Accidentally in love
A votre intention : Il y aura un peu de tout, mais la relation principale est une relation homosexuelle entre deux hommes, qu'on appelle plus communément ici slash.
Disclaimer : les personnages ne sont pas à moi, mais je pense que tout le monde le sait. Je peux seulement affirmer la maternité sur ce scénario ce qui est en soit pas mal du tout… je sors.
Nota : Bonjour à tous. Voici le dernier chapitre de Accidentally et j'espère qu'il vous plaira. J'ai adoré écrire cette fic et c'est la première fois qu'un texte est aussi construit pour moi. Et puis, changer de couple, c'était rafraichissant.
Enjoy it.
Conseil de musique : Symphonie numéro 7 Allegretto de Beethoven, Requiem et Messie de Mozart, Highway to hell de AC/DC, I was made for lovin' you de KISS, Gotta knock a little harder de l'OST Future Blues de Cowboy Bebop, Holding out for a hero, Changes, Little drop of poison et, bien entendu, Accidentally in love, ces derniers provenant de l'OST de Shrek 2.
Voilà, bonne lecture et passez un bon moment.
Résumé de l'épisode précédent…
Harry leva les yeux au plafond pour ne rien voir. Il avait froid, il était aveugle et il ne sentait plus rien.
Et il entendait Blue. Alors, il pleurait…
Don't wake me from the dream, it's really everything it seemed…
[Ne me réveille pas de ce rêve, c'est vraiment tout ce qu'il paraît…]
Parce qu'il voulait vraiment vivre cette fois…
Partie X
« Accidentally in love »
Quelqu'un tirait de son sommeil Drago. Avec une main et une voix douce. Il mit quelques instants avant de se réveiller et de savoir où il était. Une hôtesse de l'air lui sourit, lui dit qu'il était huit heures du matin à Londres et qu'elle l'avait réveillé comme promis. Elle s'en alla, laissant un parfum de rose et alla vaquer à ses occupations.
Malefoy s'étira et releva son fauteuil à l'aide de la télécommande. Ceci étant fait, il ouvrit le rideau de sa fenêtre et regarda dehors. Un ciel bleu, sans nuages. Du bleu à perte de vue. Il se recoiffa avec son peigne de poche –oui, il en avait un. Et alors ?- et ouvrit son ordinateur portable. Un homme d'affaire américain passa à ses côtés, le salua et lui souhaita un bon anniversaire.
Car, oui, aujourd'hui, à ce moment précis, Drago Malefoy avait quarante ans. Et, à part des cheveux blancs et des rides, il n'avait guère changé en dix ans. Physiquement. Du reste, il était maintenant un des hommes les plus riches et les plus puissants du monde, prenant ainsi avec succès la suite de son père, qui se complaisait assez dans la retraite.
Il revenait de deux semaines harassantes de négociation avec une puissante entreprise de Wall Street. C'était la première fois depuis des années qu'il partait si loin, si longtemps et sans ses enfants.
« Votre petit déjeuner, Monsieur Malefoy,
-Merci »
Il posa le plateau à côté –oui, il réservait toujours les deux sièges pour avoir la tranquillité qu'il voulait- et se connecta sur internet. Sa famille lui manquait, surtout à cet instant. Le cap de ses trente ans s'était passé sans encombre, surtout parce qu'il avait la tête ailleurs. Mais, à ses quarante, il avait tout ce dont un homme rêvait. Une entreprise solide et prospère, des amis et surtout, une famille formidable. Tout cela ne s'était pas construit sans anicroche, mais il était plutôt fier de cette dizaine écoulée.
En attendant la connexion au réseau, il joua avec son alliance. Or blanc, simple, large et avec une inscription de gravée. Drago ne l'avait pas choisie mais il s'était bien vengé par la suite.
Enfin, un visage se matérialisa sur son écran. Un jeune homme de dix huit ans, aux yeux si familiers …
« Jude, dit Malefoy, en souriant doucement.
-Salut Blondie !
-Rien que pour aujourd'hui, pourrais-tu, s'il te plait, oublier ce surnom ?
-On verra. Bon anniversaire vieillard ! lui souhaita le gamin devenu jeune homme. »
Jude avait bien grandi. Drago pouvait maintenant le regarder dans les yeux sans avoir à se baisser. Il se préparait activement à passer les examens de fin de parcours à Poudlard et n'en était point stressé. Le sourire de son fils adoptif s'agrandit il quitta l'espace d'un instant l'écran pour revenir avec dans ses bras sa petit sœur, blonde comme les blés.
« Et voilà mon trésor ! s'exclama fortement Drago. »
Déformation parentale qu'il trouvait agaçant chez les autres mais pas chez lui. Après tout, sa fille Lua était une pure merveille esthétique, en plus d'être intelligente et débrouillarde. C'était une Malefoy, que voulez-vous.
« Papa ! Bon a-nni-ver-saire ! dit l'enfant de cinq ans en bougeant ses mains sales.
-Petit déjeuner. Le petit dernier a trouvé amusant de balancer la nourriture partout, raconta Jude en installant bien sa sœur sur ses genoux. C'était mieux lorsqu'il ne buvait que du lait.
-J'ai des photos de toi étant bébé, Jude. Ne pousse pas le bouchon, rappela Drago.
-Tu verrais la cuisine, c'est l'apocalypse là-bas, continua le jeune en ne relevant pas la remarque précédent.
-Tu rentres quand, Papa ? demanda son adorable petite fille.
-Dans quatre heures ma puce. Avec pleins de cadeaux…
-C'est ton a-nni-ver-saire, c'est à toi d'avoir des cadeaux au-jourd-'hui, articula-t-elle fortement.
-Tu as raison, trésor. Alors, Killian aime balancer la nourriture sur sa famille ? Ça ne change pas de d'habitude.
-Et oui. Tu nous as peut être abandonné deux semaines mais la Terre continue de tourner, Drago, se moqua Jude.
-Il faut vraiment que tu arrêtes de trainer avec Severus.
-Il est en Suisse, je ne l'ai pas vu depuis un moment.
-Cela ne veut pas dire que vous ne vous parlez pas. »
L'adolescent lui fit un sourire, le sourire made in Rogue. Ce gamin aura sa peau, un jour. Lua retourna manger son petit déjeuner sans un mot. Jude se leva rapidement, jura, attrapa son sac et s'en alla. Malefoy pouvait apercevoir le salon grâce à l'écran et celui-ci était calme. Bien évidement, cela ne fut que pendant quelques secondes avant de voir débarquer le dernier membre de cette fratrie, Fina, douze ans. L'adolescente aux cheveux châtains et aux yeux noirs était prête pour aller à l'école, bien habillée, bien coiffée et toujours aussi sérieuse.
« Bonjour mon ange, lança Drago pour attirer son attention.
