Auteur: Dreamfall.
Traductrice: Nyx.
Disclamer: Tout appartient à JKR et à Dreamfall. Je rappelle que c'est une traduction.
ATTENTION ! Cette histoire est assez dure. Elle contient plusieurs sortes d'abus. Harry a une mentalité d'elfe de maison. Je n'exagère pas. Les chapitres sont durs et dérangeants. Toutes les âmes sensibles sont priées de quitter cette page.
Notes: La chanson du Choixpeau appartient aussi à Dreamfall, je l'ai traduit comme j'ai pu... "
Bonne lecture!

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Chapitre Dix
L'arrivée des élèves

Harry s'assit en silence à sa place, entre le directeur et la chaise vide du professeur McGonagall, et essaya de cacher sa nervosité grandissante. Les discussions étaient moins nombreuses que d'habitude autour de la table, l'attente pesant sur tout le personnel. Le directeur rayonnait de joie, le professeur Flitwick se tortillait presque d'impatience sur son siège, le professeur Snape jetait un regard noir aux portes de la Grande Salle, et les autres enseignants exprimaient tous leur enthousiasme et anxiété d'une manière ou d'une autre.

Les grandes portes en bois s'ouvrirent, et Harry écarquilla les yeux lorsque les élèves commencèrent à entrer dans un flot qui ne sembla jamais s'arrêter. De plus en plus d'enfants arrivèrent, bavardant et riant tandis qu'ils inondaient l'énorme salle, et ils se séparèrent, chacun allant choisir une place à l'une des quatre tables. Harry n'avait jamais pu imaginer la pièce remplie, et vague après vague les étudiants s'engouffraient incessamment dans la salle, et il pouvait à peine comprendre le nombre qu'ils étaient. Certains d'entre eux levèrent la tête vers la table des professeurs pour sourire ou saluer un adulte, mais une fois que leurs regards tombaient sur Harry ils se mettaient à le fixer, à donner un coup de coude à leurs amis, et le pointer du doigt. Il déglutit pour faire passer la boule dans sa gorge et voulut disparaître. Puis réprima les excuses qui passèrent presque ses lèvres lorsqu'il réalisa avoir souhaité faire quelque chose d'aussi magique.

Une main toucha légèrement son épaule, et il se tourna rapidement vers le directeur, se mordant la langue pour taire d'autres excuses lorsqu'il vit son sourire pétillant.

"N'oublie pas de respirer," lui chuchota le directeur, en bougeant à peine les lèvres.

"Oui, monsieur," acquiesça-t-il, en inspirant et expirant consciencieusement.

Le directeur lui fit un clin d'oeil, et il dirigea son attention sur le flot d'élèves arrivant.

Finalement, le déluge d'enfants s'arrêta, et il restait pourtant des sièges vides au niveau des quatre tables. Puis la porte s'ouvrit à nouveau, et le professeur McGonagall, un tabouret à trois pieds dans une main et le Choixpeau magique dans l'autre, conduisit une longue file d'élèves plus jeunes à travers la salle. Elle signala fermement aux enfants de rester où ils étaient, avança de quelques pas, puis posa le tabouret à terre et le Choixpeau au-dessus. En essayant de ne pas fixer le chapeau, les yeux d'Harry parcoururent la pièce et il vit que chacun fixait le vieil objet, la plupart avec impatience, bien que certains, au bout de la rangée d'élèves toujours débout, près des portes, semblaient plus confus qu'impatients. Ceux-là ne furent que plus étonnés lorsque le chapeau frissonna légèrement, puis ouvrit la déchirure qui lui servait de bouche, et se mit à parler -- ou, plutôt, chanter.

Une année est passée,
Une autre est arrivée.
Tout change, comme il se doit,
Mais les moeurs passées sont toujours là.
Et donc, un chapeau vous montrera
Quelle maison vous accueillera
Quels amis seront les plus chers
Et quels aspects se cachent dans vos gestes.

Si la loyauté et la diligence
Sont plus pour vous que même la chance
Si l'ouvrage est ce à quoi vous aspirez
Et qu'un simple don ne sera jamais assez
Alors Poufsouffle sûrement sera
Là où on vous ouvrira les bras!

Si vous préférez contourner votre labeur
Par un esprit vif et astucieux
S'attaquer de front à une affaire
Ou s'approcher habilement de par derrière
Alors ne cherchez plus autre part,
Car votre place est parmi les futés Serpentards!

Ou peut-être était-ce mieux
De confronter toute chose à visage découvert
Se précipiter au péril pernicieux
Et risquer tout pour un honneur amer
Si tel est le cas, la maison parfaite pour vous
Sera Griffondor sans aucun doute!

Si raison et sagesse ont enchaîné
Votre coeur en une étreinte aimée
Que les rêves du savoir vous attirent
Et que seul le génie sera votre avenir
Alors Serdaigle vous tend les bras
Et soyez digne d'être là-bas!

Et bien avancez, et revêtez-moi
Je choisis toujours au mieux
Quelle maison vous conviendra.
Mais ce n'est point un test!
Ne craignez rien, laissez-moi voir,
Et c'est moi qui fera le reste!

Harry sursauta discrètement lorsque tout le monde dans la Grande Salle se mit à frapper des mains et à crier à la fin de la chanson, son regard cherchant ce qui pouvait bien se passer, jusqu'à ce qu'il comprenne qu'ils étaient en train d'ovationner le chapeau– ils montraient leur enthousiasme tout comme l'Oncle Vernon et Dudley le faisaient quand leur équipe favorite marquait un but au football. Cela lui sembla vraiment bizarre qu'ils fassent ça maintenant. Le Choixpeau inclina sa pointe en direction des quatre tables, puis redevint immobile, patientant, et le bruit se tut peu à peu.

