Hey ! Ça va ? Moi super !
On se retrouve aujourd'hui pour le chapitre 10, j'espère qu'il vous a plus et que celui là vous plaira aussi !
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Bonne lecture !
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Chapitre 10 : Déni et rencontre
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Nous étions à présent en mars.
Depuis que Louise avait discuté avec Alexandra, elle ne l'avait plus revue au lycée. Elle avait disparue, c'était volatilisée. Encore. Bizarrement, Louise c'était habituée à son absence, et ne prenait même plus la peine de guetter son arrivé dans la salle de classe le matin. Au début, elle s'était inquiétée, mais au final, il n'y avait pas de quoi. Elle ne la connaissait pas vraiment, c'était simplement une connaissance, et Alexandra était assez grande pour s'occuper d'elle. Non ?
Évidement, personne ne savait pourquoi elle n'était plus là. Sauf les professeurs qui, encore une fois, étaient les seuls au courant et n'avait le droit de ne rien dire.
Était-elle de nouveau tombée en dépression ? Impossible de le savoir.
Théo continuait de voir sa psy une fois par semaine. Elle l'écoutait attentivement, essayait de comprendre le moindre de ses problèmes, atténuait ses peurs…
Mme Kurguil avait découvert qu'il vouait une sorte de haine aux adultes, au monde des grands. Elle cherchait à comprendre pourquoi, lui demandait souvent des explications.
« Alors Théo, dis moi ce que tu n'aimes pas chez les adultes.
-Ils vous parlent avec mépris quand vous êtes un enfant, n'essayent pas de comprendre ce que vous ressentez sous prétexte qu'ils l'ont déjà vécu. Ils ne vous croient pas, vous contredise tout le temps parce qu'ils pensent tout savoir sur tout. Ça en est lamentable, pathétique. Si moi aussi je dois devenir comme ça en grandissant, je préfère mourir avant.
-Tu sais Théo, les adultes savent ce que tu traverses. Ils ont aussi étés jeune un jour. Et toi aussi plus tard, tu comprendras. Et je sais que ce n'est pas facile, surtout à ton âge, mais il ne faut pas que tu portes trop d'attention à ça pour l'instant. Tu es encore jeune, tu as toute la vie devant toi.
-Vous les adultes, vous êtes tous pareil.
-Tes parents aussi sont comme ça ?
-Non, quasiment jamais. Sauf quelques fois, quand ils me font la leçon à moi et à ma sœur.
-Je sais Théo, c'est souvent comme ça. Mais tu sais, ce que te disent tes parents a un sens, il faut les écouter, que toi aussi tu essayes de les comprendre.
-J'ai déjà essayé de comprendre, et j'en ai marre de devoir toujours essayer de comprendre alors que eux ils ne font aucun effort. Et comment vous pouvez savoir que ce qu'ils disent a un sens ? Vous ne les entendez pas parler, à ce que je sache. »
Il s'en était suivit une longue discutions, de longues explications aussi. Théo se sentait mieux une fois qu'il finissait de discuter avec Mme Kurguil. Il comprenait un peu mieux le monde des adultes à chaque séances, et apprenait à refouler les frustrations d'adolescent qu'il ressentait. Selon sa psy, il progressait petit à petit, lentement mais sûrement. Même si les progrès concernant son état étaient minimes, ils étaient présent.
Nous étions samedi aujourd'hui, Mathieu ne travaillait pas et était à la maison, Antoine et Théo étaient partis faire des commissions et Louise était chez Éloïse pour faire ses devoirs. Il devait être 14h00.
Mathieu était tranquillement devant son PC en train de jouer à The Witcher. Mais il n'avait pas la tête au jeu, il était pensif.
Hier, il avait voulu inviter Betty et son copain à manger chez eux. La baby-sitter avait malheureusement déclinée l'invitation, souffrant d'un terrible mal de ventre. Il espérait que ce n'était pas grave, ni contagieux d'ailleurs, car Betty avait passé la journée du vendredi avec ses enfants.
Le petit châtain hausse les épaules. Ça ne devait pas être très grave, et avec un peu de chance, ça passerait vite.
Alors qu'il comptait passer à autre chose, son portable sonna. Il fut étonné de voir que la personne qui essayait de le joindre n'était autre que Betty. Pourquoi ? C'était inhabituel quelle l'appelle, et elle était censé se reposer aujourd'hui.
Mathieu haussa un sourcil et décrocha.