-Bonjour Papa. Bon anniversaire, répondit-elle doucement. »
De tous ses enfants, c'était certainement la plus calme et la plus introvertie. Celle qui accordait le moins sa confiance. Au vu de ce qui avait été sa vie, il n'y avait rien d'étonnant à cela. L'accueillir dans leur famille s'était révélé un défi de taille mais dieu seul sait qu'il ne le regrettait pas un seul instant.
« Déjà prête pour aller à l'école ?
-Oui. J'aimerais éviter d'arriver en retard pour une fois, dit-elle en se plaçant devant l'ordinateur.
-Ah. Désolé. Je rentre et je ne pars plus avant un moment donc ça ne se reproduira plus.
-Papa a été un peu débordé. Lua a eu la varicelle et Killi est tombé malade ensuite. Il n'a rien voulu te dire parce qu'il savait à quel point ce voyage comptait pour toi. Mince, je n'aurai pas du dire cela.
-Ce n'est rien, mon ange. Ton père est un Potter, un crétin de premier ordre. D'ailleurs, peux-tu me l'ame…
-Qui est un crétin de premier ordre ? demanda une voix masculine. »
Son mari se tenait derrière Fina, un bébé de un an dans les bras. Harry Potter. Son complément.
« A ton avis, Potter ?
-Potter-Malefoy, mon cher, répliqua-t-il d'un ton sarcastique, en bougeant sur annulaire gauche. »
La jeune fille dit à son père de s'asseoir et de lui parler alors qu'elle lui prit le bébé des bras. Fina avait peut être douze ans, mais elle restait la plus mature de toute la famille Potter-Malefoy. Et cela comprenait les parents.
« Alors, Dray adoré. Joyeux anniversaire. Quarante ans. Je te rejoins dans deux mois.
-Tu as de la purée de banane sur la figure, Potter.
-Et dire que tu es le plus romantique de nous deux. Je t'ai perverti à un tel point.
-Perverti, oui. Romantique, c'était avant les enfants. Pourquoi ne pas m'avoir dit qu'ils étaient malades ?
-Tu travailles sur ce dossier depuis presque deux ans. Je n'allais pas te dire de revenir alors que je me débrouillais très bien tout seul. Et tout va bien maintenant, à part qu'ils ont hâte que papou rentre.
-Je hais les surnoms. L'avion atterrit dans trois heures, je serai à la maison dans quatre. Tu m'as manqué, Potter.
-C'est la première fois en dix ans que nous sommes séparés plus d'un jour, annonça Harry en hissant Lua sur ses genoux, prête pour aller à l'école.
-Lorsque tu m'as dit qu'avoir un enfant changeait tout, j'ai été assez bête pour ne pas te croire.
-Au moins, ça ne peut pas retomber sur moi. Quoique, avec ta mauvaise foi, on ne sait jamais.
-Ha ha. »
Lui aussi, n'avait que peu changé. Des rides de sourires, quelques cheveux blancs dans la tignasse qui lui servait de cheveux et une cicatrice au niveau de la gorge. En effet, il n'avait pas choisi le plus moche, comme le lui rappelait constamment le grand chirurgien Blaise Zabini.
Ils discutèrent encore un moment avant que Fina ne presse son père de les emmener à l'école, Killian accroché à son cou. Drago ferma son ordinateur et attaqua enfin son plateau de petit déjeuner. Il dégusta son café –qui n'arrivait pas à la cheville de celui de son mari- et ferma les yeux, se plongeant dans le pire moment de sa vie.
Drago était assis à son bureau, fixant sans ciller la porte par laquelle Harry venait de passer. Il l'avait vraiment fait. Il venait de rompre alors que l'amour de sa vie allait… allait faire ce à quoi il avait été entraîné.
Malfoy resta des heures durant à fixer cette porte. Comme si c'était elle l'obstacle alors qu'en fait, l'obstacle était sa peur viscérale de perdre ce fichu Potter.
Il ne vit pas le temps passer. Ce fut son père qui le lui rappela. Douloureusement.
« Peux-tu passer prendre Jude à Poudlard ? »
Que répondre à cela ? Non, qu'il se démerde ce merdeux ? Bien sûr qu'il allait le chercher, bien sûr qu'il allait prendre soin de lui, lui donner son goûter et l'aider à faire ses devoirs. Il n'avait pas réellement rompu avec son père, après tout. Ce n'était qu'une crise de sa part, une assez puérile en plus. Mais que voulez-vous, il n'était que novice dans les relations amoureuses. C'était normal de faire des erreurs, non ? Tout était réparable, non ?
Il se retrouva il ne savait comment devant Poudlard. Jude lui prit la main et parla de sa journée avec entrain. Alors, pour tout lui cacher, pour préserver son innocence, il sourit et lui répondit.
À exactement 18h34, son monde s'écroula. Le monde de Jude s'écroula. Pendant dix heures, il avait tenu l'enfant dans ses bras, sans bouger, sur une chaise rouge vif, en plastique, dans la salle d'attente de Sainte-Mangouste. Jude s'endormit rapidement, épuisé par ses crises de larmes. Severus s'assit près d'eux, en tenue d'hôpital car la sienne était pleine de sang.
Du sang de Harry.
Et il lui raconta ce qu'il s'était passé. À voix basse, pour ne pas réveiller l'enfant. Comment ils avaient été surpris par un autre mafieux caché dans la pièce. Comment Bella en avait profité pour essayer de tuer Harry. Le cri qu'avait poussé Severus l'avait évité une balle en pleine tête. À la place, elle lui avait sectionné la carotide. Bella avait été tuée par Tom, Tom qui criait, hurlait, suppliait de sauver Harry.
Comme si cela ne suffisait pas, la timbrée de mère se Jude se pointa, avec son porte-mo… heu, je veux dire, son mari, hurlant qu'on lui rende son enfant, vu que son père était mort. Drago n'en était pas fier, mais il gifla l'abominable femme. Elle encaissa sans broncher. Mais ce fut la suite qui la fit partir, lorsque Jude lui dit, d'un ton d'adulte, que jamais il ne la considèrerait comme sa mère, que son père n'était pas mort et qu'il ne voulait plus jamais la voir. Severus les jeta dehors, comme il savait si bien le faire, et revint rapidement près de son filleul.
Cho passa et s'assit près d'eux. Cédric aussi, mais juste pour un moment. Ron passa, ayant été jeté de la chambre de sa femme en plein accouchement car il lui avait demandé de crier moins fort et de serrer moins fort sa main. À onze heures du soir, son père vint, et le soutint.
Ainsi se passa la plus longue nuit de sa vie. Son père à sa droite, son parrain à sa gauche, Jude dans ses bras.
A 4h23 du matin, Blaise et Gabrielle arrivèrent, épuisés. Drago se leva, toujours avec Jude endormi.
« Le saignement a été arrêté et la veine réparée, commença Blaise. Mais il a perdu beaucoup de sang alors on ignore s'il va se… réveiller. Il est dans une chambre double à l'étage supérieur et j'ai demandé qu'il n'y ait personne d'autre dans la chambre. Je vais t'y conduire, Drago. Les autres, rentrez chez vous. D'ici un ou deux jours, le diagnostique sera fixé.
