Disclaimer : voir premier chapitre.
Chapitre relu par ma précieuse beta, Dacian Goddess
Chapitre 10. Jour J, heure H, point G.
Qui pourrait croire que mon minuscule appartement ait pu contenir autant de choses ? C'est ce que je me demande en contemplant la pile de cartons devant moi. Et que dire des meubles ? Vive la magie, qui permet de tout rendre plus petit et léger d'un coup de baguette. J'ai passé mon jeudi à faire la navette entre mon futur-ex-chez-moi et Spinner's End, dont j'avais reçu un double de clés par hibou la veille. J'aurais voulu finir avant cinq heures, mais pas de chance ; j'avais trop de choses à transporter. Il arrive chez lui à cinq heures et demie, alors que je viens juste de poser mon ordinateur dans la pièce qui me servira de bureau.
—Bonjour, Hermione. Content de voir que tu fais comme chez toi.
—Je t'en prie, Severus ; mais après tout, c'est presque chez moi.
Il se contente de hocher la tête, un léger sourire aux lèvres.
—J'ai envoyé ma nouvelle adresse à toutes mes connaissances. Ne sois pas étonné si un jour ma tante Maddie frappe à la porte. Elle a l'habitude de rendre visite aux gens sans prévenir.
Son air narquois m'indique qu'il a vu clair dans mon jeu et qu'il ne me laissera pas m'en tirer comme cela.
—Où est le problème ? Ta famille sera la mienne aussi dans moins de deux jours. Je lui ferai découvrir l'hospitalité version Snape.
Subtilement, en parlant, il s'est mis en travers de mon chemin vers la sortie. Je ne peux pas me laisser coincer ainsi.
—Bien, mais il est temps que je rentre chez moi. Toute cette activité m'a épuisée.
Je tente de le contourner afin de sortir. Il profite de ma manœuvre pour m'attraper par l'avant-bras et m'attirer vers lui.
—Est-ce une façon de dire « au revoir » à son fiancé ?
De la même manière qu'on voit un accident se produire et qu'on reste planté sur place sans pouvoir réagir, je vois son visage s'approcher du mien, et avant que j'aie le temps de penser « oh ! », ses lèvres sont sur les miennes. Son autre main m'agrippe l'autre bras, et je ne peux plus bouger.
Son baiser est léger, fait de petites touches, et dure un certain temps. Si je ne savais pas que c'était Snape, j'aurais employé le qualificatif de « tendre. » Petit à petit, malgré moi, je me détends. Il le sent et en profite pour me tirer vers lui et ainsi m'encercler totalement de ses bras. Une de ses mains glisse sur ma nuque pour tenir ma tête en place tandis que l'autre prend possession du bas de mon dos. Sa bouche se fait plus dure, plus insistante, et sa langue rejoint ses lèvres dans l'assaut des miennes. Désarçonnée par les sensations produites en moi par son baiser et les cercles à peine perceptibles tracés par ses mains, je me laisse aller contre lui et ouvre la bouche pleinement. Mes mains s'accrochent à sa taille, ma langue accueille la sienne, et avant peu, je gémis. A ce moment, il s'écarte et me toise : il est l'épitome de l'autosatisfaction. Il vient de me prouver que je serai impuissante à l'empêcher la consommation de notre mariage. Cette révélation sur moi-même m'atterre et je fuis, l'entendant à peine crier derrière moi :
—Bonne soirée, Hermione, et fais de beaux rêves.
Quelle semaine ! Les jumeaux Weasley semblent me donner plus de travail qu'à l'ordinaire, sans doute pour me punir de prendre la pure et douce Hermione pour épouse. Leur imbécile de frère n'avait qu'à ne pas la laisser partir ! J'ai répliqué en leur demandant d'être mes témoins, ce qu'ils ne pouvaient refuser sans courir le risque d'être malpolis, d'autant plus que je le leur ai posé la question devant trois de leurs clients. Cela devrait me mettre à l'abri d'un mauvais tour de leur part. Leur image de marque souffrirait trop s'ils gâchaient un mariage pour lequel ils sont témoins.
Ma fiancée—j'utilise ce mot autant que je peux, car bientôt, je devrai dire « ma femme », et ce mot n'a pas le même parfum de liberté—m'a demandé de l'argent pour une petite réception après le mariage. J'espère qu'elle n'organise pas un festin, je ne supporterai pas de rester en compagnie d'idiots très longtemps. Je lui ai envoyé ce qu'elle me demandait, tout en lui rappelant dans le courrier retour qu'elle ne souhaiterait sans doute pas être la cause de plusieurs accidents. Evidemment, j'ai gardé pour moi la vraie raison de mon commentaire : je ne veux pas retrouver Azkaban et ses gardiens parce que mon self-contrôle m'aurait manqué. Je suis capable d'être charitable moi aussi, inutile de donner à ces braves employés en Mer du Nord davantage de travail. J'ai aussi choisi nos alliances en début de semaine. Je n'ai pas eue l'occasion de les lui montrer lorsqu'elle est venue hier, mais il est vrai que je lui ai laissé matière à penser. Tiens, elle ne m'a pas dit qui était son ou ses témoins. Je verrai demain ; à chaque jour suffit sa peine.
