Salutation, je vous souhaite une agréable lecture !

Merci à mes admirables correctrices :) Salomé et Liily !


Assise dans la pénombre, les yeux écarquillés et la bouche ouverte pour reprendre mon souffle je scrutais l'endroit où je me trouvais sans le reconnaître. En tendant la main en avant, mes mains rencontrèrent la surface douce et molle d'un rideau.

Les pièces du puzzle se remettaient peu à peu en place. Je n'étais pas chez moi agonisante d'une blessure à l'épaule, malgré la sensation de douleur qui venait de me réveiller, j'étais à Poudlard, chez les Gryffondors.

D'un mouvement lent et surement peu assuré, je tirai un côté du rideau pour fixer les quatre jeunes filles qui discutaient, installées sur deux lits adjacents.

Je reconnus Lily à sa magnifique chevelure rousse aux reflets chatoyants, puis Marlène, mais les deux autres m'étaient inconnues.

Soudain quatre regards se tournèrent vers moi et les sourires s'effacèrent pendant un instant avant de réapparaitre, frais et agréables.

Lily s'était redressée et époussetait à présent sa tenue tout en annonçant :

- Allons rejoindre les autres dans la salle commune pour manger !

- Attends, on ne s'est même pas présentées ! s'indigna l'une des deux nouvelles. Ses cheveux bruns étaient coiffés en une somptueuse tresse qu'elle avait ramenée sur son épaule. Je m'appelle Alice Whim ! Et c'est…

- Emy Edgecombe, salua la plus petite en passant sa main dans ses courtes mèches blondes coupées à la garçonne.

- Il parait que l'on va partager l'armoire, j'espère que l'on s'entendra bien, je suis Anne, me présentais-je en tentant de lui afficher mon plus beau sourire.

- Bien, maintenant que c'est fait et dans les règles de l'art, nous pourrions peut-être descendre ! proposa Marlène en levant les bras au ciel.

- Oui, oui… souffla Emy en levant les yeux. Toujours aussi pressée celle-là…

- Elle a hâte de rejoindre Carmicheal, il lui manque terriiiiiblement, souffla Alice en battant des cils alors que Marlène fulminait.

C'était étrange, j'avais l'impression de voir des jeunes filles de mon âge, les mêmes genres de vannes à deux balles, et pourtant dans un monde différent, avec de la magie.

A quoi est-ce que je pensais ? Qu'elles seraient toutes sérieuses et inhumaines ?

Secouant la tête pour éclaircir mes pensées, j'attrapai mes chaussons et le pull pour suivre le petit groupe qui s'apprêtait à descendre l'escalier en colimaçon.

Une fois en bas, dans la salle commune bondée, les filles se rapprochèrent d'un groupe de garçons, constitué des quatre qui m'étaient déjà connus et d'un dernier qui serra contre lui Alice en déposa en délicat baiser sur sa joue.

C'était sans aucun doute Frank Londubat, futur père de Neville.

Voyant que je le regardais, il m'adressa un sourire et se présenta même si cela était inutile :

- Frank Londubat, il parait que tu as eu pas mal de problème ?

- Oui c'est ça, répondis-je en rapprochant ma main de mon épaule par réflexe

Sirius remarqua mon mouvement et sembla réfléchir, mais Marlène lui coupa la parole :

- Et si nous partions manger, s'impatienta-t-elle en décrochant un incroyable faux sourire. Je commence à avoir l'estomac dans les talons.

- Madame a faim, alors allons-y, à moins que ce soit pour voir Carmich… commença Sirius mais il se fit interrompre par Lily qui lui lança suffisamment fort pour que je l'entende :

- Alice lui a déjà fait le coup.

- Et bien Alice, tu as toujours une longueur d'avance sur moi, rigola Sirius en tendant à la petite brune sa main qu'elle vint frapper avec la sienne en riant.

- Que veux-tu ? Je suis de ton niveau pour emmerder les gens ! ricana-t-elle.

- Ho non, non, non… souffla Frank en enfouissant son nez dans les cheveux de sa douce, tu en es encore très loin Alice, je crois que personne ne pourra le rattraper…

- C'est au niveau de sa bêtise que personne ne pourra le rattraper, railla James en commençant à avancer vers la porte. Bon et bien, on va manger ou vous souhaitez camper ici ?

