Deux semaines sans publication et vous auriez pu avoir une troisième semaine sans mais je déroge à ma propre règle, je sais c'est mal, mais écrire dans l'urgence peut être assez motivant, ou pas mais bon tant qu'il en soit voici la suite.
Je tiens aussi à vous prévenir que le dimanche 8, il n'y aura pas de publication, ne hurlez pas, j'ai une très bonne raison, je suis réquisitionnée au boulot, parce que c'est la Fête des Lumières que ça va être 4 jours de dingue, donc adieu jour de repos dominicale et bonjour le travail... Mais promis, promis si jamais je vois que c'est possible, j'essayerais de publier mais sinon eh bien, rendez-vous dans deux semaines.
Concernant ce chapitre, eh bien, les personnages de Misha et Arthur devraient arrêter de traîner ensemble, vraiment parce qu'ils en font qu'à leur bon vouloir...
En espérant que cette suite vous plaise, bonne lecture et à vos remarques !
10.
Un coussin fut envoyé sans ménagement sur le visage d'Arthur, le prince sursautant avant de se redresser sur les coudes, fronçant les sourcils en voyant Merlin debout, au pied de son lit, les bras croisés et les traits tirés. Le sorcier l'incendiait littéralement du regard.
_ Merlin ?, s'étonna Arthur en baillant. Je peux savoir ce que tu fais ?
_ Voilà ce qu'on va faire, annonça Merlin, d'une voix fatiguée. Vous allez vous lever parce qu'il est de toute manière l'heure à laquelle vous devez vous lever, vous allez ensuite descendre aux cuisines, des instructions vous y attendent, deux plateaux ont été préparés : un pour Gwaine, le second pour deux sera pour nous. Mais notre petit-déjeuner devra attendre au moins une heure pour que je puisse dormir un peu.
_ Pourquoi veux-tu encore dormir ?, demanda Arthur en sortant du lit, s'étirant dans tous les sens, son matelas lui avait cruellement manqué et sa nuit avait été des plus exquises.
_ Pas encore dormir, juste dormir, souffla Merlin en se laissant tomber sur le lit. Vous avez passé votre nuit à ronfler Arthur, c'était insupportable !
_ Ce n'est pas vrai !, s'offusqua le prince. Et tu ne t'es jamais plaint avant.
_ Dormir en forêt avec vous ne compte pas, vous ne dormez pas sereinement, vous êtes à l'affût du moindre bruit, la main accrochée à la garde de votre épée mais cette nuit, vous étiez dans le château, dans votre lit et particulièrement fatigué par la quantité de travail effectuée ces dernières semaines, alors oui Arthur vous avez ronflé toute la nuit.
Merlin se pelotonna sous les draps, savourant la chaleur régnant sous la couverture, repositionnant l'oreiller dans une position plus confortable.
_ Et le serviteur de votre père m'a fait savoir que Gwaine était attendu en audience durant le conseil, il souhaite le remercier de vous avoir sauvé la vie.
Alors qu'Arthur allait faire une remarque pour empêcher Merlin de sombrer dans le sommeil, le prince se figea en constatant que des braises brûlaient encore dans l'âcre de la cheminée, rendant la température de la pièce des plus agréables, son fauteuil avait été déplacé durant la nuit, silencieusement, parce qu'Arthur n'avait strictement rien entendu, un oreiller et une couverture étaient encore installés dessus, une pile conséquente de livres ouverts sur le sol. Merlin avait encore dû passer la nuit à étudier de nombreux ouvrages pour trouver une solution à leur problème.
_ Repose toi Merlin, souffla Arthur en veillant à garder les tentures hermétiquement closes pour empêcher le soleil de pénétrer dans la chambre. Il allait accorder à Merlin un peu plus d'une heure de sommeil, il lui devait bien cela.
Refermant le plus délicatement possible la porte de sa chambre, Arthur sursauta en apercevant Misha à ses côtés, le soldat l'observant avec un sourire au coin des lèvres et une lueur taquine dans les yeux.
_ Merlin, salua le jeune homme.