-L'un de nous deux sera toujours de garde, au cas où, compléta Gabrielle. »
Alors, Drago monta dans la chambre, ouvrit la porte et posa délicatement Jude sur le lit. Il s'avança vers l'autre et regarda Harry. Allongé, intubé, le cou enroulé dans des bandes, il paraissait tellement blanc. Tellement fragile, tellement proche de la mort…
Drago s'assit délicatement sur le lit, prit la main de son amant et la porta à son visage. Les larmes coulèrent sans qu'il puisse les empêcher.
Il ne pouvait, définitivement pas, passer un seul jour sans Harry –fichu- Potter. Et il ferait en sorte, non, il mettrait tout ce qui était en son pouvoir pour ne pas connaître un jour comme ça.
Potter survécut la première journée difficilement. La seconde plus facilement. Hermione passa le voir avec son bébé, une fille nommée Gemma et leur annonça à tous qu'elle allait donner une autre chance à Ron, tout sourire.
Au quatrième jour, alors que ni Drago, ni Jude n'avaient quitté la chambre, Harry se réveilla. Il ouvrit les yeux et essaya de parler, sans succès.
« Hey, crétin. Calme-toi. Tu es intubé, tu ne peux pas parler. Regarde-moi, je suis là. Je ne partirai jamais. Je suis là, Harry… »
Il se calma et le regarda. Il tâtonna pour chercher sa main, la trouva et la serra.
Maintenant, tout ira bien.
L'atterrissage se passa sans encombre et Drago arriva à l'heure chez lui. Non, pas dans un manoir, encore moins un appartement de haut standing. Il avait emménagé chez Harry et n'avait plus jamais quitté ce petit nid douillet. Julius, toujours vaillant, le salua et lui souhaita un joyeux anniversaire, comme la plupart des habitués, travailleurs des sociétés d'à côté.
Il entra sans faire un bruit, pour surprendre Harry. Il était assis par terre, s'amusant avec Killian qui essayait de se marcher sans prendre appui sur le canapé. Le petit garçon leva les yeux vers lui et sourit. Mieux, il s'affranchit du canapé et marcha droit vers lui. Les premiers pas de son petit dernier. Malefoy se mit à genoux pour accueillir son fils, qui s'effondra après quelques pas. Harry se leva et prit son bébé d'un seul bras pour l'amener à son mari.
« Bon retour, Drago, souhaita-t-il en l'embrassant.
-Tu m'as manqué. Et toi aussi, bébé Killi, tu m'as manqué ! Dis-moi que c'était ses premiers pas.
-Ouai, et sa première gamelle en prime. Il t'attendait, le bougre.
-Ecoute pas papa Harry, tu es un champion mon bébé ! »
Killian James Potter-Malefoy était le dernier de la famille. Le bébé avait tout juste un an. Fina avait été adoptée alors qu'elle avait six ans Lua venait d'une mère porteuse –Drago était le père génétique- et Killian était un bébé abandonné par une mère adolescente qui les avaient choisis. Ils avaient adopté par tous les moyens possibles, se plaisait à dire Harry. À chaque fois, la joie qu'ils ressentaient tous deux… était si forte. Si puissante. Si parfaite. Comme la fois où Alice – l'adolescente en question- leur avait dit qu'elle les avait choisi.
2019, 1er juin, hôpital Saint Mangouste. Alice venait d'avoir ses contractions. Harry était resté avec elle, sachant qu'il était le plus calme des deux. Lucius gardait ses petits enfants, en attendant le petit dernier.
Drago croisa Blaise, de retour de mission humanitaire. Zabini avait été entraîné par Gabrielle de faire de l'humanitaire, ne pensez pas qu'il s'était vu poussé une conscience. Non, il aimait seulement Gabrielle. Une fois son internat terminé, et sa spécialisation faite, elle fut approchée par un chargé de mission de médecins sans frontière. Blaise, l'aimant profondément –et sous les moqueries mesquines de Drago- partit avec elle sauver la veuve et l'orphelin –sous les moqueries mesquines de Harry-.
L'accouchement dura cinq heures, ce qui était peu pour un premier accouchement. Pour comparer, Hermione avait mis trente et une heures. Drago revint dans la chambre, tremblant de tout son être. La rencontre entre un parent et son enfant était toujours remplie d'émotion. Et voir Harry tenir leur fils, pleurant à moitié et souriant de l'autre, ça c'était une image merveilleuse.
Au lieu de le prendre dans ses bras, il s'approcha d'Alice, lui prit ses mains dans les sienne et la remercia. Et elle leur dit, juste avant de partir, qu'elle savait qu'elle avait fait le bon choix. Non, ceci n'était pas une scène de Friends, pensa Drago. C'était bien plus.
Et lorsque Killian arriva dans ses bras, petit garçon tout fripé et grimaçant, qu'il ouvrit ses grands yeux bleus, bordel, comment quelque chose pouvait être encore plus merveilleux ?
« Alors, Harry, qu'ai-je loupé ? demanda Drago.
-La varicelle. Encore heureux car tu ne l'as jamais eu. Lua l'a passé à Killi donc j'ai été un peu débordé. J'ai donc passé les deux semaines où tu étais si loin de moi avec les enfants, enfermé dans cet appartement. Et non, tu ne m'as pas manqué.
-Ah, Potter, ne raconte pas de conne… bêtises, se reprit le blond. L'affaire a pris du temps mais s'est bien passé. Et je viens de prendre deux semaines de vacances.
-Tata Hermione s'occupe de l'intérim ?
-Ouai, avec Fleur. Et je suis sûr qu'elles se débrouilleront à merveilles.
-Sais-tu qu'elle sort avec un gars qui se nomme Morgan.
-Oh non. Et quel âge à ce… gars ?
-Vingt ans, tout rond. Et, le pire dans tout cela, c'est qu'il a plus de maturité de Ron.
-Et Ron ?
-Entraineur à Hong Kong. Sort avec un top model, nouvelle retraitée. Gemma … est en colère contre son père. Vraiment en colère.
-Elle ressemble beaucoup à sa mère. Malgré ses dix ans.
-Ouai, répliqua Harry en suivant son mari, qui portait leur fils, vers le canapé. C'est une bonne chose qu'ils n'en ont pas fait un autre.
-Gemma est toujours sur les basques de Teddy ?
-À Poudlard ? Oh oui. Mais aussi dans celle de Victoire. Et, maintenant, elle suit aussi Fina. Notre chère fille était émue… elle me l'a dit.
-Car la famille entière l'accepte ? Elle réfléchit bien trop cette gamine, murmura Drago en chatouillant Killian. Et ce Morgan, il ressemble à quoi ?
-Son nom complet est, accroche toi, Morgan Merlin Arthur Dulac. Il vient d'une communauté de dingues, fans de la table ronde d'où son nom. Il s'en est échappé à l'âge de seize ans et n'y a plus jamais remis les pieds. Il prépare actuellement sa thèse de … accroche toi, littérature arthurienne au King's College.
