Un chapitre à nouveau un petit peu plus court, enfin normal plutôt ! Vous êtes vraiment de plus en plus nombreux à suivre surtout depuis le dernier chapitre, et j'ai d'un coup eu quelques reviews sur le chapitre huit, alors vraiment, un gigantesque merci ! Je saute de joie à chaque fois que je reçois un nouveau mail sur mon portable qui vient de , donc vraiment, vous êtes ma motivation de chaque jour ! -Parce que vraiment, il en faut pour corriger tout ce que j'ai à corriger, parce que c'est vraiment long ! x'D- Merci à tous !
Bonne lecture pour ce nouveau chapitre !
Chapitre 9: Pré-au-Lard
Hermione se réveilla plusieurs heures plus tard, en fin d'après-midi. Elle s'était recouchée après son violent réveil signé Drago. Elle resta encore un moment dans son lit, se délectant de ce moment entre rêve et réalité, respirant doucement. Elle tendit le bras vers sa baguette, après un long bâillement. Puis elle l'utilisa pour ouvrir ses rideaux à distance afin de se forcer à se lever avec la lumière du soleil pénétrant ainsi dans sa chambre.
S'asseyant au bord de son lit, elle sentit quelque chose rebondir sur son buste. Elle mit la main sur le pendentif prêté par Drago, qu'elle avait apparemment oublié d'enlever avant de s'endormir.
Malefoy… Si elle avait passé une bonne soirée, elle devait reconnaitre que c'était grâce à lui. Mais ce n'était pas ça qui l'avait empêchée de le traiter de tous les noms lorsqu'il l'avait fait se levée juste pour des bouquins qu'il avait fait tombé lui-même, et elle s'était recouchée en pestant contre lui.
Mais d'ailleurs, que faisait-il debout avant le zénith, surtout après une si longue soirée ? Son cerveau se remettant tout doucement en mode réflexion, cela intrigua la jeune fille. Dans une journée normale, surtout en vacances, il avait tendance à ne pas se lever très tôt. Détail que l'ancienne Gryffondor avait remarqué, à force de le voir sortir des dortoirs des garçons de Serpentard alors qu'elle lisait déjà depuis longtemps sur son lit dans la salle commune.
Se levant, Hermione troqua sa chemise de nuit blanche léchée de flamme grise par un t-shirt clair, un gilet gris délavé par-dessus à cause du froid de l'hiver, et un jeans. Non décidemment elle n'aimait pas cette saison trop froide, étant obligée de porter des tonnes de couches, se sentant parfois entravée dans ses mouvements.
Sortant de sa chambre, elle ne fut pas étonnée de voir la salle commune vide. Tout comme la chambre de son homologue, dont il semblait avoir oublié de fermer la porte. Incapable de s'en empêcher, l'adolescente jeta un coup d'œil à la pièce.
Très semblable à sa propre chambre, celle-ci contenait les mêmes meubles, disposés de la même façon. Seule la couleur vermeil typique des Gryffondor avait été remplacée par le vert des Serpentard, tant sur les murs que sur les baldaquins du lit. Même le tapis au sol était identique à celui sur lequel elle marchait à chaque entrée et sortie de sa propre pièce.
Quelque chose attira alors son regard, un tissu blanc contrastant avec le vert des draps sur lequel il reposait. Entrant à pas feutrés, angoissée d'être surprise mais trop intriguée pour ne pas aller voir, elle s'approcha du lit et saisit le tissu.
Tissu qui se révélait être le bandage que mettait Malefoy pour cacher sa marque. La jeune fille fronça des sourcils. Pourquoi était-il ici, et non sur son bras ? Elle redevint soudainement méfiante quant aux intentions du Serpentard. Jusqu'à présent, depuis qu'il avait dit vouloir se séparer du mage noir, il avait soigneusement caché sa marque, comme s'il en avait honte.
« S'il m'a menée en bateau, se dit-elle à voix haute, il va me le payer…
-Vous payer quoi miss Granger ? »
Se retournant soudainement, Hermione crut faire une crise cardiaque en entendant la voix dans son dos, alors qu'elle était dans une pièce où elle n'avait pas à être. Sortant précipitamment, elle déguerpi de là pour faire face au professeur McGonagall. Si elle n'était pas blanche de peur et de surprise, elle aurait sans doute été rouge de honte. Cependant, à son grand bonheur, la directrice ne fit pas de commentaire, fermant les yeux pour cette fois. Elle observait simplement la jeune fille par-dessus les lunettes comme le faisait si souvent Dumbledore, d'un regard de reproche teinté d'ironie, comme si elle se retenait de sourire. Puis, après un moment de silence, elle se décida à parler.
