Ils ne restent plus que deux chapitres à cette fic. Je pensais finir plus tôt mais finalement c'est plus long que ce que je pensais ! XD Et petit avertissement : il y a un lemon !
Les amants s'étaient promis de profiter au maximum du temps qu'il leur restait comme si leur histoire ne devait jamais finir. Mais le départ prochain de Nicolas empoisonna tout de même chacun de leur moment en leur donnant un goût amer.
Depuis qu'il avait pris conscience qu'il ne lui restait que trois semaines avec Shinya, Nicolas avait l'impression que le temps sadique avait accéléré son cours alors qu'avant, il portait tranquillement leur histoire d'amour comme le vent transporte une feuille d'arbre sans jamais la laisser retomber. A présent, il leur soufflait dans le dos avec violence en les poussant peu à peu vers la fin. Ils avaient beau essayer de résister, leurs pieds glissaient inexorablement vers le précipice qui les sépareraient.
Les Dir en Grey eux aussi étaient plutôt tristes du départ de Nicolas. Depuis cinq mois qu'il le connaissait et qu'il le voyait tous les jours, le jeune français était devenu un vrai ami pour eux sans compter, qu'ils lui en savaient gré d'avoir rendu Shinya aussi heureux. Kaoru, angoissé de ce que Shinya allait devenir lorsqu'il n'aurait plus Nicolas, se préparait à être là pour lui jour et nuit s'il le faudrait.
- Pas seulement toi ! objecta Die, un jour qu'ils étaient restés tous les quatre parce que Shinya s'était précipité hors du studio pour rejoindre Nicolas chez lui. On sera tous là. S'il pleure, il aura nos huit bras pour le soutenir. S'il déprime, on campera chez lui pour qu'il ne soit pas seul.
- C'est étrange, dit Toshiya d'un air pensif. Ce n'est pas la première fois que l'un de nous a une peine de cœur. Et pourtant jamais auparavant ce genre de chose avait eu une telle importance.
- C'est parce que Shinya et Nicolas ne sont pas un couple ordinaire ! dit Kyo que les bras de Kaoru enlaçaient par derrière. Ils sont faits l'un pour l'autre, leur histoire est magnifique et faite pour durer ! Je suis sûr que même s'ils cassent, Shinya continuera de l'aimer longtemps.
- Il faudrait qu'on fasse un pot de départ pour Nico, proposa Die.
- J'y avais pensé, répondit Kaoru. Mais aussi je crois qu'on va relâcher les répèt jusqu'à son départ. Il ne reste plus que trois jours et Shinya voudrait sûrement passer le maximum de temps avec Nicolas.
Tout le monde accepta l'idée avec enthousiasme et Kaoru appela aussitôt Shinya pour lui dire qu'il avait quartier libre.
Le batteur était au même moment dans une échoppe de nouilles avec Nicolas. Ils essayaient autant que possible de passer une soirée détendue parce qu'ils avaient l'impression de manquer d'air à chaque fois qu'ils pensaient trop à la séparation. Oublier c'était leur ultime tentative d'avoir encore un peu prise sur le temps.
Nicolas avait eu un véritable coup de foudre pour les nouilles aux algues et le cuistot, qui commençait à bien le connaître puisque les deux amants venaient souvent, était toujours content de voir un étranger aussi enthousiaste sur sa cuisine. Shinya, qui mangeait vite, avait déjà fini et observait son amant s'escrimer avec les baguettes en souriant :
- Tu as fait des progrès Nico. Tu arrives à les enrouler sans en perdre la moitié sur le trajet entre le bol et ta bouche !
Nicolas, qui avait la bouche pleine, lui adressa une grimace enfantine. A ce moment-là, Shinya reçut l'appel de Kaoru. Lorsqu'il raccrocha, il annonça à son amant d'un air mélancolique :
- Je n'ai plus de répétitions. Kaoru me laisse carte blanche.
Ne pas dire que c'est pour me laisser plus de temps avec toi. Parce que tu seras bientôt…
Nicolas posa sa main sur la sienne avec un petit sourire triste :
- Faudra que je le remercie…
Shinya serra ses doigts entre les siens en sentant soudain ses entrailles se tordre.
