa un puissant cri, uniquement dans le but d'attirer le démon en bas. Aussitôt, les bruits de pas à l'étage se stoppèrent, avant de reprendre. Elle entendit la porte en haut de l'escalier s'ouvrir, puis se refermer. Elle sentait la jeune femme à côté d'elle trembler. Mais Haruka, elle, ne tremblait pas. Pour une fois.

La rousse dirigea sa lampe en direction de l'escalier, et elle ne tarda pas à voir le monstre en question. Arrivé en bas de l'escalier, il enleva son immense cape. Ses yeux jaunes fixèrent Haruka, sans qu'aucune émotion ne transparaisse sur son visage humain. Ni surprise. Ni colère. Ni lassitude. Rien.

Son visage humain aurait pu tromper la jeune femme il y a encore quelques semaines, mais les immenses bois qui lui poussait sur les tempes n'avaient rien d'humain. Ses cheveux bruns, longs, avaient été regroupés en une tresse épaisse glissant sur son épaule et sur son torse nu. Il portait une sorte de short en peau d'animal, comme unique vêtement. Et ses pieds nus, malgré la crasse qui jonchait le sol, étaient immaculés.

« En vérité, il n'est pas si grand sous sa cape ! Ce sont juste ses bois qui sont gigantesques ! »

En effet, si l'on enlevait les immenses bois semblable à ceux d'un cerf, le démon dépassait Haruka d'une tête seulement. Néanmoins, cela ne la rassurait en rien. Le démon était peut-être moins grand que prévu, mais il se dégageait de lui une aura polaire qui fit frissonner la rousse.

- Qui est tu ? Lui demanda-t-il en s'avançant d'un pas.

Sa voix avait quelque chose d'envoutant, aussi douce qu'une plume, presque mielleuse.

- H-Haruka !

- Que viens faire Haruka ici ?

Il avança de nouveau d'un pas, mais cette fois-ci, Haruka esquissa un mouvement pour le distancer. Il le remarqua, et un imperceptible sourire fendit son visage pâle.

- Je viens récupérer c-cette fille ! Laisses-moi passer.

La rousse ne reconnaissait pas sa voix. Elle était sévère, et amer.

- Haruka ne récupère pas Elys. Elys est à moi. Elys est ma promise.

La rousse déglutit avec difficulté.

- Comme les autres ?! S'écria-t-elle en montrant les cadavres d'un geste de main.

- Comme les autres, se contenta de répondre le démon.

Ses yeux jaunes se posèrent sur la susnommée Elys, et aussitôt, Haruka la sentit trembler. Elle resserra son étreinte autour du corps amaigris, pour la rassurer.

- Nous partons, que tu le veuille ou non, gronda-t-elle prête à user de la force.

Le démon ne répondit rien, à la place il avança vers elle. Haruka continua de reculer à mesure qu'il s'approchait, jusqu'à sentir finalement le mur humide et suintant contre son dos. Elle attendit qu'il soit à seulement quelques pas d'elle pour réciter rapidement un verset de la Bible. Elle le savait efficace pour estourbir tous les genres de démons.

Aussitôt, le démon se stoppa et un grognement guttural s'échappa d'entre ses lèvres. Tout en continuant à réciter, la rousse se mit à courir, contournant aussi agilement que possible le monstre. Sa course ralentit par la jeune femme accrochée à elle, la rousse dût redoubler d'effort. Grimpant les escaliers aussi vite que possible, elle entendit les pas du démon derrière elle. Elle récita d'autant plus fort, l'empêchant d'approcher plus près. Une fois en haut de l'escalier, les muscles contractés et courbaturés, Haruka referma brutalement la porte derrière elle. Elle entendit le démon pousser un cri déchirant.

Son ton autrefois envoutant, n'était plus qu'un horrible son strident. Il hurlait, des mots qu'Haruka ne compris pas. Peut-être parlait-il dans une autre langue.

Et alors qu'elle courait en direction de la sortie, Haruka trébucha et tomba au sol. Elle ne parvint à se rattraper et son nez s'écrasa au sol avec force, alors que la jeune captive tombait également, emportée dans la chute. Elles entendirent la porte de l'escalier voler en éclat, et le démon apparut la seconde suivant à côté d'elles.