Le professeur McGonagall se mit à coté du tabouret, un long rouleau de parchemin dans une main, et regarda sévèrement les nouveaux élèves. "Quand j'appellerai votre nom, vous mettrez le chapeau sur votre tête et vous vous assiérez ici pour qu'il vous répartisse," dit-elle. Elle déroula son parchemin, se racla la gorge, et dit haut et fort, "Arlington, Edward."

Un autre frisson refroidit les épaules d'Harry quand un grand garçon aux cheveux noirs et aux yeux gris s'avança nerveusement, prit le chapeau, se percha sur le tabouret face aux enseignants, et le posa sur sa tête, posant ses mains sur ses cuisses lorsque le chapeau lui tomba devant les yeux. Après un moment, le Choixpeau cria, "Serdaigle!"

La garçon enleva le chapeau tandis que la table sous la bannière bleue et bronze avec un aigle représenté explosa d'applaudissements, et l'incertitude du garçon fit place à de la joie lorsqu'il sauta du tabouret pour rejoindre les élèves bruyants, visiblement rassuré d'avoir un tel accueil. Harry trembla, et il s'obligea à se calmer quand ses mains se resserrèrent d'elles-même.

"Ne t'inquiète pas, Harry."

Il leva les yeux vers le directeur, surpris par le réconfort qu'il lui accordait, et vit un grand sourire étirer les lèvres de l'homme.

"L'année prochaine, ce sera toi là-bas, et leur hospitalité ne sera que plus intense, puisqu'ils te connaîtront déjà."

Harry déglutit difficilement, son estomac se retournant en imaginant la scène horrible. "Oui, monsieur," accepta-t-il, en tentant au moins de faire disparaître l'horreur de sa voix, puisqu'il se savait incapable de simuler de l'enthousiasme.

Il reçut un autre sourire pétillant, et le directeur reporta son attention sur la répartition en cours. Harry observa la scène alors que les élèves étaient divisés, chacun allant à une des quatre tables où ils étaient accueillis avec des acclamations, d'occasionnelles poignée de mains ou des tapes dans le dos. La plupart des enfants fut réparti rapidement, quelques secondes après que le Choixpeau ait touché leur tête. Le plus long fut d'une minute ou presque, bien que cela fut suffisant pour distraire l'attention des autres étudiants, qui se mirent à remuer sur leur siège. Et, le plus souvent, ils se reportaient sur lui, les pauses les plus longues du chapeau ponctuées par des chuchotements entre les élèves, leurs regards fixés sur Harry jusqu'à ce que le Choixpeau crie le nom d'une maison et ne réclame à nouveau leur attention.

Enfin, la parade des étudiants prit fin, les sièges finalement tous occupés, puis le tabouret et le Choixpeau furent emmené hors de la salle. Le professeur McGonagall prit place à coté d'Harry et le directeur se mit debout et leva une main pour réclamer le silence qu'il obtint rapidement. "Je sais que vous êtes tous impatient de commencer votre repas, alors je resterai bref et partagerai juste quelques mots avec vous avant le dîner: Machin! Adipeux! Myriade! Et onde!

"Je vous remercie!" Il se rassit, et une fois encore la salle explosa d'applaudissements.

Harry observa anxieusement les élèves acclamer et rire. Il était perturbé par la joie surprise qu'affichaient les plus jeunes après avoir remarqué que les tables n'étaient plus désertes de vaisselle mais étaient, à la place, couvertes de plats et de mets divers. Harry se servit à contrecoeur, et commença à manger, en essayant de ne pas sentir le goût de la nourriture car il savait qu'il ne devrait pas être capable de la manger. Il se nourrit tout de même, avant qu'un des professeurs n'ait le temps de poser un regard inquiet sur lui, ou que le professeur Dumbledore n'empile plus d'aliments dans son assiette pour l'encourager à manger plus. Il étudia les étudiants en contrebas avec une appréhension fascinée, sans jamais en regarder un directement, mais les observant malgré tout parler, rire, se donner des coups de coude et se voler de la nourriture les uns aux autres. Certains l'observaient, eux aussi, mais il faisait attention à ne pas poser les yeux sur ceux-là, soucieux de croiser leur regard.

Le dîner était interminable, s'éternisant comme jamais, et il lui semblait qu'il n'y avait pas une seule seconde où il n'était pas observé par une ou deux personnes. Harry trouva cela très oppressant et éreintant, et il dut se forcer à manger sans rien laisser paraître jusqu'à ce que son assiette soit vide et que le directeur ne lui lance plus de regards significatif l'encourageant à se resservir. Finalement, les bruits des couverts contre la porcelaine et des verres qu'on repose sur les tables s'effacèrent peu à peu tandis que tout le monde finissait son repas. Ces mêmes bruits reprirent de plus belle lorsque les plats principaux disparurent pour faire place à toutes sortes de desserts. Enfin, quand ceux-là, à leur tour, furent dévorés, le directeur se leva à nouveau.

"Bien, à présent, en espérant que vous m'entendez par dessus les gargouillements de vos estomacs, j'aurais encore quelques mots à vous dire en ce qui concerne le règlement intérieur de l'école.

"Les premières années doivent savoir qu'il est interdit à tout élève sans exception de pénétrer dans la forêt entourant le château. Je crois que certains de nos étudiants feraient bien de se le rappeler," ajouta-t-il avec un petit rire, les yeux parcourant la pièce pour s'arrêter sur trois ou quatre personnes ou groupes d'élèves.

"Comme chaque année, il est interdit de pratiquer la magie en dehors des cours dans les couloirs.

