Bêta-tout-court-et-femme-de-ma-vie : Archimède

Bêta-bichette-soutien : Mandala7338

Bêta-co-auteuse-et-carte-maman : Mirabelle31

Note : Je ne pensais pas que cette fic serait autant appréciée... enfin si, vu le nombre hallucinant de reviews que je reçois. Mais là... sur les 72 (je n'en reviens toujours pas) reçues depuis le dernier chapitre, la majorité me menaçaient des pires tortures si j'osais ne pas publier la suite. Ce qui prouve que vous l'aimez.

Alors voilà, chose promise, chose due, chapitre 10. Sauf reviews négatives en masse (du style "arrête, c'est nul, ça ne vaut rien), je compte bien publier jusqu'à la fin. Na! C'est vrai, quoi. Reste, après celui-là, 7 chapitres (il y en a 17 en tout) j'ai fait plus de la moitié. Oui vous allez devoir nous supporter ma folie et moi encore quelques semaines. Et puis après, il y aura d'autres fictions, d'autres OS... courage, vous tenez le bon bout.

Merci à Babylon, Alicia2312, nepheria4, Kisis, Oj24, Matsuyama, ankana87, kiwi, Aita, Pioupiou, Elo, Arya, gaelle, guest, Sia, fan2Magister, poutchoupoune pour vos reviews anonymes. Pour les autres, merci aussi et j'espère avoir répondu à tous. En tout cas, vous avez géré pour le dernier chapitre. 72 reviews. Je n'en avais jamais reçu autant.

Je vous adore tous, vous êtes géniaux.

S'il reste des fautes, je suis désolée et j'implore votre pardon à genoux.


Chapitre 10

Le trajet en train jusqu'à la gare de Pré-au-Lard se fit sans encombre. Harry fut rejoint par Ron et Ginny quelques minutes après le départ, puis par Luna Lovegood et Neville Londubat. Ils devisèrent calmement, interrompus par la vendeuse de confiseries qui passa à l'heure du déjeuner.

Vers dix-huit heures, le train s'arrêta en gare de Pré-au-Lard et les élèves descendirent. Harry et ses amis prirent une calèche qui les conduisit au château. Le succube n'avait parlé à personne de ses vacances mouvementées, mais le regard bleu pétillant de Ron lui fit comprendre que son ami allait exiger qu'il lui raconte en détails. Harry n'y voyait aucun inconvénient.

Les garçons s'installèrent à la table des Gryffondor, attendant la répartition des nouveaux élèves. Harry se revit un an plus tôt, assis en face de Dean qui lui avait offert une masturbation plantaire divine. Il se rappela de la nuit frustrante qui avait suivi. Le jeune homme relégua bien vite ces souvenirs au plus profond de sa mémoire, ce n'était ni le lieu ni l'heure et personne ne toucherait plus à son sexe ou ses fesses, sauf sa main et Severus.

En parlant de Dean, le métis s'installa face à lui et Harry put voir, à l'autre bout de la Grande Salle, à la table des Serpentard, Blaise se mettre dans sa ligne de mire et lui sourire. Le succube grogna. Zabini allait vouloir remettre le couvert et la créature n'en avait aucune envie.

- Salut Harry, minauda le jeune Thomas avec un sourire séducteur.

Harry se contenta de hocher la tête avant de reporter son attention sur les Première Année qui venaient tout juste d'entrer dans la Grande Salle. La cérémonie de Répartition n'allait pas tarder à commencer. Mais, au lieu d'y prêter la moindre attention, le succube se concentra sur la table des professeurs. Il gratifia Sirius d'un sourire ravi et regarda les autres. Il n'y avait aucune place libre ni aucune tête nouvelle. Pas de nouvel enseignant.

Puis la créature se figea, sa respiration se bloquant dans sa poitrine, quand il tomba sur Severus. L'homme était assis parfaitement droit sur sa chaise. Harry en aurait fondu s'il avait pu. Le professeur ne lui accorda pas un regard, se contentant de fixer droit devant lui.

Le Gryffondor détailla son compagnon avec une certaine avidité et son sang se rua, une fois de plus, dans la région sud de son anatomie. Il se prit à bénir une fois encore les robes d'école assez larges pour cacher son érection. Il ne voulait pas demander d'aide, bien que Dean ne soit pas contre à en juger par son regard. Harry allait devoir se soulager de cette tension avec sa seule main.

Seulement, il se retint de poser sa main sur son sexe tendu. Il allait devoir tenir et penser à autre chose. Il eut beau tenter de s'imaginer les pires images, chacun des protagonistes qu'il mettait en scène dans des positions et des tenues affreuses, se transformait en Severus. Il n'avait aucun moyen de se calmer. Il n'y avait plus qu'à attendre. Harry espérait que le repas ne durerait pas trop longtemps.

