Base : Naruto
Rating : M (dehors les mineur(e)s !)
Genre : belle histoire d'amitié ? Heuu, d'accord, disons, « belle histoire d'amitié vachement ambiguë »
Disclaimer : je suppose que menace ou politesse, rien n'y fera, ils seront toujours à Kishimoto. (non, pas de fatalisme !) Et en plus, on ne se fera jamais un kopek avec toutes les conneries qu'on écrit ! Ha si ! Le ptit docteur, c'est le joujou à Jimi !
Au cas (pas improbable, mais tout de même) où quelques gens culturés viendraient rôder ici, rien à voir avec J. P. Sartre.
HUIS CLOS
Ramener Sasuke II
« Je ne veux pas qu'on m'aime, mais je veux quand même »
S. Gainsbourg
Sakura résista à la tentation de s'arracher les cheveux. Avec le fric qu'elle passait dans sa couleur, elle n'allait pas gâcher une seule mèche de sa chevelure. Mais bon, à force de ne tomber que sur des mauvaises nouvelles, elle finissait par ne plus s'y retrouver.
Elle faisait fausse route, et ce depuis le début ; elle avait toujours été convaincue que les pouvoirs des pupilles résidaient physiquement dans les pupilles en elles-mêmes. Ce qui semblait normal. Or, ce qu'elle venait de déchiffrer lui prouvait le contraire. C'est fou ce qu'on pouvait trouver comme vieux parchemins pourris en soudoyant un antiquaire véreux !
Elle se jura d'être la première à disséquer le cadavre de Kakashi à sa mort ; son cas devait apporter toute les réponses... une fois mort. Vivant, Hatake Kakashi était un élément d'une valeur inestimable. Ce n'était vraiment pas le moment de gaspiller les rares ninjas talentueux et vivants qui restaient.
Elle ouvrit un tiroir soigneusement scellé par un puissant jutsu et en sortit une liasse de parchemins. Elle avait mis plus de six heures à tout déchiffrer, plus deux heures pour tout recopier au propre, tout coder et planquer les multiples copies à droit et à gauche. Maintenant, il fallait se décider : tout raconter à Tsunade ou au contraire, garder ça pour elle le plus longtemps possible. Si Tsunade apprenait ça, est-ce qu'elle continuerait à protéger Sasuke du Conseil et des Anciens ? Est-ce qu'elle prendrait le risque de se mettre à dos les anciens si elle pouvait l'éviter ? D'une autre côté, Sakura ne pouvait pas se résoudre à voir ses efforts réduits à néant à cause d'une information si peu fiable. Peu importe ce qu'elle devrait cacher à Tsunade, pourvu qu'en fin de compte, elle trouve de quoi sauver Sasuke.
Loin de se douter du soucis qu'il suscitait chez la jeune fille, d'ailleurs, l'eût-il su qu'il n'eût pas agi différemment, Sasuke se trouvait en bien une bien étrange posture. Mourant d'envie de voir comment Naruto allait s'en sortir et mourant de honte à l'idée que ça pouvait se voir. Naruto ne le voyait pas mais qu'est-ce que ça pouvait bien faire ? De toute façon, il avait décidé de faire un petit peu réagir son ex-meilleur ami ce jour-là, et il avait décidé qu'il réussirait. Reste que pour la méthode, il avait commencé très fort, voyez plutôt :
« Il fait beau aujourd'hui.
- ...... avait rétorqué Sasuke, totalement indifférent que temps qu'il pouvait faire.
- T'en fais pas. Même en tirant la gueule tu ne peux pas changer la couleur du ciel.
On peut toujours essayer.
Naruto fit tomber son tee-shirt et se remit à bêcher.
Le matin même il avait décidé, accrochez-vous aux branches, de faire un potager.
Un potager ? La simple évocation du mot avait fait hausser un sourcil éberlué à Sasuke. Il avait immédiatement fait redescendre ce sourcil réfractaire mais pas assez vite pour que Naruto ne puisse le voir.
Le jeune ninja était parti tout content, à la recherche de pelles et des bêches, fier de son petit effet et guettant en coin les réactions de son coéquipier.
- Il fait chaud, c'est bon pour le jardinage.
Il fait lourd, surtout. Ironisa Sasuke pour lui-même.
- Tu me donnes un coup de main ?
Sasuke contempla la bêche avec un dégout à peine dissimulé. Il était prisonnier, diminué, aveuglé et humilié. Non, il n'allait certainement pas bêcher avec ce timbré. À la limite, le seul coup de main auquel il consentait serait de lui filer une grosse mandale pour lui apprendre à avoir des idées aussi débiles.