« Oui, Betty ? … que, quoi ?! …. Calme toi s'il te plait, je ne comprend pas ce que tu me dis ! Voilà, respire et explique moi ! »
Le jeune homme n'avait pas la possibilité de placer une seule phrase, Betty ne lui laissait pas cette chance. De l'autre côté du téléphone, la voix de la jeune femme, paniquée et en pleur, la respiration saccadée, se faisait entendre. Elle parlait très vite, oubliant des mots au passage, et peinait à se faire comprendre.
Mais qu'avait-elle, bon sang ?!
Antoine de son côté, était au commission. Il arpentait les allées du supermarché en poussant son cadi, une liste de course à la main. Théo était parti seul de son côté, de l'autre côté de la rue dans une librairie.
Alors qu'il était dans le rayon des produits laitiers à la recherche de yaourt au chocolat pour les petits, quelqu'un l'interpella.
« Hey, Antoine ! »
Le concerné, surprit et intrigué, se tourna vers la voix féminine qui l'appelait.
C'était une jeune femme élancée, aux yeux bruns noisette, aux lèvres pulpeuses et au longs cheveux blonds ondulés qui lui arrivait juste en dessous des épaules.
Cécilia.
Elle était accompagnée par une autre jeune fille aux yeux verts. Ses cheveux étaient colorés de bleu foncé, de bleu clair, de violet et de gris attachés en chignon. Ses lèvres roses ressortaient étrangement bien sur son teint mate.
« Antoine ! Je suis contente de te revoir ! » s'exclama Cécilia, un grand sourire aux lèvres.
Le grand chevelu lui offrit un sourire amicale.
« Moi aussi, ça faisait longtemps ! »
Effectivement, ça faisait longtemps qu'il n'avait plus vu son ex. Certes, c'était volontairement qu'ils avaient arrêté de se voir, mais aujourd'hui, Antoine savait qu'il n'avait plus rien à craindre. Il avait retenu la leçon, et plus jamais, jamais il ne tromperait Mathieu. De plus, l'homme aux cheveux fous avait bien sa petite idée sur l'identité de la jeune femme qui se trouvait près de Cécilia…
« Je te présente Noémie, ma petite amie ! » s'exclama cette dernière.
Elle se tourna ensuite vers la jeune fille aux cheveux coloré et continua :
« Noémie voici Antoine, mon ex ! »
Noémie lui offrit un sourire chaleureux.
« Enchanté !
-Moi aussi ! »
« Alors, qu'est ce que tu deviens ? Et comment vont Mathieu et les enfants ? » demanda Cécilia.
« Oh, ils vont super bien ! Les enfants ont beaucoup grandis ! Et moi écoute, je n'ai pas grand-chose à dire sur ma situation, je continu le boulot, la même routine tout les jours, quoi ! Et toi ?
-Rien de vraiment spécial non plus, j'ai emménagé il y un an avec Noémie ! » déclara-t-elle en serrant la main de son amoureuse.
« Depuis combien de temps vous êtes ensemble ?
-Bientôt 6 ans ! »
L'homme aux cheveux fous sourit. Elles formaient un très beau couple, toutes les deux ! Et malgré son air timide, Noémie semblait être quelqu'un de vraiment bien.
Noémie donna un petit coup de coude à Cécilia avant de lui montrer l'heure sur son portable.
« On devrait peut être y aller, non ?
-Oh oui, tu as raison ! »
Cécilia se tourna vers Antoine, l'air désolé.
« Il va falloir qu'on te laisse, nous avons un rendez-vous !
-Ce n'est pas grave ne t'inquiète pas. J'ai été heureux de te revoir !
-Moi aussi, tu passeras le bonjour à Mathieu et à tes petits !
-Je n'y manquerais pas ! Et je vous inviterais une fois toutes les deux ! »
Les deux jeunes femmes s'en allèrent main dans la main après avoir fait la bise au grand chevelu. Ce dernier leur sourit une dernière fois et continua tranquillement ses courses.
Pendant ce temps, Louise, la tête dans les nuages, était affalée sur le lit dans la chambre d'Éloïse. Cette dernière, assise par terre et adossée contre le matelas, semblait très prise par son problème de maths.
« Tu sais, Lucas a recommencé à me parler…
-Hum…
-C'est bizarre, tu ne trouves pas ?
-Oui, oui… »
Louise haussa un sourcil, l'air sceptique, avant de lever la tête pour regarder son amie.
« Tu m'écoutes, au moins ? »
Éloïse sursauta légèrement, sortant de ses pensées avant de tourner son regard vers la jeune fille.
« Hein ? Quoi ?
-Ça t'intéresse au moins, ce que je te dis ?
-Oui, enfin je fais mes maths, là ! Je peux pas t'écouter parler et travailler en même temps !