"Les essais pour le Quidditch auront lieu lors de la deuxième semaine du trimestre. Quiconque désireux de jouer pour sa maison devra s'adresser à Madame Bibine ainsi qu'à son capitaine d'équipe. Si vous ignorez qui est votre capitaine, je suis sûr que qui que ce soit dans votre maison saura vous renseigner." Un rire discret traversa la salle, et Harry observa tout autour de lui, cherchant ce qu'il y avait d'amusant.

"J'aimerai vous présenter le professeur de Défense contre les Forces du Mal de cette année, le professeur Mungrove." Il y eut des applaudissements éparpillés dans la pièce, et l'enseignante salua d'un signe de tête, semblant vouloir être n'importe où plutôt qu'ici.

"Une dernière chose, mais non moins importante, certains d'entre vous ont peut-être remarqué mon jeune invité ici présent," ajouta le directeur, en faisant un geste de la main vers Harry. Ce dernier s'obligea à rester immobile et détendu sous tous leurs regards. "Voici Harry Potter."

Et toute l'attention qu'il recevait déjà s'accentua. "Potter?" entendit-il.

"Le Harry Potter?" demanda un autre élève.

Harry se sentit se recroqueviller sous le poids de leur regards, et il se força à arrêter, baissant les yeux sur la table, attendant la suite.

"Harry est trop jeune pour rejoindre les premières années, mais il a dû venir ici pour d'autres raisons. Il se joindra aux premières années pour certaines de leurs classes, et il aura d'autres cours à suivre par lui-même. Harry ne sera réparti dans une maison que l'année prochaine lorsqu'il sera officiellement reconnu comme étudiant, il ne dormira donc dans aucun des dortoirs, et il n'aura pas non plus de table assignée. Il pourra s'asseoir où il le voudra, avec vous ou à sa place, ici, à la table des enseignants. Soyez conscient qu'il ne possède pas encore de baguette magique, ainsi tout acte de magie à son encontre ne sera pas toléré." Il se tut pendant un long moment, ses yeux errant dans la pièce, son visage étrangement sérieux alors qu'il regardait un à un chaque élève.

Puis ses yeux se remirent à pétiller et il eut un grand sourire. "Aidez-le donc à se sentir chez lui. Vous pouvez aller dans sa chambre s'il vous y invite, bien que vous serez toujours priés de retourner dans vos dortoirs avant le couvre-feu. Bien, certains d'entre vous semblent un tantinet fatigués," ajouta-t-il, avec un sourire insipide en direction de deux élèves qui baillaient largement derrière leurs mains, "alors je vais vous libérer ! Bonne soirée à vous tous."

Suite à ça, ce fut le parfait chaos. Ou du moins, selon Harry. Quelques étudiants bondirent de leur banc et se précipitèrent dans les couloirs, tandis que d'autres se réunirent en petits groupes pour discuter. Certains se servirent une autre part de pudding, alors que les plus jeunes observaient le tout avec un air perdu et effrayé, du moins jusqu'à ce que quelques-uns des élèves les plus âgés de chaque table ne les rassemblent pour leur parler.

"Les préfets," expliqua le directeur à Harry lorsqu'il le vit examiner un de ces groupes. "Ils aident les nouveaux venus à s'installer dans leur maison – ils leur disent leur mot-de-passe, leur montrent les chemins les plus rapides pour atteindre leur dortoirs, et leur expliquent les règles et tout le reste. Tu peux les reconnaître grâce à leur badge," ajouta-t-il, en hochant la tête vers le préfet le plus proche, une Poufsouffle aux cheveux bruns et au sourire accueillant, et Harry remarqua qu'à la place du blason noir et jaune que les autres élèves portaient, le sien avait un grand 'P' superposé au-dessus du dessin. "Si jamais tu te perds ou que tu as des problèmes, peu importe lesquels, et que tu ne trouves pas d'enseignant, adresse-toi à un des préfets," lui dit le professeur Dumbledore. "Ils t'aideront ou iront chercher quelqu'un qui le peut. N'hésite pas à les aborder – ils sont là pour ça."

"Oui, monsieur," répondit doucement Harry, en se demandant si ce n'était pas une sorte de test, comment pouvaient-ils penser qu'il puisse déranger quelqu'un avec ses propres problèmes, comme s'ils avaient une quelconque signification.

"Très bien." Le directeur jeta un oeil aux autres professeurs et membres du personnel, qui étaient tous toujours assis et bavardaient entre eux, puis il observa le dernier groupe d'élèves se masser près de leur préfet, et sourit. "Et bien, Harry, qu'en penses-tu?"

Il hésita pendant un long moment, mal à l'aise par l'étrange question, et tenta de trouver une réponse acceptable. "Ils sont si nombreux, monsieur," se risqua-t-il à dire.

Le professeur Dumbledore rayonna. "Oui, en effet," admit-il. "Et ils sont tous très curieux à ton propos, évidemment! Je crains que nous n'aurions pas pu éviter ça, mais ils finiront par se calmer, ne t'inquiète pas, et tu arrêteras de te sentir comme un animal dans un zoo!"

Harry ne comprit pas tout de suite la référence, puis il se souvint que sa famille était déjà allé dans un zoo, deux ans auparavant. Des animaux étaient maintenus enfermés dans des cages et des 'habitats', un mot que ses livres de sciences n'avaient pas vraiment réussi à lui expliquer, pour que des gens qui n'auraient jamais pu les voir puissent les regarder. Il se demanda pourquoi ces gens voudraient le regarder lui. Ne feraient-ils pas mieux de prétendre qu'il n'existait pas? Mais ils ne voulaient pas devenir s'améliorer, se rappela-t-il en refoulant un frisson.

