Chapitre 9 : 8h le dimanche, c'est encore la nuit !

Alors ça c'est vraiment le pied ! Bien nichée dans ma couette, je jette un œil au réveil : 7h56, il est dimanche matin. Je peux me rendormir pendant encore au moins trois bonnes heures ! Youpi ! J'adore ça ! Bien au chaud, je ferme de nouveau les yeux et tente de repartir dans mon super rêve : plage de sable fin déserte, soleil, cocktails, et Nishikado-san !

L'abattement désespéré d'hier a laissé place à un joyeux positivisme : l'œuvre d'une discussion passionnée et idéaliste jusque tard dans la nuit avec Kishiro. Après le départ de Mimasaka-san, je racontais à mon amie toute mes « aventures » de la veille et elle s'est réjouie avec moi. C'est ce qui est formidable avec Kishiro : elle est d'un optimisme contagieux ! Elle m'a convaincue qu'avec le soutien inespéré que m'offraient Rui et Akira, et même Makino, je ne pouvais que gagner le cœur de Sojiro. Et nous avons commencé à faire des plans, tous plus fous les uns que les autres, en essayant les nouvelles tenues qui emplissaient mon dressing, riant comme des gamines. Ces quelques heures de liberté et de légèreté ont débarrassé mon cœur de l'étau qui l'étreignait… jusqu'au départ de Kishiro. Alors mes idées noires ont repris l'ascendance et je suis retournée à ma déprime. La discussion avec Akira avait réveillé de sombres souvenirs : la peur de redevenir la garce égoïste d'autrefois se mêlait à l'espoir de pouvoir prendre un nouveau départ. Les pensées tourbillonnaient sans cesse dans ma tête et je commençais à devenir dingue. Alors de nouveau, j'ai cherché les comprimés prescrits par mon médecin il y a deux ans et j'en avalais un bleu et deux verts. Je préfère anticiper… Mais je déteste vraiment prendre ces saloperies ! Ça me rend complètement stone ! Les verts : les anxiolytiques ; le bleu : de l'halopéridol, un antipsychotique. Complètement assommée par les composés chimiques, je me suis endormie comme une masse.

« Eeeeekyyyyy ! » chantonne la voix de mon frère. Coup d'œil au réveil : 8h12. Enfoiré ! Pour la peine je vais l'ignorer ! Il est beaucoup trop tôt ! Je sens mon matelas s'affaisser sous son poids lorsqu'il s'y assied. Ne pas bouger. « Eky, debout » Pas de grimace. « Eh marmotte, lèves-toi ! » répète-t-il en me secouant. Grogner un coup, mais ne pas ouvrir les yeux : il finira bien par abandonner ! « Donnelly, ne m'oblige pas à te saquer ! » menace-t-il. Va au diable, je ne bougerais pas de l…

« Ahhhhhh ! Mais t'es con ou quoi ? » Mon imbécile de frère vient de retourner mon matelas, me projetant par terre du même coup, et maintenant il est plié de rire. Je vais le tuer !… Dis-donc, je me sens une âme d'assassin ces jours-ci… Je me redresse et toise mon frère d'un air mauvais les mains sur les hanches, prête à lui demander des comptes, mais :

« On dirait bien que tu n'es pas du matin, Yokoshi-chan… » Mais c'est pas possible ! Ils ont le chic ! Hanazawa Rui se tient dans l'encadrement de la porte de ma chambre.

« Non mais vous avez vu l'heure tous les deux ?! Grasse matinée, ça ne fait pas partie du vocabulaire japonais ? » Nan mais c'est vrai, quoi : c'est DIMANCHE ! Et en plus, je faisais un super rêve !

« Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt, Eky ! » fanfaronne mon frère. Mais rien à foutre du monde, moi ! « Et plutôt que de râler, si tu t'habillais décemment …» Evidemment… Tirée de mon lit, je ne porte que mon short de nuit et un débardeur : pas très adapté pour recevoir du monde. Mon frère est mort de rire et je vois bien que Rui fait appel à toute sa concentration pour ne pas faire pareil. Ça, ils me le paieront…

« Eh bien dehors ! Allez ! C'est vrai, pourquoi vous ne faites pas comme tout le monde : attendre au salon avec un café !!!! Plutôt que de débarquer comme des sauvages dans ma chambre EN PLEINE NUIT ! » C'est encore un coup de Will, ça c'est sûr ! Toujours le premier quand il s'agit de me pourrir la vie !

« Eky, il est passé 8h… »

« Un dimanche matin !! 8h le dimanche, c'est encore la nuit ! Allez dehors tous les deux ! » Complètement furieuse, depuis mon lit, je balance tous les coussins qui me tombent sous la main et bombarde sans interruption les intrus qui battent en retraite. Une fois partis, je referme violemment la porte et pousse un cri de rage qui se répercute dans toute la maison. Ouf ça fait du bien ! Mais y'a pas à dire, ce matin ON m'a levée du pied gauche : je suis d'une humeur massacrante. Et puis ce foutu mal de crâne : j'avais oublié que je supportais mal ces fichues pilules… J'ai bien l'intention de faire poireauter Rui et Will, et je profite d'une longue douche, avant d'enfiler… Pff, qu'est-ce que je vais bien pouvoir mettre ? Je suis déjà vaincue par la quantité astronomique de tissus inconnus qui peuplent mon dressing.

« Miss Erin ? »

« Oh bonjour Nana, » dis-je en prenant ma gouvernante dans mes bras pour déposer un bisou sur sa joue.

« Bonjour Miss. Vous allez bien ? Je vous aie entendue… »

« Pff, Will ! »

« Je vois que certaines choses ne changent pas, » ricane-t-elle à raison. Avec Will et moi, la maison a toujours été un champ de bataille permanent ! « Mais je tiens à m'en défendre tout de suite : en ce qui concerne le jeune homme que votre frère a fait entrer, Mr Will l'a fait dans mon dos et sans ma permission ! Je n'aurais jamais pris le risque de vous réveiller un dimanche matin en pleine nuit… » Aha, je savais que c'était un coup de Wil :, je l'aurais ! Evidemment que Nana n'aurait pas pris le risque de me réveiller un dimanche matin – même mes parents n'osent pas – je suis un vrai ours au réveil !

« Tu te moques Nana … Mais Will ne perd rien pour attendre ! » Ouep, dommage pour lui : en prévision d'une future vengeance, j'ai gardé le numéro d'une certaine Chisato – conquête malheureuse et trèèès collante des dernières vacances de mon frère à Tokyo - qui sera ravie de se rappeler au bon souvenir de Will ! « En attendant, j'ai besoin de tes lumières, Nana : je ne sais vraiment pas quoi mettre ! » J'ai l'impression d'avoir toujours 8 ans : quand elle choisissait et préparait mes vêtements tous les matins… Ma gouvernante parcours mon dressing et j'enchaîne : « D'ailleurs, j'ai été très étonnée que tu ais laissé Mimasaka-san entrer dans ma chambre avec tout ce fatras. Sais-tu que j'étais encore sous la douche Nana ? » Là je sais que j'ai marqué un point : jamais elle n'aurait laissé entrer qui que ce soit si elle avait su que j'étais sous la douche ! Elle va être obligée de me dire comment Akira l'a convaincue de le laisser entrer…

« Oh mon Dieu ! » s'exclame ma gouvernante choquée. « Oh Miss je suis désolée, je … » Oups, elle a l'air au bord de la syncope…

« Ne t'affoles pas comme ça Nana : Akira-san est un garçon bien élevé, il n'a pas été inconvenant. » Enfin presque, mais là elle est à deux doigts du Hara-kiri ! Vaut mieux éviter d'entrer dans les détails… « C'est seulement que je me demande ce qu'il a bien pu te raconter pour te convaincre de le laisser monter dans ma chambre. Et avec tous ces vêtements en plus ! » Illico, ma seconde mère baisse la tête, rougissante. J'en étais sûre ! « Alors il t'as vraiment draguée !? »

« Oh Miss Erin, » se défend Anna, en rougissant de plus belle, « vous avez donc une si mauvaise opinion de moi ? »

« Oh non Nana, c'est de lui que j'ai mauvaise opinion ! En fait ce n'est pas juste une opinion : c'est de notoriété publique ! Alors je sais qu'il l'a fait ! » Mais quel petit con ! Aller jusqu'à draguer ma propre gouvernante ! N'a-t-il aucune limite ?