Haruka paniqua. Dans sa chute, elle avait arrêté de réciter son verset. Et le monstre aux yeux jaunes plongeait déjà sa main en direction de son cou, sans aucun doute pour le lui briser. La jeune femme ferma les yeux, et poussa un cri tout en resserrant sa prise autour de la pauvre femme à la bouche cousu, mais rien ne se produisit. Elle ne sentit pas de pression autour de son cou, juste un vent frais ébouriffer ses cheveux.

Elle rouvrit les yeux, presque sûre d'y trouver l'au-delà, mais non. L'herbe de la clairière s'étendait sous ses yeux, et il émanait de la petite maison délabrée des hurlements stridents. Haruka papillonna des yeux. Autour d'elle, plusieurs hommes vêtus d'un long manteau noir s'afférait autour de la maisonnette. Et toujours fermement accroché à son bras, Elys regardait autour d'elle les larmes aux yeux. Depuis quand n'avait-elle pas vu le monde extérieur ?

Haruka se redressa avec difficulté, d'autant plus qu'Elys s'agrippait de toutes ses forces à elle. S'épongeant le sang qui coulait de son nez d'un revers de manche, la rousse sursauta quand une main agrippa son épaule. Elle fit volte-face, prête à se battre de nouveau s'il le fallait, mais c'est Mephisto qui se trouvait devant elle. Il arborait son habituel sourire agaçant pourtant, Haruka ne fut jamais si heureuse de le voir.

Un profond soulagement l'envahit, et les larmes lui montèrent aux yeux. Elle était en sécurité. Après tout, rien ne pourrait lui arriver si le maître du temps était là. Sans réfléchir, elle se jeta sur lui et l'enlaça vivement, laissant enfin couler ses larmes pour de bonds. Elle pleura toutes les larmes de son corps, tandis que Mephisto lui tapotait le haut du crâne. Blottit contre son torse, elle l'entendit donner des ordres à ses subornés.

Haruka sentit le poids d'Elys disparaître, sans doute venait-on de la prendre en charge. Combien de temps resta-t-elle à pleurer dans les bras de son affreux directeur ? Elle ne saurait le dire. L'odeur de Mephisto semblait remplir ses narines depuis une éternité, quand elle daigna enfin lever ses yeux rougis vers lui.

- Et si nous rentrions ? Lui proposa-t-il en replaçant une mèche rousse derrière son oreille.

Haruka hocha simplement la tête, et la seconde suivante elle retrouvait le décor de sa chambre d'hôtel. Remarquant l'état amorphe de son humaine, Mephisto pris soin de l'asseoir confortablement sur les coussins devant la table basse. Elle se laissa faire, sans un mot. Le regard de la jeune femme était lointain, plus aucune larme ne coulait de ses yeux, et de sa bouche entrouverte s'échappait une respiration saccadée.

Mephisto claqua des doigts et un mouchoir rose apparut entre ses doigts. S'installant à côté de la rousse, il épongea le sang qui coulait de son nez.

- Vous vous en êtes bien sortie ma chère Haruka, souffla-t-il en caressant ses cheveux.

- Il… Il les tuait…

Aussitôt ces quelques mots prononcés, sa gorge devint sèche, alors que ses yeux s'humidifiaient de nouveau.

- Il les… tuait… Répéta-t-elle plus fort.

- Oui, confirma le démon en posant le mouchoir ensanglanté sur la table.

Elle laissa tomber sa tête sur l'épaule de son directeur. Ce dernier déposa une main réconfortante sur son dos.

- P-Pourquoi ? Glapit la rousse.

- Parce qu'il les aimait. A sa manière.

Haruka s'écarta lentement.

- Il… Il les aimait ?

- Oui. Mais n'en parlons pas ce soir, je vous expliquerais tout demain. Après une bonne nuit de sommeil.

Haruka secoua vivement la tête.

- Comment pourrais-je fermer l'œil ?

Elle baissa les yeux sur ses mains tremblantes comme des feuilles, et écouta son cœur affolé dans sa poitrine. L'image des corps en putréfaction ainsi que l'odeur de rouille lui revint en mémoire. Comment diable pourrait-elle dormir après avoir vu de telles atrocités ?

Ils restèrent un moment silencieux. Seule la respiration profonde et irrégulière de la rousse brisait ce calme entre eux. Elle sentait le regard du démon rivé sur elle, mais ne s'en formalisa pas. Bien d'autres pensées occupaient son esprit.