- Tiens, remarque Sirius, on dirait une deuxième Marlène… La faim a de mauvais effets sur notre cher Capitaine ?

Après les sept infernaux escaliers, nous déboulâmes dans le grand hall. Magnifique pièce au plafond haut, tout en pierre et un peu froid, et l'immense porte en face de nous, qui abordait une centaine de mécanisme n'aidait vraiment pas à réchauffer l'atmosphère.

Les élèves marchaient tous dans la même direction, se mêlant les uns les autres.

Mon cœur se mit à cogner brutalement dans ma poitrine lorsque je franchis le seuil. Bien plus grande que dans mon imagination, les quatre tables se remplissaient peu à peu d'élèves, les assiettes et les plats vides en recouvraient la surface. Plus loin au bout des grandes tables, les professeurs étaient confortablement installés et discutaient entre eux.

Le plafond illuminé par des chandelles volantes laissait apparaitre un agréable ciel couleur bleu nuit, encombré ici et là par des nuages duveteux.

Une main se posa sur mon épaule et me sortit de ma contemplation, Sirius m'avait attrapée et m'affichait un grand sourire :

- Sympa, hein ?

- Oui vraiment ! Incroyable… soufflais-je en me laissant sombrer dans ses iris hypnotiques.

Détachant avec beaucoup de mal mon regard du sien, je repris ma route et à la deuxième table une jeune fille brune me faisait de grand signe. Et reconnaissant la jeune fille de Serdaigle, qui m'avait aidée toute à l'heure - Audrey me semblait-il - je lui rendis son signe.

Sirius me demanda, surpris :

- Tu connais Boot ?

- Boot ? demandais-je.

- Audrey Boot.

- Ha, oui, elle m'a aidée à trouver la bibliothèque toute à l'heure, répondis-je.

- Zut, tant qu'à faire ami-ami avec les Serdaigles, tu n'aurais pas pu te rapprocher d'Alexandra… répondit-il, toujours avec un sourire.

- Qui est-elle ?

- La nouvelle proie de notre séducteur, lança Frank en désignant la belle blonde de la bibliothèque qui était à présent installée en face d'Audrey.

- Elle est jolie, avouais-je.

- Et tout à fait inaccessible, termina Peter.

- Et c'est ça qui fait qu'elle est intéressante ! rétorqua Sirius en haussant les épaules avant de s'installer confortablement sur le banc. Assis-toi, Anne.

Mon cœur fit un bon.

Niaise ?

Sans aucun doute ! Mais surtout complètement folle de mon personnage préféré qui venait de susurrer mon prénom.

Reprenant de la contenance je m'installai et regardai Lily et James qui étaient en face de moi, Peter à ma droite et Sirius à ma gauche. Plutôt bien entourée !

- Remus ne vient pas manger ? demandai-je.

- Je pense qu'il reprendra sa vie normale d'ici un jour ou deux, répondit James en caressant la main de Lily.

- Il a souvent des crises comme celle-ci, murmura la rousse, et pourtant il tient le coup et fait un excellent préfet ! C'est vraiment dommage pour lui d'être malade comme ça.

Malade, oui, c'est vrai que se transformer en loup tous les 29 jours ça doit être une autre paire de manche que notre problème menstruel féminin.

Les assiettes et les plats se mirent à cliqueter et à se remplir brutalement de nourriture. Des cuisses de poulets dorées s'installaient dans un des grands plats tandis qu'un autre se bordait de salade avec au centre une armada de maïs.

Chacun se servit et commença à manger, piquant ici et là dans les mets qui venaient d'apparaitre.

Les discussions fusaient de toutes parts, se regroupant dans un brouhaha étouffant.

Une sensation de malaise s'empara de moi, comme un vague de chaleur partant de mon ventre pour venir enserrer ma gorge et y former une boule désagréable.

Déglutissant comme je pouvais, je fixais sur mes mains qui tremblaient.

Pourquoi est-ce que je réagissais comme ça ?