Involontairement, Harry se mit à se mouvoir sur le banc, bougeant imperceptiblement et faisant frotter les coutures de son pantalon d'uniforme sur sa verge hypersensible. Il tenta de garder l'air impassible mais c'était difficile. Bientôt sa main se faufila discrètement sous la table pour venir caresser la bosse proéminente. La Répartition avait commencé et tous les regards – ou presque – étaient braqués sur les élèves de Première Année.

Harry fixait son professeur de potions avec désir et se caressait en pensant à ce que Severus pourrait lui faire. Il ne tarda pas à jouir dans son pantalon.

Ron secoua la tête en voyant son ami haleter et le visage rose. Il savait ce que Harry venait de faire. C'était un succube, le sexe était dans sa nature mais de là à se masturber dans la Grande Salle...

Le rouquin oublia son ami lorsque la nourriture apparut sur les tables, et il se servit avant de dévorer le contenu de son assiette. Il aurait une discussion avec Harry, mais plus tard.

Après le discours du directeur, les deux compères se levèrent, comme les autres, et quittèrent la Grande Salle. Le pantalon du brun était plus qu'inconfortable. Il allait devoir s'entraîner sur les tergeo informulés, et vite.

Il fut arrêté par Blaise qui l'entraîna dans un couloir désert et le plaqua contre un mur. Mais Harry le repoussa fortement. Il n'aurait pas dit non à une bonne séance de jambes en l'air avec un amant avant son anniversaire, maintenant c'était différent.

- Je n'ai eu aucune nouvelle, le sermonna Zabini, furieux d'avoir été repoussé. Tu m'as remplacé, c'est ça ?

- On n'a jamais été en couple, Zabini, jamais. J'ai été clair avec toi, on couchait ensemble ! Maintenant c'est fini. J'ai trouvé quelqu'un d'autre.

- Qui ? exigea Blaise.

- Tu n'as pas à le savoir, grogna le succube.

- Qui, Potter ! cracha le noir, furibond avant d'être repoussé par Ron qui s'était rendu compte que son ami n'était plus avec lui.

- Lâche-le, Zabini ! ordonna le rouquin. Vous n'êtes pas en couple, vous ne l'avez jamais été et vous ne le serez jamais. Il est libre de faire ce qu'il veut sans te rendre des comptes !

Ron prit son meilleur ami par le bras et l'entraîna à sa suite.

- Merci Ron, soupira Harry en se massant les poignets.

Mine de rien, Blaise avait une sacré poigne, nul doute que le Gryffondor aurait des marques le lendemain.

- Fallait s'y attendre avec lui, reprit le succube, il m'a clairement dit qu'il serait déçu si je trouvais quelqu'un d'autre. Pourtant... Pourtant j'ai été clair, non ?

Il ne voyait pas pourquoi les autres s'accrochaient ou espéraient quoique ce soit de lui.

- Tu as été clair avec tous tes amants, Harry, confirma Ron. N'empêche, beaucoup se sont accrochés.

- Je ne vois pas pourquoi.

- Pas pourquoi ? s'exclama le jeune homme surpris. Et après c'est moi qui manque cruellement de tact ! Enfin Harry, comprends-les, tu couches avec eux, et pas qu'une fois. Pour beaucoup, c'est le signe que tu tiens un peu à eux. C'est ton... hér... machin qui t'a déréglé le cerveau ?

Il avait failli dire « héritage » mais s'était repris juste à temps. Ils n'étaient pas tous seuls dans les couloirs et personne ne devait savoir que Harry avait reçu ses gènes de succube.

- Non, je vais bien. Pourquoi ?

- Tu ne devrais même pas poser une telle question, Harry. C'est normal de s'attacher.

- Mais je ne m'attache pas, les autres peuvent faire pareil.

Ron ferma les yeux, pestant mentalement contre la nature de succube de son ami. C'était elle qui le faisait parler comme ça. Sans elle, Harry serait plus à même de comprendre la façon de se comporter des autres. Il allait devoir trouver un bon exemple pour que le brun comprenne. Et la tâche n'allait pas être facile. C'était la créature qui pensait, pas le sorcier.

Le jeune Weasley se demanda fugacement si le succube avait fini par prendre le pas sur le sorcier. Peut-être.

- Les autres ne sont pas comme toi, Harry.

- D'accord, soupira le brun. Je crois que je m'en fiche en fin de compte. Je ne veux pas savoir pourquoi les autres ne veulent pas comprendre. Ils ne m'intéressent plus.