« Il a bien essayé Miss, mais je ne suis pas de ce genre de femme ! Il pourrait être mon fils, peut-être même mon petit-fils ! » s'indigne ma gouvernante. Comme si ça pouvait empêcher Akira de sauter sur tout ce qui bouge !

« Allons ne t'offusques pas comme ça Nana-chérie, » je minaude en passant derrière elle ma tête contre la sienne, mes bras enserrant ses épaules. « Reconnais que ce doit-être agréable d'être courtisée par un garçon comme Akira, à ton âge… »

« Quoi mon âge ?! Et puis, ce n'est pas une conversation que j'accepte de tenir avec vous, Miss ! » Oh non ! Elle recommence… Il y a tout un tas de conversations qu'elle refuse de tenir avec moi. Imaginez sa tronche quand j'ai évoqué mon premier copain ! Mais ça n'a plus été drôle le jour où je lui ai avoué – et à demi-mots pourtant – que j'avais eu ma première expérience sexuelle : SAMU, pompiers, examens cardiaques… la totale ! On a eu une grosse frayeur ce jour là et je n'ai plus jamais ouvertement évoqué ce genre de sujet avec elle ! Et si par malheur elle surprend l'une de mes conversations à ce propos, elle prétend être frappée de surdité !

« Oh Nana, ne te vexes pas… ! Bien puisque son charme ne t'a fait aucun effet, » mon œil, ouais, « dis-moi quelles raisons il a invoquées pour que tu cèdes ? »

« Oh regardez Miss, cette robe-ci vous irait à ravir ! » Alors ça c'est petit ! Essayer d'attirer mon attention sur ce morceau de chiffon pour que j'abandonne… Elle a vu la vierge ?!

« Anna, ne détournes pas la conversation ! » Mais pourquoi tient-elle tant à ma tenir dans l'ignorance. A moins que… « Attends, il ne t'a pas menacée quand même ?! » Non il n'aurait pas osé faire ça ! En même temps, j'en ai fait les frais, c'est un tordu !

« Oh Miss Erin, vous voyez le mal partout ! Un : c'est un charmant garçon, très bien élevé et certainement très loin de ce genre de pratiques ! » La vache ! Qu'a-t-il fait à ma gouvernante ? Il l'a littéralement envoutée ! Jamais elle ne fait autant d'éloges d'un quasi inconnu : il a du lui faire un sacré effet ! En tout cas, une chose est sûre, il n'a pas fait usage de menaces ou évoqué ses liens avec le milieu yakuza, sinon Nana n'aurait jamais parlé de lui en ces termes… « Deux : Miss, s'il s'agit de vous ou de Will, aucune menace ne me ferait changer d'opinion. » Ohhh Nana… Merde, je pleurerais presque ! « Bien maintenant cessez de m'ennuyer avec vos questions curieuses : il s'agit d'une histoire entre Mimasaka-sama et moi, vous n'en saurez rien ! Et passez cette robe, c'est très impoli de faire ainsi attendre votre invité ! » Mais c'est quoi ce secret entre Anna et Akira ?! Ahh c'est frustrant d'être tenue à l'écart : je déteste ça !