_ Misha.
_ Tu sais qu'un tel comportement peut porter à confusion, rigola le soldat en passant un bras au travers des épaules d'Arthur, le jeune homme gardant le silence sous le choc. Est-ce que le prince va bien ?, demanda plus sérieusement le soldat. Tu l'as veillé toute la nuit.
_ Oh tu étais de garde dans le couloir cette nuit, comprit Arthur en sentant sa respiration retrouver un rythme normal.
_ C'est toujours mieux que les cachots, sourit Misha. Alors Arthur est malade ?
_ Non, hier on a ramené un homme blessé lui ayant sauvé la vie lors d'une altercation dans une taverne.
_ J'en ai entendu parler oui, confirma Misha en baillant légèrement, se mettant en route avec Arthur.
_ Le héros du jour a été alité dans mon lit et Arthur m'a proposé de dormir dans sa chambre cette nuit, expliqua Arthur. Sur le sol, ajouta précipitamment le prince. En attendant que Gwaine puisse quitter Camelot.
_ C'est généreux de sa part. Surtout avec la mêlée qui commence aujourd'hui.
Arthur se figea, assimilant les dernières paroles du soldat. Il avait complètement oublié qu'une mêlée était organisée ! Il ne pouvait pas se permettre de ne pas participer, son père verrait une occasion de remettre en cause sa bravoure mais Merlin ne pouvait décemment combattre à sa place.
_ Merlin ?, s'étonna Misha en se stoppant à son tour. Un problème ?
_ La mêlée, je l'avais complètement oubliée, se justifia Arthur en se remettant en marche.
_ Il paraît qu'Arthur n'a encore jamais perdu alors ne t'inquiète pas pour lui, sourit Misha en le bousculant légèrement. Mais si tu veux, en attendant que ce Gwaine quitte le château et ton lit, tu peux venir chez moi, Anael sera ravie de t'héberger.
_ Quoi ?!, s'exclama Arthur en s'arrêtant une nouvelle fois.
oOo
Gwaine s'éveilla en grimaçant légèrement, sa cuisse l'élançant à l'instant où il tenta de la bouger, se passant les mains dans les cheveux, le jeune homme bailla bruyamment avant de se redresser contre son oreiller. Il était dans une chambre totalement inconnue pour lui. Il ne souvenait pas d'avoir abusé de l'hydromel pourtant, sa tête était douloureuse malgré tout, c'était une douleur différente de ses traditionnels réveils alcoolisés. Qu'avait-il fait après la bagarre dans la taverne hier ?
Comme pour répondre à ses questions, la porte de la chambre s'ouvrit sur le jeune homme rencontré la veille : Merlin. Le jeune homme d'apparence frêle l'avait étonné pour son courage et sa combativité la veille. Merlin lui offrit un sourire, plateau en main, s'avançant vers lui.
_ Qu'est-ce que je fais dans ce lit ?, demanda Gwaine.
_ Tu as été blessé, lui apprit Arthur. Arthur a voulu te faire soigner par son propre médecin.
_ Arthur ?
_ Le Prince…Arthur, bafouilla Arthur, surpris de voir quelqu'un ignorant tout de son identité. Tu lui as sauvé la vie.
Gwaine s'esclaffa, passant ses mains derrière sa tête, un sourire insolent sur les lèvres. Avait-il réellement fait cela ? Mettre en péril sa vie pour un homme de la noblesse ? Avait-il donc perdu la raison ?
_ Si j'avais su qui il était, souffla Gwaine. Je ne l'aurais probablement pas fait, continua le jeune homme, Arthur fronçant les sourcils de consternation. C'est un noble, se justifia Gwaine. Je n'aime pas les nobles.
_ Oui mais c'est quelqu'un de bien, se défendit Arthur.
_ Si c'est toi qui le dis, pouffa Gwaine.
_ Je le dis !, s'exclama Arthur avec force. Tu ne devrais pas le juger sans le connaître, tous les nobles ne sont pas des hommes sans tolérance envers autrui.