-Et Hermione est heureuse ?
-C'est un mec honnête, heureux et simple. Il l'a rend heureuse, oui. Gemma l'aime bien. Il ne manque plus que l'approbation de la matriarche Molly.
-Comment s'en sort-elle ? »
Arthur Weasley avait succombé à une crise cardiaque, il y avait deux mois maintenant. Cela avait surpris tout le monde, vu qu'il n'était pas à risque. Pis, tout le monde était choqué, et l'était encore. Molly essayait de rester aussi avenante que possible, s'occupant de ses petits enfants. Mais tout le monde savait qu'elle était… perdue.
« On fait en sorte qu'elle soit toujours occupée, avec ses petits enfants ou une visite. Mais… on voit bien que c'est dur pour elle. Bill lui a proposé qu'elle vienne habiter avec eux mais elle refuse de laisser sa maison.
-Rester dans une maison avec autant de souvenirs…
-Pas une bonne idée. Mais que peut-on faire ?
-Rien. Malheureusement. Charlie et Luna sont toujours en vadrouille ? demanda Drago.
-Non, ils s'installent pour de bon à Londres, chacun ayant une chaire professorale. Ils vont habiter pas très loin de Molly. Les jumeaux aussi reviennent…
-Je pensais que Los Angeles leur plaisaient beaucoup…
-Oui, ils adorent travailler dans le cinéma. Mais… les Weasley…
-Sont une famille unie. »
Killian s'amusait maintenant avec des cubes. Il trouvait amusant de frapper le pauvre tapis qui n'avait rien fait avec des cubes en bois. Drago posa sa tête sur l'épaule de son mari et souffla.
« Comment va Astoria ?
-Sa famille essaye de récupérer son mariage pour bien se montrer.
-Et Sirius n'est pas content.
-Oh, il ne faut pas énerver un Black.
-Je sais, répliqua malicieusement Drago. »
Oui, Astoria avait épousé Sirius Black, Lord de son état, il y avait de cela sept ans. Elle était revenue dans les grâces de sa famille, qui pensait alors qu'elle était revenue dans le droit chemin. Erreur, elle était très rancunière.
Harry regardait Astoria se préparer activement pour son mariage. Sous ses apparences douces, polies et fragiles, se cachait un dragon d'organisation qui voulait atteindre la perfection. Sirius devait être sacrément amoureux pour avoir laissé passer toutes ses folies. En tous cas, elle était bien mieux que Claudia. Bien, bien mieux.
« Où est passé ce fichu organisateur de mariage ? cria Astoria, future mariée en crise. Les fleurs ne sont pas arrivées, mes demoiselles d'honneur non plus ! C'est une catastrophe. »
Harry finit sa flûte de champagne, se leva et prit les mains de la blonde dans les siennes. Il lui fit faire des exercices de relaxation pour éviter que sa tête n'explose. Ca ferait tâche, surtout aujourd'hui.
Une fois sa coiffure de faite et sa robe de mise, elle se calma, lui sourit et reprit la parole.
« Je vais me marier aujourd'hui.
-Oui, à un crétin en plus, rajouta Harry.
-Harry. Sirius a changé. Et si tu lui laissais une autre chance.
-Te rend-t-il heureuse ?
-Il m'aime moi, avec mes qualités et mes défauts. Avec mes crises de nerfs et ma perfection. Ma personnalité et mes coups de gueule. Et je l'aime avec son passé, son présent et son futur. Je pense qu'il a enfin atteint l'âge de raison.
-Il n'est jamais trop tard, je pense. »
Après deux ans à se tourner autour, de déjeuners dans sa galerie d'art et de rencontres impromptues, Sirius demanda à Astoria de l'épouser. Il venait d'atteindre le sommet en devenant le chef de Scotland Yard. Mais, surtout, il était sobre et en paix avec lui-même. Comme il l'avouera lors du dîner de répétition, il voulait être à la hauteur de cet ange blond.
« Mademoiselle Astoria, il y a une dame qui dit être votre mère qui voudrait vous parler. Puis-je la faire entrer ? »
Inutile de lui dire deux fois, elle préparait cela depuis très longtemps. Et Harry voulait assister au spectacle.
Sa mère entra, avec sa sœur et son père. Astoria sourit encore plus.
« Oh, ma chérie, je savais que tu ferais le bon choix.
-Ne vous approchez plus jamais de moi, dit-elle d'un ton sec. Vous m'avez reniez car je ne voulais pas me plier à vos ordres et épouser un mec qui vient de finir en prison pour avoir tué sa femme. Alors, je vais mettre les points sur les i. Oui, je vais devenir une Lady mais par amour. J'aime Sirius. Il me rend heureuse. Je me fiche de son argent et de son titre. Je me suis réalisée seule, je suis fière et il en est fier. Je ne veux plus jamais vous revenir, je ne veux pas que vous utilisez mon nom. Je vous renie. Harry, veux-tu… ?
-Avec plaisir. »
Bien entendu, ils argumentèrent qu'elle était leur petite fille, qu'elle faisait partie de leur famille et que bla, bla, bla. En revenant sur sers pas, il croisa Sirius, nerveux et essayant vainement de mettre ses boutons de manchettes. Peut être était-il temps de lui pardonner.
« Laisse-moi t'aider, Sirius.
-Merci. »
Il mit ses boutons de manchettes et remit sa cravate droite.
« Tu sais, je ne t'ai jamais raconté comment le mariage de tes parents s'était passé, confia Black.
-Comment ?
-Lily était… calme. Sûre d'elle. Posée. Malgré les fleurs fanées, les ratés, se sœur, elle s'en fichait. Parce qu'elle allait épouser son âme sœur. James, au contraire… était très stressé. Il a pensé jusqu'au bout qu'elle ne viendrait pas. Se posant des tas de questions sur lui-même… aujourd'hui, je comprends Lily. J'épouse mon âme sœur, je n'ai pas besoin d'autre chose. »
Sirius Black avait tellement changé en si peu de temps. Harry venait de s'en apercevoir. Alors, il le prit dans ses bras et lui dit à quel point il était fier de lui.
« C'est à moi de dire cela, Harry. Si tu savais à quel point je suis désolé pour tout. Pour tout ce que tu as traversé alors que j'aurai dû être à tes côtés. Et à quel point je suis fier de ce que tu as fait et ce que tu es devenu.
-Alors… tu m'amèneras à l'autel lors de mon mariage ?
-Il faut d'abord que Drago me le demande. J'ai quelques idées de bizutage en tête. »
Harry retourna voir la mariée. Drago était là et s'efforçait de calmer sa meilleure amie. Et il y eut un moment, ce merveilleux moment de flottement où Astoria laissa tout tomber, lorsqu'elle s'avança vers son futur mari, en souriant largement. Qu'importe que tout foute le camp, Sirius l'attendait confiant devant le prêtre. Son futur. Heureux futur.