« Excusez-moi de vous avoir fait peur. Mais je voulais vous parler du nouvel an… Je suppose que monsieur Malefoy n'est pas ici ?
-Non professeur, répondit son élève à ce qui ressemblait plus à une affirmation qu'à une question. Je ne sais pas où il est passé.
-Bon, ce n'est pas grave, je vous le dis à vous, et vous lui passerez le mot… En fait, je suis au regret de devoir abandonner le projet de fête semblable à celle d'hier, le ministère ne semble pas apprécier l'idée qu'il y ait trop de bonne humeur d'affilé. Cependant, je pense que pour l'occasion nous passerons tout de même la journée à Pré-au-Lard. Donc pas besoin de chercher de thème… Le nouvel an en lui-même sera fêté par chaque maison dans leur salle commune, comme elles l'entendent. De la nourriture et des boissons seront fournies, mais ce sera aux élèves d'organiser eux-mêmes leur soirée –chose dont ils seront très bientôt au courant-. Les préfets seront responsables, devront veiller à ce qu'il n'y ait pas d'incident et au respect du couvre-feu fixé à trois heures dernier délai. Ceux de Poufsouffle et Serdaigle viennent d'être prévenus, il faut juste encore avertir monsieur Malefoy.
-D'accord professeur, je le ferai. »
Lui souriant, la directrice se retourna et sortit de la pièce après avoir souhaité une bonne journée à la jeune fille. A nouveau seule, elle ouvrit le poing qu'elle avait fermé soudainement en entendant quelqu'un derrière elle. Heureusement que ce ne fût pas Drago, elle aurait été dans de beaux draps. Décidemment, elle devait faire attention à écouter autours d'elle et non pas seulement ses pensées.
Elle fixa le bandage des yeux de longues minutes, réfléchissant ce que cela pouvait bien vouloir dire. Puis, elle dut s'avouer qu'elle n'arriverait à rien avec des suppositions, et elle sortit de la salle commune pour rejoindre la maison des Serpentards, enfonçant le bandage dans sa poche, sans savoir vraiment à quoi ça lui servait de le garder, préférant y réfléchir plus tard.
Alors qu'elle tournait à l'angle d'un couloir, juste après avoir descendu les Grands Escaliers, elle se retint de ne pas se jeter sur les deux personnes enlacées sur un banc contre le mur. Serrant les poings, Hermione les plongea dans ses poches, et sentit sa baguette. Avec un sourire satisfait d'avance pour ce qu'elle allait faire, alors qu'elle passait à côté du couple, elle donna un coup de baguette vers ce dernier. Lavande et Ron se retrouvèrent séparés, projetés d'un bout à l'autre du banc. Ils se regardèrent avec hébétude en se demandant ce qu'il avait bien pu se passer, tandis que la jeune fille continuait son chemin, le cœur plus léger. Avec ce sort de débutant, les deux jeunes gens ne pourront plus se toucher pendant une quinzaine de minutes.
Ce qui était jubilatoire pour l'ancienne amie du rouquin.
La jeune fille retrouva d'ailleurs la sœur de ce dernier en arrivant dans sa maison, en train de rire aux éclats sur son lit. Allongée sur le ventre, elle regardait Blaise Zabini avec son regard marron qui semblait tant pétiller devant le garçon. Elle ne l'avait jamais avoué à sa meilleure amie, et elle ne devait sûrement pas vouloir se l'avouer à elle-même, mais elle s'était clairement amourachée du Serpentard. Et même si elle n'osait pas le dire à Ginny au cas où elle se trompait, Hermione était persuadée que Zabini avait aussi craqué pour la jeune rousse. Pourtant, les deux restaient de simples amis, ce qui étonnait toujours autant l'ancienne Gryffondor.
