Un tout tout grand merci à fan OUAT, Athena Skywriter, Julia-CS, ChefPopo et louloumpu pour les reviews! :D

J'ai juste quelques mots à dire concernant la relation entre Emma et Leia. Il n'y a en réalité pas vraiment de raisons précise pour laquelle la petite repousse sa mère comme ça, mais j'ai un peu l'impression que elle ressent la nervosité de sa maman face à toute cette situation, et du coup ça la perturbe encore plus. Oui, oui, je suis étudiante en psychologie, j'ai besoin de tout analyser, ne me jugez pas xD

En tout cas vraiment, un tout grand merci à vous tous pour le soutien que vous m'apportez. Lire vos commentaires chaque semaine me fait tellement chaud au cœur... J'espère que vous continuerez à aimer cette histoire!


- Emma, réveille-toi, love…

La voix de Killian me parvint comme très lointaine, mais réveilla directement un mal de crâne abominable. J'avais peur d'ouvrir les yeux, parce que je savais très bien que ça ne ferait qu'empirer ma migraine, mais je n'avais pas vraiment le choix. Je sentais Killian me caresser gentiment le dos pour m'aider à me réveiller, et je finis par trouver la force d'ouvrir les paupières, que je refermai immédiatement en poussant un grognement de douleur, enfouissant la tête dans mon oreiller pour échapper à la clarté.

- Désolé de te réveiller, mais j'ai pensé que tu voudrais peut-être t'apprêter avant que les enfants reviennent.

Je hochai lentement la tête, mais ne répondis pas. Je lui en étais reconnaissante d'avoir pensé à tout ça, parce que je ne voulais certainement pas que mes enfants me voient dans cet état là. Sa main remonta jusqu'à mes cheveux, et il dit avec douceur, caressant mes mèches blondes :

- Comment te sens-tu ?

- Mal, grognai-je d'une voix très rauque, toujours enfouie sous la couette.

- Je vais te préparer de quoi te sentir mieux, d'accord ? Ça va aller pour t'apprêter ? Tu n'as pas besoin de mon aide ?

Je secouai la tête et ouvris de nouveau les yeux pour rencontrer son regard inquiet et peiné. Il se pencha vers moi pour m'embrasser sur le front, me caressa une dernière fois les cheveux comme pour s'assurer que je tenais le coup, et se leva du lit pour quitter la pièce.

Je restai un long moment allongée sur le dos, les yeux fixés sur le plafond, une main posée sur le front, essayant de calmer ma migraine. La nuit avait été abominable, autant pour Killian que pour moi. J'avais été malade pendant des heures, sans grande surprise vu la quantité d'alcool que j'avais ingérée. Killian était resté à mes côtés toute la nuit, ne me quittant pas une seule fois, son crochet retenant mes cheveux en arrière et sa main caressant mon dos pour m'encourager. Il m'avait murmuré qu'il m'aimait encore et encore alors que je sanglotais, autant à cause de la douleur qui m'étreignait l'estomac que parce que j'avais l'impression de devenir folle, la peine enflant encore et encore dans ma poitrine sans jamais vouloir s'arrêter. Lorsque je m'était enfin endormie, il avait été obligé de me réveiller toute les demi-heure pour s'assurer que j'étais toujours bien consciente et qu'il ne devait pas appeler une ambulance. Je poussai un long soupir en me demandant ce qui m'avait pris pour me souler de la sorte la veille.

Je m'en voulais horriblement. Killian n'avait plus l'air fâché, à présent, juste triste. Et je savais que j'en étais la cause. Poussée par l'alcool, je lui avais avoué une partie de ce qui me tracassait, et s'il ne s'était pas mis en colère, il avait surtout eu l'air très peiné. Et puis je me trouvais ridicule. J'étais une adulte, je n'aurais jamais dû boire autant sans penser aux conséquences. J'aurais pu finir à l'hôpital. Je m'étais comportée comme une parfaite idiote en essayant de fuir la situation, et je me sentais vraiment, horriblement coupable. Surtout que j'étais sûre d'avoir fait du mal à mon mari, et que je ne supportais pas de le voir si blessé par ma faute.