Jour J, heure H moins une demi-heure. Je suis dans la salle de cérémonie du Ministère, à ma place. Seul l'officier d'état civil est avec moi, absorbé qu'il est par divers préparatifs et vérifications. J'ai apporté un livre, histoire de tuer le temps en attendant que la noce arrive, mais je préfère finalement observer les lieux. Je note avec satisfaction qu'il n'y a aucun bouquet, guirlande ou fioriture. Ce mariage n'est pas celui du grand amour, inutile de trop en faire. Les chaises sont disposées comme il faut, derrière celles destinées aux mariés. J'entends du bruit venant du couloir ; les premiers invités sont là.
Remus Lupin et Nymphadora Tonks entrent dans la salle. Ils faillirent faire demi-tour en me voyant seul, se ravisèrent et prirent place quelque part au milieu du côté de la mariée. Ils n'avaient pas de souci à se faire, j'étais décidé à les ignorer s'ils faisaient de même.
Peu après arrive une flopée de Weasley. Deux têtes rousses et une brune se détachent du paquet. Fred et George Weasley viennent se placer sur les chaises directement derrière moi. La tête brune, c'est celle de Potter, et il vient se placer derrière la place prévue pour Hermione. J'aurais dû m'en douter. Bizarrement, cela ne me fait ni chaud, ni froid qu'elle l'ait choisi comme témoin. De toute façon, je veillerai à ce qu'elle limite ses interactions avec lui au minimum dans le futur. Quant aux autres Weasley, bien qu'ils se ressemblent tous, je parviens à constater que l'ancien petit ami de ma future femme est manquant. Dommage, j'aurais bien voulu retourner le couteau dans la plaie.
Enfin, Hagrid et les parents de Hermione arrivent en même temps. Les Granger regardent le demi-géant d'un air nerveux, ce qui me fait sourire : le bougre ne ferait pas de mal à une mouche. Ils prennent place à leur tour.
L'ambiance est lourde. Je sens l'hostilité qui émane des invités, et aussi leur frustration de ne pouvoir agir en concordance avec ladite hostilité. J'ai envie de rire, mais je doute que tous ces gens partagent mon sens de l'humour.
Enfin, elle entre. Elle a choisi d'avancer seule jusqu'à moi. Je ne sais si c'est un geste de défiance ou d'autonomie, ou les deux. Pourquoi est-elle donc si difficile ? Je change d'opinion aussi vite que je vois la désapprobation s'afficher sur le visage des Weasley, en particulier Molly. Je suis capable d'une extrême souplesse d'esprit, n'est-ce pas ?
La cérémonie elle-même dure peu, à peine vingt minutes. Nous échangeons nos vœux de fidélité, amour, soutien mutuel, etc. J'écoute à peine, à vrai dire. Je prononce les paroles attendues, et dans l'entre-deux, je réfléchis à une variante du Polynectar qui permettrait de ne modifier qu'une partie de l'anatomie de celui qui le boirait. Le visage, par exemple, ou les mains. Ou autre chose. Ce serait très lucratif, et maintenant que j'ai un pourcentage sur les ventes…
—Et maintenant, monsieur Snape, vous pouvez embrasser madame Snape !
—Madame Granger ! Je garde mon nom de jeune fille.
La voix de ma douce et tendre me ramène à la réalité. Mes beaux-parents se rengorgent devant l'expression féministe de leur fille, et l'assemblée abonde dans leur sens. Hypocrites !
—Je n'y vois pas d'inconvénient, ajoutai-je.
Notre cohabitation sera suffisamment difficile sans que j'y ajoute une polémique sur le nom de famille, chose qui, tout compte fait, ne veut pas dire grand-chose. Seul le pouvoir compte.
La sensation d'hostilité envers ma personne s'amplifie et atteint un degré alarmant, raison pour laquelle, sans doute, je me sens poussé à leur offrir le baiser du siècle. La carnation de Hermione oscille entre le vert-dégoût et le rouge-désir. A moi de faire en sorte que le rouge-désir gagne. Je l'attire doucement vers moi et la prends dans mes bras avant qu'elle n'ait le temps de faire un pas en arrière. Elle est comme hypnotisée, immobile, les yeux braqués sur ma bouche. Je prends possession de ses lèvres. Sans que j'ai besoin de l'y inciter, elle ouvre la bouche et bientôt, nos langues se caressent, sans douceur certes, mais… hmm… je mets fin au baiser du siècle avant d'être responsable de mon propre embarras public. Ah, le rouge-désir a définitivement gagné, et ses yeux sont comme assombris. Le baiser extorqué jeudi soir n'a donc pas été en vain.