Allant s'asseoir sur son matelas tout en ignorant les Serpentards qui la suivaient des yeux, elle chercha du regard un certain blondinet pour avoir une explication. Pourtant, alors que ces derniers temps il était toujours avec Astoria, celle-ci riait seule avec Pansy, sans trace du prince des serpents à ses côtés. Fronçant les sourcils, Hermione était contrariée. Elle finit par se résigner. Malefoy ne se trouvait pas dans les environs, et se contenta donc d'observer le Serpentard à la peau chocolat et l'ancienne Gryffondor aux cheveux roux discrètement, ignorant les commentaires qui fusaient apparemment sur elle, du peu qu'elle entendait. En même temps, à avoir dansé toute la nuit avec Drago, elle s'était faite remarquée. Mais elle assumait totalement, souriant encore toute seule au souvenir des verres renversés sur son ex petit ami.
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Ou bien Drago était une vraie anguille, ou bien il esquivait Hermione volontairement. Car les rares fois où elle l'avait croisé ne se résumait qu'à deux. La première, ce fut le soir tous les Serpentard étaient rassemblés autour du sapin de Noël, le lendemain du bal. Sous ce dernier étaient entreposés tous les cadeaux, où tous cherchaient à atteindre les leurs, quitte à jouer des coudes. Tout le monde, mis à part les anciens Gryffondor -à l'exception d'Hermione qui avait dormi dans sa chambre de préfète- s'était réveillé vers la même heure, ce qui rendait les choses très compliquées.
L'ancienne Gryffondor avait d'ailleurs eu le plaisir de voir un de ses paquets se balader de mains en mains, des rires suivant le trajet du pull sorti du cadeau. C'était un joli pull rose clair où se démarquait la lettre 'H' couleur argent, pull évidemment fait main par Mrs Weasley. Elle avait failli courir après, mais elle savait pertinemment que cela ne servirait à rien. Alors elle avait écouté les remarques acerbes sans sourciller, incapable de faire quoi que ce soit contre autant de monde. Elle s'était contentée d'essayer de suivre le cadeau du regard, quand c'était possible. Finalement, elle avait reçu l'habit en pleine figure, et elle avait posé immédiatement les yeux sur celui qui l'avait envoyé.
Drago se tenait nonchalamment appuyé contre le mur de la pièce. C'était la seconde fois dans la journée qu'elle le voyait, après le bal. Sauf que lors de cette soirée hors du temps, il ne la regardait pas aussi froidement qu'à ce moment. Il arborait une mimique dégoutée montrant la répulsion qu'il avait eu à toucher le pull.
« Dégage tes affaires de moi Sang-de-Bourbe. »
Bien plus atteinte par cette remarque qu'elle n'aurait due, elle avait fixé Drago alors que tous s'esclaffaient en la regardant avec dédain. Et c'est ce moment qu'il avait attendu, une fois que personne ne le regardât plus, pour lui faire son éternel sourire en coin, plus amusé que moqueur. Elle s'était demandée demanda malgré elle si ce qu'il venait de faire et de dire était de la comédie, pour faire le fier devant ses amis, ou réellement de la méchanceté. Mais ce sourire ne dura qu'une seconde, et le temps qu'elle baisse les yeux sur son tricot afin de vérifier qu'il n'était pas abîmé, et qu'elle les relèvent à nouveau vers le blond, celui-ci avait disparu.
La seconde fois, trois jours plus tard, ils s'étaient croisés lorsque la jeune fille entrait dans les appartements des préfets alors qu'il en sortait. Elle lui avait attrapé la manche, mais il s'était défait de son emprise sans un regard pour elle et avait continué son chemin, laissant Hermione perplexe.
Ainsi, non seulement elle ne put pas lui parler de nouvel an, mais en plus elle ne lui avait toujours pas rendu son collier. Cela la mettait mal à l'aise, portant tous les jours un pendentif qu'elle ne devrait légitimement pas avoir autour du cou. Caché sous ses vêtements, elle l'avait tout le temps pour lui rendre dès qu'elle arriverait à lui dire quoi que ce soit.
Elle commençait à douter sur l'honnêteté du jeune homme. Finalement, ce devait être tout simplement un mensonge, cette histoire de marque. La seule chose qu'elle ne comprenait pas, c'était dans quel but il lui avait menti. Aussi, elle ne pouvait s'empêcher de garder un léger espoir.
C'était avec ces questions-là qu'arriva la journée du nouvel an. Elle restait seule en retrait, afin de laisser Ginny avec Blaise comme une sortie en amoureux. Elle observait les élèves de Poudlard qui étaient surexcités à l'idée d'aller enfin dans le village, bien qu'il y restât des séquelles visible de la guerre, comme les magasins et étals pour certains fermés, malgré l'utilité commerciale de la saint Sylvestre.