Je finis par trouver la force de quitter mon lit, et je me traînai littéralement jusqu'à la salle de bain. Je me sentais toujours nauséeuse, et une douleur abominable pulsait dans ma tête, comme si mon cerveau était sur le point d'exploser. Je me brossai les dents pour enlever le goût désagréable que j'avais toujours dans la bouche, puis je me déshabillai en laissant mes vêtements roulés en boule sur le sol et rentrai sous la douche en soupirant.

Je mis le jet d'eau sur glacé, et sursautai lorsque le liquide rentra en contact avec ma peau. J'avais besoin de me mettre les idées au clair, et, sans tenir compte de mon corps qui se mettait à grelotter en protestation, je passai la tête sous le pommeau de douche pour mouiller mes cheveux. J'avais l'impression que me laver me purifiait, et enlevait les derniers vestiges de l'alcool qui me collaient à la peau. Mais ça n'allait certainement pas m'aider à effacer mes paroles de la veille, ni la peine de Killian, et je poussai un nouveau long soupir de découragement en m'appuyant des deux mains contre le mur de la douche, posant ma tête contre le carrelage froid.

Il fallait que j'aille m'excuser. Il fallait que l'on parle de tout ça. Certes, je n'étais pas la seule fautive dans cette histoire, car la raison pour laquelle j'avais commencé à boire était parce qu'il m'avait abandonnée pendant de longues minutes, mais j'aurais dû me contenir. J'aurais dû me conduire en adulte et aller lui parler au lieu de noyer mon chagrin dans l'alcool. Je le savais à présent. Il m'avait fait du mal, certes, mais je m'étais comportée comme une gamine capricieuse et je l'avais blessé à mon tour. Je me détestais pour ça.

Sans vraiment réfléchir à ce que je faisais, et en restant fermement sous le jet de la douche, je mis l'eau bouillante d'un seul coup, comme pour me punir. Je retins un cri de douleur lorsque le liquide fumant brûla ma peau, mais restai quelques secondes dessous. J'avais presque envie de me faire mal, parce que je pensais l'avoir mérité.

Je finis par sortir après de longues minutes, les cheveux toujours trempés, et entrepris d'enfiler des vêtements propres. Ce ne fut que lorsque je voulus mettre mon pull que je remarquai la brûlure qu'avait laissée l'eau chaude sur mon avant bras droit. Une plaque rouge écarlate d'une dizaine de centimètre s'étendait sur ma peau claire. Presque fascinée, je posai les doigts dessus, mais un lancement me fit grimacer. Je haussai les épaules et rabattis la manche sur mon bras pour éviter que Killian remarque la brûlure, renonçant à la soigner. C'était bien fait pour moi, après tout.

Je jetai un coup d'œil à mon reflet dans le miroir et grimaçai légèrement. J'avais l'air moins mal en point que je ne l'avais imaginé, mais de grosses cernes noires s'étendaient sous mes yeux, et j'étais pâle comme un linge. Je passai mes mains sur mon visage avant d'enfin sortir de la petite pièce pour aller rejoindre Killian au rez-de-chaussée. Je voulais m'expliquer avec lui. Je voulais lui demander pardon.

Une merveilleuse odeur de café et de pain grillé m'accueillit lorsque je fus arrivée en bas des escaliers. Ma nausée était toujours bien présente, mais j'espérais qu'elle s'estomperait lorsque j'aurais quelque chose sur l'estomac. C'est un peu timidement que je débarquai dans la cuisine pour trouver Killian occupé à verser du café dans un grand mug. Je ne savais pas comment il allait réagir en me voyant, ni comment lui faire comprendre à quel point je m'en voulais. Mais lorsqu'il se retourna vers moi, il m'adressa un doux sourire et me fit signe de m'asseoir devant l'assiette contenant du pain grillé recouvert de confiture posée sur la table de la cuisine. J'obéis et il m'apporta gentiment une tasse de café. J'entourai le mug brûlant de mes mains, sans savoir comment commencer la conversation.

- Ça va ? Me demanda-t-il d'une voix douce.

Je haussai vaguement les épaules, décidée à ne pas trop l'inquiéter. Mais il ajouta avec un demi-sourire, probablement pour me montrer qu'il était plus inquiet qu'en colère :

- C'est une vraie question. Pour savoir combien d'aspirines tu veux prendre.

- Très mal, répondis-je alors en essayant de sourire pour ne pas trop le tracasser. Tu peux me donner toute la boite.