Ne pas penser, ne surtout pas penser qu'il ne reste plus que…
- Dis Shinya, on pourrait aller à Ningyôcho ? Je voudrais acheter une poupée japonaise.
Ne pas préciser que c'est pour ma petite sœur. Petite sœur, ça veut dire retour. Retour veut dire : loin de Shinya.
Ils se rendirent donc dans ce quartier des poupées, en pleine effervescence à l'approche de la fête des garçons. Nicolas acheta une poupée parée d'un superbe kimono qui allait sûrement écraser par sa beauté les vieilles Barbies d'Elodie.
Ensuite promenade main dans la main dans ce parc dont les chemins devaient avoir gardé leurs traces de pas tellement ils y étaient venus souvent. Parler, s'embrasser, se toucher mais surtout ne pas penser… Mais c'était plus facile à dire qu'à faire surtout quand on entendait pleurer son propre cœur. Couché sur la pelouse aux côtés de son amant, Shinya tourna la tête pour le regarder et tomba directement sur ses yeux grands ouverts dont l'expression désespérée le perça jusqu'à l'âme. On aurait dit que Nicolas criait par les yeux ce qu'il ne voulait pas crier par la voix. La résistance de Shinya céda sous la pression du chagrin. Agrippant Nicolas par le t-shirt, il se mit à pleurer sans pouvoir rien faire pour s'arrêter. Il avait honte…honte de montrer son chagrin alors que Nicolas faisait son possible pour cacher le sien. Que lui avait-il fait à lui qu'on surnommait la Reine des Glaces, lui qui semblait toujours ne rien ressentir autrefois ? Voilà qu'il pleurait à chaudes larmes, le cœur déchiré par un chagrin comme il n'en avait jamais connu. Nicolas avait fait fondre sa carapace mais ce qu'il y avait en-dessous n'était pas assez fort pour rester sans défense. Shinya devinait que plus jamais, il ne serait capable de redevenir froid comme avant.
Nicolas le serra contre lui et le laissa pleurer tout son saoûl. Lui aussi avait le visage mouillé de larmes mais fidèle à ce qu'il s'était promis, il ne voulut rester fort.
- Mon amour…mon amour…murmura-t-il en embrassant ses cheveux.
Il ne trouvait rien d'autre à lui dire car ils avaient déjà retourné la question des dizaines de fois en tombant toujours sur la même impasse injuste : ils allaient être séparés, probablement pour toujours.
Au prix d'un violent effort sur lui-même, Shinya ravala ses larmes puis brusquement se leva en tirant Nicolas par la main :
- Viens allons chez moi. Je ne veux plus passer une minute sans toi jusqu'à ce que tu partes.
Nicolas, qui ne demandait pas mieux, le suivit. Ils rentrèrent avec la voiture de Shinya et s'enfermèrent dans son appartement avec l'intention de n'en plus sortir avant la fin.
- Mais qu'est-ce qu'ils font ?! s'inquièta Kyo qui essayait pour la vingtième fois de joindre Shinya et Nicolas sur leurs portable respectifs.
Il n'avait pas la moindre nouvelle d'eux depuis presque quarante-huit heures et il commençait à s'imaginer pas mal de choses alarmantes.
- Toujours aucune réponse ? demanda Kaoru qui entra dans le salon, torse nu en s'épongeant les cheveux.
- Non rien, dit Kyo en tripotant nerveusement son portable. Kao, tu crois qu'ils auraient pu faire…un truc grave ?
Le leader fronça les sourcils :
- Que vas-tu imaginer Kyo ? Ce n'est absolument pas le genre de Shinya, ni même celui de Nicolas. Moi aussi je m'inquiète mais je suis persuadé qu'ils sont sains et saufs. Je pense qu'ils sont peut-être partis quelque part pour profiter de leurs derniers moments ensemble.
- Sans rien nous dire ? Ils exagèrent, on est là nous !
Kaoru sourit tendrement et vint le serrer contre lui :
- L'amour rend égoïste non ? Nous sommes bien placés pour le savoir.
Kyo soupira et colla son nez contre le torse de son amant qui sentait bon le gel douche.