« J'ai faim, annonça Drago. Je veux à manger.
-Débrouille-toi, Blondie. J'ai besoin de dormir si je veux être en forme pour ta fête.
-J'ai une fête ?
-Idée de ton père. Tu pourras gérer Killian ? demanda Harry en embrassant mari et enfant.
-Bien sûr. Repose-toi bien.
-Merci. Réveille-moi à cinq heures si je ne…
-Va te reposer, Potter. »
Harry tira la langue. Oui, ils n'avaient pas vraiment grandi mais ça faisait bien rire leurs enfants. Avant d'avoir eu cette tribu, ils avaient dû faire deux choses : en finir avec Tom.
Et se marier.
New York, mars 2013. Drago regardait au loin la foule qui se pressait au tribunal de justice. Amanda, celle qui avait fait ses études en même temps que son fiancé, était à ses côtés. Accompagnée de deux de ses anciens collègues de Columbia.
« Quand je pense que le Professeur Gaunt… non, je ne crois pas. Jay doit mentir… commença un des nouveaux visages de son entourage. »
Malefoy se prépara à intervenir mais l'autre le pris de court.
« La ferme Nick. Le 31 octobre 2001, il y a eut une fusillade dans mon bureau. Quelqu'un voulait tuer mon patron et une de ses clientes. Jay m'a prévenu, je n'ai pas voulu le croire et le professeur est apparu avec toute une armée. Si je suis en vie aujourd'hui, si mon patron et sa cliente le sont, c'est parce que Jay m'a donné sa plaque, son arme et un endroit où me mettre en sécurité. Il s'est rendu pour me sauver la mise.
-Harry, intervint Drago.
-Quoi ?
-Il s'appelle Harry Potter et c'est un héros multi décoré. Croyez ce que vous voulez, mais la vérité est la suivante : Tom, Professeur Gaunt si vous préférez, est un mafieux. D'envergure mondiale. Il a tué les parents de Harry. Il est responsable de milliers de morts. Et, à cause de lui, j'ai faillis perdre l'amour de ma vie. Arrêtez de parler de choses que vous ne connaissez pas. »
Malefoy voyait Tom Jedusor sortir du tribunal. Harry lui tenait le bras pour l'amener à la voiture de police. Il avait insisté pour assister au procès New-yorkais de Tom, pour tourner une fois pour toute cette page. Une fois dans la voiture, Harry laissa faire les policiers et s'avança vers son fiancé. Il était confiant et en paix.
« Je vois que tu t'es fait de nouveaux amis, Blondie.
-Harry !
-Je savais que tu n'avais aucun sens de l'humour, Malefoy, reprit Harry en l'embrassant devant témoins.
-Tu sais bien que je pourchasse mes amis…
-Non, ils s'accrochent jusqu'à ce que tu capitules. Le seul que tu aies pourchassé, c'est moi. Et j'espère rester le seul. On va choisir nos alliances maintenant ?
-Tu sais que c'est une laisse pour que le monde entier sache que tu es à moi ? taquina Drago.
-En parlant de cela, que va-t-on faire pour nos noms de familles ?
-Tu t'appelleras Malefoy, bien entendu !
-On en reparlera plus tard. »
Ils partirent main dans la main à la recherche d'une bijouterie. Ils étaient coincés dans cette ville pendant au moins deux semaines alors autant en profiter pour faire avancer leur projet de mariage.
Au bout de la quatrième bijouterie, ils trouvèrent les alliances parfaites. Or blanc, comme l'avait souhaité Harry, assez larges, comme l'avait souhaité Drago, il était même possible d'y inscrire une citation choisie. A ces mots, Potter sourit. Largement.
« J'ai déjà une idée. Pouvez-vous me dire si ça rentrera ?
-Oui, Monsieur, dit le bijoutier. Une citation d'amour, une date ?
-Non, quelque chose de plus personnel. Ne chante plus jamais. »
Le bijoutier leva les yeux de son carnet pour le regarder. C'était… imaginatif comme déclaration.
« T'exagère Potter !
-Oh non. Ta voix est horrible. Mais racontons à ce gentil monsieur pourquoi. Voyez-vous, ce charmant jeune homme m'a dit qu'il m'aimait en chanson. Et c'était horrible.
-Je sortais du coma, Potter.
-Au fait, ça sera Potter-Malefoy. Est-ce possible ?
-Oui Monsieur, approuva le bijoutier en voyant ce couple assez… original. Et vous ?
-Oh, tu vas le regretter Potter.
-Potter-Malefoy. Commence à t'habituer.
-Alors, Monsieur, j'aimerai graver sur son alliance la phrase suivant : A partir de maintenant, évite les balles! Et je tiens au point d'exclamation à la fin.
-Oh oui, moi aussi ! intervint Harry.
-C'est parce qu'il a pour habitude de ses prendre des balles, confia Drago. J'aimerai bien le garder en vie un peu plus longtemps.
-Je t'ai rendu si peu romantique. Si vous saviez à quel point il…
-Nous les prenons. Quand seront-elles prêtes ?
-Dans deux jours. Viendriez-vous les chercher ? »
Ils acquiescèrent et prirent le ticket. Drago lâcha qu'il avait faim et ils allèrent donc manger un bout. Le futur couple marié passa un après-midi tranquille, racontant leurs souvenirs liés à cette ville. Ils rentrèrent tard à l'hôtel et quelque chose les attendait.
Un message ensanglanté. A l'attention de Harry.
Tu es mort.
Potter souffla et appela des amis de la CIA. Drago, lui, n'était pas calme et il tenait à savoir ce qu'il se passait.
« Oui. Je sais. Merci. Non… donnez-leur mon numéro de portable et j'irai. J'ai ma plaque et mon arme, oui. Entendu. Merci. A vous aussi.
-Harry !
-J'ai déjà parlé de Fenrir ?
-C'est de lui cette œuvre d'art ?
-Il est en ville, oui et il veut ma mort. Ne sort pas sans une escorte ou Severus. Ce mec est fou.
-Je pensais qu'il aimait les… petits enfants.
-Il y a quelque chose que tu dois savoir, confia Harry en entrant dans leur chambre. Fenrir était médecin au début des années 90. Il tenait à faire passer un médicament sur le marché mais un chargé de mission, qui avait l'écoute du ministre, l'a déconseillé. Pour se venger, il a donné le SIDA à son fils.
-Et ?
-Le chargé de mission se nommait Lawrence Lupin. »
Drago pâlit et s'assit sur leur lit. Il s'était beaucoup rapproché de Tonks et surtout de Rémus. Et il ne le savait pas.
« Oncle Rémus a eu un accident de moto en 92. Assez grave. On lui a perfusé des litres de sang. Fenrir lui a transfusé sciemment du sang contaminé. Il a été condamné et a perdu sa licence après cela. S'est enfuit du pays et acoquiné avec Tom.