Surtout que, oui, il faisait beau ce jour-là, très beau. Très très beau. Alors pourquoi se mettre à bêcher un jour de canicule, hein ? Je vous le demande. Cela lui avait pris de bon matin, leur infâme bouillie avalée, Naruto avait décrété qu'il fallait profiter de la chaleur pour travailler dehors.
De son côté, Sasuke s'était demandé avec une curiosité maladive qui ne lui était pas familière ce qu'il avait bien pu arriver à son coéquipier durant ces quelques années de séparation. Où avait-il trouvé cette nouvelle passion pour le travail acharné ? Où avait-il appris à faire des mortaises et à tenir une bêche ? Et puis, surtout, le fin du fin, allait-il lui infliger ces activités manuelles durant un mois ? Parce que parti comme c'était parti, il avait l'air bien lancé pour remettre à neuf le quartier. Faut dire que si c'était une technique de torture alternative destinée à remplacer les méthodes d'Ibiki, c'était bien essayé. Un peu léger face à des adversaires coriaces mais très bien trouvé pour faire craquer à plus ou moins long terme un type aigri comme l'était Sasuke.
Kakashi, toujours perché, n'était pas loin de partager l'avis de son ancien élève. Naruto était givré, ça il le savait depuis longtemps, mais de là à se lancer dans de grands travaux, il fallait le faire. Un instant, il avait cru que Sasuke allait se prêter à cette bouffonnerie. D'un côté, ça aurait été la preuve qu'il n'était pas complètement de marbre, de l'autre, cela aurait montré qu'il était au moins aussi ravagé que son pote.
Le seul bon point, c'était que, parfois, ça donnait des trucs marrants.
La veille, par exemple, Naruto avait transporté une poutre pour consolider le plancher de la maison qu'ils occupaient. Tout fier, il avait regardé la barre de bois de trois mètres de long qu'il avait traîné sur la moitié de la longueur de la rue. L'air de rien, Sasuke avait subitement décidé de charrier une poutre deux fois plus longue et la poser à dix centimètres de celle de Naruto. Lequel avait contemplé les deux symboles de la lutte puérile qui unissait toujours les deux garçons avec un soupçon d'indignation. C'est pas juste, même impotent, aveugle et convalescent, ce crétin est toujours plus fort. Et puis la déception avait laissé la place à une joie incontrôlable. C'était si inattendu, ce sursaut de fierté mal placée de la part de Sasuke.
Il avait rigolé franchement sous le regard polaire et un soupçon (un gros soupçon quand même) méprisant de son ami.
« T'es un...
- Oui ?
- Ça va, j'ai rien dit.
- Hm.
L'air tellement princier de Sasuke avait eut le don de mettre son pauvre ami sur les nerfs. À tel point qu'il avait renoncé à se retenir.
- Ben si en fait, t'es un vrai salaud toi ! »
Le tout dit sans animosité, sans haine, sans hargne et sans intention belliqueuse.
Et ça, Sasuke le sentait profondément, l'amitié de Naruto lui était chaque jour un peu plus pesante. Sa propre faiblesse face à cette amitié le rongeait.
Le problème, c'était qu'il n'avait plus rien à placer au-dessus de tout. Avant, il pouvait chasser d'un geste hautain les attentions de ses amis sous prétexte qu'il avait une vengeance sur le feu. Maintenant, il n'avait rien de plus urgent que de guérir, de se rétablir, et ça lui aurait arraché les tripes de se l'avouer, mais la présence de Naruto à ses côtés lui faisait du bien. Elle remplissait son existence.
Sans être allé aussi loin dans l'auto-analyse (pas son genre), Naruto devait, lui aussi, trouver la présence de Sasuke apaisante. Depuis le temps qu'il se cassait le cul à le rechercher, à lui courir après, à toujours devoir se surpasser pour le rattraper, depuis le temps, il pouvait enfin se reposer un peu. Il pouvait faire des trucs aussi idiots et inutiles qu'un potager ou retaper un plancher pour le simple plaisir d'avoir Sasuke avec lui. Et pour couronner le tout, il avait cette impression indescriptible d'avoir le temps avec lui.
« C'est marrant, on peut rester comme ça des siècles, nan ?
Sasuke serra nerveusement le poing. Ça, il le savait parfaitement et il ne voulait pas l'entendre.
- Ça a toujours été comme ça, dans ce quartier ?
- Comme ça quoi ?
- Hors du temps.