Ils se turent et lorsqu'ils arrivèrent dans la Tour, ils se précipitèrent dans leur dortoir. Ils se hâtèrent de se changer pour pouvoir discuter sans avoir besoin de se relever. Quand Harry se glissa dans le lit de Ron, ce dernier lança un sortilège de silence et tira les rideaux. Il allait interroger le succube et saurait tout.

Le comportement qu'avait son ami et sa façon de rejeter Zabini ne pouvaient signifier qu'une seule chose.

- Tu l'as trouvé ?

- Oui, rougit Harry en repensant au regard noir de son compagnon.

- Tu en es certain ?

- Absolument. Sûr et certain.

- Qui est-ce ? s'enquit le rouquin d'une voix inquiète.

Il avait peur pour son ami, soucieux que ce soit une personne qu'ils détestent tous les deux ou bien une personne comme Hagrid ou Flitwick. Si c'était le cas, Ron risquait fort de faire son possible pour tuer Harry. Il n'osait même pas imaginer qu'une telle chose soit possible.

- Severus, murmura Harry, les yeux brillants.

- Attends, Severus... Rogue ? Mais...

Ron repensa à leur professeur de potions, froid, acariâtre, peu séduisant... bref, ce n'était pas un modèle de beauté, contrairement à Harry.

- Écoute Harry, jusque là, j'ai accepté tous tes choix mais là... c'est hors de question ! Choisis-en un autre !

- Mais je ne peux pas Ron, gémit Harry. Quand j'ai su que c'était lui, j'ai refusé, mais là...

Là, il rêvait de lui sauter dessus et qu'il lui fasse l'amour comme une bête. Il devait être parfait pour lui.

- Ô Merlin ! s'écria le rouquin. Je ne veux pas savoir à quoi tu penses ! Tu es vraiment certain que c'est lui ? Tu ne t'es pas trompé ? Dis-moi que tu t'es trompé.

Il était capable de tout entendre, mais là, il refusait d'oser imaginer que son professeur honni puisse avoir une vie sexuelle. C'était au-dessus de ses forces.

- Non, j'en suis certain.

- Merlin, on n'est pas sorti de la bouse d'hippogriffe.

Ron sentait qu'il n'allait pas couper aux confidences sur Rogue et il s'en serait bien passé cette fois-ci. Il se demanda un instant pourquoi il avait accepté d'être la seule personne à qui Harry racontait tout. Il se rappela que c'était parce que le succube était son meilleur ami. Et que ce dernier lui avait raconté ses frasques depuis le début. Il en avait appris des choses, il pourrait presque en faire un livre.

- Comment tu as su ?

- Tu veux vraiment le savoir ? ricana Harry.

Ron se mordit la lèvre. Certes, il ne voulait pas connaître la teneur exacte de ce qui s'était passé le jour de son héritage, mais il voulait savoir comment Harry savait que Rogue était son compagnon. Il hocha la tête.

- J'ai rêvé de lui.

- Quoi ?

- J'ai rêvé de lui. Je ne peux pas t'en dire plus, tu vas nous faire une attaque si je continue.

- Je prends le risque, affirma Ron, frustré de ne pas en savoir plus.

Harry lui raconta dans les moindres détails le rêve qu'il avait fait, faisant presque couiner Ron. Ce dernier était rouge et ce n'était pas dû à la chaleur, mais plutôt à cause des images qui lui traversaient la tête. Les succubes avaient une imagination débordante en matière de rêves, ce n'était pas le rouquin qui allait penser à ça. Pour un peu, ça faisait presque peur. Ce n'était pas pour rien qu'ils comptaient parmi les créatures les plus sexuelles au monde.

- En fait, ce qui m'a vraiment mis sur la voie, c'est quand mes ailes sont sorties, termina Harry.

- Tes ailes ?

- Oui. Elles ne peuvent sortir que devant mon compagnon et qu'au moment de l'union. C'est un moyen pour lui comme pour moi d'être certain.

- Donc si je te demande si je peux les voir...

- Pas question. De toute manière, c'est quelque chose que je ne contrôle pas.

- Oui, je comprends. C'est un peu comme les veelas.

- Un peu.

- Et... et tu n'as pas peur que Rogue te... rejette ? hésita Ron.

Cette question lui trottait dans la tête depuis qu'il savait. Il ne voulait pas mettre les pieds dans le plat mais il devait savoir.

- Je suis terrifié, Ron. J'ai la trouille qu'il se fiche de moi. Mais je sais que, malgré tout, il sera le seul à pouvoir me rendre heureux.

0o0

La rentrée avait eu lieu quatre jours auparavant. Les habitudes des collégiens avaient reprises et les petits Première Année s'adaptaient à leur environnement.