-Mais si, tu sais faire aux moins dix choses en même temps ! »
Éloïse roula des yeux en poussant un soupire amusé.
« Oui bon, je t'écoute. Tu disais quoi ?
-J'étais en train de te dire que Lucas avait recommencé à me parler !
-Ah bon ?
-Oui, il est super gentil avec moi, c'est suspect… » soupira Louise.
Son amie haussa les épaules.
« Peut être qu'il essaye de te récupérer. Tu sortirais de nouveau avec lui ? »
Louise grimaça de dégoût en pensant à cette éventualité.
« Jamais de la vie. Je me demande comment j'ai pu aimer quelqu'un comme lui…
-Tu as bien raison ! De toute façon, jamais je ne t'aurais laissé retourner avec lui ! » s'exclama Éloïse.
Les deux jeunes filles lâchèrent un petit rire.
« En tout cas, moi ça m'inquiète.
-Mais non, tu te fais du souci pour rien.
-J'espère que tu dis vrai … » murmura Louise, les yeux dans les vagues, perdu dans ses pensées.
Théo venait de sortir de la librairie, avec deux livres en main. Il avait dépensé tout son argent de poche de la semaine, mais ça lui importait peu. Les deux ouvrages dont il venait de faire l'acquisition était "la maison des morts" et "la peau du loup garou".
Il s'arrêta quelques instants pour ranger les bouquin dans son sac à dos, avant de regarder des deux côtés de la route, souhaitant traverser pour rejoindre le supermarché ou devait l'attendre son père quand des cris et des exclamations de peur se firent entendre.
Théo se retourna vers l'agitation pour y lancer un regard intrigué.
Au bout de la rue, derrière la boulangerie, deux garçon, un blond et un roux, intimidaient une fille. En se rapprochant légèrement, le garçon se rendit compte qu'il connaissait ces enfants : ils étaient dans son collège. Il ne se souvenait pas de leurs noms, et pour l'instant, ça lui importait peu.
« Rends moi mon sac ! C'est pas drôle ! » s'exclama la jeune fille, les larmes aux yeux.
« Et si j'ai pas envie ? » répondit le garçon blond.
Des ricanements idiots se firent entendre alors que le garçon roux ouvrait le sac de la petite pour en observer le contenu. Évidement, il fut tout de suite attiré par le petit porte-monnaie en cuire noir qui était dissimulé dans une des poches du cartable.
« Ne touche pas à ça ! C'est mon argent de poche ! »
Inutile de préciser que les deux garçons n'écoutèrent pas la jeune fille.
Aucun adulte et aucun enfant dans la rue ne semblaient prêter attention à la scène. Ils semblaient tous sourds aux appels désespérés et aux appels aux secours de la petite.
Théo s'apprêtait à partir en lançant un dernier regard désolé à l'incident qui se déroulait sous ses yeux, mais quelque chose l'en empêcha. Il ne savait pas quoi, mais il ne pouvait tout simplement pas se résoudre à ne pas intervenir.
Il soupira et se retourna, mettant sa peur de côté en se dirigeant vers la baston.
Un peu de courage, qu'il fasse au moins un truc d'héroïque une fois dans sa vie ! Et puis, qu'est ce qui pouvait lui arriver ?
« E-eh ! L-laissez la tranquille ! » béguéllia-t-il en arrivant à la hauteur des enfants.
Les deux garçons et la jeune fille se tournèrent vers lui d'un même mouvement.
« De quoi tu te mêles ? » demanda le rouquin.
Évidement, dans sa tête, les deux garçons partiraient tout de suite. Ce n'était visiblement pas ce qui allait se passer…
Les deux garçons lâchèrent le sac de la jeune fille, et cessèrent de lui porter de l'attention pour s'approcher de Théo.
« Tu vas voir ce qu'on leur fait au petit con comme toi… »
Les deux garçons n'étaient pas vraiment plus grands ou plus forts que lui, mais ils dégageaient beaucoup plus d'assurance. Et puis, Théo ne s'était jamais battu…
Le roux le saisit par le t-shirt, tandis que le bond préparait son poing. Le petit se tortillait, essayant vainement de se défaire de l'emprise du garçon qui le tenait fermement.
Le poing du blondinet partit, et s'écrasa sur la joue de Théo.
Ce dernier tomba à terre sans vraiment se rendre compte que le rouquin venait de le lâcher. Ses oreilles sifflaient, et il n'entendait plus le monde autours.
Mais qu'était-il en train de faire ? Il ne voulais pas se battre, il n'aimait pas la violence…
Toute cette haine au fond de lui et cette douleur qui lui brûlait la joue lui rappelaient les terribles moments qu'il avait vécu, seul dans le bureau de M. Jauriet.