Voilà. Ça, il l'avait bien compris depuis qu'il s'était surpris à trouver que les travaux de la maison avançaient plutôt bien. Naruto et ses idées à la con, il le tuerait un jour.
- Tais-toi.
- Je m'en fous, on est bien ici.
- Je n'ai rien à voir avec toi, abruti. Tu es un..
- ...un vermisseau, une sous-merde, oui, j'ai compris depuis le temps.
Sasuke ravala une exclamation de surprise. Un Naruto lucide, c'était nouveau, ça.
- Sauf que c'est faux. Toi t'es une vraie taupe et tu vas rester ici pour le restant de tes jours.
Ah là, ça lui ressemblait déjà plus. Con comme un manche de pioche.
- En fait, ça m'est égal maintenant. Tu peu bien me traiter de tout ce que tu veux, aujourd'hui, on est au même point. Coincé ici.
Devant le silence de Sasuke, Naruto continua sur sa lancée.
- Y'a vraiment que toi pour penser qu'à ça tout le temps ! Merde, quoi ! Tu crois vraiment que je voulais être plus fort que toi ?
Sasuke tourna les yeux imperceptiblement, dans un mouvement qui échappa à Naruto.
- Tu croyais que je voulais te battre ? Mais t'es con ! Où est le problème à vouloir pouvoir protéger ceux qu'on aime ! Tu l'as dit toi-même, tu peux bien faire semblant de pas t'en souvenir, moi je t'entends encore « je ne veux plus voir les gens qui me sont chers mourir » et ben moi non plus, figure-toi ! On voulait devenir plus fort pour ça, bordel , pas pour faire un concours !
- Pense ce que tu veux mais dans le fond, tu as toujours voulu me battre.
Naruto chassa cette idée dérangeant d'un geste vif de la main.
- Dans le passé, ouais. On n'est plus des gamins qui jouent à celui qui pisse le plus loin, que je sache.
L'image arracha un sourire intérieur à Sasuke. Est-ce qu'ils y avaient déjà joué ? Bonne question, sa mémoire restait désespérément vide à ce sujet mais l'idée éveillait chez lui un genre de nostalgie pas désagréable. D'un ton amer, il protesta pourtant.
- C'est humain. On a besoin de savoir qui est le plus fort.
- Non, ça c'est animal : on veut savoir qui va bouffer les autres. Nous on est des hommes, on n'en a rien à foutre de qui est le plus fort ; on veut juste pouvoir protéger ceux qu'on ne veut pas voir se faire bouffer.
- Quel boulet... murmura Sasuke d'une voix qui n'allait pas du tout avec les mots qu'il venait de prononcer et que Naruto interpréta à sa sauce.
- Hé ! Ça m'arrive de réfléchir aussi. Tu crois toujours que t'es la huitième merveille du monde ?
Sasuke secoua la tête. Ce n'était pas ça. C'était à la fois bien plus simple et terriblement compliqué.
Je ne veux pas te voir. Je veux t'oublier. Vous tous et surtout toi. Je n'en peux plus. J'en peux plus de ne pas savoir ce que je veux vraiment.
Voyant qu'il en avait déjà pas mal fait pour la journée, Naruto laissa son ami se morfondre tout seul sur son plancher pourri et se remit à bêcher. De loin, Sasuke observait la silhouette orange auréolée d'or qui luttait avec la pelle. Pourquoi passait-il son temps à observer une silhouette qu'il haïssait ?
Tsunade écouta les pas dans le couloir attenant avec un sentiment de désespoir. Pourquoi le monde entier se liguait-il contre elle ce soir-là ? Pourquoi, mais pourquoi ? Le claquement des socques de Homura sur le carrelage du couloir la déprimaient au plus haut point.
« Tsunade.
Merci d'avoir frappé.
- Il faut qu'on parle.
Parle, je ne t'écoute pas.
- Cette question en suspens est tout à fait ridicule. C'est du jamais vu.
Ben voyons.
- Tsunade. »
Le cinquième Hokage dévisagea ses trois visiteurs d'un air meurtrier. L'œil noir, les lèvres pincées et les sourcils désespérément froncés, sans le vouloir, les trois vieux se turent et reculèrent d'un pas.
« Tsunade, un tel silence hautain est insultant.
- Je vous écoute.
Un silence de mort envahi la pièce.
- Asseyez-vous. »
Les trois anciens dévisagèrent la jeune femme et s'assirent.
« Sasuke Uchiha est un problème.
Non... sans rire, je ne l'aurais pas deviné toute seule.