-Lila et Teddy sont…
-Non. Je pense que tu devrais lui en parler, il t'aime beaucoup. Mais je dois régler ce problème. Il doit être arrêté à tout prix, Drago.
-Je sais. Mais… soit prudent. »
Harry se rapprocha de son fiancé et l'embrassa. Il savait qu'il avait peur mais il savait aussi que c'était important.
« On a un mariage de prévu. Une demande d'adoption en cours. Et j'ai bien prévu de t'ennuyer pour le reste de ta vie.
-J'en suis ravi, ironisa le blond. »
Le lendemain, Harry se leva tôt pour se rendre dans un commissariat de police. Fenrir avait encore frappé. Il offrit ses services d'expert et reconnu le mode opératoire du … monstre. Mais, comme à son habitude, il paraissait avoir disparu. C'était ce que pensa tout le monde. Pas Harry. Parce que la seule personne au monde qu'avait aimé Fenrir Greyback était en ville.
Potter avait un plan. Qui implique de se mettre au premier plan. Drago n'allait pas aimer cela. Du tout. C'est pourquoi Harry n'allait pas lui en parler. Mensonge par omission. Bienvenue dans la vie de couple marié.
La ville n'entendit plus parler de Greyback pendant dix jours. Le procès continua. Les préparatifs aussi. Et puis, le plan fonctionna.
Lors de la sortie journalière de Tom face à la presse, Harry remarqua un homme de haute stature un peu à l'écart. Jedusor se pencha vers Potter pour lui murmurer quelque chose.
« Se servir de moi comme appât ? Je suis très fier de toi, Eros, susurra-t-il.
-Il est temps d'arrêter ce massacre. Ce que tu aurais dû faire, Tom.
-Oui, j'aurais dû. J'aurais dû faire des tas de choses. Es-tu heureux ?
-Tu crois que c'est le moment pour parler cela ? demanda Harry en prenant discrètement son arme.
-Fenrir n'aime pas les armes mais en porte tout le temps. Je compte m'interposer entre lui et toi. Alors, oui, c'est le bon moment pour en parler.
-Rester derrière moi. Tu as encore deux procès aux fesses. Et oui, je suis heureux. »
Harry n'avait pas lâché des yeux le bonhomme suspect. Du coin de l'œil, il en vit un autre. La façon dont Tom s'était placé poussa Potter à prendre une décision rapide. Lorsqu'ils dépassèrent le premier homme, il fut convaincu que Fenrir était le second.
Les journalistes étaient derrières eux, Drago loin, dans sa chambre d'hôtel, avec Severus à ses côtés, alors, Harry se concentra sur cette dernière tâche à effectuer, en tant qu'espion.
Il reconnu les yeux de fous, la longue chevelure grise et les dents en pointes de Fenrir.
« MI6, Fenrir Greyback, tu es en état d'arrestation, cria Harry, faisant ainsi s'écarter toutes les personnes non concernées. »
Il vit le couteau à boucher dans une main –son arme fétiche- et son flingue de l'autre. Alors, Harry tira. Dans son épaule. Pour Rémus et ses enfants. Pour toutes ses victimes. Pour lui-même. Pour que ce dingue ne lui fasse plus aucun mal.
Il arriva à sa hauteur, le fit lâcher son couteau et arrêta le saignement avec sa chaussure.
« Tu aurais dû me tuer, petit Potter.
-Je ne suis pas comme toi.
-Tu devrais. C'est marrant. »
Harry appuya un peu plus fort. Il vit sur le côté les policiers et ambulanciers arriver pour prendre en charge l'ancien docteur. Sa mission était maintenant terminée.
Il était maintenant temps de rendre les armes.
Harry se réveilla en sursaut. Il venait de se remémorer l'arrestation de Fenrir. Pas un des moments les plus glorieux de son existence mais un des plus paisibles. Il croupissait maintenant dans une prison des Etats-Unis, où la plupart de ses crimes avait été commis. Tournant la tête, il s'aperçut qu'il était quatre heures de l'après-midi. Il s'étira et se leva, se sentant assez reposé.
En entrant dans le salon, il vit sa famille. Drago, allongé sur le canapé, Killian endormit sur sa poitrine. Les premiers pas de Papa Drago avait été… laborieux. En même temps, ils n'avaient pas choisi le plus facile. En effet, Fina n'avait pas été simple à apprivoisé. Loin s'en faut.
Et, en observant son mari et son petit dernier, Potter se remémora sa rencontre avec Fina, six ans.
L'orphelinat était décrépi. Mais avec les moyens du bord, la directrice essayait de placer les enfants dans un meilleur endroit que celui-là.
Aujourd'hui, il y avait six couples, prêts à adopter. Dont un couple de même sexe. Très connu. Très riche. Le couple Potter-Malefoy. Ils présentaient bien, ça, c'était sûr. Tous les couples présentaient bien.
La directrice les emmena vers les plus jeunes des pensionnaires, des bébés aux bambins. Les adoptants préférant généralement les enfants jeunes, pas encore traumatisés. Ce qui était si triste pour les autres, qui méritaient tout autant l'amour d'une famille.
Le brun du couple d'approcha d'elle, doucement.
« Pourquoi nous scrutez-nous ainsi ? demanda-t-il. »
Elle ne sut que répondre. Pourquoi ? Parce qu'ils n'étaient pas comme les autres. Mais cette réponse aurait été déplacée.
« Vous pouvez dire ce que vous pensez, nous ne sommes pas genre à prendre la mouche.
-Parle pour toi Potter !
-Potter-Malefoy, mon cher. Tu as perdu, fait avec.
-Vous n'êtes pas comme les autres, lâcha-t-elle. Je veux dire par là que… vous semblez chercher quelque chose. Ces couples là bas… il y en a deux qui sont en train de poser le pour et le contre. Je suis habituée à cela, prendre un enfant dans son foyer est quelque chose de lourd et de…
-Madame la directrice, l'interrompit le brun. Je suis déjà père d'un garçon. Et je crois que tout vient d'une rencontre et pas d'un choix. Et que ça doit être une décision des parents mais aussi de l'enfant. Qu'importe son âge et son passé. On saura gérer.
- Comme il a dit.
-Drago ! »
La directrice regarda les autres couples, observant et analysant les comportements des bébés en petits enfants. Comme s'ils recherchaient la perfection. Elle sourit au couple Potter-Malefoy et s'apprêta à reprendre la conversation qui paraissait être intéressante, mais quelqu'un tira sa manche.
La petit Fina s'était avancé vers elle sans un bruit. C'était son habitude, de ne pas faire une bruit. Totalement traumatisée, elle n'avait prononcé aucun son depuis son arrivée ici, il y avait dix huit mois. L'enfant montra qu'elle s'était blessé aux genoux. Elle était trop âgée et ne devait pas être ici mais la directrice était la seule adulte qui pouvait approcher la petite fille.