- J'ai mal pour eux tu sais ? Parce que je me mets à leur place. J'imagine ce que je ressentirais si toi aussi tu devais partir.
Kaoru plongea les doigts dans les mèches blondes de Kyo et lui massa la tête en chuchotant :
- Ca ne risque pas d'arriver.
Kyo releva la tête en souriant. Il saisit la serviette que Kaoru portait autour du cou et s'en servit pour l'attirer vers le lit avec un regard qui en disait long. Kaoru le prit dans ses bras et coucha délicatement sur les draps ce petit bout d'homme qu'il aimait chaque jour un peu plus. Le désir au creux des reins, il passa les mains sous le t-shirt de Kyo pour le caresser. Sa peau était chaude et il percevait parfaitement le relief de ses abdos sous ses doigts. Il se mit à quatre pattes au-dessus de lui, ses yeux accrochés aux siens pendant un long moment. Kyo, qui frémissait sous ses doigts, leva le visage vers le sien en une invitation pressante. Kaoru se pencha et prit ses lèvres offertes dans un baiser rempli de passion. Kyo soupira de plaisir lorsque leurs langues se rencontrèrent. Kaoru saisit son t-shirt et Kyo, impatient, se cambra pour l'aider à le lui enlever. Le guitariste passa les bras dans le dos de Kyo et pressa leurs peaux nues l'une contre l'autre. Il adorait la sensation d'unité que ce geste lui procurait. Il allait une fois de plus prouver à Kyo qu'il n'allait jamais, jamais l'abandonner.
Il faisait sombre dans la chambre. Les volets n'avaient pas été ouverts depuis un moment et il faisait chaud. Sur le lit, deux corps nus et alanguis. Nicolas et Shinya s'étaient coupés de tout. Ils avaient éteint leurs portables, débranché le fixe pour que rien ne puisse les atteindre dans la bulle parallèle et fragile où ils s'étaient réfugiés. Depuis qu'ils étaient là, ils n'avaient fait que s'aimer au point d'en oublier le boire et le manger. Dormir, parler, s'embrasser, se caresser, faire l'amour et dormir encore…Ils auraient continué pour l'éternité s'ils avaient pu :
- Tu crois que ce serait ça si on allait au Paradis ? demanda Nicolas d'une voix qui sonna étrangement dans le silence obscur de la chambre.
- Mais tu m'as dit que tu n'étais pas croyant.
- Oui mais…supposons que ça existe. J'aimerais que ce soit comme ça.
- Moi aussi.
Le silence retombe mais il n'y a pas la moindre gêne. Chacun écoute la respiration de l'autre en fermant les yeux comme s'il entendait la mer.
- Nico…je voudrais que tu me fasses l'amour.
Nicolas tourne la tête vers son amant :
- Tu en es sûr ? Je croyais que tu avais peur de le faire dans l'autre sens.
- C'est plus pareil…je veux t'avoir en moi. Je veux être marqué de toi. Si ça peut me faire mal tant mieux, je n'en ressentirai que davantage ta présence.
- Mais moi je ne veux pas te blesser. Je veux que tu aimes ça.
- Je vais aimer ça puisque c'est toi.
Shinya tend un bras vers lui. Dans l'ombre, Nicolas devine juste les formes de son corps blanc mais c'est encore plus magique lorsqu'on est dans le flou artistique. Il prend la main que Shinya lui donne et y pose un baiser avant de se rapprocher. Shinya écarte les jambes pour qu'il s'installe entre elles. Nicolas se penche sur le creux de son cou :
- Je vais te laisser une marque de moi…
Aussitôt, il commence à embrasser, lécher et mordiller la peau sensible du batteur qui émet un petit rire, puis un petit cri de douleur et s'agite sous les frémissements que la bouche de Nicolas lui envoie dans tout le corps. Nicolas le sent qui s'érige contre son ventre. Lui aussi commence à durcir et soudain, les doigts de Shinya descendent sur ses flancs et s'enroulent autour de son sexe. Il lâche un gémissement dans le cou de son amant qui murmure d'une voix haletante :
- Je veux que tu me prennes…, avant de masturber avec application le membre convoité qui réagit sous les caresses.