Je tourne la tête vers ses invités. Ils arborent tous une belle rougeur, mais chez eux, c'est la colère et l'ébahissement qui dominent. Sauf chez Fred Weasley. Il vient sans doute de se dire qu'il aurait dû passer les tests de la Yenta et tenter sa chance avec Hermione. Trop tard, elle est ma femme maintenant. Je lui prends le bras et l'entraîne vers le buffet que j'ai remarqué au fond de la salle. Je suis soulagé de constater qu'elle n'a pas vu grand, juste un peu de champagne et trois plateaux de brioches. Quelques mouvements de baguette, et les bouteilles s'ouvrent et versent leur contenu dans les flûtes. Pour le reste, ils peuvent se servir. Je dois néanmoins subir de fausses félicitations. Potter remet une enveloppe à Hermione. « Tu sais quoi, » qu'il lui dit. J'aurai le fin mot de cette histoire. Peu de mots sont échangés, et presque tous portent sur le temps et la manière parfaite dont la cérémonie s'est déroulée. Et en moins d'une demi-heure, il ne reste plus que ma femme et moi.
—Il est temps de rentrer, Hermione.
Elle est emplie d'appréhension et triture le tissu de sa robe entre ses doigts tellement elle est nerveuse.
—Calme-toi, s'il te plaît. Tu n'as aucune raison d'avoir peur.
Mon ton est doucereux, séducteur. Elle laisse voir sa crainte ; elle me donne du pouvoir sur elle. C'est le meilleur aphrodisiaque.
Nous quittons le Ministère et transplanons directement à Spinner's End. J'évite le moment bizarre, celui où personne ne sait quoi dire ni où regarder, en proposant de préparer un léger repas. Ses yeux agrandis et sa bouche ouverte en un « O » de surprise me satisfont pleinement. Elle n'a pas encore compris que ce type de geste fait partie de ma manipulation. Tant que ce décret maudit ne sera pas repoussé, j'ai besoin d'une épouse dans ma vie. Mon but est de la séduire à l'idée de rester avec moi, jusqu'à ce que je n'aie plus besoin d'elle.
—C'était très bon. J'ignorais que tu savais cuisiner, en tout cas aussi bien, bafouille-t-elle.
—Qu'est-ce que tu croyais ? Est-ce que tu sais cuisiner, toi ?
Elle rougit.
—Un peu…
—Autrement dit, tu sais réchauffer une boîte.
Son attitude gênée est la seule réponse dont j'ai besoin.
—Viens, il est temps maintenant. Je dois sortir en fin d'après-midi, alors autant mettre cela derrière nous tout de suite.
—Mettre quoi derrière nous ? glapit-elle.
Je balaie son corps de la tête aux pieds du regard sans trop me presser pour bien faire passer mon message. Elle a l'air prête à fuir, ce qui justifie pleinement que je lui empoigne la main et l'entraîne vers notre chambre à l'étage. Je lui jette quelques paroles de réconfort par-dessus l'épaule.
—La première fois est la plus difficile, dit-on.
—Je ne suis plus vierge ! s'exclame-t-elle d'un ton indigné.
—Je ne parlais pas de cette première fois-là, mais de notre première fois ensemble.
Nous arrivons dans la chambre lorsque je prononce cette phrase. Je ferme la porte avec un sortilège de mon invention, un qui ne figure pas dans le livre qui est arrivé dans les mains de Potter, ni dans aucun autre livre d'ailleurs.
Je ne perds pas de temps et l'embrasse immédiatement. J'ai l'espoir que sa manière de réagir à nos deux précédents baisers la domine une fois encore et la rende coopérative.
Je ne comprendrais jamais les femmes, il faut croire. En tout cas, la mienne me donne du fil à retordre. Au lieu de se détendre et d'apprécier le moment présent, voilà qu'elle se débat, d'une manière tout à fait intéressante si j'en crois certaine partie de mon anatomie.
Je ne peux pas la lâcher, ce serait une défaite ; je ne peux que resserrer mon étreinte. J'y mets tellement d'ardeur que Hermione finit coincée entre la porte et mon corps. Elle essaie toujours de me repousser, avec un peu moins de conviction, semble-t-il. J'éloigne mes lèvres des siennes d'à peine la longueur d'un souffle.