Harry s'agenouilla pour être à la hauteur de la fillette, et pour la regarder dans les yeux. Mais elle fuit. Il ne se démonta, lui sourit et regarda ses genoux égratignés. Il lui dit qu'elle devait être sacrément courageuse pour ne pas pleurer devant une blessure de ce genre.
Oui, ce couple était définitivement différent. Ils souhaitaient rencontrer leur enfant et non pas le choisir.
C'était des parents.
Trois mois plus tard, Fina partit de l'orphelinat, avec eux, après les avoir vus tous les jours. Un an plus tard, elle revint, avec un grand bouquet de fleurs pour elle, un bisou et surtout un mot.
« Merci. »
C'était pour des moments comme celui-là qu'elle aimait sa vocation. Et chaque année, la petite Fina Potter-Malefoy venait lui apporter un bouquet et un cadeau pour son anniversaire. De plus en plus souriante. De plus en plus heureuse.
Harry s'avança vers Drago et il vit qu'il ne dormait pas. Il regardait juste son fils dormir. Potter l'embrassa et lui dit qu'il allait chercher les filles de l'école, le laissant se reposer pour sa fête d'anniversaire ce soir.
Il descendit de son appartement, sortit dans la rue et héla un taxi. Il arriva juste à temps pour voir la sortie de l'école. Dire bonjour à Bill, à Susan, à Rémus, accueillir le boulet nommé Lua, les gentilles réprimandes de Jude et le discret bisou de Fina. Ils partirent rapidement, surtout que tout le monde se retrouvait le soir à la grande fiesta de Drago. Lua avait hâte de retrouver son, et je cite, papa adoré.
Drago les accueillit avec une grande accolade pour chacun. Moins fort sur Fina que sur Lua. Killian, réveillé, glapi et demanda l'attention de son second père.
Ils passèrent un bon moment familial durant une heure, avant, que l'extérieure ne les happe.
En voyant Drago donner le goûter à Killian, tout en discutant avec Lua, sur ses genoux, Harry se sentit très heureux. Comblé. Libre. Oui, le chemin avait été semé d'embuches, toutes plus grosses les unes que les autres, oui, ça avait été difficile, oui, il y avait eu des disputes, des cris, des larmes… mais il y avait tellement de bonheur et d'amour que tout était compensé. Et même plus.
Tout avait réellement commencé le jour de leur mariage.
Lorsque Harry avait dit pourquoi pas à Drago, il ne s'imaginait pas que celui-ci voudrait un si grand mariage. Avec tout le monde de la City et de Canary Wharf. Une horreur. Mais, comme l'avait dit Lucius, nous avons un rang à tenir. D'ailleurs, tu vas récupérer ton titre. Bravo, Lord Potter.
Alors, Harry se plia à cet exercice. Avec le sourire. Il porta le costume blanc, les fleurs, se fit coiffer. Jude eut le droit à la même chose, moins le sourire. Même s'il était très content de cette union, ce qui l'entourait l'ennuyait.
Sirius vint et détendit tout le monde en annonçant qu'il allait être père. Severus, qui était dans la suite, lui rétorqua que le pauvre gosse n'avait aucune chance. Black ne répondit pas à cette attaque, montrant ainsi qu'il avait –enfin !- grandi. Snape annonça qu'il partait en Suisse, car le CERN le voulait comme professeur. Black lui lança que ces pauvres élèves n'avaient aucune chance. Et Harry les mit à la porte.
Les heures passèrent. Lucius vint et l'enlaça, lui souhaitant la bienvenue dans la famille. Astoria aussi, tout comme Blaise, de retour de voyage. Potter supposa que de l'autre côté de l'hôtel, Drago devait subir la même chose, mais en plus grand.
Onze heures sonna enfin. Harry allait se marier. Pour le meilleur et pour le pire. Quoique le pire était certainement passé. Restait que le meilleur.
« Hey, les petits, il est l'heure de se préparer pour la fête, dit Drago.
-Tu sais que tu n'es pas sensé le savoir, Papa ? demanda Fina.
-Je ferai le surpris. Aller, mon trésor, au bain. Avec Killian. »
Drago s'occupa des enfants et Harry de Jude. Son petit garçon. Qui allait partir. Loin. Très loin. Potter agrippa Jude et l'amena sur le canapé.
« Alors, Paris ?
-Oui, Paris. L'école du Louvres. Tu as dit que…
-Tu es bientôt adulte. Maintenant, je dois faire confiance à l'éducation que je t'ai donnée. Tu as parlé à ta mère ?
-Ne l'appelle pas comme ça. Elle est Sally. C'est tout. Et je l'ai vu il y a un mois, c'est suffisant pour le moment, Papa.
-Un câlin ?
-Tu as trois autres enfants maintenant. Demande-leur.
-Pour ton vieux papa ?
-Tu n'as même pas quarante ans. Franchement, je connais des pères plus vieux.
-Sirius ?
-Qui d'autre ? répliqua du tac-au-tac Jude.
-Il se débrouille très bien je trouve. Et Dawn est adorable, non ?
-Vrai.
-Tu viendras nous voir souvent ?
-Internet, tu connais ?
-Tu passes vraiment trop de temps avec Severus.
-Qui m'a invité à passer du temps avec lui.
-Profite-en, chuchota Harry en enlaçant son fils.
-On devrait aller se préparer, non ?
-Tu as raison. Lucius n'aime pas les retards.
-Surtout depuis qu'il est à la retraite. »
Le jeune adulte monta dans sa chambre pour se préparer. Harry alla aider Lua. À cinq ans, elle était déjà très autonome mais avait encore du mal pour tout, notamment pour coiffer ses cheveux.
Drago voulait un enfant qui soit relié à lui. C'était un désir incontrôlable. Non pas qu'il n'aimait pas Jude et Fina, mais il voulait un bébé de son sang. Et, de préférence, mâle. Que voulez-vous, il restait un Malefoy, même si son patronyme était maintenant accolé à celui de Potter.
Alors, ils firent les démarches. Trouver une donneuse d'ovocyte qui ressemblait à Harry et trouver une mère porteuse. Cela se fit incroyablement vite et Drago jura qu'il n'y était pour rien. Non, c'était son père le responsable, nuance.
Arriva le moment de vérité. L'accouchement. Il ignorait si c'était un garçon ou une fille et franchement, il s'en fichait. Il avait aussi refusé d'assister à l'accouchement et était resté dans la salle d'attente, Fina sur ses genoux. Pour lui dire qu'importe le nouvel arrivant, elle fait partie intégrante de la famille. La fillette avait un besoin constant de savoir qu'elle était aimée et respectée. Et Drago adorait cela. Ils avaient mis beaucoup de temps à être connecté mais ça valait le coup. Il était devenu son confident.
Harry arriva avec un bébé. Une fille. Sa petite fille à lui. A eux. Il l'a pris dans ses bras, Fina encore sur ses genoux pour qu'elle puisse la voir.
« Lua… Lua comme prénom. Qu'en penses-tu ? Ca te va ?