Il secoua légèrement la tête, reprenant rapidement ses esprits avant de regarder les deux garçons en face de lui. Ces derniers ricanaient, s'apprêtant à le frapper de nouveau. Théo ferma les yeux, priant pour que son père vienne l'aider, et se prépara à recevoir les coups, qui pourtant n'arrivèrent jamais.
Il rouvrit les yeux, et fut étonné de voir que le blondinet était à terre, en train de se débattre contre la jeune fille, qui semblait avoir repris son assurance et était en train de le frapper avec son sac. Au loin, l'on voyait le rouquin partir au courant.
« Mais elle est tarée cette meuf ! » s'exclama le garçon avant de se relever pour prendre ses jambes à son cou.
Théo les regarda partir, ébahi, avant de se tourner vers sa sauveuse. Cette dernière lui sourit et lui tendit la main pour l'aider à se relever.
« Merci de m'avoir aidé ! Ils ne t'ont pas fait mal ? »
Évidement ils lui avaient fait mal, mais Théo sentit un élan de fierté l'envahir, et il fut tout simplement incapable de le lui avouer.
« Non, ne t'inquiète pas. Et toi ?
-Non, heureusement tu es arrivé à temps ! »
Elle lui offrit un sourire radieux, et Théo se surprit à la trouver très belle. Elle avait de beaux cheveux noir qui bouclait dans tout les sens et lui tombaient un peu en dessous des épaule, et des yeux d'un brun très sombre mais éclatant. Ses jours au teint pâle étaient ornée de magnifique tâches de rousseur. Elle faisait à peu près sa taille -environ 1m50- et avait quelques rondeurs, qui ne faisaient que sublimer encore plus sa silhouette
La jeune fille prit un air sérieux et contempla le jeune garçon quelques instants.
« J'ai l'impression de déjà t'avoir vu… Mais oui ! Tu es dans le même collège que moi ! Comment tu t'appelles déjà… Timéo ? »
Le jeune garçon aux cheveux châtain lâcha un petit rire avant de rectifier :
« Non, Théo ! »
La jeune fille lâcha à son tours un petit rire, tout en remettant une mèche de ses cheveux en place.
« Excuse moi, j'avais oublié. Il faut dire que je ne te vois pas souvent...
-C'est pas grave, et pour être honnête même si je te connais de vue, je ne sais quand même pas ton prénom…
-En même temps, je suis assez discrète… Je m'appelle Marlène ! »
Théo lui offrit un sourire chaleureux. Il aimait bien ce prénom. C'était une sensation nouvelle pour lui, de parler comme ça à quelqu'un de son âge sans être moqué ou avoir peur.
Il jeta un coup d'œil à sa montre accrochée à son poignet avant de prendre un regard désolé.
« Excuse moi, mais je dois y aller, mon père m'attend.
-Il n'y a pas de problème ! » déclara Marlène, tout sourire, en lui faisant un signe de la main alors qu'il s'éloignait.
Il était à présent 15h00. Mathieu venait de garer sa voiture devant l'immeuble de Betty. Il avait mit du temps à arriver, à cause des bouchons et autres problèmes de circulation, et s'inquiétait beaucoup pour la jeune femme.
Il ne savait toujours pas concrètement ce qu'elle avait, il savait juste que c'était grave et que ça concernait un bébé. D'après ce qu'il avait comprit, elle était enceinte.
Mais pourquoi cette réaction ? Elle aimait les enfants, non ?
Il soupira et monta les marches de l'immeuble quatre par quatre avant d'appuyer sur la sonnette. Il entendit des pas et des sanglots étouffés, puis la porte d'entrée s'ouvrit, laissant apparaître le visage de Betty, déformé par la peur et les yeux rougis par les larmes.
« Betty, qu'est ce qu'il se passe ?! » demanda-t-il en entrant rapidement dans la maison avant de refermer la porte derrière lui.
« J-Je… Ç-ça c'est p-passé v-vraiment t-très vite, et-et j-j'ai pas su q-quoi f-faire, et… et j-j'ai p-peur… » s'exclama la jeune femme, terrifié, en bougeant les mains dans tout les sens.
Elle tremblait et semblait épuisée aussi bien physiquement que psychologiquement. Mathieu la prit doucement par les épaule, l'air inquiet.
« Betty, calme toi et explique moi. Je ne comprend pas. »
La jeune femme, les yeux vitreux murmura :
« J-je… j-j'ai accouché…
-Quoi ? Tu es enceinte ?
-N-non, j-j'ai accouché ! »
Le petit châtain n'eut pas le temps de réfléchir à ce qu'elle venait de dire, des pleurs aigus résonnèrent dans l'appartement.
