Bonjour,

Je sais que parler de la maladie dans une fiction n'est pas du goût de tout le monde et je le respecte. Ceci dit, j'estime que nos personnages favoris peuvent aussi servir à exprimer autre chose que des amours malheureux ou de la guimauve pure (miam-miam, j'adore le romantisme à outrance, mais faut oser autre chose aussi).

Merci aux lecteurs qui me font confiance et me restent fidèles sur cette histoire. Je m'emploie à vous offrir quelque chose d'original, malgré la difficulté des circonstances de vie abordée. Quant à Not gonna die, remerciez-la, elle veille à ce que je n'écorche pas trop la belle langue française :-)


Une nuit à oublier ou pas

Trois jours plus tard, Regina avait une nouvelle fois quitté son travail en plein après-midi, prétextant un rendez-vous important hors de la mairie, afin de ne pas alimenter les soupçons de sa secrétaire. Elle voulait retarder au maximum le moment où elle devrait informer la population de Storybrooke de son état de santé. Gold et Albert Spencer se feraient une joie de l'évincer définitivement de la mairie au moindre signe de faiblesse, et rien que d'y penser, ça la rendait malade.

Quand Emma rentra après avoir récupéré Henry à l'école, elle fut surprise de voir la Mercedes garée devant le manoir, alors qu'il n'était à peine 17H. Quelque chose n'allait pas, la Sauveuse le sentait dans ses tripes et ceci depuis quelques jours déjà, mais elle s'était armée de patience pour ne pas brusquer la Méchante Reine.

- Ah vous voilà, j'étais juste en train de me reposer un peu. Incroyable les navets qui passent à la télévision, je ne comprendrai jamais la fascination qu'éprouvent les gens de ton monde pour cette petite boite à images, critiqua Regina en éteignant le poste avant de se rendre à la cuisine pour y préparer le repas du soir.

Regina avait fait ses lasagnes maison, accompagnées d'une salade et de chaussons aux pommes pour le dessert, de loin son menu signature. Henry et Emma se jetèrent littéralement sur la nourriture comme s'il n'avait pas mangé depuis des jours. Quant à Regina, elle tenta tant bien que mal à faire illusion en picorant un peu le peu d'aliment qu'elle avait mis dans son assiette, ce qui n'échappa pas à l'œil de lynx de l'ancienne chasseuse de primes.

A la fin du repas, le Shérif fut appelée pour une ivresse sur la voie publique, chose plutôt coutumière avec les nains. A son retour, elle constata que Regina s'était déjà retirée dans sa chambre, alors qu'il était à peine 21H.

Emma monta à l'étage, en admirant l'œuvre de Marco, se perdant quelques instants sur les étranges sculptures illustrant la forêt enchantée. Ce monde de conte de fées où sévissaient ogres et autres créatures magiques et malveillantes, elle y avait fait ses expériences certes, mais s'imaginer y vivre pour toujours était différent. Regina y aurait été en sécurité, mais depuis la destruction des champs de haricots, il n'y avait guère d'espoir pour y retourner un jour.

La Sauveuse s'en voulait de ne pas trouver un moyen d'y envoyer la Reine, afin qu'elle ne soit plus soumise au fléau de ce monde, et paradoxalement, elle était aussi soulagée que cela demeure impossible. Était-ce de l'égoïsme, de ne pas vouloir revivre la séparation qu'elles avaient vécue durant un an ?

Une plainte se fit entendre et le shérif entra précipitamment dans l'espace privé du maire. Ce qu'elle vit lui brisa le cœur : Regina était à moitié allongée dans sa salle de bain, le visage déformé par la douleur en train de vomir tripes et boyaux.

La Sauveuse attrapa de suite un gant de toilette, afin de rafraîchir le front en sueur de la Reine, tout en l'installant le plus confortablement possible contre son thorax.

- Je te tiens Regina, respire profondément, ça va aller, je suis là, lui glissa la blonde à l'oreille tel un mantra.

La proximité du shérif, son calme bien qu'apparent, car intérieurement elle était autant angoissée si ce n'est plus que le maire, et la douceur de ses mots vinrent apaiser son mal-être, comme si les bras de la Sauveuse était l'endroit le plus sûr de tout l'univers pour la Reine.

Une fois les crampes d'estomac passées, Emma souleva son précieux fardeau, afin de la déposer avec délicatesse dans ses draps de satin. Elle lui tint la tête, afin qu'elle se réhydrate par petite gorgée, avant de déposer un baiser sur son front, avant d'éteindre la lampe de chevet.

- Reste.

- Je ne suis pas loin, juste la porte en face, il suffit de m'appeler et je suis là en quelques secondes.

- Je sais, mais reste quand même. S'il te plaît Emma.

Regina ne demandait jamais, elle ordonnait, aussi ces petits mots exprimés dans un murmure eurent raison d'Emma. Elle ôta rapidement ses chaussures, sa chemise et son pantalon, avant de se glisser dans le dos de cette femme de pouvoir plus vulnérable que jamais. Vêtue uniquement de son débardeur et de son shorty, Emma enlaça une nouvelle fois la mère adoptive de son fils. Ce geste qui, il n'y a pas si longtemps, leur serait apparu comme incongru et totalement déplacé leur semblait étrangement des plus naturels.