Il secoua la tête, vaguement amusé, et s'éloigna pour aller chercher les médicaments alors que je portai la tasse de café à mes lèvres, espérant que le breuvage allait m'aider à me sentir mieux. J'en bus deux longues gorgées qui brûlèrent mon œsophage toujours fragile de la nuit, et reposai la tasse sur la table, les yeux baissés sur mes tartines grillées, me demandant si mon estomac allait les supporter. Au moment où je me décidai à essayer d'en manger une, Killian me rejoint avec trois aspirines, qu'il posa à côté de mon assiette :

- C'est quoi, ça ? Demanda-t-il d'un air un peu inquiet.

En relevant les yeux vers lui, je vis qu'il regardait mon bras droit avec insistance, et remarquai que ma manche était maintenant roulée jusqu'à mon coude. Elle était sûrement remontée sans que je m'en rende compte lorsque j'avais bu mon café. Un peu gênée, je tirai sur ma manche pour couvrir la blessure en marmonnant :

- Rien du tout.

Il me jeta un regard peu convaincu, et me prit délicatement le bras pour le découvrir de nouveau et observer la blessure de plus près. Je n'essayai pas de résister, prise d'une immense lassitude. Il entreprit de toucher la brûlure pour voir si elle était grave, et je retirai immédiatement mon bras de son emprise en grimaçant sans pouvoir m'en empêcher.

- Oh, Swan, dit-il en secouant la tête, les sourcils froncés. Viens, il faut mettre de l'eau froide dessus.

Je me laissai faire alors qu'il m'attirait doucement vers l'évier de la cuisine, et il mit d'autorité mon avant-bras sous un jet d'eau glacé pour soulager la blessure. Le silence emplit la pièce durant quelques secondes, seul le bruit de l'eau roulant sur ma peau résonnant contre les murs.

- Comment tu t'es fait ça ? Demanda-t-il enfin, sa main reposant sur le bord de l'évier, comme s'il voulait vérifier que je restais bien sous l'eau froide.

- Je me suis brûlée sous la douche, répondis-je simplement. C'était un accident, ajoutai-je devant son air inquiet.

- Tu t'es brûlée délibérément ?

Je ne cherchai même pas à nier, je savais très bien qu'il avait deviné ce qui s'était passé et que sa question n'en était pas vraiment une. Mon cœur se serra lorsqu'il demanda d'un voix un peu tremblante :

- Pourquoi as-tu fait ça ?

Je me retournai vers lui pour capter son regard. Il avait les yeux brillants d'incompréhension. Je sentis moi-même des larmes monter, et dis d'une voix que j'essayai de rendre le plus stable possible.

- Je suis désolée pour hier, Killian. Je me suis comportée comme une gamine. Je m'en veux vraiment…

- C'est moi qui suis désolé, Swan, me coupa-t-il alors que sa main bougeait pour venir se poser dans le bas de mon dos. Je n'aurais jamais dû te laisser seule comme ça. J'ai perdu la notion du temps, et je n'ai pas pensé à la peine que je pouvais te faire. Je suis désolé que tu te sois de nouveau sentie abandonnée. Tu l'as été bien trop de fois dans ta vie, et je ne compte pas commettre cette erreur avec toi. Je te le promets. Je veux juste que tu sois heureuse.

Ses paroles me touchèrent, et je sentis une larme solitaire rouler le long de ma joue. Sans tenir compte du fait que mon bras était trempé, je me retournai vers lui pour me jeter dans ses bras, les mains nouées autour de sa nuque, la tête posée sur son épaule. Il me serra avec force contre lui, le visage plongé dans mes cheveux alors que ses doigts remontaient le long de ma colonne vertébrale dans une douce caresse. Je me sentais bien, dans ses bras. Je me sentais aimée et en sécurité, et j'aurais voulu y rester pour toujours. J'aurais voulu oublier mes doutes, mes peurs, et me convaincre que je ne vivrais plus jamais d'abandon. Il me l'avait promis, après tout.

- Je t'aime, murmura-t-il d'une voix brisée, avant de se détacher de moi, son bras gauche toujours passé autour de mes hanches.

Il avait l'air de lui-même lutter contre les larmes, mais il se força à me sourire et cueillit de l'index une petite perle salée qui dévalait ma joue. Puis, laissant sa main posée sur mon visage, il déclara avec une douceur infinie :

- On va arranger tout ça. On va trouver quelque chose pour que tu te sentes mieux. Je ne veux plus que tu sois aussi triste.