Confortablement assis dans son fauteuil de bureau, Albus Dumbledore se servit une tasse de thé au citron, y ajouta trois sucres et touilla son breuvage avant de le siroter. C'était parfait. Il agrémenta son petit-déjeuner – le deuxième – d'une bonne tartine de marmelade à l'orange. Le repas parfait de son point de vue.

Il allait entamer son toast quand on frappa à sa porte. Il grogna et reposa son pain sur son assiette et débarrassa son bureau d'un geste de baguette. Si c'était Poppy, il allait avoir le droit à un sermon et il s'en passerait fort bien.

C'était Sirius. Albus fronça les sourcils. Il n'avait pas demandé au professeur Black de venir. Néanmoins, il lui permit de s'asseoir et lui présenta une tasse de thé que l'homme refusa.

- Que puis-je pour vous Sirius ?

- Je venais vous prévenir que Harry avait reçu la deuxième partie de son héritage cet été.

- Fort bien, fort bien. J'en déduis qu'il a trouvé son compagnon. Cette année devrait donc être plus calme que l'an dernier.

- C'est en effet ce que je me disais.

- Savez-vous qui est son compagnon ?

- Malheureusement non, avoua Sirius.

Albus grogna mentalement. Ce n'était plus drôle s'il devait chercher par lui-même. Enfin, bon, ça allait l'occuper un peu. Ça ne devait pas être trop compliqué. Sauf si le dit compagnon n'était pas à Poudlard.

- Vous savez s'il est ici ?

- J'espère que oui, Albus. Je n'ose imaginer l'état de Harry si d'aventure ce n'était pas le cas.

- À quoi devons-nous nous attendre ?

- À vrai dire, je n'en ai aucune idée. Il a tenu un mois, j'ignore combien de temps il tiendra encore si son compagnon n'est pas là.

Albus se caressa la barbe pensivement. Il n'y avait plus qu'à espérer que le compagnon du succube soit présent entre les murs de l'école. Le directeur se promit de creuser la question. Il allait mener son enquête. Il congédia Sirius et fit réapparaître son petit-déjeuner qu'il se hâta de manger.

Il commença son investigation durant le déjeuner et inspecta le Gryffondor. Ce dernier était assis de façon à voir toute la Grande Salle. Albus le repéra en train de regarder de tous les côtés, ne s'attardant sur personne.

D'après ce qu'il se rappelait, le directeur avait vu le gamin flirter avec des bruns : Thomas, Carmichael, Zabini, Finch-Fletchey, Handnew, Hopkins, Diggory et McLaggen. Il en avait envoyé plusieurs à l'infirmerie. Ils avaient tous ce point commun, les cheveux. À part ça, ils étaient tous différents.

Albus se fit la réflexion que le succube était lié à un brun.

Au moment où il pensa à cela, il vit la créature fixer son regard sur la table professorale. Le directeur ne se perdit pas en conjectures et se concentra. Il avait une capacité de déduction plus élevée que la moyenne. Il trouverait qui était le compagnon du succube.

Il élimina les femmes, ce qui lui laissait quatre hommes : Flitwick, Black, Rogue et Binns. Il mit de côté Binns qui était un fantôme. Il oublia Sirius, si Harry l'avait choisi comme compagnon, l'homme aurait été le premier averti. Ne restaient que les professeurs de Sortilèges et de Potions.

Albus secoua la tête. Il ne pouvait pas éliminer Filius, la différence d'âges ne voulait rien dire. Il misa sur Rogue. C'était plus plausible mais cela restait à confirmer.

Il n'attendit pas longtemps pour voir arriver cette certitude. Lorsque Severus se leva de table, Harry le suivit du regard. Le jeune homme avait un regard de braise quand il observait son compagnon.

Le directeur eut presque de la peine pour Harry. Séduire Severus allait être une tâche ardue et épuisante.

Loin de se douter qu'il était le centre des pensées de son supérieur, Severus se dirigea dans ses cachots avec l'intention ferme de commencer les corrections des devoirs de vacances de ses élèves.

Il s'installa à son bureau, jeta un sort d'alarme qui l'avertirait lorsque sa classe serait là et entama ses corrections. Il avait le temps de maudire ces crétins d'élèves qui ne comprenaient rien à l'art des potions.

Une heure plus tard, Severus rayait avec force les copies ineptes des élèves de Cinquième Année de Serdaigle. Ça se disait intelligent mais ça n'avait pas plus de bon sens que ça. Sur tous les devoirs corrigés, deux avaient obtenu la moyenne.

Il reposa sa plume quand il entendit quelqu'un frapper contre le lourd panneau de bois. Il n'eut pas le temps de donner l'autorisation qu'une tête brune aux cheveux en bataille fit son apparition. Que voulait donc Potter ?