Dès que les grandes portes se refermèrent derrière les derniers étudiants, le professeur Snape se leva, et sortit de la pièce d'un pas raide, ses robes tourbillonnant à chaque enjambée. Un grognement à l'autre bout de la table lui apprit que le professeur Mungrove n'était pas impressionnée par ses manières, mais à son tour, elle partit presque aussi rapidement. Plusieurs autres enseignants suivirent leur exemple.

Une ombre s'abattit sur Harry, et, en se cachant sa peur, il se leva pour saluer Hagrid. Il n'avait pas le droit d'avoir peur, pas même d'Hagrid, qui étaient si grand et bruyant. Et puis, il se comportait étrangement vis-à-vis d'Harry, comme s'il était... plus que normal. Plus que bien. Presque comme l'Oncle Vernon et la Tante Pétunia se comportaient envers Dudley lorsqu'il était malade – comme quelque chose qui méritait qu'on s'occupe d'elle, qu'on la chérisse et qu'on s'inquiète pour elle. Harry ne savait jamais vraiment comment se conduire vis-à-vis du géant – il se doutait qu'encore, ce n'était qu'un test à passer, car, vraiment, ils ne pouvaient pas s'attendre à ce qu'il ait une telle image de lui-même, n'est-ce pas?

"Coucou Harry, comment elle va ta chouette? Tu as assez à manger pour elle?" Ses paroles semblaient toujours un peu dures, brutes, comme s'il ne se décidait à parler qu'après avoir déjà dit la moitié de ses mots, et Harry devait réprimer un sursaut de surprise à chaque début de phrase, même s'il savait que le géant allait parler.

"Oui, monsieur," répondit-il poliment. "Hedwige va très bien et il me reste beaucoup de nourriture pour elle, merci de vous en inquiéter."

"Très bien, très bien." L'homme immense resta silencieux, et Harry s'immobilisa. "Tu viendras prendre un thé avec moi un jour, hein, Harry?"

Harry sentit son coeur s'emballer, et un frisson soudain le parcourut lorsqu'il s'imagina traverser le grand parc jusqu'à la maison du Gardien des Clés et des Lieux. "Oui, monsieur," accepta-t-il.

"Pas avant que tu ne sois plus à l'aise avec le ciel, Harry," interrompit gentiment le directeur. "Hagrid sous-entendait lorsque tu le souhaites."

"Oh, oui, bien-sûr," répondit rapidement Hagrid, horrifié. "Fait jamais rien que tu veux pas, Harry, pas pour moi en tout cas."

La bouche d'Harry s'assécha et il dut s'efforcer à ne pas reculer lorsque le géant sembla soudainement descendre sur lui, pour poser un genou à terre. Mais même ainsi, il surplombait toujours le petit garçon. "J'réfléchis pas toujours jusqu'au bout, Harry, mais même si ça nous ferait plaisir que tu viennes, à moi et à Crockdur, n'viens pas si tu veux pas."

Harry hocha rapidement la tête et réussit à chuchoter, "Oui, monsieur." Il essaya de ne pas imaginer ce que dirait l'Oncle Vernon s'il le voyait consentir à une telle chose. Mais que pouvait-il faire d'autre?

Il attendit, parfaitement immobile, s'attendant à moitié à ce que ces énormes mains ne le giflent pour le punir d'avoir accepté de mettre ses préférences devant les ordres d'une autre personne. Ces mains qui étaient encore plus grandes que celles de l'Oncle Vernon. Finalement, l'homme soupira et dit, "Bon, on s'verra à l'occasion, hein, Harry?"

"Oui, monsieur," acquiesça-t-il de nouveau, et l'homme s'éloigna. Harry se tourna vers le directeur lorsque celui-ci s'éclaircit la gorge et demanda "Monsieur?"

"Hagrid avait beaucoup d'affection pour tes parents," dit lentement le professeur Dumbledore, son regard étrangement sérieux.

"Oui, monsieur," répondit Harry.

"Il a beaucoup d'affection pour toi, tu sais."

Harry s'efforça à hocher la tête, et attendit.

"Tu sais que," le directeur hésita un moment puis reprit, "Tu es conscient, n'est-ce pas Harry, qu'Hagrid ne te ferait jamais de mal?"

"Oui, monsieur," assura-t-il aussitôt, en se demandant s'ils allaient enfin pouvoir parler honnêtement de ce qu'il était, de la raison pour laquelle ils le traitaient aussi mal.

Mais le directeur se contenta d'un hochement de tête. "Très bien, je suppose qu'il faut prendre le temps de s'y habituer. On ne peut pas vraiment dire qu'il est petit." Il marqua une pause, et Harry attendit anxieusement la suite. Tout le monde ici marquait de longues pauses, chose que sa famille ne faisait presque jamais. Il n'avait pas encore compris leur signification, mais elles le mettaient mal à l'aise. "Bien, les couloirs devraient être déserts à présent," dit finalement le professeur Dumbledore. "Allez, va te coucher – le petit-déjeuner est bien évidemment à la même heure demain matin, mais je crois qu'il te faudra un moment pour t'habituer à tous les élèves dans la Grande Salle."

"Oui, monsieur," répéta-t-il, puis il sortit discrètement de la pièce. Les corridors s'étaient vidés, il ne vit donc personne, même s'il put entendre de temps en temps l'écho de quelques pas ou d'un rire au loin. C'était angoissant après ces semaines de silence, presque plus pénible que de voir autant de personnes d'un coup.