Une fois arrivés au village, les élèves partirent par petit groupe, et l'ancienne Gryffondor fut une des très rares à partir seule de son côté. Elle flânait dans les rues, plus occupée à réfléchir qu'à faire du lèche-vitrine.
La neige crissait agréablement sous ses pas. C'était sans doute la seule chose qu'elle aimait vraiment en hiver, avec le fait de lire un livre au coin du feu le soir sous une couverture. Sensible aux coups de froid, elle resserra son écharpe vert et argent autours d'elle, maintenant sa cape chauffante avec son autre main. Ses cheveux qui claquaient au vent donnaient d'elle l'image d'une fille perdue incapable de dire où elle allait. Ce qui était peut-être bien le cas.
« Non, lâchez-moi ! »
Hermione releva la tête en entendant la voix plaintive d'une jeune fille dans une rue adjacente. Elle rejoignit l'allée à pas de course, rue relativement grande, et vit deux hommes ayant attrapé une Poufsouffle par les bras, l'empêchant de bouger. Tentant de donner des coups de pieds, elle pleurait de peur, alors que les deux barbares riaient de bon cœur.
Spectacle insupportable pour l'ancienne Gryffondor qui décida d'intervenir dans l'instant ; sortant de la ruelle d'où elle venait, elle se planta devant les deux hommes.
« Lâchez-là espèce de brutes ! »
La fixant comme si elle était folle, les deux hommes se regardèrent.
« Elle vient de nous traiter de brute là ?
-Non Rich', elle parlait juste de toi. Oh mais attend, regarde-moi ça ! Et si c'était elle ? »
Il montra le poignet d'Hermione. Au-dessus du dos de sa main, qu'elle serrait pour s'empêcher de sortir sa baguette et de s'attirer de gros ennuis, juste au niveau de l'os se trouvait une croix blanchâtre asymétrique, de deux centimètre de long. Marque qu'elle avait reçue le jour où elle avait acceptée de se faire recenser comme née-moldue, véritable humiliation qu'elle préférait le plus souvent oublier. Aucune magie ne pouvait l'effacer, c'était un sortilège de magie noire.
Elle comprit alors qui étaient ces grossiers personnages ; ce n'étaient pas que des sorciers plein de mauvaises intentions et d'idées perverses. Ils étaient aussi des partisans déclarés de Voldemort, sans pour autant être devenus des mangemorts. Des larbins.
Et ils avaient reconnu en la cicatrice de la nouvelle Serpentard son sang impur.
Cependant, elle ne comprit pas la dernière question de l'homme, se demandant ce qu'il voulait bien dire par là. Celle qu'ils tenaient étaient une née-moldue elle aussi, Hermione pouvait voir sa marque blanchâtre. Pourquoi semblaient-ils la reconnaitre ?
« Lâche la Sang-mêlé Rich', on a encore mieux... »
Sans avoir le temps d'esquisser le moindre geste vers sa baguette, et à peine la jeune Poufsouffle libérée, les deux hommes la saisirent dans une rapidité insoupçonnée. Les bras maintenus croisés dans le dos, Hermione dans une position inconfortable. Et dans de sales draps. Pourtant, elle cria à la fille de partir, ce qu'elle fit sans demander son reste.
« Dit Bill, on l'emmène ? Où d'abord on s'amuse un peu ?
-Vous allez surtout la lâcher et partir bien gentiment. »
Tournant soudainement la tête vers l'origine de la voix grave, l'ancienne rouge et or fut rarement aussi heureuse de voir Malefoy. Baguette dans la main, sans pour autant menacer les deux lourdauds –il avait toujours les bras le long du corps-, sa voix était tranchante comme la glace. Cependant, le dénommé Bill ne se priva pas de rire. Il fut suivit, de façon forcée comme s'il attendait de voir ce que faisait le meneur pour le faire à son tour, du second.
« Et pourquoi on t'écouterait petit morveux ?
-Parce que si le Seigneur des Ténèbres apprend que vous semez la pagaille en son nom, alors que l'école entière est dans les parages, il risque de faire tomber vos têtes, ce qu ...