Prenant une longue respiration je tentais de me calmer, lâchant mes couverts pour passer mes bras sous la table et y réunir mes mains.

- Un peu de poulet ? me proposa Sirius en me tendant une cuisse entre deux couverts de service

- Oui, avec plaisir, murmurais-je d'une voix étouffée.

Je n'avais pas ma place ici, je n'avais pas ma place au près d'eux, mais surtout je n'avais pas ma place dans ce monde, je n'étais pas d'ici, je ne pouvais pas rester ici.

Les étoiles dansaient devant mes yeux et la sensation que j'allais dégobiller grandissait en moi.

Malgré mes respirations lentes, je ne parvins pas à retrouver le calme.

- Tout va bien ? murmura Peter en me fixant, paniqué.

Non. Non. Non. Non.

Rien n'allait.

Il fait que je me calme.

- Et tu sais ce qu'il m'a dit ! s'exclama Marlène de sa voix forte. Qu'il pourrait me donner un coup de main pour les sortilèges, alors qu'il est incapable de jeter un Lumos!

Autour d'elle les filles ricanèrent.

Je ne connaissais pas ces gens. Depuis le début je tentais de m'intégrer, mais il y avait trop de choses qui ne pouvaient pas fonctionner.

Je n'étais pas d'ici, personne ne pouvait comprendre à quel point je n'étais pas d'ici… Je n'étais même pas censé être née !

J'étais au beau milieu d'une fiction. Un livre… Le premier bouquin que j'avais lu !

Je me redressai brutalement, manquant de renverser mes couverts.

Je ne pouvais pas rester ici. Il fallait que je m'éloigne.

Enjambant le banc, sans écouter les protestations surprises, je m'avançai entre les tables pour rejoindre le hall.

L'air y était plus frais, posant ma tête contre le mur froid de pierre, je poussai un soupir. Alors que je m'apprêtais à m'éloigner encore plus de cette salle maudite, mes jambes se dérobèrent sous moi et je me retrouvai accroupie, une main posée sur le mur pour m'empêcher de tomber plus bas.

- Hey, souffla Peter qui me regarda tristement, ça va ? Tu veux rejoindre l'infirmerie ?

- Je… commençais-je.

Mais parler fut de trop, j'eus le temps de l'écarter sur le côté pour pouvoir vomir devant moi, à quatre pattes, comme une idiote.

Le jeune homme passa épaule sous la mienne et tenta de me soulever. Il était beaucoup plus petit que moi, son appui ne me servait pas à grand chose.

- Attendez ! lança une voix derrière nous. Je vais vous aider. Peter peut-être que tu devrais prévenir les professeurs.

Sirius se retrouva à la place de mon petit sauveur, qui s'éloignait pour rejoindre la salle.

Ce gars me rendait mal à l'aise. Peter au moins était loin de ce que j'avais pu imaginer, mais lui, il était identique, exactement comme je l'avais toujours vu.

Les étoiles pétillaient devant mes yeux et la tête me tournait. Je me décidai à fermer les yeux, suppliant le ciel pour que cette histoire de fou s'arrête enfin.

- Hey, reste avec moi, m'ordonna-t-il en me tapotant la joue. Tu m'entends ? Ho !

Pas de hey ou de ho qui tiennent : je n'ai aucunement l'intention de rester avec lui. Je veux juste partir, loin, retrouver mes parents, ma Christelle, mon calme et mon monde.

Je n'étais pas faite pour un endroit comme ça…


Dragomione : Je ferais attention xD je vais même immédiatement changer ça ! Pardonne moi pour avoir oser fauter entre Harry et Drago, comment ai-je pu les faire s'appeler par leur prénom *.*, j'espère qu'un jour tu me pardonneras ! (le pire c'est que maintenant que tu le dis je me rends compte de mon erreur...) :P Si tu vois d'autres quiches dans le style n'hésite pas à me le faire savoir ça m'aide beaucoup :) Bisous ma kiki :)

Erza Robin : C'est très agréable de retrouver des commentaires des mêmes personnes ! Au moins je vois qu'on continue de me lire :) Merci bien pour ça :D Bonne continuation.