Puis il entendit une voix tandis qu'il s'approchait du couloir où sa chambre était. Une voix bizarre. Elle appartenait à quelqu'un de jeune, se dit-il, mais il n'en était pas sûr, et, étrangement, elle semblait changer tous les deux trois mots, c'était très discret mais c'était là. Il ne comprit pas les paroles au début, juste le son et le ton de la voix, parfois cajolante, parfois suppliante, sans jamais prendre de respiration, ces étranges variations ne semblant suivre aucune logique. Les sons se séparèrent en mots lorsqu'il se rapprocha.

"Allez, Auggie, ne sommes--"

"--nous pas tes amis?"

"Ne venons--"

"--nous pas--"

"--te voir--"

"--quand personne d'autre ne vient?"

"Ne t'avons-nous pas montré--"

"--où était ce tableau--"

"--avec tous les--"

"--chocolats?"

"Ne sommes-nous--"

Harry tourna à l'intersection et s'arrêta, confus. Ce n'était pas une personne, mais deux élèves, si semblables, de là où il était, qu'il se demanda pendant un moment si l'un n'était pas un reflet bizarre de l'autre. Mais ça ne pouvait pas être ça, parce qu'ils parlaient chacun à leur tour, ce qui expliquait les infimes changements de voix tous les trois mots. Et puis même en oubliant qu'ils étaient dédoublés, leur apparence était plutôt intimidante. Ils étaient plus grands que lui de plusieurs centimètres, et, tout contre leur robe d'étudiant d'un noir profond, leurs cheveux cuivrés l'éblouirent presque. Jamais Harry n'aurait cru que des cheveux puissent avoir cette couleur.

"Oui, mais ça n'a rien à voir," les interrompit Augustus. "Ce n'est pas le fait que vous soyez mes amis! Le prof Dumbledore m'a confié la chambre d'Harry et je ne peux pas laisser--" Ses yeux gris et anxieux se posèrent sur Harry où il s'était arrêté au coin, et il leva une main avec gratitude. "Harry! Dis à ces deux-là de s'en aller! Ils ne m'écoutent pas!"

Harry cilla de surprise, mais dit avec obéissance, "Allez-vous en."

Les garçons se tournèrent vers lui dès qu'Augustus l'appela, et Harry sentit ses yeux s'écarquiller lorsqu'il vit leur visage. Il essaya d'adapter son regard pour traverser l'illusion, mais il ne semblait pas en avoir, si ce n'est les deux faces identiques avec de grands yeux bruns, des bouches étirées par des larges sourires, et des douzaines de petits points marron-roux sur leurs joues. Une personne, mais en double. Et tandis qu'il les fixaient, ils s'approchèrent. Il baissa à peine les yeux, après s'être rendu compte de ce qu'il faisait, et s'immobilisa complètement.

"Harry Potter! Génial! Nous étions--" commença celui de gauche.

"--impatients de te rencontrer," finit l'autre.

Chacun d'entre eux lui prit une main et la secoua énergiquement, tandis qu'Harry restait figé, attendant de voir ce que cette personne double allait lui faire.

"Et tu ne pensais pas--" dit l'un d'entre eux.

"--vraiment ce que tu as dit quand tu nous--"

"--as demandé de nous en aller. Je suis Fred Weasley."

"Et je suis George. Tu es là--"

"--depuis un moment. Tu as peut-être entendu parler de nous?"

Ils relâchèrent ses mains, et Harry les laissa retomber le long de son corps, en se demandant ce qu'il avait fait de mal lorsqu'ils échangèrent un regard qui semblait un peu déçu. Il les regarda à tout de rôle lorsqu'ils parlèrent, observant les visages similaires et notant les légères variations de leurs voix. "Non," admit-il.

Ils échangèrent un autre regard et grimacèrent. "Tu es là depuis combien de temps?"

"Cinq semaines," dit-il, en forçant ses mains à se détendre lorsqu'elles voulurent se contracter nerveusement.

"Et les professeurs sont resté là tout le temps?"

"Oui."

"Et aucun d'entre eux n'a jamais parlé des Jumeaux Weasley ?"

"Non." Harry fut soulagé d'entendre ce qu'ils étaient – il savait ce qu'étaient des jumeaux, ils étaient mentionnés dans ses livres de sciences, mais il n'en avait jamais vu auparavant, sauf Padma et Parvati qui ne se ressemblaient pas autant que ces deux-là. Mais au moins, ils n'étaient pas une espèce de reflet magique ou quelque chose du genre.

Les jumeaux se regardèrent encore pendant un moment, puis Fred prit une mine renfrognée. "Il est évident que nous n'avons pas fait aussi bonne impression que nous le pensions."

"Évident, oui. Nous allons devoir faire mieux cette année."

"Sans aucun doute."

"Pas même Snape?" demanda George, en se tournant vers Harry, avec un semblant de geignement dans la voix.

"Non, je suis désolé. Il n'a jamais parlé de vous."

"Bon, ça ne va pas du tout aller, tout ça. Bref. On peut entrer?"

"Non!" coupa Augustus, la mine boudeuse. "Il vous a dit de partir! Vous n'êtes pas censés être là!"

"Le directeur a dit qu'il pouvait inviter des gens--"

"--s'il le voulait. Et--"

"--il veut, bien évidemment, nous inviter."

"Pas vrai, Harry?"

"Ne te préoccupe pas d'Auggie – il est juste jaloux qu'on parle à quelqu'un d'autre qu'à lui."

Le petit garçon dans le tableau semblait être près à éclater en sanglots. "Ce n'est pas vrai! Mais le directeur a dit que j'étais censé garder la porte de la chambre d'Harry!"

"Et c'est ce que tu as fait!" dit de façon rassurante le garçon qui s'était présenté sous le nom de George, celui qui avait une voix à peine plus aiguë. "Nous n'avions aucune de chance de passer avec toi ici. Tu as fait ton devoir avec honneur et talent."