- Je ne crois pas vous avoir donné la permission d'entrer, Potter, grinça-t-il, acerbe.

Il eut la surprise de voir le gamin faire fi de ce qu'il venait de dire et d'entrer. Il le fixa se déhancher jusqu'à lui, un sourire séducteur aux lèvres. Severus déglutit nerveusement lorsque la langue de son élève honni passa sur ses lèvres. Ce gosse était bien trop sexy et l'homme n'était pas certain de rester de marbre.

Le fils de James Potter s'approcha de sa démarche féline et contourna le bureau. Severus retint un couinement de surprise, en voyant le succube repousser légèrement le fauteuil professoral, et s'installer à califourchon sur ses genoux sans cesser d'humidifier sensuellement ses lèvres.

- Puis-je savoir ce qu'il vous prend Potter ? tonna-t-il en tentant de se reprendre. Veuillez vous lever tout de suite !

Mais l'impertinent gamin ne l'entendit pas de cette oreille, il se pencha vers le cou du professeur et lécha avidement la peau découverte. Ses doigts agiles défirent rapidement la cravate savamment nouée.

Severus perdit de sa superbe et laissa le Gryffondor embrasser et lécher la peau fine de son cou. Il retenait à grand peine des gémissements et se surprit à penser qu'il n'était pas contre en vouloir plus.

Il retrouva ses esprits lorsque Harry se mit à se mouvoir voluptueusement contre lui, l'excitant plus encore. Il tira rapidement sa baguette de sa manche et l'enfonça sous le menton de la délicieuse créature. Il était tout bonnement hors de question qu'il se fasse avoir comme les autres.

Il était parfaitement au courant des pratiques du Gryffondor. Il n'avait pas oublié la nature de son élève. Potter était toujours un succube et cette espèce était toujours en manque de sexe. S'ils pouvaient forniquer toute la journée, Severus était certain qu'ils le feraient. Pour peu que cela soit sans risque pour leur partenaire.

- Vous avez exactement cinq secondes pour vous relever et quitter cette pièce sur le champ. Je retire d'ores et déjà cinquante points à Gryffondor pour attaque envers un professeur et en retirerai cinquante autres si vous n'êtes pas dehors. Il me serait intolérable de penser ne serait-ce qu'un instant que je puisse être l'un de vos trop nombreux amants. Fichez-moi le camp ! Et vous serez en retenue durant une semaine avec Monsieur Rusard !

Malgré son désir de se lier avec son compagnon, Harry jugea plus sage de prendre la fuite. Il quitta le bureau en courant et à regrets. Dès qu'il passa la porte, celle-ci se referma sur lui avec fracas.

- Tu peux le nier mais tu es à moi, Severus Rogue. Et ce que je veux, je l'obtiens ! susurra le succube en fermant les yeux pour graver dans sa mémoire le visage perdu de son professeur.

Ce dernier avait aimé ses attouchements. Il l'avait senti vibrer sous lui. Si l'homme n'était pas un ancien Mangemort, espionnant pour le compte de la Lumière, maître de lui et aussi acariâtre, Harry était certain qu'ils se seraient liés.

Severus fut incapable de reprendre ses corrections. Il n'arrêtait pas de repenser à Potter et à ce que le gamin lui avait fait. Il sentait encore le poids, la chaleur et l'odeur du succube sur ses genoux. Il avait l'impression que la langue douée de la créature léchait encore sa gorge et que ses lèvres pleines et chaudes l'embrassaient.

Il se gifla mentalement et s'obligea à repousser ces pensées. Il avait autre chose à faire, notamment corriger des copies ineptes.

Malgré lui, Severus tâta sa gorge, caressant sans le voir le suçon violacé que Potter lui avait fait. Il s'admonesta et rattacha sa cravate pour reprendre ses corrections.

Une heure plus tard, son alarme sonna et il se leva pour accueillir ses élèves. Une chance, il s'agissait des Quatrième Année, Severus n'aurait jamais pu regarder Potter en face si ce dernier avait été présent.

Harry ne cessait de penser à son compagnon, incapable de se concentrer sur son cours de Botanique. Il l'avait goûté et il avait eu l'impression d'avoir été au paradis. Son odeur, sa chaleur... le succube avait eu une érection, encore une fois, et avait dû filer dans les toilettes les plus proches pour se libérer de cette tension.

Il en avait assez de devoir se masturber encore et encore. Ce qu'il voulait, c'était que Severus le prenne encore et encore et qu'il le fasse jouir, qu'il l'embrasse et qu'il l'aime. Il voulait se lier avec son compagnon, vivre à ses côtés.