« Bien, mais crois-moi Nana, je n'ai pas dit mon dernier mot ! On n'en restera pas là : je découvrirais le fin mot de toute cette histoire ! » Tu peux compter là-dessus ! Fallait pas me tenter avec vos pseudo-secrets… « En ce qui concerne mon invité, que je n'ai pas invité : Hanazawa Rui s'est incrusté, alors il peut attendre ! Une robe ? Nana ! » Je ne mets de robe que dans les mariages ou autres cérémonies ou vraiment quand j'ai plus rien à me mettre… J'aime pas mes genoux…

« Quand vous étiez plus jeune, Miss, tous les dimanches vous mettiez une jolie robe. »

« Oui avec des froufrous, du voile partout, des petites ballerines et des rubans dans le cheveux ! » Oui, la même dégaine que les poupées en porcelaine ! Parfois même, elle poussait le crime jusqu'à me faire les mêmes anglaises dans les cheveux ! Tortionnaire ! « Et même le mercredi pour les goûters d'anniversaires de mes copines… J'avais six ans, Nana ! Et puis je n'ai pas vu Will avec son trois pièces et son nœud pap' ! » Dans ces cas là on y avait tous les deux le droit ! Mais on ne restait jamais très longtemps propres et bien habillés, nous étions… turbulents ! De sales gamins, en fait ! Les joues constamment barbouillées, les mains sales, les cheveux décoiffés et emmêlés, les genoux écorchés et nos tenues… foutues !

« Miss Erin, vous m'avez demandé mon aide, je vous la donne. Et j'insiste, c'est dimanche ! Et puis si vous vouliez mettre un jean, je crois qu'il va falloir revoir votre position : Mimasaka-sama a fait un grand ménage ! »

« Il t'a donc dit pourquoi il venait ! Que t'a-t-il dit de plus ? » Je suis un vrai Pit-bull, quand je tiens quelque-chose, je ne lâche plus !

« Miss, ça suffit avec vos questions : la discussion est close ! En tout cas on peut dire que pour une fois, vous aurez enfin vraiment l'air d'une femme. » Merci, ça fait toujours plaisir ! A croire qu'ils se sont tous donnés le mot…

« L'air d'une femme ? Merci. Personne ne m'avait jamais fait de remarques à ce propos avant qu'Akira-san se décide à tout changer ! » Fouteur de merde !

« Il suffit de voir tout ce qu'il a retiré de votre dressing pour se rendre compte que vous n'aviez pas changé de garde robe depuis vos 15 ans, Miss. » Heu … Touchée… encore !

« Tu sais où il a mis toutes mes fringues ? »

« Ah non, j'ai promis ! Enfilez cette robe ! » m'ordonne ma gouvernante.

« Je l'enfile, si tu me dis où sont tous mes vêtements. » Je suis sans scrupules et prête à tout ! « Je t'en prie Nana, je veux juste récupérer mon jean préféré et le pull de Maman… »

« Pas de chantage, miss. Et j'ai envoyé le pull de votre mère chez le teinturier– que soit-dit en passant elle cherchait désespérément avant son départ. » Elle m'aurait prévenue de leur départ, je lui aurais dit moi, où il était son pull… « Quand à votre jean, il est dans la machine. » Mince, coincée !

« Anna, tu as laissé un inconnu entrer dans ma chambre alors que j'étais presque nue ! Tu peux au moins me dire où sont mes vêtements. Pour te faire pardonner… » Perfide et bas… Je m'en veux, mais je ne suis pas d'accord que ce soit Akira qui ait fait le tri de mes vêtements ! Si je l'ai laissé faire, c'est UNIQUEMENT parce que j'avais l'intention de les récupérer après ! Mais le temps que je remonte avec Kishiro, tout avait disparu ! La poisse !

« Miss Erin, je vais resservir un tasse de café à votre invité. Je veux vous voir en bas dans dix minutes : habillée.» Elle dépose soigneusement la robe sur mon lit. « Chaussée. » Elle déniche une paire d'escarpins qui vont surement me torturer les pieds. « Coiffée et maquillée, » achève-t-elle en allumant les lumières de ma coiffeuse. « Et ce n'est pas négociable ! » lance-t-elle avant de sortir.