"Sauf que maintenant Harry est là et il est d'accord, alors tu peux nous laisser entrer," ajouta Fred.

"Vous vous moquez de moi!" cria l'enfant, la lèvre tremblante. "Vous êtes méchant et je vous déteste et Harry ne veut pas de vous ici!"

La paire prit un air d'innocence outrée. "Comment peux-tu dire ça?"

"Alors qu'on se débrouille pour faire devant toi--"

"--des démonstrations des choses sur lesquelles on travaille--"

"--et tout?" demandèrent-il, en reprenant leur va-et-vient.

"Auggie, vraiment, est-ce qu'on s'est jamais moqué de toi?"

La lèvre inférieure du garçon devint plus saillante et il croisa les bras sur son torse. "Oui."

"Bah, oui, c'est vrai. Mais c'est seulement parce--"

"--qu'on te considère--"

"--comme de notre famille!" finirent-ils ensemble. "Allez, Auggie, tu sais qu'on taquine tout ceux qu'on aime!"

"Ouais, et tout ceux que vous n'aimez pas!" répliqua-t-il. "Et tout ceux dont vous n'avez rien à faire. Ce n'est pas important, de toute façon-- Harry vous a dit de partir, alors partez!"

"Mais il ne le pensait pas! Il ne savait même pas qui on était. Et donc, maintenant qu'on s'est présenté--"

"-- on peut entrer--"

"--n'est-ce pas, Harry?" demandèrent-ils, en terminant leur phrase ensemble et en souriant au plus jeune élève.

"Oui," dit-il, incertain.

Les jumeaux eurent un grand sourire. "Tu vois?"

"Vous êtes tous les deux méchants et ignobles!" hurla le petit garçon, en boudant.

"Ohh, sois pas comme ça, Auggie," dit Fred, avec un rire.

"Surtout qu'on t'a apporté un cadeau."

Immédiatement sa moue se transforma en excitation. "Un cadeau? Pour moi?" Puis le sourire s'effaça. "Vous êtes encore méchants! On ne peut pas donner de cadeau aux tableaux, sauf si c'est un autre tableau!"

"Ça c'est ce que tu croies," le contredit Fred. "Regarde ça." Il sortit une petite bouteille qui ressemblait à une miniature d'un des brumisateurs que la Tante Pétunia utilisait pour ses plantes, et George, lui, sortit une boîte de bonbons qui plaça contre le tableau, en la tenant prudemment par un coin et en s'écartant au possible.

Fred se mit à asperger d'une fine brume bleu électrique le côté de la boîte le plus éloigné de la main de George, puis il dirigea lentement le spray vers le milieu. Quand plus de la moitié fut mouillée, George lâcha la boîte qui resta collée au tableau. En réalité, le côté qui avait été le plus aspergé semblait à présent appartenir à la peinture, comme s'il avait été peint avec le garçonnet depuis le début. Fred finit d'arroser toute la boîte, et elle se fondit entièrement dans le tableau.

Augustus bondit sur son cadeau avec un cri de joie, et l'ouvrit pour admirer les chocolats à l'intérieur.

"Ne va pas en manger," recommanda George lorsque l'enfant sortit un bonbon pour l'observer plus en détails.

Le garçon lui envoya un regard agacé. "'Bien-sûr que non – je ne mangerai jamais quelque chose que vous me donnez. Ce sont des farces, pas des chocolats."

Les jumeaux échangèrent un regard et sourirent. "Quel bon garçon," dit Fred, en reniflant avec nostalgie.

"Déjà si grand et déjà prêt à faire des farces à d'autres peintures," acquiesça George. "Et tu remarqueras qu'on n'a même pas essayé de t'acheter avec notre cadeau avant qu'Harry ne soit d'accord pour nous laisser entrer. Alors s'il te plaît, est-ce qu'on peut entrer, Auggie?"

Son attention toujours focalisée sur sa boîte de faux bonbons, Augustus ouvrit son portrait.

Harry, incertain, jeta un oeil aux jumeaux, qui se courbèrent et lui firent royalement signe d'entrer avant eux. Il pénétra donc dans sa chambre avec un léger, "Merci, Augustus," vers le portrait. Il se tourna nerveusement vers les deux garçons plus âgés lorsqu'ils le suivirent à l'intérieur. Sa nervosité se transforma immédiatement en angoisse lorsqu'il vit George froncer les sourcils.

"Comment ça se fait que tu l'appelles Augustus?" demanda George. Fred leva les yeux au ciel et parcourut la chambre des yeux.

En baissant le regard légèrement, Harry se détendit délibérément en attendant le premier coup. "Je suis désolé, George. On me l'a présenté sous ce nom."

"Et bien arrête," rétorqua-t-il. "Il déteste ce nom. Appelle-le Auggie."

"Je suis désolé de ne pas l'avoir fait plus tôt. Je le ferai à partir de maintenant," promit-il.

Le froncement de sourcil disparut sous une expression un peu plus perplexe, mais finalement George haussa les épaules et sourit de nouveau. "Bref--"

"--cet endroit est génial!" continua Fred. "C'est mieux que les chambres des préfets."

George hocha joyeusement la tête. "Allez fait nous visiter!"

Puisqu'Harry ne savait absolument pas comment faire ça, quoi leur montrer ou quoi leur dire, il fut heureux de voir que les deux autres élèves ne semblaient pas prendre leur ordre très au sérieux. Ils s'empressèrent plutôt de découvrir sa chambre, en s'exclamant de voir sa baignoire personnelle, en jouant un moment avec son Vif d'or d'entraînement, et en admirant avec un regard envieux son bon d'achat pour Zonko.