Ça faisait maintenant trois jours qu'ils étaient rentrés, Harry passait ses nuits à rêver de Severus et ses journées à jongler entre ses cours et ses séances de masturbation intensive. Oui, il pensait souvent à l'homme et, dès qu'il le voyait, il sentait son érection revenir au galop à la vitesse d'un sort.

Il avait bien eu l'idée d'aller demander une potion anti-désir, mais il savait qu'il allait être malade, encore une fois. Il préférait se branler plutôt que se retrouver à l'infirmerie. Il y avait passé plus de temps qu'il ne l'aurait voulu durant ses cinq premières années à Poudlard. Il avait réussi à éviter l'antre de la dragonne Poppy Pomfresh l'année dernière – son séjour à cause d'une intoxication due aux potions ne comptait pas – il espérait bien continuer sur cette lancée cette année.

0o0

Albus caressa pensivement sa barbe, fixant un point quelconque sur un des murs de son bureau. Il ne cessait de réfléchir à ce qu'il avait découvert le matin-même.

Severus était le compagnon du jeune Potter. Il en était à présent persuadé. Il avait extrait ses souvenirs et les avait mis dans une Pensine pour pouvoir les regarder plus tard. Après le dîner, il avait pris la résolution de les consulter pour y voir un peu plus clair. Et il avait découvert certaines choses.

L'année précédente, Harry repérait chez les élèves sa future proie. Et cette dernière finissait invariablement à l'infirmerie, provoquant la colère de Poppy. Cette année, en revanche, le succube n'avait d'yeux que pour Severus. Albus n'y avait pas vraiment prêté attention avant, mais dans ses souvenirs, la preuve était flagrante. Ainsi, il avait pu voir son élève fixer ostensiblement Severus durant tout le repas, dénigrant totalement la répartition. Pire encore, le directeur s'était aperçu que le petit brun s'était fait du bien dans la Grande Salle. Son visage rouge et sa bouche entrouverte voulaient tout dire. Son voisin, le jeune Weasley devait être au courant de tout, vu son air blasé.

Albus ne s'arrêta pas là. Il voulait en savoir plus, être certain que le succube ne jouait pas.

La preuve manquante ne tarda pas à se jouer sous ses yeux. Il était présent lors de l'altercation entre Zabini et Potter. Nul doute que le noir était furieux d'avoir été largué. Albus se fit une note mentale de surveiller de près les agissements du Serpentard. Il n'était pas question qu'il s'immisce entre un succube et son compagnon. Dumbledore ne voulait aucun problème avec le Conseil d'Administration et encore moins le Ministère si un élève venait à décéder.

L'information à propos de l'héritage de Potter devait absolument rester secrète le plus longtemps possible.

Le directeur sortit de sa Pensine et piocha dans sa réserve de bonbons. Les sucreries l'avaient toujours aidé à réfléchir, il en avait toujours une pleine réserve, enfin en temps normal. Là, elle allait être à sec, il ne lui restait plus que deux gros paquets de friandises au citron. En moins d'une semaine, il n'aurait plus rien.

Tout en dégustant son bonbon, Albus soupira. La mise en couple de ces deux-là n'allait pas être de tout repos au vu de leurs antécédents. Severus haïssait cordialement Potter père et avait reporté cette animosité sur le fils qui était follement éperdu de lui.

- Quel sac de nœud, Fumseck.

Il se dressa soudain, manquant de s'étrangler avec sa douceur. Il venait de penser à Sirius. L'homme n'allait jamais pouvoir supporter de savoir son filleul entre les mains de son pire ennemi. Les remarques à la table professorale avaient été cinglantes jusqu'à ce qu'Albus sépare les deux protagonistes. Là, ça allait tourner au pugilat. Le vieil homme y tenait à son école, il n'avait pas envie de la voir être détruite par deux excellents professeurs.

- Je pense demander ma retraite, Fumseck. Mais je ne peux confier cette affaire à Minerva, elle ne va jamais s'en remettre la pauvre. Les relations élève-professeur ne lui plaisent pas, même lorsque le règlement le permet. Alors lui imposer un succube qui a choisi un enseignant et non des moindres, je vais l'achever. Nous ne sommes pas sortis du chaudron mon pauvre Fumseck, tu peux me croire. Cette année va être épique.

Finalement, quand il y réfléchissait bien, Albus savait qu'il ne prendrait pas sa retraite. L'année en cours promettait d'être mémorable mais également très amusante. Enfin, pour les spectateurs.

0o0

Severus jeta un regard noir à son chaudron. Il était tellement perdu qu'il était incapable de brasser ne serait-ce que la plus élémentaire des potions. Il devait se reprendre ! Mais que lui arrivait-il ? Pourquoi le comportement de Potter le mettait-il dans cet état ? Certes, le gamin était un succube mais, de là à l'empêcher de réfléchir correctement était pour lui, impensable.