-Gamin, tu ne sais rien du mage noir ! C'est notre mission, aujourd'hui ! Laisse ces affaires aux grands et ferme-la ! »
Les yeux métalliques du jeune homme, qui était jusqu'alors d'un calme froid qui prouvait sa maîtrise de lui, jetèrent soudain des éclairs. C'était qui très mauvais signe pour les deux hommes, qui ne se doutaient de rien. Car un Malefoy en colère est toujours dangereux.
Après un sourire sarcastique, le blond éclata d'un rire glacial. Cela laissa les deux partisans indécis, se demandant qui était ce mioche aux cheveux platine qui se montrait aussi présomptueux.
« Vois-tu, dit-il tout en relevant la manche gauche de son manteau avec une lenteur exagérée, rien que pour m'avoir parlé ainsi je pourrai te tuer sur le champ... Personne ne parle à un Malefoy de cette façon. Surtout pas des débiles pathétiques dans vote genre. »
En entendant le nom que leur donna le jeune garçon, les deux barbares devinrent aussi blancs que la neige alentour. Et ils semblèrent défaillir en voyant la marque des ténèbres noire qui se démarquait particulièrement sur la fine peau pâle de Drago.
Alors que celui qui semblait le plus important des deux hommes bafouillait des choses incompréhensibles, le Serpentard entendit le bruit caractéristique de pas se rapprochant, et il rabattit vivement sa manche sur son avant-bras. Juste à temps. Une foule d'élèves envahit la rue, formant un cercle autour des quatre personnes.
Toujours aussi incertains, et l'impression d'être piégés affolant les deux hommes, celui à la tête de ce duo se tourna vers Hermione. Celle-ci avait été libérée lorsqu'il avait vu le bras de Malefoy. Il arborait un air désespéré, avant de tendre sa baguette. Elle sembla tout voir au ralenti. Il gardait le bras presque le long du corps, afin de ne pas rater sa cible, et le sortilège fusa. Tout autour d'elle semblait si lent qu'elle eut le temps de se demander ce qu'il se passait.
Ou alors, c'était simplement cette impression d'arrêt dans le temps lorsqu'on voit arriver sur soit quelque chose que l'on ne saura éviter, pétrifiée sur place.
« Endoloris ! »
Elle eut encore le temps de penser aussi que c'était idiot et inutile d'utiliser ce sort. Encore, aurait-ce été un sortilège de mort. Mais là, c'était vraiment la tentative de celui qui se savait condamné, et qui tentait de s'en venger. Seulement, stupide ou non, son sortilège allait frapper de plein fouet la jeune fille visée.
« Granger ! »
Une poigne puissante, qu'elle commençait désormais à connaitre, l'attira à l'écart. Elle évita ainsi le sort de quelques millimètres, qui finit au niveau d'un toit après avoir survolé masse d'élèves. Quelques tuiles se brisèrent, mais la jeune fille n'y prêta même pas attention.
Des septièmes années assez hardis mirent les deux partisans hors d'état de nuire, accompagnés du professeur McGonagall qui assurait leurs arrières au cas où un autre sortilège serait lancé. Hermione, elle, levait la tête vers celle de Drago. Les yeux écarquillés par la peur de ce qu'elle avait failli subir, elle regardait le visage de celui-ci à quelques centimètres à peine du sien, celui-là même qu'elle n'avait vu que deux brèves fois depuis le bal. Qu'elle cherchait sans cesse depuis Noël sans jamais réussir à lui parler, celui qu'elle soupçonnait de cacher quelque chose, de prévoir un mauvais coup. Celui dont elle ne savait plus quoi penser, surtout maintenant qu'il l'avait sauvée. Celui qui la regardait maintenant d'un air blasé.
« Bon sang Granger, quand cesseras-tu de te mettre dans des situations pas possible ? »
Cependant, malgré le soupir lassé qu'il poussa, elle sentit quelque chose d'étrange se refléter dans sa voix. Il était anxieux. Cette certitude bloqua dans sa gorge la remarque acerbe qu'elle allait lui dire. Il était anxieux. Il était... anxieux.
Des élèves se précipitèrent vers les deux Serpentard, et ils eurent du mal à s'en débarrasser. Hermione ne lâchait pas Drago d'une semelle. Hors de question de ne pas pouvoir lui parler une fois de plus. En plus, il lui devait encore plus d'explications maintenant.