-C'est parfait, parfait comme nom. Comme celui de Fina.
-Pourquoi ? demanda la petite fille en regardant ses deux pères.
-Fina veut dire ange. Tu es notre petit ange. »
Elle les regarda et leur fit un si beau sourire… en ce jour-ci, les Potter-Malefoy, accueillirent deux filles dans leur famille. Fina leur promit qu'elle serait une grande sœur et qu'elle protègerait Lua.
« Harry, ne soit pas en retard ! cria Drago de leur chambre.
-Moi ? Jamais. Ca ira ma puce ?
-Oui Papa, dit Lua en aplatissant ses boucles blondes. »
Il se précipita dans sa chambre, se déshabilla rapidement et mit les habits préparés par son mari. Lorsqu'il fallait s'habiller, c'était Drago qui choisissait. Les joies du mariage. Le costume sombre lui allait à la perfection, sûrement du sur mesure. Blondie lui fit son nœud de cravate, essaya de la coiffer et l'embrassa.
« Joyeux anniversaire, Drago.
-Merci. Si tu savais ce que je planifie pour toi.
-J'en suis tout retourné, dit avec sarcasmes Harry. Je prends Killian et on y va. Jude !
-Je suis prêt moi ! »
Lua dans sa robe de princesse –elle avait pris ses choix vestimentaires de Drago, au grand malheur de Harry-, s'avança vers lui et tendit les bras à son père blond. Fina, plus discrète comme à son habitude, habillée aussi d'une robe moins extravagante, s'avança vers la porte.
Tous les invités étaient arrivés avec eux dans le manoir Malefoy. Il fut salué de toute part, serrant paluches et recevant les compliments comme il savait si bien le faire. Les enfants allèrent rejoindre leurs cousins ou connaissances. La fête n'avait rien d'intime, au contraire, mais c'était ainsi avec les Malefoy. Il fallait l'accepter et jouer le jeu.
Drago l'invita à danser sur une vieille chanson des années 2000. Bah oui, ils étaient maintenant en 2020, le début du troisième millénaire était loin. Il lui murmura des choses qui devraient rester des murmures… et il invoqua la fatigue pour vite rentrer chez eux. Tout ce qu'il voulait, ce soir, c'était ses enfants et surtout, son mari.
Drago se chargea de coucher les filles, en leur racontant une histoire. Harry berça Killian, en lui racontant des conneries. Tout ce qu'il aimait. Jude dormait chez Bill… il ne resta que Harry, fatigué, et Drago, tout autant fatigué.
Potter sortit de sa cachette le cadeau d'anniversaire de son mari. Il ne voulait pas le donner devant les autres, pas que ce soit du genre coquin c'était juste… intime.
« Enfin au calme. Ces jours heureux où nous étions que tous les deux me manquent profondément.
-C'est ce qu'on appelle un bon gros mensonge, Dray. Tu aimes trop ta vie actuelle pour régresser. »
Harry se leva et lui tendit son présent.
« Bon anniversaire, bienvenu dans la quarantaine !
-Merci, mais plus tard, je suis trop fatigué. »
Il s'écroula sur le lit et poussa un soupir de soulagement.
« Encore heureux que Severus ne soit pas venu. Vu la tête de Sirius, on aurait eu le droit à une tentative de meurtre…
-Comme à Noël ?
-Oui. Les couteaux tranchants n'étaient pas une bonne idée, Potter.
-Les gens normaux ne s'en servent pas pour essaye d'étriper son voisin de table.
-D'ailleurs, le score est toujours de deux contre quatre ?
-Oui, répondit Harry. Avantage Sirius. Plus qu'un et je gagnerai mon pari.
-Cet été, on part où en vacances ?
-Avec un enfant de un an ?
-Papa sera ravi de s'en occuper. Et les filles seront heureuses. Allez, des vacances… on en a tous les deux besoin.
-Ton cadeau est un week-end de quatre jours, à Venise, avant qu'elle ne soit ensevelie pour de bon. Pas maintenant mais pour plus tard. On a besoin de se retrouver. »
Drago regarda son mari, un peu sur la défense, un peu gêné même par cette proposition.
Qui l'aurait cru ? Qui l'aurait cru qu'ils finiraient ensemble ? Comment était-ce même possible.
Alors, il pensa à la chanson sur laquelle ils avaient dansé –ou maladroitement essayé de danser-. Elle décrivait si bien leur histoire.
« Accidentally in love… chantonna Drago.
-Tu avais promis ! Mes oreilles saignent !
-Je pensais à nous, là. Comme quoi c'était un accident.
-Encore ? On ne sera jamais d'accord sur cela.
-Non, je disais seulement que… »
Oui, ils se disputèrent. Sur la philosophie même de leur amour. Oui, ça les amusait grandement.
Comme le disait Drago, c'était un accident.
Mais un si bel accident.
Yoru : fini. C'est fini. Mon histoire la plus aboutie et la plus construite… je vais maintenant faire une pause dans mes écrits, pour me ressourcer. J'espère que vous avez pris du plaisir à lire mon histoire, que vous avez ressentis, que vous avez ris, pleurés… et tout. Une fin heureuse, avec Harry et Drago et leur petite famille. Les intrigues policières/d'espionnages réglées, les intrigues amoureuses aussi. Voilà, j'ai rien d'autre à ajouter, à part merci à vous de m'avoir suivie.
Guest : merci, et j'ai continué dans ma lancée. En espérant que tu as aimé. A bientôt.
Kisis : merci, le suspense est maintenant fini. Merci pour la review et à bientôt.
Guest : merci, la suite est en haut. J'espère que tu as apprécié.
Drougael : Coucou. Non, ceci était une première, mais une première remarquée. Merci pour tous ces compliments, ils me vont droit au cœur. Merci aussi de m'avoir laissé la vie sauve pour que je vous concocte cette fin qui est, je l'espère, à la hauteur du reste. Et les montagnes russes émotionnelles sont passées pour de bon, c'est assez calme. Et tu ne m'as pas embêté, tu m'as bien fait rire. Merci beaucoup pour ton message et j'espère que tu as aimé la fin. Bisous et à bientôt.
Nounscka : Salut ! Merci, je suis heureuse de voir que tu as apprécié cela et d'y voir tant de qualités. J'espère que tu aimeras la fin. Merci aussi pour ton mot et à bientôt.
Marine : Bien entendu qu'il était prévu que j'écrive une suite. J'ai toujours dit que c'était une fic de dix chapitres et celui là est le dernier. J'espère que l'a aimé. Tu as mis du temps pour un review il est normal que j'y réponde. Merci pour cette démonstration et à bientôt. Bisous.
Je remercie aussi Orlinac, Felinness, Brigitte26, Babou90, Mahiora, Eichi-chan, Boow, Lilou5701, Ekphrasys, Egwene Al' Vere, Tsukiyo-Ran et Solbes ainsi que les mises en favoris. Tous mes reviewers de tous mes chapitres. C'était un moment formidable.
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