Immédiatement, il se rendit dans la chambre de Betty, où allongé sur le lit se trouvait un bébé. Il était tout petit, encore tout rose et tout fripé, et semblait avoir été déposé là dans la panique, sans que personne ne souhaite l'approcher. Il avait néanmoins était enveloppé dans une couverture avec beaucoup d'amour…
La Baby-sitter arriva lentement derrière Mathieu, toujours aussi tremblante. La pauvre, il était évident qu'elle venait de subir un déni de grossesse. Elle devait être sous le choque, ne savait pas quoi faire.
« Betty, comment tu te sens ?! » demanda le petit châtain en la forçant à s'assoir sur le lit.
« J-je… c'est de ma faute… » murmura-t-elle, les yeux dans le vide, comme prise de folie.
« Mais non ! Ne dis pas de conneries ! Tu as appelé les pompiers ?!
-Mon bébé va mourir… c'est à cause de moi … »
Plus qu'inquiet, le petit châtain posa sa main sur son front. La pauvre, elle délirait, de plus elle avait de la fièvre.
Il savait qu'un accouchement sans péridurale était douloureux, heureusement pour lui, son accouchement s'était bien passé. Mais si ce n'était pas le cas pour Betty ? De plus, un déni de grossesse…
Il prit l'enfant dans les bras et le serra contre lui avant de saisir le téléphone pour appeler les pompiers.
Après ça, il examina le bébé. Il semblait en bonne santé -ou du moins pour le peu qu'il y connaissait- et était très beau. C'était une belle petite fille.
Il alla doucement s'assoir près de la jeune femme, tenant toujours l'enfant dans ses bras avant de lui dire, doucement comme pour ne pas l'effrayer :
« Betty, tu n'as pas à t'en faire. Le bébé va bien. D'accord ? Je sais que ça n'a pas du être facile, mais tout va s'arranger. Ok ? »
La baby-sitter tourna la tête vers lui et l'observa attentivement, comme si elle cherchait à déceler la moindre de ses pensées. Elle semblait avoir comprit ce qu'il venait de dire. Elle baissa le regard, et observa l'enfant dans ses bras. Son enfant.
Elle n'avait pas voulu d'enfant, ou du moins pas maintenant. Certes, ça ne l'aurait pas dérangé d'en avoir, mais un enfant est une décision que l'on prend à deux. Hors, celui là n'avait pas été programmé.
Elle avait eu très mal au ventre la veille au soir, et ça c'était malheureusement empiré dans l'après-midi. En se rendant aux toilettes, elle avait réalisé, malheureusement trop tard, qu'elle était en train d'accoucher.
Et à présent, il était là, ce bébé. Prise de panique, de terribles crampes au ventre et au dos, et ne sachant pas quoi faire, elle avait appelé Mathieu. Elle se sentait mal, elle avait la tête qui tournait, mais avait malgré tout réussi à couvrir son enfant avant de sombrer dans la folie.
« C'est une fille. Tu veux la porter ? » questionna doucement le jeune homme à ses côtés, ne souhaitant pas la brusquer.
Elle avait hoché la tête avant de saisir maladroitement l'enfant pour la serrer doucement, voir timidement contre elle.
Qu'elle était belle. C'est vrai, à cet instant ce n'était rien d'autre qu'un tat de peau fripé, mais pour elle, c'était la plus belle chose sur terre.
Des larmes roulèrent le long de ses joues.
Elle s'en voulait tellement. Pendant neuf mois elle avait porté cet enfant, et elle n'avait rien vu ?! Pourquoi sont corps n'avait-il pas détecté la présence du bébé ? Pourquoi avait-elle continué à avoir ses règles ? Pourquoi n'avait-elle pas grossit ? Comment cela se faisait-il ?! Sa petite fille n'était même pas née quelle était déjà une mère lamentable. Il faut dire, elle avait continué de boire -heureusement elle ne buvait qu'en soirée-, à faire l'amour avec son conjoint, de la gym et encore plein d'autre chose en étant enceinte. Et si son bébé était mal formé, malade ou quoi que se soit à cause de tout ça ? Jamais elle ne se le pardonnerait.
Elle serra la petite contre elle en laissant échapper ses pleures. Elle caressa doucement le dos de la petite chose dans ses bras.
Elle se promit que plus jamais elle ne négligerait son enfant.
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Voilà, c'était le chapitre 10, j'espère qu'il vous a plus !
On se retrouve la semaine prochaine pour le chapitre 11 !
Passez une bonne semaine, gros bisou !
Amour et licorne *-*