- À quoi joue cet imbécile ? marmonna-t-il, troublant ainsi le silence de son laboratoire. Et mon corps a l'air d'apprécier. Merlin !

Il frappa du poing sur sa paillasse et s'obligea à respirer profondément pour se calmer. Il devait se sortir cette image de ce gamin insolent, ondulant sur lui, de l'esprit.

Soudain fatigué, l'homme nettoya son chaudron d'un geste de baguette et ferma son laboratoire avant de rentrer dans ses appartements.

Il avait beau retourner cette question dans tous les sens, il ne comprenait pas pourquoi Potter était venu flirter avec lui. Était-ce un nouveau jeu destiné à lui faire perdre le contrôle ? Sans doute, connaissant l'avorton. Un pari stupide avec ses amis ? C'était également une possibilité. Ou alors, le fils Potter avait décidé de faire de lui son nouveau jouet sexuel ? Probable, mais Severus n'allait pas se laisser faire.

Vu comment le Gryffondor avait profité des autres pour les virer aussitôt qu'ils n'étaient plus indispensables, Severus refusait d'être le prochain sur la liste déjà bien longue de ce freluquet.

Certes, l'homme n'était pas contre les coups d'un soir, il en avait eu dans sa jeunesse. Mais, à son âge, il avait envie de s'installer avec un compagnon et d'avoir une relation durable. De vivre enfin une vie de couple. À l'évidence, ce ne serait pas pour tout de suite.

En se servant un verre de cognac, le maître des potions se fit une note mentale. Il devait voir Potter le lendemain, afin de lui demander des explications sur son comportement inadmissible et peut-être lui faire perdre des points.

Il avala cul sec le fond de son verre et alla se coucher. Il était épuisé. Il ne prit pas la peine de prendre une douche, se contentant de se déshabiller et de se jeter sur son lit pour s'endormir quelques minutes plus tard.

0o0

Les traits tirés par sa nuit agitée, Harry maugréa en pensant aux deux heures de Potions qu'il aurait dans la soirée. Il se rappela de celui qui avait eu lieu le lendemain de la rentrée, soit le mardi : il n'avait eu de cesse de fixer son professeur, oubliant totalement sa mixture qui avait failli exploser.

La simple voix de Rogue l'admonestant lui avait donné des frissons de plaisir et une magnifique érection qu'il n'avait pas pu calmer avant la fin. Il avait dû filer aux toilettes pour se soulager.

Il s'en était confié à son ami mais Ron n'avait rien pu faire, à part lui suggérer de penser aux ébats entre les couples les plus improbables, voire immondes, mais pour Harry, ça n'avait pas fonctionné. Le rouquin n'avait d'autre solution que de pousser le succube à se dévoiler à son compagnon, lui avouer la vérité et lui sauter dessus.

Quand l'heure arriva enfin, Harry ne savait pas s'il devait être soulagé ou angoissé. Il avait peur de ce que Severus allait dire ou faire à son encontre, vis-à-vis de son comportement de la veille lorsqu'il était allé le voir dans sa salle.

La sonnerie retentit enfin, faisant soupirer de soulagement la classe de Septième Année. Rogue avait été plus abominable que d'habitude, ce qui n'était pas peu dire.

- Avant de sortir, veuillez déposer vos fioles de Potion sur mon bureau ! Monsieur Potter, vous êtes prié de rester ici !

Harry se demanda fugacement si ça n'avait pas un rapport avec la veille. Son côté succube exultait de joie, il allait pouvoir rester seul avec son compagnon.

Il attendit sagement que tous les élèves quittent la salle. Une fois la porte refermée derrière le dernier élève qui se révélait être Drago Malefoy – celui-ci lui fit un sourire machiavélique en pensant que son ennemi juré allait être malmené – Harry s'approcha et commença à contourner le bureau, dans l'intention évidente de se glisser de nouveau sur les genoux plus qu'accueillant de son professeur.

- Veuillez rester derrière le bureau, Monsieur Potter, siffla Severus.

Une fois, ça lui avait suffit, il était hors de question qu'il se fasse avoir de nouveau. Il vit avec satisfaction son élève honni demeurer derrière la table.

- Votre comportement indigne d'hier m'a quelque peu intrigué. Puis-je savoir ce qui vous a pris ? Je suis votre professeur et non un vulgaire adolescent en manque de sexe, je vous prierais de ne pas l'oublier !

Il manqua perdre contenance en suivant des yeux le petit bout de langue rose qui léchait avec application les lèvres rougies du succube.

- Mais je ne risque pas de l'oublier, professeur, ronronna Harry en se penchant au-dessus du bureau.