Finalement, George attrapa la Folle-Sorcière et dit, "Hé, c'est quoi ça, Harry?"

Fred se tourna pour regarder, puis se précipita vers son frère, et prit les morceaux du balai qu'Harry avait caché derrière sa plante. "Oublie cette plante! Est-ce que c'est-- euh -- c'était un Fledgeling?"

"Oui," dit doucement Harry, en forçant ses épaules à ne pas se contracter.

"Qu'est-ce qui lui est arrivé?" demanda George.

"J'ai marché dessus," admit-il, en ne laissant pas sa peur transparaître dans sa voix.

"Ça craint," dit George, en examinant les restes du balai puis il se tourna vers Harry avec bien plus de sympathie que de colère.

"Ouais," dit Fred. Les jumeaux se regardèrent pendant un long moment, conversant avec des sourcils levés et de légers inclinaisons et hochement de tête. Enfin, ils sourirent tous les deux.

"Ça ne te dérange pas qu'on se débarrasse de ça pour toi, Harry?" demanda George.

"On ne dira à personne que tu l'as cassé, t'inquiète pas," ajouta Fred.

"Vous pouvez le prendre," accepta-t-il rapidement, en ne comprenant pas tout à fait pourquoi ils lui demandaient sa permission, mais il l'a donna tout de même.

La paire échangea un autre sourire, puis George ouvrit la bouche pour parler mais Auggie se glissa à l'intérieur de la porte. "Désolé, Harry, mais je pense qu'il faut que tu saches que le couvre-feu est dans pas longtemps, et je suis censé appeler un professeur si jamais il y a quelqu'un ici après l'heure sans la permission du directeur."

Les jumeaux se précipitèrent sur la porte. "C'est bon! Amuse-toi bien avec tes bonbons, Auggie! A demain, Harry!" s'écria Fred. George lui sourit et hocha la tête, puis ils passèrent tous les deux le portrait après qu'Augustus leur ait ouvert le passage, et bras dessus bras dessous, ils se mirent à chanter bruyamment en s'éloignant.

Harry observa leurs silhouettes s'en aller puis disparaître pendant un moment, puis secoua la tête. "Merci, Auggie. Et je suis désolé de t'avoir Augustus alors que tu n'aimes pas ça. Je n'étais pas au courant."

Le garçon lui envoya un grand sourire. "C'est rien, Harry! J'aurais dû dire quelque chose, seulement – bah – je l'ai pas fait." Il rit. "Bref, bonne nuit, Harry!"

"Bonne nuit, Auggie," dit-il faiblement. Le tableau se referma, Augustus disparaissant de l'autre côté, et Harry soupira longuement. Voilà les enfants qu'il était censé imiter. Il devait convaincre tout le monde qu'il était un des leurs, qu'il pensait comme eux, ressentait la même chose qu'eux, se comportait comme eux. Il ne savait même pas par où commencer.

Avec un soupir, il grimpa délicatement dans son lit, murmura, "Nox," pour éteindre les lumières, et commença à réciter son catéchisme à voix basse.


Le lendemain matin, Harry hésita à se sentir soulagé que ce soit toujours le week-end. D'un bon côté, il n'avait aucun cours à suivre où il devait faire de son mieux pour ne rien à apprendre. Mais d'un autre côté, on ne lui avait donné aucun ordre à exécuter lors des week-ends, et ce manque d'encadrement l'effrayait. Il prit son petit-déjeuner à la table des enseignants comme d'habitude, mais la nourriture sombra dans son estomac avec presque autant de poids qu'avant, lorsque le chapeau ne lui avait pas encore appris à ne pas utiliser sa magie. Ses boyaux se tordirent d'anxiété face à tous ces regards, puisque la majorité des étudiants semblait le fixer tout au long du repas.

Par la suite, il s'échappa de la Salle discrètement et alla dans la pièce où il rencontrait le chapeau de temps à autres, s'arrêtant en chemin pour prendre du matériel dans un placard à balai. Dans la pièce, il enleva sa robe, la plia soigneusement et la posa sur le coin du bureau qu'il avait déjà nettoyé. Il passa presque toute la journée là, à faire le ménage, chose qu'il n'avait pas vraiment eu le temps de faire depuis qu'il était arrivé à Poudlard. Il ne s'arrêta pas pour manger à midi, et continua à polir et à frotter toute la pièce. Et enfin, juste avant l'heure du dîner, il se releva pour observer le travail accompli. Un petit sourire satisfait étira ses lèvres. Le bois immaculé brillait, lustré au point d'en être presque rayonnant de lumière. Les pierres de la cheminée étaient propres, l'âtre lui-même avait été débarrassé des restes carbonisés et lavé des vieilles cendres brûlées. Les différents tissus d'ameublement, parfaitement nettoyés, étaient reprisés là où ils avaient été déchirés. Sous la poussière, ils avaient pris une belle couleur chaude, un rouge profond qui s'accordait bien avec le bois sombre du bureau et des étagères. C'était une très joli pièce, et elle ressemblait enfin à ce à quoi elle aurait toujours dû ressembler.

Harry remit sa robe, rangea ses outils et les ramena dans le placard. Alors qu'il s'apprêtait à aller se changer avant le dîner, un léger mrrou le stoppa, il se tourna vers le son. "Bonsoir, Miss Teigne."