Mais alors une Poufsouffle, dont elle n'arriva même pas à mettre de nom dessus, une pourtant qui était souvent près d'elle quand elle mangeait encore à la table des jaune et noir, passa devant elle. Le temps qu'elle s'en débarrasse, elle perdit le garçon des yeux.
Pestant contre tout ce monde, elle cria de la laisser tranquille, et son énervement sembla dissuader les élèves de continuer à lui parler. Elle prit une ruelle au hasard, ne sachant absolument pas ou le blond avait pu passer.
Alors qu'elle s'engageait dans un coin assez sombre en le cherchant, elle l'aperçut. Mais elle ne se jeta pas sur lui pour l'empêcher de se défiler encore comme elle l'avait prévu au départ. Non elle ne le fit pas, car face au prince des serpents se trouvaient Alecto Carrow, professeur d'études des moldus à Poudlard. Matière qui d'ailleurs était bien différente de celle enseignée jusque-là ; à présent, l'option apprenait aux sorciers à haït les moldus, et à les traiter comme des animaux.
L'ancienne Gryffondor la soupçonnait déjà d'adhérer à la cause du mage noir. Pourtant, quand elle vit la marque des ténèbres sur son bras dénudé elle fut étonnée. Et, sans s'y attendre, elle ressentit de la frayeur. Car non seulement elle était bien pire qu'une simple adepte, mais cela voulait aussi dire pour Hermione qu'elle pouvait très bien avoir quelqu'un de tel dans son entourage sans qu'elle ne s'en rendît compte. Elle s'en voulut de sa naïveté, restant plaqué contre le mur, là où les deux mangemorts qui se tenaient face à face ne pouvaient pas la voir. Elle se demandait bien ce que faisait Carrow avec sa marque ainsi exposée, et à fortiori face à Malefoy.
Soudain, un détail lui sauta aux yeux : quand il avait montré sa marque aux deux brutes quelques minutes plus tôt, elle était dénudée. Il n'avait rien pour la cacher à part sa cape. Aucun nouveau bandage. Pourtant, jusqu'à présent, il l'avait toujours cachée. Pourquoi la mettait-il maintenant en avant ? Elle était normale, si l'on ne faisait pas attention aux cicatrices blanchâtres tout autours, ce n'était donc pas pour l'avoir à nouveau attaqué comme il avait déjà pu le faire. Et puis, il avait semblé si sûr de lui, comme si il était certain que tous savaient que le Malefoy fils était important pour leur Seigneur des Ténèbres. N'était-il pas sensé l'avoir assez ignoré et tenté de se débarrasser de ce rôle pour que ce ne soit plus le cas ? Etait-ce une feinte ? Ou alors, tout simplement, comme le soufflait son intuition en voyant le professeur face à Drago sans aucune animosité, n'était-il pas juste un bon acteur envers l'ancienne Gryffondor ? Seul le ton glacé du professeur trahissait une légère rancœur –mais qui n'avait jamais ressenti cette hostilité envers le prince des serpents ?- contre le garçon.
« ... pour te prévenir, c'est tout.
-Je sais ce que j'ai à faire, sans que tu ne me le dises Carrow.
-Ne me parle pas sur ce ton-là Malefoy. Ce n'est pas parce que tu es dans Ses bonnes grâces que tu peux tout te permettre.
-Oh mais tu sais, répondit-il après un rire froid, je n'ai pas besoin de ça pour le faire. Tu resterais toujours inférieur.
-C'est ça, persifla-t-elle en rougissant de colère, en attendant, il faut que tu cesses un peu tes idioties, le Seigneur des Ténèbres s'impatiente de tout ça. Il se débarrasse un peu partout des Sang-de-Bourbes, Poudlard ne fera pas exception, et tu mets des bâtons dans les roues de ceux accomplissant la mission que tu ne cesses de reporter. Il va bientôt te remettre les pieds sur Terre. A ta place, je serais prudent.
-Je sais ce que je fais, souffla alors le garçon, le regard glacial. Et je sais ce que je fais. Il faut détruire les Sang-de-Bourbe, n'est-ce pas ? Alors, il faut d'abord en détruire le cœur. Et nous savons tous les deux qui le constituent. Mais il faut le détruire, pas le faire disparaitre soudainement. Il faut ôter tout espoir à ces nés-moldus.