Toujours autant rassurée par les bras et le haut du corps musclés du shérif, Madame le Maire s'endormit comme un bébé, loin des cauchemars qui avaient alimenté ses nuits depuis l'apparition de la première grosseur.

Lorsqu'elle émergea de son sommeil, le soleil était déjà haut. Emma n'était plus à ses côtés, mais une note manuscrite avait été déposée sur l'oreiller.

Bonjour Regina,

Tu dormais si bien qu'on a préféré ne pas te réveiller. J'ai informé ta secrétaire et téléphoné à l'hôpital afin de déplacer ton rendez-vous à cet après-midi. Je t'y retrouve à 14h. Au besoin, appelle-moi au poste ou sur mon portable. Et s'il te plaît, ne fais rien d'inconsidéré, mais prends soin de toi.

Affectueusement Henry et Emma.

Regina n'en revenant toujours pas que la blonde soit restée pour la tenir, chassant d'un coup de baguette magique tous ses démons qui la portaient par moment au bord de la folie. En dehors de Daniel jamais personne ne s'était réellement soucié d'elle, même Robin recherchait plus la présence de la femme forte, comptant sur elle pour solutionner le moindre problème qui finissait toujours par arriver à Storybrooke. Et voilà que c'était l'agaçante mère biologique d'Henry, celle-ci même qui avait eu l'audace de s'en prendre à son pommier adoré, qui se tenait à sa droite pour affronter la pire épreuve de son existence.

Le parfum si caractéristique du shérif, bois de santal et cannelle, rehaussé d'une pointe d'odeur de cuir lui arracha un sourire. Elle n'avait pas rêvé, la Sauveuse était bien venue pour soulager ses maux et l'avait bercée dans ses bras toute la nuit.

Elle se surprit à inhaler une fois de plus ce parfum en se pressant contre le coussin qui avait accueilli la blonde pour la nuit.

Une voix en provenance du rez-de-chaussée l'arracha à sa rêverie. Qui pouvait bien s'être permis d'entrer dans le manoir sans y avoir été invité ?

Elle attrapa le tailleur qu'Emma avait soigneusement plié sur une chaise au pied du lit, et quitta sa chambre après avoir ajusté les plis de sa jupe devant son imposant miroir.

Quelle ne fut pas sa mauvaise surprise, lorsqu'elle aperçut Blanche en train d'allaiter son fils au milieu de sa cuisine.

- Alors, quel mauvais vent t'amène ? interrogea-t-elle en se servant une tasse de café sans en proposer à son ex-belle-fille.

- Bonjour quand même, rétorqua Blanche visiblement contrariée.

- Qu'est-ce que tu me veux ? Et fais vite, je n'ai pas toute la vie devant moi.

- Je veux que tu arrêtes d'empêcher Emma de passer du temps avec son amour véritable. Ce n'est pas parce que la vie te refuse ta fin heureuse que tu dois éloigner ma fille de la sienne.

- Pardon ?! Elle cracha la moitié du breuvage noir avant de reprendre, je te signale que c'est elle qui a voulu venir vivre ici, non moi. Ce n'est pas de ma faute, si elle n'éprouve plus le besoin de roucouler avec son Capitaine manchot. Ça reste de ta faute si Daniel est mort, alors ne vient pas m'accuser en te faisant passer pour blanche comme neige Mary Margaret. Je veux bien porter le chapeau pour mes erreurs, mais certainement pas pour les tiennes, alors maintenant sors de chez moi, avant que je ne commette l'irréparable ! hurla la Méchante Reine.

- Regina, excuse-moi, ce n'est pas ce que j'ai voulu dire, je suis désolée, ce n'est pas contre toi, disons pas uniquement contre toi…

- Merci, ravie de l'apprendre.

- C'est juste que je pensais retrouver un peu ma fille après la seconde malédiction et toute cette histoire avec Zelena. Mais c'est comme s'il y avait toujours quelque chose de nouveau pour éloigner ma fille. Elle a passé près d'un mois à remuer ciel et terre pour te retrouver et à peine rentrée, elle nous annonce qu'elle va s'installer ici avec toi et Henry.

- Que t'a-t-elle dit pour justifier cette idée invraisemblable ?

- Juste qu'elle avait une bonne raison, mais ne pouvait rien dire.

Inconsciemment Regina avait retenu son souffle, apeurée qu'une nouvelle fois son secret soit exposé par la fille comme il le fut jadis par la mère.

- Je suis sa mère Regina, je m'inquiète simplement de son Bonheur, est-ce trop demandé ?

- Je comprends, je vais l'encourager à venir te voir et à accepter les invitations de Crochet, répondit le maire avec plus de douceur.

- Merci, c'est tout ce que je demande.

- C'est quelqu'un de bien, ajouta Regina en réalisant qu'elle le pensait réellement.


TBC