- Hmmmmm ! Shinya !
Sous l'effet du plaisir, Nicolas mordille un peu trop fort le cou de Shinya. Contre sa langue, il sent une minuscule perle de sang et la lèche doucement pour se faire pardonner. Les cuisses de Shinya lui frôlent les reins et tout son corps exhale un parfum particulier et proprement affolant comme à chaque fois qu'ils font l'amour. Shinya accélère le mouvement de sa main mais Nicolas se crispe violemment :
- Aaaaaah arrête sinon je vais…. !
- Viens en moi dépêche-toi !
Nicolas trouve assez de force pour résister au désir qu'il a de le prendre immédiatement et sans préparation. Il introduit rapidement un doigt dans l'intimité de Shinya et l'entend pousser un gémissement de plaisir. Il est chaud et étroit, promesse des délices à venir. Il introduit un second doigt et le sent qui remue :
- Je te fais mal ?
- Pas trop…répond son amant d'une voix tendue. Vas plus profond…
Nicolas bouge ses doigts d'abord lentement puis plus rapidement au fur et à mesure que le corps de Shinya s'adapte à l'intrusion. Il peut aller de plus en plus loin et lorsqu'il entend Shinya pousser de longs gémissements, il sait qu'il a trouvé le bon geste. Il poursuit plusieurs minutes, histoire de le rendre fou d'envie, fou d'impatience. A l'intérieur, c'est brûlant et palpitant. Shinya se cambre, gémit, s'agite, halète. On entend le froissement des draps et des oreillers auxquels il s'agrippe.
- Nicolas…je t'en supplie viens !
Pas la peine d'attendre davantage. Nicolas retire ses doigts mais dés qu'il est sorti, Shinya se retourne sur le ventre :
- Je veux essayer ça…
- D'accord. Relève tes fesses…
Shinya s'exécute en tremblant d'anticipation. Nicolas place deux gros coussins sous ses hanches pour le maintenir dans une position relativement confortable. Puis il lui écarte les jambes et vient placer son sexe contre son entrée tandis qu'il se penche sur sa nuque pour l'embrasser. Il sent Shinya qui frémit à chaque contact. Lui non plus n'en peux plus d'attendre. Il prend son amant par les hanches et pousse…
- Aaaaaaaah !!
Ils ont crié tous les deux. De plaisir. Nicolas a la tête qui tourne lorsqu'il se sent emprisonné dans cet étau de chair serré et brûlant. C'est la sensation la plus intense qu'il ait jamais ressentie. Il se couche sur Shinya, son corps épousant parfaitement le sien. Leurs visages sont tout prêts l'un de l'autre, Nicolas peut l'embrasser sur la tempe pour le rassurer. Mais Shinya ne semble ni effrayé ni souffrant. Au contraire, il remue le bassin comme s'il cherchait encore plus de ressenti. Alors Nicolas lui prend la main tandis que l'autre lui maintient les hanches et il commence à sortir, entrer, sortir, entrer. D'abord lentement. Puis plus vite quand les gémissements de Shinya deviennent des cris. C'est plus que bon, c'est à en perdre la raison. Les coups de butoirs deviennent si violents que le lit grince et cogne contre le mur. Shinya noyé dans ses cheveux, mord les draps à pleines dents pour s'empêcher de hurler. Bientôt, la chaleur est telle qu'ils sont en sueur. Nicolas amplifie ses mouvements, sortant presque entièrement pour replonger le plus loin possible là où il sait que se trouve le secret de l'orgasme. Sous lui, Shinya se convulse et déchire un bout de draps.
- Crie, ne te retiens pas…
- Ni…co…las…
La main du jeune brun glisse sur l'érection dressée de Shinya…
- AAAAAAAAAH !!!
Il se libère à longs jets dans la main de Nicolas. Ce dernier maintient fermement son corps qui se relâche et effectue d'ultimes va-et-vient qui lui font le rejoindre au septième ciel. Epuisé, pris de vertige, il se retire, pousse hors du lit les coussins qui sont sous Shinya et retombe, à demi allongé sur son dos et les bras passés autour de sa taille. Tous les deux sont hors d'haleine et tremblants. Ils s'endorment.