-Arrête de tenter de me faire croire n'importe quoi avec tes belles paroles. »
Levant les yeux au ciel, le garçon partit sans un mot pour la jeune femme, quittant la ruelle. Hermione retint son souffle. Il venait vers sa ruelle. Il allait la surprendre. Et avec la mangemort juste à côté, elle aurait de gros problèmes, vu que le blond avait bel et bien menti à l'ancienne Gryffondor. Oui, il était toujours aux bottes de Voldemort. Qu'avait-elle donc espéré ? Elle se traita d'idiote, alors que les bruits de pas du Serpentards sur la neige se rapprochaient de plus en plus. Elle avait vraiment été stupide.
Mais alors qu'elle serrait le poing, prête à entendre un mot, une phrase de son homologue pour interpeller le professeur, elle sentit une main serrer sa manche. Elle aurait pu en soupirer d'exaspération si elle n'avait pas été dans une telle situation.
Sans un mot, sa démarche ne changeant pas, le regard froid, il entra dans une autre rue, un peu plus bondée. Puis, après un regard en arrière, il se dirigea vers un coin tranquille. Lâchant enfin la jeune fille, il se retourna pour vérifier que personne ne se trouvait par là, et resta de dos à l'ancienne Gryffondor. Mais elle n'hésita qu'une seconde avant de lui dire avec reproche :
« Tu es vraiment qu'un lâche finalement ! »
Pivotant vivement, il attrapa les poignets de la préfète et les emprisonna d'une poigne de fer en les collant contre le mur derrière la jeune fille, la regardant avec colère.
« Arrête un peu de fouiner dans mes affaire Granger ! Tu ne comprends rien !
-Oh si Malefoy ! répliqua-t-elle d'un ton cinglant équivalant à sa déception, qu'elle trouvait étrangement grande. Je comprends parfaitement que tu t'es joué de moi pour je ne sais quel autre plan ignoble pour me gâcher la vie ! Tu aurais pu me laisser mourir avec les deux brutes tu sais ! Ah mais non suis-je bête, tu devais jouer au héros pour avoir l'air malin devant tous tes admirateurs ! Pourquoi n'exhibes-tu pas ta marque totalement au grand jour, tant qu'à faire ? Tous seraient bien contents de savoir qu'il suffit que tu remontes ta manche pour qu'on voit tous l'immense don que t'a fait Voldemort !
-Mais qu'est-ce que tu croyais ? Que j'allais du jour au lendemain envoyer le Seigneur des Ténèbres se faire voir ? Je suis prêt à prendre des risques, mais je ne suis pas suicidaire ! Ma marque doit parfois être utile, si déjà je l'ai toujours ! Et j'avoue que je me demande maintenant pourquoi les avoir virés, après tout tu n'en valais pas la peine!
-Mais bien sûr ! Et quel sang impur tu vas tuer cette fois pour rester dans ses bonnes grâces ? Moi n'est-ce pas ?! Vas-y, je sais que tu en meurs d'envie, occupe-toi donc de m'éliminer ! »
A ces mots, le garçon sembla se calmer, et la tension retomba légèrement, bien que toujours perceptible.
« C'est ça le problème ? Tu ne me fais pas confiance à cause de ce qui est arrivé à ce Serdaigle ?
-Gryffondor.
-Quoi ?
-C'était un Gryffondor. Et, reprit-elle avec amertume, tu t'attendais à ce que je te fasse confiance après ce qui est arrivé ? J'avais déjà des doutes, mais voilà que je te retrouve en tête à tête avec une mangemort !
-Ma parole Granger t'es vraiment aveugle ! Je t'ai pourtant bien montré que j'essaie vraiment de me débarrasser du Seigneur des Ténèbres !
-En m'évitant tout une semaine ? Très convaincant en effet. »
Serrant les poings, il expira un bon coup pour se calmer, plongeant ses yeux dans ceux noisette de la jeune fille. Expérience déstabilisante. La colère se distinguait dans son regard, mais elle était teintée d'une déception qui troubla Drago. Il comprit qu'elle avait un jour essayé de lui faire confiance, et il venait de la convaincre qu'elle ne devait pas. Il avait totalement échoué. Soupirant une fois de plus, il se dit que la vérité ne pourrait pas faire plus de mal.