—Détends-toi. Si tu essayais d'apprécier ce qui va se passer entre nous au lieu de résister, dis ?
Son regard furieux exprime clairement son intention de ne pas apprécier. Il est temps de sortir l'artillerie lourde. Je glisse une jambe entre les siennes afin de presser ma cuisse contre son entrejambe, autant que sa robe droite me le permet, et je me frotte sensuellement contre elle tout en couvrant son cou, surtout sur les côtés, de baisers et de petits coups de langue calculés. Mes mains glissent le long de ses bras, ce qui a le double avantage de les maintenir sous contrôle et de lui donner la chair de poule. Je ne sais pas combien de temps ce petit manège très agréable a duré, mais elle a fini par onduler son corps pour répondre aux mouvements du mien. Je n'ai pas eu de femme dans mon lit depuis la chute du Seigneur des Ténèbres ; je ne savais pas à quel point cela me manquait. Je relève la tête et l'embrasse à pleine bouche. Elle répond à mon baiser avec tant d'enthousiasme que j'en oublie de garder mes mains sur ses bras pour les glisser autour d'elle et la plaquer encore plus intimement contre moi. Je sens le tissu de sa robe se tendre davantage sous la pression, prêt à lâcher aux coutures, mais ni elle, ni moi n'en avons cure. La luxure a pris le dessus sur nous, et c'est sans résistance qu'elle vient avec moi jusqu'au lit. Nous sommes tous deux à bout de souffle.
—Déshabille-toi, lui dis-je dans un murmure tant ma voix est rauque de désir.
Je m'écarte un peu d'elle pour lui laisser la place d'accéder à ma demande. Toutefois, ne plus être en contact avec moi lui rend un peu de sa clarté d'esprit et elle prend un air mutin.
—Tout de suite, ou je le fais moi-même.
Cela semble la convaincre. Elle ouvre les boutons habilement cachés par la magie de sa robe et se retrouve en sous-vêtements devant moi. Elle n'a fait aucun effort : slip et soutien-gorge en coton blanc. Qu'importe, elle ne les aura bientôt plus sur le dos.
—Et toi donc ? Je n'irai pas plus loin tant que tu ne seras pas en sous-vêtements toi-même, me lance-t-elle.
Non mais, c'est chez moi ici ! Elle est qui, pour me donner des ordres ? Ah oui, c'est chez elle aussi. Il n'empêche qu'elle devrait se montrer plus respectueuse. D'un autre côté, il ne se passera pas grand-chose d'intéressant si je garde toutes mes épaisseurs sur le dos. J'enlève donc ma robe de sorcier pour me retrouver en slip en coton noir. Une de mes maîtresses d'un soir m'a dit une fois que j'étais plus sexy avec un slip noir.
—Maintenant, enlève le reste.
—Si tu enlèves le reste en même temps que moi.
Si je ne devais pas vivre avec elle, je l'aurais déjà maudite. Je m'exécute néanmoins, tout comme elle. Mon érection se sent un peu mieux en liberté et pointe directement vers le ventre de ma femme. Au moins, mes intentions sont très claires.
—Où en étions-nous donc ?
Ma question est rhétorique, bien sûr. Je la reprends dans mes bras, et cette fois, sans nos vêtements entre nous, l'effet est électrique et immédiat. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, nous sommes allongés sur le lit, nous dévorant la bouche, les jambes entremêlées de façon très excitante. Je sens son humidité s'étaler sur ma cuisse tandis que le liquide séminal qui s'échappe de mon sexe trouve refuge dans sa toison. Je ne vais pas tenir longtemps, aussi je la bascule sans attendre sur le dos, et, sans cesser de l'embrasser, je la pénètre. Elle n'était pas tout à fait prête. Ce détail est résolu en quelques coups de rein. Bien vite, je trouve l'endroit parfait, celui qui la fait gémir plus fort, qui la pousse à crisper ses mains sur mon dos, mes fesses, ma nuque, avec une force dont je ne la croyais pas capable. Bref, j'ai trouvé son point G lors de notre première rencontre—mon ego de mâle s'en trouve surdimensionné—et j'exploite cette découverte au maximum, au moins jusqu'à ce que mon corps prenne les commandes de mon esprit et coure après son propre plaisir. Lorsque j'ai fini, je reste sur elle, le temps de voir quelle est sa réaction. Elle a un air satisfait, mais ma façon de la scruter la ramène vers ce qui vient de se passer. Elle plisse les yeux. Nul besoin de cours avancés en Légilimencie pour savoir ce qu'elle pense.
—Si tu comptais utiliser le sexe pour me rendre aussi docile qu'un toutou, tu peux toujours aller te rhabiller.
Ce que j'ai fait avant de quitter la maison.