_ C'est ton maître, c'est ça ?, comprit Gwaine. Tu ne peux te permettre de dire du mal de lui sans risquer pour ta vie ?
Arthur ouvrit la bouche, incrédule avant de la refermer, Gwaine semblait avoir une vision de la noblesse des plus réductrices. Arthur était beaucoup de choses, un prince héritier, un crétin selon Merlin, un futur roi, un escrimeur des plus talentueux et actuellement, il était même un serviteur mais s'il y avait bien une chose dont il ne s'était jamais targué d'être était le faîte d'être le maître de Merlin. Merlin ne lui appartenait pas ! C'était le pire et le meilleur serviteur qu'il n'avait jamais eu. Merlin était son ami, son futur sorcier de la cour, Merlin s'appartenait à lui-même, il avait fait le choix de rester auprès d'Arthur, la prophétie les liant n'avait été que le déclencheur de leur relation.
_ Arthur n'est pas mon maître, finit par répondre Arthur. Je suis peut-être son serviteur personnel mais je suis aussi une personne à part entière et quand le prince se conduit comme un idiot, je le remets dans le droit chemin, sans penser aux conséquences.
_ A-t-il de l'estime pour toi ?, demanda Gwaine en se redressant légèrement. Tient-il compte de ton avis et de tes recommandations ?
_ Oui, avoua Arthur avec fierté, un sourire fleurissant sur ses lèvres. Oui, je…il m'écoute, plus que n'importe qui d'autre, la fierté d'Arthur grandissant face à ses paroles empreintes de vérité. Tu lui as sauvé la vie hier et pour cela je ne te remercierais jamais assez, confia le prince, parce que malgré l'arrogance de Gwaine, il lui devait la vie de Merlin et cela était plus important que n'importe quel a priori sur la noblesse.
_ Je te crois Merlin, souffla Gwaine. Je veux bien laisser le bénéfice du doute à ton Arthur, sourit le jeune homme. Après tout, il s'est jeté dans la mêlée hier alors qu'il aurait pu rester sans rien faire, peut-être est-il différent du roi.
_ Le Roi veut te remercier en personne, se rappela Arthur. Tu es devenu un héros, sourit le prince en déposant finalement le plateau sur le bord du lit.
_ S'il te plaît, non merci !, gémit Gwaine en s'emparant d'une tranche de pain. J'en ai vu quelques-uns des rois, quand on en as vu un, on les as tous vu.
_ Il va sûrement te donner une récompense, tenta Arthur.
_ Ça ne m'intéresse pas, répondit Gwaine en haussant les épaules. J'ai tout ce qu'il faut là-dedans !, avoua le jeune homme en désignant sa sacoche.
_ Mais alors, pourquoi tu nous as aidé ?, ne put s'empêcher de demander Arthur.
_ Vos chances de gagner étaient extrêmement minces, alors je crois que j'ai trouvé cette situation assez séduisante.
oOo
Attablés autour du plateau de petit-déjeuner, Merlin et Arthur déjeunèrent dans un silence serein, le prince ne pouvant s'empêcher de repenser aux déclarations de Misha. Comment avait-il pu oublier qu'une mêlée commençait aujourd'hui ? Et il n'était pas le seul visiblement, Merlin ne lui ayant soufflé aucun mot là-dessus, de plus le sorcier semblait encore fatigué de sa nuit de veille, un livre de nouveau ouvert devant lui. Allaient-ils finir par retrouver leurs corps un jour ? Et si cela se révélait impossible ?
_ Comment va Gwaine ?, demanda Merlin en s'étirant, interrompant les pensées d'Arthur, repoussant la chaise pour aller se poster devant la fenêtre, entrouvrant celle-ci pour aérer la chambre. Qui sont ces gens ?, s'exclama Merlin en ouvrant complètement la fenêtre.
_ Il se remet, répondit Arthur en se levant, allant se poster aux côtés du sorcier. Messire Derrian, il vient pour la mêlée.
_ Ah je vois, ce tournoi où les chevaliers caracolent en se battant avec des épées sans aucune raison valable !, soupira le sorcier avant d'écarquiller les yeux. Comment ça la mêlée ?!, s'écria Merlin.