La chatte cligna des yeux, puis se jeta sur sa poitrine. Doucement, en se dirigeant vers sa chambre, il la tint d'un bras, et lui gratta derrière les oreilles de l'autre main. Il ressentit et entendit son ronronnement d'approbation. Et tandis qu'il s'approchait des parties plus peuplées de l'école, il commença à entendre les discussions et les rires d'autres enfants, qui s'intensifièrent plus il avançait. Miss Teigne sauta de ses bras et s'éloigna, la queue haute, juste avant qu'un groupe d'élèves quelques années plus âgés que lui ne tourne au coin et ne le voie.

Ils firent le silence, leur regard fixé sur lui, et Harry, mal à l'aise, baissa les yeux au sol, continua sa route lorsqu'ils ne l'arrêtèrent pas, et pressa le pas jusqu'à sa chambre. Lorsqu'il tourna au coin, il les entendit se remettre à parler derrière lui, les mots indéchiffrables mais leur ton clairement excité. En réprimant un frisson, il reprit son chemin, et arriva enfin devant sa porte. Il remercia Augustus lorsque le tableau lui ouvrit.

Il prit un rapide bain glacial, mit des vêtements propres, et se hâta d'aller prendre son dîner. Les couloirs étaient remplis d'étudiants, mais même si beaucoup le suivirent curieusement du regard, aucun ne lui adressa la parole, et il en fut ravi. Juste avant qu'il n'atteigne la Grande Salle, une voix lourde de désapprobation l'arrêta, "M. Potter."

Il se tourna immédiatement, les yeux baissés, les bras détendus. "Oui, professeur Snape?"

"J'aurais à vous parler, M. Potter. Venez dans mon bureau, je vous prie, après le repas."

"Oui, monsieur," accepta-t-il.

L'homme immense hocha sèchement la tête, se détourna, et entra rapidement dans la Grande Salle sans un autre mot. Harry jeta un oeil aux élèves qui le fixaient avec différents degrés de sympathie et d'horreur, il déglutit, et s'engagea timidement dans la Salle jusqu'à sa chaise à la table des enseignants.

Harry picora lentement, attentivement, en essayant de ne croiser le regard de personne. Sentant à peine le goût de son repas, il mangea automatiquement, en souhaitant que tout le monde arrête de le regarder. Son verre fut rempli de jus de citrouille, et il leva les yeux pour remercier le professeur Dumbledore. Tandis qu'il retournait à son assiette, deux paires d'yeux pétillants et bruns captèrent son attention. Les jumeaux le fixaient, et lorsqu'ils virent qu'Harry les avait vu, ils lui firent un grand sourire, un clin d'oeil, puis ils se remirent à manger. Harry, confus, cilla un moment.

"Je vois que tu as fait la connaissance des jumeaux Weasley," dit le directeur avec une voix amusée.

"Oui, monsieur. La nuit dernière."

"Il y a pire comme amis, bien que je suis sûr que certains, ici, ne seraient pas d'accord avec moi," dit-il en riant, les yeux pétillant dans la direction du professeur Snape pendant un instant. "Ce sont de vrais fauteurs de troubles, mais ils ont bon coeur."

"Oui, monsieur," répondit-il doucement, lorsqu'il se rendit compte qu'il attendait une réponse.

"As-tu déjà parlé à d'autres élèves?"

"Non, monsieur."

"Et bien ça viendra. Ils sont tous un peu intimidés de rencontrer quelqu'un dont ils ont tant entendu parler, mais ils vont sûrement bientôt se lasser de te fixer en silence et deviendront un peu plus sociables."

"Oui, monsieur."

Harry lui lança un autre coup d'oeil lorsqu'il l'entendit soupirer légèrement - qu'avait-il fait de mal? - mais le directeur lui sourit simplement et prit une autre bouchée de son poulet. Soulagé, Harry reporta son attention sur son assiette.

Lorsque, enfin, le professeur Snape quitta de la salle, Harry finit son jus de citrouille, s'essuya les lèvres sur sa serviette, et sortit poliment de table pour rejoindre le bureau du Maîtres des Potions. En arrivant devant le tableau d'un gentilhomme habillé chiquement et semblant peu social, il murmura, "pourriez-vous s'il vous plaît prévenir le professeur Snape que je suis là?"

L'homme dans le tableau lui envoya un rictus sans dire un mot, puis disparut de l'autre côté, et, un instant après, la peinture s'ouvrit. Harry entra dans le bureau, et attendit.

"M. Potter. Vous êtes au courant, je suppose, que les mercredi et les vendredi vous allez étudier les potions avec les premières années de Serdaigle et de Poufsouffle, n'est-ce pas?"

"Oui, monsieur."

"Alors laissez-moi vous expliquer clairement ce qu'il va se passer. Vous n'êtes pas l'un d'entre eux. Vous êtes dans cette classe que parce que le directeur en a fait une obligation, mais vous n'êtes pas là pour apprendre l'art des potions, mais pour apprendre les techniques derrière l'art des potions. Vous ne toucherez à aucun ingrédient, couteau, mortier, pilon, chaudron, ou à quoique ce soit d'autre faisant parti d'un kit de potions à moins que je ne vous le dise expressément. Vous resterez assis en silence, vous regarderez, et vous apprendrez. L'année prochaine, en supposant qu'on vous répartisse, vous suivrez les cours avec votre maison et, là, vous préparerez des potion. Cette année, vous observez, et ça sera tout. Me suis-je bien fait comprendre, M. Potter?"

"Oui, monsieur," acquiesça-t-il, en cachant son soulagement, il n'allait pas devoir apprendre ce type de magie avant un moment!

"Veillez à garder ça en tête. Ça sera tout."

"Oui, monsieur," répéta-t-il, en décelant la fin de la conversation dans les mots de son professeur, et il retourna dans sa chambre.

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Dans le prochain chapitre, quelques élèves et Charlie.

J'espère que ça vous a plu. :)
A bientôt!
Nyx.