Bon allons-y ! Si il y a une chose que je sais c'est que rien ne sert de tenir tête à Nana, elle a toujours le dernier mot. Un fois prête –c'est pas si mal que ça en fait…- j'éteins les lumières de ma chambre, attrape mon sac à main et dévale l'escalier pour rejoindre Rui et mon frère.

PoV Hanazawa Rui

Vingt-cinq minutes… Elle doit être vraiment fâchée pour nous faire attendre comme ça. Depuis que Yokoshi-chan nous a mis dehors de sa chambre, Donnelly William et moi buvons le café en discutant de tout et de rien. J'aime bien ce gars : intelligent, drôle et vraiment sympa. Il fait Harvard et vient passer ses vacances ici, avec sa sœur. Sa sœur… J'ai commencé par lui demander pourquoi Eky, et puis il a enchaîné en me racontant toutes sortes d'histoires sur elle : j'en connais une qui va pas être contente, j'ai de quoi constituer un vrai dossier ! Mais j'ai l'impression bizarre qu'il cherche à cacher un truc… Certaines histoires deviennent parfois incohérentes ; ou il s'arrête en plein milieu, paraît réfléchir un instant, puis enchaîne sur une autre… J'ai la sensation que la vie d'Erin Donnelly aux USA ne doit pas avoir été toute rose. Mais au fond je m'en fiche : moins j'en sais, mieux je me porte ! Aujourd'hui : leçon de maintien ! Enfin un truc dans ce goût là… C'est moi qui m'y colle, parce qu'Akira n'aurait jamais eu la patience. Ah enfin, elle descend, c'est pas trop tôt ! Ouah ! Akira a fait du bon boulot avec le relooking ! Yokoshi-chan porte une petite robe d'été style années 50, dans les tons verts et gris, assortie d'une paire d'escarpins – Manolo Blahnik ? Loin d'être aguicheuse – ce que je craignais le plus de la part d'Akira -, elle fait toute fraîche et joyeuse dans cette tenue. C'est beaucoup mieux. Par contre les cheveux… Il va falloir faire un détour chez le coiffeur demain.

« Ah bah quand même ! » lance son frère.

« Tu es très jolie, Yokoshi-chan. » Elle rosit à peine, ça aussi c'est mieux.

« Bon maintenant je meure de faim, » déclare la jeune fille en se jetant sur un croissant qu'elle dévore avec appétit. On dirait une petite fille… « C'est bon Will, tu peux nous laisser maintenant ! »

« Tu rigoles! Je veux profiter de cet instant rare : tu as un ami ! » s'exclame William railleur !

« Va au diable ! » réplique sa sœur d'un air mauvais.

« William, » intervient la gouvernante, « n'oubliez pas que votre père veut que vous vous chargiez de certaines de ses affaires aujourd'hui. »

« Oh oui, c'est vrai ! Bon ben tu as gagné, Eky : je vous laisse. Ravi de t'avoir connu, Hanazawa-san. C'est toujours une immense joie de rencontrer quelqu'un qui soit capable de supporter ma charmante petite sœur plus de dix minutes : c'est tellement rare ! Et si tu veux d'autres informations, tu sais où me trouver, » lance-t-il en sortant.

« Quelles informations ? » s'offusque Yokoshi.

« Rien, Yokoshi-chan, » je lui assure peu désireux d'assister à une nouvelle scène.

« Mhh… Bon quel est le programme d'aujourd'hui ? »

« Ne manges pas trop, je t'emmène bruncher au Hyatt. Aujourd'hui, c'est leçon de maintien et de savoir-vivre ! »

« Huh ? »

« Il suffit de te voir dévorer ce croissant pour savoir que ce n'est pas du luxe ! »

« Ah ouais ?! » Elle est encore vexée… Bof de toute façon, elle viendra quand même : je suis sûr qu'elle ne s'offusque que pour la forme…

« Allons-y ! » Je lui propose mon bras et nous quittons la maison, direction le Hyatt. C'est bien la première fois que j'emmène une fille à l'hôtel à 9h du matin !