Puis, sans attendre de réponse de ma part - j'aurais de toute façon bien été incapable de dire quoi que ce soit vu la façon dont ma gorge s'était serrée d'émotion à ses paroles - il se pencha vers moi et m'embrassa avec douceur. Je me laissai alors aller au goût familier de ses lèvres, essayant de me convaincre qu'il disait la vérité et qu'il ne me laisserait jamais.


Nous n'avions malheureusement pas eu le temps de beaucoup parler de notre situation. A peine avais-je terminé mon petit déjeuner qu'il devait déjà partir pour aller chercher les enfants chez mes parents. Neal devait en plus venir à la maison pour l'après-midi, pour que ma mère et mon père aient à leur tour du temps libre, et j'attendais ce moment avec appréhension. Après tout, j'avais toujours une horrible gueule de bois, que l'aspirine n'avait pas réussi à totalement effacer, et il y avait souvent beaucoup de bruit lorsque Neal était là.

Killian me serra longuement dans ses bras avant de partir. Nous avions tous les deux décidé qu'il valait mieux que je reste à la maison pour me reposer un peu, mais je n'avais pas envie de rester toute seule avec mes pensées noires. J'avais besoin de le sentir près de moi, pour être sûre qu'il n'allait pas disparaître. Mais c'est d'une voix rassurante qu'il me dit, juste avant de quitter la maison :

- Je reviens vite, love, c'est promis.

Il semblait avoir lu dans mes pensées, et se pencha vers moi pour m'embrasser tendrement sur le front. Je le regardai s'éloigner, debout sous le porche de notre maison, jusqu'à ce qu'il ait disparu au coin de la rue, et refermai la porte d'entrée en soupirant pour ce qui semblait être la millième fois depuis que j'avais ouvert les yeux.

Sur le temps où je me retrouvais seule, je fis tout pour m'occuper afin d'éviter de penser à quoi que ce soit. Je mis de la musique même si ça me faisait mal à la tête, et j'entrepris - chose rare - de ranger la maison. Je bus plusieurs tasses de café, ce qui eut pour seul effet de me mettre complètement sur les nerfs, et ça ne m'aida pas à calmer mon inquiétude ni ma peine. Parce que malgré les étreintes de Killian, sa promesse de ne pas me laisser, je prenais ses secrets comme un abandon. Et je n'arrivais pas à oublier son bras passé autour des épaules de Jasmine la veille au soir.

Alors, lorsqu'il revint enfin avec les enfants une demi-heure plus tard, je me jetai littéralement dans ses bras. Il ne broncha pas, se contentant de me serrer contre lui, et ce n'est que lorsque je fus sûre qu'il était bien là que je m'accroupis pour saluer Liam, Leia et Neal.

Mon fils sembla tout de suite remarquer que quelque chose clochait. Alors que Neal et Leia partaient en courant vers le salon, ne se doutant pas de la tempête qui faisait rage sous mon crâne, il resta près de moi, les sourcils froncés, l'air inquiet. Il finit par porter sa petite main à mon front, comme pour s'assurer que je n'avais pas de fièvre.

- Qu'est-ce que tu fais, sweetheart ? Demandai-je avec douceur, touchée par la tendresse de son geste.

- Tu es malade, maman ?

- Non, bébé, j'ai juste mal à la tête, assurai-je en me forçant à lui sourire. Mais je vais bien, ne t'inquiète pas. Va jouer avec les autres, d'accord ?

Il sembla hésiter un peu, et je lui souris plus largement pour l'encourager, ce qui sembla le décider complètement. Il partit donc d'un pas plus léger vers sa sœur et son oncle, et je me retournai vers Killian en soupirant :

- Tu ne te sens pas mieux ? S'inquiéta-t-il en venant passer un bras autour de mes hanches.

- Pas vraiment. Je suis juste contente que tu sois rentré.

Et sur ces mots, il me prit de nouveau contre lui et nous restâmes longtemps enlacés au beau milieu du hall d'entrée.


- Tu te sens un peu mieux ?