Elle l'entendit se lever, et paniquée à l'idée qu'il puisse la laisser seule, elle agrippa les pans de son kimono, le suppliant du regard. Le large sourire de Mephisto n'en fut que plus prononcé. Il lui tapota de nouveau de haut du crâne, et lui chuchota :

- Je ne vous laisserais pas toute seule Haruka…

Elle desserra aussitôt son emprise sur le tissu, et laissa Mephisto se diriger vers le placard incruster dans le mur. Il en sortit un futon, et le déplia au sol. D'un geste courtois, il l'invita à prendre place tandis qu'il s'allongeait sur le flanc. La rousse se traina vers le futon et s'allongea dessus. Durant un instant, ils ne bougèrent pas.

Mais très vite, Haruka sentit les doigts de Mephisto caresser ses cheveux, ses ongles griffus grattant son cuir chevelu. La sensation était agréable. Au bout d'un moment, la jeune femme sentis ses paupières devenir lourdes.

- J'ai eu peur… Murmura-t-elle faiblement.

- Je sais.

- Je… Je suis libre maintenant ?

Mephisto sourit, mais ne répondis rien. Devant son silence, la rousse se tourna vers lui. Elle huma inconsciemment son parfum, et plongea son regard dans le sien. Elle attendait une réponse, mais il ne lui donna pas. Il approcha seulement son visage du sien et lui demanda :

- Vous allez tout plaquer pour continuer à vivre votre petite vie de professeur ?

Un maigre sourire triste apparut aux lèvres d'Haruka, tandis que ses yeux rougis fixaient intensément Mephisto. Elle détailla la moindre surface de son visage, l'explorant comme si elle le voyait pour la première fois. Toute la peur qu'elle avait ressentie auparavant s'en était allé. Il ne restait plus qu'un immense soulagement d'être en sécurité, et une fatigue extrême après l'effort qu'elle venait de fournir.

- Je suis libre de ne pas vous répondre… répondit-elle dans un murmure.

Et un faible rire lui échappa, à peine audible, avant de continuer sous le regard amusé du démon.

- Vous avez les yeux verts…

Il les avait toujours eu de cette couleur, alors pourquoi ne remarquait-elle leur magnifique éclat que maintenant ?

Elle avait l'impression de découvrir une toute autre personne. Le sourire irritant du démon ne l'était plus tant que ça, et son regard moqueur laissait apparaître une étrange lueur chaleureuse. Mephisto jubilait en son for intérieur. Il voyait que la jeune femme le dévorait des yeux. Quelle sensation agréable ! Il s'en délectait.

Haruka sentit les battements de son cœur s'accentuer, mais cette fois ni la peur ni l'angoisse n'en était la cause. Elle se sentait tellement soulagée et en sécurité en cet instant qu'elle avait l'impression d'être sur un tout autre univers.

L'odeur d'encens inondait la pièce, pourtant c'est celle de Mephisto dont elle se délecta véritablement. Quand elle le vit se pencher un peu plus vers elle, Haruka ne bougea pas, quand bien même elle avait deviné ses intentions. Elle le vit, s'approcher encore et encore jusqu'à ce que leurs fronts se touchent. Et c'est elle qui réduit au néant les quelques centimètres qui les séparaient, en déposant ses lèvres sur les siennes. Un bref baisé, presque aussitôt rompu. Haruka se recula légèrement. Leurs regards ne se détachaient pas l'un de l'autre.

- Vous m'avez sauvé tout à l'heure, n'est-ce pas ? Chuchota-t-elle comme si elle avait peur d'être entendu.

L'unique raison pour laquelle elle n'avait pas été tuée par le démon aux immenses bois, c'est qu'elle avait été téléportée à l'extérieur de la maisonnette alors qu'il s'apprêtait à lui faire mordre la poussière. Et elle ne connaissait qu'une personne capable de faire ce genre de chose : le maître du temps et de l'espace.

- En effet…

- Alors, prenez ça comme un remerciement.

Les yeux voilé par la fatigue, ses paupières se clore définitivement. Et très vite, un faible ronflement s'éleva dans la pièce. Son humaine s'était endormit.

- Je prends, répondit Mephisto sachant qu'elle ne l'entendrait pas.

Roulant sur le dos, Mephisto fixa le plafond quelques secondes avant de claquer des doigts, et sa console apparut entre ses mains.


Je ne suis pas tout à fait satisfaite du rythme que j'instaure dans ce chapitre : je le trouve trop rapide. Donnez-moi donc vos avis là dessus ! Mille bisous !