- Pourquoi avoir confié ce traître déserteur et assassin à un sale gamin possédé par un démon qui a déjà failli détruire notre village ?
Effectivement, quand on pose la question comme ça...
- Disons que j'ai mes raisons. La cour de justice m'a approuvée, le conseil des anciens a pu émettre ses réserves... Danzô a eu le temps de se mêler de tout ça, Ibiki vient me harceler tous les jours et ces deux petits crétins font augmenter ma tension dramatiquement. Tout s'est donc fait dans les règles. Ces deux garçons sont sous ma responsabilité jusqu'à preuve du contraire.
Homura fronça les sourcils et toussota.
- Tu as des projets pour eux, Tsunade ?
- C'est évident. Êtes-vous disposés à ne pas intervenir dans cette affaire ?
Les trois vieux s'entreregardèrent avec un air entendu qui fit penser à Tsunade qu'ils avaient une réponse toute prête depuis le début.
- À trois conditions.
- Dites toujours.
- D'une, si Kyuubi reparait, tu dois pouvoir nous assurer qu'il sera détruit. De deux, tes résultats sur le Sharingan sont insuffisants pour déterminer si oui ou non Sasuke peut encore le transmettre. Dans le doute, il faut essayer.
Tsunade faillit s'étrangler de stupeur.
- Dites donc Koharu, je suis Hokage, pas éleveuse de chevaux. Je ne vais pas faire des expériences de reproduction pour vos beaux yeux.
- Ce n'est pas ce que je voulais dire. Ce garçon doit rester en vie. Il faut qu'il se trouve une compagne prédisposée à lui donner une lignée favorable aux pupilles héréditaires.
- Hyuga, quoi.
- Oui, par exemple.
- Et la troisième condition ?
Deux des vieux sur trois échangèrent un regard anxieux, le troisième fixa le sol avec tristesse.
- Tsunade. Le village doit survivre. Et il doit avoir un Hokage.
- C'est pour ça que je me bats, pour que nous soyons forts.
- Il faut faire mieux que ça.
Tsunade fronça les sourcils.
- Il faut que tu saches qui pourrait devenir sixième Hokage, il faut aussi que tu puisses savoir exactement quoi faire si le village venait à tomber.
- C'est étrange de vous entendre dire ça. Vous qui avez tant œuvré pour affaiblir Konoha.
Koharu la dévisageait.
- Un jour, tu seras à notre place, Tsunade, et alors tu comprendras.
Dieu m'en garde.
Homura hocha la tête.
Nulle trace de morgue chez les trois vieillards,
- Un jour, tu sauras que... la survie du village est de deux nature.
Et ce jour a l'air super proche, voir même immédiat, ricana Tsunade intérieurement.
- Le village de Konoha peut bien perdurer. Le village de Konoha peut aussi mourir. Ou les deux à la fois. Ce n'est pas important.
- Hein !?
- Tu dois veiller à son intégrité. Quel qu'en soit le prix.
- Le village ne sera pas détruit.
Homura hocha la tête.
- Il y a bien d'autres manières de protéger un village. Si le village tombe et que tu es encore en vie, que feras-tu ?
Tsunade ferma les yeux enfin, d'accord, elle commençait à voir où ils voulaient en venir. Et si dès le début, ils n'avaient pensé qu'à ce genre de solution ?
- Je te laisse y penser, Tsunade. Mais pour survivre au pire, il faut déjà l'avoir prévu.
Encore plus déprimée qu'avant la visite de ces vieux croûtons, Tsunade s'avachit sur son fauteuil et sortit la bouteille de saké planquée sous son bureau.
Au bout du troisième ou quatrième verre, ses idées redevinrent un peu plus claires... ou l'inverse. Et comme l'alcool fait bien les choses, elle finit par oublier complètement qu'elle était un Hokage, et sa nature profonde reprit le dessus. Les vieux réflexes reprirent le dessus. Avant tout, elle était joueuse. Et elle savait jouer. Même si elle perdait tout le temps.
Il faut garder la main.
Elle fit signe à Shizune de sortir du placard... heu... du fond de la pièce, dans l'obscurité où elle se planquait quand Tsunade avait de la visite.
- J'ai une malchance maléfique au jeu, Shizune, mais j'ai aussi de bonnes bases. Toujours perdre ne signifie pas qu'on n'a pas les principes du jeu ancrés dans la tête. Quel est le principe directeur des jeux de carte ?
- Sachez quand il faut garder la main, murmura son assistante.
Garder Sasuke parce que le rôle des Uchiha est encore trouble. Garder Naruto, parce que Kyuubi. Garder un œil sur Danzô et sa bande de fanatiques de la Racine. Garder la main sur le conseil des anciens.