La voix de Killian me tira brusquement de mes pensées. Je surveillais les enfants du coin de l'œil, assise sur le canapé du salon, mais je m'étais laissée distraire pendant quelques secondes. Heureusement, les petits n'avaient pas fait de bêtises, et je me maudis mentalement pour ne pas avoir fait plus attention. Mais j'avais une excuse pour être aussi distraite : Une vague migraine me torturait toujours, et j'étais complètement épuisée par la nuit que je venais de passer, malgré le café que j'avais bu et à cause duquel j'étais toujours nerveuse. Je me forçai cependant à hocher la tête en lui souriant légèrement, et il vint s'asseoir à mes côtés sur le sofa. A peine fut-il installé que je posai la tête sur son épaule en soupirant, et il passa son bras autour de moi pour me serrer un peu plus contre lui.

- Tu es toujours triste, n'est-ce pas ?

Je jetai un bref coup d'œil aux enfants pour m'assurer qu'ils ne nous entendaient pas, et hochai lentement la tête. Mon humeur ne s'était pas améliorée, et j'avais vraiment hâte de parler de mes sentiments avec mon mari, à présent. Je ne voulais plus de secret. Je voulais mettre cartes sur table, pour tenter de ne plus souffrir.

- On va parler de tout ça, m'assura-t-il, comme faisant écho à mes pensées. On va parler de ce que tu ressens. Je suis désolé que tu te sois sentie trop mal pour m'en faire part avant, mais on va arranger ça. Tu peux me faire confiance, je te le promets.

- Je sais, murmurai-je d'une voix à peine audible, touchée par ses paroles.

Je levai le menton pour le regarder dans les yeux, et il m'embrassa avec douceur sur les lèvres. Je profitai un instant de cette sensation agréable, espérant la prolonger pour ne serait-ce que quelques secondes, mais un cri de surprise poussé par Leia nous fit nous séparer d'un bond. Je tournai la tête en sursautant, un mauvais pressentiment prenant place dans le creux de mon ventre.

La scène sembla se passer comme au ralenti devant mes yeux. Liam avait profité du fait que nous étions occupés pour utiliser sa magie, ce que je lui avais pourtant formellement interdit. Dieu sait comment, vu qu'il ne savait pas encore maîtriser ses pouvoirs, il avait réussi à faire léviter un énorme vase offert par ma mère des années auparavant, et qui était habituellement posé sur la table basse. Les yeux écarquillés, il semblait lui-même effrayé par ce qu'il était en train de faire, et avait visiblement perdu tout contrôle, car le vase flottait à présent au-dessus de la tête de Leia, qui regardait l'objet avec de grands yeux terrifiés. De son côté, Neal semblait trouver tout ça très drôle et tapait dans ses mains en encourageant son neveu.

Je m'étais tournée juste au moment où les pouvoirs de Liam échappaient à son contrôle. Je vis le vase chuter dangereusement vers la tête de ma fille qui, morte de peur, s'était complètement figée. Je poussai un cri de détresse, consciente que l'objet pourrait très bien tuer Leia, et, dans un réflexe non calculé, j'utilisai ma propre magie pour aller faire exploser le vase sur le mur opposé de la pièce, tirant ainsi ma fille du danger.

Le salon resta plongé dans un silence stupéfait pendant quelques secondes avant que Leia ne se mette à pleurer, comme réalisant ce à quoi elle venait d'échapper. Killian s'approcha immédiatement d'elle en la prenant contre lui pour la calmer, alors que Neal s'écriait un « Woah, c'était trop cool ! ». Mon fils, quant à lui, semblait tout à la fois effrayé et excité, et je m'approchai de lui en trois grandes enjambées, la terreur faisant toujours battre mon cœur à une vitesse folle contre mes côtes.

- Qu'est-ce qui t'a pris, bon sang ?!

Je venais de hurler, ma voix résonnant dans la pièce. Je n'avais jamais crié de la sorte sur Liam, et il sursauta en me regardant avec deux grands yeux étonnés. Je ne réfléchissais plus bien tant j'avais eu peur. Non seulement mon fils m'avait désobéi et il devait comprendre qu'il ne pouvait pas faire des choses pareilles, mais il avait en plus failli blesser sa sœur. Et il n'avait pas l'air de comprendre à quel point ce qu'il venait de faire était grave.

- T'as vu maman, j'ai réussi à faire voler le vase ! Finit-il par dire, comme dans une tentative pour éviter de se faire punir.

- Et quoi, tu es fier de toi ? Tu veux les félicitations du jury ?