« Ecoute, cette semaine, j'ai passé mon temps avec des mangemorts, ce qui n'est pas très réjouissants. Attends, enchaîna-t-il en voyant Hermione qui voulait commencer à parler, je n'ai pas fini de parler. Je n'ai même pas pu être avec Astoria, alors qu'il faut au plus vite que je me débarrasse de ce fichu lien. Mais c'est à cause de toi que je perds mon temps Granger, donc tu pourrais m'être un tant soit peu reconnaissante. Parce que ton copain rouquin...
-Ex copain.
-...a eu la bonne idée de crier sur tous les toits que tu comptais renverser le Seigneur des Ténèbres à toi toute seule. Rumeurs ou pas –bien que personnellement je pense, je suis même certain que c'est la vérité, du moins que tu veuilles Le combattre- Il n'a pas beaucoup apprécié quand Carrow lui a rapporté cela. Et il s'est mis en tête de...
-Me tuer. »
Elle était restée silencieuse pour écouter des explications qu'elle s'attendait être évidemment illogique, mais elle n'avait pu s'empêcher de deviner ce que Malefoy lui expliquait là. Et le silence qui suivit ces deux mots confirma l'intuition de la fille aux cheveux châtains. Oui, ça devenait même logique dit comme ça. Sauf qu'il y avait une faille dans toute cette explication.
« Et alors Malefoy ? Quel rapport avec toutes ces absences, je vois mal comment une pauvre Sang-de-Bourbe peut faire perdre le précieux temps de Drago Malefoy.
-C'est car je fais en sorte de le dissuader de le faire Granger, et ça, c'est plus compliqué que tu ne peux imaginer, presque pire que de remplir des milliers de manuscrits pour un devoir de McGonagall... »
Sans saisir la tentative d'alléger ce qu'il venait de dire, la miss observa le serpent. Parce que s'il était sincère, il remontait dans son estime. Mais ça, c'était du déjà-vu. Pourtant, il avait ses yeux plantés dans les siens, et il semblait sincère. Détachant son regard de celui métallique du garçon, elle fixa la neige qu'elle voyait derrière Drago.
Il était vrai qu'il ne passait plus beaucoup -voir presque pas- de temps avec Greengrass depuis quelques jours. Pourtant, elle avait semblé jusque-là être devenue son objectif numéro un. Et il était vrai aussi qu'elle avait entendue dire que Ronald Weasley racontait des tas de trucs plus ou moins vrai sur elle, Hermione Granger, la Sang-de-Bourbe.
Convaincue, du moins pour le moment, une question subsistait. Elle la posa d'une voix qui avait perdue toute haine, en le regardant à nouveau dans ses yeux d'acier :
« Pourquoi ? Pourquoi ferais-tu ça pour moi ?
-Parce que, Granger, tu me sors d'un truc afreusement douloureux, maintenant je l'ai fait aussi à mon tour. »
Il rit alors, à la surprise d'Hermione, avant de continuer :
« Plus sérieusement, c'est parce que tu dois désormais une crasse à Weasley et je t'ai déjà dit que je ne raterai pas une occasion de lui rappeler quelle est sa place. Et puis ne plus avoir personne pour me distraire en me tenant tête serait affreusement ennuyeux. »
Haussant les sourcils, Hermione observa Drago s'éloigner avec incertitude. Elle ne pouvait s'en empêcher maintenant ; avant, elle ne pouvait éviter de douter, et là, elle le croyait totalement, ne réussissant plus à le remettre en question. Troublée, elle passa la fin de la journée à vagabonder, rentrant rarement dans les boutiques ouvertes. Elle était plutôt plongée dans ses pensées, se demandant involontairement laquelle des trois excuses qu'avaient donné Malefoy était la vraie, ou du moins la plus sincère.
Ce dernier quand à lui n'était pas plus passionné par les étals qu'elle. Il était plus occupé à penser qu'à souhaiter acheter quelque chose dans une ville où moins du tiers des boutiques était ouvert. Seul, la capuche rabattue pour ne pas attirer l'attention des élèves qui lui sauteraient sans doute dessus en le voyant seul, il déambulait dans les rues. Il avait aussi une question qui tournait et retournait dans sa tête. Pourquoi préférait-il user de son précieux temps pour s'occuper de son ancienne ennemie plutôt que pour celle qu'il devait à tout prix séduire ? Seulement, comme toujours depuis une semaine, il ne savait mettre de nom sur la réponse. Celle-ci lui échappait inlassablement.