- Hokage-sama. Les notes du Troisième Hokage. Peut-être est-ce le moment de...
- Non. Attendons encore un peu. Je ne veux pas pouvoir être prise au dépourvu.
Garder le contrôle des ninjas, des principaux jounins, de l'ANBU, des ninjas de l'extérieur. Garder contact avec les autres villages. Y'a du boulot.
« Putain j'ai chaud ! »
Sasuke hocha la tête. Il était cent pour cent d'accord sur la chaleur, mais pas question de le dire parce que ça donnerait raison à l'autre idiot et surtout parce qu'il faisait bien trop chaud pour parler et pour se disputer.
« Trop chaud ! »
Il s'était allongé sur le plancher, abandonnant son attitude hautaine pour s'étaler en étoile, la bouche ouverte, les yeux fermés, un filet de salive dégoulinant le long du menton.
Une sensation douce et rafraichissante se posa brusquement sur son visage. D'un geste brusque de la main, il rejeta le chiffon humide de ses yeux. À deux mètres de lui Naruto faisant semblant de regarder la maison d'en face d'un œil, pendant qu'il observait ses réactions de l'autre. Naruto le regardait avec de grands yeux et même sans voir les détails, il devinait à merveille l'inquiétude qu'il devait y avoir dans ces yeux-là. L'envie le brûla un instant de lui hurler dessus, et puis le soleil de brûla encore plus fort et il referma les yeux, reposa la tête sur le sol. Il passa le linge sur ses yeux, l'eau tiédie lui faisait plus de bien que ne voulait l'admettre. En fait, elle lui faisait beaucoup de bien. Il n'était pas près à l'avouer mais il ne pouvait pas prétendre le contraire en toute honnêteté.
Et puis lorsque le soir tomba, ce qui devait arriver arriva. De loin, Sasuke observa son ami qui revenait de ses « travaux des champs ». Il était à moitié nu, normal, il venait de passer toute la journée à bêcher au soleil. Il s'appuyait sur le manche de pelle pour marcher, normal, il venait de passer toute la journée à bêcher au soleil. Il titubait... pas hyper normal. Il s'était écroulé à deux mètres de la maison... complètement anormal.
De mauvaise grâce, Sasuke se traîna près du blondinet effondré, après avoir lancé un coup d'œil assassin au toit de la maison d'enfance.
« T'es mort ?
- Putain... fous-moi la paix. »
Haussant les épaules, Sasuke fit demi-tour et retourna s'assoir sur le plancher défoncé de sa maison.
Quinze minutes après, Naruto se releva et se traîna à son tour dans la maison. Il accorda à peine un geste de la tête à Sasuke en passant et vint s'effondrer à côté de lui. À vue de nez, il était à peu près dans le même état que lui, mais en mille fois pire. Il bavait, pleurait, tremblant de tout son corps, et gémissant douloureusement.
Insolation, conclut sagement Sasuke en le laissant par terre se tortiller. Coup de chaud, et fatigue... peut-être crampe aussi. C'est un crétin.
Il vida la gourde sur la tête de son ancien coéquipier et cria son nom en le secouant ce qui eut l'effet de faire se relever Naruto, de le faire tituber vers l'autre extrémité de la pièce. Il se laissa tomber sur le sol, attrapa les restes du repas de midi qui refroidissait dans un coin et mangea sous le regard dégoûté de Sasuke.
« Ça va ?
- Ouais ouais ouais... t'as faim ?
- J'ai déjà mangé.
- Tu m'as pas attendu ? T'es nul... »
Sasuke plissa les yeux pour voir les détails et grimaça. Son ex-meilleur et seul ami avait les pupilles dilatées, les mains tremblante, la bouche ouverte et la bave aux lèvres. L'air plus que pas bien, l'air complètement malade, l'air à moitié mort. Sasuke décida de se coucher tout en gardant un œil sur le roi du jardinage. Il remonta la couverture sur lui et se cala contre le mur, guettant derrière ses yeux mi-clos l'état de Naruto.
« Ça va vraiment ? Tenta-t-il une dernière fois.
- Ouais j'te dis. »
Dans un effort de volonté surhumain, il se releva et balança la deuxième gourde encore plein d'eau vers Naruto.
« Bois beaucoup, reste au frais. »
Du fond de son état de semi-comateux, Naruto réalisa avec dix secondes de retard que Sasuke venait d'être gentil. Bon présage pour la suite.
A SUIVRE...
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