_ Oui la mêlée Merlin, souffla Arthur en refermant la fenêtre. Une mêlée a été organisée et nous l'avions oublié. Et pour ta gouverne, c'est plus que ça la mêlée.
_ Vraiment ? Moi je n'y ai jamais rien vu d'autre que des hommes qui se tapent dessus pour que le dernier debout soit désigné vainqueur.
_ La mêlée est ce qui donne la mesure du courage, s'offusqua Arthur en commençant à tirer les draps du lit pour le refaire, Merlin allant faire de même de son côté.
_ Vous êtes sûr qu'on parle de la même chose ?, interrogea le sorcier avec ironie.
_ Je ne crois pas que tu puisses comprendre. Tu n'es pas chevalier.
_ Si ça veut dire que je ne me prends pas de coups sur la tête, je suis bien content, répliqua Merlin en terminant de lisser son côté du lit, se détournant définitivement d'Arthur.
_ Ce n'est pas ce que ça veut dire !, s'insurgea Arthur en s'emparant du gobelet sur sa table de chevet, envoyant celui-ci sur l'arrière du crâne de Merlin.
_ Vous avez conscience que c'est sur votre tête que vous venez d'envoyer cette chose, grommela Merlin en se massant l'arrière du crâne. Comment allons-nous faire Arthur ?
oOo
Les deux hommes pénétrèrent dans la petite maisonnée, leurs nez se fronçant face à l'odeur âpre des herbes en train de brûler dans un bol. Le vieil homme les observa quelques secondes, avant d'acquiescer les laissant seuls tandis qu'il disparaissait vers le fond de sa demeure.
Dagrr observa la petite pièce, son regard balayant les crânes d'animaux suspendus à des fils, les objets du culte magique encombraient la pièce, l'atmosphère était froide et dérangeante mais le vieil homme ne semblait pas représenter une menace pour lui. Il allait pouvoir s'en débarrasser sans avoir besoin de beaucoup de force.
_ Voici les épées de Surlorne, comme vous les avez demandées, leur apprit le vieil homme en revenant vers eux, tenant entre ses mains un long tissu pourpre, qu'il déposa sur sa table.
_ Elles sont émoussées, constata Dagrr.
_ C'est seulement l'apparence qu'elles ont, assura le vieil homme, Dagrr déchirant un lacet de la tunique de son acolyte. Pourquoi avez-vous besoin de telles épées ?
_ Ça ne te regarde en rien vieillard, n'est-ce pas ?, menaça Dagrr en s'approchant légèrement, il allait devoir se débarrasser de cet importun le plus rapidement possible. Tu as les cristaux ?
_ L'argent d'abord, se borna le vieillard.
Dagrr opina, laissant tomber une petite bourse en cuir dans la main du commerçant, celui-ci se détournant pour s'emparer d'un coffret en bois contenant deux pierres de cristaux montées sur chaînes. Alors que Dagrr tendit la main pour s'emparer des cristaux, le vieil homme les ramena à lui en secouant la tête.
_ Pas encore, se justifia le vieillard avant de se mettre à réciter une formule magique, les cristaux luisant légèrement. Le détenteur de ces cristaux aura la capacité de prendre la forme de toutes personnes dont elle prendra le sang.
Le vieillard tendit le coffret à Dagrr, celui-ci le tendant à son tour à son compagnon, le vieux sorcier se détournant des deux hommes faisant tomber les pièces d'or dans sa main. Voyant une opportunité de mettre son plan en action, Dagrr s'empara d'une des épées de Surlorne, transperçant le vieillard avec, le vieil homme s'effondrant au sol. Dagrr ramassa son or avant de se tourner vers son acolyte, un sourire de mauvais augure sur les lèvres.
_ On fait quoi maintenant ?, demanda-t-il.
_ Maintenant, nous pouvons nous venger du Prince Arthur de Camelot !, sourit Dagrr.
Il allait faire regretter à cet homme le jour où il l'avait humilié dans cette taverne.
TBC...