- Mais maman… Protesta-t-il d'une petite voix, semblant impressionné par le ton que je venais d'employer.

Je vis Killian faire un geste dans ma direction, comme pour m'empêcher de continuer à hurler. Il savait que j'avais raison d'être en colère, mais il était vrai que j'aurais mieux fait d'expliquer calmement la situation à Liam. Mais j'étais beaucoup trop en colère. Et ma rage était accentuée par ma gueule de bois et la quantité de caféine que j'avais ingurgité depuis que je m'étais réveillée.

- Mais rien du tout, Liam ! Tu aurais pu te blesser ! Diable, tu as failli tuer ta sœur, tu t'en rends compte, de ça ?!

- Mais j'ai pas voulu faire de mal…

- Ça ne change rien du tout ! Combien de fois t'ai-je dit de ne pas utiliser ta magie, hein ? Combien de fois ?!

Mon frère regardait la scène avec des yeux ronds, debout juste à côté de Liam. Il ne m'avait jamais entendue crier de la sorte non plus, et semblait pour le moins décontenancé. Mon fils, quant à lui, trouvait visiblement tout ça très injuste, la surprise passé. Il sera les deux poings, fronça les sourcils et s'exclama :

- Arrête de crier ! C'est Neal qui m'a dit de le faire !

- Et ? Répliquai-je en haussant encore la voix. Ce n'est pas une raison pour l'écouter ! Si Neal te dit de te jeter dans le lac, tu vas le faire ?!

Je ne me rendis pas compte sur le moment que je venais de prononcer la phrase typique des mamans en colère. Le visage de mon fils pâlit alors qu'il me regardait d'un air féroce. Il semblait sur le point de piquer une crise de colère, ce qu'il n'avait encore jamais fait auparavant. Le tiroir de la commode du salon s'ouvrit soudain avant de se refermer avec force, ce qui montrait bien à quel point il était en rage. Lui qui était si calme et souriant d'habitude, il était métamorphosé. Loin d'être impressionnée, je continuai :

- Tu vas monter dans ta chambre pendant que je réfléchis à ta punition, jeune homme !

Ce fut la phrase de trop. Il n'avait jamais été réellement puni, et les lumières vacillèrent plusieurs fois dans la pièce avant qu'il ne hurle avec force :

- Je te déteste !

La phrase me frappa de plein fouet. Je ne m'étais pas attendue à ça, et je sentis une boule se former juste sous mon cœur. J'entendis vaguement Killian prendre la parole, disant d'un air furieux : « Liam, qu'est-ce qui te prend enfin ? Ne parles pas comme ça à ta mère », mais les sons me parvenaient comme étouffés.

Je ne me sentais pas capable de contenir mes émotions, pas avec tout ce qui se passait ces derniers temps. La relation qui me liait à mon fils était fusionnelle. Et maintenant, il me détestait, parce que j'étais une mauvaise mère. Sur le moment, épuisée, stressée, je ne me rendis pas compte que Liam avait prononcé ces mots sans vraiment y réfléchir, et j'eus l'impression qu'un seau d'eau glacée me tombait sur la tête tant j'étais choquée.

La pièce était plongée dans un silence stupéfait. Leia avait arrêté de pleurer, et même Liam semblait étonné par ses propres mots. Ne sachant pas quoi faire, ne sachant pas comment réagir face à tout ça et avec l'impression que je perdais pieds, je fis trois pas en arrière, espérant me sortir de cette abominable situation.

- Swan ? Demanda Killian en voyant mon regard figé par la détresse.

Je ne répondis pas, je ne savais plus quoi faire. Alors je fis la seule chose pour laquelle j'avais toujours été douée.

Fuir.

Sans répondre à mon mari, je tournai les talons et me précipitai vers la porte d'entrée. J'avais besoin d'échapper à ça. J'avais besoin d'être seule, de réfléchir, de me sortir de cette horrible tension.

- Swan !

J'ignorai le cri de Killian et claquai la porte derrière moi, dévalant les marches du poches en courant comme si ma vie en dépendait.


Et voilà! Cette fois c'est avec Liam que les choses dégénèrent un peu... Ne vous inquiétez pas, le petit garçon a juste dit ça sur le coup de la colère, et il s'en veut déjà! J'espère que vous avez aimé et à la semaine prochaine! :)