- Monsieur Potter, un peu de tenue par Merlin ! Vous n'êtes pas dans un bordel ou je ne sais où !

- Je le sais bien, professeur. Mais votre charme me fait perdre tout sens commun, minauda le jeune homme en caressant sensuellement le bois de la table.

- Je vous demande pardon ?

Avait-il bien entendu ? Charme ? C'était maintenant certain, ce gamin prenait un plaisir évident à se moquer de lui et il allait le payer très cher. Severus n'était pas homme à se laisser marcher dessus sans réagir.

- Je vous avertis, Potter, que si vous continuez à proférer de telles bêtises, je me verrai dans l'obligation de vous punir.

Il n'avait pas mesuré l'ampleur de l'impact de ses mots sur le Gryffondor. Ce dernier ferma les yeux et se cambra.

- Je n'attends que ça, professeur. N'importe quelle punition venant de vous me comblera pleinement.

Severus faillit s'étouffer en entendant ces mots. Le gamin n'avait pas pu dire ça, ce n'était pas possible !

- Surveillez vos paroles, jeune homme ! Et un peu de tenue ! Où vous croyez-vous ?

- Dans une salle de Potions avec mon compagnon, Monsieur, répliqua la créature en se redressant.

Harry l'avait dit. Severus était maintenant au courant qu'il était à lui. Il eut la surprise de voir l'acariâtre chauve-souris des cachots regarder rapidement autour d'eux, sans doute pour vérifier qu'ils étaient bien seuls.

- Je pense, Monsieur Potter, que la farce a assez duré. Vous pouvez dire à vos petits copains que cette stupidité ne prend pas avec moi !

- Il ne s'agit nullement d'une farce mais bel et bien de la réalité. Vous êtes à moi, Severus Rogue ! Et croyez-moi ou non, je ferai tout pour vous avoir !

- Sortez, petit insolent ! gronda l'homme en se levant.

Il ne goûtait que très peu à cette plaisanterie plus que douteuse et il était littéralement hors de lui. Il s'agissait de Potter, ce ne pouvait donc qu'être une blague. Après tout, il était la copie conforme de James Potter qui avait passé sa scolarité à l'humilier. Son fils prenait la relève.

Harry fronça les sourcils, surpris mais ne bougea pas d'un pouce. Severus devait comprendre qu'il était sérieux.

- DEHORS ! rugit le maître des Potions. SORTEZ, MISERABLE CANCRELAT !

Le jeune homme était loin d'être suicidaire, il prit la poudre d'escampette sans attendre. Il n'avait pas envie de recevoir un sort.

Une fois dehors, il se fit la promesse que Severus tomberait dans ses bras.

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Severus se versa un autre whisky et l'avala cul sec. L'alcool lui brûla la gorge mais il n'en eut cure, ça lui faisait même du bien. Surtout après la nouvelle qu'il venait d'apprendre.

Harry Potter, ce petit crétin arrogant et trop sexy pour son propre bien, l'avait choisi, lui Severus Rogue, chauve souris des cachots ou bâtard graisseux, comme compagnon ? L'homme peinait à y croire. Le gamin se moquait de lui, le contraire était impossible. Ce ne pouvait qu'être une blague.

Severus était certain que le gosse lui avait dit ça uniquement pour le mettre dans son lit. Il avait dû faire pareil avec tous les élèves de Poudlard qui étaient passés entre ses draps et dans ses bras.

Le professeur de Potions se targuait d'être un homme intelligent et se félicitait d'avoir trouvé la véritable raison du comportement de l'impertinent. Il était certain qu'il ne tomberait pas entre les griffes de cet avorton, malgré son physique plus qu'agréable et ses fesses tentantes. Il était hors de question qu'il soit un trophée de plus sur le tableau de chasse du fils Potter.

Malheureusement, le lendemain, il eut la surprise de voir un des hiboux de l'école se poser devant lui et laisser tomber dans son assiette vide une lettre.

Severus la décacheta sans prêter attention au sceau sur l'enveloppe.

« Mon cher compagnon,

Je n'ose t'appeler par ton prénom même si j'en rêve chaque nuit. Sache que ce que je t'ai dit hier est l'entière vérité. Tu es à moi et je ne te lâcherai pas.

H.P »


À suivre

Moi je vous dis, on n'est pas sortis de la bouse d'hippogriffe avec Severus.

Alors? Vous avez aimé cette... conversation d'une profondeur étonnante entre nos deux protagonistes ou je peux me rhabiller? (dans tous les cas, je continue, bien sûr ;) )

Je rappelle aussi pour ceux qui le veulent, j'ai un compte facebook. Nanola Nanou. Je ne mords pas.